Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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La kitāba et ses règlesبَابٌ فِي أَحْكَامِ الْكِتَابَةِ
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2698
نُدِبَ مُكَاتَبَةُ أَهْلِ التَّبَرُّعِ
Il est recommandé à ceux qui ont capacité de disposer à titre gratuit de conclure une kitāba [avec leur esclave].
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2699
وَهِيَ عِتْقٌ عَلَى مَالٍ مُؤَجَّلٍ مِنْ الْعَبْدِ مَوْقُوفٌ عَلَى أَدَائِهِ
C'est un affranchissement contre un bien à terme, dû par l'esclave, et suspendu à son paiement.
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2700
وَأَرْكَانُهَا أَرْبَعَةٌ مَالِكٌ وَلِوَلِيٍّ مَحْجُورٍ مُكَاتَبَةِ رَقِيقِهِ بِالْمَصْلَحَةِ
Ses éléments constitutifs sont quatre. [Le premier :] un propriétaire [dont la condition est d'être apte à gérer ses biens] ; le tuteur d'un incapable peut conclure une kitāba avec l'esclave de celui-ci s'il y a intérêt.
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2701
وَرَقِيقُ: وَإِنْ أَمَةٌ وَصَغِيرًا بِلَا مَالٍ وَكَسْبٍ وَلَا يُجْبَرُ الرَّقِيقُ عَلَيْهَا إلَّا غَائِبًا أَدْخَلَهُ حَاضِرٌ مَعَهُ
[Le deuxième :] un esclave, fût-ce une femme ou un enfant, sans bien ni gain ; l'esclave n'y est pas contraint, sauf l'absent qu'un présent a fait entrer avec lui [dans le contrat].
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2702
وَصِيغَةُ بِ كَاتَبْتُك بِكَذَا وَنَحْوِهِ
[Le troisième :] une formule : « j'ai conclu avec toi une kitāba pour tant », ou une expression semblable.
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2703
وَعِوَضٌ وَلَوْ بِغَرَرٍ كَآبِقٍ وَجَنِينٍ وَعَبْدِ فُلَانٍ لَا بِمَا تَحْمِلُ بِهِ وَجَوْهَرٍ لَمْ يُوصَفْ وَكَخَمْرٍ وَرَجَعَ لِكِتَابَةِ الْمِثْلِ
[Le quatrième :] une contrepartie, même aléatoire, comme un esclave fugitif, un fœtus ou l'esclave d'Untel ; mais non l'enfant qu'[une esclave] portera [à l'avenir], ni une perle non décrite ; ni, par exemple, du vin : on revient alors à la kitāba d'équivalence [celle que l'on conclurait pour un esclave pareil].
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2704
وَنُجِّمَ وَجَازَ فَسْخُ مَا عَلَيْهِ فِي مُؤَخَّرٍ وَذَهَبٍ عَنْ وَرِقٍ وَعَكْسُهُ وَبَيْعُ طَعَامٍ قَبْلَ قَبْضِهِ وَضَعْ وَتَعَجَّلْ وَبَيْعُ نَجْمٍ عُلِمَتْ نِسْبَتُهُ
Elle est échelonnée. Il est permis [au maître] de convertir ce que doit [le mukātab] en une chose à réception différée, [de prendre] de l'or pour de l'argent et l'inverse, de vendre la nourriture [due] avant de l'avoir reçue, [de convenir de] « réduis et paie d'avance », et de vendre une échéance dont la proportion est connue,
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2705
وَجُزْءٍ كَالْجَمِيعِ فَإِنْ وَفَّى فَالْوَلَاءُ لِلْأَوَّلِ وَإِلَّا رُقَّ لِلْمُشْتَرِي
ou une fraction, comme [de vendre] le tout. S'il s'acquitte, le walāʾ [lien de patronat] revient au premier [maître] ; sinon, il devient l'esclave de l'acheteur.
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2706
وَمُكَاتَبَةُ جَمَاعَةٍ لِمَالِكٍ فِي عَقْدٍ وَوُزِّعَتْ عَلَى قُوَّتِهِمْ عَلَى الْأَدَاءِ يَوْمَ الْعَقْدِ
[Il est permis] de conclure une kitāba avec plusieurs [esclaves] d'un même propriétaire dans un seul contrat : [la somme] est répartie selon leur capacité de payer au jour du contrat.
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2707
وَهُمْ حُمَلَاءُ مُطْلَقًا وَإِنْ زَمِنَ بَعْضُهُمْ فَيُؤْخَذُ مِنْ الْمَلِيِّ الْجَمِيعُ وَيَرْجِعُ عَلَى غَيْرِ زَوْجٍ وَمَنْ يَعْتِقُ عَلَيْهِ
Ils sont garants les uns des autres, dans tous les cas, même si l'un d'eux devient infirme : on prend le tout à celui qui est solvable, et il se retourne [contre les autres], sauf contre son conjoint et contre celui qui serait affranchi de plein droit en lui appartenant.
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2708
وَلَا يَسْقُطُ عَنْهُمْ شَيْءٌ بِمَوْتِ بَعْضٍ أَوْ عَجْزِهِ
Rien ne leur est remis du fait de la mort ou de la défaillance de l'un d'eux.
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2709
وَلَهُ تَصَرُّفٌ بِمَا لَا يُؤَدَّى لِعَجْزِهِ كَبَيْعِ وَشِرَاءٍ وَمُشَارَكَةٍ وَمُقَارَضَةٍ وَمُكَاتَبَةً بِالنَّظَرِ وَسَفَرٌ لَا يَحِلُّ فِيهِ نَجْمٌ وَإقْرَارٌ فِي ذِمَّتِهِ
[Le mukātab] peut accomplir les actes qui ne mènent pas à sa défaillance : vendre, acheter, s'associer, confier un qirāḍ [commandite], conclure une kitāba [avec son propre esclave] si c'est avantageux, voyager sans qu'une échéance tombe pendant le voyage, et reconnaître [une dette] à sa charge ;
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2710
لَا عِتْقَ وَصَدَقَةً وَهِبَةً إلَّا التَّافِهَ وَتَزَوُّجٌ وَسَفَرٌ بَعُدَ إلَّا بِإِذْنٍ
mais non affranchir, ni faire l'aumône, ni donner, sauf une chose insignifiante, ni se marier, ni faire un long voyage, sinon avec la permission [du maître].
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2711
وَكَفَّرَ بِالصَّوْمِ
Il expie par le jeûne.
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2712
وَلَهُ تَعْجِيزُ نَفْسِهِ إنْ وَافَقَهُ السَّيِّدُ وَلَمْ يَظْهَرْ لَهُ مَالٌ فَيَرِقُّ بِلَا حُكْمٍ وَلَوْ ظَهَرَ لَهُ مَالٌ
Il peut se déclarer défaillant, si le maître est d'accord et qu'on ne lui connaît pas de bien : il redevient esclave sans jugement, même si un bien lui apparaît [ensuite].
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2713
فَإِنْ عَجَزَ عَنْ شَيْءٍ أَوْ غَابَ عِنْدَ الْحُلُولِ بِلَا إذْنٍ وَلَا مَالَ لَهُ وَفَسْخُ الْحَاكِمِ وَتَلَوَّمَ لِمَنْ يَرْجُوهُ
S'il ne peut payer une partie [des échéances], ou s'il est absent à l'échéance sans permission et sans avoir de bien, [il redevient esclave] ; c'est le juge qui résilie, après avoir accordé un délai à celui dont on espère [qu'il paiera].
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2714
وَفُسِخَتْ إنْ مَاتَ وَإِنْ عَنْ مَالٍ إلَّا لِوَلَدٍ أَوْ غَيْرِهِ دَخَلَ مَعَهُ بِشَرْطٍ أَوْ غَيْرِهِ فَتُؤَدَّى حَالَّةً
Elle est résiliée s'il meurt, même en laissant des biens, sauf s'il y a un enfant, ou un autre, entré avec lui [dans le contrat], par stipulation ou sans stipulation : elle est alors payée sans délai [sur ce qu'il laisse],
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2715
وَيَرِثُهُ مَنْ مَعَهُ فَقَطْ إنْ عَتَقَ عَلَيْهِ
et seul hérite de lui celui qui est avec lui [dans la kitāba], s'il est de ceux qui seraient affranchis en lui appartenant.
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2716
فَإِنْ لَمْ يَتْرُكْ وَفَاءً وَقَوِيَ مَنْ مَعَهُ عَلَى السَّعْيِ: سَعَى وَتَرَكَ لِلْوَلَدِ مَتْرُوكَهُ إنْ أَمِنَ وَقَوِيَ، وَإِلَّا فَلِأُمِّ وَلَدِهِ كَذَلِكَ
S'il ne laisse pas de quoi s'acquitter et que celui qui est avec lui a la force de travailler, celui-ci travaille [à payer] ; ce qu'il laisse est remis à l'enfant, s'il est sûr et capable, sinon à son umm walad, aux mêmes conditions.
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2717
وَالْقَوْلُ لِلسَّيِّدِ فِي نَفْيِ الْكِتَابَةِ وَالْأَدَاءِ لَا الْقَدْرُ وَالْأَجَلُ وَالْجِنْسِ فَكَالْبَيْعِ
La parole du maître fait foi pour nier la kitāba et le paiement ; mais non pour le montant, le terme et la nature [de la contrepartie] : il en va alors comme dans la vente.
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2718
وَإِنْ أُعِينَ بِشَيْءٍ فَإِنْ لَمْ يَقْصِدْ الصَّدَقَةَ عَلَيْهِ رَجَعَ عَلَيْهِ بِالْفَضْلَةِ إنْ عَتَقَ وَعَلَى السَّيِّدِ بِمَا قَبَضَهُ إنْ عَجَزَ، وَإِلَّا فَلَا
Si on lui vient en aide par quelque chose sans avoir voulu lui faire l'aumône, [le donateur] lui reprend le surplus s'il est affranchi, et [reprend] au maître ce qu'il a reçu s'il échoue ; sinon [si c'était une aumône], non.
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2719
وَإِنْ قَالَ أَنْتَ حُرٌّ عَلَى أَنَّ عَلَيْك أَلْفًا أَوْ وَعَلَيْك لَزِمَ الْعِتْقُ وَالْمَالُ
S'il dit : « Tu es libre à charge pour toi de mille », ou « et tu dois [mille] », l'affranchissement est acquis [sur-le-champ] et la somme est due.
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2720
وَخَيْرُ الْعَبْدِ فِي الِالْتِزَامِ وَالرَّدِّ فِي حُرٌّ عَلَى أَنْ تَدْفَعَ أَوْ تُؤَدِّيَ أَوْ إنْ أَعْطَيْت وَنَحْوُهُ
L'esclave a le choix d'accepter ou de refuser quand [il lui dit] : « [Tu es] libre à condition de [me] verser… », ou « de [me] payer… », ou « si tu [me] donnes… », ou une formule semblable.