al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
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La peine de celui qui boit du vinبَابٌ فِي بَيَانِ حَدِّ شَارِبِ الْخَمْرِ
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3144
بِشُرْبِ الْمُسْلِمِ الْمُكَلَّفِ مَا يُسْكِرُ جِنْسُهُ طَوْعًا بِلَا عُذْرٍ وَضَرُورَةٍ وَظَنِّهِ غَيْرًا
Pour le fait, de la part du musulman légalement responsable, de boire ce dont l'espèce enivre, de plein gré, sans excuse ni nécessité, et sans l'avoir pris pour autre chose,
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3145
وَإِنْ قَلَّ أَوْ جَهِلَ وُجُوبَ الْحَدِّ أَوْ الْحُرْمَةَ لِقُرْبِ عَهْدٍ وَلَوْ حَنَفِيًّا يَشْرَبُ النَّبِيذَ وَصَحَّحَ نَفْيَهُ
même en petite quantité, et même s'il ignorait que le ḥadd était dû, ou [ignorait] l'interdiction parce que converti de fraîche date, et même s'il est ḥanafite et boit du nabīdh [boisson fermentée autre que le vin de raisin], [contrairement à un autre avis] ; l'absence [de ḥadd pour ce dernier] a été jugée la plus juste ;
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3146
ثَمَانُونَ بَعْدَ صَحْوِهِ وَتَشَطَّرَ بِالرِّقِّ وَإِنْ قَلَّ إنْ أَقَرَّ أَوْ شَهِدَا بِشُرْبٍ أَوْ شَمٍّ وَإِنْ خُولِفَا
[sont dus] quatre-vingts [coups], après qu'il a repris ses esprits ; ils sont réduits de moitié par la servitude, même partielle ; [cela] s'il avoue, ou si deux [témoins] attestent qu'il a bu ou qu'ils ont senti [l'odeur du vin], même s'ils sont contredits.
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3147
وَجَازَ لِإِكْرَاهٍ وَإِسَاغَةٍ لَا دَوَاءٍ وَلَوْ طِلَاءً
[En boire] est permis sous la contrainte et pour faire passer [une bouchée qui étouffe], non comme remède, fût-ce en onction.
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3148
وَالْحُدُودُ بِسَوْطٍ وَضَرْبٍ مُعْتَدِلَيْنِ قَاعِدًا بِلَا رَبْطٍ وَشَدِّ يَدٍ بِظَهْرِهِ وَكَتِفَيْهِ وَجُرِّدَ الرَّجُلُ وَالْمَرْأَةُ مِمَّا يَقِي الضَّرْبَ وَنُدِبَ جَعْلُهَا فِي قُفَّةٍ
Les ḥadd s'appliquent avec un fouet et des coups tous deux modérés, [le condamné] assis, sans l'attacher ni lui lier les mains, sur le dos et les épaules ; l'homme est dévêtu, et la femme [débarrassée] de ce qui protège des coups ; il est recommandé de la placer dans un grand panier.
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3149
وَعَزَّرَ الْإِمَامُ لِمَعْصِيَةِ اللَّهِ أَوْ لِحَقِّ آدَمِيٍّ حَبْسًا وَلَوْمًا وَبِالْإِقَامَةِ وَنَزْعِ الْعِمَامَةِ وَضَرْبٍ بِسَوْطٍ أَوْ غَيْرِهِ وَإِنْ زَادَ عَلَى الْحَدِّ أَوْ أَتَى عَلَى النَّفْسِ
L'imam punit discrétionnairement pour une désobéissance à Dieu ou pour le droit d'un être humain, par l'emprisonnement, le blâme, en faisant lever [le coupable de l'assemblée], en lui ôtant le turban, par des coups de fouet ou d'autre chose, même si cela dépasse le ḥadd ou entraîne la mort.
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3150
وَضَمِنَ مَا سَرَى كَطَبِيبٍ جَهِلَ أَوْ قَصَّرَ أَوْ بِلَا إذْنٍ مُعْتَبَرٍ وَلَوْ أَذِنَ عَبْدٌ بِفَصْدٍ أَوْ حِجَامَةٍ أَوْ خِتَانٍ
Il répond [s'il doutait de l'issue] de ce qui s'est propagé [au-delà du châtiment], comme le médecin qui ignore [son art] ou qui a été négligent, ou [qui a agi] sans autorisation valable, même si c'est un esclave qui a autorisé une saignée, une pose de ventouses ou une circoncision ;
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3151
وَكَتَأْجِيجِ نَارٍ فِي يَوْمٍ عَاصِفٍ وَكَسُقُوطِ جِدَارٍ مَالَ وَأَنْذَرَ صَاحِبَهُ وَأَمْكَنَ تَدَارُكُهُ
de même pour qui attise un feu un jour de grand vent, et pour la chute d'un mur qui penchait, dont le propriétaire a été averti et qu'il était possible de réparer ;
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3152
أَوْ عَضَّهُ فَسَلَّ يَدَهُ فَقَلَعَ أَسْنَانَهُ أَوْ نَظَرَ لَهُ مِنْ كَوَّةٍ فَقَصَدَ عَيْنَهُ وَإِلَّا فَلَا كَسُقُوطِ مِيزَابٍ أَوْ بَغْتِ رِيحٍ لِنَارٍ كَحَرْقِهَا قَائِمًا لِطَفْئِهَا
ou si [quelqu'un] le mord, qu'il retire sa main et lui arrache ainsi les dents ; ou si on le regarde par une lucarne et qu'il vise l'œil [de celui qui regarde] ; sinon, non ; de même [pas de responsabilité] pour la chute d'une gouttière, ou pour un vent survenu soudain sur un feu, ni si [le feu] brûle celui qui s'est levé pour l'éteindre.
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3153
وَجَازَ دَفْعُ صَائِلٍ بَعْدَ الْإِنْذَارِ لِلْفَاهِمِ وَإِنْ عَنْ مَالٍ وَقَصْدُ قَتْلِهِ إنْ عَلِمَ أَنَّهُ لَا يَنْدَفِعُ إلَّا بِهِ لَا جُرْحٌ إنْ قَدَرَ عَلَى الْهَرَبِ مِنْهُ بِلَا مَشَقَّةٍ
Il est permis de repousser l'agresseur, après sommation pour celui qui comprend, même [s'il s'agit de défendre] un bien, et de chercher à le tuer si l'on sait qu'il ne sera repoussé que par là ; non de le blesser si l'on peut le fuir sans peine.
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3154
وَمَا أَتْلَفَتْهُ الْبَهَائِمُ لَيْلًا فَعَلَى رَبِّهَا وَإِنْ زَادَ عَلَى قِيمَتِهَا بِقِيمَتِهِ عَلَى الرَّجَاءِ وَالْخَوْفِ لَا نَهَارًا إنْ لَمْ يَكُنْ مَعَهَا رَاعٍ وَسَرَحَتْ بُعْدَ الْمَزَارِعِ وَإِلَّا فَعَلَى الرَّاعِي
Ce que les bêtes détruisent de nuit est à la charge de leur maître, même si cela dépasse leur valeur, [le dommage étant estimé] à sa valeur entre l'espoir [de la récolte] et la crainte [de sa perte] ; non [ce qu'elles détruisent] de jour, s'il n'y a pas de berger avec elles et qu'elles ont été lâchées loin des cultures ; sinon, c'est à la charge du berger.