Qu’est-ce que le fiqh malikite ?
Cette page s’adresse à celui qui débute. Elle dit ce qu’est le fiqh, d’où vient l’école mālikite, et par où commencer.
Le fiqh, en quelques mots
Le mot vient du verbe arabe faqiha, « comprendre ». Le fiqh est la science des règles qui portent sur les actes du croyant : ce qui est obligatoire, recommandé, permis, déconseillé ou interdit, avec les preuves sur lesquelles ces règles reposent. Il met en pratique le Coran et la Sunna dans la vie de tous les jours. Il ne se confond pas avec la fatwa, qui répond à un cas particulier.
L’imām Mālik et Médine
L’imām Mālik ibn Anas, qu’Allah lui fasse miséricorde, est né en 93 de l’hégire (711) et mort à Médine en 179 (795). On l’appelle « l’imām de Dār al-Hijra », la cité de l’hégire, c’est-à-dire Médine. Il a étudié auprès des savants de la ville, parmi lesquels Nāfiʿ, Rabīʿa et Ibn Shihāb az-Zuhrī, puis il a formé de très nombreux élèves.
À Médine, la pratique du Prophète ﷺ s’était transmise de génération en génération, portée par la ville entière. L’imām Mālik tenait cette pratique des gens de Médine pour une preuve.
Son livre s’appelle al-Muwaṭṭaʾ. C’est un recueil de hadiths et de jurisprudence.
Comment l’école s’est transmise
Après l’imām Mālik, son enseignement est passé de maître à élève, puis de livre en livre. Quatre étapes suffisent pour s’y retrouver.
- La Mudawwana. Ibn al-Qāsim, un savant d’Égypte mort en 191 de l’hégire, a accompagné l’imām Mālik pendant vingt ans. Interrogé question après question, il a rapporté ce qu’il avait entendu de lui. Saḥnūn, de Kairouan, mort en 240, a relu ce recueil auprès de lui. C’est la Mudawwana, le livre sur lequel l’école s’est appuyée.
- La Risāla. Ibn Abī Zayd, lui aussi de Kairouan, mort en 386, a écrit ce petit livre à dix-sept ans. C’était son premier ouvrage. Il est resté une référence classique de l’école.
- Le Mukhtaṣar de Khalīl. Mukhtaṣar veut dire « abrégé ». Khalīl ibn Isḥāq enseignait au Caire au VIIIᵉ siècle de l’hégire. Il dit lui-même avoir écrit son abrégé pour exposer « ce sur quoi l’on donne la fatwa ». Les étudiants l’ont appris, étudié et commenté. Parmi ces commentaires figurent ceux d’al-Ḥaṭṭāb, d’al-Kharashī et d’ad-Dardīr, et les notes d’ad-Dasūqī.
- Les textes d’enseignement. Pour débuter, on étudie des textes courts. Le Mukhtaṣar d’al-Akhḍarī, savant de la région de Biskra mort en 983, traite de la purification et de la prière. Al-Murshid al-muʿīn d’Ibn ʿĀshir, né à Fès et mort en 1040, est un poème qui parcourt la purification, la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage. Le texte d’un tel livre s’appelle le matn.
Mashhūr et muʿtamad : deux mots à connaître
Sur une même question, les savants de l’école ont parfois donné plusieurs avis. Tous ne servent pas à répondre : al-Kharashī écrit qu’on ne donne pas la fatwa d’après un avis isolé ou faible.
Le mashhūr est l’avis reconnu de l’école. Selon la définition que retient ad-Dasūqī, c’est l’avis que soutient le plus grand nombre de ses savants.
Le muʿtamad est l’avis retenu par les commentateurs tardifs.
Le débutant n’a donc pas à trier lui-même : ce travail a été fait par les commentateurs. Sur ce site, la réponse donnée est le mashhūr. Quand le muʿtamad s’en écarte, les deux sont indiqués, avec le nom de celui qui le retient.
Par où commencer
Al-Akhḍarī ouvre son livre par ce que chacun doit apprendre en premier. Après la foi, il cite la connaissance de ce qui rend valables les obligations personnelles, « comme les règles de la prière, de la purification et du jeûne ».
On étudie donc la purification d’abord, puis la prière, puis le reste. Al-Kharashī en donne la raison en commentant Khalīl : la purification est la condition de la prière sur laquelle on insiste le plus.
Pourquoi étudier un texte avec un enseignant ? Al-Akhḍarī écrit qu’il n’est pas permis d’accomplir un acte avant d’en connaître la règle, et qu’il faut pour cela « interroger les savants ». Les textes d’enseignement sont courts : ils sont faits pour être appris, puis expliqués par quelqu’un qui les a lui-même étudiés.
Ce que propose ce site
- Un parcours du débutant, « Commencer par ici » : les réponses de base, dans l’ordre d’un cursus.
- Une Bibliothèque : les matns de l’école, consultables en ligne.
- Des réponses courtes à des questions générales, chacune avec ses sources, et un glossaire pour les mots du fiqh.
Ces réponses sont pédagogiques et ne constituent pas une fatwa.