al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
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Le sacrifice de l'Aïd (uḍḥiya) et la ʿaqīqaبَابٌ فِي حُكْمِ الْأُضْحِيَةِ وَالْعَقِيقَةِ
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882
سُنَّ لِحُرٍّ غَيْرِ حَاجٍّ بِمِنًى ضَحِيَّةٌ لَا تُجْحِفُ وَإِنْ يَتِيمًا بِجَذَعِ ضَأْنٍ وَثَنِيِّ مَعْزٍ وَبَقَرٍ وَإِبِلٍ ذِي سَنَةٍ وَثَلَاثٍ وَخَمْسٍ
Est sunna, pour la personne libre qui n'est pas en pèlerinage à Minā, une uḍḥiya qui ne la ruine pas, même si elle est orpheline : un ovin jadhaʿ ou un caprin thanī, âgés d'un an, un bovin [thanī] de trois ans ou un chameau [thanī] de cinq ans ;
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883
بِلَا شَرَكٍ إلَّا فِي الْأَجْرِ وَإِنْ أَكْثَرَ مِنْ سَبْعَةٍ إنْ سَكَنَ مَعَهُ وَقَرُبَ لَهُ وَأَنْفَقَ عَلَيْهِ وَإِنْ تَبَرُّعًا
sans association [dans la bête], sauf dans la récompense, même à plus de sept, si [l'associé] habite avec lui, lui est apparenté et qu'il l'entretient, fût-ce bénévolement.
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884
وَإِنْ جَمَّاءَ وَمُقْعَدَةً لِشَحْمٍ وَمَكْسُورَةَ قَرْنٍ لَا إنْ أَدْمَى
[Elle suffit] même sans cornes, incapable de se lever à force de graisse, ou la corne cassée, non si celle-ci saigne ;
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885
كَبَيِّنِ مَرَضٍ وَجَرَبٍ وَبَشَمٍ وَجُنُونٍ وَهُزَالٍ وَعَرَجٍ وَعَوَرٍ وَفَائِتِ جُزْءٍ غَيْرَ خُصْيَةٍ وَصَمْعَاءَ جِدًّا وَذِي أُمٍّ وَحْشِيَّةٍ وَبَتْرَاءَ وَبَكْمَاءَ وَبَخْرَاءَ
de même [ne suffisent pas] celle dont sont manifestes la maladie, la gale, l'indigestion, la folie, la maigreur, la boiterie ou la perte d'un œil ; celle à qui manque une partie [du corps] autre qu'un testicule ; celle dont les oreilles sont très petites ; celle dont la mère est sauvage ; celle qui n'a pas de queue, qui est muette ou dont l'haleine est fétide ;
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886
وَيَابِسَةِ ضَرْعٍ وَمَشْقُوقَةِ أُذُنٍ وَمَكْسُورَةِ سِنٍّ لِغَيْرِ إثْغَارٍ أَوْ كِبَرٍ وَذَاهِبَةِ ثُلُثِ ذَنْبٍ لَا أُذُنٍ
celle dont le pis est desséché, l'oreille fendue, une dent cassée autrement que par la chute des dents de lait ou la vieillesse, ou qui a perdu le tiers de la queue, non [le tiers] de l'oreille.
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887
مِنْ ذَبْحِ الْإِمَامِ لِآخِرِ الثَّالِثِ وَهَلْ هُوَ الْعَبَّاسِيُّ أَوْ إمَامُ الصَّلَاةِ قَوْلَانِ وَلَا يُرَاعَى قَدْرُهُ فِي غَيْرِ الْأَوَّلِ
[Son temps va] depuis que l'imam a égorgé jusqu'à la fin du troisième jour. S'agit-il du [calife] abbasside ou de l'imam de la prière : deux avis. On ne tient pas compte du temps [que met l'imam à égorger] en dehors du premier jour.
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888
وَأَعَادَ سَابِقُهُ إلَّا الْمُتَحَرِّيَ أَقْرَبَ إمَامٍ كَأَنْ لَمْ يُبْرِزْهَا وَتَوَانَى بِلَا عُذْرٍ قَدْرَهُ وَبِهِ انْتَظَرَ لِلزَّوَالِ
Celui qui l'a devancé recommence, sauf celui qui a estimé [le moment] d'après l'imam le plus proche ; de même [ne recommence pas celui qui a estimé le moment] quand l'imam n'a pas sorti [sa bête au lieu de prière]. Si [l'imam] tarde sans excuse, [on attend] le temps qu'il lui faudrait ; s'il a une excuse, on l'attend jusqu'au zénith.
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889
وَالنَّهَارُ شَرْطٌ وَنُدِبَ إبْرَازُهَا وَجَيِّدٌ وَسَالِمٌ وَغَيْرُ خَرْقَاءَ وَشَرْقَاءَ وَمُقَابَلَةٍ وَمُدَابَرَةٍ
Le jour est une condition. Il est recommandé de la sortir [au lieu de prière] ; [de choisir] une bête de qualité, sans défaut, dont l'oreille n'est ni percée, ni fendue, ni entaillée par-devant ou par-derrière ;
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890
وَسَمِينٌ وَذَكَرٌ وَأَقْرَنُ وَأَبْيَضُ وَفَحْلٌ إنْ لَمْ يَكُنْ الْخَصِيُّ أَسْمَنَ وَضَأْنٌ مُطْلَقًا ثُمَّ مَعْزٌ ثُمَّ هَلْ بَقَرٌ وَهُوَ الْأَظْهَرُ أَوْ إبِلٌ خِلَافٌ
grasse, mâle, cornue, blanche, non castrée si le castré n'est pas plus gras ; l'ovin, quel qu'il soit [mâle, castré ou femelle], puis le caprin ; puis est-ce le bovin, ce qui est l'avis le plus apparent [d'après Ibn Rushd], ou le chameau : divergence [sur l'avis à retenir].
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891
وَتَرْكُ حَلْقٍ وَقَلْمٍ لِمُضَحٍّ عَشَرَ ذِي الْحِجَّةِ وَضَحِيَّةٌ عَلَى صَدَقَةٍ وَعِتْقٍ وَذَبْحُهَا بِيَدِهِ وَلِلْوَارِثِ إنْفَاذُهَا
[Il est recommandé] à celui qui sacrifie de ne couper ni poils ni ongles durant les dix [premiers jours] de dhū l-ḥijja. L'uḍḥiya est préférable à l'aumône et à l'affranchissement. [Il est recommandé] de l'égorger de sa main, et à l'héritier de l'exécuter.
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892
وَجَمْعُ أَكْلٍ وَصَدَقَةٍ وَإِعْطَاءٍ بِلَا حَدٍّ وَالْيَوْمُ الْأَوَّلُ أَفْضَلُ وَهَلْ جَمِيعُهُ أَوْ إِلَى الزَّوَالِ قَوْلَانِ وَفِي أَفْضَلِيَّةِ أَوَّلِ الثَّالِثِ عَلَى آخِرِ الثَّانِي تَرَدُّدٌ
[Il est recommandé] de réunir consommation, aumône et don, sans proportion fixée. Le premier jour est le meilleur ; est-ce tout entier ou jusqu'au zénith : deux avis. Le début du troisième est-il meilleur que la fin du deuxième : hésitation [des tardifs].
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893
وَذَبْحُ وَلَدٍ خَرَجَ قَبْلَ الذَّبْحِ وَبَعْدَهُ جُزْءٌ
[Il est recommandé] d'égorger le petit né avant l'abattage ; né après, il est une partie [de sa mère].
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894
وَكُرِهَ جَزُّ صُوفِهَا قَبْلَهُ إنْ لَمْ يَنْبُتْ لِلذَّبْحِ وَلَمْ يَنْوِهِ حِينَ أَخَذَهَا وَبَيْعُهُ وَشُرْبُ لَبَنٍ
Sont déconseillés : tondre sa laine avant de l'égorger, si elle ne doit pas repousser d'ici là et qu'il n'en avait pas eu l'intention en l'acquérant ; vendre cette laine ; boire son lait ;
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895
وَإِطْعَامُ كَافِرٍ وَهَلْ إنْ بُعِثَ لَهُ أَوْ وَلَوْ فِي عِيَالِهِ تَرَدُّدٌ
en donner à manger à un mécréant ; est-ce [seulement] si on lui en envoie, ou même s'il fait partie de la maisonnée : hésitation [des tardifs] ;
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896
وَالتَّغَالِي فِيهَا وَفِعْلُهَا عَنْ مَيِّتٍ كَعَتِيرَةٍ وَإِبْدَالُهَا بِدُونٍ وَإِنْ لِاخْتِلَاطٍ قَبْلَ الذَّبْحِ
renchérir sur son prix ; la faire pour un mort ; de même la ʿatīra [sacrifice du mois de rajab] ; la remplacer par une bête moindre, même à la suite d'un mélange [de bêtes], avant l'abattage.
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897
وَجَازَ أَخْذُ الْعِوَضِ إنْ اخْتَلَطَتْ بَعْدَهُ عَلَى الْأَحْسَنِ
Il est permis de recevoir une contrepartie si elles se sont mélangées après [l'abattage], selon l'avis jugé le plus juste.
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898
وَصَحَّ إنَابَةٌ بِلَفْظٍ إنْ أَسْلَمَ وَلَوْ لَمْ يُصَلِّ أَوْ نَوَى عَنْ نَفْسِهِ أَوْ بِعَادَةٍ كَقَرِيبٍ وَإِلَّا فَتَرَدُّدٌ لَا إنْ غَلِطَ فَلَا تُجْزِي عَنْ وَاحِدٍ مِنْهُمَا
Il est valide de mandater [quelqu'un] par une parole, s'il est musulman, même s'il ne prie pas, et même s'il a eu l'intention [de sacrifier] pour lui-même ; ou par l'usage, comme pour un proche ; sinon [proche sans usage établi, ou étranger qui en a l'usage] : hésitation [des tardifs]. Non si [quelqu'un, sans mandat,] l'a égorgée par erreur [en la croyant sienne] : elle ne suffit alors pour aucun des deux.
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899
وَمُنِعَ الْبَيْعُ وَإِنْ ذَبَحَ قَبْلَ الْإِمَامِ أَوْ تَعَيَّبَتْ حَالَةَ الذَّبْحِ أَوْ قَبْلَهُ أَوْ ذَبَحَ مَعِيبًا جَهْلًا
Il est interdit d'en vendre [quoi que ce soit], même s'il a égorgé avant l'imam, ou si elle a été atteinte d'un défaut au moment de l'abattage ou avant, ou s'il a égorgé par ignorance une bête défectueuse ;
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900
وَالْإِجَارَةُ وَالْبَدَلُ إلَّا لِمُتَصَدَّقٍ عَلَيْهِ وَفُسِخَتْ وَتَصَدَّقَ بِالْعِوَضِ فِي الْفَوْتِ إنْ لَمْ يَتَوَلَّ غَيْرٌ بِلَا إذْنٍ وَصَرْفٍ فِيمَا لَا يَلْزَمُهُ كَأَرْشِ عَيْبٍ لَا يَمْنَعُ الْإِجْزَاءَ
[sont interdits] aussi le louage et l'échange, sauf pour celui qui l'a reçue en aumône. [Ces contrats] sont résiliés ; si [la contrepartie] a disparu, il en donne [l'équivalent] en aumône, sauf si un tiers s'en est chargé sans sa permission et l'a dépensée pour ce qui n'incombe pas [au sacrifiant] ; de même [il donne en aumône] l'indemnité d'un défaut qui n'empêche pas la validité.
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901
وَإِنَّمَا تَجِبُ بِالنَّذْرِ وَالذَّبْحِ فَلَا تُجْزِئُ إنْ تَعَيَّبَتْ قَبْلَهُ وَصَنَعَ بِهَا مَا شَاءَ كَحَبْسِهَا حَتَّى فَاتَ الْوَقْتُ إلَّا أَنَّ هَذَا آثِمٌ
Elle ne devient obligatoire que par le vœu ou par l'abattage : elle ne suffit donc pas si elle est atteinte d'un défaut avant cela, et il en fait ce qu'il veut ; de même s'il l'a retenue jusqu'à ce que le temps soit passé, si ce n'est que celui-ci est fautif.
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902
وَلِلْوَارِثِ الْقَسْمُ وَلَوْ ذُبِحَتْ لَا بَيْعٌ بَعْدَهُ فِي دَيْنٍ
L'héritier peut la partager, même si elle a été égorgée ; elle n'est pas vendue, après l'abattage, pour [payer] une dette.
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903
وَنُدِبَ ذَبْحُ وَاحِدَةٍ تُجْزِئُ ضَحِيَّةً فِي سَابِعِ الْوِلَادَةِ نَهَارًا وَأُلْغِيَ يَوْمُهَا إنْ سَبَقَ بِالْفَجْرِ وَالتَّصَدُّقُ بِزِنَةِ شَعْرِهِ
Il est recommandé d'égorger une bête, qui serait valable comme uḍḥiya, le septième jour de la naissance [c'est la ʿaqīqa], de jour ; le jour de la naissance n'est pas compté si l'aube l'a précédée ; et de donner en aumône le poids de ses cheveux [en or ou en argent].
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904
وَجَازَ كَسْرُ عِظَامِهَا وَكُرِهَ عَمَلُهَا وَلِيمَةً وَلَطْخُهُ بِدَمِهَا وَخِتَانُهُ يَوْمَهَا
Il est permis d'en briser les os. Il est déconseillé d'en faire un banquet, d'enduire [l'enfant] de son sang, et de le circoncire ce jour-là.