al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
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Les règles de la mughārasaبَابٌ فِي أَحْكَامِ الْمُغَارَسَةِ
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2489
نُدِبَ الْغَرْسُ وَجَازَتْ الْمُغَارَسَةُ فِي الْأُصُولِ أَوْ مَا يَطُولُ مُكْثُهُ: كَزَعْفَرَانٍ وَقُطْنٍ: إجَارَةً وَجَعَالَةً بِعِوَضٍ
Planter est recommandé. La mughārasa [contrat par lequel on remet une terre à planter contre une part de la terre et des arbres] est permise sur des arbres [à racines durables] ou ce qui demeure longtemps [en terre], comme le safran et le coton, comme louage ou comme juʿl [promesse de récompense pour un résultat] contre un prix,
Ce chapitre de la mughārasa n'est pas de Khalīl : il a été ajouté au Mukhtaṣar par ʿAbd ar-Raḥmān b. ʿAbd al-Qādir, à la manière de l'auteur ; ad-Dardīr ne le commente pas.
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2490
وَشَرِكَةَ جُزْءٍ مَعْلُومٍ: فِي الْأَرْضِ وَالشَّجَرِ لَا فِي أَحَدِهِمَا وَدَخَلَ مَا بَيْنَ الشَّجَرِ مِنْ الْأَرْضِ إنْ لَمْ يَسْتَثْنِهِ أَوَّلًا
ou comme association à une part connue de la terre et des arbres, non de l'un des deux seulement ; et la terre entre les arbres y entre s'il ne l'a pas exclue au départ,
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2491
إنْ اتَّفَقَا عَلَى قَدْرٍ مَعْلُومٍ تَبْلُغُهُ الشَّجَرُ وَلَا ثَمَرَ دُونَهُ كَتَحْدِيدِهَا بِالْإِثْمَارِ أَوْ أَجَلٍ لَا بَعْدَهُ وَحُمِلَا عَلَيْهِ عِنْدَ السُّكُوتِ
pourvu qu'ils s'accordent sur une taille connue que les arbres atteindront et avant laquelle ils ne fructifient pas ; de même [il est permis] de la borner à la fructification, ou à un terme [qui la précède], non [à un terme] postérieur ; et ils sont ramenés à [la fructification] en cas de silence,
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2492
وَصَحَّتْ: كَاشْتِرَاطِهِ عَلَى الْعَامِلِ مَا خَفَّتْ مُؤْنَتُهُ: كَزَرْبٍ لَا مَا عَظُمَ مِنْ بُنْيَانٍ
et elle est [alors] valide ; de même [il est permis] de stipuler à la charge du travailleur ce qui coûte peu, comme une haie, non ce qui est important, comme une construction.
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2493
وَهَلْ تَلْزَمُ بِالْعَقْدِ؟ أَوْ إِلَّا أَنْ يَشْرَعَ فِي الْعَمَلِ؟ خِلَافٌ
Oblige-t-elle par le [seul] contrat, ou seulement une fois le travail commencé ? Divergence [sur l'avis à retenir].
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2494
وَعَمِلَ الْعَامِلُ مَا دَخَلَ عَلَيْهِ عُرْفًا أَوْ تَسْمِيَةً وَضَمِنَ إنْ فَرَّطَ
Le travailleur accomplit ce à quoi il s'est engagé, d'après l'usage ou une stipulation, et il répond [des arbres perdus] s'il a été négligent.
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2495
فَإِنْ عَجَزَ أَوْ غَابَ بَعْدَ الْعَقْدِ وَعَمِلَ رَبُّهُ أَوْ غَيْرُهُ: فَهُوَ عَلَى حَقِّهِ إنْ شَاءَ وَعَلَيْهِ الْأُجْرَةُ إلَّا أَنْ يَتْرُكَهُ أَوَّلًا.
S'il est empêché ou s'absente après le contrat, et que le propriétaire ou un autre fait le travail, il garde son droit s'il le veut, à charge de payer le salaire [de ce travail], sauf s'il y avait renoncé avant [que l'autre ne travaille].
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2496
وَوَجَبَ بَيَانُ مَا يُغْرَسُ: كَعَدَدِهِ إِلَّا أَنْ يُعْرَفَ عِنْدَ أَهْلِهِ
Il est obligatoire de préciser [l'espèce de] ce qui sera planté, ainsi que le nombre, à moins qu'il ne soit connu des gens du métier.
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2497
وَمُنِعَ جَمْعُهَا مَعَ بَيْعٍ أَوْ إِجَارَةٍ: كَجُعْلٍ وَصَرْفٍ وَمُسَاقَاةٍ وَشَرِكَةٍ وَنِكَاحٍ وَقِرَاضٍ وَقَرْضٍ
Il est interdit de la réunir [dans un même contrat] à une vente ou à un louage, de même qu'à un juʿl, un change, une musāqāt, une association, un mariage, un qirāḍ [commandite] ou un prêt.
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2498
وَاقْتَسَمَاهَا إنْ بَلَغَ الْحَدَّ الْمُشْتَرَطَ أَوْ تَوَلَّيَا الْعَمَلَ وَإِنْ هَلَكَتْ الْأَشْجَارُ بَعْدَهُ فَالْأَرْضُ بَيْنَهُمَا
Ils partagent [terre et arbres] quand [les arbres] atteignent le terme stipulé, ou bien [ils restent en indivision et] se chargent tous deux du travail ; si les arbres périssent après ce [terme], la terre reste [commune] entre eux.
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2499
وَلَا شَيْءَ لِلْعَامِلِ فِيمَا قَلَّ إنْ بَطَلَ الْجُلُّ إلَّا أَنْ يَتَمَيَّزَ بِنَاحِيَةٍ أَوْ كَانَ لَهُ قَدْرٌ بِخِلَافِ الْعَكْسِ
Le travailleur n'a rien sur le peu [qui a pris] si la plus grande part a péri, à moins que [ce peu] ne soit groupé d'un côté ou n'ait de l'importance ; à la différence du cas inverse [: si la plus grande part a pris, il a sa part du tout].
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2500
وَلَيْسَ لَهُ قَبْلَهُ جَعْلٌ: كَبَقْلٍ إلَّا بِإِذْنٍ
Il ne peut, avant [le terme stipulé], faire [entre les arbres] une culture, comme des légumes, sans autorisation [du propriétaire].
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2501
وَإِنْ اخْتَلَفَا فِي الْجُزْءِ: حُمِلَا عَلَى الْعُرْفِ وَالْقَوْلُ لِمُدَّعِي الصِّحَّةِ إلَّا أَنْ يَغْلِبَ الْفَسَادُ
S'ils divergent sur la part, on s'en remet à l'usage ; la parole est à celui qui prétend la validité, sauf si le vice prédomine [dans l'usage].
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2502
وَفُسِخَتْ فَاسِدَةٌ بِلَا عَمَلٍ
Une [mughārasa] viciée est résiliée [si on la découvre] avant tout travail.
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2503
وَإِلَّا فَهَلْ تَمْضِي وَيَتَرَادَّانِ الْأَرْضَ وَالْعَمَلَ إِنْ جُعِلَ لِلْعَامِلِ جُزْءٌ أَوْ إِنْ كَانَ كَذَلِكَ قِيمَةُ غَرْسِهِ وَعَمَلِهِ فَقَطْ؟ وَإِلَّا فَفِي كَوْنِهِ كِرَاءً فَاسِدًا أَوْ إجَارَةً فَاسِدَةً كَذَلِكَ قَوْلَانِ تَرَدُّدٌ.
Sinon [s'il y a eu travail], est-elle maintenue, les deux se restituant [la valeur de] la terre et [celle du] travail, si une part [de la terre et des arbres] a été attribuée au travailleur ? Ou bien, dans ce cas, [n'a-t-il que] la valeur de sa plantation et de son travail ? Et sinon [sans part attribuée], est-ce une location viciée [de la terre] ou un louage vicié [du travailleur], avec la même conséquence ? Deux avis ; hésitation [des tardifs].
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2504
وَمَا فَاتَ مِنْ غَلَّةٍ: رَجَعَ صَاحِبُهَا بِمِثْلِهَا إِنْ عُلِمَتْ: كَالْمِثْلِيِّ فِي غَيْرِهَا
Les fruits consommés [par celui à qui ils ne revenaient pas] : celui à qui ils revenaient en reprend l'équivalent si [leur quantité] est connue, comme pour le fongible en d'autres matières.
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2505
وَإِذَا غَرَسَ أَحَدُ الشَّرِيكَيْنِ أَوْ بَنَى: فَلِلْآخَرِ الدُّخُولُ مَعَهُ وَيُعْطِيهِ قِيمَةَ ذَلِكَ قَائِمًا.
Si l'un des deux copropriétaires plante ou construit [sur la terre commune], l'autre peut s'y associer en lui payant la valeur de cela, estimé debout.