al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
Le texte est affiché chapitre par chapitre, en arabe et en français. Dans chaque chapitre, cherchez un mot dans l’une ou l’autre langue : seuls les passages qui le contiennent restent affichés. La recherche du site parcourt l’ouvrage entier.
Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
Partie 38 sur 61 · la recherche ci-dessus porte sur cette partie. Chercher dans tout le livre
Aucun passage ne contient ces mots. Essayez un autre mot, en arabe ou en français.
Les règles de la musāqātبَابٌ فِي بَيَانِ أَحْكَامِ الْمُسَاقَاةِ
-
2468
إنَّمَا تَصِحُّ مُسَاقَاةُ شَجَرٍ وَإِنْ بَعْلًا ذِي ثَمَرٍ لَمْ يَحِلَّ بَيْعُهُ وَلَمْ يُخْلِفْ إلَّا تَبَعًا
La musāqāt [contrat par lequel le propriétaire confie des arbres à un travailleur qui les entretient contre une part des fruits] n'est valide que sur des arbres, même non irrigués [vivant de l'humidité du sol], en âge de porter des fruits, dont [les fruits] ne peuvent pas encore être vendus [maturité non apparue], et qui ne repoussent pas [sans cesse, comme le bananier], sauf à titre accessoire,
-
2469
بِجُزْءٍ قَلَّ أَوْ كَثُرَ شَاعَ وَعُلِمَ بِسَاقَيْتُ
contre une part [des fruits], petite ou grande, indivise et connue [des deux], par [la formule] « sāqaytu » [« je t'ai confié en musāqāt »],
-
2470
لَا نَقْصِ مَنْ فِي الْحَائِطِ وَلَا تَجْدِيدٍ وَلَا زِيَادَةٍ لِأَحَدِهِمَا
sans [stipuler] le retrait de ceux [esclaves ou bêtes] qui se trouvent dans le verger, ni le renouvellement [de ce qui n'y était pas, à la charge de l'un ou de l'autre], ni un supplément [étranger au verger] au profit de l'un des deux.
-
2471
وَعَمِلَ الْعَامِلُ: جَمِيعَ مَا يَفْتَقِرُ إلَيْهِ عُرْفًا: كَإِبَارٍ وَتَنْقِيَةٍ وَدَوَابَّ وَأُجَرَاءَ وَأَنْفَقَ وَكَسَا لَا أُجْرَةُ مَنْ كَانَ فِيهِ أَوْ خَلَفُ مَنْ مَاتَ أَوْ مَرِضَ كَمَا رَثَّ عَلَى الْأَصَحِّ:
Le travailleur accomplit tout ce que [le verger] requiert selon l'usage : fécondation [des palmiers], nettoyage [de ce qui sert aux arbres], bêtes et ouvriers [qu'il fournit] ; il nourrit et vêt [ceux qui y travaillent]. Ne lui incombent ni le salaire de ceux qui s'y trouvaient déjà, ni le remplacement de qui meurt ou tombe malade ; lui incombe en revanche [le remplacement de] ce qui s'use [seaux, cordes], selon l'avis jugé le plus juste.
-
2472
كَزَرْعٍ أَوْ قَصَبٍ وَبَصَلٍ وَمِقْثَأَةٍ إنْ عَجَزَ رَبُّهُ وَخِيفَ مَوْتُهُ وَبَرَزَ وَلَمْ يَبْدُ صَلَاحُهُ
[La musāqāt est valide] aussi sur des céréales, de la canne [à sucre], des oignons ou un champ de concombres, si le propriétaire est incapable [de les entretenir], que l'on craint leur perte, qu'ils sont sortis de terre et que leur maturité n'est pas apparue.
-
2473
وَهَلْ كَذَلِكَ الْوَرْدُ وَنَحْوُهُ وَالْقُطْنُ؟ أَوْ كَالْأَوَّلِ وَعَلَيْهِ الْأَكْثَرُ؟ تَأْوِيلَانِ
La rose et ce qui lui ressemble, ainsi que le coton, suivent-ils cette règle [celle des céréales], ou bien la première [celle des arbres], ce que retient le plus grand nombre ? Deux interprétations [de la Mudawwana].
-
2474
وَأُقِّتَتْ بِالْجُذَاذِ وَحُمِلَتْ عَلَى الْأَوَّلِ إنْ لَمْ يُشْتَرَطْ ثَانٍ
[La musāqāt] est limitée dans le temps par la cueillette ; [si l'année comporte deux récoltes,] elle est entendue de la première si une seconde n'a pas été stipulée.
-
2475
وَكَبَيَاضِ نَخْلٍ أَوْ زَرْعٍ إنْ وَافَقَ الْجُزْءَ وَبَذَرَهُ الْعَامِلُ وَكَانَ ثُلُثًا بِإِسْقَاطِ كُلْفَةِ الثَّمَرَةِ وَإِلَّا فَسَدَ: كَاشْتِرَاطِهِ رَبُّهُ وَأُلْغِيَ لِلْعَامِلِ إنْ سَكَتَا عَنْهُ أَوْ اشْتَرَطَهُ
[Il est valide] aussi [d'y inclure] la terre nue d'une palmeraie ou d'un champ, pourvu que la part [convenue pour elle] soit la même [que celle des fruits], que le travailleur l'ensemence et que [son loyer] ne dépasse pas le tiers [de l'ensemble], frais [de culture] des fruits déduits ; sinon [le contrat] est vicié, comme lorsque le propriétaire se la réserve ; elle est laissée au travailleur s'ils n'en ont rien dit ou s'il l'a stipulée.
-
2476
وَدَخَلَ شَجَرٌ تَبِعَ زَرْعًا وَجَازَ زَرْعٌ وَشَجَرٌ وَإِنْ غَيْرَ تَبَعٍ
Les arbres accessoires d'un champ y sont inclus [d'office] ; et [la musāqāt sur] champ et arbres [ensemble] est permise même si [l'un] n'est pas accessoire [de l'autre].
-
2477
وَحَوَائِطُ وَإِنْ اخْتَلَفَتْ بِجُزْءٍ إلَّا فِي صَفَقَاتٍ وَغَائِبٌ إنْ وُصِفَ وَوَصَلَهُ قَبْلَ طِيبِهِ
[Il est permis de donner en musāqāt, par un seul contrat,] plusieurs vergers, même [d'espèces] différentes, contre une même part, sauf en contrats [distincts, où la part peut différer] ; et un verger absent, s'il est décrit et que [le travailleur] peut l'atteindre avant la maturité [des fruits].
-
2478
وَاشْتِرَاطُ جُزْءِ الزَّكَاةِ عَلَى أَحَدِهِمَا وَسِنِينَ مَا لَمْ تَكْثُرْ جِدًّا بِلَا حَدٍّ
[Il est permis] de stipuler la part de la zakāt à la charge de l'un des deux, et [de contracter pour] des années, tant qu'elles ne sont pas très nombreuses, sans limite [fixe].
-
2479
وَعَامِلٌ دَابَّةً أَوْ غُلَامًا فِي الْكَبِيرِ وَقَسْمُ الزَّيْتُونِ حَبًّا كَعَصْرِهِ عَلَى أَحَدِهِمَا
[Il est permis] que le travailleur stipule [du propriétaire] une bête ou un esclave, dans un grand [verger] ; [de stipuler] le partage des olives en grains ; de même leur pressurage, à la charge de l'un des deux.
-
2480
وَإِصْلَاحُ جِدَارٍ وَكَنْسُ عَيْنٍ وَسَدُّ حَظِيرَةٍ وَإِصْلَاحُ ضَفِيرَةٍ أَوْ مَا قَلَّ وَتَقَايُلُهُمَا هَدَرًا
[Il est permis de stipuler à la charge du travailleur] la réparation d'un mur, le curage d'une source, la remise en état d'une haie, la réparation d'un bassin, ou toute chose de peu [d'importance] ; et [il leur est permis] de résilier à l'amiable sans contrepartie.
-
2481
وَمُسَاقَاةُ الْعَامِلِ آخَرَ وَلَوْ أَقَلَّ أَمَانَةً وَحُمِلَ عَلَى ضِدِّهَا وَضَمِنَ فَإِنْ عَجَزَ وَلَمْ يَجِدْ: أَسْلَمَهُ هَدَرًا
[Il est permis] au travailleur de confier [le verger] en musāqāt à un autre, même moins digne de confiance [que lui] ; [ce second] est présumé ne pas l'être [tant que sa probité n'est pas connue], et [le premier] en répond ; s'il est incapable [de poursuivre] et ne trouve personne, il remet [le verger au propriétaire] sans rien [recevoir].
-
2482
وَلَمْ تَنْفَسِخْ بِفَلَسِ رَبِّهِ وَبِيعَ: مُسَاقًى وَمُسَاقَاةُ وَصِيٍّ وَمَدِينٍ بِلَا حَجْرٍ وَدَفْعُهُ لِذِمِّيٍّ لَمْ يَعْصِرْ حِصَّتَهُ خَمْرًا
Elle n'est pas résiliée par la faillite du propriétaire, et [le verger] se vend grevé de la musāqāt ; [sont permises] la musāqāt [consentie par] le tuteur testamentaire, [celle du] débiteur non [encore] interdit, et la remise [du verger] à un dhimmī [non-musulman protégé] qui ne presse pas sa part en vin.
-
2483
لَا مُشَارَكَةُ رَبِّهِ أَوْ إعْطَاءُ أَرْضٍ لِتُغْرَسَ فَإِذَا بَلَغَتْ كَانَتْ مُسَاقَاةً أَوْ شَجَرٍ لَمْ يَبْلُغْ خَمْسَ سِنِينَ وَهِيَ تَبْلُغُ أَثْنَاءَهَا
Ne sont pas permis : que le propriétaire s'associe [au travailleur dans la musāqāt de son verger] ; la remise d'une terre à planter, à charge qu'une fois [les arbres] en âge [de produire] elle soit [tenue] en musāqāt ; ni [la musāqāt, pour] cinq ans, d'arbres qui n'ont pas atteint [l'âge de produire] et l'atteindront pendant ce temps.
-
2484
وَفُسِخَتْ فَاسِدَةٌ بِلَا عَمَلٍ أَوْ فِي أَثْنَائِهِ أَوْ بَعْدَ سَنَةٍ مِنْ أَكْثَرَ: إنْ وَجَبَتْ أُجْرَةُ الْمِثْلِ وَبَعْدَهُ أُجْرَةُ الْمِثْلِ: إنْ خَرَجَا عَنْهَا كَإِنْ ازْدَادَ عَيْنًا أَوْ عَرْضًا
Une [musāqāt] viciée est résiliée [si on la découvre] avant tout travail ; ou en cours [de travail], ou après une année sur plusieurs, si c'est le salaire courant qui est dû. Après [le travail, est dû] le salaire courant s'ils sont sortis [du cadre] de la musāqāt, par exemple si [l'un d'eux] a reçu en plus du numéraire ou une marchandise.
-
2485
وَإِلَّا فَمُسَاقَاةُ الْمِثْلِ: كَمُسَاقَاتِهِ مَعَ ثَمَرٍ أُطْعِمَ أَوْ مَعَ بَيْعٍ أَوْ اُشْتُرِطَ عَمَلُ رَبِّهِ أَوْ دَابَّةٍ أَوْ غُلَامٍ وَهُوَ صَغِيرٌ أَوْ حَمْلُهُ لِمَنْزِلِهِ أَوْ يَكْفِيهِ مُؤْنَةَ آخَرَ
Sinon, [est due] la musāqāt courante : ainsi quand elle porte aussi sur des fruits déjà mûrs, ou est jointe à une vente, ou quand [le travailleur] a stipulé le travail du propriétaire, ou [celui] d'une bête ou d'un esclave [du propriétaire] alors que [le verger] est petit, ou le transport [de sa part] jusqu'à sa demeure, ou quand [le propriétaire stipule] qu'il le déchargera de l'entretien d'un autre [verger],
-
2486
أَوْ اخْتَلَفَ الْجُزْءُ بِسِنِينَ أَوْ حَوَائِطَ: كَاخْتِلَافِهِمَا وَلَمْ يُشَبِّهَا
ou quand la part diffère selon les années ou les vergers ; de même s'ils divergent [sur la part] sans qu'aucun des deux ne dise de vraisemblable.
-
2487
وَإِنْ سَاقَيْتَهُ أَوْ أَكْرَيْتَهُ فَأَلْفَيْتَهُ سَارِقًا: لَمْ تَنْفَسِخْ وَلْيَتَحَفَّظْ مِنْهُ: كَبَيْعِهِ وَلَمْ يَعْلَمْ بِفَلَسِهِ
Si tu confies [ton verger] en musāqāt, ou loues [ta maison], à quelqu'un que tu découvres voleur, le contrat n'est pas résilié : garde-toi de lui ; de même [reste acquise] la vente faite à un homme dont [le vendeur] ignorait la faillite.
-
2488
وَسَاقِطُ النَّخْلِ: كَلِيفٍ: كَالثَّمَرَةِ وَالْقَوْلُ لِمُدَّعِي الصِّحَّةِ وَإِنْ قَصَّرَ عَامِلٌ عَمَّا شُرِطَ: حُطَّ بِنِسْبَتِهِ.
Ce qui tombe du palmier, comme la fibre, est comme les fruits ; la parole est à celui qui prétend la validité ; et si le travailleur a fait moins que ce qui a été stipulé, on déduit [de sa part] en proportion.