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Échap
الْمُقَدِّمَةُ الْعِزِّيَّةُ

al-Manūfī, al-Muqaddima al-ʿIzziyya

· Xe s. h.
Intermédiaire

Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.

Le texte est donné ici en entier, en arabe et en français, passage par passage. Cherchez un mot dans l’une ou l’autre langue : seuls les passages qui le contiennent restent affichés.

Le texte, en arabe et en français

Traduction de sens et vocalisation en cours de relecture. La traduction aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le découpage en passages numérotés est celui du site.

510 passages

Sommaire · 70 parties
  1. Préambule de l'auteur§ 1 à 4
  2. Chapitre premier : la purification (ṭahāra)§ 5 à 12
  3. Section : ce qui est pur§ 13 à 16
  4. Section : ce qui est impur§ 17 à 25
  5. Section : le retrait de l'impureté§ 26 à 28
  6. Section : les impuretés pardonnées§ 29 à 30
  7. Section : les ablutions (wuḍūʾ)§ 31 à 55
  8. Section : le lavage des orifices (istinjāʾ)§ 56 à 60
  9. Section : les convenances des besoins naturels§ 61 à 67
  10. Section : ce qui annule les ablutions§ 68 à 81
  11. Section : les grandes ablutions (ghusl)§ 82 à 89
  12. Section : le tayammum§ 90 à 102
  13. Section : la blessure et le bandage§ 103 à 109
  14. Section : le passage des mains mouillées sur les chaussons de cuir (khuff)§ 110 à 119
  15. Section : les menstrues (ḥayḍ)§ 120 à 124
  16. Section : les signes de la fin des menstrues§ 125 à 128
  17. Section : les lochies (nifās)§ 129 à 130
  18. Chapitre deuxième : la prière (ṣalāt)§ 131 à 137
  19. Section : les temps de la prière§ 138 à 144
  20. Section : le rattrapage des prières manquées§ 145 à 150
  21. Section : les moments où la prière surérogatoire est interdite ou déconseillée§ 151 à 152
  22. Section : l'appel à la prière (adhān)§ 153 à 164
  23. Section : l'annonce du début de la prière (iqāma)§ 165 à 170
  24. Section : les conditions de la prière§ 171 à 174
  25. Section : les obligations de la prière§ 175 à 188
  26. Section : les sunnas de la prière§ 189 à 202
  27. Section : les actes recommandés de la prière§ 203 à 217
  28. Section : ce qui est déconseillé dans la prière§ 218 à 220
  29. Section : ce qui annule la prière§ 221 à 224
  30. Section : la prosternation de l'oubli (sujūd as-sahw)§ 225 à 230
  31. Section : la prière en groupe§ 231 à 233
  32. Section : les conditions pour diriger la prière§ 234 à 238
  33. Section : les conditions de validité de la prière de celui qui suit l'imam§ 239 à 242
  34. Section : la place de l'imam et de ceux qui le suivent§ 243 à 246
  35. Section : la prière du vendredi (jumuʿa)§ 247 à 260
  36. Section : la prière du voyageur§ 261 à 269
  37. Section : la réunion de deux prières§ 270 à 273
  38. Section : les sunnas appuyées§ 274 à 286
  39. Section : les deux rakʿa du fajr§ 287 à 289
  40. Section : les prières recommandées et la prosternation de la récitation§ 290 à 293
  41. Section : la prière funéraire§ 294 à 297
  42. Chapitre troisième : la zakāt§ 298 à 300
  43. Section : la zakāt du bétail§ 301 à 312
  44. Section : la zakāt des récoltes§ 313 à 317
  45. Section : les bénéficiaires de la zakāt§ 318 à 325
  46. Section : questions diverses sur la zakāt§ 326 à 327
  47. Section : la perte de la zakāt mise de côté§ 328 à 330
  48. Section : l'aumône de la rupture du jeûne (ṣadaqat al-fiṭr)§ 331 à 334
  49. Chapitre quatrième : le jeûne (ṣawm)§ 335 à 338
  50. Section : ce qui est recommandé et déconseillé pendant le jeûne, et la rupture du jeûne§ 339 à 344
  51. Chapitre cinquième : la retraite spirituelle (iʿtikāf)§ 345 à 349
  52. Section : ce qui annule la retraite§ 350
  53. Chapitre sixième : le pèlerinage (ḥajj)§ 351 à 371
  54. Section : la ʿumra§ 372 à 375
  55. Conclusion : la visite au Prophète§ 376 à 381
  56. Chapitre septième : le sacrifice de la fête, le sacrifice de la naissance et l'abattage§ 382 à 393
  57. Chapitre huitième : quelques questions sur le mariage et la répudiation§ 394 à 438
  58. Section : la reprise de l'épouse répudiée (rajʿa)§ 439 à 443
  59. Chapitre neuvième : la vente§ 444 à 448
  60. Section : l'usure (ribā), la vente à prix de revient majoré et la dissimulation des défauts§ 449 à 451
  61. Chapitre dixième : les successions (farāʾiḍ)§ 452 à 454
  62. Section : les parts fixées§ 455 à 459
  63. Section : l'héritage par agnation (taʿṣīb)§ 460 à 461
  64. Section : l'éviction et la réduction (ḥajb)§ 462 à 475
  65. Chapitre onzième : exposé d'un ensemble d'obligations, de sunnas et de règles de bonne conduite§ 476 à 483
  66. Section : la prière sur le Prophète et quelques interdits§ 484 à 487
  67. Section : la corruption§ 488 à 494
  68. Section : les convenances du repas, du vêtement, et quelques interdits§ 495 à 498
  69. Section : le salut et la demande de permission d'entrer§ 499 à 503
  70. Section : règles de bonne conduite diverses§ 504 à 510

Préambule de l'auteurمُقَدِّمَةُ الْمُؤَلِّفِ

  1. 1

    بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ. الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ، وَأَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَعَلَى سَائِرِ الْأَنْبِيَاءِ وَالْمُرْسَلِينَ، وَآلِ كُلٍّ وَالتَّابِعِينَ لَهُمْ بِإِحْسَانٍ إِلَى يَوْمِ الدِّينِ.

    Au Nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des univers ! J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, ainsi qu'à tous les Prophètes et Messagers, à la famille de chacun d'eux et à ceux qui les suivent dans le bien jusqu'au Jour de la Rétribution.

  2. 2

    أَمَّا بَعْدُ: فَيَقُولُ الْعَبْدُ الْفَقِيرُ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى أَبُو الْحَسَنِ عَلِيٌّ الْمَالِكِيُّ الشَّاذِلِيُّ، غَفَرَ اللَّهُ لَهُ وَلِوَالِدَيْهِ وَمَشَايِخِهِ وَإِخْوَانِهِ وَسَائِرِ أَهْلِ السُّنَّةِ الْمُحَمَّدِيَّةِ:

    Cela dit, le serviteur qui a besoin d'Allah le Très-Haut, Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Mālikī ash-Shādhilī, qu'Allah lui pardonne ainsi qu'à ses parents, à ses maîtres, à ses frères et à tous les gens de la Sunna de Muhammad, déclare :

  3. 3

    هَذِهِ مُقَدِّمَةٌ فِي مَسَائِلَ مِنَ الْعِبَادَاتِ وَغَيْرِ ذَلِكَ عَلَى مَذْهَبِ الْإِمَامِ مَالِكِ بْنِ أَنَسٍ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى، لِيَنْتَفِعَ بِهَا الْوِلْدَانُ وَنَحْوُهُمْ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى.

    Voici une introduction sur des questions relevant des actes d'adoration et d'autres domaines, selon l'école de l'imam Mālik ibn Anas, qu'Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde, afin qu'en tirent profit les enfants et ceux qui leur ressemblent, si Allah le Très-Haut le veut.

  4. 4

    لَخَّصْتُهَا مِنْ كِتَابِي الْمُسَمَّى بِعُمْدَةِ السَّالِكِ عَلَى مَذْهَبِ الْإِمَامِ مَالِكٍ فِي الْعِبَادَاتِ وَغَيْرِ ذَلِكَ، وَسَمَّيْتُهَا بِالْمُقَدِّمَةِ الْعِزِّيَّةِ لِلْجَمَاعَةِ الْأَزْهَرِيَّةِ، مُشْتَمِلَةً عَلَى أَحَدَ عَشَرَ بَابًا.

    Je l'ai abrégée de mon livre intitulé ʿUmdat as-sālik ʿalā madhhab al-imām Mālik, sur les actes d'adoration et d'autres domaines, et je l'ai nommée al-Muqaddima al-ʿIzziyya li-l-jamāʿa al-azhariyya. Elle comprend onze chapitres.

Chapitre premier : la purification (ṭahāra)الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي الطَّهَارَةِ

  1. 5

    قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَأَنْزَلْنَا مِنَ السَّمَاءِ مَاءً طَهُورًا﴾.

    Allah le Très-Haut a dit : « Nous avons fait descendre du ciel une eau purifiante » [sourate al-Furqān, 25:48].

  2. 6

    الْمَاءُ الطَّهُورُ: مَا كَانَ طَاهِرًا فِي نَفْسِهِ، مُطَهِّرًا لِغَيْرِهِ، كَمَاءِ الْبَحْرِ وَالْبِئْرِ وَالْمَطَرِ، إِذَا لَمْ يَتَغَيَّرْ شَيْءٌ مِنْ أَوْصَافِهِ الثَّلَاثَةِ، وَهِيَ اللَّوْنُ وَالطَّعْمُ وَالرِّيحُ، بِمَا يَنْفَكُّ عَنْهُ غَالِبًا كَاللَّبَنِ وَالْعَسَلِ وَالْبَوْلِ وَالْعَذِرَةِ.

    L'eau purifiante (ṭahūr) est celle qui est pure en elle-même et qui purifie autre chose qu'elle, comme l'eau de la mer, du puits et de la pluie, tant qu'aucune de ses trois qualités, la couleur, le goût et l'odeur, n'a été altérée par une matière dont elle est le plus souvent séparée, comme le lait, le miel, l'urine et les excréments.

  3. 7

    فَإِنْ تَغَيَّرَ شَيْءٌ مِنْ أَوْصَافِهِ الثَّلَاثَةِ بِمَا ذُكِرَ وَنَحْوِهِ فَلَا يَصِحُّ الْوُضُوءُ مِنْهُ وَلَا الْغُسْلُ وَلَا الِاسْتِنْجَاءُ.

    Si l'une de ses trois qualités a été altérée par ce qui vient d'être cité ou par une matière semblable, ni les ablutions (wuḍūʾ), ni les grandes ablutions (ghusl), ni le lavage des orifices (istinjāʾ) ne sont valables avec elle.

  4. 8

    وَالْمُتَغَيِّرُ بِالطَّاهِرِ طَاهِرٌ غَيْرُ طَهُورٍ، يُسْتَعْمَلُ فِي الْعَادَاتِ وَلَا يُسْتَعْمَلُ فِي الْعِبَادَاتِ.

    L'eau altérée par une matière pure est pure sans être purifiante : on s'en sert pour les usages courants, non pour les actes d'adoration.

  5. 9

    وَالْمُتَغَيِّرُ بِالنَّجِسِ نَجِسٌ، لَا يُسْتَعْمَلُ فِي شَيْءٍ مِنَ الْعَادَاتِ وَلَا فِي شَيْءٍ مِنَ الْعِبَادَاتِ.

    L'eau altérée par une matière impure est impure : on ne s'en sert ni pour les usages courants ni pour les actes d'adoration.

  6. 10

    وَإِذَا تَغَيَّرَ بِمَا هُوَ مِنْ قَرَارِهِ كَالتُّرَابِ وَالْمِلْحِ وَالنُّورَةِ، أَوْ بِمَا تَوَلَّدَ مِنْهُ كَالطُّحْلَبِ، أَوْ بِطُولِ الْمُكْثِ، فَإِنَّهُ لَا يَضُرُّ، وَيُسْتَعْمَلُ فِي الْعَادَاتِ وَالْعِبَادَاتِ.

    Si l'eau est altérée par ce qui fait partie du lieu où elle repose, comme la terre, le sel et la chaux, ou par ce qui naît d'elle, comme la mousse, ou parce qu'elle a longtemps stagné, cela ne nuit pas : on s'en sert pour les usages courants et pour les actes d'adoration.

  7. 11

    وَإِذَا وَقَعَ فِي الْمَاءِ الْقَلِيلِ، كَآنِيَةِ الْوُضُوءِ لِلْمُتَوَضِّئِ وَآنِيَةِ الْغُسْلِ لِلْمُغْتَسِلِ، نَجَاسَةٌ وَلَمْ تُغَيِّرْهُ، فَإِنَّهُ يَصِحُّ التَّطْهِيرُ بِهِ، لَكِنْ يُكْرَهُ إِذَا وُجِدَ غَيْرُهُ.

    Si une impureté tombe dans une petite quantité d'eau, comme le contenu du récipient de celui qui fait ses ablutions ou ses grandes ablutions, sans l'altérer, il est valable de se purifier avec cette eau, mais c'est déconseillé (makrūh) si l'on en trouve une autre.

  8. 12

    وَالْمَاءُ الْمُسْتَعْمَلُ فِي الْوُضُوءِ وَالْغُسْلِ طَهُورٌ، يُكْرَهُ التَّطْهِيرُ بِهِ مَعَ وُجُودِ غَيْرِهِ. وَفِي الْمُسْتَعْمَلِ فِي غَيْرِهِ، كَالْمُسْتَعْمَلِ فِي التَّبَرُّدِ وَغُسْلِ الْجُمُعَةِ، قَوْلَانِ بِالْكَرَاهَةِ وَعَدَمِهَا.

    L'eau qui a déjà servi à des ablutions ou à des grandes ablutions reste purifiante, mais il est déconseillé de se purifier avec elle quand on en trouve une autre. Quant à l'eau qui a servi à autre chose, par exemple à se rafraîchir ou au bain du vendredi, il y a deux avis : l'un la déconseille, l'autre non.

Section : ce qui est purفَصْلٌ

  1. 13

    كُلُّ حَيٍّ فَهُوَ طَاهِرٌ، آدَمِيًّا أَوْ غَيْرَهُ. وَكَذَلِكَ عَرَقُهُ وَلُعَابُهُ وَمُخَاطُهُ وَدَمْعُهُ وَبَيْضُهُ غَيْرَ الْمَذِرِ، بِالذَّالِ الْمُعْجَمَةِ، وَهُوَ الْمُتَغَيِّرُ الْمُنْتِنُ.

    Tout être vivant est pur, qu'il s'agisse de l'être humain ou d'un autre. Il en va de même de sa sueur, de sa salive, de son mucus, de ses larmes et de ses œufs, sauf l'œuf gâté (madhir, avec la lettre dhāl), c'est-à-dire altéré et nauséabond.

  2. 14

    وَلَبَنُ الْآدَمِيِّ فِي حَالِ حَيَاتِهِ طَاهِرٌ. وَلَبَنُ مُبَاحِ الْأَكْلِ طَاهِرٌ كَالْبَقَرِ وَالْغَنَمِ وَالْإِبِلِ، وَكَذَلِكَ بَوْلُهُ وَرَجِيعُهُ مَا لَمْ يَتَغَذَّ بِنَجِسٍ.

    Le lait de l'être humain, de son vivant, est pur. Le lait de l'animal dont la chair est permise est pur, comme celui de la vache, du mouton et du chameau ; il en va de même de son urine et de ses excréments, tant qu'il ne s'est pas nourri d'une matière impure.

  3. 15

    وَلَبَنُ غَيْرِهَا تَابِعٌ لِلَحْمِهِ؛ فَمَا حَرُمَ أَكْلُ لَحْمِهِ فَلَبَنُهُ نَجِسٌ كَالْخَيْلِ وَالْبِغَالِ وَالْحَمِيرِ، وَمَا كُرِهَ أَكْلُ لَحْمِهِ كَالسَّبُعِ فَلَبَنُهُ مَكْرُوهٌ.

    Le lait des autres animaux suit le statut de leur chair : celui dont la chair est interdite a un lait impur, comme le cheval, le mulet et l'âne ; celui dont la chair est déconseillée, comme le fauve, a un lait déconseillé.

  4. 16

    وَمَيْتَةُ مَا لَا نَفْسَ لَهُ سَائِلَةٌ كَالذُّبَابِ وَالنَّمْلِ وَالدُّودِ طَاهِرَةٌ.

    La dépouille de l'animal qui n'a pas de sang qui coule, comme la mouche, la fourmi et le ver, est pure.

Section : ce qui est impurفَصْلٌ

  1. 17

    مَيْتَةُ الْآدَمِيِّ غَيْرِ الْأَنْبِيَاءِ نَجِسَةٌ. وَكَذَلِكَ مَيْتَةُ مَا لَهُ نَفْسٌ سَائِلَةٌ كَالْقَمْلَةِ عَلَى الْمَشْهُورِ، وَالْبُرْغُوثِ عِنْدَ ابْنِ الْقَصَّارِ.

    La dépouille de l'être humain, hormis celle des Prophètes, est impure. Il en va de même de la dépouille de l'animal qui a du sang qui coule, comme le pou selon l'avis réputé (mashhūr), et la puce selon Ibn al-Qaṣṣār.

  2. 18

    وَمَا أُبِينَ مِنَ الْحَيِّ أَوِ الْمَيِّتِ مِمَّا تَحُلُّهُ الْحَيَاةُ كَالْقَرْنِ وَالْعَظْمِ وَالظُّفُرِ وَالْجِلْدِ نَجِسٌ.

    Ce qui a été détaché d'un animal vivant ou mort, parmi les parties que la vie habite, comme la corne, l'os, l'ongle et la peau, est impur.

  3. 19

    وَلَبَنُ الْمَيْتَةِ وَمُحَرَّمِ الْأَكْلِ كَالْخِنْزِيرِ وَالْأَتَانِ، وَبَوْلُ الْجَلَّالَةِ وَرَجِيعُهَا، وَهِيَ كُلُّ حَيَوَانٍ يَسْتَعْمِلُ النَّجَاسَةَ.

    [Sont impurs aussi] le lait de la bête morte et de l'animal dont la chair est interdite, comme le porc et l'ânesse, ainsi que l'urine et les excréments de la jallāla, c'est-à-dire de tout animal qui se nourrit d'impuretés.

  4. 20

    وَالْبَوْلُ وَالْعَذِرَةُ مِنَ الْآدَمِيِّ غَيْرَ فَضَلَاتِ الْأَنْبِيَاءِ، وَمِنْ مُحَرَّمِ الْأَكْلِ وَمَكْرُوهِهِ كَالسَّبُعِ وَالذِّئْبِ.

    [Sont impurs] l'urine et les excréments de l'être humain, hormis ce qui sort des Prophètes, et ceux de l'animal dont la chair est interdite ou déconseillée, comme le fauve et le loup.

  5. 21

    وَالْقَيْحُ وَالصَّدِيدُ وَالدَّمُ الْمَسْفُوحُ مِنَ الْآدَمِيِّ أَوْ غَيْرِهِ، وَالْقَيْءُ الْمُتَغَيِّرُ عَنْ حَالَةِ الطَّعَامِ، وَالْمُسْكِرُ كَالْخَمْرِ.

    [Sont impurs] le pus, la sanie et le sang répandu, de l'être humain ou d'un autre, le vomi qui n'a plus l'état de la nourriture, et ce qui enivre, comme le vin.

  6. 22

    وَالْمَنِيُّ: وَهُوَ مِنَ الرَّجُلِ مَاءٌ أَبْيَضُ ثَخِينٌ، بِمُثَلَّثَةٍ، أَيْ غَلِيظٌ، يَتَدَفَّقُ فِي خُرُوجِهِ، رَائِحَتُهُ كَرَائِحَةِ الطَّلْعِ، بِالْعَيْنِ أَوِ الْحَاءِ الْمُهْمَلَتَيْنِ، وَقَرِيبٌ مِنْ رَائِحَةِ الْعَجِينِ، وَإِذَا يَبِسَ كَانَ كَرَائِحَةِ الْبَيْضِ. وَمِنَ الْمَرْأَةِ مَاءٌ أَصْفَرُ رَقِيقٌ.

    [Est impur] le sperme (maniyy) : chez l'homme, c'est un liquide blanc et épais (thakhīn, avec la lettre thāʾ, c'est-à-dire consistant), qui sort par jets, dont l'odeur est celle de la fleur de palmier (ṭalʿ, avec la lettre ʿayn, ou ṭalḥ, avec la lettre ḥāʾ) et se rapproche de celle de la pâte ; une fois sec, il a l'odeur de l'œuf. Chez la femme, c'est un liquide jaune et fluide.

  7. 23

    وَالْوَدْيُ، بِدَالٍ مُهْمَلَةٍ، وَفِي الْيَاءِ وَجْهَانِ: التَّشْدِيدُ وَالتَّخْفِيفُ. وَهُوَ مَاءٌ أَبْيَضُ ثَخِينٌ يَخْرُجُ غَالِبًا عَقِبَ الْبَوْلِ.

    [Est impur] le wady (avec la lettre dāl ; le yāʾ se prononce redoublé ou simple) : c'est un liquide blanc et épais qui sort le plus souvent à la suite de l'urine.

  8. 24

    وَالْمَذِيُّ، بِكَسْرِ الذَّالِ الْمُعْجَمَةِ: مَاءٌ أَبْيَضُ رَقِيقٌ يَخْرُجُ عِنْدَ اللَّذَّةِ بِالْإِنْعَاظِ، أَيْ قِيَامِ الذَّكَرِ، عِنْدَ الْمُلَاعَبَةِ أَوِ التَّذْكَارِ، بِفَتْحِ التَّاءِ، أَيِ التَّفَكُّرِ.

    [Est impur] le madhy (ici vocalisé madhiyy, avec la voyelle i sous la lettre dhāl) : c'est un liquide blanc et fluide qui sort au moment du plaisir, avec l'érection, lors des caresses ou du souvenir (tadhkār, avec la voyelle a sur le tāʾ), c'est-à-dire de la pensée.

  9. 25

    وَرَمَادُ النَّجِسِ وَدُخَانُهُ نَجِسٌ.

    La cendre et la fumée de ce qui est impur sont impures.

Section : le retrait de l'impuretéفَصْلٌ

  1. 26

    تَجِبُ إِزَالَةُ النَّجَاسَةِ عَنْ ثَوْبِ الْمُصَلِّي وَبَدَنِهِ وَمَكَانِهِ، وَهُوَ مَا تَمَاسُّهُ أَعْضَاؤُهُ، إِذَا كَانَ ذَاكِرًا لَهَا قَادِرًا عَلَى إِزَالَتِهَا بِالْمَاءِ الْمُطْلَقِ. فَلَوْ أَزَالَهَا بِغَيْرِهِ وَصَلَّى لَمْ تَصِحَّ الصَّلَاةُ.

    Il est obligatoire d'ôter l'impureté du vêtement de celui qui prie, de son corps et du lieu où il prie, c'est-à-dire de ce que touchent ses membres, s'il s'en souvient et s'il est capable de l'ôter avec de l'eau pure de tout mélange (māʾ muṭlaq). S'il l'ôte avec autre chose et prie, sa prière n'est pas valable.

  2. 27

    وَإِذَا سَقَطَ عَلَى الْمُصَلِّي وَهُوَ فِي الصَّلَاةِ نَجَاسَةٌ بَطَلَتْ صَلَاتُهُ، وَكَذَا إِذَا ذَكَرَ وَهُوَ فِي الصَّلَاةِ أَنَّ بِثَوْبِهِ أَوْ بَدَنِهِ أَوْ مَكَانِهِ نَجَاسَةً.

    Si une impureté tombe sur celui qui prie pendant sa prière, sa prière est nulle ; de même s'il se souvient pendant la prière qu'il y a une impureté sur son vêtement, sur son corps ou à l'endroit où il prie.

  3. 28

    وَإِذَا كَانَ الْمَكَانُ نَجِسًا وَجَعَلَ عَلَيْهِ سَاتِرًا طَاهِرًا كَثِيفًا، بِمُثَلَّثَةٍ، أَيْ ثَخِينًا، جَازَتِ الصَّلَاةُ عَلَيْهِ مُطْلَقًا، أَعْنِي لِلْمَرِيضِ وَالصَّحِيحِ، عَلَى مَا رَجَّحَهُ ابْنُ يُونُسَ.

    Si l'endroit est impur et qu'on y pose une couverture pure et épaisse (kathīf, avec la lettre thāʾ, c'est-à-dire consistante), il est permis de prier dessus dans tous les cas, je veux dire pour le malade comme pour le bien portant, selon l'avis que retient Ibn Yūnus.

Section : les impuretés pardonnéesفَصْلٌ

  1. 29

    يُعْفَى عَنْ يَسِيرِ الدَّمِ مُطْلَقًا، أَعْنِي سَوَاءٌ كَانَ دَمَ حَيْضٍ أَوْ نِفَاسٍ أَوْ مَيْتَةٍ، رَآهُ فِي الصَّلَاةِ أَوْ خَارِجَهَا، مِنْ جَسَدِهِ أَوْ غَيْرِهِ، وَيَسِيرِ الْقَيْحِ وَالصَّدِيدِ. وَالْيَسِيرُ مَا دُونَ الدِّرْهَمِ، وَالْمُرَادُ بِالدِّرْهَمِ الْبَغْلِيُّ، أَيِ الدَّائِرَةُ الَّتِي تَكُونُ بِبَاطِنِ الذِّرَاعِ مِنَ الْبَغْلِ.

    Une petite quantité de sang est pardonnée dans tous les cas, je veux dire qu'il s'agisse de sang de menstrues, de lochies ou de bête morte, qu'on l'ait vu pendant la prière ou en dehors, qu'il vienne de son propre corps ou d'ailleurs ; de même une petite quantité de pus ou de sanie. Est petite la quantité inférieure au dirham ; il s'agit du dirham dit « du mulet » (baghlī), c'est-à-dire du cercle qui se trouve à l'intérieur de la patte antérieure du mulet.

  2. 30

    وَعَنْ أَثَرِ الدُّمَّلِ إِذَا لَمْ يُنْكَ، أَيْ لَمْ يُعْصَرْ، وَعَنْ دَمِ الْبَرَاغِيثِ، وَطِينِ الْمَطَرِ وَإِنْ كَانَتِ الْعَذِرَةُ فِيهِ، إِلَّا أَنْ تَكُونَ النَّجَاسَةُ غَالِبَةً أَوْ يَكُونَ لَهَا عَيْنٌ قَائِمَةٌ.

    Sont pardonnés aussi la trace du furoncle tant qu'il n'a pas été pressé, le sang des puces, et la boue de pluie même si des excréments s'y trouvent, à moins que l'impureté ne domine ou qu'elle ne soit visible en substance.

Section : les ablutions (wuḍūʾ)فَصْلٌ

  1. 31

    فَرَائِضُ الْوُضُوءِ سَبْعَةٌ: الْأُولَى: النِّيَّةُ، وَهِيَ الْقَصْدُ بِالْقَلْبِ. فَيَنْوِي بِقَلْبِهِ عِنْدَ غَسْلِ وَجْهِهِ فَرْضَ الْوُضُوءِ أَوْ رَفْعَ الْحَدَثِ أَوِ اسْتِبَاحَةَ مَا كَانَ الْحَدَثُ مَانِعًا مِنْهُ.

    Les obligations (farāʾiḍ) des ablutions sont sept. La première : l'intention (niyya), qui est la résolution du cœur. On formule dans son cœur, au moment de laver le visage, l'intention d'accomplir l'obligation des ablutions, ou de lever l'état d'impureté rituelle (ḥadath), ou de se rendre permis ce que cet état empêchait.

  2. 32

    الثَّانِيَةُ: غَسْلُ جَمِيعِ الْوَجْهِ، وَحَدُّهُ طُولًا مِنْ مَنَابِتِ شَعْرِ الرَّأْسِ الْمُعْتَادِ إِلَى آخِرِ الذِّقْنِ، وَعَرْضًا مَا بَيْنَ الْأُذُنَيْنِ.

    La deuxième : le lavage de tout le visage. Il s'étend, en hauteur, de la racine habituelle des cheveux jusqu'au bout du menton et, en largeur, d'une oreille à l'autre.

  3. 33

    وَيَتَفَقَّدُ فِي غَسْلِهِ أَسَارِيرَ جَبْهَتِهِ، وَهِيَ التَّكَامِيشُ الَّتِي تَكُونُ فِي الْجَبْهَةِ، وَظَاهِرَ الشَّفَتَيْنِ وَمَا بَيْنَ الْمَنْخِرَيْنِ. وَيَجِبُ تَخْلِيلُ شَعْرِ اللِّحْيَةِ الْخَفِيفَةِ وَغَسْلُ مَا طَالَ مِنَ اللِّحْيَةِ الْكَثِيفَةِ.

    En le lavant, on veille aux plis du front, c'est-à-dire aux rides qui s'y forment, à l'extérieur des lèvres et à ce qui sépare les narines. Il est obligatoire de faire pénétrer l'eau dans les poils de la barbe clairsemée et de laver ce qui pend de la barbe fournie.

  4. 34

    الثَّالِثَةُ: غَسْلُ الْيَدَيْنِ مَعَ الْمِرْفَقَيْنِ، وَيَجِبُ تَخْلِيلُ أَصَابِعِهِمَا.

    La troisième : le lavage des mains [et des avant-bras], coudes compris ; il est obligatoire de faire passer l'eau entre les doigts.

  5. 35

    الرَّابِعَةُ: مَسْحُ جَمِيعِ الرَّأْسِ، وَأَوَّلُهُ مِنْ مَبْدَإِ الْوَجْهِ، وَآخِرُهُ مُنْتَهَى الْجُمْجُمَةِ.

    La quatrième : le passage des mains mouillées sur toute la tête, qui commence là où commence le visage et finit à l'extrémité du crâne.

  6. 36

    وَمَنْ تَوَضَّأَ ثُمَّ قَلَّمَ أَظَافِرَهُ أَوْ حَلَقَ رَأْسَهُ فَإِنَّهُ لَا يُعِيدُ غَسْلَ مَوْضِعِ التَّقْلِيمِ وَلَا مَسْحَ الرَّأْسِ. وَاخْتُلِفَ إِذَا حَلَقَ لِحْيَتَهُ بَعْدَ الْوُضُوءِ، فَقِيلَ يُعِيدُ غَسْلَ مَوْضِعِهَا، وَقِيلَ لَا يُعِيدُ.

    Celui qui fait ses ablutions puis se coupe les ongles ou se rase la tête ne refait ni le lavage de l'endroit coupé ni le passage des mains sur la tête. Il y a divergence sur celui qui se rase la barbe après ses ablutions : selon un avis il relave son emplacement, selon un autre il ne le relave pas.

  7. 37

    الْخَامِسَةُ: غَسْلُ الرِّجْلَيْنِ مَعَ الْكَعْبَيْنِ، وَهُمَا الْعَظْمَانِ النَّاتِئَانِ فِي طَرَفَيِ السَّاقَيْنِ، وَنُدِبَ تَخْلِيلُ أَصَابِعِهِمَا.

    La cinquième : le lavage des pieds, chevilles comprises, c'est-à-dire les deux os saillants au bout des jambes ; il est recommandé de faire passer l'eau entre les orteils.

  8. 38

    السَّادِسَةُ: الدَّلْكُ، وَهُوَ إِمْرَارُ الْيَدِ عَلَى الْعُضْوِ مَعَ الْمَاءِ، وَلَا يُشْتَرَطُ مُقَارَنَتُهُ لِلصَّبِّ.

    La sixième : le frottement (dalk), qui consiste à passer la main sur le membre avec l'eau ; il n'est pas exigé qu'il accompagne le versement de l'eau.

  9. 39

    السَّابِعَةُ: الْمُوَالَاةُ، وَهُوَ أَنْ يَفْعَلَ الْوُضُوءَ كُلَّهُ فِي فَوْرٍ وَاحِدٍ مِنْ غَيْرِ تَفْرِيقٍ مُتَفَاحِشٍ، مَعَ الذِّكْرِ وَالْقُدْرَةِ.

    La septième : l'enchaînement (muwālāt), qui consiste à accomplir toutes les ablutions d'une seule traite, sans interruption excessive, quand on s'en souvient et qu'on le peut.

  10. 40

    وَسُنَنُهُ ثَمَانِيَةٌ: الْأُولَى: غَسْلُ الْيَدَيْنِ قَبْلَ إِدْخَالِهِمَا فِي الْإِنَاءِ، وَيَنْوِي بِغَسْلِهِمَا التَّعَبُّدَ، وَيَغْسِلُ كُلَّ وَاحِدَةٍ عَلَى حِدَتِهَا ثَلَاثًا.

    Ses sunnas sont huit. La première : laver les mains avant de les plonger dans le récipient, avec l'intention d'accomplir un acte d'adoration ; on lave chaque main séparément, trois fois.

  11. 41

    الثَّانِيَةُ: الْمَضْمَضَةُ، وَهِيَ إِدْخَالُ الْمَاءِ فِي الْفَمِ ثُمَّ يُخَضْخِضُهُ وَيَمُجُّهُ. الثَّالِثَةُ: الِاسْتِنْشَاقُ، وَهُوَ جَذْبُ الْمَاءِ بِنَفَسِهِ لِدَاخِلِ أَنْفِهِ.

    La deuxième : le rinçage de la bouche (maḍmaḍa), qui consiste à y introduire de l'eau, à l'agiter puis à la rejeter. La troisième : l'aspiration de l'eau par le nez (istinshāq), en la tirant par son souffle vers l'intérieur du nez.

  12. 42

    الرَّابِعَةُ: الِاسْتِنْثَارُ، وَهُوَ دَفْعُ الْمَاءِ مِنَ الْأَنْفِ بِنَفَسِهِ مَعَ جَعْلِ السَّبَّابَةِ وَالْإِبْهَامِ مِنْ يَدِهِ الْيُسْرَى عَلَى أَنْفِهِ. وَيُبَالِغُ غَيْرُ الصَّائِمِ فِي الْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ، وَالْأَفْضَلُ أَنْ يَتَمَضْمَضَ بِثَلَاثِ غَرَفَاتٍ ثُمَّ يَسْتَنْشِقَ بِثَلَاثِ غَرَفَاتٍ.

    La quatrième : le rejet de l'eau par le nez (istinthār), en la chassant par son souffle, l'index et le pouce de la main gauche posés sur le nez. Celui qui ne jeûne pas insiste dans le rinçage de la bouche et l'aspiration par le nez ; le mieux est de se rincer la bouche avec trois poignées d'eau, puis d'aspirer par le nez avec trois poignées.

  13. 43

    الْخَامِسَةُ: مَسْحُ الْأُذُنَيْنِ ظَاهِرِهِمَا وَبَاطِنِهِمَا، بِأَنْ يُدْخِلَ سَبَّابَتَيْهِ فِي صِمَاخَيْهِ وَيَجْعَلَ إِبْهَامَيْهِ عَلَى ظَاهِرِهِمَا.

    La cinquième : le passage des mains mouillées sur les oreilles, à l'extérieur et à l'intérieur : on introduit les index dans les conduits et l'on pose les pouces sur l'extérieur.

  14. 44

    السَّادِسَةُ: تَجْدِيدُ الْمَاءِ لِمَسْحِ الْأُذُنَيْنِ. السَّابِعَةُ: رَدُّ الْيَدَيْنِ فِي مَسْحِ الرَّأْسِ. الثَّامِنَةُ: تَرْتِيبُ فَرَائِضِهِ.

    La sixième : reprendre de l'eau pour les oreilles. La septième : ramener les mains lors du passage sur la tête. La huitième : accomplir ses obligations dans l'ordre.

  15. 45

    تَنْبِيهٌ: مَنْ تَرَكَ فَرْضًا مِنْ فَرَائِضِ الْوُضُوءِ فَإِنَّهُ يَأْتِي بِهِ ثُمَّ يُعِيدُ الصَّلَاةَ. وَمَنْ تَرَكَ سُنَّةً فَإِنَّهُ لَا يُعِيدُ الصَّلَاةَ، وَيَفْعَلُ تِلْكَ السُّنَّةَ لِمَا يُسْتَقْبَلُ مِنَ الصَّلَوَاتِ.

    Remarque : celui qui a délaissé une obligation des ablutions l'accomplit, puis refait la prière. Celui qui a délaissé une sunna ne refait pas la prière ; il accomplit cette sunna pour les prières à venir.

  16. 46

    وَفَضَائِلُهُ إِحْدَى عَشْرَةَ: الْأُولَى: التَّسْمِيَةُ فِي ابْتِدَاءِ الْوُضُوءِ بِأَنْ يَقُولَ: بِسْمِ اللَّهِ. وَإِذَا نَسِيَهَا فِي ابْتِدَائِهِ ثُمَّ تَذَكَّرَهَا فِي أَثْنَائِهِ أَتَى بِهَا.

    Ses actes méritoires (faḍāʾil) sont onze. Le premier : dire « Au Nom d'Allah » (Bismi Llāh) en commençant les ablutions. Si on l'oublie au début et qu'on s'en souvient en cours de route, on le dit alors.

  17. 47

    الثَّانِيَةُ: الدُّعَاءُ بَعْدَ الْفَرَاغِ مِنْهُ، بِأَنْ يَقُولَ وَهُوَ رَافِعٌ طَرْفَهُ إِلَى السَّمَاءِ: أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِنَ التَّوَّابِينَ وَاجْعَلْنِي مِنَ الْمُتَطَهِّرِينَ.

    Le deuxième : l'invocation une fois les ablutions terminées. On dit, le regard levé vers le ciel : « J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Ô Allah, mets-moi au nombre de ceux qui se repentent et mets-moi au nombre de ceux qui se purifient. »

  18. 48

    الثَّالِثَةُ: أَنْ لَا يَتَكَلَّمَ فِي وُضُوئِهِ. الرَّابِعَةُ: قِلَّةُ الْمَاءِ بِلَا حَدٍّ، كَالْغُسْلِ، مَعَ إِحْكَامِهِمَا، بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ، أَيْ إِتْقَانِهِمَا.

    Le troisième : ne pas parler pendant ses ablutions. Le quatrième : user de peu d'eau, sans mesure fixée, comme pour les grandes ablutions, tout en accomplissant les unes et les autres avec soin (iḥkām, avec la voyelle i sous la hamza, c'est-à-dire avec perfection).

  19. 49

    الْخَامِسَةُ: السِّوَاكُ بِعُودٍ رَطْبٍ أَوْ يَابِسٍ، وَالْأَخْضَرُ أَفْضَلُ لِغَيْرِ الصَّائِمِ. فَإِنْ لَمْ يَجِدْ عُودًا فَبِأُصْبُعِهِ أَوْ بِشَيْءٍ خَشِنٍ. وَيَسْتَاكُ بِالْيُمْنَى، وَيَكُونُ قَبْلَ الْوُضُوءِ، وَيَتَمَضْمَضُ بَعْدَهُ.

    Le cinquième : se frotter les dents (siwāk) avec un bâtonnet, frais ou sec ; le bâtonnet vert est meilleur pour celui qui ne jeûne pas. Si l'on ne trouve pas de bâtonnet, on se sert de son doigt ou d'une chose rugueuse. On se frotte les dents de la main droite, avant les ablutions, puis on se rince la bouche.

  20. 50

    وَإِذَا بَعُدَ مَا بَيْنَ الْوُضُوءِ وَالصَّلَاةِ اسْتَاكَ، وَإِنْ حَضَرَتْ صَلَاةٌ أُخْرَى وَهُوَ عَلَى طَهَارَةٍ اسْتَاكَ لِلثَّانِيَةِ.

    Si un long moment sépare les ablutions de la prière, on se frotte les dents [de nouveau] ; et si une autre prière se présente alors qu'on est encore en état de pureté, on se les frotte pour la seconde.

  21. 51

    السَّادِسَةُ: أَنْ يَتَوَضَّأَ فِي مَكَانٍ طَاهِرٍ. السَّابِعَةُ: أَنْ يَكُونَ الْإِنَاءُ عَنْ يَمِينِهِ إِنْ كَانَ مَفْتُوحًا. الثَّامِنَةُ: أَنْ يُقَدِّمَ غَسْلَ الْمَيَامِنِ عَلَى الْمَيَاسِرِ.

    Le sixième : faire ses ablutions dans un endroit pur. Le septième : placer le récipient à sa droite s'il est ouvert. Le huitième : laver les membres de droite avant ceux de gauche.

  22. 52

    التَّاسِعَةُ: أَنْ يَبْدَأَ بِمُقَدَّمِ الرَّأْسِ. الْعَاشِرَةُ: أَنْ يُرَتِّبَ الْمَسْنُونَ مَعَ الْمَسْنُونِ كَالْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ.

    Le neuvième : commencer par le devant de la tête. Le dixième : respecter l'ordre des sunnas entre elles, comme le rinçage de la bouche puis l'aspiration par le nez.

  23. 53

    الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ: أَنْ يُكَرِّرَ الْمَغْسُولَ ثَلَاثًا، بِخِلَافِ الْمَمْسُوحِ وَهُوَ الرَّأْسُ وَالْأُذُنَانِ، فَإِنَّهُ لَا يُسْتَحَبُّ تَكْرَارُ مَسْحِهَا.

    Le onzième : répéter trois fois le lavage des membres lavés, à la différence de ceux sur lesquels on passe les mains mouillées, la tête et les oreilles, pour lesquels la répétition n'est pas recommandée.

  24. 54

    تَنْبِيهٌ: الزِّيَادَةُ عَلَى الثَّلَاثَةِ غَيْرُ مَشْرُوعَةٍ. وَاخْتُلِفَ هَلْ تُكْرَهُ أَوْ تُمْنَعُ: قَوْلَانِ مَشْهُورَانِ.

    Remarque : dépasser trois lavages n'est pas prescrit. Il y a divergence : est-ce déconseillé ou interdit ? Deux avis réputés.

  25. 55

    وَلَا يُسْتَحَبُّ إِطَالَةُ الْغُرَّةِ، وَهِيَ الزِّيَادَةُ عَلَى مَا وَجَبَ غَسْلُهُ مِنَ الْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ مَعَ الْمِرْفَقَيْنِ، وَلَا مَسْحُ الرَّقَبَةِ. وَلَا بَأْسَ بِمَسْحِ الْأَعْضَاءِ بِالْمِنْدِيلِ.

    Il n'est pas recommandé d'étendre le lavage (iṭālat al-ghurra), c'est-à-dire de dépasser ce qu'il est obligatoire de laver du visage et des mains jusqu'aux coudes compris, ni de passer les mains sur la nuque. Il n'y a pas d'inconvénient à s'essuyer les membres avec un linge.

Section : le lavage des orifices (istinjāʾ)فَصْلٌ

  1. 56

    الِاسْتِنْجَاءُ وَاجِبٌ، وَهُوَ غَسْلُ مَوْضِعِ الْحَدَثِ بِالْمَاءِ. وَيُسْتَنْجَى مِنْ كُلِّ مَا يَخْرُجُ مِنَ الْمَخْرَجَيْنِ مُعْتَادًا سِوَى الرِّيحِ.

    Le lavage des orifices (istinjāʾ) est obligatoire : il consiste à laver à l'eau l'endroit d'où est sortie l'impureté. On le fait pour tout ce qui sort habituellement des deux orifices, sauf les gaz.

  2. 57

    وَصِفَتُهُ: أَنْ يَبْدَأَ بِغَسْلِ يَدِهِ الْيُسْرَى قَبْلَ مُلَاقَاتِهَا الْأَذَى، ثُمَّ بِغَسْلِ مَحَلِّ الْبَوْلِ، ثُمَّ يَنْتَقِلُ إِلَى مَحَلِّ الْغَائِطِ، وَيَصُبُّ الْمَاءَ عَلَى يَدِهِ غَاسِلًا بِهَا الْمَحَلَّ، وَيَسْتَرْخِي قَلِيلًا، وَيُجِيدُ الْعَرْكَ حَتَّى يُنَقِّيَ الْمَحَلَّ، ثُمَّ يَغْسِلُ يَدَهُ بَعْدَ ذَلِكَ بِالتُّرَابِ وَنَحْوِهِ.

    Voici comment on procède : on commence par laver la main gauche avant qu'elle ne touche la souillure, puis on lave l'endroit de l'urine, puis on passe à celui des selles ; on verse l'eau sur la main avec laquelle on lave l'endroit, on se relâche un peu et l'on frotte bien jusqu'à ce que l'endroit soit propre ; ensuite on se lave la main avec de la terre ou une chose semblable.

  3. 58

    وَالِاسْتِبْرَاءُ وَاجِبٌ، وَهُوَ اسْتِفْرَاغُ مَا فِي الْمَخْرَجَيْنِ مِنَ الْأَذَى.

    Se libérer complètement (istibrāʾ) est obligatoire : cela consiste à vider les deux orifices de ce qu'ils contiennent de souillure.

  4. 59

    وَصِفَتُهُ مِنَ الْبَوْلِ: أَنْ يَجْعَلَ ذَكَرَهُ بَيْنَ أُصْبُعَيْهِ السَّبَّابَةِ وَالْإِبْهَامِ فَيُمِرُّهُمَا مِنْ أَصْلِهِ إِلَى بُسْرَتِهِ وَيَنْتُرُهُ، يَفْعَلُ ذَلِكَ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ بِخِفَّةٍ فِي السَّلْتِ وَالنَّتْرِ.

    Pour l'urine, voici comment on procède : on place la verge entre l'index et le pouce, que l'on fait glisser de sa base jusqu'à son extrémité [le gland], et on la secoue ; on fait cela trois fois, en glissant et en secouant avec douceur.

  5. 60

    وَيَجِبُ غَسْلُ الذَّكَرِ كُلِّهِ لِخُرُوجِ الْمَذْيِ. وَفِي وُجُوبِ النِّيَّةِ فِي غَسْلِهِ قَوْلَانِ.

    Il est obligatoire de laver toute la verge quand du madhy est sorti. Sur l'obligation de l'intention pour ce lavage, il y a deux avis.

Section : les convenances des besoins naturelsفَصْلٌ

  1. 61

    آدَابُ قَضَاءِ الْحَاجَةِ أَرْبَعَةَ عَشَرَ أَدَبًا. الْأَوَّلُ: ذِكْرُ اللَّهِ عِنْدَ إِرَادَةِ الدُّخُولِ قَبْلَ الْوُصُولِ إِلَى مَوْضِعِ الْأَذَى، فَيَقُولُ: بِسْمِ اللَّهِ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْخُبُثِ وَالْخَبَائِثِ. وَيَقُولُ بَعْدَ الْخُرُوجِ مِنْهُ: غُفْرَانَكَ، الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَذْهَبَ عَنِّي الْأَذَى وَعَافَانِي.

    Les convenances à observer quand on fait ses besoins sont quatorze. La première : mentionner Allah quand on veut entrer, avant d'arriver à l'endroit de la souillure. On dit : « Au Nom d'Allah. Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre les démons mâles et femelles. » Et l'on dit après en être sorti : « [Je demande] Ton pardon. Louange à Allah qui a éloigné de moi ce qui nuit et m'a accordé la santé. »

  2. 62

    وَلَا يَجُوزُ دُخُولُ الْخَلَاءِ بِشَيْءٍ فِيهِ ذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى كَالْخَاتَمِ وَالدِّرْهَمِ. وَلَا يَجُوزُ الِاسْتِنْجَاءُ بِشَيْءٍ فِيهِ ذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى.

    Il n'est pas permis d'entrer dans les lieux d'aisance avec un objet portant la mention d'Allah le Très-Haut, comme une bague ou une pièce de monnaie. Il n'est pas permis non plus de se nettoyer avec une chose portant la mention d'Allah le Très-Haut.

  3. 63

    الثَّانِي: أَنْ يُقَدِّمَ رِجْلَهُ الْيُسْرَى فِي الدُّخُولِ وَالْيُمْنَى فِي الْخُرُوجِ. الثَّالِثُ: أَنْ يَقْضِيَ حَاجَتَهُ وَهُوَ جَالِسٌ. الرَّابِعُ: أَنْ يُدِيمَ السِّتْرَ حَتَّى يَدْنُوَ مِنَ الْأَرْضِ. الْخَامِسُ: أَنْ يَعْتَمِدَ عَلَى رِجْلِهِ الْيُسْرَى.

    La deuxième : entrer du pied gauche et sortir du pied droit. La troisième : faire ses besoins assis. La quatrième : rester couvert jusqu'à ce qu'on soit près du sol. La cinquième : s'appuyer sur le pied gauche.

  4. 64

    السَّادِسُ إِلَى الرَّابِعَ عَشَرَ: أَنْ يُفَرِّجَ بَيْنَ فَخِذَيْهِ، وَأَنْ يَجْتَنِبَ الْمَوْضِعَ الصُّلْبَ وَالْمَاءَ الدَّائِمَ، وَأَنْ يُغَطِّيَ رَأْسَهُ، وَأَنْ لَا يَتَكَلَّمَ إِلَّا لِمُهِمٍّ كَخَوْفِ فَوَاتِ نَفْسٍ أَوْ مَالٍ،

    De la sixième à la quatorzième : écarter les cuisses ; éviter le sol dur et l'eau stagnante ; se couvrir la tête ; ne parler que pour une chose importante, comme la crainte de voir périr une vie ou un bien ;

  5. 65

    وَأَنْ يَتَّقِيَ الرِّيحَ وَالْجُحْرَ وَالْمَلَاعِنَ الثَّلَاثَ، وَهِيَ مَوَاضِعُ جُلُوسِ النَّاسِ وَطُرُقَاتُهُمْ، وَأَنْ يَسْتَتِرَ عَنْ أَعْيُنِ النَّاسِ، وَأَنْ يَبْعُدَ عَنْ مَسَامِعِهِمْ إِذَا كَانَ فِي الْفَضَاءِ،

    [suite] se garder du vent, des trous [du sol] et des trois lieux qui attirent la malédiction, à savoir les endroits où les gens s'assoient et leurs chemins ; se cacher des regards ; s'éloigner hors de portée d'oreille quand on est en plein air ;

  6. 66

    وَأَنْ لَا يَسْتَقْبِلَ الْقِبْلَةَ وَلَا يَسْتَدْبِرَهَا إِذَا كَانَ فِي الْفَضَاءِ وَلَمْ يَكُنْ فِيهِ سَاتِرٌ. فَإِنْ كَانَ فِيهِ سَاتِرٌ فَفِي مَنْعِهِ قَوْلَانِ، الْمُخْتَارُ مِنْهُمَا الْمَنْعُ.

    [suite] ne pas faire face à la qibla ni lui tourner le dos quand on est en plein air et qu'il n'y a pas d'écran. S'il y a un écran, deux avis existent sur l'interdiction ; celui qui est retenu est l'interdiction.

  7. 67

    وَأَمَّا فِعْلُهُ فِي الْمَنْزِلِ فَيَجُوزُ مُطْلَقًا، أَعْنِي سَوَاءٌ كَانَ هُنَاكَ سَاتِرٌ أَمْ لَا، كَانَ هُنَاكَ مَشَقَّةٌ أَمْ لَا.

    Quant à le faire dans une habitation, c'est permis dans tous les cas, je veux dire qu'il y ait un écran ou non, qu'il y ait une gêne ou non.

Section : ce qui annule les ablutionsفَصْلٌ

  1. 68

    نَوَاقِضُ الْوُضُوءِ أَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: الرِّدَّةُ، وَهِيَ كُفْرُ الْمُسْلِمِ. الثَّانِي: الشَّكُّ فِي وُجُودِ الطَّهَارَةِ أَوْ فِي الْحَدَثِ أَوْ فِي السَّابِقِ مِنْهُمَا، مَا لَمْ يَسْتَنْكِحْهُ الشَّكُّ.

    Ce qui annule les ablutions est de quatre sortes. La première : l'apostasie, c'est-à-dire le fait qu'un musulman devienne mécréant. La deuxième : le doute sur l'existence de la purification, ou sur la survenue de ce qui l'annule, ou sur celui des deux qui a précédé l'autre, tant que le doute n'est pas devenu chez lui une habitude envahissante.

  2. 69

    الثَّالِثُ: الْحَدَثُ، وَهُوَ مَا خَرَجَ مِنْ أَحَدِ السَّبِيلَيْنِ عَلَى وَجْهِ الصِّحَّةِ وَالِاعْتِيَادِ. الرَّابِعُ: الْأَسْبَابُ، وَهِيَ ثَلَاثَةٌ.

    La troisième : l'émission (ḥadath), c'est-à-dire ce qui sort de l'un des deux orifices en état de santé et de façon habituelle. La quatrième : les causes (asbāb), qui sont trois.

  3. 70

    الْأَوَّلُ: لَمْسُ مَنْ تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ فِي الْعَادَةِ كَالزَّوْجَةِ وَالْأَمَةِ، إِنْ قَصَدَ اللَّذَّةَ وَوَجَدَهَا أَوْ لَا، أَوْ وَجَدَهَا مِنْ غَيْرِ قَصْدٍ، إِلَّا الْقُبْلَةَ فِي الْفَمِ فَإِنَّهَا تَنْقُضُ مُطْلَقًا فَلَا تُرَاعَى فِيهَا اللَّذَّةُ.

    La première cause : toucher une personne dont le contact procure habituellement du plaisir, comme l'épouse ou l'esclave, si l'on a recherché le plaisir, qu'on l'ait éprouvé ou non, ou si on l'a éprouvé sans l'avoir recherché. Le baiser sur la bouche fait exception : il annule les ablutions dans tous les cas, sans que l'on tienne compte du plaisir.

  4. 71

    وَقَوْلُنَا: لَمْسُ مَنْ تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ عَادَةً، احْتِرَازًا مِمَّنْ لَا تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ عَادَةً فَإِنَّهَا لَا تَنْقُضُ، كَالصَّغِيرَةِ الَّتِي لَا تُشْتَهَى، وَالْمَحْرَمِ كَالْأُمِّ وَالْبِنْتِ وَالْأُخْتِ.

    Nous avons dit « une personne dont le contact procure habituellement du plaisir » pour exclure celle dont le contact n'en procure pas d'ordinaire : la toucher n'annule pas les ablutions. Il en est ainsi de la fillette qui n'éveille pas le désir, et de la proche parente interdite au mariage (maḥram), comme la mère, la fille et la sœur.

  5. 72

    الثَّانِي: مَسُّ ذَكَرِ نَفْسِهِ الْمُتَّصِلِ بِبَاطِنِ كَفِّهِ أَوْ جَنْبِهِ، أَوْ بِبَاطِنِ الْأَصَابِعِ أَوْ بِجَنْبِهَا، مِنْ غَيْرِ حَائِلٍ، عَمْدًا أَوْ سَهْوًا، الْتَذَّ أَمْ لَا، مَسَّهُ مِنَ الْكَمَرَةِ أَوْ غَيْرِهَا.

    La deuxième cause : toucher sa propre verge, non détachée du corps, avec la paume ou son bord, ou avec l'intérieur des doigts ou leur bord, sans rien qui s'interpose, exprès ou par inadvertance, qu'on éprouve du plaisir ou non, qu'on la touche au gland ou ailleurs.

  6. 73

    وَلَا يَنْتَقِضُ بِمَسِّهِ مِنْ فَوْقِ حَائِلٍ وَلَوْ كَانَ خَفِيفًا، وَلَا بِالْقَهْقَهَةِ فِي الصَّلَاةِ.

    Les ablutions ne sont pas annulées si on la touche par-dessus une étoffe, même fine, ni par l'éclat de rire pendant la prière.

  7. 74

    وَلَا بِمَسِّ امْرَأَةٍ فَرْجَهَا عَلَى الْمَذْهَبِ، وَقِيلَ يَنْقُضُ مُطْلَقًا، وَقِيلَ يَنْقُضُ إِنْ قَبَضَتْ عَلَيْهِ أَوْ أَلْطَفَتْ، أَيْ أَدْخَلَتْ يَدَهَا بَيْنَ شُفْرَيْهَا، وَلَا يَنْتَقِضُ إِنْ مَسَّتْ ظَاهِرَهُ.

    Elles ne le sont pas non plus quand une femme touche son sexe, selon la position de l'école. Un avis dit que cela les annule dans tous les cas ; un autre, que cela les annule si elle le saisit ou y introduit la main entre les lèvres, mais non si elle en touche l'extérieur.

  8. 75

    وَلَا بِمَسِّ الدُّبُرِ، وَلَا الْأُنْثَيَيْنِ، وَلَا بِالْإِنْعَاظِ مِنْ غَيْرِ لَذَّةٍ، وَلَا بِاللَّذَّةِ بِالنَّظَرِ مِنْ غَيْرِ مَذْيٍ، وَلَا بِالتَّفَكُّرِ مَعَ اللَّذَّةِ فِي قَلْبِهِ مِنْ غَيْرِ إِنْعَاظٍ.

    Elles ne sont annulées ni par le fait de toucher l'anus ou les testicules, ni par l'érection sans plaisir, ni par le plaisir du regard sans émission de madhy, ni par la pensée accompagnée d'un plaisir dans le cœur sans érection.

  9. 76

    فَرْعَانِ: الْأَوَّلُ: الْقَرْقَرَةُ الشَّدِيدَةُ تُوجِبُ الْوُضُوءَ.

    Deux cas dérivés. Le premier : les gargouillements violents rendent les ablutions obligatoires.

    Un commentaire précise qu'il s'agit du bruit des gaz à l'intérieur du ventre, et tient cet avis pour faible.

  10. 77

    الثَّانِي: قَالَ فِي الْكِتَابِ: إِنْ صَلَّى وَهُوَ يُدَافِعُ الْحَدَثَ أَعَادَ أَبَدًا. وَقَالَ الْأَشْيَاخُ: إِنْ مَنَعَهُ ذَلِكَ مِنْ تَمَامِ الْفَرَائِضِ أَعَادَ أَبَدًا، وَإِنْ مَنَعَهُ مِنْ تَمَامِ السُّنَنِ أَعَادَ فِي الْوَقْتِ، وَإِنْ مَنَعَهُ مِنْ تَمَامِ الْفَضَائِلِ فَلَا إِعَادَةَ عَلَيْهِ.

    Le second : il est dit dans le Livre [la Mudawwana] que celui qui prie en se retenant refait sa prière, quel que soit le moment. Les maîtres ont dit : si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les obligations, il la refait quel que soit le moment ; si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les sunnas, il la refait tant que son temps n'est pas sorti ; si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les actes méritoires, il n'a pas à la refaire.

  11. 78

    الثَّالِثُ: زَوَالُ الْعَقْلِ بِالْإِغْمَاءِ أَوِ الْجُنُونِ أَوِ السُّكْرِ، كَانَ السُّكْرُ بِحَرَامٍ أَوْ حَلَالٍ، أَوْ بِنَوْمٍ إِنْ ثَقُلَ وَطَالَ أَوْ قَصُرَ،

    La troisième cause : la perte de la raison par l'évanouissement, la folie ou l'ivresse, que celle-ci vienne d'une chose interdite ou permise, ou par le sommeil s'il est profond, qu'il soit long ou court ;

  12. 79

    بِخِلَافِ النَّوْمِ الْخَفِيفِ فَإِنَّهُ لَا يَنْقُضُ وَلَوْ طَالَ، وَهُوَ الَّذِي يَشْعُرُ صَاحِبُهُ بِمَنْ يَذْهَبُ وَمَنْ يَأْتِي، وَالثَّقِيلُ هُوَ الَّذِي لَا يَشْعُرُ صَاحِبُهُ بِذَلِكَ.

    [suite] à la différence du sommeil léger, qui n'annule pas les ablutions même s'il dure : c'est celui où le dormeur perçoit qui s'en va et qui vient ; le sommeil profond est celui où il ne le perçoit pas.

  13. 80

    وَيَحْرُمُ عَلَى الْمُحْدِثِ: الصَّلَاةُ، وَالطَّوَافُ، وَسُجُودُ التِّلَاوَةِ، وَسُجُودُ السَّهْوِ، وَمَسُّ الْمُصْحَفِ بِيَدِهِ أَوْ بِعُودٍ، وَحَمْلُهُ بِخَرِيطَةٍ أَوْ عِلَاقَةٍ.

    Il est interdit à celui qui n'a pas ses ablutions : la prière, la circumambulation (ṭawāf), la prosternation de la récitation, la prosternation de l'oubli, le fait de toucher l'exemplaire du Coran de la main ou avec un bâton, et de le porter dans un étui ou par une attache.

  14. 81

    وَيَجُوزُ مَسُّ اللَّوْحِ لِلْمُعَلِّمِ وَالْمُتَعَلِّمِ عَلَى غَيْرِ وُضُوءٍ، وَمَسُّ الْجُزْءِ لِلْمُتَعَلِّمِ وَلَوْ كَانَ بَالِغًا. وَيُكْرَهُ لِلصِّبْيَانِ مَسُّ الْمُصْحَفِ الْجَامِعِ لِلْقُرْآنِ مِنْ غَيْرِ وُضُوءٍ.

    Il est permis au maître et à l'élève de toucher la tablette sans ablutions, et à l'élève, même pubère, de toucher la partie [du Coran qu'il étudie]. Il est déconseillé aux enfants de toucher sans ablutions l'exemplaire qui réunit tout le Coran.

Section : les grandes ablutions (ghusl)فَصْلٌ

  1. 82

    وَمُوجِبَاتُ الْغُسْلِ أَرْبَعَةٌ: انْقِطَاعُ دَمِ الْحَيْضِ، وَدَمِ النِّفَاسِ، وَالْمَوْتُ، وَالْجَنَابَةُ، وَهِيَ نَوْعَانِ.

    Ce qui rend les grandes ablutions (ghusl) obligatoires est de quatre sortes : l'arrêt du sang des menstrues, l'arrêt du sang des lochies, la mort, et l'impureté majeure (janāba), qui est de deux sortes.

  2. 83

    خُرُوجُ الْمَنِيِّ الْمُقَارِنِ لِلَّذَّةِ الْمُعْتَادَةِ مِنَ الرَّجُلِ أَوِ الْمَرْأَةِ فِي نَوْمٍ أَوْ يَقَظَةٍ، بِفَتْحِ الْقَافِ: ضِدُّ النَّوْمِ. وَقَدْ يَجِبُ الْغُسْلُ لِخُرُوجِهِ مِنْ غَيْرِ مُقَارَنَةِ اللَّذَّةِ، مِثْلُ أَنْ يُجَامِعَ فَيَلْتَذَّ وَلَمْ يُنْزِلْ ثُمَّ يَخْرُجُ مِنْهُ الْمَنِيُّ قَبْلَ أَنْ يَغْتَسِلَ.

    [La première :] l'émission de sperme accompagnée du plaisir habituel, chez l'homme ou chez la femme, dans le sommeil ou à l'état de veille (yaqaẓa, avec la voyelle a sur le qāf : le contraire du sommeil). Les grandes ablutions peuvent aussi devenir obligatoires par une émission qui n'accompagne pas le plaisir : par exemple, un homme a un rapport, éprouve du plaisir sans éjaculer, puis du sperme sort de lui avant qu'il ne se soit lavé.

  3. 84

    وَمَغِيبُ حَشَفَةِ الْبَالِغِ، وَهِيَ رَأْسُ الذَّكَرِ، أَوْ مَغِيبُ مِثْلِهَا مِنْ مَقْطُوعِهَا، فِي فَرْجِ آدَمِيٍّ أَوْ غَيْرِهِ، أُنْثَى أَوْ ذَكَرٍ، حَيٍّ أَوْ مَيِّتٍ، وَإِنْ لَمْ يُنْزِلْ.

    [La seconde :] la pénétration du gland du pubère, c'est-à-dire de l'extrémité de la verge, ou d'une longueur égale chez celui dont le gland est coupé, dans le sexe d'un être humain ou d'un autre, femelle ou mâle, vivant ou mort, même sans éjaculation.

  4. 85

    وَتَمْنَعُ الْجَنَابَةُ مَوَانِعَ الْحَدَثِ الْأَصْغَرِ، مَعَ زِيَادَةِ تَحْرِيمِ قِرَاءَةِ الْقُرْآنِ، إِلَّا الْآيَةَ وَنَحْوَهَا عَلَى وَجْهِ التَّعَوُّذِ وَالرُّقَى وَالِاسْتِدْلَالِ، وَدُخُولَ الْمَسْجِدِ وَالْمُكْثَ فِيهِ.

    L'impureté majeure interdit ce qu'interdit l'impureté mineure, et en plus la récitation du Coran, sauf un verset ou l'équivalent, pour demander protection, pour une formule de guérison (ruqya) ou pour citer une preuve, ainsi que l'entrée dans la mosquée et le fait d'y demeurer.

  5. 86

    وَالْغُسْلُ مِنَ الْجَنَابَةِ مُشْتَمِلٌ عَلَى فَرَائِضَ وَسُنَنٍ وَفَضَائِلَ. فَأَمَّا فَرَائِضُهُ فَخَمْسَةٌ: نِيَّةُ رَفْعِ الْحَدَثِ الْأَكْبَرِ، وَتَعْمِيمُ ظَاهِرِ الْجَسَدِ بِالْمَاءِ، وَالدَّلْكُ، وَتَخْلِيلُ الشَّعْرِ، وَالْمُوَالَاةُ.

    Les grandes ablutions de l'impureté majeure comprennent des obligations, des sunnas et des actes méritoires. Ses obligations sont cinq : l'intention de lever l'impureté majeure, faire parvenir l'eau à tout l'extérieur du corps, le frottement (dalk), faire pénétrer l'eau dans les cheveux et les poils, et l'enchaînement (muwālāt).

  6. 87

    وَأَمَّا سُنَنُهُ فَأَرْبَعَةٌ: الْبَدْءُ بِغَسْلِ الْيَدَيْنِ قَبْلَ إِدْخَالِهِمَا فِي الْإِنَاءِ، وَمَسْحُ صِمَاخِ الْأُذُنَيْنِ، وَالْمَضْمَضَةُ، وَالِاسْتِنْشَاقُ.

    Ses sunnas sont quatre : commencer par laver les mains avant de les plonger dans le récipient, passer la main mouillée sur le conduit des oreilles, le rinçage de la bouche et l'aspiration de l'eau par le nez.

  7. 88

    وَأَمَّا فَضَائِلُهُ فَسَبْعَةٌ: التَّسْمِيَةُ، وَالْبَدْءُ بِغَسْلِ مَا عَلَى بَدَنِهِ مِنَ الْأَذَى، ثُمَّ الْوُضُوءُ كَامِلًا مَرَّةً مَرَّةً، وَيَنْوِي بِهِ رَفْعَ الْجَنَابَةِ عَنْ تِلْكَ الْأَعْضَاءِ،

    Ses actes méritoires sont sept : dire « Au Nom d'Allah » ; commencer par laver la souillure qui se trouve sur le corps ; puis faire des ablutions complètes, une fois pour chaque membre, avec l'intention de lever l'impureté majeure de ces membres ;

  8. 89

    ثُمَّ إِفَاضَةُ الْمَاءِ عَلَى رَأْسِهِ ثَلَاثًا، ثُمَّ إِفَاضَةُ الْمَاءِ عَلَى شِقِّهِ الْأَيْمَنِ قَبْلَ الْأَيْسَرِ، وَالْبَدْءُ بِالْأَعَالِي قَبْلَ الْأَسَافِلِ، وَتَقْلِيلُ الْمَاءِ مَعَ إِحْكَامِ الْغُسْلِ، بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ، أَيْ إِتْقَانِهِ.

    [suite] puis verser l'eau sur la tête trois fois ; puis verser l'eau sur le côté droit avant le gauche ; commencer par le haut du corps avant le bas ; et user de peu d'eau tout en accomplissant le ghusl avec soin (iḥkām, avec la voyelle i sous la hamza, c'est-à-dire avec perfection).

Section : le tayammumفَصْلٌ

  1. 90

    التَّيَمُّمُ طَهَارَةٌ تُرَابِيَّةٌ تَشْتَمِلُ عَلَى مَسْحِ الْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ.

    Le tayammum est une purification par la terre, qui consiste à passer les mains sur le visage et sur les mains [et les avant-bras].

  2. 91

    وَسَبَبُهُ: فَقْدُ الْمَاءِ حَقِيقَةً، أَوْ مَا هُوَ فِي حُكْمِهِ، مِثْلُ أَنْ يَكُونَ مَعَهُ مِنَ الْمَاءِ مَا لَا يَكْفِيهِ، أَوْ مَاءٌ يَخَافُ بِاسْتِعْمَالِهِ فَوَاتَ نَفْسِهِ أَوْ فَوَاتَ مَنْفَعَةٍ أَوْ زِيَادَةَ مَرَضٍ أَوْ تَأَخُّرَ بُرْءٍ أَوْ حُدُوثَ مَرَضٍ.

    Sa cause est l'absence réelle d'eau, ou ce qui lui est assimilé : par exemple n'avoir qu'une quantité d'eau insuffisante, ou avoir une eau dont on craint que l'usage ne fasse perdre la vie ou l'usage d'un membre, n'aggrave une maladie, ne retarde une guérison ou ne provoque une maladie.

  3. 92

    وَيُبَاحُ التَّيَمُّمُ مِنَ الْحَدَثِ الْأَصْغَرِ وَالْأَكْبَرِ إِذَا وُجِدَ سَبَبُهُ لِلْمَرِيضِ وَالْمُسَافِرِ لِكُلِّ صَلَاةٍ، وَلِلصَّحِيحِ الْحَاضِرِ لِصَلَاةِ الْجَنَازَةِ إِذَا تَعَيَّنَتْ، وَلِفَرْضٍ غَيْرِ الْجُمُعَةِ بِشَرْطِ أَنْ يَخْشَى فَوَاتَ الْوَقْتِ بِاسْتِعْمَالِ الْمَاءِ، وَلَا يُعِيدُ.

    Quand sa cause existe, le tayammum est permis, pour l'impureté mineure comme pour la majeure, au malade et au voyageur pour toute prière ; à la personne bien portante et résidente, pour la prière funéraire quand elle lui incombe personnellement, et pour une prière obligatoire autre que celle du vendredi, à condition de craindre que le temps ne s'écoule si l'on se sert de l'eau ; il ne refait pas [la prière].

  4. 93

    بِخِلَافِ الْجَنَازَةِ إِذَا لَمْ تَتَعَيَّنْ، وَفَرْضِ الْجُمُعَةِ وَلَوْ خَشِيَ فَوَاتَهُ، وَسَائِرِ النَّوَافِلِ سُنَنِهَا وَمُسْتَحَبَّاتِهَا.

    Il n'en va pas de même [pour le bien portant résident] de la prière funéraire qui ne lui incombe pas personnellement, de la prière du vendredi même s'il craint de la manquer, ni des prières surérogatoires, qu'elles soient sunna ou recommandées.

  5. 94

    وَيَبْطُلُ التَّيَمُّمُ بِمَا يَبْطُلُ بِهِ الْوُضُوءُ، وَبِوُجُودِ الْمَاءِ قَبْلَ الصَّلَاةِ، إِلَّا أَنْ يَخْشَى فَوَاتَ الْوَقْتِ بِاسْتِعْمَالِهِ. وَإِذَا رَأَى الْمَاءَ وَهُوَ فِي الصَّلَاةِ لَمْ تَبْطُلْ صَلَاتُهُ.

    Le tayammum est annulé par ce qui annule les ablutions, et par la présence de l'eau avant la prière, sauf si l'on craint que le temps ne s'écoule en s'en servant. Si l'on voit de l'eau pendant la prière, la prière n'est pas annulée.

  6. 95

    وَيَتَيَمَّمُ بِالصَّعِيدِ الطَّيِّبِ، وَهُوَ التُّرَابُ وَالْحَجَرُ وَالرَّمْلُ وَجَمِيعُ أَجْزَاءِ الْأَرْضِ مَا دَامَتْ عَلَى هَيْئَتِهَا لَمْ تُغَيِّرْهَا صَنْعَةُ آدَمِيٍّ بِطَبْخٍ وَنَحْوِهِ. وَالتُّرَابُ أَفْضَلُ مِنْ غَيْرِهِ.

    On fait le tayammum avec la bonne surface du sol (ṣaʿīd ṭayyib) : la terre, la pierre, le sable et toutes les parties du sol tant qu'elles sont dans leur état naturel, sans avoir été transformées par la main de l'homme, par cuisson ou autrement. La terre est préférable au reste.

  7. 96

    وَلَا يَتَيَمَّمُ عَلَى شَيْءٍ نَفِيسٍ كَالذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ، وَلَا عَلَى لِبْدٍ، وَلَا عَلَى بِسَاطٍ، وَلَا حَصِيرٍ، وَإِنْ كَانَ فِيهَا غُبَارٌ.

    On ne fait pas le tayammum sur une matière précieuse comme l'or et l'argent, ni sur du feutre, ni sur un tapis, ni sur une natte, même s'il s'y trouve de la poussière.

  8. 97

    وَيَجُوزُ لِلْمَرِيضِ إِذَا لَمْ يَجِدْ مَنْ يُنَاوِلُهُ تُرَابًا أَنْ يَتَيَمَّمَ بِالْجِدَارِ الْمَبْنِيِّ بِالطُّوبِ النَّيِّئِ أَوْ بِالْحِجَارَةِ إِذَا كَانَتْ غَيْرَ مَسْتُورَةٍ بِالْجِيرِ.

    Le malade qui ne trouve personne pour lui apporter de la terre peut faire le tayammum sur un mur bâti en briques crues ou en pierres, si elles ne sont pas recouvertes de chaux.

  9. 98

    وَمَنْ تَيَمَّمَ عَلَى مَوْضِعٍ نَجِسٍ وَلَمْ يَعْلَمْ بِنَجَاسَتِهِ أَعَادَ فِي الْوَقْتِ. وَلَا يُكْرَهُ التَّيَمُّمُ بِتُرَابٍ تُيُمِّمَ بِهِ مَرَّةً أُخْرَى. وَلَا يَصِحُّ التَّيَمُّمُ قَبْلَ دُخُولِ الْوَقْتِ.

    Celui qui a fait le tayammum sur un endroit impur sans le savoir refait [sa prière] tant que son temps n'est pas sorti. Il n'est pas déconseillé de faire le tayammum avec une terre qui a déjà servi à un tayammum. Le tayammum n'est pas valable avant l'entrée du temps de la prière.

  10. 99

    وَصِفَتُهُ: أَنْ يَنْوِيَ اسْتِبَاحَةَ الصَّلَاةِ، وَيَنْوِيَ مِنَ الْحَدَثِ الْأَكْبَرِ إِنْ كَانَ مُحْدِثًا حَدَثًا أَكْبَرَ، ثُمَّ يَقُولُ: بِسْمِ اللَّهِ، وَيَسْتَعْمِلُ الصَّعِيدَ، يَضْرِبُ عَلَيْهِ بِيَدَيْهِ جَمِيعًا ضَرْبَةً وَاحِدَةً، فَإِنْ تَعَلَّقَ بِهِمَا شَيْءٌ نَفَضَهُمَا نَفْضًا خَفِيفًا،

    Voici comment on procède : on formule l'intention de se rendre la prière permise, en précisant qu'il s'agit de l'impureté majeure si l'on est dans cet état ; puis on dit « Au Nom d'Allah » et l'on se sert du sol : on le frappe des deux mains ensemble, une seule fois ; si quelque chose s'y est attaché, on les secoue légèrement ;

  11. 100

    وَيَمْسَحُ بِهَا وَجْهَهُ وَلِحْيَتَهُ، يَبْدَأُ مِنْ أَعْلَاهُ إِلَى أَنْ يَسْتَوْفِيَهُ، ثُمَّ يَضْرِبُ أُخْرَى لِيَدَيْهِ، ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَ يَدِهِ الْيُمْنَى بِيَدِهِ الْيُسْرَى حَتَّى يَنْتَهِيَ إِلَى الْمِرْفَقِ، ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ، ثُمَّ يَمْسَحُ بَاطِنَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ،

    [suite] on les passe sur le visage et la barbe, en commençant par le haut, jusqu'à le couvrir entièrement ; puis on frappe le sol une seconde fois pour les mains ; on passe la main gauche sur le dessus de la main droite [et de l'avant-bras] jusqu'au coude, puis sur le dessus jusqu'au bout des doigts, puis sur le dessous jusqu'au bout des doigts ;

    Une édition ancienne d'Égypte ne porte pas les mots « puis sur le dessus jusqu'au bout des doigts ».

  12. 101

    ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَ الْيُسْرَى بِيَدِهِ الْيُمْنَى إِلَى الْمِرْفَقِ، ثُمَّ يَمْسَحُ بَاطِنَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ. وَيَجِبُ تَخْلِيلُ الْأَصَابِعِ وَنَزْعُ الْخَاتَمِ، فَإِنْ لَمْ يَنْزِعْهُ لَمْ يُجْزِهِ.

    [suite] puis on passe la main droite sur le dessus de la gauche jusqu'au coude, puis sur le dessous jusqu'au bout des doigts. Il est obligatoire de passer entre les doigts et d'ôter la bague ; si on ne l'ôte pas, le tayammum ne suffit pas.

  13. 102

    وَالضَّرْبَةُ الثَّانِيَةُ سُنَّةٌ، وَكَذَا الْمَسْحُ إِلَى الْمِرْفَقَيْنِ. فَلَوِ اقْتَصَرَ عَلَى ضَرْبَةٍ وَاحِدَةٍ لِلْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ أَجْزَأَهُ. وَلَوِ اقْتَصَرَ فِي مَسْحِ يَدَيْهِ عَلَى الْكُوعَيْنِ وَصَلَّى أَعَادَ فِي الْوَقْتِ.

    Le second coup sur le sol est une sunna, de même que le passage des mains jusqu'aux coudes. Si l'on se contente d'un seul coup pour le visage et les mains, cela suffit. Si l'on se contente, pour les mains, d'aller jusqu'aux poignets et que l'on prie, on refait [la prière] tant que son temps n'est pas sorti.

Section : la blessure et le bandageفَصْلٌ

  1. 103

    إِذَا كَانَ فِي أَعْضَاءِ الْوُضُوءِ أَوْ غَيْرِهَا جُرْحٌ وَخَافَ مِنْ غَسْلِهِ بِالْمَاءِ فَوَاتَ نَفْسِهِ أَوْ فَوَاتَ مَنْفَعَةٍ أَوْ زِيَادَةَ مَرَضٍ أَوْ تَأَخُّرَ بُرْءٍ أَوْ حُدُوثَ مَرَضٍ فَإِنَّهُ يَمْسَحُ عَلَيْهِ.

    Si l'on a une blessure sur l'un des membres des ablutions ou ailleurs, et que l'on craint, en la lavant à l'eau, de perdre la vie ou l'usage d'un membre, d'aggraver une maladie, de retarder une guérison ou de provoquer une maladie, on passe la main mouillée dessus.

  2. 104

    فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعِ الْمَسْحَ عَلَيْهِ مَسَحَ عَلَى الْجَبِيرَةِ، وَهِيَ الدَّوَاءُ الَّذِي يُجْعَلُ عَلَيْهِ. فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعِ الْمَسْحَ عَلَيْهَا مَسَحَ عَلَى الْعِصَابَةِ، وَلَوْ عَلَى الزَّائِدِ غَيْرِ الْمُقَابِلِ لِلْجُرْحِ، كَفَصْدٍ وَعِمَامَةٍ خِيفَ بِنَزْعِهَا.

    Si l'on ne peut pas passer la main sur la blessure, on la passe sur le pansement (jabīra), c'est-à-dire le remède posé dessus. Si l'on ne peut pas la passer sur le pansement, on la passe sur le bandage, même sur la partie qui dépasse et ne recouvre pas la blessure ; il en est de même pour [le bandage d']une saignée, et pour le turban que l'on craindrait de se nuire en ôtant.

  3. 105

    وَيُشْتَرَطُ فِي الْمَسْحِ الْمَذْكُورِ أَنْ يَكُونَ جُلُّ جَسَدِهِ صَحِيحًا، أَوْ جَرِيحًا وَلَا يَتَضَرَّرُ إِذَا غَسَلَ الصَّحِيحَ.

    Ce passage de la main suppose que la plus grande partie du corps soit saine, ou qu'elle soit blessée mais que laver la partie saine ne cause pas de tort.

  4. 106

    فَإِنْ كَانَ يَتَضَرَّرُ بِغَسْلِ الصَّحِيحِ، أَوْ كَانَ الصَّحِيحُ قَلِيلًا جِدًّا كَأَنْ لَمْ يَبْقَ إِلَّا يَدٌ أَوْ رِجْلٌ، فَإِنَّهُ لَا يَغْسِلُ الصَّحِيحَ وَلَا يَمْسَحُ عَلَى الْجَرِيحِ، بَلْ يَنْتَقِلُ إِلَى التَّيَمُّمِ.

    Si laver la partie saine cause du tort, ou si la partie saine est très réduite, par exemple s'il ne reste [de sain] qu'une main ou un pied, on ne lave pas la partie saine et l'on ne passe pas la main sur la partie blessée : on passe au tayammum.

  5. 107

    وَإِذَا تَعَذَّرَ مَسْحُ الْجَرِيحِ بِحَيْثُ لَا يُمْكِنُ وَضْعُ شَيْءٍ عَلَيْهِ وَلَا مُلَاقَاتُهُ بِالْمَاءِ، فَإِنْ كَانَ فِي مَوْضِعِ التَّيَمُّمِ وَلَا يُمْكِنُ مَسْحُهُ أَيْضًا بِالتُّرَابِ تَرَكَهُ بِلَا مَسْحٍ وَلَا غَسْلٍ، وَغَسَلَ مَا سِوَاهُ.

    S'il est impossible de passer la main sur la partie blessée, au point qu'on ne peut rien poser dessus ni la mettre en contact avec l'eau : si elle se trouve sur un membre du tayammum et qu'on ne peut pas non plus y passer la terre, on la laisse sans passage de la main ni lavage, et l'on lave le reste.

  6. 108

    وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِي أَعْضَاءِ التَّيَمُّمِ فَإِنَّهُ يَغْسِلُ الصَّحِيحَ وَيَتَيَمَّمُ عَلَى الْجَرِيحِ، عَلَى أَحَدِ الْأَقْوَالِ الْأَرْبَعَةِ.

    Si elle ne se trouve pas sur un membre du tayammum, on lave la partie saine et l'on fait le tayammum pour la partie blessée, selon l'un des quatre avis.

  7. 109

    وَإِذَا مَسَحَ عَلَى الْجَبِيرَةِ ثُمَّ نَزَعَهَا لِدَوَاءٍ أَوْ غَيْرِهِ، أَوْ سَقَطَتْ بِنَفْسِهَا، بَطَلَ الْمَسْحُ عَلَيْهَا، وَإِذَا رَدَّهَا فَلَا بُدَّ مِنَ الْمَسْحِ ثَانِيًا.

    Si l'on a passé la main sur le pansement puis qu'on l'a ôté pour un soin ou autre chose, ou qu'il est tombé de lui-même, ce passage est annulé ; quand on le remet, il faut y passer la main de nouveau.

Section : le passage des mains mouillées sur les chaussons de cuir (khuff)فَصْلٌ فِي الْمَسْحِ عَلَى الْخُفَّيْنِ

  1. 110

    لِلْمَسْحِ عَلَيْهِ ثَمَانِيَةُ شُرُوطٍ. الْأَوَّلُ: أَنْ يَكُونَ جِلْدًا، فَلَا يَمْسَحُ عَلَى غَيْرِهِ كَالْخِرَقِ وَنَحْوِهَا إِذَا صُنِعَتْ عَلَى هَيْئَةِ الْخُفِّ، إِلَّا الْجَوْرَبَ، وَهُوَ مَا كَانَ عَلَى شَكْلِ الْخُفِّ مِنَ الْكَتَّانِ وَنَحْوِهِ، مِنْ فَوْقِهِ وَمِنْ تَحْتِهِ جِلْدٌ مَخْرُوزٌ.

    Passer les mains mouillées sur le chausson (khuff) est soumis à huit conditions. La première : qu'il soit en cuir. On ne les passe pas sur autre chose, comme des étoffes façonnées en forme de chausson, sauf sur le jawrab : c'est ce qui a la forme du chausson, en lin ou en matière semblable, avec du cuir cousu dessus et dessous.

  2. 111

    الثَّانِي: أَنْ يَكُونَ طَاهِرًا، فَلَا يَمْسَحُ عَلَى النَّجِسِ كَجِلْدِ الْخِنْزِيرِ وَجِلْدِ الْمَأْكُولِ غَيْرِ الْمُذَكَّى أَوِ الْمُذَكَّى غَيْرِ الْمَأْكُولِ وَإِنْ دُبِغَ.

    La deuxième : qu'il soit pur. On ne les passe pas sur un chausson impur, comme celui fait de peau de porc, de la peau d'un animal comestible qui n'a pas été abattu rituellement, ou de celle d'un animal non comestible abattu rituellement, même si elle a été tannée.

  3. 112

    الثَّالِثُ: أَنْ يَكُونَ مَخْرُوزًا، فَلَا يَمْسَحُ عَلَيْهِ إِذَا كَانَ مَرْبُوطًا أَوْ نَحْوَهُ. الرَّابِعُ: أَنْ يَكُونَ سَاتِرًا لِمَحَلِّ الْفَرْضِ، لَا مَا نَقَصَ فَلَا يَصِحُّ الْمَسْحُ عَلَيْهِ، وَكَذَا إِنْ كَانَ فِيهِ خَرْقٌ كَبِيرٌ قَدْرُ ثُلُثِ الْقَدَمِ.

    La troisième : qu'il soit cousu. On ne les passe pas sur un chausson simplement noué ou assemblé d'une façon semblable. La quatrième : qu'il couvre la partie qu'il est obligatoire de laver ; s'il en couvre moins, le passage des mains n'est pas valable, de même s'il a une grande déchirure, de la mesure d'un tiers du pied.

  4. 113

    الْخَامِسُ: أَنْ يُمْكِنَ تَتَابُعُ الْمَشْيِ فِيهِ، فَالْوَاسِعُ الَّذِي لَا يُمْكِنُ أَنْ يُتَابِعَ الْمَشْيَ فِيهِ لَا يَمْسَحُ عَلَيْهِ.

    La cinquième : qu'on puisse marcher avec de façon continue. Le chausson si large qu'on ne peut pas marcher avec de façon continue ne reçoit pas le passage des mains.

  5. 114

    السَّادِسُ: أَنْ يَلْبَسَهُ عَلَى طَهَارَةٍ، فَلَا يَمْسَحُ عَلَيْهِ إِذْ لَبِسَهُ وَهُوَ مُحْدِثٌ. وَيُشْتَرَطُ فِي هَذِهِ الطَّهَارَةِ أَنْ تَكُونَ مَائِيَّةً، فَلَوْ تَيَمَّمَ ثُمَّ لَبِسَهُ لَمْ يَمْسَحْ عَلَيْهِ،

    La sixième : qu'on l'ait chaussé en état de pureté. On ne passe pas les mains dessus si on l'a chaussé sans ablutions. Cette purification doit avoir été faite à l'eau : si l'on a fait le tayammum puis chaussé le khuff, on ne passe pas les mains dessus ;

  6. 115

    وَأَنْ تَكُونَ كَامِلَةً، فَلَوْ غَسَلَ إِحْدَى رِجْلَيْهِ وَأَدْخَلَهَا فِي الْخُفِّ قَبْلَ غَسْلِ الْأُخْرَى وَنَحْوِ ذَلِكَ لَا يَمْسَحُ عَلَيْهِ.

    [suite] et elle doit avoir été complète : si l'on a lavé un pied et qu'on l'a introduit dans le chausson avant de laver l'autre, ou dans un cas semblable, on ne passe pas les mains dessus.

  7. 116

    السَّابِعُ: أَنْ لَا يَكُونَ عَاصِيًا بِلُبْسِهِ كَالْمُحْرِمِ غَيْرِ الْمُضْطَرِّ لِلُبْسِهِ، أَوْ بِسَفَرِهِ كَالْعَاقِّ وَالْآبِقِ، فَلَا يَمْسَحُ وَاحِدٌ مِنْهُمَا.

    La septième : ne pas commettre une désobéissance en le portant, comme le pèlerin en état de sacralisation (muḥrim) qui le porte sans y être contraint, ni par son voyage même, comme l'enfant qui manque à ses devoirs envers ses parents et l'esclave en fuite : aucun des deux ne passe les mains sur le chausson.

  8. 117

    الثَّامِنُ: أَنْ لَا يَكُونَ مُتَرَفِّهًا بِلُبْسِهِ، فَمَنْ لَبِسَهُ لِنَوْمٍ أَوْ نَحْوِهِ لَا يَمْسَحُ عَلَيْهِ.

    La huitième : ne pas le porter par simple confort. Celui qui l'a chaussé pour dormir, ou pour un motif semblable, ne passe pas les mains dessus.

  9. 118

    إِذَا اجْتَمَعَتْ هَذِهِ الشُّرُوطُ جَازَ الْمَسْحُ، وَلَا يَتَوَقَّتُ بِوَقْتٍ، وَلَا يَلْزَمُهُ نَزْعُهُ إِلَّا أَنْ تَحْصُلَ لَهُ جَنَابَةٌ، أَوْ يَحْصُلَ فِيهِ خَرْقٌ كَبِيرٌ، أَوْ يَنْزِعَ قَدَمَهُ أَوْ أَكْثَرَهَا إِلَى سَاقِ خُفِّهِ.

    Quand ces conditions sont réunies, le passage des mains est permis. Il n'est limité par aucune durée, et l'on n'est tenu d'ôter le chausson que si l'on se trouve en état d'impureté majeure, s'il s'y fait une grande déchirure, ou si l'on retire le pied, ou sa plus grande partie, jusque dans la tige du chausson.

  10. 119

    وَصِفَةُ الْمَسْحِ الْمُسْتَحَبَّةُ: أَنْ يَضَعَ أَصَابِعَ يَدِهِ الْيُمْنَى عَلَى أَطْرَافِ أَصَابِعِ رِجْلِهِ مِنْ ظَاهِرِ قَدَمِهِ الْيُمْنَى، وَيَضَعَ يَدَهُ الْيُسْرَى مِنْ تَحْتِ أَطْرَافِ أَصَابِعِهِ مِنْ بَاطِنِ خُفِّهِ، وَيُمِرَّهُمَا إِلَى الْكَعْبَيْنِ، وَيَفْعَلُ بِالْيُسْرَى كَذَلِكَ، عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ.

    La manière recommandée de procéder : poser les doigts de la main droite sur le bout des orteils, au-dessus du pied droit, et la main gauche sous le bout des orteils, sous le chausson, puis les faire glisser toutes deux jusqu'aux chevilles ; on fait de même pour le pied gauche, selon l'un des deux avis.

Section : les menstrues (ḥayḍ)فَصْلٌ

  1. 120

    الْحَيْضُ هُوَ الدَّمُ الْخَارِجُ بِنَفْسِهِ مِنْ قُبُلِ مَنْ تَحْمِلُ عَادَةً، فِي مُدَّةِ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا فَدُونَهَا إِلَى سَاعَةٍ، مِنْ غَيْرِ وِلَادَةٍ وَلَا مَرَضٍ.

    Les menstrues (ḥayḍ) sont le sang qui sort de lui-même du sexe d'une femme en âge habituel d'être enceinte, pendant une durée de quinze jours ou moins, jusqu'à un seul instant, sans accouchement ni maladie.

  2. 121

    فَأَقَلُّهُ لَا حَدَّ لَهُ، كَأَكْثَرِ الطُّهْرِ. وَأَمَّا أَقَلُّ الطُّهْرِ فَخَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا.

    Leur durée minimale n'a pas de limite, pas plus que la durée maximale de la période de pureté. Quant à la durée minimale de la période de pureté, elle est de quinze jours.

  3. 122

    وَأَمَّا أَكْثَرُ الْحَيْضِ فَيَخْتَلِفُ بِاخْتِلَافِ الْحُيَّضِ. فَإِنْ كَانَتْ مُبْتَدِئَةً فَأَكْثَرُهُ فِي حَقِّهَا إِذَا تَمَادَتْ بِهَا الْحَيْضَةُ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا.

    Quant à la durée maximale des menstrues, elle varie selon les femmes. Pour celle qui a ses menstrues pour la première fois (mubtadaʾa), si elles se prolongent, le maximum est de quinze jours.

  4. 123

    وَإِنْ كَانَتْ مُعْتَادَةً فَإِمَّا أَنْ تَخْتَلِفَ عَادَتُهَا أَمْ لَا. فَإِنْ لَمْ تَخْتَلِفِ اسْتَظْهَرَتْ عَلَى عَادَتِهَا بِثَلَاثَةِ أَيَّامٍ مَا لَمْ تُجَاوِزْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا، وَإِنِ اخْتَلَفَتِ اسْتَظْهَرَتْ عَلَى أَكْثَرِ عَادَتِهَا كَذَلِكَ.

    Pour celle qui a une habitude (muʿtāda), soit son habitude varie, soit elle ne varie pas. Si elle ne varie pas, elle ajoute à son habitude trois jours de précaution (istiẓhār), sans dépasser quinze jours ; si elle varie, elle ajoute de même ces jours à la plus longue de ses habitudes.

  5. 124

    وَهِيَ فِي أَيَّامِ الِاسْتِظْهَارِ حَائِضٌ. فَإِنْ تَمَادَى بِهَا إِلَى تَمَامِ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا فَحُكْمُهَا حُكْمُ الطَّاهِرِ فِي تَوْجِيهِ الصَّلَاةِ وَالصَّوْمِ وَعَدَمِ الْقَضَاءِ وَإِتْيَانِ الزَّوْجِ.

    Pendant les jours de précaution, elle est considérée comme ayant ses menstrues. Si le sang continue jusqu'au terme de quinze jours, son statut est celui de la femme pure : la prière et le jeûne lui incombent, elle n'a pas [de jeûne] à rattraper, et son mari peut avoir des rapports avec elle.

Section : les signes de la fin des menstruesفَصْلٌ

  1. 125

    وَلِلطُّهْرِ عَلَامَتَانِ: الْجُفُوفُ، وَهُوَ أَنْ تُدْخِلَ الْمَرْأَةُ خِرْقَةً فِي فَرْجِهَا فَتَخْرُجَ جَافَّةً لَيْسَ عَلَيْهَا شَيْءٌ مِنَ الدَّمِ، وَالْقَصَّةُ الْبَيْضَاءُ، وَهِيَ مَاءٌ أَبْيَضُ رَقِيقٌ يَأْتِي فِي آخِرِ الْحَيْضِ كَمَاءِ الْقَصَّةِ، وَهِيَ الْجِيرُ.

    La pureté a deux signes. Le premier est la sécheresse (jufūf) : la femme introduit un linge dans son sexe et il en ressort sec, sans aucune trace de sang. Le second est l'écoulement blanc (qaṣṣa bayḍāʾ) : un liquide blanc et fluide qui vient à la fin des menstrues, semblable à de l'eau de chaux.

  2. 126

    وَالْقَصَّةُ أَبْلَغُ لِلْمُعْتَادَةِ، فَإِذَا رَأَتِ الْجُفُوفَ أَوَّلًا انْتَظَرَتِ الْقَصَّةَ لِآخِرِ الْوَقْتِ الْمُخْتَارِ. وَأَمَّا الْمُبْتَدَأَةُ فَلَا تَنْتَظِرُ الْقَصَّةَ إِذَا رَأَتِ الْجُفُوفَ أَوَّلًا.

    L'écoulement blanc est le signe le plus sûr pour celle qui a une habitude : si elle voit d'abord la sécheresse, elle attend l'écoulement blanc jusqu'à la fin du temps de choix [de la prière]. Celle qui a ses menstrues pour la première fois n'attend pas l'écoulement blanc si elle voit d'abord la sécheresse.

  3. 127

    وَعَلَى الْمَرْأَةِ أَنْ تَنْظُرَ طُهْرَهَا عِنْدَ النَّوْمِ وَعِنْدَ صَلَاةِ الصُّبْحِ.

    La femme doit vérifier si elle est pure au moment de dormir et au moment de la prière de l'aube.

  4. 128

    وَيَمْنَعُ الْحَيْضُ: الصَّلَاةَ، وَالصَّوْمَ، وَالطَّلَاقَ، وَمَسَّ الْمُصْحَفِ، وَقِرَاءَةَ الْقُرْآنِ، وَدُخُولَ الْمَسْجِدِ، وَالْوَطْءَ فِي الْفَرْجِ زَمَنَ الْحَيْضِ وَبَعْدَهُ قَبْلَ طُهْرِهَا بِالْمَاءِ.

    Les menstrues interdisent : la prière, le jeûne, la répudiation, le fait de toucher l'exemplaire du Coran, la récitation du Coran, l'entrée dans la mosquée, et le rapport sexuel pendant les menstrues, puis après elles tant que la femme ne s'est pas purifiée à l'eau.

Section : les lochies (nifās)فَصْلٌ

  1. 129

    النِّفَاسُ هُوَ الدَّمُ الْخَارِجُ مِنَ الْقُبُلِ بِسَبَبِ الْوِلَادَةِ، غَيْرَ زَائِدٍ عَلَى سِتِّينَ يَوْمًا. فَإِذَا زَادَ عَلَى سِتِّينَ يَوْمًا فَلَا تَسْتَظْهِرُ.

    Les lochies (nifās) sont le sang qui sort du sexe à cause de l'accouchement, sans dépasser soixante jours. S'il dépasse soixante jours, la femme n'ajoute pas de jours de précaution.

  2. 130

    وَحُكْمُ دَمِ النِّفَاسِ فِيمَا يَمْنَعُهُ وَفِي اقْتِضَائِهِ الْغُسْلَ حُكْمُ دَمِ الْحَيْضِ مُطْلَقًا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

    Le sang des lochies a en tout point le statut du sang des menstrues, pour ce qu'il interdit comme pour les grandes ablutions qu'il rend obligatoires. Et Allah est plus savant.

Chapitre deuxième : la prière (ṣalāt)الْبَابُ الثَّانِي فِي الصَّلَاةِ

  1. 131

    وَهِيَ أَحَدُ أَرْكَانِ الْإِسْلَامِ الْخَمْسِ الَّتِي بُنِيَ عَلَيْهَا: شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَإِقَامِ الصَّلَاةِ، وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ، وَصَوْمِ رَمَضَانَ، وَحَجِّ بَيْتِ اللَّهِ الْحَرَامِ لِمَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلًا.

    Elle est l'un des cinq piliers sur lesquels l'islam est bâti : attester qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, accomplir la prière, acquitter la zakāt, jeûner le mois de ramaḍān, et faire le pèlerinage à la Maison sacrée d'Allah pour qui en a la possibilité.

  2. 132

    وَالصَّلَاةُ أَعْظَمُهَا بَعْدَ الشَّهَادَتَيْنِ. مَنْ أَقَامَهَا فَقَدْ أَقَامَ الدِّينَ، وَمَنْ تَرَكَهَا فَقَدْ تَرَكَ الدِّينَ.

    La prière est le plus grand de ces piliers après les deux attestations. Qui l'accomplit a accompli la religion, et qui la délaisse a délaissé la religion.

  3. 133

    وَلِوُجُوبِهَا خَمْسَةُ شُرُوطٍ: الْإِسْلَامُ، وَالْبُلُوغُ، وَالْعَقْلُ، وَارْتِفَاعُ دَمِ الْحَيْضِ وَالنِّفَاسِ، وَحُضُورُ وَقْتِ الصَّلَاةِ. وَتَجِبُ بِأَوَّلِ الْوَقْتِ وُجُوبًا مُوَسَّعًا.

    Elle devient obligatoire à cinq conditions : l'islam, la puberté, la raison, l'arrêt du sang des menstrues et des lochies, et l'arrivée du temps de la prière. Elle est due dès le début de son temps, d'une obligation qui laisse de la latitude.

  4. 134

    فَمَنْ جَحَدَ وُجُوبَهَا أَوْ شَيْئًا مِنْ وَاجِبَاتِهَا أَوْ شَيْئًا مِنْ أَرْكَانِ الْإِسْلَامِ الْخَمْسَةِ فَهُوَ كَافِرٌ مُرْتَدٌّ، يُسْتَتَابُ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ، فَإِنْ تَابَ وَإِلَّا قُتِلَ.

    Celui qui nie son obligation, ou l'une de ses obligations, ou l'un des cinq piliers de l'islam, est un mécréant apostat : on l'appelle à se repentir pendant trois jours ; s'il se repent, [on le laisse], sinon il est mis à mort.

  5. 135

    وَمَنْ أَقَرَّ بِوُجُوبِهَا وَامْتَنَعَ مِنْ فِعْلِهَا انْتُظِرَ إِلَى أَنْ يَبْقَى مِنْ وَقْتِهَا الضَّرُورِيِّ مِقْدَارُ رَكْعَةٍ كَامِلَةٍ، فَإِنْ لَمْ يُصَلِّ قُتِلَ بِالسَّيْفِ حَدًّا.

    Celui qui reconnaît son obligation mais refuse de l'accomplir, on attend jusqu'à ce qu'il ne reste de son temps de nécessité que la durée d'une unité de prière (rakʿa) complète ; s'il ne prie pas, il est mis à mort par le sabre, à titre de peine légale (ḥadd).

  6. 136

    وَيُصَلِّي عَلَيْهِ غَيْرُ أَهْلِ الْفَضْلِ وَالصَّلَاحِ، وَيُدْفَنُ فِي مَقَابِرِ الْمُسْلِمِينَ، وَلَا يُطْمَسُ قَبْرُهُ، وَلَا يُقْتَلُ بِالْفَائِتَةِ.

    La prière funéraire est faite sur lui par d'autres que les gens de mérite et de vertu ; il est enterré dans le cimetière des musulmans et sa tombe n'est pas effacée. Il n'est pas mis à mort pour une prière dont le temps est déjà passé.

  7. 137

    وَيُؤْمَرُ الصَّبِيُّ بِهَا لِسَبْعِ سِنِينَ، وَيُضْرَبُ عَلَى تَرْكِهَا ضَرْبًا غَيْرَ مُبَرِّحٍ إِذَا بَلَغَ عَشْرَ سِنِينَ.

    On ordonne à l'enfant de prier à sept ans, et on le frappe s'il la délaisse, sans violence, quand il atteint dix ans.

Section : les temps de la prièreفَصْلٌ

  1. 138

    الصَّلَاةُ الْمَفْرُوضَةُ خَمْسَةٌ: الظُّهْرُ، وَالْعَصْرُ، وَالْمَغْرِبُ، وَالْعِشَاءُ، وَالصُّبْحُ. وَلِكُلِّ وَاحِدَةٍ مِنْهَا وَقْتَانِ: اخْتِيَارِيٌّ وَضَرُورِيٌّ.

    Les prières obligatoires sont cinq : celle de midi (ẓuhr), celle de l'après-midi (ʿaṣr), celle du coucher du soleil (maghrib), celle de la nuit (ʿishāʾ) et celle de l'aube (ṣubḥ). Chacune a deux temps : un temps de choix (ikhtiyārī) et un temps de nécessité (ḍarūrī).

  2. 139

    فَالِاخْتِيَارِيُّ لِلظُّهْرِ مِنْ زَوَالِ الشَّمْسِ لِآخِرِ الْقَامَةِ، وَهُوَ أَوَّلُ وَقْتِ الْعَصْرِ، وَآخِرُهُ إِلَى اصْفِرَارِ الشَّمْسِ.

    Le temps de choix de la prière de midi va du moment où le soleil quitte le zénith jusqu'à ce que l'ombre [d'un objet] ait augmenté de sa propre hauteur ; c'est alors que commence le temps de la prière de l'après-midi, qui se termine quand le soleil jaunit.

  3. 140

    وَلِلْمَغْرِبِ بِغُرُوبِ قُرْصِ الشَّمْسِ، وَهُوَ مُضَيَّقٌ غَيْرُ مُمْتَدٍّ، يُقَدَّرُ بِفِعْلِهَا بَعْدَ تَحْصِيلِ شُرُوطِهَا.

    Celui de la prière du coucher du soleil commence quand le disque du soleil a disparu ; il est étroit et ne s'étend pas : il a la durée de son accomplissement, une fois ses conditions réunies.

  4. 141

    وَلِلْعِشَاءِ مِنْ غَيْبُوبَةِ الشَّفَقِ الْأَحْمَرِ إِلَى ثُلُثِ اللَّيْلِ الْأَوَّلِ، وَلِلصُّبْحِ مِنْ طُلُوعِ الْفَجْرِ الصَّادِقِ لِلْإِسْفَارِ الْأَعْلَى.

    Celui de la prière de la nuit va de la disparition de la lueur rouge du crépuscule jusqu'à la fin du premier tiers de la nuit ; celui de la prière de l'aube, de l'apparition de l'aube véritable jusqu'à la pleine clarté (isfār).

  5. 142

    وَالضَّرُورِيُّ لِلصُّبْحِ مِنَ الْإِسْفَارِ الْأَعْلَى إِلَى طُلُوعِ الشَّمْسِ، وَلِلظُّهْرِ مِنْ أَوَّلِ وَقْتِ الْعَصْرِ الْمُخْتَارِ إِلَى غُرُوبِ قُرْصِ الشَّمْسِ، وَلِلْعَصْرِ مِنَ الِاصْفِرَارِ إِلَى وَقْتِ الْغُرُوبِ،

    Le temps de nécessité de la prière de l'aube va de la pleine clarté au lever du soleil ; celui de la prière de midi, du début du temps de choix de l'après-midi jusqu'à la disparition du disque du soleil ; celui de la prière de l'après-midi, du jaunissement du soleil jusqu'à son coucher ;

  6. 143

    وَلِلْمَغْرِبِ مِنَ الْفَرَاغِ مِنْهَا إِلَى طُلُوعِ الْفَجْرِ، وَلِلْعِشَاءِ مِنْ آخِرِ ثُلُثِ اللَّيْلِ الْأَوَّلِ إِلَى طُلُوعِ الْفَجْرِ.

    [suite] celui de la prière du coucher du soleil, du moment où l'on aurait fini de l'accomplir jusqu'à l'apparition de l'aube ; celui de la prière de la nuit, de la fin du premier tiers de la nuit jusqu'à l'apparition de l'aube.

  7. 144

    مَنْ أَخَّرَ الصَّلَاةَ إِلَى الْوَقْتِ الضَّرُورِيِّ مِنْ غَيْرِ عُذْرٍ أَثِمَ. وَالْعُذْرُ: الْحَيْضُ، وَالنِّفَاسُ، وَالْكُفْرُ، وَالصِّبَا، وَالْجُنُونُ، وَالْإِغْمَاءُ، وَالنَّوْمُ، وَالنِّسْيَانُ.

    Celui qui retarde la prière jusqu'au temps de nécessité sans excuse commet un péché. Les excuses sont : les menstrues, les lochies, la mécréance, l'enfance, la folie, l'évanouissement, le sommeil et l'oubli.

Section : le rattrapage des prières manquéesفَصْلٌ

  1. 145

    يَجِبُ عَلَى الْمُكَلَّفِ قَضَاءُ مَا فَاتَهُ مِنَ الصَّلَوَاتِ الْمَفْرُوضَةِ مُرَتَّبَةً فِي أَيِّ وَقْتٍ كَانَ.

    La personne légalement responsable (mukallaf) doit rattraper les prières obligatoires qu'elle a manquées, dans leur ordre, à n'importe quel moment.

  2. 146

    وَيَجِبُ تَرْتِيبُ الْحَاضِرَتَيْنِ الْمُشْتَرِكَتَيْنِ فِي الْوَقْتِ، فَإِنْ خَالَفَ أَعَادَ الثَّانِيَةَ أَبَدًا.

    Il est obligatoire de respecter l'ordre des deux prières présentes qui partagent un même temps ; si on l'inverse, on refait la seconde, quel que soit le moment.

  3. 147

    وَيَجِبُ تَقْدِيمُ الْفَوَائِتِ عَلَى الْحَاضِرَةِ وَإِنْ خَرَجَ وَقْتُ الْحَاضِرَةِ، مَا لَمْ تَزِدْ عَلَى خَمْسِ صَلَوَاتٍ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ الْمَشْهُورَيْنِ، أَوْ عَلَى الْأَرْبَعِ عَلَى الْمَشْهُورِ الْآخَرِ. فَإِنْ زَادَتْ عَلَيْهَا قُدِّمَتِ الْحَاضِرَةُ إِذَا ضَاقَ وَقْتُهَا.

    Il est obligatoire de faire passer les prières manquées avant la prière présente, même si le temps de celle-ci s'écoule, tant qu'elles ne dépassent pas cinq prières selon l'un des deux avis réputés, ou quatre selon l'autre. Si elles dépassent ce nombre, on fait passer la prière présente en premier quand son temps est compté.

  4. 148

    وَمَنْ ذَكَرَ فَائِتَةً فِي وَقْتِيَّةٍ يَجِبُ تَرْتِيبُهَا مَعَهَا: فَإِنْ كَانَ فَذًّا قَطَعَ مَا لَمْ يَعْقِدْ رَكْعَةً بِوَضْعِ يَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ، فَإِنْ عَقَدَهَا ضَمَّ إِلَيْهَا أُخْرَى وَخَرَجَ عَنْ شَفْعٍ.

    Celui qui, pendant une prière présente, se souvient d'une prière manquée qu'il doit accomplir avant elle : s'il prie seul, il interrompt sa prière tant qu'il n'a pas accompli une rakʿa en posant les mains sur les genoux ; s'il l'a accomplie, il lui en ajoute une autre et sort de sa prière sur deux rakʿa.

  5. 149

    وَإِنْ كَانَ إِمَامًا قَطَعَ وَلَا يَسْتَخْلِفُ، وَيَسْرِي ذَلِكَ لِصَلَاةِ الْمَأْمُومِينَ. وَإِنْ كَانَ مَأْمُومًا تَمَادَى مَعَ إِمَامِهِ، فَإِذَا فَرَغَ صَلَّى مَا نَسِيَ ثُمَّ يُعِيدُ مَا صَلَّى مَعَ الْإِمَامِ فِي الْوَقْتِ، فَإِذَا كَانَتْ جُمُعَةً صَلَّاهَا ظُهْرًا.

    S'il est imam, il interrompt la prière sans désigner de remplaçant, et cela s'étend à la prière de ceux qui le suivent. S'il suit un imam, il continue avec lui ; quand il a fini, il accomplit la prière oubliée, puis refait celle qu'il a accomplie avec l'imam tant que son temps n'est pas sorti ; s'il s'agissait de la prière du vendredi, il la refait en prière de midi.

  6. 150

    سَيَأْتِي أَنَّ عَقْدَ الرَّكْعَةِ عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ بِرَفْعِ الرَّأْسِ مِنَ الرُّكُوعِ إِلَّا فِي مَسَائِلَ مَذْكُورَةٍ فِي الْمُطَوَّلَاتِ.

    On verra plus loin que, pour Ibn al-Qāsim, une rakʿa est tenue pour accomplie quand on relève la tête de l'inclinaison, sauf dans des cas cités dans les ouvrages développés.

Section : les moments où la prière surérogatoire est interdite ou déconseilléeفَصْلٌ

  1. 151

    يَحْرُمُ عَلَيْهِ صَلَاةُ النَّفْلِ عِنْدَ طُلُوعِ الشَّمْسِ، وَعِنْدَ غُرُوبِهَا، وَعِنْدَ خُطْبَةِ الْجُمُعَةِ، وَعِنْدَ ضِيقِ الْوَقْتِ، أَوْ بَعْدَ خُرُوجِهِ لِمَنْ عَلَيْهِ فَرْضٌ.

    La prière surérogatoire est interdite au lever du soleil, à son coucher, pendant le sermon du vendredi, quand le temps [de la prière obligatoire] est compté, et après son écoulement pour celui qui doit encore une prière obligatoire.

  2. 152

    وَيُكْرَهُ بَعْدَ طُلُوعِ الْفَجْرِ إِلَى أَنْ تَرْتَفِعَ الشَّمْسُ قِيدَ رُمْحٍ، وَبَعْدَ فَرْضِ الْعَصْرِ إِلَى أَنْ تُصَلَّى الْمَغْرِبُ، وَعِنْدَ أَذَانِ الْجُمُعَةِ لِلْجَالِسِ، وَبَعْدَ فَرْضِ الْجُمُعَةِ فِي مُصَلَّاهَا. وَلَا تُكْرَهُ عِنْدَ وَقْتِ الِاسْتِوَاءِ.

    Elle est déconseillée après l'apparition de l'aube jusqu'à ce que le soleil se soit élevé de la hauteur d'une lance, après la prière obligatoire de l'après-midi jusqu'à ce que celle du coucher du soleil ait été accomplie, pendant l'appel à la prière du vendredi pour celui qui est assis, et après la prière obligatoire du vendredi à l'endroit où on l'a accomplie. Elle n'est pas déconseillée au moment où le soleil est au zénith.

Section : l'appel à la prière (adhān)فَصْلٌ

  1. 153

    الْأَذَانُ سُنَّةٌ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي الْعَادَةُ أَنْ يَجْتَمِعَ النَّاسُ بِهَا كَالْجَوَامِعِ وَالْمَسَاجِدِ. وَهُوَ الْإِعْلَامُ بِدُخُولِ وَقْتِ الصَّلَاةِ الْمَفْرُوضَةِ بِالْأَلْفَاظِ الْمَشْرُوعَةِ.

    L'appel à la prière (adhān) est une sunna dans les lieux où les gens ont coutume de se rassembler, comme les grandes mosquées et les mosquées. Il consiste à annoncer l'entrée du temps de la prière obligatoire par les formules prescrites.

  2. 154

    وَهُوَ: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ. أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ. ثُمَّ يُرَجِّعُ الشَّهَادَتَيْنِ بِأَرْفَعَ مِنْ صَوْتِهِ أَوَّلًا.

    Le voici : « Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, j'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah. J'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah, j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah. » Puis on reprend les deux attestations d'une voix plus haute que la première fois.

  3. 155

    ثُمَّ يَقُولُ: حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ، حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ. حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ، حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ. اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ.

    Puis on dit : « Venez à la prière, venez à la prière. Venez à la réussite, venez à la réussite. Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Il n'y a de divinité qu'Allah. »

  4. 156

    وَيَزِيدُ فِي أَذَانِ الصُّبْحِ بَعْدَ قَوْلِهِ حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ: الصَّلَاةُ خَيْرٌ مِنَ النَّوْمِ، مَرَّتَيْنِ.

    Dans l'appel à la prière de l'aube, on ajoute, après « Venez à la réussite » : « La prière est meilleure que le sommeil », deux fois.

  5. 157

    وَلَا يَجُوزُ أَنْ يُؤَذَّنَ لِصَلَاةٍ مِنَ الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ، حَتَّى الْجُمُعَةِ، قَبْلَ وَقْتِهَا، إِلَّا صَلَاةَ الصُّبْحِ فَإِنَّهُ يُسْتَحَبُّ أَنْ يُؤَذَّنَ لَهَا فِي السُّدُسِ الْأَخِيرِ مِنَ اللَّيْلِ قَبْلَ طُلُوعِ الْفَجْرِ، ثُمَّ يُؤَذَّنَ لَهَا ثَانِيًا عِنْدَ دُخُولِ الْوَقْتِ.

    Il n'est permis de faire l'appel pour aucune des cinq prières, pas même celle du vendredi, avant son temps, sauf pour la prière de l'aube : il est recommandé de faire l'appel pour elle dans le dernier sixième de la nuit, avant l'apparition de l'aube, puis de le refaire à l'entrée de son temps.

  6. 158

    وَيُسْتَحَبُّ لِلْمُنْفَرِدِ إِذَا كَانَ مُسَافِرًا أَنْ يُؤَذِّنَ، لِحَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ.

    Il est recommandé à celui qui prie seul, s'il est en voyage, de faire l'appel, en raison du hadith d'Abū Saʿīd.

  7. 159

    وَلْيَحْذَرِ الْمُؤَذِّنُ مِنْ مَدِّ بَاءِ أَكْبَرُ، وَأَشْهَدُ، وَالْجَلَالَةِ، وَمِنَ الْوَقْفِ عَلَى لَا إِلَهَ، وَمِنْ تَرْكِ إِدْغَامِ الدَّالِ فِي الرَّاءِ مِنْ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ،

    Que celui qui fait l'appel se garde d'allonger le bāʾ de « akbar », la hamza [initiale] de « ashhadu » et celle du Nom d'Allah ; de marquer une pause sur « lā ilāha » ; de ne pas assimiler le dāl au rāʾ dans « Muḥammadan rasūlu Llāh » ;

  8. 160

    وَمِنْ فَتْحِ اللَّامِ مِنْ رَسُولُ اللَّهِ، وَمِنْ تَرْكِ النُّطْقِ بِالْهَاءِ مِنْ حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ، وَمِنْ تَرْكِ الْحَاءِ مِنْ حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ.

    [suite] de prononcer avec la voyelle a le lām de « rasūlu Llāh » ; de ne pas prononcer le hāʾ de « ḥayya ʿalā ṣ-ṣalāh » ; et de ne pas prononcer le ḥāʾ de « ḥayya ʿalā l-falāḥ ».

  9. 161

    وَيَكُونُ الْأَذَانُ مُتَرَسِّلًا مِنْ غَيْرِ مَدٍّ مُفْرِطٍ وَلَا تَمْطِيطٍ، مَوْقُوفًا غَيْرَ مُعْرَبٍ، مُتَوَالِيًا بِحَيْثُ لَا يَتَخَلَّلُهُ سُكُوتٌ كَثِيرٌ وَلَا كَلَامٌ، سَوَاءٌ كَانَ سَلَامًا أَوْ رَدًّا أَوْ غَيْرَهُمَا.

    L'appel se fait posément, sans allongement excessif ni voix traînante, en marquant l'arrêt à la fin des formules sans en prononcer la voyelle finale, et d'une seule suite, sans long silence ni parole qui l'interrompe, qu'il s'agisse d'un salut, d'une réponse au salut ou d'autre chose.

  10. 162

    وَيُسْتَحَبُّ لِمَنْ سَمِعَهُ أَنْ يَحْكِيَهُ إِلَى آخِرِ الشَّهَادَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ تَرْجِيعٍ، وَلَوْ كَانَ فِي صَلَاةِ نَافِلَةٍ.

    Il est recommandé à celui qui l'entend de le répéter jusqu'à la fin des deux attestations, sans les reprendre une seconde fois, même s'il est en train d'accomplir une prière surérogatoire.

  11. 163

    وَيُشْتَرَطُ فِي الْمُؤَذِّنِ شُرُوطُ صِحَّةٍ وَشُرُوطُ كَمَالٍ. فَشُرُوطُ الصِّحَّةِ: أَنْ يَكُونَ مُسْلِمًا ذَكَرًا بَالِغًا عَاقِلًا.

    Celui qui fait l'appel doit réunir des conditions de validité et des conditions de perfection. Les conditions de validité : être musulman, de sexe masculin, pubère et sain d'esprit.

  12. 164

    وَشُرُوطُ الْكَمَالِ: أَنْ يَكُونَ عَدْلًا، عَارِفًا بِالْأَوْقَاتِ، صَيِّتًا، مُتَطَهِّرًا، قَائِمًا، مُسْتَقْبِلَ الْقِبْلَةِ إِلَّا لِإِسْمَاعٍ، وَأَنْ لَا يَكُونَ قَدْ صَلَّى تِلْكَ الصَّلَاةَ الَّتِي أَذَّنَ لَهَا.

    Les conditions de perfection : être intègre, connaître les temps de prière, avoir la voix forte, être en état de pureté, se tenir debout, faire face à la qibla sauf pour se faire entendre, et ne pas avoir déjà accompli la prière pour laquelle il fait l'appel.

Section : l'annonce du début de la prière (iqāma)فَصْلٌ

  1. 165

    الْإِقَامَةُ سُنَّةٌ أَوْكَدُ مِنَ الْأَذَانِ لِاتِّصَالِهَا بِالصَّلَاةِ، وَإِنْ تَرَاخَى مَا بَيْنَهُمَا بَطَلَتِ الْإِقَامَةُ وَاسْتُؤْنِفَتْ.

    L'annonce du début de la prière (iqāma) est une sunna plus appuyée que l'appel, parce qu'elle est liée à la prière. Si un long moment la sépare de la prière, elle est nulle et on la recommence.

  2. 166

    وَقَالَ ابْنُ كِنَانَةَ: مَنْ تَرَكَهَا عَمْدًا بَطَلَتْ صَلَاتُهُ. فَالِاحْتِيَاطُ أَنْ يَحْتَرِسَ عَلَى الْإِتْيَانِ بِهَا وَلَا يَتَسَاهَلَ فِي ذَلِكَ، وَهَذَا فِي حَقِّ الرَّجُلِ.

    Ibn Kināna a dit : celui qui la délaisse exprès, sa prière est nulle. La prudence veut donc que l'on veille à l'accomplir et qu'on ne la prenne pas à la légère. Cela concerne l'homme.

  3. 167

    وَأَمَّا الْمَرْأَةُ فَالْإِقَامَةُ فِي حَقِّهَا مُسْتَحَبَّةٌ سِرًّا، وَإِنْ لَمْ تُقِمْ فَلَا إِثْمَ عَلَيْهَا.

    Pour la femme, l'iqāma est recommandée, à voix basse ; si elle ne la fait pas, elle ne commet aucun péché.

  4. 168

    وَلَفْظُهَا: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ. أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ. حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ. حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ. قَدْ قَامَتِ الصَّلَاةُ. اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ.

    Sa formule : « Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah. J'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah. Venez à la prière. Venez à la réussite. La prière est sur le point de commencer. Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Il n'y a de divinité qu'Allah. »

  5. 169

    وَمَا ذَكَرْنَاهُ مِنْ إِفْرَادِ الْإِقَامَةِ مَا عَدَا التَّكْبِيرَ فَإِنَّهُ مُثَنًّى هُوَ الْمَشْهُورُ، فَإِنْ شَفَعَ غَيْرَ التَّكْبِيرِ لَا تُجْزِئُهُ الْإِقَامَةُ.

    Ce que nous avons indiqué, à savoir que chaque formule de l'iqāma se dit une seule fois, sauf « Allah est le plus grand » qui se dit deux fois, est l'avis réputé. Si l'on double autre chose que cette formule, l'iqāma ne suffit pas.

  6. 170

    وَلَا يَتَكَلَّمُ فِي الْإِقَامَةِ، وَلَا يَرُدُّ عَلَى مَنْ يُسَلِّمُ عَلَيْهِ. وَالْمُصَلِّي مُخَيَّرٌ بَيْنَ أَنْ يَقُومَ لِلصَّلَاةِ حَالَ الْإِقَامَةِ أَوْ بَعْدَهَا.

    On ne parle pas pendant l'iqāma et l'on ne répond pas à celui qui salue. Celui qui prie a le choix de se lever pour la prière pendant l'iqāma ou après elle.

Section : les conditions de la prièreفَصْلٌ

  1. 171

    شَرَائِطُ الصَّلَاةِ أَرْبَعَةٌ: طَهَارَةُ الْخَبَثِ عَنِ الثَّوْبِ وَالْبَدَنِ وَالْمَكَانِ ابْتِدَاءً وَدَوَامًا، وَطَهَارَةُ الْحَدَثِ ابْتِدَاءً وَدَوَامًا فِي كُلِّ صَلَاةٍ ذَاتِ رُكُوعٍ وَسُجُودٍ وَغَيْرِهَا،

    Les conditions de la prière sont quatre : la pureté matérielle (ṭahārat al-khabath) du vêtement, du corps et du lieu, au début et tout au long de la prière ; la pureté rituelle (ṭahārat al-ḥadath), au début et tout au long, dans toute prière, qu'elle comporte inclinaison et prosternation ou non ;

  2. 172

    وَسَتْرُ الْعَوْرَةِ بِكَثِيفٍ، بِمُثَلَّثَةٍ، أَيْ غَلِيظٍ. وَعَوْرَةُ الرَّجُلِ: مِنْ سُرَّتِهِ إِلَى رُكْبَتِهِ. وَعَوْرَةُ الْمَرْأَةِ الْحُرَّةِ مَعَ أَجْنَبِيٍّ: جَمِيعُ بَدَنِهَا إِلَّا الْوَجْهَ وَالْكَفَّيْنِ.

    [suite] couvrir la partie du corps à cacher (ʿawra) avec une étoffe épaisse (kathīf, avec la lettre thāʾ, c'est-à-dire consistante). La partie à cacher de l'homme va de son nombril à son genou ; celle de la femme libre, devant un homme qui lui est étranger, est tout son corps sauf le visage et les mains.

  3. 173

    وَاسْتِقْبَالُ الْقِبْلَةِ، إِلَّا فِي الْقِتَالِ حَالَةَ الِالْتِحَامِ، وَفِي النَّافِلَةِ فِي السَّفَرِ الْمُبِيحِ لِلْقَصْرِ لِلرَّاكِبِ.

    [suite] et faire face à la qibla, sauf au combat dans la mêlée, et, pour la prière surérogatoire, sauf pour celui qui est sur une monture au cours d'un voyage qui permet de raccourcir la prière.

  4. 174

    وَمَنْ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ نَاسِيًا فَلَمْ يَعْلَمْ حَتَّى فَرَغَ مِنْ صَلَاتِهِ أَعَادَ أَبَدًا، وَجَاءَ فِي ذَلِكَ خِلَافٌ، وَكَذَا إِنْ كَانَ جَاهِلًا أَوْ عَامِدًا.

    Celui qui a prié dans une autre direction que la qibla par oubli et ne s'en est rendu compte qu'après avoir terminé refait sa prière, quel que soit le moment ; il existe une divergence à ce sujet. Il en va de même s'il l'a fait par ignorance ou exprès.

Section : les obligations de la prièreفَصْلٌ

  1. 175

    فَرَائِضُ الصَّلَاةِ أَرْبَعَةَ عَشَرَ. الْأُولَى: تَكْبِيرَةُ الْإِحْرَامِ لِكُلِّ مُصَلٍّ، وَلَفْظُهَا: اللَّهُ أَكْبَرُ، مِنْ غَيْرِ إِشْبَاعِ الْبَاءِ، وَلَا يُجْزِئُ غَيْرُهَا إِنْ كَانَ يُحْسِنُ الْعَرَبِيَّةَ.

    Les obligations (farāʾiḍ) de la prière sont quatorze. La première : la formule d'entrée en prière (takbīrat al-iḥrām), pour toute personne qui prie. Sa formule est « Allāhu akbar », sans allonger le bāʾ ; aucune autre ne suffit pour qui sait bien prononcer l'arabe.

  2. 176

    أَمَّا مَنْ لَا يُحْسِنُهَا فَقِيلَ يَدْخُلُ بِالنِّيَّةِ دُونَ الْعَجَمِيَّةِ، وَقِيلَ يَدْخُلُ بِلُغَتِهِ.

    Quant à celui qui ne le sait pas, un avis dit qu'il entre en prière par l'intention, sans formule dans une autre langue ; un autre, qu'il y entre dans sa langue.

  3. 177

    الثَّانِيَةُ: النِّيَّةُ، بِأَنْ يَقْصِدَ بِقَلْبِهِ الدُّخُولَ فِي الصَّلَاةِ الْمُعَيَّنَةِ، وَيَكُونَ قَصْدُهُ مُقَارِنًا لِلَفْظِ التَّكْبِيرِ. وَلَا يَلْزَمُهُ التَّعَرُّضُ فِي نِيَّتِهِ لِعَدَدِ الرَّكَعَاتِ.

    La deuxième : l'intention, qui consiste à se proposer dans son cœur d'entrer dans telle prière précise, cette résolution accompagnant la formule d'entrée en prière. On n'est pas tenu de préciser dans son intention le nombre de rakʿa.

  4. 178

    الثَّالِثَةُ: قِرَاءَةُ الْفَاتِحَةِ عَلَى الْإِمَامِ وَالْفَذِّ، بِذَالٍ مُعْجَمَةٍ، أَيِ الْمُنْفَرِدِ. الرَّابِعَةُ: الْقِيَامُ لِلْإِحْرَامِ وَلِقِرَاءَةِ الْفَاتِحَةِ.

    La troisième : la récitation de la Fātiḥa, pour l'imam et pour celui qui prie seul (fadhdh, avec la lettre dhāl). La quatrième : la station debout pour la formule d'entrée en prière et pour la récitation de la Fātiḥa.

  5. 179

    الْخَامِسَةُ: الرُّكُوعُ، وَأَكْمَلُهُ أَنْ يَنْحَنِيَ بِحَيْثُ يَسْتَوِي ظَهْرُهُ وَعُنُقُهُ، وَيَنْصِبَ رُكْبَتَيْهِ، وَيَضَعَ كَفَّيْهِ عَلَيْهِمَا، وَيُجَافِيَ الرَّجُلُ مِرْفَقَيْهِ عَنْ جَنْبَيْهِ، وَلَا يُنَكِّسُ رَأْسَهُ بَلْ يَكُونُ ظَهْرُهُ مُسْتَوِيًا.

    La cinquième : l'inclinaison (rukūʿ). Sa forme la plus accomplie : se pencher de sorte que le dos et le cou soient dans le même plan, garder les genoux droits, y poser les paumes, et, pour l'homme, écarter les coudes des flancs ; on ne baisse pas la tête, le dos reste plat.

  6. 180

    السَّادِسَةُ: السُّجُودُ، وَصِفَتُهُ أَنْ يُمَكِّنَ جَبْهَتَهُ وَأَنْفَهُ مِنَ الْأَرْضِ، وَالرُّكْبَتَيْنِ وَالْيَدَيْنِ وَأَصَابِعَ الْقَدَمَيْنِ.

    La sixième : la prosternation (sujūd). On y pose fermement sur le sol le front et le nez, ainsi que les genoux, les mains et les orteils.

  7. 181

    السَّابِعَةُ وَالثَّامِنَةُ: الرَّفْعُ مِنَ الرُّكُوعِ وَالسُّجُودِ، فَإِنْ تَرَكَهُ وَجَبَتِ الْإِعَادَةُ. التَّاسِعَةُ: الْجُلُوسُ لِلسَّلَامِ قَدْرَ مَا يَقْعُدُ فِيهِ وَيُسَلِّمُ.

    La septième et la huitième : se relever de l'inclinaison et de la prosternation ; si on l'omet, il faut refaire [la prière]. La neuvième : s'asseoir pour le salut final, le temps de se poser et de saluer.

  8. 182

    الْعَاشِرَةُ: تَسْلِيمَةُ التَّحْلِيلِ، وَهِيَ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ، وَلَا يُجْزِئُ غَيْرُهَا، وَلَيْسَ عَلَى الْإِمَامِ وَالْفَذِّ غَيْرُهَا.

    La dixième : le salut qui met fin à la prière (taslīmat at-taḥlīl), à savoir « as-salāmu ʿalaykum » ; aucune autre formule ne suffit, et l'imam comme celui qui prie seul n'en doivent pas d'autre.

  9. 183

    وَأَمَّا الْمَأْمُومُ فَيُسَلِّمُهَا عَنْ يَمِينِهِ، ثُمَّ يُسَلِّمُ قُبَالَةَ وَجْهِهِ يَقْصِدُ بِهَا الرَّدَّ عَلَى الْإِمَامِ، ثُمَّ يُسَلِّمُ عَنْ يَسَارِهِ إِنْ كَانَ عَلَيْهِ أَحَدٌ يَقْصِدُ بِهَا الرَّدَّ عَلَيْهِ. وَالْأَفْضَلُ فِي تَسْلِيمَةِ الرَّدِّ أَنْ تَكُونَ بِلَفْظِ تَسْلِيمَةِ التَّحْلِيلِ.

    Quant à celui qui suit l'imam, il la prononce vers sa droite, puis il salue droit devant lui en réponse à l'imam, puis vers sa gauche s'il s'y trouve quelqu'un, en réponse à celui-ci. Le mieux est que le salut de réponse soit dit dans les mêmes termes que le salut final.

  10. 184

    وَلَا يُشْتَرَطُ أَنْ يَنْوِيَ بِسَلَامِهِ الْخُرُوجَ مِنَ الصَّلَاةِ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ الْمَشْهُورَيْنِ. وَمُقَابِلُهُ لَا بُدَّ مِنْ ذَلِكَ، وَعَلَيْهِ يَقْصِدُ الْإِمَامُ بِسَلَامِهِ الْخُرُوجَ مِنَ الصَّلَاةِ وَالسَّلَامَ عَلَى الْمَلَائِكَةِ وَالْمُقْتَدِينَ بِهِ، وَيَقْصِدُ الْفَذُّ السَّلَامَ عَلَى الْمَلَائِكَةِ.

    Il n'est pas exigé d'avoir, en saluant, l'intention de sortir de la prière, selon l'un des deux avis réputés. Selon l'autre, c'est indispensable ; d'après lui, l'imam a l'intention, par son salut, de sortir de la prière et de saluer les anges et ceux qui prient derrière lui, et celui qui prie seul a l'intention de saluer les anges.

  11. 185

    الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ: الِاعْتِدَالُ فِي الْفَصْلِ بَيْنَ الْأَرْكَانِ. الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ: الطُّمَأْنِينَةُ فِي أَرْكَانِ الصَّلَاةِ كُلِّهَا: قِيَامِهَا وَرُكُوعِهَا وَسُجُودِهَا وَالرَّفْعِ مِنْهَا وَبَيْنَ السَّجْدَتَيْنِ.

    La onzième : se redresser complètement (iʿtidāl) entre les piliers de la prière. La douzième : l'immobilité (ṭumaʾnīna) dans tous les piliers de la prière : station debout, inclinaison, prosternation, moment où l'on s'en relève, et position entre les deux prosternations.

  12. 186

    وَالْفَرْقُ بَيْنَهَا وَبَيْنَ الِاعْتِدَالِ أَنَّ الِاعْتِدَالَ فِي الْقِيَامِ مَثَلًا انْتِصَابُ الْقَامَةِ، وَالطُّمَأْنِينَةَ اسْتِقْرَارُ الْأَعْضَاءِ.

    La différence entre les deux : se redresser, dans la station debout par exemple, c'est tenir le corps droit ; l'immobilité, c'est que les membres se stabilisent.

  13. 187

    الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ: تَرْتِيبُ الْأَدَاءِ، وَهُوَ أَنْ يَكُونَ الْإِحْرَامُ قَبْلَ الْقِرَاءَةِ، وَالْقِرَاءَةُ قَبْلَ الرُّكُوعِ، وَالرُّكُوعُ قَبْلَ السُّجُودِ، وَالسُّجُودُ قَبْلَ السَّلَامِ.

    La treizième : l'ordre des actes : la formule d'entrée en prière avant la récitation, la récitation avant l'inclinaison, l'inclinaison avant la prosternation, la prosternation avant le salut.

  14. 188

    الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ: الْمُوَالَاةُ، فَيَجِبُ إِيقَاعُ أَجْزَاءِ الصَّلَاةِ وَأَرْكَانِهَا يَلِي بَعْضُهَا بَعْضًا مِنْ غَيْرِ تَفْرِيقٍ.

    La quatorzième : l'enchaînement : il est obligatoire que les parties de la prière et ses piliers se suivent sans interruption.

Section : les sunnas de la prièreفَصْلٌ

  1. 189

    وَسُنَنُ الصَّلَاةِ ثَمَانِيَةَ عَشَرَ. الْأُولَى: قِرَاءَةُ سُورَةٍ أَوْ مَا يَقُومُ مَقَامَهَا بَعْدَ الْفَاتِحَةِ فِي الصُّبْحِ وَالْجُمُعَةِ وَالْأُولَيَيْنِ مِنْ غَيْرِهِمَا مِنْ فَرَائِضِ الْأَعْيَانِ. الثَّانِيَةُ: الْقِيَامُ لِذَلِكَ.

    Les sunnas de la prière sont dix-huit. La première : réciter une sourate, ou ce qui en tient lieu, après la Fātiḥa, dans la prière de l'aube, dans celle du vendredi et dans les deux premières rakʿa des autres prières obligatoires pour chacun. La deuxième : se tenir debout pour cette récitation.

  2. 190

    الثَّالِثَةُ: الْجَهْرُ فِي الْأُولَيَيْنِ مِنَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ، وَجُمْلَةِ الصُّبْحِ، وَالشَّفْعِ وَالْوِتْرِ، وَالْجُمُعَةِ، وَالْعِيدَيْنِ، وَنَوَافِلِ اللَّيْلِ، وَالِاسْتِسْقَاءِ.

    La troisième : réciter à voix haute dans les deux premières rakʿa de la prière du coucher du soleil et de celle de la nuit, dans toute la prière de l'aube, dans le shafʿ et le witr, dans la prière du vendredi, des deux fêtes, dans les prières surérogatoires de la nuit et dans la prière pour demander la pluie.

  3. 191

    الرَّابِعَةُ: الْإِسْرَارُ فِيمَا عَدَا ذَلِكَ. وَالسِّرُّ مَا لَا يُسْمَعُ بِأُذُنٍ، وَالْجَهْرُ ضِدُّهُ.

    La quatrième : réciter à voix basse dans tout le reste. La voix basse est celle que l'oreille n'entend pas ; la voix haute est son contraire.

  4. 192

    تَنْبِيهٌ: لَوْ قَرَأَ سِرًّا فِي مَحَلِّ الْجَهْرِ أَوْ جَهْرًا فِي مَحَلِّ السِّرِّ، عَمْدًا أَوْ سَهْوًا، الْآيَةَ وَالْآيَتَيْنِ، لَا شَيْءَ عَلَيْهِ.

    Remarque : celui qui récite à voix basse là où l'on récite à voix haute, ou à voix haute là où l'on récite à voix basse, exprès ou par inadvertance, pour un ou deux versets, n'est tenu à rien.

  5. 193

    أَمَّا إِذَا قَرَأَ أَكْثَرَ مِنْ آيَتَيْنِ وَتَذَكَّرَ قَبْلَ وَضْعِ يَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ أَعَادَ أُمَّ الْقُرْآنِ وَالسُّورَةَ. وَإِنْ تَذَكَّرَ بَعْدَ وَضْعِ يَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ لَا يَرْجِعُ،

    S'il a récité ainsi plus de deux versets et s'en souvient avant de poser les mains sur les genoux, il reprend la Mère du Coran [la Fātiḥa] et la sourate. S'il s'en souvient après avoir posé les mains sur les genoux, il ne revient pas en arrière ;

  6. 194

    لِأَنَّ عَقْدَ الرَّكْعَةِ عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ بِرَفْعِ الرَّأْسِ مِنَ الرُّكُوعِ إِلَّا فِي مَسَائِلَ، مِنْهَا هَذِهِ، فَإِنَّ عَقْدَهَا بِوَضْعِ يَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ.

    [suite] car, pour Ibn al-Qāsim, la rakʿa est tenue pour accomplie quand on relève la tête de l'inclinaison, sauf dans certains cas dont celui-ci, où elle l'est dès qu'on pose les mains sur les genoux.

  7. 195

    قَالَ بَعْضُهُمْ: لَوْ تَرَكَ الْجَهْرَ عَامِدًا فَقِيلَ يَسْتَغْفِرُ اللَّهَ تَعَالَى وَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ، وَقِيلَ تَبْطُلُ صَلَاتُهُ لِأَنَّ هَذَا مِنَ التَّهَاوُنِ بِالسُّنَنِ، كَمَا يَتَهَاوَنُ بِالْفَرِيضَةِ.

    L'un d'eux a dit : s'il délaisse la voix haute exprès, un avis veut qu'il demande pardon à Allah le Très-Haut sans être tenu à rien d'autre ; un autre, que sa prière soit nulle, car c'est là prendre les sunnas à la légère, comme on prendrait à la légère une obligation.

  8. 196

    الْخَامِسَةُ: كُلُّ تَكْبِيرَةٍ سُنَّةٌ مَا عَدَا تَكْبِيرَةَ الْإِحْرَامِ.

    La cinquième : chaque « Allāhu akbar » est une sunna, sauf celui de l'entrée en prière.

  9. 197

    السَّادِسَةُ إِلَى التَّاسِعَةِ: الْجُلُوسُ الْأَوَّلُ فِيمَا فِيهِ جُلُوسَانِ، وَالتَّشَهُّدُ الْأَوَّلُ وَالثَّانِي بِاللَّفْظِ الْوَارِدِ فِيهِ،

    De la sixième à la neuvième : la première position assise dans les prières qui en comportent deux ; le premier tashahhud ; le second ; et le fait de les dire selon la formule transmise, que voici :

  10. 198

    وَهُوَ: التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ، الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ، الطَّيِّبَاتُ الصَّلَوَاتُ لِلَّهِ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ. أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ.

    « Les salutations sont pour Allah, les œuvres pures sont pour Allah, les bonnes paroles et les prières sont pour Allah. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d'Allah. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. »

  11. 199

    الْعَاشِرَةُ: الصَّلَاةُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي التَّشَهُّدِ الْأَخِيرِ، وَهِيَ: اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، وَبَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، فِي الْعَالَمِينَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ.

    La dixième : la prière sur le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, dans le dernier tashahhud : « Ô Allah, accorde Ta bénédiction à Muhammad et à la famille de Muhammad, comme Tu l'as accordée à Ibrāhīm et à la famille d'Ibrāhīm ; et bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Ibrāhīm et la famille d'Ibrāhīm. Parmi les mondes, Tu es certes Digne de louange et de gloire. »

  12. 200

    الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ: قَوْلُ سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ لِلْإِمَامِ وَالْفَذِّ. الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ وَالثَّالِثَةَ عَشْرَةَ: الرَّدُّ عَلَى الْإِمَامِ وَالرَّدُّ عَلَى مَنْ عَلَى يَسَارِهِ. الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ: الْجَهْرُ بِتَسْلِيمَةِ التَّحْلِيلِ فَقَطْ.

    La onzième : dire « Allah entend celui qui Le loue » (samiʿa Llāhu li-man ḥamidah), pour l'imam et pour celui qui prie seul. La douzième et la treizième : répondre au salut de l'imam et à celui de la personne qui se trouve à sa gauche. La quatorzième : dire à voix haute le salut final seulement.

  13. 201

    الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ: الْإِنْصَاتُ لِلْإِمَامِ فِيمَا يَجْهَرُ فِيهِ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ: السُّتْرَةُ لِلْإِمَامِ وَالْفَذِّ. وَيَأْثَمُ الْمَارُّ بَيْنَ يَدَيِ الْمُصَلِّي إِذَا كَانَ لَهُ مَنْدُوحَةٌ.

    La quinzième : écouter l'imam en silence quand il récite à voix haute. La seizième : placer devant soi un objet qui délimite l'espace de prière (sutra), pour l'imam et pour celui qui prie seul. Celui qui passe devant une personne en prière commet un péché s'il pouvait passer ailleurs.

  14. 202

    السَّابِعَةَ عَشْرَةَ: الزَّائِدُ عَلَى مَا يَسَعُ السَّلَامَ مِنَ الْجُلُوسِ الثَّانِي. الثَّامِنَةَ عَشْرَةَ: الزَّائِدُ عَلَى مِقْدَارِ الطُّمَأْنِينَةِ.

    La dix-septième : ce qui, dans la seconde position assise, dépasse le temps nécessaire au salut final. La dix-huitième : ce qui dépasse la durée [minimale] de l'immobilité.

Section : les actes recommandés de la prièreفَصْلٌ

  1. 203

    وَمُسْتَحَبَّاتُ الصَّلَاةِ تَزِيدُ عَلَى ثَلَاثِينَ فَضِيلَةً. الْأُولَى: قِرَاءَةُ الْمَأْمُومِ مَعَ الْإِمَامِ فِي السِّرِّيَّةِ. الثَّانِيَةُ: رَفْعُ الْيَدَيْنِ عِنْدَ الشُّرُوعِ فِي تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ فَقَطْ، يُحَاذِي بِهِمَا مَنْكِبَيْهِ قَائِمَتَيْنِ.

    Les actes recommandés (mustaḥabbāt) de la prière sont plus de trente. Le premier : que celui qui suit l'imam récite avec lui dans la prière à voix basse. Le deuxième : lever les mains en commençant la formule d'entrée en prière seulement, à hauteur des épaules, les mains dressées.

  2. 204

    وَتَطْوِيلُ الْقِرَاءَةِ فِي الصُّبْحِ وَالظُّهْرِ، لَكِنْ فِي الصُّبْحِ أَطْوَلُ، وَتَقْصِيرُهَا فِي الْعَصْرِ وَالْمَغْرِبِ، وَتَوَسُّطُهَا فِي الْعِشَاءِ، وَتَقْصِيرُ الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ عَنِ الْأُولَى، وَتَقْصِيرُ الْجُلُوسِ الْأَوَّلِ عَنِ الثَّانِي.

    [Puis :] allonger la récitation dans la prière de l'aube et dans celle de midi, davantage dans celle de l'aube ; la raccourcir dans celles de l'après-midi et du coucher du soleil ; lui donner une longueur moyenne dans celle de la nuit ; faire la deuxième rakʿa plus courte que la première ; faire la première position assise plus courte que la seconde.

  3. 205

    وَقَوْلُ رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ لِلْمَأْمُومِ عِنْدَ قَوْلِ الْإِمَامِ سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ، وَلِلْفَذِّ بَعْدَمَا يَقُولُهَا. وَالتَّسْبِيحُ فِي الرُّكُوعِ وَالسُّجُودِ.

    Dire « Notre Seigneur, à Toi la louange » (Rabbanā wa laka l-ḥamd), pour celui qui suit l'imam, quand l'imam dit « Allah entend celui qui Le loue », et, pour celui qui prie seul, après l'avoir dit lui-même. Glorifier Allah dans l'inclinaison et la prosternation.

  4. 206

    وَالتَّأْمِينُ سِرًّا، وَهُوَ قَوْلُ آمِينَ بَعْدَ الْفَرَاغِ مِنَ الْفَاتِحَةِ، بِالْمَدِّ مَعَ التَّخْفِيفِ، اسْمُ اللَّهِ تَعَالَى، وَنُونُهُ مَضْمُومَةٌ عَلَى النِّدَاءِ، التَّقْدِيرُ: يَا آمِينُ اسْتَجِبْ دُعَاءَنَا. وَلَا يُؤَمِّنُ الْمَأْمُومُ خَلْفَ الْإِمَامِ فِي الْجَهْرِيَّةِ إِلَّا إِذَا سَمِعَ قِرَاءَتَهُ.

    Dire « āmīn » à voix basse après la Fātiḥa, en allongeant le ā et sans redoubler le mīm. C'est un nom d'Allah le Très-Haut, dont le nūn porte la voyelle u de l'appel, le sens étant : « Ô Āmīn, exauce notre invocation. » Celui qui suit l'imam ne dit « āmīn » derrière lui dans la prière à voix haute que s'il entend sa récitation.

    Un commentaire relève que cette explication n'est pas établie : on retient qu'āmīn est un mot qui signifie « exauce ».

  5. 207

    وَالْقُنُوتُ فِي الصُّبْحِ فَقَطْ، بَعْدَ الْفَرَاغِ مِنَ الْقِرَاءَةِ فِي الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ قَبْلَ الرُّكُوعِ، سِرًّا.

    L'invocation du qunūt, dans la prière de l'aube seulement, après la récitation de la deuxième rakʿa et avant l'inclinaison, à voix basse.

  6. 208

    وَلَفْظُهُ وَهُوَ: اللَّهُمَّ إِنَّا نَسْتَعِينُكَ وَنَسْتَغْفِرُكَ وَنُؤْمِنُ بِكَ وَنَتَوَكَّلُ عَلَيْكَ، وَنُثْنِي عَلَيْكَ الْخَيْرَ كُلَّهُ، نَشْكُرُكَ وَلَا نَكْفُرُكَ، وَنَخْنَعُ لَكَ وَنَخْلَعُ، وَنَتْرُكُ مَنْ يَكْفُرُكَ.

    Sa formule : « Ô Allah, nous implorons Ton aide et Ton pardon, nous croyons en Toi et nous nous en remettons à Toi. Nous Te louons de tout bien, nous Te remercions et ne sommes pas ingrats envers Toi. Nous nous humilions devant Toi, nous renonçons [à toute autre adoration] et nous délaissons celui qui Te renie.

  7. 209

    اللَّهُمَّ إِيَّاكَ نَعْبُدُ، وَلَكَ نُصَلِّي وَنَسْجُدُ، وَإِلَيْكَ نَسْعَى وَنَحْفِدُ، نَرْجُو رَحْمَتَكَ وَنَخَافُ عَذَابَكَ الْجِدَّ، إِنَّ عَذَابَكَ بِالْكَافِرِينَ مُلْحِقٌ.

    Ô Allah, c'est Toi que nous adorons, pour Toi que nous prions et nous prosternons, vers Toi que nous courons et nous empressons. Nous espérons Ta miséricorde et nous craignons Ton châtiment sévère : Ton châtiment atteindra certes les mécréants. »

  8. 210

    وَالدُّعَاءُ بَعْدَ التَّشَهُّدِ الثَّانِي. وَتَقْدِيمُ يَدَيْهِ حِينَ يَهْوِي بِهِمَا لِلسُّجُودِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ، وَتَقْدِيمُ رُكْبَتَيْهِ عَلَى يَدَيْهِ عِنْدَ الْقِيَامِ.

    L'invocation après le second tashahhud. Poser les mains avant les genoux en descendant pour la prosternation, et relever les genoux avant les mains en se levant.

  9. 211

    وَعَقْدُ الْخِنْصِرِ وَالْبِنْصِرِ وَالْوُسْطَى مِنَ الْيَدِ الْيُمْنَى مَادًّا السَّبَّابَةَ وَالْإِبْهَامَ مِنْهَا فِي التَّشَهُّدَيْنِ، وَيُحَرِّكُ السَّبَّابَةَ، وَيَعْتَقِدُ بِالْإِشَارَةِ بِهَا أَنَّهَا مَطْرَدَةٌ لِلشَّيْطَانِ، وَيَبْسُطُ الْيُسْرَى.

    Replier l'auriculaire, l'annulaire et le majeur de la main droite, l'index et le pouce tendus, pendant les deux tashahhud ; on remue l'index, en ayant à l'esprit que ce geste chasse Satan, et l'on étend la main gauche.

  10. 212

    وَوَضْعُ الْيَدَيْنِ عَلَى الرُّكْبَتَيْنِ فِي الرُّكُوعِ، وَوَضْعُهُمَا حَذْوَ أُذُنَيْهِ أَوْ قُرْبَهُمَا فِي السُّجُودِ. وَمُجَافَاةُ الرَّجُلِ فِي السُّجُودِ بَيْنَ رُكْبَتَيْهِ، وَبَيْنَ مِرْفَقَيْهِ وَجَنْبَيْهِ، وَبَيْنَ فَخِذَيْهِ.

    Poser les mains sur les genoux dans l'inclinaison ; les poser à hauteur des oreilles ou près d'elles dans la prosternation. Pour l'homme, dans la prosternation, écarter les genoux l'un de l'autre, les coudes des flancs, et les cuisses.

  11. 213

    وَالتَّكْبِيرُ عِنْدَ الشُّرُوعِ فِي أَفْعَالِ الصَّلَاةِ، إِلَّا فِي تَكْبِيرَةِ الْقِيَامِ مِنِ اثْنَتَيْنِ فَإِنَّهُ يُكَبِّرُهَا بَعْدَمَا يَسْتَوِي قَائِمًا.

    Dire « Allāhu akbar » au moment où l'on commence chaque geste de la prière, sauf en se relevant après deux rakʿa : on le dit alors une fois debout.

  12. 214

    وَالتَّوَرُّكُ فِي الْجُلُوسَيْنِ وَبَيْنَ السَّجْدَتَيْنِ، وَهُوَ أَنْ يُفْضِيَ بِوَرِكِهِ الْأَيْسَرِ إِلَى الْأَرْضِ، وَيُخْرِجَ رِجْلَيْهِ جَمِيعًا مِنْ جَنْبِهِ الْأَيْمَنِ، وَيَنْصِبَ قَدَمَهُ الْيُمْنَى وَبَاطِنَ إِبْهَامِ الْيُمْنَى إِلَى الْأَرْضِ، وَيَثْنِيَ الْيُسْرَى، وَيَضَعَ كَفَّيْهِ عَلَى فَخِذَيْهِ.

    S'asseoir sur la hanche (tawarruk) dans les deux positions assises et entre les deux prosternations : on pose la hanche gauche au sol, on sort les deux pieds du côté droit, on dresse le pied droit, le dessous du gros orteil contre le sol, on replie le pied gauche et l'on pose les paumes sur les cuisses.

  13. 215

    وَالتَّيَامُنُ بِالسَّلَامِ الْمَفْرُوضِ لِكُلِّ مُصَلٍّ، وَهُوَ أَنْ يُشِيرَ بِرَأْسِهِ قُبَالَةَ وَجْهِهِ وَيَتَيَامَنَ بِهَا قَلِيلًا بِحَيْثُ تُرَى صَفْحَةُ وَجْهِهِ. وَالنَّظَرُ إِلَى مَوْضِعِ السُّجُودِ فِي قِيَامِهِ.

    Tourner vers la droite dans le salut obligatoire, pour toute personne qui prie : on fait le geste de la tête droit devant soi, puis on la tourne un peu vers la droite, de sorte que l'on voie le côté du visage. Regarder l'endroit de la prosternation quand on est debout.

  14. 216

    وَمُبَاشَرَةُ الْأَرْضِ أَوْ مَا تُنْبِتُهُ بِالْوَجْهِ وَالْكَفَّيْنِ. وَالْمَشْيُ إِلَى الصَّلَاةِ بِوَقَارٍ وَسَكِينَةٍ. وَاعْتِدَالُ الصُّفُوفِ. وَتَرْكُ التَّسْمِيَةِ فِي الْفَرِيضَةِ.

    Toucher directement le sol, ou ce qui y pousse, du visage et des paumes. Se rendre à la prière avec dignité et calme. Aligner les rangs. Ne pas dire « Au Nom d'Allah » [avant la récitation] dans la prière obligatoire.

  15. 217

    وَالذِّكْرُ بَعْدَ السَّلَامِ مِنَ الصَّلَاةِ بِالْأَذْكَارِ الْوَارِدَةِ كَقِرَاءَةِ آيَةِ الْكُرْسِيِّ، وَالتَّسْبِيحِ ثَلَاثًا وَثَلَاثِينَ، وَالتَّحْمِيدِ ثَلَاثًا وَثَلَاثِينَ، وَالتَّكْبِيرِ ثَلَاثًا وَثَلَاثِينَ، وَخَتْمِ الْمِائَةِ بِلَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ.

    Le rappel d'Allah après le salut final, par les formules transmises : réciter le verset du Trône, dire « Gloire à Allah » trente-trois fois, « Louange à Allah » trente-trois fois, « Allah est le plus grand » trente-trois fois, et compléter la centaine par : « Il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé ; à Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est capable de toute chose. »

Section : ce qui est déconseillé dans la prièreفَصْلٌ

  1. 218

    يُكْرَهُ الدُّعَاءُ بَعْدَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ، وَفِي الرُّكُوعِ، وَفِي التَّشَهُّدِ الْأَوَّلِ، وَالتَّعَوُّذُ وَالْبَسْمَلَةُ فِي الْفَرِيضَةِ، وَالسُّجُودُ عَلَى الْبِسَاطِ وَالْمِنْدِيلِ وَنَحْوِهِ، وَعَلَى طَرَفِ الْكُمِّ،

    Il est déconseillé d'invoquer après la formule d'entrée en prière, dans l'inclinaison et dans le premier tashahhud ; de dire la formule de protection (taʿawwudh) et « Au Nom d'Allah » dans la prière obligatoire ; de se prosterner sur un tapis, un linge ou une chose semblable, ou sur le bord de la manche ;

  2. 219

    وَالِالْتِفَاتُ لِغَيْرِ ضَرُورَةٍ، وَتَشْبِيكُ الْأَصَابِعِ وَفَرْقَعَتُهَا، وَالْعَبَثُ بِخَاتَمِهِ أَوْ بِلِحْيَتِهِ، وَتَغْمِيضُ بَصَرِهِ، وَرَفْعُهُ إِلَى السَّمَاءِ، وَضَمُّ الْقَدَمَيْنِ، وَوَضْعُ الْيَدِ عَلَى الْخَاصِرَةِ،

    [suite] de se retourner sans nécessité ; d'entrecroiser les doigts et de les faire craquer ; de jouer avec sa bague ou sa barbe ; de fermer les yeux ; de lever le regard vers le ciel ; de joindre les pieds ; de poser la main sur la hanche ;

  3. 220

    وَتَحْدِيثُ النَّفْسِ بِأُمُورِ الدُّنْيَا، وَحَمْلُ شَيْءٍ بِكُمٍّ أَوْ فَمٍ، وَالصَّلَاةُ بِطَرِيقِ مَنْ يَمُرُّ بَيْنَ يَدَيْهِ، وَقَتْلُ الْبُرْغُوثِ وَالْقَمْلَةِ فِي الْمَسْجِدِ.

    [suite] de s'entretenir en soi-même des affaires de ce monde ; de porter quelque chose dans la manche ou dans la bouche ; de prier sur le passage de gens qui passeront devant soi ; et de tuer une puce ou un pou dans la mosquée.

Section : ce qui annule la prièreفَصْلٌ

  1. 221

    تَبْطُلُ الصَّلَاةُ بِتَرْكِ شَرْطٍ مِنْ شَرَائِطِهَا مَعَ الْقُدْرَةِ عَلَيْهِ، وَبِتَرْكِ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ أَوِ النِّيَّةِ أَوْ غَيْرِهِمَا مِنْ أَرْكَانِهَا، وَبِتَرْكِ سُنَّةٍ وَاحِدَةٍ عَمْدًا عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ، وَبِالْكَلَامِ لِغَيْرِ إِصْلَاحِهَا.

    La prière est annulée quand on délaisse l'une de ses conditions alors qu'on pouvait la remplir ; quand on délaisse la formule d'entrée en prière, l'intention ou un autre de ses piliers ; quand on délaisse exprès une seule sunna, selon l'un des deux avis ; et par la parole qui ne sert pas à la rectifier.

  2. 222

    وَبِالْفِعْلِ الْكَثِيرِ مِنْ غَيْرِ جِنْسِ الصَّلَاةِ كَالْمَشْيِ الْكَثِيرِ، بِخِلَافِ الْقَلِيلِ جِدًّا كَالْمَشْيِ لِسُتْرَةٍ أَوْ فُرْجَةٍ، وَالْغَمْزَةِ، وَحَكِّ الْجَسَدِ. وَالْأَكْلُ وَالشُّرْبُ مُبْطِلٌ مُطْلَقًا.

    Elle l'est aussi par de nombreux gestes étrangers à la prière, comme une longue marche, à la différence d'un geste très bref : marcher vers une sutra ou vers un vide dans le rang, faire un signe de l'œil, se gratter. Manger et boire l'annulent dans tous les cas.

  3. 223

    وَبِزِيَادَةِ فِعْلٍ مِنْ جِنْسِ الصَّلَاةِ عَمْدًا أَوْ جَهْلًا مُطْلَقًا، وَسَهْوًا إِنْ كَثُرَ، وَهُوَ رَكْعَتَانِ فِي الصُّبْحِ وَأَرْبَعُ رَكَعَاتٍ فِي الظُّهْرِ وَالْعَصْرِ وَالْعِشَاءِ.

    Elle l'est encore par l'ajout d'un acte du genre de la prière, exprès ou par ignorance, quelle qu'en soit la quantité, et par inadvertance s'il est important, c'est-à-dire deux rakʿa dans la prière de l'aube, et quatre dans celles de midi, de l'après-midi et de la nuit.

  4. 224

    وَمَنْ صَلَّى صَلَاةً تَامَّةً أَتَى عَلَى نِظَامِهَا وَهُوَ لَا يَعْرِفُ الْفَرْضَ مِنَ السُّنَّةِ وَلَا السُّنَّةَ مِنَ الْمُسْتَحَبِّ، فَقِيلَ إِنَّ صَلَاتَهُ بَاطِلَةٌ، وَالصَّحِيحُ أَنَّهَا صَحِيحَةٌ إِنْ أَخَذَ وَصْفَهَا عَنْ عَالِمٍ.

    Celui qui accomplit une prière complète, dans l'ordre, sans distinguer l'obligation de la sunna ni la sunna de l'acte recommandé : un avis dit que sa prière est nulle ; l'avis juste est qu'elle est valable s'il en a appris la description d'un savant.

Section : la prosternation de l'oubli (sujūd as-sahw)فَصْلٌ

  1. 225

    سُجُودُ السَّهْوِ سُنَّةٌ لِنَقْصِ سُنَّةٍ مُؤَكَّدَةٍ مِنْ سُنَنِ الصَّلَاةِ، وَهِيَ ثَمَانِيَةٌ: قِرَاءَةُ مَا سِوَى أُمِّ الْقُرْآنِ، وَالْجَهْرُ، وَالْإِسْرَارُ، وَالتَّكْبِيرُ سِوَى تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ، وَالتَّحْمِيدُ، وَالتَّشَهُّدُ الْأَوَّلُ، وَالْجُلُوسُ الْأَوَّلُ لَهُ، وَالتَّشَهُّدُ الْأَخِيرُ.

    La prosternation de l'oubli est une sunna, pour l'omission d'une sunna appuyée (muʾakkada) de la prière. Celles-ci sont huit : la récitation de ce qui s'ajoute à la Mère du Coran, la voix haute, la voix basse, le « Allāhu akbar » autre que celui de l'entrée en prière, la formule « Allah entend celui qui Le loue », le premier tashahhud, la position assise qui lui correspond, et le dernier tashahhud.

  2. 226

    وَلَا سُجُودَ لِتَرْكِ سُنَّةٍ غَيْرِ مُؤَكَّدَةٍ كَتَكْبِيرَةٍ وَاحِدَةٍ غَيْرِ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ، وَلَا لِتَرْكِ فَضِيلَةٍ كَالْقُنُوتِ فِي الصُّبْحِ، فَإِنْ سَجَدَ لَهُمَا بَطَلَتْ صَلَاتُهُ، وَلَا لِفَرِيضَةٍ كَتَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ.

    On ne se prosterne pas pour l'omission d'une sunna non appuyée, comme un seul « Allāhu akbar » autre que celui de l'entrée en prière, ni pour l'omission d'un acte méritoire comme le qunūt de l'aube ; si l'on se prosterne pour cela, la prière est nulle. On ne se prosterne pas non plus pour [l'omission d']une obligation, comme la formule d'entrée en prière.

  3. 227

    أَوْ لِزِيَادَةِ قَوْلٍ غَيْرِ مُبْطِلٍ لِلصَّلَاةِ كَالْكَلَامِ الْقَلِيلِ سَهْوًا، أَوْ فِعْلٍ غَيْرِ مُبْطِلٍ كَزِيَادَةِ رَكْعَةٍ فِي الرُّبَاعِيَّةِ سَهْوًا، وَالِانْصِرَافِ الْقَرِيبِ مِنَ الصَّلَاةِ سَهْوًا.

    [Elle est une sunna aussi] pour l'ajout d'une parole qui n'annule pas la prière, comme quelques mots dits par inadvertance, ou d'un acte qui ne l'annule pas, comme une rakʿa ajoutée par inadvertance à une prière de quatre rakʿa, ou le fait de quitter la prière par inadvertance pour un court instant.

  4. 228

    وَمَحَلُّ سُجُودِ السَّهْوِ مُخْتَلِفٌ: فَالزِّيَادَةُ فَقَطْ يَسْجُدُ لَهَا بَعْدَ السَّلَامِ، وَالنَّقْصُ فَقَطْ أَوِ النَّقْصُ وَالزِّيَادَةُ يَسْجُدُ لَهُمَا قَبْلَ السَّلَامِ.

    Le moment de cette prosternation varie : pour un ajout seul, on se prosterne après le salut final ; pour une omission seule, ou une omission et un ajout réunis, on se prosterne avant le salut.

  5. 229

    وَصِفَتُهُ سَجْدَتَانِ يُكَبِّرُ لَهُمَا فِي ابْتِدَائِهِمَا وَالرَّفْعِ مِنْهُمَا، وَيُعِيدُ التَّشَهُّدَ فِي الْقَبْلِيِّ ثُمَّ يُسَلِّمُ.

    Elle consiste en deux prosternations ; on dit « Allāhu akbar » en les commençant et en s'en relevant ; pour celle d'avant le salut, on redit le tashahhud, puis on salue.

  6. 230

    فَإِنْ سَهَا الْمَأْمُومُ خَلْفَ الْإِمَامِ فَإِنَّ الْإِمَامَ يَحْمِلُهُ عَنْهُ، وَيَلْزَمُ الْمَأْمُومَ سَهْوُ الْإِمَامِ وَإِنْ لَمْ يَسْهُ مَعَهُ وَلَا حَضَرَ سَهْوَهُ.

    Si celui qui suit l'imam commet un oubli derrière lui, l'imam le porte à sa place ; et l'oubli de l'imam engage celui qui le suit, même s'il n'a pas oublié avec lui et n'était pas présent au moment de cet oubli.

Section : la prière en groupeفَصْلٌ

  1. 231

    صَلَاةُ الْجَمَاعَةِ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ. وَلَا يَحْصُلُ فَضْلُهَا إِلَّا بِإِدْرَاكِ رَكْعَةٍ بِسَجْدَتَيْهَا، فَمَنْ أَدْرَكَهَا لَيْسَ لَهُ أَنْ يُعِيدَهَا فِي جَمَاعَةٍ أُخْرَى. وَالْجَمَاعَةُ اثْنَانِ فَصَاعِدًا.

    La prière en groupe est une sunna appuyée. On n'en obtient le mérite qu'en rattrapant une rakʿa avec ses deux prosternations ; celui qui l'a rattrapée n'a pas à refaire cette prière dans un autre groupe. Le groupe, c'est deux personnes ou plus.

  2. 232

    وَمَنْ صَلَّى وَحْدَهُ أَوْ لَمْ يُدْرِكْ مَعَ الْإِمَامِ رَكْعَةً كَامِلَةً فَإِنَّ لَهُ أَنْ يُعِيدَهَا فِي جَمَاعَةٍ، أَوْ مَعَ وَاحِدٍ، مَأْمُومًا نَاوِيًا بِذَلِكَ التَّفْوِيضَ، إِنْ كَانَتْ تِلْكَ الصَّلَاةُ غَيْرَ الْمَغْرِبِ، وَكَذَا الْعِشَاءُ بَعْدَ وِتْرٍ صَحِيحٍ.

    Celui qui a prié seul, ou qui n'a pas rattrapé une rakʿa complète avec l'imam, peut refaire cette prière dans un groupe, ou avec une seule personne, en suivant un imam et en s'en remettant à Allah [pour savoir laquelle des deux Il agrée], à condition que ce ne soit pas la prière du coucher du soleil, ni celle de la nuit après un witr valable.

  3. 233

    وَمَنْ أُقِيمَتْ عَلَيْهِ تِلْكَ الصَّلَاةُ وَهُوَ فِي الْمَسْجِدِ فَإِنَّهُ لَا يَبْدَأُ بِتِلْكَ الصَّلَاةِ وَلَا غَيْرِهَا فَرْضًا أَوْ نَفْلًا.

    Celui [qui a déjà obtenu le mérite du groupe et] en présence de qui on annonce le début de cette même prière, alors qu'il est dans la mosquée, n'entreprend ni cette prière ni une autre, obligatoire ou surérogatoire.

Section : les conditions pour diriger la prièreفَصْلٌ

  1. 234

    شُرُوطُ الْإِمَامَةِ تِسْعَةٌ. الْأَوَّلُ: الطَّهَارَةُ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ مَنْ صَلَّى مُحْدِثًا مُتَعَمِّدًا. الثَّانِي: أَنْ لَا يَكُونَ مَأْمُومًا، فَمَنِ اقْتَدَى بِمَسْبُوقٍ أَوْ بِمَأْمُومٍ ظَنَّهُ إِمَامًا بَطَلَتْ صَلَاتُهُ.

    Les conditions pour diriger la prière sont neuf. La première : la pureté ; la direction de celui qui prie exprès sans ablutions n'est pas valable. La deuxième : ne pas suivre soi-même un imam ; celui qui prend pour imam un retardataire, ou une personne qui suit un imam et qu'il a prise pour l'imam, sa prière est nulle.

  2. 235

    الثَّالِثُ: الْإِسْلَامُ. الرَّابِعُ: الذُّكُورَةُ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ الْمَرْأَةِ مُطْلَقًا. الْخَامِسُ: الْبُلُوغُ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ غَيْرِ الْبَالِغِ فِي الْفَرْضِ إِلَّا لِمِثْلِهِ.

    La troisième : l'islam. La quatrième : être de sexe masculin ; la direction de la prière par une femme n'est valable en aucun cas. La cinquième : la puberté ; la direction d'une prière obligatoire par un impubère n'est valable que pour ses pareils.

  3. 236

    السَّادِسُ: الْعَقْلُ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ الْمَجْنُونِ وَلَا السَّكْرَانِ. السَّابِعُ: الْحُرِّيَّةُ، وَهِيَ شَرْطٌ فِي الْجُمُعَةِ. الثَّامِنُ: السَّلَامَةُ مِنَ الْفِسْقِ بِالْجَارِحَةِ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ الزَّانِي وَشَارِبِ الْخَمْرِ.

    La sixième : la raison ; la direction du fou ou de l'homme ivre n'est pas valable. La septième : la condition d'homme libre, qui est une condition pour la prière du vendredi. La huitième : être exempt de péché grave commis par les membres ; la direction du fornicateur ou du buveur de vin n'est pas valable.

  4. 237

    التَّاسِعُ: الْقُدْرَةُ عَلَى الْأَرْكَانِ، فَلَا تَصِحُّ إِمَامَةُ الْعَاجِزِ عَنِ الرُّكُوعِ مَثَلًا إِلَّا أَنْ يَكُونَ الْمَأْمُومُ أَيْضًا عَاجِزًا عَنْهُ. وَكَذَلِكَ الْعَاجِزُ عَنْ أَحْكَامِ الصَّلَاةِ فَلَا تَصِحُّ إِمَامَتُهُ إِلَّا لِمِثْلِهِ.

    La neuvième : pouvoir accomplir les piliers ; la direction de celui qui ne peut pas s'incliner, par exemple, n'est valable que si celui qui le suit en est lui aussi incapable. De même, celui qui ne maîtrise pas les règles de la prière ne peut valablement diriger que ses pareils.

  5. 238

    وَاخْتُلِفَ هَلْ تَصِحُّ إِمَامَةُ مَنْ لَمْ يُمَيِّزْ بَيْنَ الضَّادِ وَالظَّاءِ، وَإِمَامَةُ اللَّاحِنِ. وَتَصِحُّ الصَّلَاةُ خَلْفَ الْمُخَالِفِ فِي الْفُرُوعِ الظَّنِّيَّةِ، كَالْمَالِكِيِّ خَلْفَ الشَّافِعِيِّ.

    Il y a divergence sur la validité de la direction de celui qui ne distingue pas le ḍād du ẓāʾ, et de celui qui fait des fautes de langue. La prière est valable derrière celui dont l'avis diffère dans les questions secondaires fondées sur la présomption, comme celle du mālikite derrière le shāfiʿite.

Section : les conditions de validité de la prière de celui qui suit l'imamفَصْلٌ

  1. 239

    شُرُوطُ صِحَّةِ صَلَاةِ الْمَأْمُومِ خَمْسَةٌ. الْأَوَّلُ: الِاقْتِدَاءُ، وَهُوَ أَنْ يَنْوِيَ أَنَّهُ مَأْمُومٌ بِالْإِمَامِ وَأَنَّ صَلَاتَهُ تَابِعَةٌ لِصَلَاتِهِ، فَإِنْ تَابَعَهُ مِنْ غَيْرِ نِيَّةٍ بَطَلَتْ صَلَاتُهُ.

    Les conditions de validité de la prière de celui qui suit l'imam sont cinq. La première : l'intention de suivre, c'est-à-dire avoir l'intention d'être dirigé par l'imam et que sa prière dépende de la sienne ; s'il le suit sans cette intention, sa prière est nulle.

  2. 240

    الثَّانِي: أَنْ لَا يَأْتَمَّ مُفْتَرِضٌ بِمُتَنَفِّلٍ. الثَّالِثُ: أَنْ يَتَّحِدَ الْفَرْضَانِ فِي ظُهْرِيَّةٍ أَوْ غَيْرِهَا، فَلَا يُصَلِّي ظُهْرًا خَلْفَ عَصْرٍ وَلَا الْعَكْسُ.

    La deuxième : que celui qui accomplit une prière obligatoire ne suive pas quelqu'un qui accomplit une prière surérogatoire. La troisième : que les deux prières obligatoires soient la même, celle de midi ou une autre ; on ne prie pas la prière de midi derrière celui qui prie celle de l'après-midi, ni l'inverse.

  3. 241

    الرَّابِعُ: أَنْ يَتَّحِدَا فِي الْأَدَاءِ وَالْقَضَاءِ، فَلَا يُصَلِّي ظُهْرًا قَضَاءً خَلْفَ مَنْ يُصَلِّيهِ أَدَاءً وَلَا الْعَكْسُ.

    La quatrième : que les deux prières soient toutes deux accomplies dans leur temps, ou toutes deux rattrapées ; on ne rattrape pas une prière de midi derrière celui qui l'accomplit dans son temps, ni l'inverse.

  4. 242

    الْخَامِسُ: الْمُتَابَعَةُ فِي الْإِحْرَامِ وَالسَّلَامِ، فَلَوْ أَحْرَمَ أَوْ سَلَّمَ قَبْلَ الْإِمَامِ أَوْ سَاوَاهُ فِيهِمَا بَطَلَتْ صَلَاتُهُ. وَأَمَّا غَيْرُهُمَا فَالسَّبْقُ فِيهِ غَيْرُ مُبْطِلٍ لَكِنَّهُ حَرَامٌ، وَالْمُسَاوَاةُ فِيهِ مَكْرُوهَةٌ.

    La cinquième : suivre l'imam dans la formule d'entrée en prière et dans le salut final ; si on les prononce avant lui ou en même temps que lui, la prière est nulle. Pour les autres actes, devancer l'imam n'annule pas la prière mais c'est interdit, et les faire en même temps que lui est déconseillé.

Section : la place de l'imam et de ceux qui le suiventفَصْلٌ

  1. 243

    الْأَفْضَلُ أَنْ يَقِفَ الرَّجُلُ الْوَاحِدُ عَنْ يَمِينِ الْإِمَامِ، وَالِاثْنَانِ فَصَاعِدًا خَلْفَهُ. وَتَصِحُّ صَلَاةُ الْمَأْمُومِ إِذَا تَقَدَّمَ عَلَى الْإِمَامِ، لَكِنَّهُ يُكْرَهُ إِذَا كَانَ لِغَيْرِ ضَرُورَةٍ.

    Le mieux est que l'homme seul se place à la droite de l'imam, et que deux hommes ou plus se placent derrière lui. La prière de celui qui se tient en avant de l'imam est valable, mais c'est déconseillé sans nécessité.

  2. 244

    وَتَجُوزُ الصَّلَاةُ مُنْفَرِدًا خَلْفَ الصَّفِّ. وَيُكْرَهُ تَفْرِيقُ الصُّفُوفِ مِنْ غَيْرِ ضَرُورَةٍ.

    Il est permis de prier seul derrière le rang. Il est déconseillé de disperser les rangs sans nécessité.

  3. 245

    وَيَجُوزُ أَنْ يُصَلِّيَ الْمَأْمُومُ فِي مَكَانٍ أَعْلَى مِنْ مَكَانِ الْإِمَامِ، إِلَّا أَنْ يَقْصِدَ بِذَلِكَ الْكِبْرَ فَتَكُونُ صَلَاتُهُ بَاطِلَةً.

    Celui qui suit l'imam peut prier en un lieu plus élevé que celui de l'imam, sauf s'il le fait par orgueil : sa prière est alors nulle.

  4. 246

    وَلَا يَجُوزُ أَنْ يُصَلِّيَ الْإِمَامُ فِي مَكَانٍ أَرْفَعَ مِمَّا عَلَيْهِ أَصْحَابُهُ إِنْ كَانَ فِي غَيْرِ سَفِينَةٍ. فَإِنْ كَانَ يَسِيرًا كَالشِّبْرِ وَلَمْ يَقْصِدْ بِهِ الْكِبْرَ فَإِنَّ الصَّلَاةَ صَحِيحَةٌ، وَإِنْ كَانَ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ بَطَلَتْ عَلَيْهِ وَعَلَيْهِمْ.

    Il n'est pas permis à l'imam de prier en un lieu plus élevé que celui de ceux qui le suivent, hors d'un bateau. Si la différence est faible, comme un empan, et qu'il ne l'a pas fait par orgueil, la prière est valable ; si elle est plus grande, la prière est nulle pour lui et pour eux.

Section : la prière du vendredi (jumuʿa)فَصْلٌ

  1. 247

    الْجُمُعَةُ فَرْضُ عَيْنٍ، وَالسَّعْيُ إِلَيْهَا وَاجِبٌ عَلَى الْبَعِيدِ قَبْلَ النِّدَاءِ بِمِقْدَارِ مَا يُدْرِكُ، وَعَلَى الْقَرِيبِ بِزَوَالِ الشَّمْسِ، وَقِيلَ بِالْأَذَانِ.

    La prière du vendredi est une obligation personnelle (farḍ ʿayn). S'y rendre est obligatoire, pour celui qui habite loin, avant l'appel, assez tôt pour arriver à temps ; pour celui qui habite près, dès que le soleil quitte le zénith ou, selon un avis, dès l'appel.

  2. 248

    وَلِوُجُوبِهَا سَبْعَةُ شُرُوطٍ. الْأَوَّلُ: التَّكْلِيفُ، فَلَا تَجِبُ عَلَى صَبِيٍّ وَلَا مَجْنُونٍ وَنَحْوِهِمَا. الثَّانِي: الْحُرِّيَّةُ، فَلَا تَجِبُ عَلَى عَبْدٍ وَلَا مَنْ فِيهِ شَائِبَةُ حُرِّيَّةٍ، وَلَكِنْ يُسْتَحَبُّ لَهُ وَلِلصَّبِيِّ حُضُورُهَا.

    Elle devient obligatoire à sept conditions. La première : la responsabilité légale ; elle n'est due ni par l'enfant, ni par le fou, ni par ceux qui leur ressemblent. La deuxième : la condition d'homme libre ; elle n'est due ni par l'esclave ni par celui qui n'est que partiellement affranchi, mais il leur est recommandé, ainsi qu'à l'enfant, d'y assister.

  3. 249

    الثَّالِثُ: الذُّكُورِيَّةُ، فَلَا تَجِبُ عَلَى امْرَأَةٍ. الرَّابِعُ: الْإِقَامَةُ، فَلَا تَجِبُ عَلَى مُسَافِرٍ إِلَّا أَنْ يَنْوِيَ إِقَامَةَ أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ. الْخَامِسُ: الِاسْتِيطَانُ بِمَوْضِعٍ يُسْتَوْطَنُ.

    La troisième : être de sexe masculin ; elle n'est pas due par la femme. La quatrième : la résidence ; elle n'est pas due par le voyageur, sauf s'il a l'intention de séjourner quatre jours. La cinquième : être établi dans un lieu où l'on s'établit durablement.

  4. 250

    السَّادِسُ: الْقُرْبُ، بِحَيْثُ لَا يَكُونُ مِنْهَا فِي وَقْتِهَا عَلَى أَكْثَرَ مِنْ ثَلَاثَةِ أَمْيَالٍ، وَهُوَ الْقَدْرُ الَّذِي يَبْلُغُهُ الصَّوْتُ الرَّفِيعُ إِذَا كَانَتِ الرِّيَاحُ سَاكِنَةً وَالْأَصْوَاتُ هَادِئَةً وَالْمُؤَذِّنُ صَيِّتًا.

    La sixième : la proximité : ne pas se trouver, à l'heure de cette prière, à plus de trois milles du lieu où elle se tient ; c'est la distance que franchit une voix haute quand les vents sont calmes, les bruits apaisés et que celui qui fait l'appel a la voix forte.

  5. 251

    وَمَبْدَأُ الْأَمْيَالِ الثَّلَاثَةِ مِنَ الْمَنَارِ، وَقِيلَ مِنْ طَرَفِ الْبَلَدِ. وَالْمِيلُ عَلَى الْمَشْهُورِ، كَمَا سَيَأْتِي، أَلْفَا ذِرَاعٍ.

    Les trois milles se comptent à partir du minaret ou, selon un avis, de la limite de la localité. Le mille, selon l'avis réputé et comme on le verra, vaut deux mille coudées.

  6. 252

    وَالتَّحْدِيدُ بِالْمَسَافَةِ الْمَذْكُورَةِ إِنَّمَا هُوَ فِي حَقِّ الْخَارِجِ عَنْ بَلَدِ الْجُمُعَةِ، وَأَمَّا مَنْ هُوَ فِيهَا فَتَجِبُ عَلَيْهِ وَلَوْ كَانَ مِنَ الْمَسْجِدِ عَلَى سِتَّةِ أَمْيَالٍ.

    Cette distance ne concerne que celui qui habite hors de la localité où se tient la prière du vendredi. Celui qui y habite la doit, même s'il se trouve à six milles de la mosquée.

  7. 253

    السَّابِعُ: الصِّحَّةُ، فَلَا تَجِبُ عَلَى مَرِيضٍ، وَإِنْ صَحَّ قَبْلَ أَنْ تُقَامَ لَزِمَتْهُ.

    La septième : la santé ; elle n'est pas due par le malade ; s'il guérit avant qu'elle ne soit accomplie, elle lui incombe.

  8. 254

    وَلِأَدَائِهَا أَرْبَعَةُ شُرُوطٍ. الْأَوَّلُ: الْإِمَامُ الْمُقِيمُ، فَلَا تَصِحُّ أَفْذَاذًا وَلَا بِإِمَامٍ مُسَافِرٍ.

    Son accomplissement est soumis à quatre conditions. La première : un imam résident ; elle n'est valable ni accomplie chacun pour soi, ni derrière un imam voyageur.

  9. 255

    الثَّانِي: الْجَمَاعَةُ، وَهِيَ غَيْرُ مَحْدُودَةٍ بِعَدَدٍ مَخْصُوصٍ، وَلَكِنْ لَا تُجْزِئُ مِنْهَا الثَّلَاثَةُ وَلَا الْأَرْبَعَةُ وَمَا فِي مَعْنَى ذَلِكَ، بَلْ لَا بُدَّ أَنْ يَكُونُوا عَدَدًا تَتَقَرَّى بِهِمْ قَرْيَةٌ، مُسْتَغْنِينَ عَنْ غَيْرِهِمْ، آمِنِينَ عَلَى أَنْفُسِهِمْ.

    La deuxième : le groupe. Il n'est pas fixé à un nombre précis, mais trois ou quatre personnes, ou un nombre de cet ordre, ne suffisent pas : il faut un nombre de gens capable de former un village, qui se suffisent à eux-mêmes et vivent en sécurité.

  10. 256

    وَهَذَا الْعَدَدُ شَرْطٌ فِي الِابْتِدَاءِ لَا فِي الدَّوَامِ، فَإِنِ انْفَضُّوا مِنْ خَلْفِ الْإِمَامِ وَبَقِيَ مِنْهُمُ اثْنَا عَشَرَ لِسَلَامِهِ صَحَّتْ، وَإِلَّا فَلَا.

    Ce nombre est une condition au début, non jusqu'à la fin : si les fidèles se dispersent de derrière l'imam et qu'il en reste douze jusqu'à son salut final, la prière est valable ; sinon, elle ne l'est pas.

  11. 257

    الثَّالِثُ: الْجَامِعُ، فَلَا تَصِحُّ فِي غَيْرِهِ، وَلَا عَلَى سَطْحِهِ، وَلَا فِي بَيْتِ قَنَادِيلِهِ. وَفِي مَعْنَى الْجَامِعِ فِي حَقِّ غَيْرِهِ رِحَابُهُ وَالطُّرُقُ الْمُتَّصِلَةُ بِهِ إِذَا اتَّصَلَتِ الصُّفُوفُ وَضَاقَ الْمَسْجِدُ.

    La troisième : la grande mosquée (jāmiʿ). Elle n'est valable ni ailleurs, ni sur son toit, ni dans la pièce où l'on range ses lampes. Sont assimilées à la grande mosquée, pour ceux qui suivent l'imam, ses cours et les rues qui y touchent, quand les rangs se rejoignent et que la mosquée est trop étroite.

    Le texte porte « pour un autre que lui » ; un commentaire l'explique : pour un autre que l'imam.

  12. 258

    الرَّابِعُ: الْخُطْبَةُ قَبْلَ الصَّلَاةِ، وَلَا تَصِحُّ الْخُطْبَةُ إِلَّا بِحُضُورِ الْجَمَاعَةِ الَّتِي تَنْعَقِدُ بِهِمُ الْجُمُعَةُ.

    La quatrième : le sermon avant la prière. Le sermon n'est valable qu'en présence du groupe par lequel la prière du vendredi se tient.

  13. 259

    وَيُسْتَحَبُّ الزِّينَةُ بِأَحْسَنِ الثِّيَابِ، وَقَصُّ الشَّارِبِ، وَتَقْلِيمُ الْأَظَافِرِ، وَالسِّوَاكُ، وَمَسُّ الطِّيبِ، وَنَحْوُ ذَلِكَ.

    Il est recommandé de se parer de ses plus beaux vêtements, de se tailler la moustache, de se couper les ongles, de se frotter les dents, de se parfumer, et autres choses semblables.

  14. 260

    وَيَسْقُطُ فَرْضُ الْجُمُعَةِ بِمَرَضٍ يَتَعَذَّرُ مَعَهُ الْإِتْيَانُ أَوْ لَا يَقْدِرُ إِلَّا بِمَشَقَّةٍ شَدِيدَةٍ، وَبِتَمْرِيضِ قَرِيبٍ، وَبِخَوْفِ ظَالِمٍ يُؤْذِيهِ فِي مَالِهِ أَوْ نَفْسِهِ، أَوْ خَوْفِ نَارٍ أَوْ سَارِقٍ، أَوْ حَبْسِ الْغُرَمَاءِ لَهُ وَهُوَ مُعْسِرٌ، وَبِالْوَحَلِ الْكَثِيرِ، وَالْمَطَرِ الشَّدِيدِ، وَأَكْلِ الثُّومِ، وَالْعُرْيِ.

    L'obligation de la prière du vendredi tombe en cas de maladie qui empêche de s'y rendre ou ne le permet qu'au prix d'une grande peine ; quand on soigne un proche ; quand on craint un oppresseur qui nuirait à ses biens ou à sa personne ; quand on craint un incendie ou un voleur, ou d'être emprisonné par ses créanciers alors qu'on est insolvable ; en cas de boue abondante ou de forte pluie ; quand on a mangé de l'ail ; et quand on n'a pas de quoi se vêtir.

Section : la prière du voyageurفَصْلٌ

  1. 261

    صَلَاةُ السَّفَرِ سُنَّةٌ، وَلَهَا سَبَبٌ وَشَرَائِطُ وَمَحَلٌّ. فَأَمَّا سَبَبُهَا فَكُلُّ سَفَرٍ طَوِيلٍ، وَهُوَ أَرْبَعَةُ بُرُدٍ. وَالْبَرِيدُ أَرْبَعَةُ فَرَاسِخَ، وَالْفَرْسَخُ ثَلَاثَةُ أَمْيَالٍ، وَالْمِيلُ أَلْفَا ذِرَاعٍ، فَهِيَ سِتَّةَ عَشَرَ فَرْسَخًا، فَهِيَ ثَمَانِيَةٌ وَأَرْبَعُونَ مِيلًا.

    La prière raccourcie du voyage est une sunna. Elle a une cause, des conditions et un objet. Sa cause est tout long voyage, c'est-à-dire de quatre barīd. Le barīd vaut quatre parasanges (farsakh), la parasange trois milles et le mille deux mille coudées : cela fait seize parasanges, soit quarante-huit milles.

  2. 262

    وَأَمَّا شَرَائِطُهَا فَأَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: أَنْ يَكُونَ السَّفَرُ وَجْهًا وَاحِدًا ذَهَابًا فَقَطْ، فَلَا يُحْسَبُ مَعَ ذَلِكَ الرُّجُوعُ، بَلْ يُعْتَبَرُ الرُّجُوعُ وَحْدَهُ. الثَّانِي: الْعَزْمُ عَلَى قَطْعِ الْمَسَافَةِ الْمُتَقَدِّمَةِ مِنْ أَوَّلِهِ مِنْ غَيْرِ تَرَدُّدٍ دَفْعَةً وَاحِدَةً.

    Ses conditions sont quatre. La première : que cette distance soit celle du seul trajet aller ; on n'y ajoute pas le retour, qui se compte à part. La deuxième : être résolu dès le départ à parcourir cette distance, sans hésitation et d'une seule traite.

  3. 263

    الثَّالِثُ: الشُّرُوعُ فِيهِ. فَالْحَضَرِيُّ يَقْصُرُ إِذَا عَدَّى الْبَسَاتِينَ الْمَنْسُوبَةَ إِلَى تِلْكَ الْبَلَدِ الْمَعْمُورَةِ بِعِمَارَتِهَا، وَالْعَمُودِيُّ، وَهُوَ سَاكِنُ الْبَادِيَةِ، يَقْصُرُ إِذَا جَاوَزَ مَحَلَّتَهُ، وَهِيَ الْبُيُوتُ الَّتِي يَنْصِبُهَا لِيَأْوِيَ إِلَيْهَا،

    La troisième : avoir commencé le voyage. Le citadin raccourcit la prière quand il a dépassé les jardins rattachés à sa localité et habités comme elle ; le nomade, c'est-à-dire l'habitant du désert, quand il a dépassé son campement, c'est-à-dire les tentes qu'il dresse pour s'y abriter ;

  4. 264

    وَسَاكِنُ الْجَبَلِ أَوْ قَرْيَةٍ لَا بِنَاءَ فِيهَا وَلَا بَسَاتِينَ يَقْصُرُ إِذَا انْفَصَلَ عَنْ مَنْزِلِهِ. وَمُنْتَهَى الْقَصْرِ فِي الدُّخُولِ هُوَ مَبْدَأُ الْقَصْرِ فِي الْخُرُوجِ.

    [suite] l'habitant de la montagne, ou d'un village sans constructions ni jardins, quand il s'est éloigné de sa demeure. L'endroit où l'on cesse de raccourcir en revenant est celui où l'on commence à raccourcir en partant.

  5. 265

    الرَّابِعُ: إِبَاحَةُ السَّفَرِ، فَالْمُسَافِرُ لِلَّهْوِ كَالصَّيْدِ مِنْ غَيْرِ حَاجَةٍ، وَالْعَاصِي بِسَفَرِهِ كَالْآبِقِ وَالْعَاقِّ، لَا يَقْصُرُونَ.

    La quatrième : que le voyage soit permis. Celui qui voyage pour se divertir, par exemple pour chasser sans besoin, et celui dont le voyage même est une désobéissance, comme l'esclave en fuite et l'enfant qui manque à ses devoirs envers ses parents, ne raccourcissent pas.

  6. 266

    وَأَمَّا مَحَلُّهُ فَكُلُّ صَلَاةٍ رُبَاعِيَّةٍ أَدْرَكَ وَقْتَهَا فِي السَّفَرِ، فَلَا يَقْصُرُ الصُّبْحَ وَلَا الْمَغْرِبَ. وَيَقْصُرُ فَائِتَةَ السَّفَرِ سَوَاءٌ قَضَاهَا فِي السَّفَرِ أَوْ فِي الْحَضَرِ، كَمَا يُتِمُّ الْحَضَرِيَّةَ الَّتِي تَرَتَّبَتْ فِي ذِمَّتِهِ فِي الْحَضَرِ وَالسَّفَرِ.

    Son objet est toute prière de quatre rakʿa dont le temps est arrivé pendant le voyage ; on ne raccourcit ni la prière de l'aube ni celle du coucher du soleil. On raccourcit la prière manquée en voyage, qu'on la rattrape en voyage ou à demeure, de même qu'on accomplit en entier la prière due à demeure, qu'on la rattrape à demeure ou en voyage.

  7. 267

    وَيَقْطَعُ الْقَصْرَ نِيَّةُ إِقَامَةِ أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ صِحَاحٍ بِمَوْضِعٍ.

    L'intention de séjourner quatre jours entiers en un lieu met fin au raccourcissement.

  8. 268

    فَائِدَةٌ: اقْتِدَاءُ الْمُسَافِرِ بِالْمُقِيمِ وَبِالْعَكْسِ صَحِيحٌ، لَكِنَّهُ يُكْرَهُ، وَتَتَأَكَّدُ الْكَرَاهَةُ فِي اقْتِدَاءِ الْمُسَافِرِ بِالْمُقِيمِ. فَإِنِ اقْتَدَى بِهِ لَزِمَهُ اتِّبَاعُهُ وَلَا إِعَادَةَ عَلَيْهِ.

    À savoir : que le voyageur prie derrière le résident, ou l'inverse, est valable mais déconseillé, et cela l'est davantage quand le voyageur suit le résident. S'il le suit, il doit faire comme lui, et il n'a pas à refaire sa prière.

  9. 269

    وَإِنِ اقْتَدَى الْمُقِيمُ بِهِ فَكُلٌّ عَلَى سُنَّتِهِ: فَيُصَلِّي الْمُسَافِرُ فَرْضَهُ، فَإِذَا سَلَّمَ مِنْ رَكْعَتَيْنِ أَتَى الْمُقِيمُ بِمَا بَقِيَ مِنْ صَلَاتِهِ.

    Si le résident suit le voyageur, chacun s'en tient à sa règle : le voyageur accomplit ce qu'il doit et, quand il salue après deux rakʿa, le résident accomplit ce qui reste de sa prière.

Section : la réunion de deux prièresفَصْلٌ

  1. 270

    وَصِفَةُ الْجَمْعِ بَيْنَ الصَّلَاتَيْنِ الْمُشْتَرِكَتَيْنِ فِي الْوَقْتِ رُخْصَةٌ إِذَا كَانَ فِي الْبَرِّ دُونَ الْبَحْرِ.

    Réunir les deux prières qui partagent un même temps est une facilité (rukhṣa) accordée [au voyageur] sur terre, non en mer.

  2. 271

    فَإِذَا زَالَتِ الشَّمْسُ عَلَى الْمُسَافِرِ وَهُوَ فِي الْمَنْهَلِ، أَوْ وَهُوَ رَاكِبٌ وَنَوَى النُّزُولَ بَعْدَ الْغُرُوبِ، جَمَعَ بَيْنَ الصَّلَاتَيْنِ جَمْعًا صُورِيًّا: يُوقِعُ الظُّهْرَ فِي آخِرِ وَقْتِهَا وَالْعَصْرَ فِي أَوَّلِ وَقْتِهَا. وَكَذَا إِذَا نَوَى النُّزُولَ بَعْدَ الِاصْفِرَارِ وَقَبْلَ الْغُرُوبِ.

    Quand le soleil quitte le zénith alors que le voyageur est à l'étape, ou qu'il est en selle et compte faire halte après le coucher du soleil, il réunit les deux prières d'une réunion apparente : il accomplit celle de midi à la fin de son temps et celle de l'après-midi au début du sien. Il fait de même s'il compte faire halte après le jaunissement du soleil et avant son coucher.

  3. 272

    وَيَجْمَعُ بَيْنَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ لِلْمَطَرِ وَحْدَهُ، أَوْ مَعَ الظُّلْمَةِ وَالطِّينِ، لَا مَعَ الظُّلْمَةِ وَحْدَهَا. وَفِي جَمْعِهِ لِلطِّينِ وَحْدَهُ قَوْلَانِ مَشْهُورَانِ.

    On réunit la prière du coucher du soleil et celle de la nuit pour la pluie seule, ou pour l'obscurité jointe à la boue, non pour l'obscurité seule. Sur la réunion pour la boue seule, il y a deux avis réputés.

  4. 273

    وَصِفَةُ الْجَمْعِ لِذَلِكَ أَنْ يُؤَذَّنَ لِلْمَغْرِبِ عَلَى الْمَنَارِ أَوَّلَ وَقْتِهَا، وَيُؤَخَّرَ صَلَاتُهَا قَلِيلًا، ثُمَّ يُؤَذَّنَ لِلْعِشَاءِ فِي صَحْنِ الْمَسْجِدِ أَذَانًا مُنْخَفِضًا، ثُمَّ يُصَلُّونَهَا قَبْلَ مَغِيبِ الشَّفَقِ ثُمَّ يَنْصَرِفُونَ، وَلَا يُصَلُّونَ الْوِتْرَ إِلَّا بَعْدَ مَغِيبِ الشَّفَقِ.

    Voici comment on procède dans ce cas : on fait l'appel à la prière du coucher du soleil au minaret, au début de son temps, et l'on retarde un peu cette prière ; puis on fait l'appel à la prière de la nuit dans la cour de la mosquée, à voix basse ; on l'accomplit avant la disparition de la lueur du crépuscule, puis on se retire. On n'accomplit le witr qu'après la disparition de cette lueur.

Section : les sunnas appuyéesفَصْلٌ

  1. 274

    السُّنَنُ الْمُؤَكَّدَةُ مِنَ الصَّلَوَاتِ أَرْبَعَةٌ. الْأُولَى، وَهِيَ أَوْكَدُهَا: الْوِتْرُ، وَهِيَ رَكْعَةٌ وَاحِدَةٌ، وَيَدْخُلُ وَقْتُهَا الِاخْتِيَارِيُّ بِالْفَرَاغِ مِنْ صَلَاةِ الْعِشَاءِ الْأَخِيرَةِ، وَيَكُونُ مَسْبُوقًا بِشَفْعٍ مُنْفَصِلٍ عَنْهَا بِسَلَامٍ.

    Les prières qui sont des sunnas appuyées sont quatre. La première, la plus appuyée : le witr. C'est une seule rakʿa, dont le temps de choix commence dès qu'on a terminé la prière de la nuit ; elle est précédée d'une paire de rakʿa (shafʿ), dont un salut la sépare.

  2. 275

    وَيُسْتَحَبُّ أَنْ يَقْرَأَ فِي الرَّكْعَةِ الْأُولَى مِنَ الشَّفْعِ بَعْدَ الْفَاتِحَةِ بِسَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الْأَعْلَى، وَفِي الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ بَعْدَ الْفَاتِحَةِ بِقُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ، وَفِي رَكْعَةِ الْوِتْرِ بِقُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ وَالْمُعَوِّذَتَيْنِ.

    Il est recommandé de réciter, après la Fātiḥa, dans la première rakʿa du shafʿ, la sourate al-Aʿlā [87] ; dans la seconde, la sourate al-Kāfirūn [109] ; et dans la rakʿa du witr, la sourate al-Ikhlāṣ [112] et les deux sourates protectrices [113 et 114].

  3. 276

    وَمَنْ نَسِيَ الْوِتْرَ أَوْ نَامَ عَنْهُ ثُمَّ اسْتَيْقَظَ وَقَدْ بَقِيَ لِطُلُوعِ الشَّمْسِ مِقْدَارُ رَكْعَةٍ أَوْ رَكْعَتَيْنِ فَإِنَّهُ يَتْرُكُ الْوِتْرَ وَيُصَلِّي الصُّبْحَ. وَإِنِ اتَّسَعَ الْوَقْتُ لِثَلَاثِ رَكَعَاتٍ أَوْ أَرْبَعٍ فَإِنَّهُ يُصَلِّي الْوِتْرَ ثُمَّ الصُّبْحَ.

    Celui qui a oublié le witr, ou s'est endormi sans l'accomplir, puis se réveille alors qu'il ne reste avant le lever du soleil que le temps d'une ou deux rakʿa, laisse le witr et accomplit la prière de l'aube. S'il reste le temps de trois ou quatre rakʿa, il accomplit le witr puis la prière de l'aube.

  4. 277

    وَإِنِ اتَّسَعَ لِخَمْسِ رَكَعَاتٍ صَلَّى الشَّفْعَ وَالْوِتْرَ وَالصُّبْحَ وَتَرَكَ الْفَجْرَ. وَإِنِ اتَّسَعَ لِسَبْعِ رَكَعَاتٍ صَلَّى الشَّفْعَ وَالْوِتْرَ وَالْفَجْرَ وَالصُّبْحَ.

    S'il reste le temps de cinq rakʿa, il accomplit le shafʿ, le witr et la prière de l'aube, et laisse les deux rakʿa du fajr. S'il reste le temps de sept rakʿa, il accomplit le shafʿ, le witr, les deux rakʿa du fajr et la prière de l'aube.

  5. 278

    الثَّانِيَةُ: صَلَاةُ الْعِيدَيْنِ، وَهِيَ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ فِي حَقِّ مَنْ تَلْزَمُهُ الْجُمُعَةُ، مُسْتَحَبَّةٌ فِي حَقِّ الْعَبْدِ وَالْمُسَافِرِ وَالْمَرْأَةِ.

    La deuxième : la prière des deux fêtes. Elle est une sunna appuyée pour celui à qui incombe la prière du vendredi, et recommandée pour l'esclave, le voyageur et la femme.

  6. 279

    وَصِفَتُهَا رَكْعَتَانِ بِغَيْرِ أَذَانٍ وَلَا إِقَامَةٍ، يُكَبِّرُ فِي الْأُولَى بَعْدَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ سِتَّ تَكْبِيرَاتٍ، وَفِي الثَّانِيَةِ خَمْسَ تَكْبِيرَاتٍ بَعْدَ تَكْبِيرَةِ الْقِيَامِ.

    Elle consiste en deux rakʿa, sans appel ni annonce du début de la prière. Dans la première, on dit six fois « Allāhu akbar » après la formule d'entrée en prière ; dans la seconde, cinq fois après celui que l'on dit en se relevant.

  7. 280

    وَلَا يُسْتَحَبُّ رَفْعُ الْيَدَيْنِ فِي شَيْءٍ مِنَ التَّكْبِيرِ سِوَى تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ. وَإِنْ نَسِيَ التَّكْبِيرَ رَجَعَ إِلَيْهِ مَا لَمْ يَضَعْ يَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ، وَسَجَدَ بَعْدَ السَّلَامِ.

    Il n'est pas recommandé de lever les mains pour aucun de ces takbīr, sauf celui de l'entrée en prière. Si l'on oublie ces takbīr, on y revient tant qu'on n'a pas posé les mains sur les genoux, et l'on se prosterne après le salut final.

  8. 281

    وَيُسْتَحَبُّ الْجَهْرُ بِالتَّكْبِيرِ، وَالتَّطَيُّبُ وَالتَّزَيُّنُ بِالثِّيَابِ الْجَدِيدَةِ لِمَنْ يَقْدِرُ عَلَيْهَا، وَالرُّجُوعُ مِنْ طَرِيقٍ غَيْرِ الَّتِي جَاءَ مِنْهَا، وَالْفِطْرُ قَبْلَ الرَّوَاحِ إِلَى الْمُصَلَّى فِي عِيدِ الْفِطْرِ، وَتَأْخِيرُهُ فِي عِيدِ النَّحْرِ،

    Il est recommandé de dire les takbīr à voix haute ; de se parfumer et de se parer de vêtements neufs si l'on en a les moyens ; de revenir par un autre chemin que celui de l'aller ; de manger avant de se rendre au lieu de prière le jour de la fête de la rupture du jeûne, et de retarder le repas le jour de la fête du sacrifice ;

  9. 282

    وَالتَّكْبِيرُ فِيهِ عَقِبَ خَمْسَ عَشْرَةَ فَرِيضَةً، أَوَّلُهَا ظُهْرُ يَوْمِ النَّحْرِ وَآخِرُهَا صُبْحُ الْيَوْمِ الرَّابِعِ مِنْهُ. وَصِفَةُ التَّكْبِيرِ: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَاللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، وَلِلَّهِ الْحَمْدُ.

    [suite] et, pour cette dernière, de dire le takbīr à la suite de quinze prières obligatoires, de la prière de midi du jour du sacrifice à celle de l'aube du quatrième jour. Sa formule : « Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Il n'y a de divinité qu'Allah. Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, et à Allah la louange. »

  10. 283

    الثَّالِثَةُ: صَلَاةُ كُسُوفِ الشَّمْسِ، وَهِيَ سُنَّةٌ فِي حَقِّ كُلِّ مُكَلَّفٍ ذَكَرًا أَوْ أُنْثَى. وَيُسْتَحَبُّ إِيقَاعُهَا فِي الْمَسْجِدِ وَالْجَمْعُ لَهَا. وَوَقْتُهَا مِنْ حِلِّ النَّافِلَةِ لِلزَّوَالِ.

    La troisième : la prière de l'éclipse de soleil. Elle est une sunna pour toute personne légalement responsable, homme ou femme. Il est recommandé de l'accomplir à la mosquée et en groupe. Son temps va du moment où la prière surérogatoire devient permise jusqu'à ce que le soleil quitte le zénith.

  11. 284

    وَصِفَتُهَا رَكْعَتَانِ فِي كُلِّ رَكْعَةٍ رُكُوعَانِ، بِغَيْرِ أَذَانٍ وَلَا إِقَامَةٍ. وَيَقْرَأُ فِي الْقِيَامِ الْأَوَّلِ مِنَ الرَّكْعَةِ الْأُولَى بَعْدَ الْفَاتِحَةِ الْبَقَرَةَ، وَفِي الْقِيَامِ الثَّانِي مِنْهَا بَعْدَ الْفَاتِحَةِ آلَ عِمْرَانَ، وَفِي الْقِيَامِ الْأَوَّلِ مِنَ الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ بَعْدَ الْفَاتِحَةِ النِّسَاءَ، وَفِي الْقِيَامِ الثَّانِي بَعْدَ الْفَاتِحَةِ الْمَائِدَةَ.

    Elle consiste en deux rakʿa comportant chacune deux inclinaisons, sans appel ni annonce du début de la prière. On récite, après la Fātiḥa, dans la première station debout de la première rakʿa, la sourate al-Baqara ; dans la seconde, Āl ʿImrān ; dans la première station debout de la seconde rakʿa, an-Nisāʾ ; et dans la seconde, al-Māʾida.

  12. 285

    وَصَلَاةُ خُسُوفِ الْقَمَرِ سُنَّةٌ، وَصِفَتُهَا كَسَائِرِ النَّوَافِلِ رَكْعَتَانِ بِرُكُوعٍ وَاحِدٍ وَقِيَامٍ وَاحِدٍ، وَالْقِرَاءَةُ فِيهِمَا جَهْرًا، وَلَا يُجْمَعُ لَهَا.

    La prière de l'éclipse de lune est une sunna. Elle se fait comme les autres prières surérogatoires : deux rakʿa, avec une seule inclinaison et une seule station debout chacune ; on y récite à voix haute et l'on ne se réunit pas pour elle.

  13. 286

    الرَّابِعَةُ: صَلَاةُ الِاسْتِسْقَاءِ، وَتَكُونُ لِأَجْلِ إِصْلَاحِ الزَّرْعِ أَوْ لِشُرْبِ حَيَوَانٍ آدَمِيٍّ أَوْ غَيْرِهِ. وَصِفَتُهَا كَسَائِرِ النَّوَافِلِ رَكْعَتَانِ يَجْهَرُ فِيهِمَا بِالْقِرَاءَةِ.

    La quatrième : la prière pour demander la pluie. On la fait pour le bien des cultures ou pour abreuver les êtres vivants, humains ou autres. Elle se fait comme les autres prières surérogatoires : deux rakʿa où l'on récite à voix haute.

Section : les deux rakʿa du fajrفَصْلٌ

  1. 287

    رَكْعَتَا الْفَجْرِ رَغِيبَةٌ تَفْتَقِرُ إِلَى نِيَّةٍ تَخُصُّهَا. وَوَقْتُهَا بَعْدَ طُلُوعِ الْفَجْرِ.

    Les deux rakʿa du fajr sont une prière vivement recommandée (raghība), qui demande une intention propre. Leur temps vient après l'apparition de l'aube.

  2. 288

    وَمَنْ دَخَلَ الْمَسْجِدَ فَوَجَدَ الْإِمَامَ يُصَلِّي الصُّبْحَ تَرَكَهُمَا وَدَخَلَ مَعَهُ. وَإِنْ أُقِيمَتْ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَهُوَ خَارِجَ الْمَسْجِدِ فَإِنَّهُ يَرْكَعُهُمَا مَا لَمْ يَخَفْ فَوَاتَ رَكْعَةٍ، فَإِنْ خَافَ ذَلِكَ دَخَلَ مَعَ الْإِمَامِ.

    Celui qui entre dans la mosquée et trouve l'imam en train d'accomplir la prière de l'aube les laisse et se joint à lui. Si l'on annonce le début de la prière alors qu'il est hors de la mosquée, il les accomplit tant qu'il ne craint pas de manquer une rakʿa ; s'il le craint, il se joint à l'imam.

  3. 289

    وَيُسْتَحَبُّ أَنْ يَقْرَأَ فِيهِمَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ فَقَطْ.

    Il est recommandé de n'y réciter que la Mère du Coran.

Section : les prières recommandées et la prosternation de la récitationفَصْلٌ

  1. 290

    صَلَاةُ الضُّحَى مُسْتَحَبَّةٌ، وَأَكْثَرُهَا ثَمَانِ رَكَعَاتٍ. وَتَحِيَّةُ الْمَسْجِدِ، وَهِيَ رَكْعَتَانِ قَبْلَ أَنْ يَجْلِسَ، وَلَا تَفُوتُ بِالْجُلُوسِ. وَقِيَامُ رَمَضَانَ، وَهُوَ ثَلَاثٌ وَعِشْرُونَ رَكْعَةً بِالشَّفْعِ وَالْوِتْرِ.

    La prière de la matinée (ḍuḥā) est recommandée ; elle compte au plus huit rakʿa. [Sont recommandées aussi] la salutation de la mosquée, deux rakʿa avant de s'asseoir, que le fait de s'asseoir ne fait pas perdre ; la prière nocturne de ramaḍān, qui est de vingt-trois rakʿa avec le shafʿ et le witr ;

  2. 291

    وَالصَّلَاةُ قَبْلَ الظُّهْرِ وَبَعْدَهُ، وَقَبْلَ الْعَصْرِ، وَبَعْدَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ، وَلَيْسَ فِي ذَلِكَ تَحْدِيدٌ، بَلْ يُصَلِّي مَا تَيَسَّرَ لَهُ.

    [suite] la prière avant et après celle de midi, avant celle de l'après-midi, après celle du coucher du soleil et celle de la nuit ; aucun nombre n'est fixé pour cela : on prie ce qui est facile.

  3. 292

    وَسَجْدَةُ التِّلَاوَةِ لِلْقَارِئِ وَقَاصِدِ الِاسْتِمَاعِ، إِنْ كَانَ الْقَارِئُ صَالِحًا لِلْإِمَامَةِ، بِأَنْ كَانَ ذَكَرًا بَالِغًا مُتَوَضِّئًا غَيْرَ قَاصِدٍ إِسْمَاعَ النَّاسِ حُسْنَ قِرَاءَتِهِ.

    [Est recommandée enfin] la prosternation de la récitation, pour celui qui récite et pour celui qui écoute à dessein, si celui qui récite est apte à diriger la prière : de sexe masculin, pubère, en état d'ablutions, et ne cherchant pas à faire entendre aux gens la beauté de sa récitation.

  4. 293

    وَعِدَّةُ السَّجَدَاتِ الَّتِي يُسْجَدُ لَهَا إِحْدَى عَشْرَةَ سَجْدَةً، وَهِيَ مَا عَدَا الَّتِي فِي النَّجْمِ وَالِانْشِقَاقِ وَالْقَلَمِ وَثَانِيَةِ الْحَجِّ.

    Les prosternations pour lesquelles on se prosterne sont au nombre de onze : toutes, sauf celles des sourates an-Najm, al-Inshiqāq et al-Qalam, et la seconde de la sourate al-Ḥajj.

    « Al-Qalam » désigne vraisemblablement ici la sourate al-ʿAlaq 96, qui s'ouvre par « Lis » et mentionne le calame : Ibn Rushd, dans al-Muqaddimāt, nomme ces mêmes prosternations en citant le verset « Lis, au nom de ton Seigneur ». Ce rapprochement est celui du site, non d'un commentaire.

Section : la prière funéraireفَصْلٌ

  1. 294

    صَلَاةُ الْجَنَازَةِ فَرْضُ كِفَايَةٍ، وَقِيلَ سُنَّةٌ. وَيُسْتَحَبُّ رَفْعُ الْيَدَيْنِ فِي التَّكْبِيرَةِ الْأُولَى فَقَطْ، وَالِابْتِدَاءُ بِالْحَمْدُ لِلَّهِ.

    La prière funéraire est une obligation collective (farḍ kifāya) ; un avis dit qu'elle est une sunna. Il est recommandé de ne lever les mains qu'au premier takbīr, et de commencer par la louange d'Allah.

  2. 295

    وَأَرْكَانُهَا خَمْسَةٌ. الْأَوَّلُ: النِّيَّةُ. الثَّانِي: الْقِيَامُ. الثَّالِثُ: التَّكْبِيرُ، وَهُوَ أَرْبَعُ تَكْبِيرَاتٍ، وَإِذَا زَادَ الْإِمَامُ خَامِسَةً لَمْ تَبْطُلْ صَلَاتُهُ، وَلَا يَتَّبِعُهُ مَنْ خَلْفَهُ، وَيُسَلِّمُونَ وَلَا يَنْتَظِرُونَهُ.

    Ses piliers sont cinq. Le premier : l'intention. Le deuxième : la station debout. Le troisième : les takbīr, au nombre de quatre ; si l'imam en ajoute un cinquième, sa prière n'est pas nulle, mais ceux qui sont derrière lui ne le suivent pas : ils saluent sans l'attendre.

  3. 296

    الرَّابِعُ: الدُّعَاءُ لِلْمَيِّتِ بِإِثْرِ كُلِّ تَكْبِيرَةٍ بِأَيِّ دُعَاءٍ تَيَسَّرَ، وَلَا يُسْتَحَبُّ دُعَاءٌ مَخْصُوصٌ.

    Le quatrième : l'invocation pour le défunt à la suite de chaque takbīr, par n'importe quelle invocation facile ; aucune invocation particulière n'est recommandée.

  4. 297

    الْخَامِسُ: السَّلَامُ، وَيُسَلِّمُ الْإِمَامُ وَاحِدَةً عَنْ يَمِينِهِ يُسْمِعُ نَفْسَهُ وَمَنْ يَلِيهِ، وَيُسَلِّمُ الْمَأْمُومُ وَاحِدَةً يُسْمِعُ نَفْسَهُ فَقَطْ، وَلَا يَرُدُّ عَلَى الْإِمَامِ.

    Le cinquième : le salut. L'imam salue une fois, vers sa droite, de façon à s'entendre et à être entendu de ses voisins ; celui qui le suit salue une fois, de façon à s'entendre seulement, et ne répond pas à l'imam.

Chapitre troisième : la zakātالْبَابُ الثَّالِثُ فِي الزَّكَاةِ

  1. 298

    وَهِيَ عِبَارَةٌ عَنْ مَالٍ مَخْصُوصٍ، يُؤْخَذُ مِنْ مَالٍ مَخْصُوصٍ، إِذَا بَلَغَ قَدْرًا مَخْصُوصًا، فِي زَمَنٍ مَخْصُوصٍ، يُصْرَفُ فِي جِهَاتٍ مَخْصُوصَةٍ.

    La zakāt est un bien déterminé, prélevé sur un bien déterminé quand il atteint une quantité déterminée, à un moment déterminé, et versé à des destinataires déterminés.

  2. 299

    تَجِبُ عَلَى الْحُرِّ الْمُسْلِمِ، ذَكَرًا كَانَ أَوْ أُنْثَى، صَغِيرًا أَوْ كَبِيرًا، عَاقِلًا أَوْ غَيْرَهُ.

    Elle est due par le musulman libre, homme ou femme, enfant ou adulte, sain d'esprit ou non.

  3. 300

    فَنِصَابُ الذَّهَبِ عِشْرُونَ دِينَارًا، وَنِصَابُ الْوَرِقِ مِائَتَا دِرْهَمٍ، وَالْوَاجِبُ فِي ذَلِكَ رُبُعُ الْعُشْرِ إِذَا بَلَغَ حَوْلًا كَامِلًا وَكَانَ مِلْكًا كَامِلًا.

    Le seuil d'imposition (niṣāb) de l'or est de vingt dinars, celui de l'argent de deux cents dirhams. On en doit le quart du dixième quand le bien a atteint une année entière et qu'il est possédé en pleine propriété.

Section : la zakāt du bétailفَصْلٌ فِي زَكَاةِ النَّعَمِ

  1. 301

    وَهِيَ الْإِبِلُ وَالْبَقَرُ وَالْغَنَمُ، مَعْلُوفَةً أَوْ سَائِمَةً، عَامِلَةً أَوْ مُهْمَلَةً. وَلَا تَجِبُ عَلَى غَيْرِهَا مِنَ الْخَيْلِ وَالْبِغَالِ وَالْحَمِيرِ وَالرَّقِيقِ، وَلَا فِي الْمُتَوَلِّدِ مِنَ الظِّبَاءِ وَالْغَنَمِ.

    Le bétail, ce sont les chameaux, les bovins et les ovins et caprins, qu'ils soient nourris à l'étable ou au pâturage, employés au travail ou non. Elle n'est pas due sur d'autres animaux, chevaux, mulets et ânes, ni sur les esclaves, ni sur l'animal né d'une gazelle et d'une brebis.

  2. 302

    وَشُرُوطُ وُجُوبِهَا: أَنْ تَكُونَ نِصَابًا كَامِلًا، مِلْكًا كَامِلًا، حَوْلًا كَامِلًا، مَعَ مَجِيءِ السَّاعِي إِنْ كَانَ.

    Les conditions de son obligation : que le troupeau atteigne le seuil complet, soit possédé en pleine propriété, depuis une année entière, et que le collecteur soit venu, s'il y en a un.

  3. 303

    أَمَّا الْإِبِلُ فَفِي كُلِّ خَمْسٍ شَاةٌ جَذَعَةٌ، وَهِيَ مَا أَوْفَتْ سَنَةً وَدَخَلَتْ فِي الثَّانِيَةِ، مِنَ الضَّأْنِ إِنْ كَانَ فِي الْبَلَدِ الضَّأْنُ وَالْمَعْزُ سَوَاءً أَوِ الضَّأْنُ أَغْلَبَ. أَمَّا إِذَا كَانَ الْمَعْزُ أَغْلَبَ فَالشَّاةُ مِنْهُ، إِلَى تِسْعٍ.

    Pour les chameaux : pour cinq têtes, on doit une bête du petit bétail (shāt), une jadhaʿa, c'est-à-dire âgée d'un an révolu et entrée dans sa deuxième année ; on la prend parmi les moutons si moutons et chèvres sont en nombre égal dans le pays ou si les moutons dominent ; si les chèvres dominent, on la prend parmi elles. Cela vaut jusqu'à neuf têtes.

  4. 304

    فَإِذَا بَلَغَتْ عَشْرًا فَفِيهَا شَاتَانِ إِلَى أَرْبَعَةَ عَشَرَ. فَإِذَا بَلَغَتْ خَمْسَةَ عَشَرَ فَفِيهَا ثَلَاثُ شِيَاهٍ إِلَى تِسْعَةَ عَشَرَ. فَإِذَا بَلَغَتْ عِشْرِينَ فَفِيهَا أَرْبَعُ شِيَاهٍ إِلَى أَرْبَعٍ وَعِشْرِينَ.

    À dix têtes, deux bêtes, jusqu'à quatorze. À quinze, trois bêtes, jusqu'à dix-neuf. À vingt, quatre bêtes, jusqu'à vingt-quatre.

  5. 305

    فَإِذَا بَلَغَتْ خَمْسًا وَعِشْرِينَ إِلَى خَمْسٍ وَثَلَاثِينَ فَفِيهَا بِنْتُ مَخَاضٍ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي السَّنَةِ الثَّانِيَةِ، فَإِنْ لَمْ تَكُنْ لَهُ فَابْنُ لَبُونٍ، وَهُوَ مَا دَخَلَ فِي السَّنَةِ الثَّالِثَةِ.

    De vingt-cinq à trente-cinq : une chamelle bint makhāḍ, entrée dans sa deuxième année ; s'il n'en a pas, un chameau ibn labūn, entré dans sa troisième année.

  6. 306

    فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَثَلَاثِينَ إِلَى خَمْسٍ وَأَرْبَعِينَ فَفِيهَا بِنْتُ لَبُونٍ. فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَأَرْبَعِينَ إِلَى سِتِّينَ فَفِيهَا حِقَّةٌ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي الرَّابِعَةِ.

    De trente-six à quarante-cinq : une chamelle bint labūn. De quarante-six à soixante : une ḥiqqa, entrée dans sa quatrième année.

  7. 307

    فَإِذَا بَلَغَتْ إِحْدَى وَسِتِّينَ إِلَى خَمْسٍ وَسَبْعِينَ فَفِيهَا جَذَعَةٌ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي الْخَامِسَةِ. فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَسَبْعِينَ إِلَى تِسْعِينَ فَفِيهَا بِنْتَا لَبُونٍ. فَإِذَا بَلَغَتْ إِحْدَى وَتِسْعِينَ إِلَى عِشْرِينَ وَمِائَةٍ فَفِيهَا حِقَّتَانِ.

    De soixante et un à soixante-quinze : une jadhaʿa, entrée dans sa cinquième année. De soixante-seize à quatre-vingt-dix : deux bint labūn. De quatre-vingt-onze à cent vingt : deux ḥiqqa.

  8. 308

    فَإِذَا زَادَتْ عَلَى ذَلِكَ تَغَيَّرَ الْوَاجِبُ: فَفِي كُلِّ أَرْبَعِينَ بِنْتُ لَبُونٍ، وَفِي كُلِّ خَمْسِينَ حِقَّةٌ.

    Au-delà, ce qui est dû change : pour chaque quarantaine une bint labūn, et pour chaque cinquantaine une ḥiqqa.

  9. 309

    وَأَمَّا الْبَقَرُ فَفِي كُلِّ ثَلَاثِينَ مِنْهَا تَبِيعٌ جَذَعٌ أَوْ جَذَعَةٌ، وَهُوَ مَا أَوْفَى سَنَتَيْنِ. وَفِي أَرْبَعِينَ مُسِنَّةٌ، لَا تُؤْخَذُ إِلَّا أُنْثَى، وَهِيَ الْمُوفِيَةُ ثَلَاثَ سِنِينَ.

    Pour les bovins : pour trente têtes, un veau (tabīʿ), mâle ou femelle, âgé de deux ans révolus. Pour quarante, une musinna, que l'on ne prend que femelle, âgée de trois ans révolus.

  10. 310

    ثُمَّ فِي السِّتِّينَ تَبِيعَانِ، ثُمَّ فِي كُلِّ ثَلَاثِينَ تَبِيعٌ، وَفِي كُلِّ أَرْبَعِينَ مُسِنَّةٌ، إِلَى عِشْرِينَ وَمِائَةٍ فَيُخَيَّرُ السَّاعِي فِي أَخْذِ ثَلَاثِ مُسِنَّاتٍ أَوْ أَرْبَعَةِ أَتْبِعَةٍ.

    Puis, pour soixante, deux tabīʿ ; ensuite un tabīʿ pour chaque trentaine et une musinna pour chaque quarantaine, jusqu'à cent vingt : le collecteur a alors le choix de prendre trois musinna ou quatre tabīʿ.

  11. 311

    وَأَمَّا الْغَنَمُ فَفِي أَرْبَعِينَ مِنْهَا شَاةٌ جَذَعٌ أَوْ جَذَعَةٌ مِنَ الضَّأْنِ أَوِ الْمَعْزِ، وَهُوَ مَا أَوْفَى سَنَةً. وَفِي مِائَةٍ وَإِحْدَى وَعِشْرِينَ شَاتَانِ، وَفِي مِائَتَيْنِ وَشَاةٍ ثَلَاثُ شِيَاهٍ، وَفِي أَرْبَعِمِائَةٍ أَرْبَعُ شِيَاهٍ، ثُمَّ فِي كُلِّ مِائَةٍ شَاةٌ.

    Pour les ovins et caprins : pour quarante têtes, une bête, mâle ou femelle, mouton ou chèvre, âgée d'un an révolu. Pour cent vingt et une, deux bêtes ; pour deux cent une, trois bêtes ; pour quatre cents, quatre bêtes ; puis une bête par centaine.

  12. 312

    تَنْبِيهٌ: لَا تُؤْخَذُ كَرَائِمُ الْأَمْوَالِ كَالْأَكُولَةِ وَالْفَحْلِ وَذَاتِ اللَّبَنِ، وَلَا شِرَارُهَا كَالسَّخْلَةِ وَالتَّيْسِ وَالْعَجُوزِ وَالْعَوْرَاءِ.

    Remarque : on ne prend pas les meilleures bêtes, comme celle qu'on engraisse pour la manger, l'étalon ou la bête qui donne du lait ; ni les plus mauvaises, comme le petit qui vient de naître, le bouc, la bête âgée ou la borgne.

Section : la zakāt des récoltesفَصْلٌ فِي زَكَاةِ الْحَرْثِ

  1. 313

    وَهُوَ الْمُقْتَاتُ الْمُتَّخَذُ لِلْعَيْشِ غَالِبًا. فَتَجِبُ الزَّكَاةُ فِي الْحِنْطَةِ وَالشَّعِيرِ وَالْأَرُزِّ وَنَحْوِهَا، وَفِي الْقَطَانِيِّ كَالْعَدَسِ وَالْبَسِيلَةِ وَالْفُولِ وَالْحِمَّصِ، وَفِي التَّمْرِ وَالزَّبِيبِ وَالزَّيْتُونِ.

    Il s'agit de ce dont on se nourrit et que l'on prend le plus souvent pour aliment de base. La zakāt est donc due sur le blé, l'orge, le riz et les céréales semblables ; sur les légumineuses comme les lentilles, les pois, les fèves et les pois chiches ; sur les dattes, les raisins secs et les olives.

  2. 314

    وَلَا تَجِبُ فِي الْقَصَبِ وَالْبُقُولِ وَالتِّينِ، وَالْفَوَاكِهِ كَالرُّمَّانِ.

    Elle n'est pas due sur la canne, les légumes verts et les figues, ni sur les fruits comme la grenade.

  3. 315

    وَنِصَابُ الْحَرْثِ خَمْسَةُ أَوْسُقٍ، وَهِيَ أَلْفُ رِطْلٍ وَسِتُّمِائَةِ رِطْلٍ بِالْبَغْدَادِيِّ، كُلُّ رِطْلٍ مِائَةُ دِرْهَمٍ وَثَمَانِيَةٌ وَعِشْرُونَ دِرْهَمًا بِالدِّرْهَمِ الْمَكِّيِّ، وَهُوَ خَمْسُونَ وَخُمُسَا حَبَّةٍ مِنَ الشَّعِيرِ الْمُتَوَسِّطِ.

    Le seuil des récoltes est de cinq wasq, soit mille six cents livres (raṭl) de Bagdad ; chaque livre vaut cent vingt-huit dirhams de La Mecque, et ce dirham vaut cinquante grains et deux cinquièmes de grain d'orge moyenne.

  4. 316

    وَإِنَّمَا تُعْتَبَرُ الْأَوْسُقُ بَعْدَ وَضْعِ مَا فِيهَا مِنَ الْحَشَفِ وَالرُّطُوبَاتِ.

    Les wasq ne se comptent qu'une fois retirés les grains desséchés et l'humidité.

  5. 317

    وَالْمُخْرَجُ مِنْ زَكَاةِ الْحَرْثِ الْعُشْرُ فِيمَا سُقِيَ مِنْ غَيْرِ مَشَقَّةٍ كَمَاءِ السَّمَاءِ، وَنِصْفُ الْعُشْرِ فِيمَا سُقِيَ بِآلَةٍ كَالدَّوَالِيبِ.

    Ce que l'on doit sur les récoltes est le dixième pour ce qui a été arrosé sans peine, comme par l'eau du ciel, et la moitié du dixième pour ce qui a été arrosé à l'aide d'un instrument, comme la roue à eau.

Section : les bénéficiaires de la zakātفَصْلٌ فِي بَيَانِ مَنْ تُصْرَفُ لَهُ الزَّكَاةُ

  1. 318

    تُدْفَعُ لِأَحَدِ الْأَصْنَافِ الثَّمَانِيَةِ الْمَذْكُورِينَ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ﴾ الْآيَةَ.

    Elle est remise à l'une des huit catégories mentionnées dans la parole du Très-Haut : « Les aumônes ne sont que pour les pauvres et les indigents... », jusqu'à la fin du verset [sourate at-Tawba, 9:60].

  2. 319

    الْأَوَّلُ: الْفَقِيرُ، وَهُوَ الَّذِي يَمْلِكُ الشَّيْءَ الْيَسِيرَ الَّذِي لَا يَكْفِيهِ لِعَيْشِهِ، وَإِنْ كَانَ يَمْلِكُ نِصَابًا لَا يَقُومُ بِهِ وَلَا بِعِيَالِهِ فَإِنَّ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ الزَّكَاةَ.

    La première : le pauvre (faqīr), celui qui possède peu de chose, pas assez pour vivre. S'il possède un seuil d'imposition qui ne suffit ni à lui ni à ceux qu'il a à charge, il peut recevoir la zakāt.

  3. 320

    الثَّانِي: الْمِسْكِينُ، وَهُوَ أَحْوَجُ مِنَ الْفَقِيرِ، وَهُوَ الَّذِي لَا شَيْءَ لَهُ جُمْلَةً. وَيُشْتَرَطُ فِيهِ وَفِي الْفَقِيرِ الْإِسْلَامُ وَالْحُرِّيَّةُ.

    La deuxième : l'indigent (miskīn), plus démuni que le pauvre : il ne possède rien du tout. L'islam et la condition d'homme libre sont exigés de lui comme du pauvre.

  4. 321

    الثَّالِثُ: الْعَامِلُ عَلَى الزَّكَاةِ كَالسَّاعِي، وَإِنْ كَانَ غَنِيًّا. الرَّابِعُ: الْمُؤَلَّفَةُ قُلُوبُهُمْ، وَهُمْ قَوْمٌ كُفَّارٌ يُعْطَوْنَ تَرْغِيبًا فِي الْإِسْلَامِ.

    La troisième : celui qui travaille à la zakāt, comme le collecteur, même s'il est riche. La quatrième : ceux dont les cœurs sont à gagner, des mécréants à qui l'on donne pour les attirer vers l'islam.

  5. 322

    الْخَامِسُ: الرِّقَابُ، وَهُوَ الرَّقِيقُ الْمُؤْمِنُ يُشْتَرَى وَيُعْتَقُ وَوَلَاؤُهُ لِلْمُسْلِمِينَ.

    La cinquième : les captifs à affranchir : l'esclave croyant que l'on achète et que l'on affranchit, le lien de patronage (walāʾ) revenant aux musulmans.

  6. 323

    السَّادِسُ: الْغَارِمُ، وَهُوَ مَنِ اسْتَدَانَ فِي غَيْرِ سَفَهٍ وَلَا فَسَادٍ وَلَا يَجِدُ وَفَاءً، أَوْ يَكُونُ مَعَهُ مَالٌ بِإِزَاءِ دَيْنِهِ.

    La sixième : l'endetté, celui qui a emprunté sans prodigalité ni mauvais dessein et ne trouve pas de quoi rembourser, ou dont les biens ne font que couvrir la dette.

  7. 324

    السَّابِعُ: سَبِيلُ اللَّهِ، وَالْمُرَادُ بِهِ الْجِهَادُ دُونَ الْحَجِّ، فَيُدْفَعُ لِلْغَازِي، غَنِيًّا كَانَ أَوْ فَقِيرًا، مِنَ الصَّدَقَةِ مَا يُنْفِقُهُ فِي غَزْوِهِ.

    La septième : le sentier d'Allah, c'est-à-dire le combat (jihād), non le pèlerinage : on remet au combattant, riche ou pauvre, de quoi couvrir les dépenses de son expédition.

  8. 325

    الثَّامِنُ: ابْنُ السَّبِيلِ، وَهُوَ الْمُسَافِرُ الْغَرِيبُ، يُعْطَى بِثَلَاثَةِ شُرُوطٍ: أَنْ لَا يَكُونَ سَفَرُهُ فِي مَعْصِيَةٍ، وَأَنْ يَكُونَ فَقِيرًا بِالْمَوْضِعِ الَّذِي هُوَ بِهِ وَإِنْ كَانَ غَنِيًّا بِبَلَدِهِ، وَأَنْ لَا يَجِدَ مَنْ يُسْلِفُهُ. وَيُصَدَّقُ إِذَا ادَّعَى أَنَّهُ ابْنُ سَبِيلٍ.

    La huitième : le voyageur en détresse (ibn as-sabīl), l'étranger de passage. On lui donne à trois conditions : que son voyage ne soit pas une désobéissance, qu'il soit pauvre là où il se trouve, même s'il est riche dans son pays, et qu'il ne trouve personne pour lui prêter. On le croit sur parole quand il se dit voyageur en détresse.

Section : questions diverses sur la zakātفَصْلٌ

  1. 326

    يَجُوزُ إِخْرَاجُ الذَّهَبِ عَنِ الْوَرِقِ وَالْوَرِقِ عَنِ الذَّهَبِ.

    Il est permis d'acquitter en or la zakāt de l'argent, et en argent celle de l'or.

  2. 327

    وَتَجِبُ نِيَّةُ الزَّكَاةِ، وَتَفْرِقَتُهَا بِالْمَوْضِعِ الَّذِي وَجَبَتْ فِيهِ، وَلَا يَجُوزُ نَقْلُهَا عَنْهُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَوْضِعٌ آخَرُ بِهِ فُقَرَاءُ أَشَدُّ إِعْدَامًا، فَإِنَّهُ يُعْطِي مِنْهَا فِي مَوْضِعِ الْوُجُوبِ وَيَنْقُلُ أَكْثَرَهَا لِلْأَعْدَمِ.

    L'intention de la zakāt est obligatoire, ainsi que sa distribution là où elle est devenue due. Il n'est pas permis de la transporter ailleurs, à moins qu'il n'y ait en un autre lieu des pauvres plus démunis : on en donne alors une part là où elle est due et l'on en transporte la plus grande part aux plus démunis.

Section : la perte de la zakāt mise de côtéفَصْلٌ

  1. 328

    إِذَا عَزَلَ الزَّكَاةَ عِنْدَ الْحَوْلِ فَضَاعَتْ لَمْ يَضْمَنْ، وَإِنْ عَزَلَهَا بَعْدَ الْحَوْلِ ضَمِنَ، وَإِنْ عَزَلَهَا ثُمَّ ضَاعَ أَصْلُهَا قَبْلَ إِخْرَاجِهَا فَإِنَّهُ يَدْفَعُهَا لِأَرْبَابِهَا.

    Si l'on met la zakāt de côté au terme de l'année et qu'elle se perd, on n'en répond pas ; si on la met de côté après ce terme, on en répond. Si on l'a mise de côté puis que le bien dont elle provient se perd avant qu'on ne l'ait versée, on la remet à ceux qui y ont droit.

  2. 329

    وَمَنْ مَاتَ قَبْلَ إِخْرَاجِ الزَّكَاةِ أَوْ أَوْصَى بِهَا فَإِنَّهَا تُؤْخَذُ مِنْ رَأْسِ مَالِهِ.

    Celui qui meurt avant d'avoir versé la zakāt, ou qui l'a prescrite par testament, on la prélève sur l'ensemble de ses biens.

  3. 330

    وَيُسْتَحَبُّ فِي صَدَقَةِ التَّطَوُّعِ السِّرُّ، وَصَرْفُهَا لِلْأَقَارِبِ وَالْجِيرَانِ، وَتَتَأَكَّدُ فِي شَهْرِ رَمَضَانَ.

    Pour l'aumône volontaire, il est recommandé de la donner en secret et de la destiner aux proches et aux voisins ; elle est plus vivement recommandée au mois de ramaḍān.

Section : l'aumône de la rupture du jeûne (ṣadaqat al-fiṭr)فَصْلٌ

  1. 331

    صَدَقَةُ الْفِطْرِ وَاجِبَةٌ، فَرَضَهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. تَجِبُ بِأَوَّلِ لَيْلَةِ عِيدِ الْفِطْرِ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ الْمَشْهُورَيْنِ، وَالْآخَرُ تَجِبُ بِطُلُوعِ فَجْرِ يَوْمِ الْعِيدِ. وَفَائِدَةُ الْخِلَافِ تَظْهَرُ فِيمَنْ مَاتَ أَوْ وُلِدَ أَوْ أَسْلَمَ أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ.

    L'aumône de la rupture du jeûne est obligatoire : le Messager d'Allah, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, l'a prescrite. Elle devient due au début de la nuit de la fête de la rupture selon l'un des deux avis réputés, et à l'apparition de l'aube du jour de la fête selon l'autre. L'intérêt de cette divergence apparaît pour celui qui meurt, naît ou embrasse l'islam [entre les deux moments], et dans les cas semblables.

  2. 332

    وَيَجُوزُ إِخْرَاجُهَا قَبْلَ يَوْمِ الْعِيدِ بِالْيَوْمَيْنِ وَالثَّلَاثَةِ. وَلَا تَسْقُطُ بِمُضِيِّ زَمَنِهَا. وَلَا تُدْفَعُ إِلَّا لِفَقِيرٍ حُرٍّ مُسْلِمٍ. وَهِيَ صَاعٌ مِنْ غَالِبِ قُوتِ أَهْلِ الْبَلَدِ.

    Il est permis de la verser deux ou trois jours avant le jour de la fête. Elle ne tombe pas quand son temps est passé. On ne la remet qu'à un pauvre, libre et musulman. Elle est d'un ṣāʿ de la nourriture de base la plus courante dans le pays.

  3. 333

    عَلَى الْمُسْلِمِ الْحُرِّ الْمُكَلَّفِ الْمُوسِرِ، عَنْ نَفْسِهِ وَعَمَّنْ تَلْزَمُهُ نَفَقَتُهُ مِنَ الْمُسْلِمِينَ خَاصَّةً، بِالْقَرَابَةِ كَالْأَوْلَادِ، وَبِالرِّقِّ كَالْعَبِيدِ، وَبِغَيْرِهِمَا كَالزَّوْجَةِ وَخَادِمِهَا وَإِنْ كَانَتْ مَلِيَّةً.

    Elle incombe au musulman libre, légalement responsable et aisé, pour lui-même et pour les seuls musulmans dont l'entretien est à sa charge : par la parenté, comme ses enfants ; par la servitude, comme ses esclaves ; ou par un autre lien, comme son épouse et la servante de celle-ci, même si l'épouse est riche.

  4. 334

    وَقَوْلُنَا: عَلَى الْمُسْلِمِ إِلَخْ، احْتِرَازٌ مِنَ الْكَافِرِ وَالرَّقِيقِ وَالْمُعْسِرِ، فَإِنَّهَا لَا تَجِبُ عَلَيْهِمْ. وَالْمُعْسِرُ هُوَ الَّذِي لَا يَفْضُلُ لَهُ عَنْ قُوتِ يَوْمِهِ صَاعٌ، وَلَا يَجِدُ مَنْ يُسْلِفُهُ إِيَّاهُ.

    Nous avons dit « au musulman », etc., pour exclure le mécréant, l'esclave et celui qui est dans la gêne : elle ne leur incombe pas. Celui qui est dans la gêne est celui à qui il ne reste pas un ṣāʿ en plus de sa nourriture du jour et qui ne trouve personne pour le lui prêter.

Chapitre quatrième : le jeûne (ṣawm)الْبَابُ الرَّابِعُ فِي الصَّوْمِ

  1. 335

    وَهُوَ الْإِمْسَاكُ عَنْ شَهْوَتَيِ الْبَطْنِ وَالْفَرْجِ يَوْمًا كَامِلًا بِنِيَّةِ التَّقَرُّبِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، فِي غَيْرِ زَمَنِ الْحَيْضِ وَالنِّفَاسِ وَأَيَّامِ الْأَعْيَادِ.

    Le jeûne consiste à s'abstenir des deux désirs, celui du ventre et celui du sexe, pendant une journée entière, avec l'intention de se rapprocher d'Allah le Très-Haut, en dehors du temps des menstrues et des lochies et des jours de fête.

  2. 336

    وَلِلصَّوْمِ ثَلَاثَةُ أَرْكَانٍ. الْأَوَّلُ: الْإِمْسَاكُ عَنِ الْمُفْطِرَاتِ كَالْجِمَاعِ، وَإِخْرَاجِ الْمَنِيِّ وَالْمَذْيِ وَالْقَيْءِ، وَإِيصَالِ الْأَكْلِ وَالشُّرْبِ أَوْ غَيْرِهِمَا إِلَى الْحَلْقِ مِنَ الْفَمِ وَالْأَنْفِ وَالْأُذُنِ وَالْعَيْنِ.

    Le jeûne a trois piliers. Le premier : s'abstenir de ce qui le rompt, comme le rapport sexuel, le fait de provoquer l'émission de sperme ou de madhy, le vomissement provoqué, et le fait de faire parvenir à la gorge de la nourriture, de la boisson ou autre chose, par la bouche, le nez, l'oreille ou l'œil.

  3. 337

    الثَّانِي: النِّيَّةُ، فَلَا يَصِحُّ صَوْمٌ بِدُونِهَا فَرْضًا أَوْ نَفْلًا. وَيُشْتَرَطُ فِيهَا أَنْ تَكُونَ مُعَيَّنَةً، بِأَنْ يَنْوِيَ أَدَاءَ فَرْضِ رَمَضَانَ مَثَلًا، مُبَيَّتَةً، فَلَا تَصِحُّ نَهَارًا، جَازِمَةً، فَالنِّيَّةُ الْمُتَرَدِّدَةُ بَاطِلَةٌ: فَمَنْ نَوَى لَيْلَةَ الشَّكِّ صِيَامَهُ إِنْ كَانَ مِنْ رَمَضَانَ لَمْ يُجْزِهِ.

    Le deuxième : l'intention ; aucun jeûne n'est valable sans elle, obligatoire ou surérogatoire. Elle doit être précise, par exemple l'intention d'accomplir le jeûne obligatoire de ramaḍān ; formulée de nuit, elle n'est pas valable de jour ; et ferme, l'intention hésitante étant nulle : celui qui, la nuit du doute, a l'intention de jeûner le lendemain « s'il fait partie de ramaḍān », cela ne lui suffit pas.

  4. 338

    الثَّالِثُ: زَمَنُ الصَّوْمِ، وَهُوَ مِنْ طُلُوعِ الْفَجْرِ الصَّادِقِ إِلَى غُرُوبِ الشَّمْسِ، فِي غَيْرِ أَيَّامِ الْحَيْضِ وَالنِّفَاسِ وَيَوْمِ الْفِطْرِ وَيَوْمِ النَّحْرِ وَالْيَوْمَيْنِ بَعْدَهُ لِغَيْرِ الْمُتَمَتِّعِ.

    Le troisième : le temps du jeûne, de l'apparition de l'aube véritable au coucher du soleil, en dehors des jours de menstrues et de lochies, du jour de la fête de la rupture, du jour du sacrifice et des deux jours qui le suivent, sauf pour le pèlerin qui accomplit le tamattuʿ.

Section : ce qui est recommandé et déconseillé pendant le jeûne, et la rupture du jeûneفَصْلٌ

  1. 339

    يُسْتَحَبُّ تَقْدِيمُ الْفِطْرِ وَتَأْخِيرُ السَّحُورِ، وَكَفُّ اللِّسَانِ عَنِ الْهَذَيَانِ وَالْفُحْشِ مِنَ الْقَوْلِ، وَتَرْكُ السِّوَاكِ بِالرَّطْبِ، وَتَرْكُ الْمُبَالَغَةِ فِي الْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ،

    Il est recommandé de hâter la rupture du jeûne et de retarder le repas d'avant l'aube (saḥūr) ; de retenir sa langue des propos futiles et grossiers ; de ne pas se frotter les dents avec un bâtonnet frais ; de ne pas insister dans le rinçage de la bouche et l'aspiration de l'eau par le nez ;

  2. 340

    وَصَوْمُ يَوْمِ عَرَفَةَ لِغَيْرِ الْحَاجِّ، وَيَوْمِ تَاسُوعَاءَ وَعَاشُورَاءَ، وَثَلَاثَةِ أَيَّامٍ مِنْ كُلِّ شَهْرٍ، وَلَا تَخْتَصُّ بِالْأَيَّامِ الْبِيضِ.

    [suite] de jeûner le jour de ʿArafa pour qui n'est pas en pèlerinage, le neuvième et le dixième jour de muḥarram (tāsūʿāʾ et ʿāshūrāʾ), et trois jours de chaque mois, sans que ce soient nécessairement les jours blancs.

  3. 341

    وَلَا يُكْرَهُ صَوْمُ يَوْمِ الْجُمُعَةِ مُنْفَرِدًا. وَيُكْرَهُ ذَوْقُ الْمِلْحِ وَمَجُّهُ، وَمُقَدِّمَاتُ الْجِمَاعِ كَالْقُبْلَةِ وَالْمُبَاشَرَةِ وَالتَّفَكُّرِ وَالنَّظَرِ الْمُسْتَدَامِ وَالْمُلَاعَبَةِ إِنْ عُلِمَتِ السَّلَامَةُ، وَإِلَّا فَيَحْرُمُ عَلَيْهِ ذَلِكَ.

    Il n'est pas déconseillé de jeûner le vendredi seul. Il est déconseillé de goûter le sel [d'un mets], que l'on recrache alors, et de se livrer aux préliminaires du rapport sexuel, comme le baiser, le contact des corps, la pensée, le regard prolongé et les caresses, si l'on est sûr de ne rien risquer ; sinon, cela est interdit.

  4. 342

    وَلَا يُفْطِرُ الصَّائِمُ الْمُتَطَوِّعُ لِعَزِيمَةٍ أَوْ غَيْرِهَا، وَإِنْ حَلَفَ عَلَيْهِ بِالطَّلَاقِ الثَّلَاثِ أَوِ الْعِتْقِ حُنِّثَ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ أَحَدَ وَالِدَيْهِ أَوْ شَيْخَهُ فَإِنَّهُ يُطِيعُهُ إِذَا كَانَ عَلَى وَجْهِ الرَّأْفَةِ لِإِدَامَةِ صَوْمِهِ.

    Celui qui accomplit un jeûne volontaire ne le rompt pas parce qu'on l'en presse, ni pour autre chose. Si celui qui l'en presse jure, par la triple répudiation ou par l'affranchissement, qu'il le rompra, celui qui a juré se trouve parjure. Il en va autrement si c'est l'un de ses parents ou son shaykh [qui le lui demande] : il lui obéit, quand la demande vient de la compassion devant la continuité de son jeûne.

  5. 343

    وَمَنْ أَفْطَرَ فِي نَهَارِ رَمَضَانَ عَمْدًا أَوْ سَهْوًا وَجَبَ عَلَيْهِ قَضَاؤُهُ، وَيَأْثَمُ إِنْ كَانَ عَمْدًا، وَتَجِبُ عَلَيْهِ الْكَفَّارَةُ بِأَحَدِ ثَلَاثَةِ أَشْيَاءَ عَلَى التَّخْيِيرِ:

    Celui qui rompt le jeûne un jour de ramaḍān, exprès ou par inadvertance, doit rattraper ce jour. Il commet un péché s'il l'a fait exprès, et il doit [dans ce cas] l'expiation (kaffāra), par l'une de trois choses, au choix :

  6. 344

    وَهِيَ إِمَّا إِطْعَامُ سِتِّينَ مِسْكِينًا، كُلُّ وَاحِدٍ مُدٌّ بِمُدِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَهُوَ أَفْضَلُ، أَوْ صِيَامُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ، أَوْ عِتْقُ رَقَبَةٍ مُؤْمِنَةٍ كَامِلَةٍ غَيْرِ مُلَفَّقَةٍ، سَلِيمَةٍ، لَا تُسْتَحَقُّ بِوَجْهٍ.

    [suite] nourrir soixante indigents, à raison d'un mudd pour chacun, selon le mudd du Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, et c'est le meilleur ; ou jeûner deux mois consécutifs ; ou affranchir un esclave croyant, entier et non formé de parts réunies, sans défaut, et sur lequel personne n'a de droit.

Chapitre cinquième : la retraite spirituelle (iʿtikāf)الْبَابُ الْخَامِسُ فِي الِاعْتِكَافِ

  1. 345

    وَحَقِيقَتُهُ اللُّبْثُ فِي الْمَسْجِدِ لِلْعِبَادَةِ عَلَى وَجْهٍ مَخْصُوصٍ. وَأَقَلُّهُ يَوْمٌ وَلَيْلَةٌ، وَأَكْمَلُهُ عَشَرَةُ أَيَّامٍ. وَهُوَ مِنْ نَوَافِلِ الْخَيْرِ.

    Elle consiste à demeurer dans la mosquée pour l'adoration, d'une manière particulière. Sa durée minimale est d'un jour et une nuit ; sa forme la plus accomplie est de dix jours. Elle fait partie des œuvres surérogatoires de bien.

  2. 346

    وَلَهُ أَرْكَانٌ أَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: الْمُعْتَكِفُ، وَهُوَ كُلُّ مُسْلِمٍ مُمَيِّزٍ، فَيَصِحُّ مِنَ الْمَرْأَةِ وَالصَّبِيِّ وَالرَّقِيقِ. الثَّانِي: الصَّوْمُ، فَلَا يَصِحُّ بِدُونِهِ.

    Elle a quatre piliers. Le premier : celui qui fait la retraite, c'est-à-dire tout musulman doué de discernement ; elle est donc valable de la part de la femme, de l'enfant et de l'esclave. Le deuxième : le jeûne ; elle n'est pas valable sans lui.

  3. 347

    الثَّالِثُ: الْمُعْتَكَفُ فِيهِ، وَهُوَ الْمَسْجِدُ، فَلَا يَصِحُّ فِي غَيْرِهِ. الرَّابِعُ: الِاسْتِمْرَارُ عَلَى عَمَلٍ مَخْصُوصٍ مِنَ الْعِبَادَةِ، وَهُوَ الصَّلَاةُ وَقِرَاءَةُ الْقُرْآنِ وَذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى.

    Le troisième : le lieu de la retraite, à savoir la mosquée ; elle n'est pas valable ailleurs. Le quatrième : se consacrer sans relâche à des actes d'adoration particuliers : la prière, la récitation du Coran et le rappel d'Allah le Très-Haut.

  4. 348

    وَيُكْرَهُ لَهُ أَنْ يَفْعَلَ غَيْرَ هَذِهِ الثَّلَاثَةِ مِمَّا هُوَ عِبَادَةٌ كَالِاشْتِغَالِ بِالْعِلْمِ وَكِتَابَةِ الْكَثِيرِ مِنَ الْقُرْآنِ، وَأَنْ يَكُونَ إِمَامًا رَاتِبًا، وَأَنْ يَرْقَى عَلَى سَطْحٍ أَوْ مَنَارَةٍ، وَأَنْ يُعَزِّيَ أَوْ يُهَنِّئَ، وَأَنْ يَعْتَكِفَ غَيْرَ مَكْفِيٍّ.

    Il lui est déconseillé de faire autre chose que ces trois actes, même s'il s'agit d'adoration, comme l'étude de la science ou la copie d'une grande partie du Coran ; d'être l'imam attitré ; de monter sur un toit ou un minaret ; de présenter des condoléances ou des félicitations ; et de faire la retraite sans que ses besoins soient assurés.

  5. 349

    وَيُسْتَحَبُّ الِاعْتِكَافُ بِرَمَضَانَ، وَيَتَأَكَّدُ بِالْعَشْرِ الْأَخِيرِ مِنْهُ.

    La retraite est recommandée en ramaḍān, et plus vivement dans ses dix derniers jours.

Section : ce qui annule la retraiteفَصْلٌ

  1. 350

    يَبْطُلُ الِاعْتِكَافُ بِفِعْلِ الْكَبَائِرِ كَالزِّنَا وَشُرْبِ الْخَمْرِ وَالْكَذِبِ وَالْقَذْفِ، وَبِالْجِمَاعِ وَمُقَدِّمَاتِهِ كَالْقُبْلَةِ لَيْلًا أَوْ نَهَارًا عَلَى وَجْهِ الشَّهْوَةِ، وَبِالْحَيْضِ، وَبِالْأَكْلِ وَالشُّرْبِ نَهَارًا، وَبِالْخُرُوجِ مِنَ الْمَسْجِدِ لِغَيْرِ مَعِيشَةٍ أَوْ لِغَيْرِ حَاجَةِ الْإِنْسَانِ.

    La retraite est annulée par les grands péchés, comme la fornication, la consommation de vin, le mensonge et l'accusation calomnieuse de fornication ; par le rapport sexuel et ses préliminaires, comme le baiser, de nuit comme de jour, quand ils sont faits avec désir ; par les menstrues ; par le fait de manger et de boire de jour ; et par le fait de sortir de la mosquée pour autre chose que sa subsistance ou ses besoins naturels.

Chapitre sixième : le pèlerinage (ḥajj)الْبَابُ السَّادِسُ فِي الْحَجِّ

  1. 351

    وَهُوَ وَاجِبٌ فِي الْعُمُرِ مَرَّةً عَلَى الْحُرِّ الْمُكَلَّفِ الْمُسْتَطِيعِ، وَلَا يَصِحُّ إِلَّا مِنْ مُسْلِمٍ.

    Le pèlerinage est obligatoire une fois dans la vie pour la personne libre, légalement responsable et qui en a la capacité. Il n'est valable que de la part d'un musulman.

  2. 352

    وَلَهُ أَرْبَعَةُ أَرْكَانٍ. الْأَوَّلُ: الْإِحْرَامُ بِزَمَنٍ مَخْصُوصٍ، وَهُوَ شَوَّالٌ وَذُو الْقَعْدَةِ وَذُو الْحِجَّةِ، وَمَكَانٍ مَخْصُوصٍ، وَهُوَ مَكَّةُ لِلْمُقِيمِ بِهَا وَقْتَ الْإِحْرَامِ،

    Il a quatre piliers. Le premier : l'entrée en état de sacralisation (iḥrām), en un temps déterminé, les mois de shawwāl, dhū l-qaʿda et dhū l-ḥijja, et en un lieu déterminé : La Mecque pour celui qui y réside au moment de l'iḥrām ;

  3. 353

    وَذُو الْحُلَيْفَةِ لِمَنْ تَوَجَّهَ مِنَ الْمَدِينَةِ، وَالْجُحْفَةُ لِمَنْ تَوَجَّهَ مِنْ مِصْرَ وَالشَّامِ وَالْمَغْرِبِ، وَيَلَمْلَمُ لِمَنْ تَوَجَّهَ مِنَ الْيَمَنِ، وَذَاتُ عِرْقٍ لِمَنْ تَوَجَّهَ مِنْ فَارِسَ وَخُرَاسَانَ.

    [suite] Dhū l-Ḥulayfa pour celui qui vient de Médine ; al-Juḥfa pour celui qui vient d'Égypte, du Shām et du Maghreb ; Yalamlam pour celui qui vient du Yémen ; Dhāt ʿIrq pour celui qui vient de Perse et du Khurāsān.

  4. 354

    وَلَا يَنْعَقِدُ إِلَّا بِنِيَّةٍ مَقْرُونَةٍ بِقَوْلٍ أَوْ فِعْلٍ. وَيُسْتَحَبُّ لِلْمُحْرِمِ إِزَالَةُ شَعَثِهِ قَبْلَ إِحْرَامِهِ بِقَلْمِ أَظَافِرِهِ وَإِزَالَةِ مَا عَلَى بَدَنِهِ مِنْ شَعْرٍ.

    L'iḥrām ne se noue que par une intention accompagnée d'une parole ou d'un acte. Il est recommandé au pèlerin de se débarrasser, avant son iḥrām, de ce qui le rend négligé, en se coupant les ongles et en ôtant les poils de son corps.

  5. 355

    وَسُنَنُ الْإِحْرَامِ أَرْبَعَةٌ: الْغُسْلُ مُتَّصِلًا بِهِ، وَالتَّجَرُّدُ مِنَ الْمَخِيطِ فِي رِدَاءٍ وَإِزَارٍ وَنَعْلَيْنِ، وَصَلَاةُ رَكْعَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ الْفَرِيضَةِ، وَالتَّلْبِيَةُ،

    Les sunnas de l'iḥrām sont quatre : les grandes ablutions juste avant lui ; quitter les vêtements cousus pour un drap sur les épaules, un pagne et des sandales ; une prière de deux rakʿa, autre que la prière obligatoire ; et la talbiya,

  6. 356

    وَهِيَ: لَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَ، لَبَّيْكَ لَا شَرِيكَ لَكَ لَبَّيْكَ، إِنَّ الْحَمْدَ وَالنِّعْمَةَ لَكَ وَالْمُلْكَ، لَا شَرِيكَ لَكَ.

    [suite] qui est : « Me voici, ô Allah, me voici. Me voici, Tu n'as pas d'associé, me voici. La louange et le bienfait sont à Toi, ainsi que la royauté. Tu n'as pas d'associé. »

  7. 357

    وَلَا يَقْطَعُ التَّلْبِيَةَ حَتَّى يَدْخُلَ مَكَّةَ، فَإِذَا طَافَ وَسَعَى عَاوَدَهَا لِرَوَاحِ مُصَلَّى عَرَفَةَ.

    On ne cesse la talbiya qu'en entrant à La Mecque ; après la circumambulation et le parcours entre aṣ-Ṣafā et al-Marwa, on la reprend jusqu'au moment de se rendre au lieu de prière de ʿArafa.

  8. 358

    وَأَوْجُهُ الْإِحْرَامِ أَرْبَعَةٌ، وَأَفْضَلُهَا الْإِفْرَادُ، وَهُوَ أَنْ يُحْرِمَ بِالْحَجِّ مُفْرِدًا، ثُمَّ إِذَا فَرَغَ مِنْ أَفْعَالِ الْحَجِّ يُسَنُّ لَهُ أَنْ يُحْرِمَ بِعُمْرَةٍ.

    Les formes de l'iḥrām sont quatre. La meilleure est l'ifrād : se mettre en état de sacralisation pour le pèlerinage seul ; puis, une fois ses rites terminés, il est sunna de se mettre en état de sacralisation pour une ʿumra.

  9. 359

    وَإِحْرَامُ الرَّجُلِ فِي وَجْهِهِ وَرَأْسِهِ، فَيَحْرُمُ عَلَيْهِ سَتْرُهُمَا بِمَا يُعَدُّ سَاتِرًا كَالْعِمَامَةِ وَالْخِرْقَةِ وَكُلِّ مَا يُنْتَفَعُ بِهِ مِنَ الْحَرِّ وَالْبَرْدِ. وَيَحْرُمُ عَلَيْهِ لُبْسُ الْخَاتَمِ.

    La sacralisation de l'homme porte sur son visage et sa tête : il lui est interdit de les couvrir de ce qui est tenu pour une couverture, comme le turban, un morceau d'étoffe et tout ce qui protège de la chaleur et du froid. Il lui est interdit de porter une bague.

  10. 360

    وَإِحْرَامُ الْمَرْأَةِ فِي وَجْهِهَا وَكَفَّيْهَا فَقَطْ، وَلَهَا أَنْ تَسْدُلَ عَلَى وَجْهِهَا ثَوْبًا لِأَجْلِ السِّتْرِ، وَلَا تَغْرِزُهُ بِإِبْرَةٍ وَنَحْوِهَا.

    La sacralisation de la femme porte sur son visage et ses mains seulement. Elle peut laisser tomber une étoffe sur son visage pour se dérober aux regards, sans la fixer avec une aiguille ou une chose semblable.

  11. 361

    وَيَحْرُمُ عَلَى الْمُحْرِمِ مَسُّ طِيبٍ يَعْلَقُ بِالْجَسَدِ وَالثَّوْبِ كَالْمِسْكِ وَالْعَنْبَرِ، وَدَهْنُ الرَّأْسِ، وَتَقْلِيمُ ظُفُرٍ، وَإِبَانَةُ شَعْرٍ، وَالْجِمَاعُ وَمُقَدِّمَاتُهُ.

    Il est interdit au pèlerin en état de sacralisation de toucher un parfum qui s'attache au corps et au vêtement, comme le musc et l'ambre ; de s'oindre la tête ; de se couper un ongle ; de s'ôter un poil ; ainsi que le rapport sexuel et ses préliminaires.

  12. 362

    وَيَفْسُدُ الْحَجُّ بِالْجِمَاعِ إِنْ وَقَعَ قَبْلَ الْوُقُوفِ، أَوْ بَعْدَهُ قَبْلَ طَوَافِ الْإِفَاضَةِ وَرَمْيِ جَمْرَةِ الْعَقَبَةِ فِي يَوْمِ النَّحْرِ أَوْ قَبْلَهُ.

    Le pèlerinage est invalidé par le rapport sexuel s'il a lieu avant la station [de ʿArafa], ou après elle, avant la circumambulation de l'ifāḍa et le jet des cailloux sur la stèle d'al-ʿAqaba, le jour du sacrifice ou avant.

  13. 363

    الرُّكْنُ الثَّانِي: الطَّوَافُ، وَلَهُ وَاجِبَاتٌ وَسُنَنٌ وَمُسْتَحَبَّاتٌ. فَالْوَاجِبَاتُ سَبْعَةٌ: السَّلَامَةُ مِنَ الْحَدَثِ وَالْخَبَثِ، وَسَتْرُ الْعَوْرَةِ، وَجَعْلُ الْبَيْتِ عَنْ يَسَارِهِ، وَالطَّوَافُ سَبْعَةَ أَشْوَاطٍ، وَدُخُولُ الْمَسْجِدِ، وَخُرُوجُ جَمِيعِ الْبَدَنِ عَنِ الْبَيْتِ، وَصَلَاةُ رَكْعَتَيْنِ عَقِبَهُ.

    Le deuxième pilier : la circumambulation (ṭawāf). Elle a des obligations, des sunnas et des actes recommandés. Ses obligations sont sept : être exempt d'impureté rituelle et matérielle ; couvrir la partie du corps à cacher ; garder la Maison à sa gauche ; accomplir sept tours ; se trouver à l'intérieur de la mosquée ; que tout le corps soit à l'extérieur de la Maison ; et prier deux rakʿa à sa suite.

  14. 364

    وَمَسْنُونَاتُهُ سِتَّةٌ: الْمَشْيُ، وَتَقْبِيلُ الْحَجَرِ الْأَسْوَدِ بِفِيهِ فِي الشَّوْطِ الْأَوَّلِ إِنْ قَدَرَ، وَلَمْسُ الرُّكْنِ الْيَمَانِيِّ فِي أَوَّلِ شَوْطٍ، وَالدُّعَاءُ، وَالصَّلَاةُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ،

    Ses sunnas sont six : aller à pied ; embrasser la Pierre noire de la bouche au premier tour, si on le peut ; toucher l'angle yéménite au premier tour ; invoquer ; prier sur le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix ;

  15. 365

    وَالرَّمَلُ لِلرِّجَالِ فِي الْأَشْوَاطِ الثَّلَاثَةِ الْأُولَى فِي طَوَافِ الْقُدُومِ، وَهُوَ فَوْقَ الْمَشْيِ وَدُونَ الْجَرْيِ.

    [suite] et, pour les hommes, presser le pas (ramal) dans les trois premiers tours de la circumambulation d'arrivée ; c'est une allure plus vive que la marche et moins que la course.

  16. 366

    وَمُسْتَحَبَّاتُهُ كَثِيرَةٌ، مِنْهَا: تَرْكُ الْكَثِيرِ مِنْ قِرَاءَةِ الْقُرْآنِ، وَتَرْكُ الْكَلَامِ وَإِنْشَادِ الشِّعْرِ، وَتَرْكُ شُرْبِ الْمَاءِ إِلَّا لِعَطَشٍ. وَلْيُكْثِرِ الْغَرِيبُ مِنَ الطَّوَافِ فَإِنَّهُ أَفْضَلُ فِي حَقِّهِ مِنَ الرُّكُوعِ.

    Ses actes recommandés sont nombreux. Parmi eux : ne pas réciter beaucoup de Coran ; ne pas parler ni déclamer de poésie ; ne boire que si l'on a soif. Que l'étranger de passage multiplie les circumambulations : elles valent mieux pour lui que la prière [surérogatoire].

  17. 367

    وَيُسْتَحَبُّ لِمَنْ جَلَسَ فِي الْمَسْجِدِ أَنْ يَتَوَجَّهَ إِلَى الْكَعْبَةِ، وَتُكْرَهُ الْقِرَاءَةُ وَالتَّلْبِيَةُ فِيهِ.

    Il est recommandé à celui qui s'assoit dans la mosquée de se tourner vers la Kaʿba. La récitation et la talbiya sont déconseillées pendant la circumambulation.

  18. 368

    الرُّكْنُ الثَّالِثُ: السَّعْيُ بَيْنَ الصَّفَا وَالْمَرْوَةِ سَبْعَةَ أَشْوَاطٍ، يَبْدَأُ بِالصَّفَا وَيَخْتِمُ بِالْمَرْوَةِ، وَيَعُدُّ الْبَدْءَ شَوْطًا وَالرَّجْعَةَ شَوْطًا. وَلَا يَصِحُّ إِلَّا بِتَقَدُّمِ طَوَافٍ، وَلَا يُشْتَرَطُ أَنْ يَكُونَ الطَّوَافُ وَاجِبًا.

    Le troisième pilier : le parcours (saʿy) entre aṣ-Ṣafā et al-Marwa, sept trajets ; on commence par aṣ-Ṣafā et l'on termine par al-Marwa, l'aller comptant pour un trajet et le retour pour un autre. Il n'est valable que précédé d'une circumambulation, sans qu'il soit exigé qu'elle soit obligatoire.

  19. 369

    وَيُسْتَحَبُّ فِيهِ شُرُوطُ الصَّلَاةِ غَيْرَ الِاسْتِقْبَالِ، وَالْمُكْثُ عَلَى الصَّفَا وَالْمَرْوَةِ وَالدُّعَاءُ عَلَيْهِمَا، وَلَيْسَ فِي ذَلِكَ حَدٌّ.

    Il est recommandé d'y réunir les conditions de la prière, sauf l'orientation vers la qibla, de s'arrêter sur aṣ-Ṣafā et sur al-Marwa et d'y invoquer ; rien n'est fixé pour cela.

  20. 370

    وَلْيَحْذَرْ مِمَّا يَفْعَلُهُ بَعْضُهُمْ مِنَ الْجَرْيِ مِنَ الصَّفَا إِلَى الْمَرْوَةِ، وَإِنَّمَا يُشْرَعُ لِلرَّجُلِ دُونَ الْمَرْأَةِ بَيْنَ الْمِيلَيْنِ الْأَخْضَرَيْنِ. وَلَوْ رَمَلَ فِي جَمِيعِ سَعْيِهِ أَجْزَأَهُ وَقَدْ أَسَاءَ، وَكَذَا لَوْ لَمْ يَرْمُلْ بِالْكُلِّيَّةِ.

    Que l'on se garde de ce que font certains, qui courent d'aṣ-Ṣafā jusqu'à al-Marwa : cela n'est prescrit qu'à l'homme, non à la femme, entre les deux bornes vertes. Celui qui presse le pas pendant tout son parcours s'en est acquitté, mais il a mal agi ; de même celui qui ne le presse pas du tout.

  21. 371

    الرُّكْنُ الرَّابِعُ: الْوُقُوفُ بِعَرَفَةَ سَاعَةً مِنْ لَيْلَةِ النَّحْرِ. وَالْوُقُوفُ رَاكِبًا أَفْضَلُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ بِدَابَّتِهِ عُذْرٌ، وَالْقِيَامُ أَفْضَلُ مِنَ الْجُلُوسِ، وَلَا يَجْلِسُ إِلَّا لِتَعَبٍ. وَالْوُقُوفُ نَهَارًا مَعَ الْإِمَامِ وَاجِبٌ يُجْبَرُ بِالدَّمِ إِذَا تَرَكَهُ.

    Le quatrième pilier : la station à ʿArafa, un moment de la nuit du sacrifice. S'y tenir sur sa monture est meilleur, sauf si la bête a un empêchement ; se tenir debout est meilleur que s'asseoir, et l'on ne s'assoit que par fatigue. La station de jour avec l'imam est une obligation dont l'omission se répare par un sacrifice.

Section : la ʿumraفَصْلٌ

  1. 372

    الْعُمْرَةُ سُنَّةٌ فِي الْعُمُرِ مَرَّةً. وَأَرْكَانُهَا أَرْكَانُ الْحَجِّ مَا عَدَا الْوُقُوفَ.

    La ʿumra est une sunna, une fois dans la vie. Ses piliers sont ceux du pèlerinage, sauf la station [de ʿArafa].

  2. 373

    وَلَهَا مِيقَاتَانِ: مَكَانِيٌّ، وَهُوَ مِيقَاتُ الْحَجِّ إِلَّا فِي حَقِّ مَنْ هُوَ بِمَكَّةَ فَإِنَّهُ يُحْرِمُ مِنَ الْحِلِّ، وَالْأَفْضَلُ أَنْ يُحْرِمَ مِنَ الْجِعِرَّانَةِ، وَزَمَانِيٌّ، وَهُوَ جَمِيعُ أَيَّامِ السَّنَةِ.

    Elle a deux repères : un repère de lieu, celui du pèlerinage, sauf pour celui qui se trouve à La Mecque, qui entre en état de sacralisation hors du territoire sacré, le mieux étant de le faire à al-Jiʿirrāna ; et un repère de temps : tous les jours de l'année.

  3. 374

    وَصِفَةُ الْإِحْرَامِ بِهَا، مِنِ اسْتِحْبَابِ الْغُسْلِ وَالتَّنْظِيفِ وَمَا يَلْبَسُهُ وَمَا يَحْرُمُ عَلَيْهِ مِنَ اللِّبَاسِ وَالطِّيبِ وَغَيْرِ ذَلِكَ، كَالْحَجِّ.

    La manière d'entrer en état de sacralisation pour elle est celle du pèlerinage : grandes ablutions et toilette recommandées, vêtements à porter, vêtements, parfum et autres choses interdits.

  4. 375

    وَيُكْرَهُ تَكْرَارُهَا فِي الْعَامِ الْوَاحِدِ. وَتَفْسُدُ بِالْجِمَاعِ وَمَا فِي مَعْنَاهُ إِذَا وَقَعَ قَبْلَ انْقِضَاءِ أَرْكَانِهَا.

    Il est déconseillé de la répéter dans la même année. Elle est invalidée par le rapport sexuel et ce qui lui est assimilé, s'il a lieu avant l'achèvement de ses piliers.

Conclusion : la visite au Prophèteخَاتِمَةٌ

  1. 376

    إِذَا خَرَجَ الْإِنْسَانُ مِنْ مَكَّةَ فَلْتَكُنْ نِيَّتُهُ وَعَزِيمَتُهُ زِيَارَةَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، إِذْ زِيَارَتُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سُنَّةٌ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا وَفَضِيلَةٌ مُرَغَّبٌ فِيهَا.

    Quand on quitte La Mecque, que l'on ait pour intention et pour ferme résolution de rendre visite au Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix : sa visite est une sunna sur laquelle il y a consensus et un mérite auquel on est encouragé.

  2. 377

    فَإِذَا أَمَّهُ الزَّائِرُ لَا يُشْرِكُ مَعَهُ غَيْرَهُ، لِأَنَّهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ مَتْبُوعٌ لَا تَابِعٌ.

    Quand le visiteur se dirige vers lui, il n'associe à ce but aucun autre, car il est, sur lui la prière et la paix, celui que l'on suit et non celui qui suit.

  3. 378

    وَيُسْتَحَبُّ أَنْ يَنْزِلَ خَارِجَ الْمَدِينَةِ فَيَتَطَهَّرُ وَيَتَطَيَّبُ وَيَلْبَسُ أَحْسَنَ ثِيَابِهِ.

    Il est recommandé de faire halte hors de Médine, de s'y purifier, de se parfumer et de revêtir ses plus beaux vêtements.

  4. 379

    ثُمَّ إِذَا دَخَلَ الْمَسْجِدَ بَدَأَ بِالرُّكُوعِ إِنْ كَانَ وَقْتٌ تَجُوزُ فِيهِ النَّافِلَةُ، وَإِلَّا بَدَأَ بِالْقَبْرِ الشَّرِيفِ، وَلَا يَلْتَصِقُ بِهِ.

    Puis, en entrant dans la mosquée, on commence par prier si c'est un moment où la prière surérogatoire est permise ; sinon, on commence par la noble tombe, sans s'y coller.

  5. 380

    وَيَسْتَدْبِرُ الْقِبْلَةَ وَيَسْتَقْبِلُ الْقَبْرَ الشَّرِيفَ وَيَقُولُ: السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ.

    On tourne le dos à la qibla, on fait face à la noble tombe et l'on dit : « Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions. »

  6. 381

    ثُمَّ يَتَنَحَّى عَنْ يَمِينِهِ نَحْوَ ذِرَاعٍ فَيَقُولُ: السَّلَامُ عَلَيْكَ يَا أَبَا بَكْرٍ الصِّدِّيقُ. ثُمَّ يَتَنَحَّى إِلَى الْيَمِينِ أَيْضًا نَحْوَ ذِرَاعٍ فَيَقُولُ: السَّلَامُ عَلَيْكَ يَا أَبَا حَفْصٍ عُمَرُ الْفَارُوقُ. وَيُسَلِّمُ كُلَّمَا دَخَلَ وَخَرَجَ.

    Puis on s'écarte d'environ une coudée vers la droite et l'on dit : « Que la paix soit sur toi, ô Abū Bakr le Véridique. » Puis on s'écarte encore d'environ une coudée vers la droite et l'on dit : « Que la paix soit sur toi, ô Abū Ḥafṣ ʿUmar, al-Fārūq. » On salue chaque fois que l'on entre et que l'on sort.

Chapitre septième : le sacrifice de la fête, le sacrifice de la naissance et l'abattageالْبَابُ السَّابِعُ فِي الْأُضْحِيَّةِ وَالْعَقِيقَةِ وَالذَّبْحِ

  1. 382

    أَمَّا الْأُضْحِيَّةُ فَهِيَ مَا يُتَقَرَّبُ بِذَكَاتِهِ مِنَ الْأَنْعَامِ يَوْمَ الْأَضْحَى وَتَالِيَيْهِ.

    Le sacrifice de la fête (uḍḥiya) est la bête du bétail que l'on abat pour se rapprocher d'Allah, le jour du sacrifice et les deux jours suivants.

  2. 383

    وَهِيَ سُنَّةٌ عَلَى الْمُسْتَطِيعِ الْحُرِّ الْمُسْلِمِ، كَبِيرًا كَانَ أَوْ صَغِيرًا، ذَكَرًا أَوْ أُنْثَى، مُقِيمًا أَوْ مُسَافِرًا، غَيْرَ حَاجٍّ بِمِنًى، عَنْ نَفْسِهِ وَعَمَّنْ تَلْزَمُهُ نَفَقَتُهُ كَالْوَلَدِ وَالْآبَاءِ الْفُقَرَاءِ.

    Il est une sunna pour le musulman libre qui en a les moyens, adulte ou enfant, homme ou femme, résident ou voyageur, sauf le pèlerin qui se trouve à Minā ; il l'accomplit pour lui-même et pour ceux dont l'entretien est à sa charge, comme ses enfants et ses parents pauvres.

  3. 384

    وَوَقْتُهَا بَعْدَ نَحْرِ الْإِمَامِ مِنْ يَوْمِ النَّحْرِ، فَمَنْ ذَبَحَ قَبْلَهُ لَمْ يُجْزِهِ. وَمَنْ لَا إِمَامَ لَهُمْ فَلْيَتَحَرَّوْا صَلَاةَ أَقْرَبِ الْأَئِمَّةِ إِلَيْهِمْ وَنَحْرَهُ. وَهَلِ الْمُرَادُ بِالْإِمَامِ إِمَامُ الصَّلَاةِ أَوِ الْعَبَّاسِيُّ؟ قَوْلَانِ.

    Son temps commence après que l'imam a sacrifié, le jour du sacrifice ; celui qui égorge avant lui ne s'en est pas acquitté. Ceux qui n'ont pas d'imam se règlent, par estimation, sur la prière et le sacrifice de l'imam le plus proche. L'imam en question est-il celui de la prière ou le calife abbasside ? Deux avis.

  4. 385

    وَمَنْ ذَبَحَ قَبْلَ يَوْمِ النَّحْرِ، أَوْ يَوْمَ النَّحْرِ بَعْدَ الْفَجْرِ قَبْلَ طُلُوعِ الشَّمْسِ، لَمْ يُجْزِهِ.

    Celui qui égorge avant le jour du sacrifice, ou ce jour-là après l'aube et avant le lever du soleil, ne s'en est pas acquitté.

  5. 386

    وَأَقَلُّ مَا يُجْزِئُ فِي الضَّحَايَا مِنَ الْأَسْنَانِ الْجَذَعُ مِنَ الضَّأْنِ وَالْمَعْزِ، وَهُوَ ابْنُ سَنَةٍ، وَالثَّنِيُّ مِنَ الْبَقَرِ، وَهُوَ مَا دَخَلَ فِي السَّنَةِ الرَّابِعَةِ، وَالثَّنِيُّ مِنَ الْإِبِلِ، وَهُوَ مَا أَوْفَى خَمْسَ سِنِينَ وَدَخَلَ فِي السَّادِسَةِ.

    L'âge minimal qui suffit pour les bêtes du sacrifice est : pour les moutons et les chèvres, le jadhaʿ, âgé d'un an ; pour les bovins, le thaniyy, entré dans sa quatrième année ; pour les chameaux, le thaniyy, âgé de cinq ans révolus et entré dans sa sixième année.

  6. 387

    وَيُتَّقَى فِي الضَّحَايَا وَالْهَدَايَا الْعُيُوبُ. فَلَا يُجْزِئُ فِي الضَّحَايَا وَالْهَدَايَا عَوْرَاءُ، وَهِيَ الَّتِي ذَهَبَ نُورُ إِحْدَى عَيْنَيْهَا، وَلَا مَرِيضَةٌ مَرَضًا بَيِّنًا، وَلَا عَرْجَاءُ عَرَجًا بَيِّنًا، وَلَا عَجْفَاءُ، وَهِيَ الَّتِي لَا شَحْمَ فِيهَا، وَقِيلَ هِيَ الَّتِي لَا مُخَّ فِي عِظَامِهَا،

    Pour les bêtes du sacrifice et les offrandes du pèlerinage (hady), on écarte les défauts. Ne suffisent donc ni la borgne, celle dont un œil a perdu la vue ; ni la malade dont la maladie est manifeste ; ni la boiteuse dont la boiterie est manifeste ; ni la décharnée, celle qui n'a pas de graisse ou, selon un avis, pas de moelle dans les os ;

  7. 388

    وَلَا مَشْقُوقَةُ الْأُذُنِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ الشَّقُّ يَسِيرًا، وَهُوَ الثُّلُثُ، وَكَذَا قَطْعُ الْأُذُنِ لَا يُجْزِئُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ يَسِيرًا. وَكَذَلِكَ ذَهَابُ أَكْثَرِ الذَّنَبِ. وَكَذَلِكَ مَكْسُورَةُ الْقَرْنِ إِنْ لَمْ يَبْرَأْ، فَإِنْ بَرِئَ أَجْزَأَ.

    [suite] ni celle dont l'oreille est fendue, à moins que la fente ne soit légère, c'est-à-dire d'un tiers ; de même l'oreille coupée ne suffit pas, à moins que la coupure ne soit légère ; de même celle qui a perdu la plus grande partie de la queue ; de même celle dont la corne est cassée, si la plaie n'est pas guérie : si elle l'est, la bête suffit.

  8. 389

    وَأَمَّا الْعَقِيقَةُ فَمُسْتَحَبَّةٌ، وَهِيَ الذَّبِيحَةُ الَّتِي تُذْبَحُ يَوْمَ سَابِعِ وِلَادَةِ الْمَوْلُودِ، وَيُشْتَرَطُ فِيهَا مَا يُشْتَرَطُ فِي الضَّحِيَّةِ.

    Le sacrifice de la naissance (ʿaqīqa) est recommandé : c'est la bête que l'on égorge le septième jour de la naissance de l'enfant. Elle est soumise aux mêmes conditions que le sacrifice de la fête.

  9. 390

    وَأَمَّا الذَّبْحُ فَهُوَ قَطْعُ الْحُلْقُومِ جَمِيعِهِ وَقَطْعُ الْوَدَجَيْنِ، فَلَا يُجْزِئُ أَقَلُّ مِنْ ذَلِكَ. وَذَبْحُ الْمَرْأَةِ جَائِزٌ.

    L'abattage (dhabḥ) consiste à trancher toute la trachée et les deux veines jugulaires ; rien de moins ne suffit. L'abattage fait par une femme est permis.

  10. 391

    فَإِنْ رَفَعَ الذَّابِحُ يَدَهُ عَنِ الذَّبِيحَةِ بَعْدَ قَطْعِ بَعْضِ الْحُلْقُومِ وَالْوَدَجَيْنِ ثُمَّ أَعَادَ يَدَهُ فَأَجْهَزَهَا لَمْ تُؤْكَلْ. فَإِنْ تَمَادَى الذَّابِحُ عَمْدًا حَتَّى قَطَعَ الرَّأْسَ مِنَ الذَّبِيحَةِ أَسَاءَ وَتُؤْكَلُ. وَمَنْ ذَبَحَ مِنَ الْقَفَا أَوْ مِنْ صَفْحَةِ الْعُنُقِ لَمْ تُؤْكَلْ.

    Si celui qui égorge retire la main de la bête après avoir tranché une partie de la trachée et des jugulaires, puis la remet et l'achève, la bête ne se mange pas. S'il poursuit exprès jusqu'à détacher la tête, il a mal agi, mais elle se mange. Si l'on égorge par la nuque ou par le côté du cou, elle ne se mange pas.

  11. 392

    وَصِفَةُ الذَّبْحِ الْمُسْتَحَبَّةُ: أَنْ يَضَعَ الذَّبِيحَةَ عَلَى يَسَارِهَا مُتَوَجِّهَةً لِلْقِبْلَةِ، وَيَقُولَ الذَّابِحُ: بِسْمِ اللَّهِ وَاللَّهُ أَكْبَرُ، فَيَجْمَعَ بَيْنَ التَّسْمِيَةِ وَالتَّكْبِيرِ، وَلَا يَذْكُرُ مَعَ التَّسْمِيَةِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ، وَلَا يُصَلِّي عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

    La manière recommandée d'égorger : coucher la bête sur son côté gauche, tournée vers la qibla ; celui qui égorge dit « Au Nom d'Allah, et Allah est le plus grand », réunissant ainsi les deux formules ; il n'ajoute pas « le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » et ne prie pas sur le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix.

  12. 393

    فَإِنِ اقْتَصَرَ عَلَى التَّسْمِيَةِ أَجْزَأَهُ، وَلَوْ تَرَكَهَا نِسْيَانًا أَجْزَأَهُ اتِّفَاقًا، وَكَذَلِكَ تُجْزِئُهُ لَوْ تَرَكَهَا عَمْدًا عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ، وَمَذْهَبُ الْمُدَوَّنَةِ لَا تُجْزِئُهُ. وَلَوْ تَرَكَ التَّوَجُّهَ إِلَى الْقِبْلَةِ أَجْزَأَهُ وَلَوْ كَانَ عَمْدًا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

    S'il se contente de « Au Nom d'Allah », cela suffit. S'il l'omet par oubli, cela suffit, de l'avis de tous ; cela suffit aussi s'il l'omet exprès, selon Ibn al-Qāsim, mais non selon la position de la Mudawwana. S'il n'oriente pas la bête vers la qibla, cela suffit, même exprès. Et Allah est plus savant.

Chapitre huitième : quelques questions sur le mariage et la répudiationالْبَابُ الثَّامِنُ فِي شَيْءٍ مِنْ مَسَائِلِ النِّكَاحِ وَالطَّلَاقِ

  1. 394

    أَمَّا النِّكَاحُ فَمَعْنَاهُ فِي اللُّغَةِ دُخُولُ الشَّيْءِ فِي الشَّيْءِ، يُقَالُ: نَكَحَتِ الْحَصَاةُ أَخْفَافَ الْإِبِلِ، وَنَكَحَ النَّوْمُ الْعَيْنَ. وَفِي الشَّرْعِ: حَقِيقَةٌ فِي الْعَقْدِ مَجَازٌ فِي الْوَطْءِ.

    Le mot nikāḥ désigne, dans la langue, le fait qu'une chose entre dans une autre : on dit que le caillou a pénétré la semelle des chameaux et que le sommeil a pénétré l'œil. Dans la Loi, il désigne au sens propre le contrat [de mariage] et, au sens figuré, le rapport sexuel.

  2. 395

    قَالَ بَعْضُهُمْ: قَالَ مَالِكٌ: النِّكَاحُ مُسْتَحَبٌّ. وَاخْتُلِفَ فِيهِ فِي زَمَانِنَا هَذَا، فَقَالَ بَعْضُهُمْ: تَرْكُهُ وَالِاشْتِغَالُ بِالْعِبَادَةِ مَخَافَةَ عَدَمِ الْقِيَامِ بِحُقُوقِ الزَّوْجَةِ أَفْضَلُ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: التَّزَوُّجُ أَفْضَلُ، وَيَجْتَهِدُ فِي الْحَلَالِ مَا قَدِرَ، فَإِنْ لَمْ يَجِدْ فَالْمُتَشَابِهُ.

    L'un d'eux a dit : Mālik a dit que le mariage est recommandé. Il y a divergence à son sujet à notre époque. Les uns disent : y renoncer et se consacrer à l'adoration, de peur de ne pas s'acquitter des droits de l'épouse, est meilleur. Les autres disent : se marier est meilleur ; on s'efforce autant que possible de vivre du licite et, si on ne le trouve pas, de ce qui est douteux.

  3. 396

    وَالنِّكَاحُ بِمَعْنَى الْوَطْءِ لَا يَجُوزُ فِي الشَّرْعِ إِلَّا بِأَحَدِ أَمْرَيْنِ: عَقْدِ نِكَاحٍ أَوْ مِلْكِ يَمِينٍ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حَافِظُونَ إِلَّا عَلَى أَزْوَاجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ﴾.

    Le nikāḥ au sens de rapport sexuel n'est permis par la Loi que par l'une de deux voies : le contrat de mariage ou la possession d'une esclave, en raison de la parole du Très-Haut : « et ceux qui préservent leur sexe, sauf avec leurs épouses ou celles que possède leur main droite : ceux-là ne sont pas blâmables » [sourate al-Muʾminūn, 23:5-6].

  4. 397

    وَلَهُ أَرْكَانٌ أَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: الْوَلِيُّ، فَلَا يَصِحُّ الْعَقْدُ بِدُونِهِ.

    Le mariage a quatre piliers. Le premier : le tuteur matrimonial (walī) ; le contrat n'est pas valable sans lui.

  5. 398

    وَيُشْتَرَطُ فِي الْوَلِيِّ شُرُوطٌ. مِنْهَا: اتِّفَاقُ الدِّينَيْنِ، فَلَا يُزَوِّجُ الْكَافِرُ الْمُسْلِمَةَ وَلَا الْمُسْلِمُ الْكَافِرَةَ، إِلَّا أَنْ تَكُونَ أَمَتَهُ أَوْ مَعْتُوقَتَهُ فَإِنَّهُ يُزَوِّجُهَا.

    Le tuteur doit remplir des conditions. Parmi elles : l'identité de religion ; le mécréant ne marie pas la musulmane, ni le musulman la mécréante, sauf si elle est son esclave ou son affranchie : il la marie alors.

  6. 399

    وَمِنْهَا: الْحُرِّيَّةُ، فَالْعَبْدُ وَالْمُكَاتَبُ وَالْمُدَبَّرُ وَالْمُعْتَقُ بَعْضُهُ يُفْسَخُ مَا عَقَدُوهُ وَلَوْ بَعْدَ الدُّخُولِ، وَلَهَا الْمَهْرُ بِالْمَسِيسِ.

    Parmi elles : la condition d'homme libre. Le contrat conclu par l'esclave, par l'esclave engagé dans un rachat (mukātab), par celui dont l'affranchissement est fixé à la mort de son maître (mudabbar) ou par l'affranchi partiel est dissous, même après la consommation ; la femme a droit à la dot du fait des rapports.

  7. 400

    وَمِنْهَا عِنْدَ بَعْضِهِمْ: أَنْ يَكُونَ غَيْرَ مُوَلًّى عَلَيْهِ، وَأَنْ يَكُونَ عَدْلًا. وَالْمَشْهُورُ أَنَّ الْفِسْقَ لَا يَسْلُبُ الْوِلَايَةَ، وَإِنَّمَا يَقْدَحُ فِي كَمَالِ الْعَقْدِ دُونَ صِحَّتِهِ. وَيَعْقِدُ السَّفِيهُ ذُو الرَّأْيِ عَلَى ابْنَتِهِ بِإِذْنِ وَلِيِّهِ.

    Parmi elles, selon certains : ne pas être soi-même sous tutelle, et être intègre. L'avis réputé est que le péché grave n'ôte pas la tutelle : il entache la perfection du contrat, non sa validité. Le prodigue (safīh) qui a du jugement conclut le mariage de sa fille avec la permission de son propre tuteur.

  8. 401

    وَمِنْهَا: الْبُلُوغُ وَالْعَقْلُ وَالذُّكُورِيَّةُ، فَالْمَرْأَةُ لَا يَجُوزُ عَقْدُهَا عَلَى نَفْسِهَا وَلَا عَلَى غَيْرِهَا، وَلَهَا أَنْ تُفَوِّضَ لِمَنْ يَعْقِدُ لَهَا مِنَ الرِّجَالِ فِي تَزْوِيجِ نَفْسِهَا، وَفِي أَمَتِهَا الْقِنِّ، وَالْمُعْتَقَةِ، وَمَنْ هِيَ فِي إِيصَائِهَا.

    Parmi elles : la puberté, la raison et le sexe masculin. La femme ne peut conclure le contrat ni pour elle-même ni pour une autre ; elle peut charger un homme de conclure pour elle son propre mariage, celui de son esclave, celui de son affranchie et celui de la femme dont elle est la tutrice testamentaire.

  9. 402

    الرُّكْنُ الثَّانِي: الصَّدَاقُ، فَلَا يَصِحُّ النِّكَاحُ بِدُونِهِ، وَهُوَ رُبُعُ دِينَارٍ مِنَ الذَّهَبِ، أَوْ ثَلَاثَةُ دَرَاهِمَ مِنَ الْفِضَّةِ، أَوْ مَا هُوَ قِيمَةُ أَحَدِهِمَا مِنَ الْعُرُوضِ.

    Le deuxième pilier : la dot (ṣadāq) ; le mariage n'est pas valable sans elle. Elle est [au minimum] d'un quart de dinar d'or, ou de trois dirhams d'argent, ou de marchandises ayant la valeur de l'un des deux.

  10. 403

    وَهُوَ حَقٌّ لِلَّهِ تَعَالَى وَلِلْآدَمِيِّ: فَحَقُّ اللَّهِ ثَلَاثَةُ دَرَاهِمَ، وَمَا زَادَ عَلَى ذَلِكَ حَقٌّ لِلْمَرْأَةِ. فَلَوْ رَضِيَتْ بِإِسْقَاطِهِ جُمْلَةً لَمْ يَجُزْ، وَلَهَا أَنْ تُسْقِطَ مَا زَادَ عَلَى رُبُعِ دِينَارٍ. وَأَكْثَرُ الصَّدَاقِ لَا حَدَّ لَهُ.

    Elle est à la fois un droit d'Allah le Très-Haut et un droit de la personne : le droit d'Allah est de trois dirhams, et ce qui dépasse est le droit de la femme. Si elle accepte d'y renoncer entièrement, ce n'est pas permis ; elle peut renoncer à ce qui dépasse un quart de dinar. La dot n'a pas de maximum.

  11. 404

    الرُّكْنُ الثَّالِثُ: الْإِشْهَادُ، وَهُوَ شَرْطٌ فِي صِحَّةِ الدُّخُولِ لَا فِي صِحَّةِ الْعَقْدِ. الرُّكْنُ الرَّابِعُ: الْمَحَلُّ، وَهُوَ الْمَرْأَةُ الْخَلِيَّةُ مِنَ الْمَوَانِعِ الَّتِي تَقْتَضِي تَحْرِيمَهَا، وَالزَّوْجُ.

    Le troisième pilier : la prise de témoins ; elle est une condition de validité de la consommation, non du contrat. Le quatrième pilier : les deux parties sur lesquelles porte le contrat : la femme, exempte des empêchements qui la rendraient interdite, et l'époux.

  12. 405

    وَيُشْتَرَطُ فِي الزَّوْجِ شُرُوطُ صِحَّةٍ وَشُرُوطُ اسْتِقْرَارٍ. فَشُرُوطُ الصِّحَّةِ أَرْبَعَةٌ: الْإِسْلَامُ، وَالتَّمْيِيزُ، وَالْعَقْلُ، وَتَحَقُّقُ الذُّكُورَةِ، فَالْخُنْثَى الْمُشْكِلُ لَا يَنْكِحُ وَلَا يُنْكَحُ.

    L'époux doit remplir des conditions de validité et des conditions de stabilité. Les conditions de validité sont quatre : l'islam, le discernement, la raison, et un sexe masculin établi ; l'hermaphrodite dont le sexe est indéterminé n'épouse pas et n'est pas épousé.

  13. 406

    وَشُرُوطُ الِاسْتِقْرَارِ خَمْسَةٌ: الْحُرِّيَّةُ، فَلَا يَسْتَقِرُّ نِكَاحُ الْعَبْدِ بِغَيْرِ إِذْنِ سَيِّدِهِ، وَالْبُلُوغُ، فَلَوْ تَزَوَّجَ الصَّبِيُّ بِغَيْرِ إِذْنِ أَبِيهِ أَوْ وَصِيِّهِ فَإِنْ أَجَازَهُ وَلِيُّهُ جَازَ، وَإِنْ رَدَّهُ بَعْدَ الْبِنَاءِ فَلِلزَّوْجَةِ رُبُعُ دِينَارٍ.

    Les conditions de stabilité sont cinq. La condition d'homme libre : le mariage de l'esclave n'est pas stable sans la permission de son maître. La puberté : si un garçon impubère se marie sans la permission de son père ou de son tuteur testamentaire, le mariage tient si son tuteur l'approuve ; s'il l'annule après la consommation, l'épouse a droit à un quart de dinar.

  14. 407

    الثَّالِثُ: الرُّشْدُ، فَإِنْ تَزَوَّجَ السَّفِيهُ بِغَيْرِ إِذْنِ وَلِيِّهِ فَلِلْوَلِيِّ إِمْضَاؤُهُ إِنْ كَانَ سَدَادًا، وَإِنْ رَدَّهُ بَعْدَ الْبِنَاءِ فَلِلزَّوْجَةِ رُبُعُ دِينَارٍ. الرَّابِعُ: الصِّحَّةُ، فَلَا يَصِحُّ نِكَاحُ مَرِيضٍ وَلَا مَرِيضَةٍ، وَيُفْسَخُ وَلَوْ بَعْدَ الْبِنَاءِ.

    La troisième : la capacité de gérer ses biens (rushd) ; si le prodigue se marie sans la permission de son tuteur, celui-ci peut valider le mariage s'il est judicieux ; s'il l'annule après la consommation, l'épouse a droit à un quart de dinar. La quatrième : la santé ; le mariage d'un homme ou d'une femme [gravement] malade n'est pas valable, et il est dissous même après la consommation.

  15. 408

    الْخَامِسُ: الْكَفَاءَةُ. وَالْكَفَاءَةُ حَقُّ الْمَرْأَةِ وَالْأَوْلِيَاءِ، فَإِنِ اتَّفَقَتْ مَعَهُمْ عَلَى تَرْكِهَا مَا عَدَا الْإِسْلَامَ جَازَ.

    La cinquième : l'équivalence de condition (kafāʾa). Elle est un droit de la femme et des tuteurs ; si elle s'accorde avec eux pour y renoncer, sauf en ce qui concerne l'islam, c'est permis.

  16. 409

    الرُّكْنُ السَّادِسُ: الصِّيغَةُ، وَهِيَ اللَّفْظُ الَّذِي يَنْعَقِدُ بِهِ النِّكَاحُ. فَالصِّيغَةُ مِنَ الْوَلِيِّ نَحْوُ: أَنْكَحْتُ وَزَوَّجْتُ، وَالصِّيغَةُ مِنَ الزَّوْجِ نَحْوُ: قَبِلْتُ وَرَضِيتُ.

    Le sixième pilier : la formule (ṣīgha), c'est-à-dire les paroles par lesquelles le mariage se noue. De la part du tuteur, par exemple : « Je donne en mariage », « Je marie » ; de la part de l'époux, par exemple : « J'accepte », « J'agrée ».

    Le texte a annoncé quatre piliers et nomme celui-ci « le sixième ». Un commentaire observe : c'est ainsi dans des copies ; il s'agit sans doute du cinquième, et il faudrait lire plus haut « cinq piliers ».

  17. 410

    وَلَا يَخْطُبُ أَحَدٌ عَلَى خِطْبَةِ أَخِيهِ، وَلَا يَسُومُ عَلَى سَوْمِ أَخِيهِ.

    Nul ne demande en mariage la femme que son frère a déjà demandée, ni ne surenchérit sur l'offre d'achat de son frère.

  18. 411

    وَلَا يَجُوزُ نِكَاحُ الشِّغَارِ، وَهُوَ الْبُضْعُ بِالْبُضْعِ، مِثْلُ أَنْ يُزَوِّجَ الرَّجُلُ ابْنَتَهُ لِرَجُلٍ عَلَى أَنْ يُزَوِّجَهُ الْآخَرُ ابْنَتَهُ وَلَيْسَ بَيْنَهُمَا صَدَاقٌ.

    Le mariage par échange (shighār) n'est pas permis : c'est une union contre une union, par exemple quand un homme marie sa fille à un autre à condition que celui-ci lui donne la sienne en mariage, sans dot entre eux.

  19. 412

    وَلَا يَجُوزُ نِكَاحُ الْمُتْعَةِ، وَهُوَ النِّكَاحُ إِلَى أَجَلٍ، وَيُفْسَخُ قَبْلَ الْبِنَاءِ وَبَعْدَهُ بِغَيْرِ طَلَاقٍ. وَيَجِبُ فِيهِ صَدَاقُ الْمِثْلِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ هُنَاكَ تَسْمِيَةٌ فَلَهَا الْمُسَمَّى، وَيَسْقُطُ عَنْهُ الْحَدُّ، وَيُلْحَقُ بِهِ الْوَلَدُ، وَعَلَيْهَا الْعِدَّةُ كَامِلَةً.

    Le mariage temporaire (mutʿa) n'est pas permis : c'est le mariage conclu pour un terme. Il est dissous avant comme après la consommation, sans répudiation. La dot d'équivalence y est due, sauf si une dot a été fixée : la femme a alors droit à celle-ci. La peine légale ne s'applique pas à l'homme, l'enfant lui est rattaché, et la femme doit observer le délai de viduité (ʿidda) en entier.

  20. 413

    وَلَا يَجُوزُ النِّكَاحُ فِي الْعِدَّةِ، سَوَاءٌ كَانَتْ عِدَّةَ وَفَاةٍ أَوْ طَلَاقٍ، وَيَتَأَبَّدُ التَّحْرِيمُ فِيهِ بِالْوَطْءِ فِي الْعِدَّةِ أَوْ بَعْدَهَا. وَيَحْرُمُ التَّصْرِيحُ بِالْخِطْبَةِ فِي الْعِدَّةِ، وَالتَّعْرِيضُ بِالْقَوْلِ الْمَعْرُوفِ مُبَاحٌ، مِثْلُ أَنْ يَقُولَ: إِنِّي فِيكِ لَرَاغِبٌ.

    Le mariage n'est pas permis pendant le délai de viduité, qu'il fasse suite à un décès ou à une répudiation ; l'interdiction devient définitive si un rapport a lieu pendant ce délai ou après lui. Il est interdit de demander ouvertement la femme en mariage pendant ce délai ; y faire allusion par une parole convenable est permis, par exemple en disant : « J'ai de l'inclination pour toi. »

  21. 414

    وَيَجُوزُ لِلْحُرِّ وَالْعَبْدِ نِكَاحُ أَرْبَعِ حَرَائِرَ مُسْلِمَاتٍ أَوْ كِتَابِيَّاتٍ، وَلِلْعَبْدِ نِكَاحُ أَرْبَعِ إِمَاءٍ مُسْلِمَاتٍ، وَلِلْحُرِّ ذَلِكَ إِنْ خَشِيَ الْعَنَتَ وَلَمْ يَجِدْ لِلْحَرَائِرِ طَوْلًا، أَيْ مَالًا.

    L'homme libre et l'esclave peuvent épouser quatre femmes libres, musulmanes ou appartenant aux gens du Livre. L'esclave peut épouser quatre esclaves musulmanes ; l'homme libre le peut aussi s'il craint de tomber dans le péché et n'a pas les moyens, c'est-à-dire les biens, d'épouser des femmes libres.

  22. 415

    مَنْ كَانَ مُتَزَوِّجًا بِامْرَأَتَيْنِ أَوْ أَكْثَرَ، حَرَائِرَ أَوْ إِمَاءً، مُسْلِمَاتٍ أَوْ كِتَابِيَّاتٍ، فَإِنَّهُ يَجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يَعْدِلَ بَيْنَهُنَّ، فَإِنْ لَمْ يَعْدِلْ فَهُوَ ظَالِمٌ عَاصٍ لِلَّهِ وَلِرَسُولِهِ، لَا تَجُوزُ إِمَامَتُهُ وَلَا شَهَادَتُهُ. وَمَنْ جَحَدَ وُجُوبَهُ فَهُوَ كَافِرٌ، يُسْتَتَابُ ثَلَاثًا، فَإِنْ لَمْ يَتُبْ فَهُوَ كَافِرٌ.

    Celui qui est marié à deux femmes ou plus, libres ou esclaves, musulmanes ou appartenant aux gens du Livre, doit être équitable entre elles. S'il ne l'est pas, il est injuste et désobéit à Allah et à Son Messager ; il ne peut ni diriger la prière ni témoigner. Celui qui nie cette obligation est mécréant : on l'appelle à se repentir pendant trois [jours] ; s'il ne se repent pas, il est mécréant.

  23. 416

    وَالْعَدْلُ الْمَذْكُورُ يَكُونُ فِي النَّفَقَةِ وَالْكِسْوَةِ بِحَسَبِ حَالِ كُلِّ وَاحِدَةٍ، فَالشَّرِيفَةُ بِقَدْرِ مِثْلِهَا وَالدَّنِيئَةُ بِقَدْرِ مِثْلِهَا، وَفِي الْمَبِيتِ، فَلَا يَدْخُلُ لِحَاجَتِهِ عِنْدَ مَنْ لَمْ تَكُنْ نَوْبَتُهَا وَإِنَّمَا يَطْلُبُهَا مِنْ خَارِجِ الْبَيْتِ. وَالْقَسْمُ بِيَوْمٍ وَلَيْلَةٍ، وَلَا يَقْسِمُ بِيَوْمَيْنِ إِلَّا بِرِضَاهُنَّ.

    Cette équité porte sur l'entretien et le vêtement, selon la condition de chacune : la femme de haut rang selon ce qui convient à ses pareilles, la femme de rang modeste selon ce qui convient aux siennes. Elle porte aussi sur les nuits : il n'entre pas, pour un besoin, chez celle dont ce n'est pas le tour, mais demande ce qu'il lui faut du dehors. Le partage se fait par un jour et une nuit ; il ne se fait par deux jours qu'avec leur accord.

  24. 417

    فَائِدَتَانِ: الْأُولَى: لَا يُصِيبُ الرَّجُلُ زَوْجَتَهُ أَوْ أَمَتَهُ وَمَعَهُ أَحَدٌ فِي الْبَيْتِ، صَغِيرًا كَانَ أَوْ كَبِيرًا، يَقْظَانَ أَوْ نَائِمًا.

    Deux choses à savoir. La première : l'homme n'a pas de rapport avec son épouse ou son esclave quand quelqu'un se trouve avec lui dans la pièce, enfant ou adulte, éveillé ou endormi.

  25. 418

    الثَّانِيَةُ: يُكْرَهُ أَنْ يُضَاجِعَهُنَّ فِي فِرَاشٍ وَاحِدٍ، وَقِيلَ يَحْرُمُ. وَاخْتُلِفَ فِي جَمْعِ الْإِمَاءِ، فَقِيلَ يَجُوزُ، وَقِيلَ لَا يَجُوزُ، وَقِيلَ يُكْرَهُ، هَذَا فِي الْمُضَاجَعَةِ. وَأَمَّا وَطْءُ إِحْدَاهُنَّ بِمَحْضَرِ الْأُخْرَى فَلَا يَجُوزُ اتِّفَاقًا.

    La seconde : il est déconseillé de partager une même couche avec ses épouses ; un avis dit que c'est interdit. Il y a divergence pour les esclaves : selon un avis c'est permis, selon un autre ce ne l'est pas, selon un troisième c'est déconseillé. Cela concerne le fait de partager la couche ; quant au rapport avec l'une en présence de l'autre, il n'est pas permis, de l'avis de tous.

  26. 419

    وَهَذَا آخِرُ مَا أَرَدْنَا جَمْعَهُ مِنْ مَسَائِلِ النِّكَاحِ.

    Ici s'achève ce que nous voulions réunir des questions du mariage.

  27. 420

    وَأَمَّا الطَّلَاقُ فَهُوَ مَأْخُوذٌ مِنْ قَوْلِكَ: أَطْلَقْتُ النَّاقَةَ فَانْطَلَقَتْ، إِذَا أَرْسَلْتَهَا مِنْ عِقَالٍ أَوْ قَيْدٍ. فَكُلُّ ذَاتِ زَوْجٍ مُوثَقَةٌ عِنْدَ زَوْجِهَا، فَإِذَا فَارَقَهَا أَطْلَقَهَا مِنْ وِثَاقِهِ.

    Quant à la répudiation (ṭalāq), le mot vient de l'expression : « J'ai lâché la chamelle et elle est partie », quand on la libère de son entrave ou de son lien. Toute femme mariée est comme attachée auprès de son mari ; quand il se sépare d'elle, il la libère de son lien.

  28. 421

    وَالطَّلَاقُ لُغَةً: الِانْقِطَاعُ وَالذَّهَابُ. وَاصْطِلَاحًا: حَلُّ الْعِصْمَةِ الْمُنْعَقِدَةِ بَيْنَ الزَّوْجَيْنِ. وَهَذَا أَمْرٌ جَعَلَهُ اللَّهُ تَعَالَى بِأَيْدِي الْأَزْوَاجِ دُونَ الزَّوْجَاتِ.

    Dans la langue, ṭalāq signifie rupture et départ ; dans l'usage des juristes, c'est la dissolution du lien conjugal noué entre les époux. Allah le Très-Haut a placé cela entre les mains des maris, non des épouses.

  29. 422

    وَهُوَ عَلَى قِسْمَيْنِ: مُبَاحٌ، وَهُوَ طَلَاقُ السُّنَّةِ، وَمَحْظُورٌ، وَهُوَ طَلَاقُ الْبِدْعَةِ، وَهُوَ الطَّلَاقُ ثَلَاثًا فِي كَلِمَةٍ وَاحِدَةٍ.

    Elle est de deux sortes : permise, c'est la répudiation conforme à la Sunna ; et prohibée, c'est la répudiation d'innovation, à savoir la triple répudiation en une seule parole.

  30. 423

    وَلِطَلَاقِ السُّنَّةِ شُرُوطٌ: أَنْ تَكُونَ الْمُطَلَّقَةُ مِمَّنْ تَحِيضُ، وَأَنْ لَا تَكُونَ حَائِضًا وَلَا نُفَسَاءَ، وَأَنْ تَكُونَ فِي طُهْرٍ لَمْ يَمَسَّ فِيهِ، وَأَنْ يُطَلِّقَ فِيهِ وَاحِدَةً.

    La répudiation conforme à la Sunna a des conditions : que la femme soit de celles qui ont des menstrues ; qu'elle n'ait ni ses menstrues ni ses lochies ; qu'elle soit dans une période de pureté où il ne l'a pas touchée ; et qu'il ne prononce alors qu'une seule répudiation.

  31. 424

    وَمَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ: أَنْتِ طَالِقٌ، فَهِيَ وَاحِدَةٌ حَتَّى يَنْوِيَ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ.

    Celui qui dit à son épouse : « Tu es répudiée », cela vaut une répudiation, à moins qu'il n'en ait visé davantage.

  32. 425

    وَالْخُلْعُ طَلْقَةٌ بَائِنَةٌ لَا رَجْعَةَ فِيهَا، وَإِنْ لَمْ يُسَمِّ طَلَاقًا، إِذَا أَعْطَتْهُ شَيْئًا يَخْلَعُهَا بِهِ مِنْ نَفْسِهِ.

    La séparation contre compensation (khulʿ) est une répudiation définitive, sans reprise possible, même s'il ne l'a pas nommée répudiation, dès lors qu'elle lui a donné quelque chose pour qu'il la libère de lui.

  33. 426

    وَأَرْكَانُ الطَّلَاقِ أَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: مُوقِعُ الطَّلَاقِ، وَشَرْطُهُ أَنْ يَكُونَ مُسْلِمًا مُكَلَّفًا، فَلَا يَنْعَقِدُ طَلَاقُ الْكَافِرِ، وَلَا الصَّبِيِّ، وَلَا مَنْ زَالَ عَقْلُهُ بِجُنُونٍ أَوْ إِغْمَاءٍ أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ.

    Les piliers de la répudiation sont quatre. Le premier : celui qui la prononce. Il doit être musulman et légalement responsable : la répudiation du mécréant ne se noue pas, ni celle de l'enfant, ni celle de l'homme qui a perdu la raison par la folie, l'évanouissement ou une cause semblable.

  34. 427

    وَالسَّكْرَانُ بِخَمْرٍ أَوْ نَبِيذٍ الْمَشْهُورُ نُفُوذُ طَلَاقِهِ، قَالَهُ فِي الْجَوَاهِرِ، وَظَاهِرُهُ مَيَّزَ أَمْ لَا.

    Pour l'homme ivre de vin ou de boisson fermentée (nabīdh), l'avis réputé est que sa répudiation prend effet ; c'est ce qui est dit dans al-Jawāhir, et cela s'entend, à première vue, qu'il ait gardé son discernement ou non.

  35. 428

    وَاحْتَرَزَ بِقَوْلِهِ: بِخَمْرٍ أَوْ نَبِيذٍ، عَمَّا لَوْ شَرِبَ لَبَنًا أَوْ أَكَلَ طَعَامًا حَلَالًا أَوْ دَوَاءً فَسَكِرَ مِنْهُ، فَإِنَّهُ إِنْ طَلَّقَ فِي تِلْكَ الْحَالَةِ لَا يَلْزَمُهُ طَلَاقٌ إِجْمَاعًا.

    En disant « de vin ou de boisson fermentée », il a exclu le cas de celui qui boit du lait, mange un aliment licite ou prend un remède et s'en trouve enivré : s'il répudie dans cet état, aucune répudiation ne l'engage, par consensus.

  36. 429

    الثَّانِي: الْمَحَلُّ، وَهُوَ الزَّوْجَةُ، وَشَرْطُهُ مِلْكُ الزَّوْجِ عِصْمَةَ الْمَرْأَةِ قَبْلَ الطَّلَاقِ. الثَّالِثُ: الْقَصْدُ، فَمَنْ سَبَقَ لِسَانُهُ إِلَى الطَّلَاقِ لَمْ يَقَعْ عَلَيْهِ طَلَاقٌ، وَلَا يَقَعُ طَلَاقُ الْمُكْرَهِ.

    Le deuxième : celle sur qui elle porte, l'épouse ; la condition est que le mari détienne le lien conjugal de la femme avant la répudiation. Le troisième : la volonté ; celui dont la langue a devancé la pensée et prononcé la répudiation n'est pas engagé, et la répudiation de l'homme contraint ne prend pas effet.

  37. 430

    الرَّابِعُ: اللَّفْظُ أَوْ مَا يَقُومُ مَقَامَهُ مِنَ الْفِعْلِ. أَمَّا اللَّفْظُ فَيَنْقَسِمُ إِلَى صَرِيحٍ وَكِنَايَةٍ وَمَا عَدَاهُمَا.

    Le quatrième : les paroles, ou l'acte qui en tient lieu. Les paroles se divisent en termes explicites, termes allusifs, et le reste.

  38. 431

    فَالصَّرِيحُ مَا فِيهِ لَفْظُ الطَّلَاقِ عَلَى أَيِّ وَجْهٍ كَانَ، مِثْلُ أَنْ يَقُولَ: أَنْتِ طَالِقٌ، أَوْ: أَنْتِ مُطَلَّقَةٌ، فَيَلْزَمُ بِهَذَا الطَّلَاقُ وَلَا يَفْتَقِرُ إِلَى نِيَّةٍ، وَمُطْلَقُهَا وَاحِدَةٌ إِلَّا أَنْ يَنْوِيَ أَكْثَرَ.

    Le terme explicite est celui qui contient le mot ṭalāq, sous quelque forme que ce soit, par exemple : « Tu es répudiée » (anti ṭāliq) ou « Tu es une femme répudiée » (anti muṭallaqa). La répudiation engage par là sans qu'il faille une intention ; sans précision, elle vaut une répudiation, sauf s'il en a visé davantage.

  39. 432

    وَالْكِنَايَةُ قِسْمَانِ: ظَاهِرَةٌ وَمُحْتَمِلَةٌ. فَالظَّاهِرَةُ مِثْلُ قَوْلِكَ: أَنْتِ خَلِيَّةٌ، وَبَرِيَّةٌ، وَهِيَ كَالصَّرِيحِ فِي أَنَّهُ لَا تُقْبَلُ دَعْوَاهُ فِي غَيْرِ الطَّلَاقِ.

    Le terme allusif est de deux sortes : manifeste et équivoque. Le terme manifeste, c'est par exemple : « Tu es libre de tout lien », « Tu es dégagée ». Il est comme le terme explicite : on n'admet pas que le mari prétende avoir voulu autre chose que la répudiation.

  40. 433

    وَالْمُحْتَمِلَةُ مِثْلُ: اذْهَبِي، وَانْصَرِفِي، فَتُقْبَلُ دَعْوَاهُ فِي نَفْيِهِ وَعَدَدِهِ، فَإِذَا ادَّعَى أَنَّهُ أَرَادَ الطَّلَاقَ فَالْمَشْهُورُ أَنَّهُ يَكُونُ طَلَاقًا.

    Le terme équivoque, c'est par exemple : « Va-t'en », « Retire-toi ». On admet ce que le mari déclare, qu'il nie avoir voulu répudier ou qu'il en précise le nombre ; s'il déclare avoir voulu la répudiation, l'avis réputé est que c'en est une.

  41. 434

    وَأَمَّا مَا يَقُومُ مَقَامَ اللَّفْظِ فَأَنْوَاعٌ: مِنْهَا الْإِشَارَةُ الْمُفْهِمَةُ، وَهِيَ مُعْتَبَرَةٌ مِنَ الْأَخْرَسِ فِي الطَّلَاقِ.

    Ce qui tient lieu de paroles est de plusieurs sortes. Parmi elles : le geste qui se fait comprendre ; il est pris en compte, pour la répudiation, de la part du muet.

  42. 435

    وَمِنْهَا كِتَابَةُ الطَّلَاقِ مِنَ الْقَادِرِ عَلَى النُّطْقِ: فَإِنْ كَتَبَ الْكِتَابَ بِالطَّلَاقِ وَهُوَ عَازِمٌ عَلَى الطَّلَاقِ وَقَعَ عَلَيْهِ مَا كَتَبَهُ، وَإِنْ كَتَبَهُ غَيْرَ عَازِمٍ فَلَهُ رَدُّهُ مَا لَمْ يَبْلُغِ الْمَرْأَةَ فَيَلْزَمُهُ.

    Parmi elles : l'écrit de répudiation de la part de celui qui peut parler. S'il rédige l'écrit en étant résolu à répudier, ce qu'il a écrit prend effet ; s'il le rédige sans y être résolu, il peut le reprendre tant qu'il n'est pas parvenu à la femme : une fois parvenu, il l'engage.

  43. 436

    وَلَوْ عَقَدَ الطَّلَاقَ بِقَلْبِهِ جَازِمًا مِنْ غَيْرِ تَرَدُّدٍ فَفِي وُقُوعِ الطَّلَاقِ عَلَيْهِ بِمُجَرَّدِ ذَلِكَ رِوَايَتَانِ.

    S'il arrête la répudiation dans son cœur, fermement et sans hésitation, deux versions sont rapportées sur le point de savoir si elle prend effet par cela seul.

  44. 437

    وَلَا يَجُوزُ أَنْ يَتَزَوَّجَ الرَّجُلُ امْرَأَةً لِيُحِلَّهَا لِمَنْ طَلَّقَهَا ثَلَاثًا، وَلَا يُحِلُّهَا ذَلِكَ، وَيُفْسَخُ قَبْلَ الْبِنَاءِ وَبَعْدَهُ، وَإِنْ فُسِخَ بَعْدَهُ فَلَهَا الْمُسَمَّى.

    Il n'est pas permis à un homme d'épouser une femme pour la rendre licite à celui qui l'a répudiée trois fois ; cela ne la lui rend pas licite, et ce mariage est dissous avant comme après la consommation ; s'il est dissous après, elle a droit à la dot fixée.

  45. 438

    وَمَنْ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا لَمْ تَحِلَّ لَهُ بِمِلْكٍ وَلَا نِكَاحٍ حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ.

    Celui qui a répudié sa femme trois fois, elle ne lui est plus licite, ni par possession ni par mariage, tant qu'elle n'a pas épousé un autre mari.

Section : la reprise de l'épouse répudiée (rajʿa)فَصْلٌ

  1. 439

    قَالَ فِي الرِّسَالَةِ: وَلَهُ، أَيْ لِلْمُطَلِّقِ زَوْجَتَهُ، الرَّجْعَةُ فِي الَّتِي تَحِيضُ مَا لَمْ تَدْخُلْ فِي الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ فِي الْحُرَّةِ أَوِ الثَّانِيَةِ فِي الْأَمَةِ.

    Il est dit dans la Risāla : « Il a », c'est-à-dire celui qui a répudié son épouse, « le droit de la reprendre, s'il s'agit d'une femme qui a des menstrues, tant qu'elle n'est pas entrée dans la troisième menstruation pour la femme libre, ou dans la deuxième pour l'esclave. »

  2. 440

    قَالَ شَارِحُهَا: الرَّجْعَةُ يَمْلِكُهَا الزَّوْجُ فِي كُلِّ طَلَاقٍ نَقَصَ عَدَدُهُ عَنِ الثَّلَاثِ، مَا لَمْ يَكُنْ مَعَهُ فِدَاءٌ أَوْ مَا لَمْ يَكُنْ عَلَى وَجْهِ الْمُبَارَأَةِ وَالْفِدْيَةِ.

    Son commentateur a dit : « Le mari a le droit de reprise dans toute répudiation dont le nombre est inférieur à trois, tant qu'elle n'est pas accompagnée d'une compensation et qu'elle n'a pas la forme d'une séparation par libération réciproque ou par rachat.

  3. 441

    وَإِنَّمَا كَانَتْ لَهُ الرَّجْعَةُ مَا لَمْ تَنْقَضِ الْعِدَّةُ لِأَنَّ الْعِصْمَةَ بَيْنَ الزَّوْجَيْنِ لَا تَنْقَطِعُ بِمَا دُونَ الثَّلَاثِ فِي الْحُرَّةِ إِذَا لَمْ يَكُنْ مَعَهُ فِدَاءٌ مَا لَمْ تَنْقَضِ الْعِدَّةُ.

    S'il a le droit de reprise tant que le délai de viduité n'est pas écoulé, c'est que le lien conjugal entre les époux n'est pas rompu par moins de trois répudiations, pour la femme libre, quand il n'y a pas de compensation, tant que ce délai n'est pas écoulé. »

  4. 442

    وَالرَّجْعَةُ تَكُونُ بِالنِّيَّةِ مَعَ الْقَوْلِ أَوْ بِالنِّيَّةِ دُونَ الْقَوْلِ، فَإِنْ نَوَى فِي نَفْسِهِ أَنَّهُ رَاجَعَهَا فَقَدْ صَحَّتْ رَجْعَتُهُ فِيمَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ اللَّهِ تَعَالَى، وَلَوِ انْفَرَدَ اللَّفْظُ دُونَ النِّيَّةِ لَمَا صَحَّتْ لَهُ الرَّجْعَةُ بِذَلِكَ فِيمَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ اللَّهِ تَعَالَى.

    La reprise se fait par l'intention accompagnée de la parole, ou par l'intention sans la parole : s'il a en lui-même l'intention de l'avoir reprise, sa reprise est valable entre lui et Allah le Très-Haut ; si la parole est seule, sans l'intention, sa reprise n'est pas valable par là entre lui et Allah le Très-Haut.

  5. 443

    وَالْوَطْءُ بِدُونِ النِّيَّةِ لَا يَكُونُ رَجْعَةً، وَالْوَطْءُ حَرَامٌ. وَفِي الْإِشْهَادِ عَلَى الرَّجْعَةِ قَوْلَانِ بِالْوُجُوبِ وَالِاسْتِحْبَابِ.

    Le rapport sans l'intention ne vaut pas reprise, et ce rapport est interdit. Sur la prise de témoins pour la reprise, il y a deux avis : obligation, ou recommandation.

Chapitre neuvième : la venteالْبَابُ التَّاسِعُ فِي الْبَيْعِ

  1. 444

    وَلَهُ ثَلَاثَةُ أَرْكَانٍ. الْأَوَّلُ: مَا يَدُلُّ عَلَى الرِّضَا مِنْ قَوْلٍ، كَقَوْلِ الْبَائِعِ: بِعْتُكَ، وَقَوْلِ الْمُشْتَرِي: اشْتَرَيْتُ، أَوْ فِعْلٍ كَالْمُعَاطَاةِ.

    La vente a trois piliers. Le premier : ce qui indique le consentement, par la parole, comme lorsque le vendeur dit « Je te vends » et l'acheteur « J'achète », ou par l'acte, comme la remise de main à main.

  2. 445

    الثَّانِي: الْعَاقِدُ، وَهُوَ الْبَائِعُ وَالْمُشْتَرِي. وَيُشْتَرَطُ فِي صِحَّةِ بَيْعِهِ أَنْ يَكُونَ مُمَيِّزًا، فَلَا يَنْعَقِدُ بَيْعُ غَيْرِهِ وَلَا شِرَاؤُهُ لِصِغَرٍ أَوْ جُنُونٍ أَوْ سُكْرٍ أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ، وَلَا يَلْزَمُ الْبَيْعُ إِلَّا مِنْ مُكَلَّفٍ.

    Le deuxième : les contractants, le vendeur et l'acheteur. Pour que la vente soit valable, le contractant doit être doué de discernement : ni la vente ni l'achat de celui qui ne l'est pas ne se nouent, pour cause de jeune âge, de folie, d'ivresse ou d'une cause semblable. La vente n'engage que si elle émane d'une personne légalement responsable.

  3. 446

    الثَّالِثُ: الْمَعْقُودُ عَلَيْهِ، وَهُوَ الثَّمَنُ وَالْمُثْمَنُ، وَيُشْتَرَطُ فِيهِمَا خَمْسَةُ شُرُوطٍ: الطَّهَارَةُ، فَلَا يَجُوزُ بَيْعُ نَجِسٍ كَالْعَذِرَةِ، وَلَا مُتَنَجِّسٍ لَا يُمْكِنُ تَطْهِيرُهُ كَالزَّيْتِ،

    Le troisième : ce sur quoi porte le contrat, le prix et la chose vendue. Tous deux sont soumis à cinq conditions. La pureté : il n'est pas permis de vendre une chose impure, comme les excréments, ni une chose souillée que l'on ne peut pas purifier, comme l'huile ;

  4. 447

    وَالِانْتِفَاعُ بِهِ انْتِفَاعًا شَرْعِيًّا، فَلَا يَجُوزُ بَيْعُ مُحَرَّمِ الْأَكْلِ كَالْفَرَسِ وَالْبَغْلِ وَالْحِمَارِ إِذَا أَشْرَفَ عَلَى الْمَوْتِ، وَعَدَمُ نَهْيٍ وَرَدَ فِي عَيْنِهِ، فَلَا يَجُوزُ بَيْعُ الْكَلْبِ،

    [suite] une utilité reconnue par la Loi : il n'est pas permis de vendre un animal dont la chair est interdite, comme le cheval, le mulet et l'âne, quand il est sur le point de mourir ; l'absence d'interdiction portant sur la chose même : il n'est pas permis de vendre le chien ;

  5. 448

    وَالْقُدْرَةُ عَلَى تَسْلِيمِهِ، فَلَا يَجُوزُ بَيْعُ الْآبِقِ، وَلَا الْبَعِيرِ الشَّارِدِ وَالسَّمَكِ فِي الْمَاءِ، وَالْعِلْمُ بِكُلٍّ مِنَ الثَّمَنِ وَالْمُثْمَنِ، فَالْجَهْلُ بِهِمَا أَوْ بِأَحَدِهِمَا مُبْطِلٌ، مِثْلُ أَنْ يَشْتَرِيَ بِزِنَةِ حَجَرٍ مَجْهُولٍ، وَتُرَابِ الصَّوَّاغِينَ.

    [suite] la possibilité de la livrer : il n'est pas permis de vendre l'esclave en fuite, le chameau égaré ni le poisson dans l'eau ; et la connaissance du prix comme de la chose vendue : ignorer les deux, ou l'un des deux, annule la vente, par exemple acheter pour le poids d'une pierre inconnue, ou acheter la poussière des orfèvres.

Section : l'usure (ribā), la vente à prix de revient majoré et la dissimulation des défautsفَصْلٌ

  1. 449

    يَحْرُمُ رِبَا الْفَضْلِ، وَهُوَ الزِّيَادَةُ، وَرِبَا النَّسَإِ، وَهُوَ التَّأْخِيرُ، فِي النَّقْدِ، وَهُوَ الذَّهَبُ وَالْفِضَّةُ. فَلَا يَجُوزُ بَيْعُ دِرْهَمَيْنِ بِثَلَاثَةٍ، وَلَا بَيْعُ دِرْهَمٍ بِدِرْهَمٍ إِلَى يَوْمٍ أَوْ سَاعَةٍ مَثَلًا.

    Sont interdits l'usure de surplus (ribā al-faḍl), c'est-à-dire l'excédent, et l'usure de délai (ribā an-nasāʾ), c'est-à-dire le report, dans la monnaie, à savoir l'or et l'argent. Il n'est donc pas permis de vendre deux dirhams contre trois, ni un dirham contre un dirham payable dans un jour ou dans une heure, par exemple.

  2. 450

    وَبَيْعُ الْمُرَابَحَةِ جَائِزٌ، لَكِنَّ الْأَحَبَّ خِلَافُهُ، لِكَثْرَةِ الْبَيَانِ عَلَى الْبَائِعِ فِيهِ، فَرُبَّمَا يَنْسَى مَا يَضُرُّ، أَوْ يَسْهُو فَيَنْتَقِلُ ذِهْنُهُ مِنْ شَيْءٍ إِلَى غَيْرِهِ.

    La vente à prix de revient majoré d'un bénéfice déclaré (murābaḥa) est permise, mais il est préférable de s'en abstenir, tant le vendeur doit y donner de précisions : il peut oublier un point dont l'omission nuit, ou se tromper, son esprit passant d'une chose à une autre.

  3. 451

    وَلَا يَجُوزُ فِي الْبَيْعِ التَّدْلِيسُ، وَهُوَ كِتْمَانُ عَيْبِ السِّلْعَةِ عَنِ الْمُشْتَرِي. وَيَجِبُ عَلَى الْبَائِعِ الْإِخْبَارُ بِكُلِّ شَيْءٍ إِذَا أَخْبَرَ بِهِ الْمُشْتَرِيَ قَلَّتْ رَغْبَتُهُ، فَيَجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يُبَيِّنَ أَنَّهُ عَقَدَ عَلَى كَذَا وَنَقَدَ عَنْهُ كَذَا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

    La dissimulation (tadlīs) n'est pas permise dans la vente : c'est cacher à l'acheteur le défaut de la marchandise. Le vendeur doit faire connaître tout ce qui, porté à la connaissance de l'acheteur, diminuerait son désir d'acheter ; il doit donc indiquer qu'il a conclu pour tel prix et payé telle somme. Et Allah est plus savant.

Chapitre dixième : les successions (farāʾiḍ)الْبَابُ الْعَاشِرُ فِي الْفَرَائِضِ

  1. 452

    الْوَارِثُونَ مِنَ الرِّجَالِ عَشَرَةٌ: الِابْنُ، وَابْنُهُ وَإِنْ سَفَلَ، وَالْأَبُ، وَالْجَدُّ وَإِنْ عَلَا، وَالْأَخُ مُطْلَقًا، وَابْنُ الْأَخِ الشَّقِيقِ أَوْ لِلْأَبِ وَإِنْ بَعُدَ، وَالْعَمُّ الشَّقِيقُ أَوْ لِلْأَبِ، وَابْنُهُ وَإِنْ عَلَا، وَالزَّوْجُ، وَمَوْلَى النِّعْمَةِ، وَهُوَ الْمُعْتِقُ.

    Les héritiers parmi les hommes sont dix : le fils ; le fils du fils, aussi bas que l'on descende ; le père ; le grand-père, aussi haut que l'on remonte ; le frère, quel qu'il soit ; le fils du frère germain ou consanguin, aussi éloigné soit-il ; l'oncle paternel germain ou consanguin ; son fils, [l'oncle étant pris] aussi haut que l'on remonte ; le mari ; et le patron, c'est-à-dire celui qui a affranchi.

  2. 453

    وَالْوَارِثَاتُ مِنَ النِّسَاءِ سَبْعٌ: الْبِنْتُ، وَبِنْتُ الِابْنِ وَإِنْ سَفَلَتْ، وَالْأُمُّ، وَالْجَدَّةُ وَإِنْ عَلَتْ، وَالْأُخْتُ، وَالزَّوْجَةُ، وَمَوْلَاةُ النِّعْمَةِ.

    Les héritières parmi les femmes sont sept : la fille ; la fille du fils, aussi bas que l'on descende ; la mère ; la grand-mère, aussi haut que l'on remonte ; la sœur ; l'épouse ; et la patronne qui a affranchi.

  3. 454

    وَمَنْ عَدَا هَؤُلَاءِ كَأَبِي الْأُمِّ وَابْنِ الْأُخْتِ فَهُوَ مِنْ ذَوِي الْأَرْحَامِ، لَا يَرِثُ شَيْئًا.

    Quiconque n'est pas de ceux-là, comme le père de la mère et le fils de la sœur, fait partie des parents par les femmes (dhawū l-arḥām) : il n'hérite de rien.

Section : les parts fixéesفَصْلٌ

  1. 455

    الْفُرُوضُ الَّتِي هِيَ أُصُولٌ سِتَّةٌ. النِّصْفُ، وَهُوَ فَرْضُ خَمْسَةٍ: الْبِنْتُ لِلصُّلْبِ، وَبِنْتُ الِابْنِ عِنْدَ عَدَمِهَا، وَالْأُخْتُ لِلْأَبِ وَالْأُمِّ، وَلِلْأَبِ عِنْدَ عَدَمِهَا، وَالزَّوْجُ مَعَ عَدَمِ الْحَاجِبِ.

    Les parts fixées (furūḍ) fondamentales sont six. La moitié : elle revient à cinq personnes : la fille directe ; la fille du fils en l'absence de celle-ci ; la sœur germaine ; la sœur consanguine en l'absence de la germaine ; et le mari quand rien ne réduit sa part.

  2. 456

    وَالرُّبُعُ: فَرْضُ الزَّوْجِ مَعَ وُجُودِ الْحَاجِبِ، وَالزَّوْجَةِ أَوِ الزَّوْجَاتِ مَعَ فَقْدِهِ. وَالثُّمُنُ: فَرْضُ الزَّوْجَةِ أَوِ الزَّوْجَاتِ مَعَ وُجُودِ الْحَاجِبِ.

    Le quart : il revient au mari quand il y a quelqu'un qui réduit sa part, et à l'épouse ou aux épouses quand il n'y en a pas. Le huitième : il revient à l'épouse ou aux épouses quand il y a quelqu'un qui réduit leur part.

  3. 457

    وَالثُّلُثَانِ: فَرْضُ كُلِّ اثْنَتَيْنِ فَصَاعِدًا تَسْتَحِقُّ إِحْدَاهُنَّ إِذَا انْفَرَدَتِ النِّصْفَ. وَالثُّلُثُ: فَرْضُ الْأُمِّ مَعَ فَقْدِ الْحَاجِبِ، وَالِاثْنَيْنِ فَصَاعِدًا مِنْ وَلَدِ الْأُمِّ مَا كَانُوا.

    Les deux tiers : ils reviennent à deux femmes ou plus dont chacune, si elle était seule, aurait droit à la moitié. Le tiers : il revient à la mère quand rien ne réduit sa part, et à deux enfants de la mère ou plus, quels qu'ils soient.

  4. 458

    وَالسُّدُسُ: فَرْضُ سَبْعَةٍ: الْأَبِ مَعَ وُجُودِ الْحَاجِبِ، وَالْأُمِّ مَعَ وُجُودِ الْحَاجِبِ، وَالْجَدَّةِ إِذَا انْفَرَدَتْ أَوْ كَانَ مَعَهَا أُخْرَى تُشَارِكُهَا، وَالْوَاحِدَةِ فَأَكْثَرَ مِنْ بَنَاتِ الِابْنِ إِذَا كَانَ هُنَاكَ بِنْتُ الصُّلْبِ،

    Le sixième : il revient à sept personnes : le père quand il y a quelqu'un qui réduit sa part ; la mère dans le même cas ; la grand-mère, seule ou avec une autre qui le partage avec elle ; la fille du fils, une ou plusieurs, quand il y a une fille directe ;

  5. 459

    وَالْأُخْتِ لِأَبٍ فَأَكْثَرَ مَعَ وُجُودِ الْأُخْتِ الشَّقِيقَةِ، وَالْوَاحِدِ مِنْ وَلَدِ الْأُمِّ ذَكَرًا كَانَ أَوْ أُنْثَى، وَالْجَدِّ مَعَ الْوَلَدِ أَوْ وَلَدِ الِابْنِ.

    [suite] la sœur consanguine, une ou plusieurs, quand il y a une sœur germaine ; l'enfant unique de la mère, garçon ou fille ; et le grand-père quand il y a un enfant ou un enfant du fils.

Section : l'héritage par agnation (taʿṣīb)فَصْلٌ

  1. 460

    إِذَا انْفَرَدَ الْأَبُ أَوِ الْجَدُّ أَوِ الِابْنُ أَوِ ابْنُهُ أَخَذَ الْمَالَ جَمِيعًا. وَالِاثْنَانِ مِنَ الْإِخْوَةِ فَصَاعِدًا يَقْسِمُونَهُ بِالسَّوِيَّةِ. وَإِذَا اجْتَمَعَ مِنْهُمْ ذُكُورٌ وَإِنَاثٌ فَيَقْسِمُونَهُ لِلذَّكَرِ مِثْلُ حَظِّ الْأُنْثَيَيْنِ.

    Quand le père, le grand-père, le fils ou le fils du fils est seul, il prend tous les biens. Deux frères ou plus se les partagent à égalité. Si des garçons et des filles se trouvent réunis, ils se les partagent à raison, pour le garçon, d'une part égale à celle de deux filles.

  2. 461

    وَيَرِثُ بِالتَّعْصِيبِ كُلُّ ذَكَرٍ يُدْلِي بِنَفْسِهِ أَوْ بِذَكَرٍ. وَمَعْنَى التَّعْصِيبِ أَنَّ مَنْ يَرِثُ بِهِ يَسْتَغْرِقُ جَمِيعَ الْمَالِ إِذَا انْفَرَدَ، وَيَسْتَحِقُّ الْبَاقِيَ بَعْدَ ذَوِي السِّهَامِ إِنْ كَانَ مَعَهُ ذُو سَهْمٍ.

    Hérite par agnation tout homme lié au défunt directement ou par un homme. L'agnation signifie que celui qui hérite à ce titre prend la totalité des biens s'il est seul, et a droit à ce qui reste après les ayants droit à une part fixée s'il s'en trouve un avec lui.

Section : l'éviction et la réduction (ḥajb)فَصْلٌ

  1. 462

    الْحَجْبُ قِسْمَانِ: حَجْبُ إِسْقَاطٍ وَحَجْبُ نَقْلٍ. أَمَّا حَجْبُ الْإِسْقَاطِ فَلَا يَلْحَقُ مَنْ يَنْتَسِبُ إِلَى الْمَيِّتِ بِنَفْسِهِ كَالْبَنِينَ وَالْبَنَاتِ وَالْآبَاءِ وَالْأُمَّهَاتِ، وَمَنْ فِي مَعْنَاهُمْ: الزَّوْجِ وَالزَّوْجَةِ، وَيَلْحَقُ مَنْ عَدَاهُمْ.

    Le ḥajb est de deux sortes : l'éviction totale et le déplacement de part. L'éviction totale n'atteint pas ceux qui se rattachent directement au défunt, comme les fils, les filles, les pères et les mères, ni ceux qui leur sont assimilés, le mari et l'épouse ; elle atteint tous les autres.

  2. 463

    فَابْنُ الِابْنِ يَحْجُبُهُ الِابْنُ، وَالْجَدُّ يَحْجُبُهُ الْأَبُ، وَالْإِخْوَةُ مُطْلَقًا يَحْجُبُهُمُ الِابْنُ وَابْنُهُ وَإِنْ سَفَلَ، وَالْأَبُ. وَبَنُو الْإِخْوَةِ يَحْجُبُهُمْ آبَاؤُهُمْ وَمَنْ يَحْجُبُهُمْ، وَالْجَدُّ.

    Le fils du fils est évincé par le fils ; le grand-père par le père ; les frères, quels qu'ils soient, par le fils, par le fils du fils aussi bas que l'on descende, et par le père. Les fils des frères sont évincés par leurs pères, par ceux qui évincent leurs pères, et par le grand-père.

  3. 464

    وَالْعَمُّ يَحْجُبُهُ بَنُو الْإِخْوَةِ وَمَنْ يَحْجُبُهُمْ، وَابْنُ الْعَمِّ يَحْجُبُهُ أَبُوهُ وَمَنْ يَحْجُبُهُ.

    L'oncle paternel est évincé par les fils des frères et par ceux qui les évincent ; le fils de l'oncle paternel par son père et par celui qui évince son père.

  4. 465

    وَبَنَاتُ الِابْنِ يَحْجُبُهُنَّ الْوَاحِدُ مِنْ ذُكُورِ أَوْلَادِ الصُّلْبِ، وَالِاثْنَتَانِ فَصَاعِدًا مِنْ بَنَاتِ الصُّلْبِ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَعَهُنَّ ذَكَرٌ فَيُعَصِّبُهُنَّ، فَيَكُونُ لَهُ وَلَهُنَّ مَا بَقِيَ عَنْ فَرْضِ الْبَنَاتِ لِلذَّكَرِ مِثْلُ حَظِّ الْأُنْثَيَيْنِ.

    Les filles du fils sont évincées par un seul fils direct, et par deux filles directes ou plus, sauf s'il se trouve avec elles un garçon qui les fait hériter par agnation : ce qui reste après la part des filles leur revient alors, à lui et à elles, à raison pour le garçon d'une part égale à celle de deux filles.

  5. 466

    وَالْأَخَوَاتُ لِلْأَبِ يَحْجُبُهُنَّ الشَّقِيقُ، وَالشَّقِيقَتَانِ فَأَكْثَرُ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَعَهُنَّ أَخٌ لِأَبٍ فَيُعَصِّبُهُنَّ، فَيَكُونُ لَهُ وَلَهُنَّ مَا بَقِيَ عَنْ فَرْضِ الْأَخَوَاتِ الْأَشِقَّاءِ لِلذَّكَرِ مِثْلُ حَظِّ الْأُنْثَيَيْنِ.

    Les sœurs consanguines sont évincées par le frère germain, et par deux sœurs germaines ou plus, sauf s'il se trouve avec elles un frère consanguin qui les fait hériter par agnation : ce qui reste après la part des sœurs germaines leur revient alors, à lui et à elles, à raison pour le garçon d'une part égale à celle de deux filles.

  6. 467

    وَالْأَخَوَاتُ الْأَشِقَّاءُ يَحْجُبُهُنَّ الْأَبُ وَالِابْنُ وَابْنُهُ. وَالْجَدَّاتُ مِنْ أَيِّ جِهَةٍ كُنَّ بِالْأُمِّ، وَتَسْقُطُ الْجَدَّةُ الَّتِي مِنْ جِهَةِ الْأَبِ بِهِ. وَالْمَوْلَى الْمُعْتِقُ يَحْجُبُهُ عَصَبَةُ النَّسَبِ.

    Les sœurs germaines sont évincées par le père, le fils et le fils du fils. Les grand-mères, de quelque côté qu'elles soient, [le sont] par la mère, et la grand-mère paternelle est écartée par le père. Le patron qui a affranchi est évincé par les agnats par le sang.

  7. 468

    وَأَمَّا حَجْبُ النَّقْلِ فَثَلَاثَةُ أَقْسَامٍ. الْأَوَّلُ: نَقْلٌ مِنْ فَرْضٍ إِلَى فَرْضٍ دُونَهُ، وَهُوَ مُخْتَصٌّ بِخَمْسَةِ أَشْيَاءَ: الْأُمُّ يَنْقُلُهَا الْوَلَدُ مُطْلَقًا مِنَ الثُّلُثِ إِلَى السُّدُسِ، وَوَلَدُ الِابْنِ مُطْلَقًا، وَالِاثْنَانِ فَصَاعِدًا مِنَ الْإِخْوَةِ وَالْأَخَوَاتِ مُطْلَقًا.

    Le déplacement de part est de trois sortes. La première : le passage d'une part fixée à une part fixée moindre. Il concerne cinq cas. La mère : l'enfant, quel qu'il soit, la fait passer du tiers au sixième, de même que l'enfant du fils, quel qu'il soit, et deux frères ou sœurs ou plus, quels qu'ils soient.

  8. 469

    وَالزَّوْجُ يَنْقُلُهُ الْوَلَدُ وَوَلَدُهُ مِنَ النِّصْفِ إِلَى الرُّبُعِ. وَالزَّوْجَةُ يَنْقُلُهَا مِنَ الرُّبُعِ إِلَى الثُّمُنِ مَنْ يَنْقُلُ الزَّوْجَ.

    Le mari : l'enfant et l'enfant de l'enfant le font passer de la moitié au quart. L'épouse : ceux qui déplacent la part du mari la font passer du quart au huitième.

  9. 470

    وَبَنَاتُ الِابْنِ يَنْقُلُ الْوَاحِدَةَ مِنْهُنَّ عَنِ النِّصْفِ وَالِاثْنَتَيْنِ فَأَكْثَرَ عَنِ الثُّلُثَيْنِ الْوَاحِدَةُ فَوْقَهُنَّ، فَيَأْخُذْنَ السُّدُسَ. وَالْأَخَوَاتُ لِلْأَبِ يَنْقُلُهُنَّ إِلَى السُّدُسِ الْأُخْتُ الشَّقِيقَةُ.

    Les filles du fils : une seule [fille directe] au-dessus d'elles fait passer l'une d'elles de la moitié, et deux ou plus des deux tiers, au sixième, qu'elles prennent. Les sœurs consanguines : la sœur germaine les fait passer au sixième.

  10. 471

    الْقِسْمُ الثَّانِي: النَّقْلُ مِنَ التَّعْصِيبِ إِلَى الْفَرْضِ، وَهُوَ مُخْتَصٌّ بِالْأَبِ وَالْجَدِّ، فَيَنْقُلُهُمَا الِابْنُ وَابْنُهُ إِلَى السُّدُسِ.

    La deuxième sorte : le passage de l'agnation à la part fixée. Il concerne le père et le grand-père : le fils et le fils du fils les font passer au sixième.

  11. 472

    الْقِسْمُ الثَّالِثُ: النَّقْلُ مِنْ فَرْضٍ إِلَى تَعْصِيبٍ، وَهُوَ مُخْتَصٌّ بِالْبَنَاتِ وَبَنَاتِ الِابْنِ وَالْأَخَوَاتِ الْأَشِقَّاءِ وَالْأَخَوَاتِ لِلْأَبِ. فَإِنَّ الْبَنَاتِ يُفْرَضُ لِلْوَاحِدَةِ مِنْهُنَّ إِذَا انْفَرَدَتِ النِّصْفُ، وَالِاثْنَتَيْنِ فَصَاعِدًا الثُّلُثَانِ، وَإِذَا كَانَ لَهُنَّ أَخٌ لَمْ يَرِثْنَ بِالسَّهْمِ وَيَرِثْنَ بِالتَّعْصِيبِ.

    La troisième sorte : le passage d'une part fixée à l'agnation. Il concerne les filles, les filles du fils, les sœurs germaines et les sœurs consanguines. La fille, quand elle est seule, reçoit en part fixée la moitié, et deux filles ou plus les deux tiers ; mais si elles ont un frère, elles n'héritent pas par part fixée : elles héritent par agnation.

  12. 473

    وَكَذَا حُكْمُ بَنَاتِ الِابْنِ إِذَا اسْتَحْقَقْنَ الْوِرَاثَةَ، وَالْأَخَوَاتِ الْأَشِقَّاءِ، وَالْأَخَوَاتِ لِلْأَبِ مَعَ عَدَمِ الْأَشِقَّاءِ.

    Il en va de même des filles du fils quand elles ont droit à l'héritage, des sœurs germaines, et des sœurs consanguines en l'absence de germains.

  13. 474

    يَمْنَعُ الْمِيرَاثَ: اخْتِلَافُ الدِّينِ، فَلَا تَوَارُثَ بَيْنَ مُسْلِمٍ وَكَافِرٍ، وَلَا بَيْنَ الْيَهُودِيِّ وَالنَّصْرَانِيِّ. وَالرِّقُّ، فَلَا يَرِثُ الرَّقِيقُ وَلَا يُورَثُ، وَمَا مَاتَ عَنْهُ فَهُوَ لِمَالِكِهِ.

    Font obstacle à l'héritage : la différence de religion : il n'y a pas d'héritage entre un musulman et un mécréant, ni entre le juif et le chrétien ; la servitude : l'esclave n'hérite pas et l'on n'hérite pas de lui ; ce qu'il laisse en mourant revient à son maître ;

  14. 475

    وَالْقَتْلُ، فَلَا مِيرَاثَ لِمَنْ قَتَلَ مُوَرِّثَهُ عَمْدًا. وَانْتِفَاءُ النَّسَبِ بِاللِّعَانِ، فَيَنْقَطِعُ التَّوَارُثُ بَيْنَ الْمُلَاعِنِ وَالْوَلَدِ فَقَطْ. وَاسْتِبْهَامُ الْمُتَقَدِّمِ وَالْمُتَأَخِّرِ فِي الْمَوْتِ، كَمَا إِذَا مَاتَ أَقَارِبُ تَحْتَ هَدْمٍ مَثَلًا.

    [suite] l'homicide : celui qui a tué exprès la personne dont il devait hériter n'hérite pas ; le désaveu de paternité par serment d'anathème (liʿān) : l'héritage est rompu entre celui qui l'a prononcé et l'enfant seulement ; et l'incertitude sur l'ordre des décès, par exemple quand des proches meurent sous un effondrement.

Chapitre onzième : exposé d'un ensemble d'obligations, de sunnas et de règles de bonne conduiteالْبَابُ الْحَادِيَ عَشَرَ فِي بَيَانِ جُمَلٍ مِنَ الْفَرَائِضِ وَالسُّنَنِ وَالْآدَابِ

  1. 476

    وَيَتَعَيَّنُ عَلَى الْمُسْلِمِ أَنْ يُؤْمِنَ بِأَنَّ اللَّهَ إِلَهٌ وَاحِدٌ، لَا شَرِيكَ لَهُ فِي مُلْكِهِ، وَلَا نَظِيرَ لَهُ فِي صِفَةٍ مِنْ صِفَاتِ الْأُلُوهِيَّةِ.

    Le musulman est tenu de croire qu'Allah est un Dieu unique, sans associé dans Sa royauté, sans semblable dans aucun des attributs de la divinité.

  2. 477

    وَيَعْلَمَ أَنَّ لِجَمِيعِ الْمَوْجُودَاتِ خَالِقًا، هُوَ وَاجِبُ الْوُجُودِ، أَزَلِيٌّ أَبَدِيٌّ، حَيٌّ بِحَيَاةٍ، قَادِرٌ بِقُدْرَةٍ، مُرِيدٌ بِإِرَادَةٍ، عَالِمٌ بِعِلْمٍ، سَمِيعٌ بِسَمْعٍ، بَصِيرٌ بِبَصَرٍ، مُتَكَلِّمٌ بِكَلَامٍ.

    Il est tenu de savoir que tout ce qui existe a un Créateur, dont l'existence est nécessaire, sans commencement ni fin, Vivant par une vie, Puissant par une puissance, Voulant par une volonté, Savant par une science, Entendant par une ouïe, Voyant par une vue, Parlant par une parole.

  3. 478

    وَأَنَّ صِفَاتِهِ أَيْضًا وَاجِبَةُ الْوُجُودِ، تَتَعَلَّقُ بِجَمِيعِ الْجُزْئِيَّاتِ وَالْكُلِّيَّاتِ وَالْمُسْتَحِيلَاتِ وَغَيْرِهَا. وَأَنَّهُ تَعَالَى وَاحِدٌ فِي ذَاتِهِ لَا نَظِيرَ لَهُ، وَأَنَّهُ لَا يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ غَيْرُهُ.

    [Il est tenu de croire] que Ses attributs sont eux aussi d'existence nécessaire, et qu'ils se rapportent à toutes les choses, particulières et universelles, aux impossibles et au reste ; que le Très-Haut est unique dans Son essence, sans semblable, et que nul autre que Lui ne mérite d'être adoré.

  4. 479

    وَأَنَّ جَمِيعَ رُسُلِهِ صَلَوَاتُ اللَّهِ وَسَلَامُهُ عَلَيْهِمْ مُصَدَّقُونَ فِيمَا جَاءُوا بِهِ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ.

    Que tous Ses Messagers, que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur eux, sont véridiques dans ce qu'ils ont apporté, et que Muhammad, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, est Son serviteur et Son Messager.

  5. 480

    وَأَنَّ جَمِيعَ مَا جَاءَ بِهِ حَقٌّ، وَمَا أَخْبَرَ بِهِ صِدْقٌ، مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ وَأَحْوَالِهِ، وَالْقِيَامَةِ وَأَهْوَالِهَا، وَمِنَ الصِّرَاطِ وَالْمِيزَانِ وَجَمِيعِ الْمُغَيَّبَاتِ عَنَّا، وَالْجَنَّةِ وَالنَّارِ.

    Que tout ce qu'il a apporté est vérité et que tout ce qu'il a annoncé est vrai : le châtiment de la tombe et ses états, la Résurrection et ses épouvantes, le Pont, la Balance et tout ce qui nous est caché, le Paradis et le Feu.

  6. 481

    وَأَنَّ مَا شَاءَ اللَّهُ كَانَ وَمَا لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ. وَأَنَّ الْإِيمَانَ اعْتِقَادٌ بِالْقَلْبِ وَنُطْقٌ بِاللِّسَانِ وَعَمَلٌ بِالْجَوَارِحِ.

    Que ce qu'Allah veut advient et que ce qu'Il ne veut pas n'advient pas. Que la foi est conviction du cœur, parole de la langue et œuvre des membres.

  7. 482

    وَأَنَّ كَلَامَ اللَّهِ تَعَالَى قَائِمٌ بِذَاتِهِ، مَحْفُوظٌ فِي الصُّدُورِ، مَقْرُوءٌ بِالْأَلْسِنَةِ، مَكْتُوبٌ فِي الْمَصَاحِفِ. وَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَرَاهُ الْمُؤْمِنُونَ وَيُكَلِّمُهُمْ.

    Que la parole d'Allah le Très-Haut subsiste en Son essence, qu'elle est gardée dans les poitrines, récitée par les langues, écrite dans les exemplaires du Coran. Qu'Allah le Très-Haut sera vu des croyants et leur parlera.

  8. 483

    وَأَنْ يَعْتَقِدَ أَنَّ خَيْرَ الْقُرُونِ الصَّحَابَةُ، ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ، ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ، وَأَنَّ أَفْضَلَهُمْ أَبُو بَكْرٍ ثُمَّ عُمَرُ ثُمَّ عُثْمَانُ ثُمَّ عَلِيٌّ. وَيَجِبُ الْكَفُّ عَنْ ذِكْرِهِمْ إِلَّا بِخَيْرٍ.

    Il doit tenir pour vrai que la meilleure des générations est celle des Compagnons, puis celle qui les suit, puis celle qui suit celle-ci, et que les meilleurs d'entre eux sont Abū Bakr, puis ʿUmar, puis ʿUthmān, puis ʿAlī. Il est obligatoire de ne parler d'eux qu'en bien.

Section : la prière sur le Prophète et quelques interditsفَصْلٌ

  1. 484

    الصَّلَاةُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَاجِبَةٌ فِي الْعُمُرِ مَرَّةً.

    La prière sur le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, est obligatoire une fois dans la vie.

  2. 485

    وَتَحْرُمُ قِرَاءَةُ الْقُرْآنِ بِالتَّلْحِينِ، وَالْغِيبَةُ، وَالنَّمِيمَةُ، وَالْكَذِبُ، وَالْحَسَدُ، وَالْغَصْبُ، وَالرِّبَا، وَأَكْلُ أَمْوَالِ النَّاسِ بِالْبَاطِلِ.

    Sont interdits : réciter le Coran sur des airs de chant, médire, colporter les propos, mentir, envier, usurper le bien d'autrui, pratiquer l'usure, et consommer injustement les biens des gens.

  3. 486

    قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَلَا تَأْكُلُوا أَمْوَالَكُمْ بَيْنَكُمْ بِالْبَاطِلِ﴾، أَيْ بِالْحَرَامِ، وَهُوَ أَنْوَاعٌ، مِنْهَا السُّحْتُ، وَمِنْهُ أَكْلُ مَالِ الْيَتِيمِ.

    Allah le Très-Haut a dit : « Ne mangez pas vos biens entre vous par le faux » [sourate al-Baqara, 2:188], c'est-à-dire par l'illicite. Celui-ci est de plusieurs sortes, dont le gain illicite (suḥt), auquel appartient le fait de consommer le bien de l'orphelin.

  4. 487

    قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ يَأْكُلُونَ أَمْوَالَ الْيَتَامَى ظُلْمًا إِنَّمَا يَأْكُلُونَ فِي بُطُونِهِمْ نَارًا وَسَيَصْلَوْنَ سَعِيرًا﴾، أَيْ عَاقِبَةُ أَمْرِهِمْ ذَلِكَ فِي النَّارِ.

    Allah le Très-Haut a dit : « Ceux qui mangent injustement les biens des orphelins ne mangent que du feu dans leur ventre, et ils brûleront dans un brasier » [sourate an-Nisāʾ, 4:10], c'est-à-dire que l'issue de leur conduite sera le Feu.

Section : la corruptionفَصْلٌ

  1. 488

    وَمِنْ أَعْظَمِ السُّحْتِ الرِّشْوَةُ فِي الْحُكْمِ. قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كُلُّ لَحْمٍ نَبَتَ بِالسُّحْتِ فَالنَّارُ أَوْلَى بِهِ. قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَمَا السُّحْتُ؟ قَالَ: الرِّشْوَةُ فِي الْحُكْمِ.

    Parmi les pires gains illicites figure le pot-de-vin dans le jugement. Le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Toute chair qui a poussé du gain illicite, le Feu a plus de droit sur elle. » On dit : « Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que le gain illicite ? » Il dit : « Le pot-de-vin dans le jugement. »

  2. 489

    وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَعَنَ اللَّهُ الرَّاشِيَ وَالْمُرْتَشِيَ. وَبِهَذَا التَّفْسِيرِ قَالَ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَمُقَاتِلٌ.

    Et il a dit, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Qu'Allah maudisse celui qui donne le pot-de-vin et celui qui le reçoit. » Cette explication [du gain illicite] est celle d'al-Ḥasan, de Qatāda et de Muqātil.

  3. 490

    وَقَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: السُّحْتُ الرِّشْوَةُ فِي كُلِّ شَيْءٍ. وَقَالَ أَيْضًا: هُوَ أَنْ يَقْضِيَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ حَاجَةً فَيُهْدِيَ إِلَيْهِ هَدِيَّةً.

    Ibn Masʿūd a dit : « Le gain illicite, c'est le pot-de-vin en toute chose. » Il a dit aussi : « C'est qu'un homme rende un service à son frère, qui lui offre alors un présent. »

  4. 491

    قِيلَ لَهُ: يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ، مَا كُنَّا نَرَى ذَلِكَ إِلَّا الْأَخْذَ عَلَى الْحُكْمِ. فَقَالَ: الْأَخْذُ عَلَى الْحُكْمِ كُفْرٌ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ﴾.

    On lui dit : « Ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān, nous pensions qu'il ne s'agissait que de ce que l'on prend pour juger. » Il répondit : « Prendre pour juger est de la mécréance. Allah le Très-Haut a dit : "Ceux qui ne jugent pas selon ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les mécréants" [sourate al-Māʾida, 5:44]. »

  5. 492

    وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِذَا ارْتَشَى الْحَاكِمُ انْعَزَلَ فِي الْوَقْتِ، وَإِنْ لَمْ يَنْعَزِلْ بَطَلَ كُلُّ حُكْمٍ يَحْكُمُ بِهِ بَعْدَ ذَلِكَ.

    Abū Ḥanīfa a dit : quand le juge reçoit un pot-de-vin, il est destitué [de droit] sur-le-champ ; et s'il n'est pas destitué [de fait], tout jugement qu'il rend ensuite est nul.

  6. 493

    قَالَ الْقُرْطُبِيُّ: وَهَذَا لَا يَجُوزُ لِأَحَدٍ أَنْ يَخْتَلِفَ فِيهِ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى، لِأَنَّ أَخْذَ الرِّشْوَةِ فِسْقٌ، وَالْفَاسِقُ لَا يَجُوزُ حُكْمُهُ.

    Al-Qurṭubī a dit : nul ne peut être d'un autre avis là-dessus, si Allah le Très-Haut le veut, car prendre un pot-de-vin est un péché grave, et le jugement du pécheur notoire n'est pas valide.

  7. 494

    وَسُمِّيَ الْمَالُ الْحَرَامُ سُحْتًا لِأَنَّهُ يُسْحِتُ الطَّاعَاتِ، أَيْ يُذْهِبُهَا وَيَسْتَأْصِلُهَا. وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالْإِيمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ وَهُوَ فِي الْآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾، قِيلَ: وَهُوَ الَّذِي يُحَلِّلُ الْحَرَامَ وَيُحَرِّمُ الْحَلَالَ.

    Le bien illicite a été appelé suḥt parce qu'il extirpe les œuvres d'obéissance, c'est-à-dire qu'il les fait disparaître et les déracine. Allah le Très-Haut a dit : « Quiconque renie la foi, son œuvre est vaine, et il sera, dans l'au-delà, du nombre des perdants » [sourate al-Māʾida, 5:5]. On a dit : il s'agit de celui qui déclare licite l'interdit et interdit le licite.

Section : les convenances du repas, du vêtement, et quelques interditsفَصْلٌ

  1. 495

    وَالتَّسْمِيَةُ عِنْدَ الْأَكْلِ وَالشُّرْبِ مُسْتَحَبَّةٌ، وَالتَّحْمِيدُ عِنْدَ الِانْتِهَاءِ. وَيَأْكُلُ وَيَشْرَبُ بِيَمِينِهِ، وَلَا يَنْفُخُ فِي الطَّعَامِ وَالشَّرَابِ، وَلَا يَتَنَفَّسُ فِي الْإِنَاءِ، وَلَا بَأْسَ بِالشُّرْبِ قَائِمًا.

    Il est recommandé de dire « Au Nom d'Allah » en mangeant et en buvant, et de louer Allah en terminant. On mange et l'on boit de la main droite ; on ne souffle pas sur la nourriture ni sur la boisson, on ne respire pas dans le récipient. Il n'y a pas d'inconvénient à boire debout.

  2. 496

    وَيَحْرُمُ عَلَى الرِّجَالِ لُبْسُ الْحَرِيرِ وَالْجُلُوسُ عَلَيْهِ، وَالتَّخَتُّمُ بِالذَّهَبِ وَبِمَا فِيهِ ذَهَبٌ.

    Il est interdit aux hommes de porter de la soie et de s'asseoir dessus, et de porter une bague en or ou contenant de l'or.

  3. 497

    وَيُسْتَحَبُّ أَنْ يَبْدَأَ فِي لُبْسِ نَعْلِهِ بِالْيُمْنَى وَفِي خَلْعِهِ بِالْيُسْرَى، وَلَا يَمْشِي فِي نَعْلٍ وَاحِدٍ، وَلَا يَقِفُ فِيهِ إِلَّا لِضَرُورَةٍ.

    Il est recommandé de commencer par le pied droit pour mettre ses sandales et par le gauche pour les ôter. On ne marche pas avec une seule sandale, et l'on ne se tient debout ainsi que par nécessité.

  4. 498

    وَيَحْرُمُ اللَّعِبُ بِالشِّطْرَنْجِ، وَيَحْرُمُ التَّصْوِيرُ عَلَى صِفَةِ الْإِنْسَانِ أَوْ غَيْرِهِ مِنَ الْحَيَوَانَاتِ.

    Il est interdit de jouer aux échecs, et il est interdit de façonner des images à la ressemblance de l'être humain ou d'un autre être vivant.

Section : le salut et la demande de permission d'entrerفَصْلٌ

  1. 499

    الِابْتِدَاءُ بِالسَّلَامِ سُنَّةٌ، وَرَدُّهُ فَرْضُ كِفَايَةٍ. وَصِفَتُهُ أَنْ يَقُولَ الْمُبْتَدِئُ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ، أَوْ: سَلَامٌ عَلَيْكُمْ، وَيَقُولُ الرَّادُّ: وَعَلَيْكُمُ السَّلَامُ، أَوِ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ. وَيُكْرَهُ تَقْبِيلُ الْيَدِ فِي السَّلَامِ.

    Saluer le premier est une sunna, et rendre le salut une obligation collective. Celui qui salue le premier dit : « as-salāmu ʿalaykum » ou « salāmun ʿalaykum » ; celui qui répond dit : « wa ʿalaykumu s-salām » ou « as-salāmu ʿalaykum ». Il est déconseillé de baiser la main en saluant.

  2. 500

    وَلَا يُسَلِّمُ عَلَى أَهْلِ الْأَهْوَاءِ كَالْمُعْتَزِلَةِ وَالرَّوَافِضِ، وَلَا عَلَى أَهْلِ اللَّهْوِ حَالَ تَلَبُّسِهِمْ بِهِ كَلَاعِبِ الشِّطْرَنْجِ. وَلَا يَبْدَأُ أَهْلَ الذِّمَّةِ بِالسَّلَامِ، وَإِذَا بَدَءُوا رَدَّ عَلَيْهِمْ بِغَيْرِ وَاوٍ. وَلَا يُسَنُّ السَّلَامُ عَلَى الْمُصَلِّي.

    On ne salue pas les gens des passions [en matière de croyance], comme les muʿtazilites et les rāfiḍites, ni ceux qui s'adonnent à un divertissement pendant qu'ils y sont, comme le joueur d'échecs. On ne salue pas le premier les protégés non musulmans (ahl adh-dhimma) ; s'ils saluent les premiers, on leur répond sans le « et » (wa). Il n'est pas sunna de saluer celui qui prie.

  3. 501

    وَإِذَا سَلَّمَ وَاحِدٌ مِنَ الْجَمَاعَةِ أَجْزَأَ عَنْهُمْ، وَكَذَلِكَ إِذَا رَدَّ وَاحِدٌ مِنْهُمْ. وَيُسَلِّمُ الرَّاكِبُ عَلَى الْمَاشِي، وَالْمَاشِي عَلَى الْقَاعِدِ.

    Si un seul membre d'un groupe salue, cela suffit pour tous ; de même si un seul d'entre eux répond. Celui qui est sur une monture salue celui qui marche, et celui qui marche salue celui qui est assis.

  4. 502

    وَلَا يَجُوزُ لِأَحَدٍ أَنْ يَدْخُلَ عَلَى أَحَدٍ بَيْتَهُ حَتَّى يَسْتَأْذِنَ عَلَيْهِ. وَصِفَتُهُ أَنْ يَقُولَ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ، أَأَدْخُلُ؟ وَيَسْتَأْذِنُ ثَلَاثًا وَلَا يَزِيدُ عَلَى ذَلِكَ، إِلَّا أَنْ يَغْلِبَ عَلَى ظَنِّهِ عَدَمُ السَّمَاعِ.

    Il n'est permis à personne d'entrer chez quelqu'un sans lui en demander la permission. On dit : « as-salāmu ʿalaykum, puis-je entrer ? » On demande la permission trois fois, pas davantage, à moins d'avoir de fortes raisons de penser qu'on n'a pas été entendu.

  5. 503

    وَإِذَا اسْتَأْذَنَ فَقِيلَ لَهُ: مَنْ هَذَا؟ فَلْيُسَمِّ نَفْسَهُ بِاسْمِهِ أَوْ بِمَا يُعْرَفُ بِهِ مِنَ الْكُنْيَةِ، وَلَا يَقُولُ: أَنَا. وَالْمُصَافَحَةُ حَسَنَةٌ، وَالْمُعَانَقَةُ مَكْرُوهَةٌ عِنْدَ بَعْضِهِمْ، وَالْقُبْلَةُ فِي الْفَمِ مِنَ الرَّجُلِ إِلَى الرَّجُلِ لَا رُخْصَةَ فِيهَا.

    Si, quand il demande la permission, on lui dit « Qui est-ce ? », qu'il se nomme par son nom ou par le surnom sous lequel il est connu, et qu'il ne dise pas « Moi ». Se serrer la main est une bonne chose ; l'accolade est déconseillée selon certains ; quant au baiser sur la bouche d'un homme à un homme, rien ne l'autorise.

Section : règles de bonne conduite diversesفَصْلٌ

  1. 504

    تَشْمِيتُ الْعَاطِسِ وَاجِبٌ كَرَدِّ السَّلَامِ، وَهُوَ الْقَوْلُ لِلْعَاطِسِ: يَرْحَمُكَ اللَّهُ. وَجَوَابُهُ مُسْتَحَبٌّ، وَهُوَ قَوْلُ الْعَاطِسِ: يَهْدِيكُمُ اللَّهُ وَيُصْلِحُ بَالَكُمْ، أَوْ: يَغْفِرُ اللَّهُ لَنَا وَلَكُمْ، وَالْجَمْعُ بَيْنَهُمَا أَفْضَلُ. وَلَا يُشَمَّتُ الْعَاطِسُ حَتَّى يَحْمَدَ اللَّهَ.

    Répondre à celui qui éternue est obligatoire, comme rendre le salut ; on lui dit : « Qu'Allah te fasse miséricorde. » Sa réponse est recommandée ; celui qui a éternué dit : « Qu'Allah vous guide et améliore votre état », ou : « Qu'Allah nous pardonne, à nous et à vous » ; réunir les deux est meilleur. On ne répond à celui qui éternue que s'il a loué Allah.

  2. 505

    وَلَا يَحِلُّ لِمُسْلِمٍ أَنْ يَهْجُرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ، وَلَا يَتَنَاجَى اثْنَانِ دُونَ وَاحِدٍ.

    Il n'est pas permis à un musulman de rompre avec son frère plus de trois jours, ni à deux personnes de s'entretenir en aparté en présence d'une troisième.

  3. 506

    وَلَا يَجُوزُ لِرَجُلٍ أَنْ يَخْلُوَ بِامْرَأَةٍ لَيْسَتْ بِمَحْرَمٍ لَهُ وَلَا زَوْجَةٍ، وَلَا يَجُوزُ النَّظَرُ إِلَيْهَا.

    Il n'est pas permis à un homme de rester seul avec une femme qui n'est ni sa proche parente interdite au mariage (maḥram) ni son épouse, et il n'est pas permis de la regarder.

  4. 507

    يَنْبَغِي لِلْإِنْسَانِ أَنْ لَا يُرَى إِلَّا مُحَصِّلًا حَسَنَةً لِمَعَادِهِ أَوْ دِرْهَمًا لِمَعَاشِهِ، وَيَتْرُكَ مَا لَا يَعْنِيهِ، وَيَحْتَرِسَ مِنْ نَفْسِهِ، وَيَقِفَ عِنْدَ مَا أَشْكَلَ، وَيُنْصِفَ جَلِيسَهُ، وَيُلِينَ لَهُ جَانِبَهُ، وَيَصْفَحَ عَنْ زَلَّتِهِ، وَيَلْزَمَ الصَّبْرَ.

    Il convient que l'on ne voie l'homme occupé qu'à acquérir une bonne œuvre pour sa vie dernière ou un dirham pour sa subsistance ; qu'il laisse ce qui ne le regarde pas ; qu'il se méfie de son âme ; qu'il s'arrête devant ce qui est obscur ; qu'il soit équitable envers celui qui s'assoit avec lui, se montre doux avec lui et lui pardonne ses faux pas ; et qu'il s'attache à la patience.

  5. 508

    وَإِنْ جَالَسَ عَالِمًا نَظَرَ إِلَيْهِ بِعَيْنِ الْإِجْلَالِ، وَيُنْصِتُ لَهُ عِنْدَ الْمَقَالِ، وَإِنْ رَاجَعَهُ رَاجَعَهُ تَفَهُّمًا، وَلَا يُعَارِضُهُ فِي جَوَابِ سَائِلٍ سَأَلَهُ.

    S'il s'assoit auprès d'un savant, il le regarde avec vénération et l'écoute en silence quand il parle ; s'il revient sur un point avec lui, c'est pour comprendre ; et il ne le contredit pas quand il répond à quelqu'un qui l'interroge.

  6. 509

    وَمَنْ نَاظَرَ فِي عِلْمٍ فَبِسَكِينَةٍ وَوَقَارٍ وَتَرْكِ الِاسْتِعْلَاءِ وَحُسْنِ التَّأَنِّي وَجَمِيلِ الْأَدَبِ، فَإِنَّهُمَا مُعِينَانِ عَلَى طَلَبِ الْعِلْمِ.

    Celui qui débat d'une question de science le fait avec calme et dignité, sans chercher à dominer, avec une juste lenteur et de belles manières : ces deux choses aident à acquérir la science.

  7. 510

    وَالْحَمْدُ لِلَّهِ وَحْدَهُ، وَصَلَّى اللَّهُ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِهِ وَصَحْبِهِ وَسَلَّمَ.

    Louange à Allah, Seul. Qu'Allah bénisse notre maître Muhammad, sa famille et ses Compagnons, et qu'Il leur accorde la paix.

Autres ouvrages

Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, ar-Risālaal-ʿAshmāwī, al-Muqaddima al-ʿAshmāwiyyaal-Akhḍarī, al-Mukhtaṣar