Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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La vivification des terres mortesبَابُ إحْيَاءِ الْمَوَاتِ مِنْ الْأَرْضِ
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2293
مَوَاتُ الْأَرْضِ مَا سَلِمَ عَنْ اخْتِصَاصٍ بِإِحْيَاءٍ وَمَلَكَهَا بِهِ وَلَوْ انْدَرَسَتْ إلَّا لِإِحْيَاءٍ مِنْ غَيْرِهِ بَعْدَ طُولٍ.
La terre morte est celle qui est libre de toute appropriation par vivification. Celui qui la vivifie en devient propriétaire, même si elle retourne à l'abandon, sauf si un autre la vivifie après un long temps.
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2294
أَوْ بِحَرِيمِ عِمَارَةٍ كَمُحْتَطَبٍ وَمَرْعًى لِبَلَدٍ وَمَا يَضِيقُ عَلَى وَارِدٍ وَيَضُرُّ بِمَاءٍ لِبِئْرٍ وَمَا فِيهِ مَصْلَحَةٌ لِشَجَرَةٍ وَمَطْرَحُ تُرَابٍ وَمَصَبُّ مِيزَابٍ لِدَارٍ.
Ou [libre de l'appropriation] comme dépendance d'un lieu occupé : ainsi le lieu où l'on ramasse le bois et le pâturage, pour une localité ; ce qui gênerait celui qui vient puiser et nuirait à l'eau, pour un puits ; ce qui est utile à l'arbre ; le dépôt des terres et le déversoir de la gouttière, pour une maison.
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2295
وَلَا تَخْتَصُّ مَحْفُوفَةٌ بِأَمْلَاكٍ بِحَرِيمٍ وَلِكُلٍّ الِانْتِفَاعُ مَا لَمْ يَضُرَّ بِغَيْرِهِ.
Une maison entourée de propriétés n'a pas de dépendance propre ; chacun peut user [de l'espace commun] tant qu'il ne nuit pas à autrui.
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2296
أَوْ بِإِقْطَاعِ الْإِمَامِ وَلَا يُقْطِعُ مَعْمُورَ الْعَنْوَةِ مِلْكًا.
Ou [libre de l'appropriation] par concession du souverain ; il ne concède pas en propriété les terres cultivées conquises par la force.
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2297
أَوْ بِحِمَاهُ مُحْتَاجًا إلَيْهِ قَلَّ مِنْ بَلَدٍ عَفَا لِكَغَزْوٍ.
Ou par sa mise en défens : d'une terre dont on a besoin, peu étendue, dans un lieu désert, pour [les montures de] l'expédition militaire par exemple.
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2298
وَالْإِحْيَاءُ بِتَفْجِيرِ مَاءٍ وَبِإِزَالَتِهِ وَبِبِنَاءٍ وَغَرْسٍ وَتَحْرِيكِ أَرْضٍ وَقَطْعِ شَجَرٍ وَكَسْرِ حَجَرِهَا مَعَ تَسْوِيَتِهَا لَا بِتَحْوِيطٍ وَرَعْيِ كَلَإٍ وَحَفْرِ بِئْرِ مَاشِيَةٍ إلَّا أَنْ يُبَيِّنَ الْمِلْكِيَّةَ.
La vivification se fait en faisant jaillir l'eau, ou en l'évacuant, en bâtissant, en plantant, en remuant la terre, en coupant ses arbres, en brisant ses pierres et en la nivelant ; non en l'entourant d'une clôture, ni en y faisant paître l'herbe, ni en y creusant un puits pour le bétail, à moins de déclarer [qu'on le fait pour] se l'approprier.
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2299
وَافْتَقَرَ إنْ قَرُبَ لِإِذْنٍ وَإِلَّا فَلِلْإِمَامِ إمْضَاؤُهُ وَجَعْلُهُ مُتَعَدِّيًا بِخِلَافِ الْبَعِيدِ وَلَوْ ذِمِّيًّا بِغَيْرِ جَزِيرَةِ الْعَرَبِ.
Elle requiert, si [la terre] est proche [des habitations], l'autorisation [du souverain] ; à défaut, celui-ci peut la ratifier ou tenir l'auteur pour un intrus ; à la différence de la terre éloignée, [que peut vivifier] même un dhimmī [non-musulman protégé], hors de la péninsule Arabique.