Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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Le sacrifice de la fête [uḍḥiya]بَابٌ فِي بَيَانِ الْأُضْحِيَّةِ وَأَحْكَامِهَا
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774
سُنَّ لِحُرٍّ غَيْرِ حَاجٍّ وَفَقِيرٍ وَلَوْ يَتِيمًا ضَحِيَّةٌ مِنْ غَنَمٍ أَوْ بَقَرٍ أَوْ إبِلٍ دَخَلَ فِي الثَّانِيَةِ وَالرَّابِعَةِ وَالسَّادِسَةِ.
Le sacrifice est sunna pour la personne libre qui n'est ni en pèlerinage ni pauvre, fût-elle orpheline : une bête prise parmi les ovins et caprins, les bovins ou les chameaux, entrée respectivement dans sa deuxième, sa quatrième ou sa sixième année.
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775
مِنْ ذَبْحِ الْإِمَامِ بَعْدَ صَلَاتِهِ وَالْخُطْبَةِ لِآخِرِ الثَّالِثِ فَلَا تُجْزِئُ إنْ سَبَقَهُ إلَّا إذَا لَمْ يُبْرِزْهَا وَتَحَرَّى فَإِنْ تَوَانَى بِلَا عُذْرٍ انْتَظَرَ قَدْرَهُ وَلَهُ فَلِقُرْبِ الزَّوَالِ وَمَنْ لَا إمَامَ لَهُ تَحَرَّى أَقْرَبَ إمَامٍ.
[Son temps va] de l'immolation de l'imam, après sa prière et le sermon, à la fin du troisième jour. Il n'est donc pas acquitté si on devance l'imam, sauf si celui-ci n'a pas sorti sa bête [au lieu de prière] et que l'on a estimé son moment. Si l'imam tarde sans excuse, on attend le temps qu'il lui faudrait ; s'il a une excuse, jusqu'à l'approche du zénith. Celui qui n'a pas d'imam estime le moment de l'imam le plus proche.
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776
وَالْأَفْضَلُ الضَّأْنُ فَالْمَعْزُ فَالْبَقَرُ فَالْإِبِلُ وَالذَّكَرُ وَالْفَحْلُ إنْ لَمْ يَكُنْ الْخَصِيُّ أَسْمَنَ وَالْجَمْعُ بَيْنَ أَكْلٍ وَإِهْدَاءٍ وَصَدَقَةٍ بِلَا حَدٍّ وَالْيَوْمُ الْأَوَّلُ فَأَوَّلُ الثَّانِي فَأَوَّلُ الثَّالِثِ فَآخِرُ الثَّانِي.
Le meilleur est le mouton, puis la chèvre, puis le bovin, puis le chameau ; le mâle, et le mâle entier si le castrat n'est pas plus gras ; de réunir consommation, cadeau et aumône, sans proportion fixée ; et le premier jour, puis le début du deuxième, puis le début du troisième, puis la fin du deuxième.
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777
وَشَرْطُهَا النَّهَارُ بِطُلُوعِ الْفَجْرِ فِي غَيْرِ الْأَوَّلِ وَإسْلَامُ ذَابِحِهَا وَالسَّلَامَةُ مِنْ الشِّرْكِ إلَّا فِي الْأَجْرِ قَبْلَ الذَّبْحِ وَإِنْ أَكْثَرَ مِنْ سَبْعَةٍ إنْ قَرُبَ لَهُ وَأَنْفَقَ عَلَيْهِ وَلَوْ تَبَرُّعًا إنْ سَكَنَ مَعَهُ فَتَسْقُطُ عَنْ الْمُشَرَّكِ.
Ses conditions sont : le jour, à partir du lever de l'aube pour les jours autres que le premier ; que celui qui l'égorge soit musulman ; qu'il n'y ait pas d'association [dans la bête], sauf dans la récompense, avant l'immolation, fût-ce avec plus de sept personnes, si celui qu'il associe est son proche, qu'il l'entretient, fût-ce bénévolement, et que ce proche habite avec lui ; le sacrifice n'est alors plus demandé à celui qui est ainsi associé ;
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778
وَالسَّلَامَةُ مِنْ عَوَرٍ وَفَقْدِ جُزْءٍ غَيْرِ خُصْيَةٍ وَبَكَمٍ وَبَخَرٍ وَصَمَمٍ وَصَمَعٍ وَعَجَفٍ وَبَتَرٍ وَكَسْرِ قَرْنٍ يُدْمِي وَيُبْسِ ضَرْعٍ وَذَهَابِ ثُلُثِ ذَنَبٍ.
et que la bête soit exempte de ces défauts : être borgne, privée d'une partie du corps autre qu'un testicule, muette, d'haleine fétide, sourde, avoir les oreilles minuscules, être décharnée, sans queue, avoir une corne brisée qui saigne, le pis tari, le tiers de la queue en moins,
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779
وَبَيِّنِ مَرَضٍ، وَجَرَبٍ. وَبَشَمٍ وَجُنُونٍ وَعَرَجٍ وَفَقْدِ أَكْثَرِ مِنْ سِنٍّ لِغَيْرِ إثْغَارٍ أَوْ كِبَرٍ وَأَكْثَرَ مِنْ ثُلُثِ أُذُنٍ كَشَقِّهَا.
une maladie, une gale, une indigestion, une folie ou une boiterie manifestes [légers, ces défauts ne nuisent pas], plus d'une dent en moins hors la chute des dents de lait ou la vieillesse, plus du tiers de l'oreille en moins, ou fendu.
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780
وَنُدِبَ سَلَامَتُهَا مِنْ كُلِّ عَيْبٍ لَا يَمْنَعُ كَمَرَضٍ خَفِيفٍ، وَكَسْرِ قَرْنٍ لَا يُدْمِي وَغَيْرُ خَرْقَاءَ وَشَرْقَاءَ مُقَابِلَةٍ وَمُدَابِرَةٍ وَسِمَنُهَا وَاسْتِحْسَانُهَا وَإبْرَازُهَا لِلْمُصَلَّى وَذَبْحُهَا بِيَدِهِ.
Il est recommandé qu'elle soit exempte de tout défaut qui n'empêche pas la validité, comme une maladie légère ou une corne brisée qui ne saigne pas ; qu'elle n'ait l'oreille ni trouée, ni fendue, ni entaillée par devant ou par derrière ; qu'elle soit grasse et belle ; de la sortir au lieu de prière ; et de l'égorger de sa propre main.
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781
وَكُرِهَ نِيَابَةٌ لِغَيْرِ ضَرُورَةٍ وَأَجْزَأَتْ وَإِنْ نَوَى عَنْ نَفْسِهِ كَذَبْحِ قَرِيبٍ اعْتَادَهُ لَا أَجْنَبِيٍّ لَمْ يَعْتَدْهُ كَغَالِطٍ فَلَا تُجْزِئُ عَنْ وَاحِدٍ مِنْهُمَا، وَفِي أَجْنَبِيٍّ اعْتَادَ قَوْلَانِ.
Il est déconseillé de s'y faire remplacer sans nécessité ; le sacrifice est acquitté cependant, même si le remplaçant a formé l'intention pour lui-même ; de même si l'a égorgée un proche qui en a l'habitude ; non un étranger qui n'en a pas l'habitude, ni celui qui s'est trompé de bête : elle ne vaut alors pour aucun des deux. Pour l'étranger qui en a l'habitude, il y a deux avis.
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782
وَقَوْلُهُ عِنْدَ التَّسْمِيَةِ اللَّهُمَّ مِنْك وَإِلَيْك وَشُرْبُ لَبَنِهَا وَجَزُّ صُوفِهَا قَبْلَ الذَّبْحِ بَيْعُهُ وَإطْعَامُ كَافِرٍ مِنْهَا وَفِعْلُهَا عَنْ مَيِّتٍ.
Sont déconseillés : de dire, en prononçant le nom de Dieu, « Ô Dieu, cela vient de Toi et retourne à Toi » ; de boire son lait ; de tondre sa laine avant de l'égorger, et de la vendre ; d'en donner à manger à un mécréant ; et de l'offrir pour un mort.
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783
وَمُنِعَ بَيْعُ شَيْءٍ مِنْهَا وَإِنْ سَبَقَ الْإِمَامَ أَوْ تَعَيَّبَتْ حَالَ الذَّبْحِ أَوْ قَبْلَهُ أَوْ ذَبَحَ الْمَعِيبَ جَهْلًا وَالْبَدَلُ بَعْدَهُ إلَّا لِمُتَصَدِّقٍ وَمَوْهُوبٍ.
Il est interdit d'en vendre quoi que ce soit, même si l'on a devancé l'imam, si elle est devenue défectueuse pendant qu'on l'égorgeait ou avant, ou si l'on a égorgé par ignorance une bête défectueuse ; et de l'échanger après l'avoir égorgée ; sauf pour celui qui l'a reçue en aumône ou en don.
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784
وَفُسِخَ فَإِنْ فَاتَ وَجَبَ التَّصَدُّقُ بِالْعِوَضِ مُطْلَقًا فَإِنْ فَاتَ فَبِمِثْلِهِ إلَّا أَنْ يَتَوَلَّاهُ غَيْرُهُ بِلَا إذْنٍ وَصَرْفِهِ فِيمَا لَا يَلْزَمُهُ كَأَرْشِ عَيْبٍ لَا يَمْنَعُ الْإِجْزَاءَ إنَّمَا تَتَعَيَّنُ بِالذَّبْحِ.
La vente est annulée ; si la chose n'est plus là, il faut donner en aumône ce qui a été reçu en échange, dans tous les cas ; si cela non plus n'est plus là, son équivalent ; sauf si c'est un autre qui a vendu, sans sa permission, et a dépensé le prix à ce qui n'incombait pas au maître de la bête. [Se donne en aumône] de même l'indemnité reçue pour un défaut qui n'empêche pas la validité. La bête ne devient sacrifice que par l'égorgement.
- La ʿaqīqaفَصْلٌ فِي الْعَقِيقَةِ وَأَحْكَامِهَا
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785
الْعَقِيقَةُ مَنْدُوبَةٌ وَهِيَ كَالضَّحِيَّةِ فِي سَابِعِ الْوِلَادَةِ نَهَارًا وَأُلْغِيَ يَوْمُهَا إنْ وُلِدَ نَهَارًا وَتَسْقُطُ بِغُرُوبِهِ وَتَعَدَّدَتْ بِتَعَدُّدِهِ.
La ʿaqīqa [sacrifice pour le nouveau-né] est recommandée. Elle suit les règles du sacrifice de la fête ; elle se fait le septième jour après la naissance, de jour ; le jour de la naissance ne compte pas si l'enfant est né de jour. Elle tombe au coucher du soleil de ce septième jour. Il y en a une par enfant.
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786
وَنُدِبَ ذَبْحُهَا بَعْدَ الشَّمْسِ وَحَلْقُ رَأْسِهِ وَالتَّصَدُّقُ بِزِنَةِ شَعْرِهِ ذَهَبًا أَوْ فِضَّةً وَتَسْمِيَةُ يَوْمَهَا وَكُرِهَ خِتَانُهُ فِيهِ وَلَطْخُهُ بِدَمِهَا وَعَمَلُهَا وَلِيمَةً وَجَازَ كَسْرُ عِظَامِهَا وَتَلْطِيخُهُ بِخَلُوقٍ.
Il est recommandé de l'égorger après le lever du soleil, de raser la tête de l'enfant, de donner en aumône le poids de ses cheveux en or ou en argent, et de lui donner son nom ce jour-là. Il est déconseillé de le circoncire ce jour-là, de l'enduire du sang de la bête et d'en faire un banquet. Il est permis de briser les os de la bête et d'enduire l'enfant de parfum.
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787
وَالْخِتَانُ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ وَالْخِفَاضُ فِي الْأُنْثَى مَنْدُوبٌ كَعَدَمِ النَّهْكِ.
La circoncision est une sunna confirmée ; l'excision, pour la fille, est recommandée, ainsi que de ne pas couper à l'excès.