al-Mukhtaṣar, Khalīl
Le Mukhtaṣar de Khalīl ibn Isḥāq al-Jundī (m. 776 h) a été composé, dit son auteur, à la demande d’un groupe d’étudiants, « selon l’école de l’imam Mālik ibn Anas, en exposant ce sur quoi se donne la fatwa ». Il couvre toute la matière, de la purification aux successions, dans une langue d’une extrême concision. Dans son préambule, Khalīl explique les mots par lesquels il signale l’état de la doctrine : « dans [celle-ci] » renvoie à la Mudawwana, « le choix » à al-Lakhmī, « la prépondérance » à Ibn Yūnus, « l’apparence » à Ibn Rushd, « l’avis » à al-Māzarī ; « divergence », « deux avis » et « hésitation » marquent les questions disputées. Il ne se lit pas sans commentaire, et s’étudie avec un enseignant.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire d'ad-Dardīr ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant : le Mukhtaṣar est traduit tel qu'il est, y compris là où les commentateurs retiennent un autre avis que celui du texte. Les intitulés développés des chapitres et des sections, le découpage en passages numérotés et la vocalisation complète sont ceux du site.
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La définition des rebelles et leurs règlesبَابٌ فِي بَيَانِ حَدِّ الْبَاغِيَةِ وَأَحْكَامِهَا
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3044
الْبَاغِيَةُ: فِرْقَةٌ خَالَفَتْ الْإِمَامَ: لِمَنْعِ حَقٍّ أَوْ لِخَلْعِهِ فَلِلْعَدْلِ قِتَالُهُمْ وَإِنْ تَأَوَّلُوا: كَالْكُفَّارِ
Les rebelles (bāghiya) sont un groupe [de musulmans] qui s'est soulevé contre l'imam [légitime], pour refuser un droit [dû] ou pour le déposer. L'imam juste peut les combattre, même s'ils s'appuient sur une interprétation, comme [on combat] les mécréants ;
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3045
وَلَا يُسْتَرَقُّوا وَلَا يُحْرَقُ شَجَرُهُمْ وَلَا تُرْفَعُ رُؤُوسُهُمْ بِأَرْمَاحٍ وَلَا يَدَعُوهُمْ بِمَالٍ
mais on ne les réduit pas en esclavage, on ne brûle pas leurs arbres, on ne dresse pas leurs têtes sur des lances, et on ne les laisse pas [en paix] contre un tribut.
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3046
وَاسْتُعِينَ بِمَالِهِمْ عَلَيْهِمْ إنْ اُحْتِيجَ لَهُ ثُمَّ رُدَّ: كَغَيْرِهِ وَإِنْ أُمِنُوا: لَمْ يُتَّبَعْ مُنْهَزِمُهُمْ وَلَمْ يُذَفَّفْ عَلَى جَرِيحِهِمْ
On se sert de leurs biens [armes et montures] contre eux si l'on en a besoin, puis on les rend, comme le reste [de leurs biens]. S'ils ne sont plus à craindre, on ne poursuit pas leurs fuyards et l'on n'achève pas leurs blessés.
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3047
وَكُرِهَ لِلرَّجُلِ: قَتْلُ أَبِيهِ وَوَرِثَهُ وَلَمْ يَضْمَنْ مُتَأَوِّلٌ أَتْلَفَ نَفْسًا أَوْ مَالًا وَمَضَى حُكْمُ قَاضِيهِ وَحَدٌّ أَقَامَهُ وَرُدَّ ذِمِّيٌّ مَعَهُ لِذِمَّتِهِ
Il est déconseillé à l'homme de tuer son père [rebelle], et [s'il le fait] il hérite de lui. Le rebelle qui s'appuie sur une interprétation ne répond pas d'une vie ni d'un bien qu'il a détruits ; le jugement de son juge et la peine légale qu'il a appliquée tiennent ; et le dhimmī [non-musulman protégé] qui l'a suivi est rendu à son statut de protégé.
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3048
وَضَمِنَ الْمُعَانِدُ النَّفْسَ وَالْمَالَ وَالذِّمِّيُّ مَعَهُ نَاقِضٌ وَالْمَرْأَةُ الْمُقَاتِلَةُ: كَالرَّجُلِ
Le rebelle obstiné [sans interprétation] répond des vies et des biens ; le dhimmī qui l'a suivi a rompu son pacte ; et la femme qui combat est traitée comme l'homme.