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Les mots du fiqh

Glossaire

Les termes arabes employés dans les réponses, expliqués simplement. Dans chaque réponse, les termes soulignés en pointillé renvoient ici.

Dalkالدَّلْكُ

Le frottement : passer la main sur le membre que l'on lave, dans les ablutions comme dans le bain rituel.

Source : al-Ḥaṭṭāb, Mawāhib al-Jalīl, t. 1 p. 218.

Faḍīlaالْفَضِيلَةُ

L'acte méritoire : un acte recommandé d'un degré inférieur à la sunna. Au pluriel, on dit les faḍāʾil, par exemple les faḍāʾil des ablutions.

Source : Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 118, d'après Ibn Rushd.

Ḥadathالْحَدَثُ

L'impureté rituelle : l'état qui empêche une personne d'accomplir la prière tant qu'elle ne s'est pas purifiée. Le mot désigne aussi ce qui provoque cet état, c'est-à-dire ce qui sort d'ordinaire des deux voies naturelles.

Source : ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 32.

Ḥarāmالْحَرَامُ

L'interdit : ce que la Loi défend de façon stricte, sans permettre de le faire. Celui qui le commet mérite le blâme de la Loi.

Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 52 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 116.

Makrūhالْمَكْرُوهُ

Le déconseillé : ce que la Loi demande de ne pas faire, sans l'interdire. Celui qui s'en abstient est récompensé, celui qui le fait n'est pas puni.

Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 52 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 116 et 118.

Mandūbالْمَنْدُوبُ

Le recommandé : ce que la Loi demande de faire sans l'imposer. Celui qui l'accomplit est récompensé, celui qui le délaisse n'est pas puni. Le mot couvre plusieurs degrés, dont la sunna est le plus élevé.

Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 51 et 53 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 116 et 118.

Mashhūrالْمَشْهُورُ

L'avis « répandu » de l'école : celui que le plus grand nombre de ses savants a soutenu. C'est la position que les réponses de ce site donnent par défaut.

Source : ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 20.

Māʾ mustaʿmalالْمَاءُ الْمُسْتَعْمَلُ

L'eau « déjà utilisée » : une eau en petite quantité qui a servi à lever une impureté rituelle, qu'elle ait coulé des membres ou qu'elle soit restée à leur contact.

Source : al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 74.

Māʾ muṭlaqالْمَاءُ الْمُطْلَقُ

L'eau « absolue » : celle que l'on appelle « de l'eau » tout court, sans avoir à lui ajouter un qualificatif dont elle ne se sépare pas. L'eau de mer, de pluie, de source ou de puits en fait partie ; l'eau de rose n'en fait pas partie. C'est avec elle que l'on se purifie.

Source : Khalīl, al-Mukhtaṣar, chapitre de la ṭahāra, t. 1 p. 15 ; ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 34.

Mubāḥالْمُبَاحُ

Le permis : ce que la Loi autorise à faire comme à ne pas faire, les deux se valant à ses yeux. Le mot vient de l'idée de largeur, d'absence de gêne.

Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 52 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 116.

Murāʿāt al-khilāfمُرَاعَاةُ الْخِلَافِ

L'égard pour l'avis contraire : sans quitter sa propre position, l'école accorde à la preuve de l'avis opposé une partie de ses conséquences. C'est ainsi qu'un acte valable peut rester déconseillé, parce qu'un savant de l'école l'a tenu pour non valable.

Source : Ibn ʿArafa, al-Mukhtaṣar al-fiqhī, t. 4 p. 35 ; exemple chez al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 75.

Muwālātالْمُوَالَاةُ

L'enchaînement : accomplir les actes de la purification à la suite, dans un temps continu, sans interruption marquée. On l'appelle aussi le fawr.

Source : al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 127.

Muʿtamadالْمُعْتَمَدُ

L'avis « sur lequel on s'appuie » : celui d'après lequel on donne la fatwa dans l'école. Quand il diffère du mashhūr, la réponse donne les deux.

Source : ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 2 p. 334 ; ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 20.

Niyyaالنِّيَّةُ

L'intention : le fait de viser un acte. Son siège est le cœur.

Source : ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 93.

Sunna muʾakkadaالسُّنَّةُ الْمُؤَكَّدَةُ

La sunna appuyée : un acte que le Prophète ﷺ a accompli, auquel il est resté assidu et qu'il a montré en groupe, sans qu'une preuve le rende obligatoire. Il ne convient pas de la délaisser, même si celui qui la délaisse ne commet pas de péché. Au pluriel, on dit les sunan.

Source : Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 121, d'après al-Ḥaṭṭāb.

Ṭahāraالطَّهَارَةُ

La pureté. Dans la langue, c'est la propreté ; dans les livres de fiqh, c'est l'état qui rend la prière permise. Elle concerne la personne elle-même, ce qu'elle porte et le lieu où elle prie.

Source : al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 60, d'après Ibn ʿArafa.

Wājib (farḍ)الْوَاجِبُ (الْفَرْضُ)

L'obligation : ce que la Loi demande de faire de façon impérative, sans permettre de le délaisser. Celui qui l'accomplit est récompensé, celui qui le délaisse s'expose au châtiment. Les deux mots, farḍ et wājib, désignent la même chose.

Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 51 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 115 à 116.

Wuḍūʾالْوُضُوءُ

Les ablutions : une purification par l'eau qui porte sur des membres précis, le visage, les bras, la tête et les pieds, et qui s'accomplit d'une manière précise. Le mot vient de la propreté et de la beauté.

Source : aṣ-Ṣāwī, Bulghat as-sālik ʿalā ash-Sharḥ aṣ-ṣaghīr, t. 1 p. 104.