al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
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La nature de l'association, ses sortes et ses règlesبَابٌ فِي بَيَانِ حَقِيقَةِ الشَّرِكَةِ وَأَقْسَامِهَا وَأَحْكَامِهَا
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2173
الشَّرِكَةُ: إِذْنٌ فِي التَّصَرُّفِ لَهُمَا مَعَ أَنْفُسِهِمَا وَإِنَّمَا تَصِحُّ مِنْ أَهْلِ التَّوْكِيلِ وَالتَّوَكُّلِ
L'association (sharika) est une autorisation donnée à chacun des deux [associés] de disposer [du bien commun] pour les deux, en même temps qu'eux-mêmes [chacun gardant le droit d'agir]. Elle n'est valide que de la part de ceux qui peuvent donner et recevoir mandat.
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2174
وَلَزِمَتْ بِمَا يَدُلُّ عُرْفًا: كَاشْتَرَكْنَا بِذَهَبَيْنِ أَوْ وَرِقَيْنِ اتَّفَقَ صَرْفُهُمَا وبِهِمَا مِنْهُمَا وَبِعَيْنٍ: وَبِعَرْضٍ وَبِعَرْضَيْنِ مُطْلَقًا
Elle devient obligatoire par ce qui l'exprime selon l'usage, comme « nous nous sommes associés ». [Elle se forme] avec deux [apports d']or ou deux [apports d']argent de même cours ; avec de l'or et de l'argent provenant de chacun ; avec du numéraire et une marchandise ; et avec deux marchandises, en tout cas [semblables ou non].
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2175
وَكُلٌّ بِالْقِيمَةِ يَوْمَ أَحْضَرَ لَا فَاتَ إِنْ صَحَّتْ إِنْ خَلَطَا وَلَوْ حُكْمًا وَإِلَّا فَالتَّالِفُ مِنْ رَبِّهِ
Chaque [marchandise] compte pour sa valeur au jour où elle est présentée, non au jour où elle est aliénée, si l'association est valide. [La perte est commune] si les deux apports ont été mêlés, fût-ce par assimilation [réunis sous une même garde] ; sinon, ce qui périt est à la charge de son propriétaire.
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2176
وَمَا اُبْتِيعَ بِغَيْرِهِ فَبَيْنَهُمَا وَعَلَى الْمُتْلِفِ نِصْفُ الثَّمَنِ وَهَلْ إِلَّا أَنْ يَعْلَمَ بِالتَّلَفِ فَلَهُ وَعَلَيْهِ؟ أَوْ مُطْلَقًا إِلَّا أَنْ يَدَّعِيَ الْأَخْذَ لَهُ؟ تَرَدُّدٌ
Ce qui est acheté avec l'autre apport [non péri] est commun aux deux, et celui dont l'apport a péri doit la moitié du prix. Est-ce sauf si [l'acheteur] savait la perte, auquel cas [l'achat] est pour lui, à son profit et à sa charge ? Ou est-ce en tout cas, sauf s'il prétend avoir acheté pour lui seul ? Hésitation.
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2177
وَلَوْ غَابَ نَقْدُ أَحَدِهِمَا إِنْ لَمْ يَبْعُدْ ولَمْ يَتَّجِرْ لِحُضُورِهِ لَا بِذَهَبٍ وَبِوَرِقٍ وبِطَعَامَيْنِ وَلَوْ اتَّفَقَا
[Elle est valide] même si le numéraire de l'un est absent, pourvu qu'il ne soit pas loin et qu'on ne commerce pas avant son arrivée. Non avec de l'or [de l'un] et de l'argent [de l'autre], ni avec deux denrées, même semblables [contrairement à un autre avis].
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2178
ثُمَّ إِنْ أَطْلَقَا التَّصَرُّفَ وَإِنْ بِنَوْعٍ فَمُفَاوَضَةٌ وَلَا يُفْسِدُهَا: انْفِرَادُ أَحَدِهِمَا بِشَيْءٍ
Ensuite, si les deux se donnent un pouvoir de disposition sans restriction, fût-ce sur un seul genre [de marchandise], c'est une association plénière (mufāwaḍa) ; ne la vicie pas le fait que l'un ait en propre un bien [resté hors de l'association].
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2179
وَلَهُ أَنْ يَتَبَرَّعَ إِنْ اسْتَأْلَفَ بِهِ أَوْ خَفَّ كَإِعَارَةِ آلَةٍ وَدَفْعِ كَسْرَةٍ وَيُبْضِعَ وَيُقَارِضَ وَيُودِعَ لِعُذْرٍ وَإِلَّا ضَمِنَ
[L'associé] peut faire une libéralité si elle attire [la clientèle] ou si elle est légère, comme prêter un outil ou donner un morceau de pain ; confier des marchandises [à un tiers pour les vendre] et donner en commandite (qirāḍ) ; et mettre en dépôt s'il a une excuse, faute de quoi il en répond.
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2180
وَيُشَارِكَ فِي مُعَيَّنٍ وَيُقِيلَ وَيُوَلِّيَ وَيَقْبَلَ الْمَعِيبَ وَإِنْ أَبَى الْآخَرُ ويُقِرَّ بِدَيْنٍ لِمَنْ لَا يَتَّهِمُ عَلَيْهِ
[Il peut] s'associer [avec un tiers] sur un bien déterminé, consentir une résiliation, céder [un achat au prix coûtant] et accepter [la restitution d']un bien vicié, même si l'autre refuse ; reconnaître une dette au profit de qui n'est pas suspect de collusion avec lui.
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2181
وَيَبِيعَ بِالدَّيْنِ لَا الشِّرَاءِ بِهِ كَكِتَابَةٍ وَعِتْقٍ عَلَى مَالٍ وَإِذْنٍ لِعَبْدٍ فِي تِجَارَةٍ أَوْ مُفَاوَضَةٍ
[Il peut] vendre à crédit, non acheter à crédit, pas plus que conclure une kitāba, un affranchissement contre une somme, autoriser un esclave à commercer ou [conclure] une association plénière [avec un tiers].
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2182
وَاسْتَبَدَّ آخِذُ قِرَاضٍ وَمُسْتَعِيرُ دَابَّةٍ بِلَا إِذْنٍ وَإِنْ لِلشَّرِكَةِ وَمُتَّجِرٌ بِوَدِيعَةٍ بِالرِّبْحِ وَالْخُسْرِ إِلَّا أَنْ يَعْلَمَ شَرِيكُهُ بِتَعَدِّيهِ فِي الْوَدِيعَةِ
L'associé qui prend une commandite [d'un tiers], celui qui emprunte une monture sans autorisation, fût-ce pour l'association, et celui qui commerce avec un dépôt ont seuls le profit et la perte, sauf si l'autre associé a su [et accepté] sa transgression sur le dépôt.
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2183
وَكُلٌّ وَكِيلٌ فَيَرُدَّ عَلَى حَاضِرٍ لَمْ يَتَوَلَّ كَالْغَائِبِ إِنْ بَعُدَتْ غَيْبَتُهُ وَإِلَّا انْتَظَرَ
Chacun est mandataire [de l'autre] : [l'acheteur] peut donc restituer [un bien vicié] à l'associé présent qui n'a pas conclu la vente, comme on agit contre un absent, si l'absence [de celui qui a vendu] est lointaine ; sinon, on l'attend.
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2184
وَالرِّبْحُ وَالْخُسْرُ بِقَدْرِ الْمَالَيْنِ وَتَفْسُدُ بِشَرْطِ التَّفَاوُتِ وَلِكُلٍّ أَجْرُ عَمَلِهِ لِلْآخَرِ وَلَهُ التَّبَرُّعُ وَالسَّلَفُ وَالْهِبَةُ بَعْدَ الْعَقْدِ
Le profit et la perte se répartissent à proportion des deux apports ; l'association est viciée par la stipulation d'une répartition différente, et chacun a alors droit au salaire de son travail au profit de l'autre. [L'associé] peut faire une libéralité, un prêt et un don [à l'autre] après le contrat.
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2185
وَالْقَوْلُ لِمُدَّعِي التَّلَفِ وَالْخُسْرِ وَلِآخِذٍ لَائِقٍ لَهُ ولِمُدَّعِي النِّصْفِ وَحُمِلَ عَلَيْهِ فِي تَنَازُعِهِمَا
La parole est à celui qui allègue la perte ou le déficit ; à celui qui a pris [pour lui] ce qui convient à sa condition ; à celui qui prétend que [les parts sont] par moitié, et c'est à cela que l'on s'en tient quand les deux se contredisent.
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2186
وَلِلِاشْتِرَاكِ فِيمَا بِيَدِ أَحَدِهِمَا إِلَّا لِبَيِّنَةٍ عَلَى: كَإِرْثِهِ وَإِنْ قَالَتْ: لَا نَعْلَمُ تَقَدُّمَهُ لَهَا إِنْ شَهِدَ بِالْمُفَاوَضَةِ وَلَوْ لَمْ يَشْهَدْ بِالْإِقْرَارِ بِهَا عَلَى الْأَصَحِّ
[La parole est] à celui qui soutient que ce qui est aux mains de l'un est commun, sauf preuve testimoniale établissant [pour le détenteur] par exemple qu'il lui vient par héritage, même si [les témoins] disent ignorer si [cet héritage] est antérieur à l'association ; [cela vaut] lorsqu'ils attestent de l'association plénière, même s'ils n'attestent pas de l'aveu [des parties] à son sujet, selon l'avis jugé le plus juste.
Ad-Dardīr juge plus exact de dire « postérieur » : si les témoins savent l'héritage antérieur à l'association, il est commun.
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2187
وَلِمُقِيمٍ بَيِّنَةٌ بِأَخْذِ مِائَةٍ أَنَّهَا بَاقِيَةٌ إِنْ أَشْهَدَ بِهَا عِنْدَ الْأَخْذِ أَوْ قَصُرَتْ الْمُدَّةُ
[La parole est] à celui qui produit une preuve testimoniale que [son associé] a pris cent, pour soutenir qu'ils sont encore [entre ses mains], s'il a fait constater [la prise] au moment où elle a eu lieu ou si le temps écoulé est court.
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2188
كَدَفْعِ صَدَاقٍ عَنْهُ فِي أَنَّهُ مِنْ الْمُفَاوَضَةِ إِلَّا أَنْ يَطُولَ كَسَنَةٍ وَإِلَّا بِبَيِّنَةٍ عَلَى: كَإِرْثِهِ وَإِنْ قَالَتْ: لَا نَعْلَمُ
De même [la parole est à celui qui soutient que] la dot payée pour [son associé] est prise sur l'association plénière, sauf si un long temps s'est écoulé, comme un an, et sauf preuve testimoniale établissant par exemple que [la somme] lui vient d'un héritage, même si [les témoins] disent ne pas savoir [s'il est postérieur à l'association].
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2189
وَإِنْ أَقَرَّ وَاحِدٌ بَعْدَ تَفَرُّقٍ أَوْ مَوْتٍ: فَهُوَ شَاهِدٌ فِي غَيْرِ نَصِيبِهِ
Si l'un reconnaît [une dette commune] après la séparation ou la mort [de l'autre], il vaut témoin pour la part de l'autre [l'aveu l'engage pour la sienne].
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2190
وَأُلْغِيَتْ نَفَقَتُهُمَا وَكِسْوَتُهُمَا وَإِنْ بِبَلَدَيْنِ مُخْتَلِفَيْ السِّعْرِ: كَعِيَالِهِمَا إِنْ تَقَارَبَا وَإِلَّا حُسِبَا كَانْفِرَادِ أَحَدِهِمَا بِهِ
On ne tient pas compte [dans les comptes de l'association] de leur entretien ni de leur habillement, même dans deux villes où les prix diffèrent ; de même ceux de leurs familles si elles sont voisines [par le nombre et l'âge] ; sinon, on les compte, comme lorsqu'un seul des deux a une famille.
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2191
وَإِنْ اشْتَرَى جَارِيَةً لِنَفْسِهِ فَلِلْآخَرِ رَدُّهَا إِلَّا لِلْوَطْءِ بِإِذْنِهِ وَإِنْ وَطِىءَ جَارِيَةً لِلشِّرْكَةِ بِإِذْنِهِ أَوْ بِغَيْرِ إِذْنِهِ وَحَمَلَتْ قُوِّمَتْ وَإِلَّا فَلِلْآخَرِ إِبْقَاؤُهَا أَوْ مُقَاوَاتُهَا
Si [l'un] achète une esclave pour lui-même, l'autre peut la rendre [au fonds commun], sauf si elle a été achetée pour la cohabitation avec son autorisation. S'il cohabite avec une esclave de l'association avec l'autorisation [de l'autre], ou sans elle et qu'elle devient enceinte, elle est estimée [et mise à sa charge] ; sinon, l'autre peut la garder [en commun] ou la mettre aux enchères entre eux.
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2192
وَإِنْ اشْتَرَطَا نَفْيَ الِاسْتِبْدَادِ فَعِنَانٌ وَجَازَ لِذِي طَيْرٍ وَذِي طِيَرَةٍ أَنْ يَتَّفِقَا عَلَى الشِّرْكَةِ فِي الْفِرَاخِ واشْتَرِ لِي وَلَكَ فَوَكَالَةٌ
Si les deux stipulent qu'aucun n'agit seul, c'est une association restreinte (ʿinān). Il est permis au propriétaire d'un oiseau mâle et à celui d'une femelle de convenir d'une association sur les petits. « Achète pour moi et pour toi » est un mandat [joint à une association].
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2193
وَجَازَ: وَانْقُدْ عَنِّي إِنْ لَمْ يَقُلْ: وَأَبِيعُهَا لَكَ وَلَيْسَ لَهُ حَبْسُهَا إِلَّا أَنْ يَقُولَ: وَاحْبِسْهَا فَكَالرَّهْنِ
Est permis « [achète pour moi et pour toi] et paie pour moi », si [le demandeur] n'ajoute pas « et je la vendrai pour toi » ; [l'acheteur] ne peut retenir [la marchandise jusqu'au remboursement], sauf si [le demandeur] a dit « et garde-la », auquel cas elle est comme un gage.
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2194
وَإِنْ أَسَلَفَ غَيْرَ الْمُشْتَرِي جَازَ إِلَّا لِكَبَصِيرَةِ الْمُشْتَرِي
Si celui qui avance l'argent est un autre que l'acheteur, c'est permis, sauf si [l'on prête] en vue de profiter de la compétence de l'acheteur ou d'un avantage semblable.
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2195
وَأُجْبِرَ عَلَيْهَا إِنْ اشْتَرَى شَيْئًا بِسُوقِهِ لَا لِكَسَفَرٍ وَقِنْيَةٍ وَغَيْرُهُ حَاضِرٌ لَمْ يَتَكَلَّمْ مِنْ تُجَّارِهِ وَهَلْ وَفِي الزُّقَاقِ لَا كَبَيْتِهِ؟ قَوْلَانِ
[L'acheteur] est contraint d'associer [celui qui le demande] s'il a acheté une chose sur son marché, non pour un voyage ou pour son usage, alors qu'un autre marchand de cette chose était présent sans enchérir. Est-ce aussi [pour un achat] dans la ruelle, non dans sa maison ? Deux avis.
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2196
وَجَازَتْ بِالْعَمَلِ إِنْ اتَّحَدَ أَوْ تَلَازَمَ وَتَسَاوَيَا فِيهِ أَوْ تَقَارَبَا وَحَصَلَ التَّعَاوُنُ وَإِنْ بِمَكَانَيْنِ
L'association de travail est permise si le métier est le même ou si les deux [métiers] sont liés, que les deux [associés] y sont égaux ou proches, et qu'ils s'entraident, même en deux lieux.
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2197
وَفِي جَوَازِ إِخْرَاجِ كُلِّ آلَةٍ وَاسْتِئْجَارِهِ مِنْ الْآخَرِ أَوْ لَا بُدَّ مِنْ مِلْكٍ أَوْ كِرَاءٍ؟ تَأْوِيلَانِ
Est-il permis que chacun fournisse un outil, ou que l'un loue [l'outil] de l'autre, ou faut-il que [les outils leur soient communs] en propriété ou en location ? Deux interprétations [de la Mudawwana].
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2198
كَطَبِيبَيْنِ اشْتَرَكَا فِي الدَّوَاءِ وَصَائِدَيْنِ فِي الْبَازَيْنِ وَهَلْ وَإِنْ افْتَرَقَا؟ رُوِيَتْ عَلَيْهِمَا
De même deux médecins associés sur le remède, et deux chasseurs sur leurs deux faucons ; [est-ce permis] même s'ils se séparent [par le gibier, le lieu ou la propriété des bêtes] ? [La Mudawwana] a été rapportée dans les deux sens.
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2199
وحَافِرَيْنِ بِكَرِكَازٍ وَمَعْدِنٍ وَلَمْ يَسْتَحِقَّ وَارِثُهُ بَقِيَّتَهُ وَأَقْطَعَهُ الْإِمَامُ وَقَيَّدَ بِمَا لَمْ يَبْدُ
[Est permise l'association de] deux fouilleurs d'un trésor enfoui ou d'une mine ; l'héritier [de l'un d'eux] n'a pas droit à la suite [de l'exploitation], et l'imam la concède [à qui il veut] ; cela a été restreint au cas où [le minerai] n'était pas encore apparu.
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2200
وَلَزِمَهُ مَا يَقْبَلُهُ صَاحِبُهُ وَضَمَانُهُ وَإِنْ تَفَاصَلَا وَأُلْغِيَ مَرَضٌ كَيَوْمَيْنِ وَغَيْبَتُهُمَا لَا إِنْ كَثُرَ
[L'associé] est tenu du travail que son associé accepte et en répond [avec lui], même après qu'ils se sont séparés ; on ne tient pas compte d'une maladie ni d'une absence de deux jours environ, non si elles sont plus longues.
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2201
وَفَسَدَتْ بِاشْتِرَاطِهِ كَكَثِيرِ الْآلَةِ وَهَلْ يُلْغَى الْيَوْمَانِ كَالصَّحِيحَةِ؟ تَرَدُّدٌ
Elle est viciée si l'on stipule [de ne pas tenir compte d'une longue absence], comme [elle l'est par l'apport sans contrepartie] d'outils considérables ; les deux jours sont-ils alors négligés comme dans l'association valide ? Hésitation [des tardifs].
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2202
وبِاشْتِرَاكِهِمَا بِالذِّمَمِ أَنْ يَشْتَرِيَا بِلَا مَالٍ وَهُوَ بَيْنَهُمَا وَكَبَيْعِ وَجِيهٍ مَالَ خَامِلٍ بِجُزْءٍ مِنْ رِبْحِهِ
[Elle est viciée aussi] par l'association sur le crédit [de chacun], qui consiste à acheter sans capital ; [ce qui a été acheté] est alors commun aux deux. Et de même quand un homme de renom vend les biens d'un inconnu contre une part de leur profit.
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2203
وَكَذِي رَحًى وَذِي بَيْتٍ وَذِي دَابَّةٍ لِيَعْمَلُوا إِنْ لَمْ يَتَسَاوَ الْكِرَاءُ وَتَسَاوَوْا فِي الْغَلَّةِ وَتَرَادُّوا الْأَكْرِيَةَ
De même [est viciée l'association] du propriétaire d'un moulin, de celui d'une maison et de celui d'une bête pour travailler [ensemble], si les loyers [de leurs apports] ne sont pas égaux et qu'ils partagent le revenu à égalité ; ils se restituent alors les loyers.
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2204
وَإِنْ اُشْتُرِطَ عَمَلُ رَبِّ الدَّابَّةِ: فَالْغَلَّةُ لَهُ وَعَلَيْهِ كِرَاؤُهُمَا
Si le travail du propriétaire de la bête a été stipulé, le revenu est à lui et il doit le loyer des deux autres [apports].
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2205
وَقَضَى عَلَى شَرِيكٍ فِيمَا لَا يَنْقَسِمُ أَنْ يُعَمِّرَ أَوْ يَبِيعَ: كَذِي سُفْلٍ إِنْ وَهَي وَعَلَيْهِ التَّعْلِيقُ والسَّقْفُ وكَنْسُ مِرْحَاضٍ لَا سُلَّمَ
On condamne le copropriétaire d'un bien indivisible [qui se dégrade] à le réparer ou à vendre [sa part] ; de même le propriétaire du rez-de-chaussée si [le bâtiment] menace ruine : il doit l'étaiement et le plafond, ainsi que le curage des latrines, non l'escalier.
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2206
وَبِعَدَمِ زِيَادَةِ الْعُلُوِّ إِلَّا الْخَفِيفَ وَبِالسَّقْفِ لِلْأَسْفَلِ وَبِالدَّابَّةِ لِلرَّاكِبِ لَا مُتَعَلِّقٌ بِلِجَامٍ
[On condamne le propriétaire de l'étage] à ne rien ajouter à l'étage, sauf chose légère ; le plafond est [attribué] à celui d'en bas ; la bête [disputée] à celui qui la monte, non à celui qui tient la bride.
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2207
وَإِنْ أَقَامَ أَحَدُهُمْ رَحًى إِذْ أَبَيَا فَالْغَلَّةُ لَهُمْ وَيَسْتَوْفِي مِنْهَا: مَا أَنْفَقَ
Si l'un des [copropriétaires] remet un moulin en état alors que les autres ont refusé, le revenu est à tous, et il se rembourse sur ce revenu de ce qu'il a dépensé.
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2208
وَبِالْإِذْنِ فِي دُخُولِ جَارِهِ لِإِصْلَاحِ جِدَارٍ وَنَحْوِهِ وبِقِسْمَتِهِ إِنْ طُلِبَتْ لَا بِطُولِهِ عَرْضًا
[On condamne] à laisser entrer le voisin pour réparer un mur ou chose semblable ; au partage [du mur mitoyen] s'il est demandé, [chacun prenant une moitié de sa longueur,] non en le fendant sur toute sa longueur dans son épaisseur.
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2209
وبِإِعَادَةِ السَّاتِرِ لِغَيْرِهِ إِنْ هَدَمَهُ ضَرَرًا لَا لِإِصْلَاحٍ أَوْ هُدِمَ وَبِهَدْمِ بِنَاءٍ بِطَرِيقٍ وَلَوْ لَمْ يَضُرَّ
[On condamne] à rétablir le mur qui cache [l'intérieur de la maison] du voisin, si on l'a démoli pour nuire, non pour le réparer ou s'il s'est écroulé ; et à démolir une construction élevée sur la voie publique, même si elle ne gêne pas.
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2210
وَبِجُلُوسِ بَاعَةٍ بِأَفْنِيَةِ الدُّورِ لِلْبَيْعِ إِنْ خَفَّ وَلِلسَّابِقِ كَمَسْجِدٍ وبِسَدِّ كَوَّةٍ فُتِحَتْ أُرِيدَ سَدٌّ خَلْفَهَا
[On admet] que des vendeurs s'installent devant les maisons pour vendre, si c'est léger, [la place] étant au premier arrivé, comme à la mosquée ; [on condamne] à fermer une ouverture percée [sur le voisin], dès lors que l'on a voulu la boucher par derrière [sans la supprimer].
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2211
وَبِمَنْعِ دُخَانٍ: كَحَمَّامٍ وَرَائِحَةٍ: كَدِبَاغٍ وأَنْدَرَ قَبْلُ بَيْتٍ وَمُضِرٍّ بِجِدَارٍ وَإِصْطَبْلٍ أَوْ حَانُوتٍ قُبَالَةَ بَابٍ
[On condamne] à supprimer la fumée, comme celle d'un bain, l'odeur, comme celle d'une tannerie, une aire à battre [installée] devant une maison, ce qui nuit à un mur, une écurie ou une boutique en face d'une porte.
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2212
وبِقَطْعِ مَا أَضَرَّ مِنْ شَجَرَةٍ بِجِدَارٍ إِنْ تَجَدَّدَتْ وَإِلَّا فَقَوْلَانِ لَا مَانِعِ: ضَوْءٍ وَشَمْسٍ وَرِيحٍ إِلَّا لِأَنْدَرَ وَعُلُوِّ بِنَاءٍ وَصَوْتٍ كَكَمَدٍ
[On condamne] à couper ce qui, d'un arbre, nuit à un mur, si l'arbre est nouveau ; sinon, deux avis. Non ce qui prive de lumière, de soleil ou de vent, sauf pour une aire à battre ; ni la surélévation d'une construction, ni un bruit comme celui du foulon.
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2213
وَبَابٍ بِسِكَّةٍ نَافِذَةٍ وَرَوْشَنٍ وَسَابَاطٍ لِمَنْ لَهُ الْجَانِبَانِ بِسِكَّةٍ نَفَذَتْ وَإِلَّا فَكَالْمِلْكِ لِجَمِيعِهِمْ إِلَّا بَابًا إِنْ نَكَبَ
Ni une porte ouverte sur une rue passante, ni une saillie [en encorbellement], ni un passage couvert, pour qui possède les deux côtés, dans une rue passante ; si [la rue] est sans issue, elle est comme la propriété de tous [ses riverains, dont l'accord est requis], sauf pour une porte, si elle est décalée [par rapport à celle du voisin].
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2214
وصُعُودُ نَخْلَةٍ وَأَنْذَرَ بِطُلُوعِهِ وَنُدِبَ: إِعَارَةُ جِدَارِهِ لِغَرْزِ خَشَبِهِ وَإِرْفَاقٌ بِمَاءٍ وَفَتْحُ بَابٍ
[Est permis] de monter à un palmier [près du voisin], en l'avertissant que l'on monte. Il est recommandé de prêter son mur pour y ficher les poutres [du voisin], de faire profiter [autrui] de son eau et d'ouvrir une porte [pour le passage du voisin].
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2215
وَلَهُ أَنْ يَرْجِعَ وَفِيهَا: إِنْ دَفَعَ مَا أَنْفَقَ أَوْ قِيمَتَهُ وَفِي مُوَافَقَتِهِ وَمُخَالَفَتِهِ: تَرَدُّدٌ
[Celui qui a prêté son terrain pour y bâtir ou planter] peut se rétracter ; dans [la Mudawwana] : s'il rembourse ce que [l'emprunteur] a dépensé, ou [ailleurs] sa valeur ; sur l'accord ou le désaccord [de ces deux énoncés] : hésitation.
- Les règles de l'association de cultureفَصْلٌ فِي بَيَانِ أَحْكَامِ الشَّرِكَةِ فِي الزَّرْعِ
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2216
لِكُلٍّ فَسْخُ الْمُزَارَعَةِ إِنْ لَمْ يَبْذُرْ وَصَحَّتْ إِنْ سَلِمَا مِنْ كِرَاءِ الْأَرْضِ بِمَمْنُوعٍ وَقَابِلُهَا مُسَاوٍ وَتَسَاوَيَا إِلَّا لِتَبَرُّعٍ بَعْدَ الْعَقْدِ
Chacun peut résilier l'association de culture (muzāraʿa) tant qu'on n'a pas semé. Elle est valide si les deux évitent de louer la terre contre une chose interdite [comme une denrée], si ce qui est fourni en face de la terre lui est équivalent et si les deux [parts de récolte] sont proportionnées [aux apports], sauf libéralité consentie après le contrat.
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2217
وَخَلْطُ بَذْرٍ إِنْ كَانَ وَلَوْ بِإِخْرَاجِهِمَا فَإِنْ لَمْ يَنْبُتْ بَذْرُ أَحَدِهِمَا وَعَلِمَ: لَمْ يُحْتَسَبْ بِهِ إِنْ غَرَّ وَعَلَيْهِ مِثْلَ نِصْفِ النَّابِتِ وَإِلَّا فَعَلَى كُلٍّ: نِصْفُ بَذْرِ الْآخَرِ وَالزَّرْعُ بَيْنَهُمَا
[Il faut aussi] mêler les semences s'il y en a [de chaque côté], fût-ce en les sortant ensemble [sans les mélanger]. Si la semence de l'un ne lève pas et qu'il le savait, elle n'est pas comptée s'il a trompé [l'autre], et il doit l'équivalent de la moitié de celle qui a levé ; sinon, chacun doit la moitié de la semence de l'autre ; et la récolte est commune [dans les deux cas].
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2218
كَأَنْ تَسَاوَيَا فِي الْجَمِيعِ أَوْ قَابَلَ بَذْرُ أَحَدِهِمَا: عَمَلٌ أَوْ أَرْضَهُ وَبَذْرَهُ أَوْ بَعْضَهُ إِنْ لَمْ يَنْقُصْ مَا لِلْعَامِلِ عَنْ نِسْبَةِ بَذْرِهِ
[Elle est valide] par exemple quand les deux sont égaux en tout, ou quand la semence de l'un a pour contrepartie le travail [de l'autre], ou quand sa terre et sa semence, ou une partie de celle-ci, [ont pour contrepartie ce travail], pourvu que la part du travailleur ne soit pas inférieure à la proportion de sa semence.
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2219
أَوْ لِأَحَدِهِمَا الْجَمِيعُ إِلَّا الْعَمَلَ إِنْ عَقَدَا بِلَفْظِ الشِّرْكَةِ لَا الْإِجَارَةِ أَوْ أَطْلَقَا
Ou quand tout vient de l'un sauf le travail, s'ils ont contracté avec le mot « association », non avec celui de « louage » ni sans précision.
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2220
كَإِلْغَاءِ أَرْضٍ وَتَسَاوَيَا غَيْرَهَا أَوْ لِأَحَدِهِمَا أَرْضٌ رَخِيصَةٌ وَعَمَلٌ عَلَى الْأَصَحِّ
[Elle est viciée] comme lorsqu'une terre [de valeur] est fournie pour rien et que les deux sont égaux pour le reste, ou lorsque l'un apporte une terre de peu de valeur et le travail [et l'autre la semence], selon l'avis jugé le plus juste.
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2221
وَإِنْ فَسَدَتْ وَتَكَافَآ عَمَلًا فَبَيْنَهُمَا وَتَرَادَّا غَيْرَهُ وَإِلَّا فَلِلْعَامِلِ وَعَلَيْهِ الْأُجْرَةُ كَانَ لَهُ بَذْرٌ مَعَ عَمَلٍ أَوْ أَرْضٌ أَوْ كُلٌّ لِكُلٍّ
Si elle est viciée et que les deux ont travaillé, [la récolte] est commune et ils se restituent [la valeur de] leurs autres apports ; sinon, elle est à celui qui a travaillé, qui doit le loyer [des apports de l'autre], qu'il ait fourni la semence avec le travail, ou la terre, ou que l'une et l'autre viennent des deux.