Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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Les aliments et les boissons permisبَابُ الْمُبَاحِ
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807
الْمُبَاحُ مَا عَمِلَتْ فِيهِ الذَّكَاةُ مِنْ نِعَمٍ وَطَيْرٍ وَلَوْ جَلَّالَةً وَذَا مِخْلَبٍ وَوَحْشٍ كَحِمَارٍ وَغَزَالٍ وَيَرْبُوعٍ وَفَأْرٍ وَوَبْرٍ وَقُنْفُذٍ وَحَيَّةٍ أَمِنَ سُمَّهَا وَجَرَادٍ إلَّا الْمُفْتَرِسَ وَالْوَطْوَاطَ.
Est permis ce sur quoi la dhakāt a effet : bétail et oiseaux, même s'ils se nourrissent d'ordures, et même l'oiseau à serres ; bêtes sauvages, comme l'âne sauvage, la gazelle, la gerboise, le rat, le daman, le hérisson, le serpent dont on ne craint pas le venin ; la sauterelle ; sauf le carnassier et la chauve-souris ;
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808
وَخَشَاشِ أَرْضٍ كَعَقْرَبٍ وَخُنْفُسَاءَ وَجُنْدُبٍ وَبَنَاتِ وَرْدَانٍ وَنَمْلٍ وَدُودٍ فَإِنْ مَاتَ بِطَعَامٍ وَمُيِّزَ عَنْهُ أُخْرِجَ لِعَدَمِ ذَكَاتِهِ وَإِنْ لَمْ يَمُتْ جَازَ أَكْلُهُ بِنِيَّتِهَا وَإِنْ لَمْ يُمَيَّزْ طُرِحَ إلَّا إذَا كَانَ أَقَلَّ وَأَكْلِ دُودٍ الْفَاكِهَةِ مَعَهَا مُطْلَقًا.
et les bestioles de la terre, comme le scorpion, le scarabée, le criquet, la blatte, la fourmi et le ver. Si la bestiole meurt dans un aliment et qu'on peut l'en séparer, on l'en retire, puisqu'elle n'a pas reçu la dhakāt ; si elle n'est pas morte, il est permis de la manger [avec l'aliment] en formant l'intention de la dhakāt ; si on ne peut l'en séparer, l'aliment est jeté, sauf si elle en forme la moindre part. Il est permis de manger le ver du fruit avec le fruit, dans tous les cas.
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809
وَالْبَحْرِيُّ وَإِنْ مَيِّتًا أَوْ كَلْبًا أَوْ خِنْزِيرًا وَمَا طَهُرَ مِنْ طَعَامٍ وَشَرَابٍ كَنَبَاتٍ وَلَبَنٍ وَبَيْضٍ وَعَصِيرٍ وَفُقَّاعٍ وَسُوبْيَا إلَّا مَا أَفْسَدَ الْعَقْلَ كَحَشِيشَةٍ وَأَفْيُونٍ أَوْ الْبَدَنَ كَذَوَاتِ السَّمُومِ.
[Sont permis] l'animal marin, même mort, même chien ou porc de mer ; et tout aliment et toute boisson purs, comme les végétaux, le lait, les œufs, le jus de fruit, le fuqqāʿ [boisson de blé et de dattes] et la sūbiyā [boisson sucrée de riz ou de blé] ; sauf ce qui altère la raison, comme le haschich et l'opium, ou le corps, comme les substances vénéneuses.
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810
وَمَا سَدَّ الرَّمَقَ مِنْ مُحَرَّمٍ لِلضَّرُورَةِ إلَّا الْآدَمِيَّ وَخَمْرٌ تَعَيَّنَ لِغُصَّةٍ وَجَازَ الشِّبَعُ كَالتَّزَوُّدِ إلَى أَنْ يُسْتَغْنَى.
[Est permis] ce qui, d'un aliment interdit, maintient en vie, en cas de nécessité, sauf la chair humaine ; et le vin, quand il n'y a rien d'autre pour faire passer ce qui étouffe. Il est permis [à celui qui y est contraint] de manger à sa faim, et d'en emporter comme provision jusqu'à pouvoir s'en passer.
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811
وَقَدَّمَ الْمَيْتَةَ عَلَى خِنْزِيرٍ وَصَيْدٍ مُحَرِّمٍ لَا عَلَى لَحْمِهِ وَالصَّيْدَ عَلَى الْخِنْزِيرِ وَمُخْتَلَفًا فِيهِ عَلَى مُتَّفَقٍ عَلَيْهِ وَطَعَامَ الْغَيْرِ عَلَى مَا ذُكِرَ إلَّا لِخَوْفٍ كَقَطْعٍ وَقَاتَلَ عَلَيْهِ بَعْدَ الْإِنْذَارِ.
Il fait passer la charogne avant le porc et avant le gibier [vivant] de l'homme en iḥrām, non avant la viande de ce gibier ; le gibier avant le porc ; ce sur quoi les avis divergent avant ce sur quoi ils s'accordent ; et la nourriture d'autrui avant tout cela, sauf s'il craint par exemple d'avoir la main coupée ; il peut combattre pour l'obtenir, après avoir averti.
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812
وَالْمَكْرُوهُ: الْوَطْوَاطُ وَالْمُفْتَرِسُ؛ كَسَبُعٍ وَذِئْبٍ وَضَبُعٍ وَثَعْلَبٍ وَفَهْدٍ وَنِمْرٍ وَنِمْسٍ وَقِرْدٍ وَدُبٍّ وَهِرٍّ، وَإِنْ وَحْشِيًّا وَكَلْبٍ وَشَرَابُ خَلِيطَيْنِ إنْ أَمْكَنَ الْإِسْكَارُ وَنَبْذٌ بِدُبَّاءٍ وَحَنْتَمٍ وَمُقَيَّرٍ وَنَقِيرٍ.
Sont déconseillés : la chauve-souris ; le carnassier, comme le lion, le loup, l'hyène, le renard, le guépard, la panthère, la mangouste, le singe, l'ours, le chat, même sauvage, et le chien ; la boisson faite de deux fruits mêlés, si elle peut devenir enivrante ; et de faire macérer dans une courge, une jarre vernissée, un récipient enduit de poix ou un tronc creusé.
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813
وَالْمُحَرَّمُ مَا أَفْسَدَ الْعَقْلَ أَوْ الْبَدَنَ وَالنَّجَسِ وَخِنْزِيرٌ وَحِمَارٌ وَلَوْ وَحْشِيًّا دُجِّنَ وَبَغْلٌ وَفَرَسٌ وَمَيْتَةٌ كَجَرَادٍ.
Sont interdits : ce qui altère la raison ou le corps ; ce qui est impur ; le porc ; l'âne, même sauvage s'il a été apprivoisé ; le mulet, le cheval ; et la bête morte sans dhakāt, comme la sauterelle.