Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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La chose trouvée (luqaṭa) et ses règlesبَابٌ فِي اللُّقَطَةِ وَأَحْكَامِهَا
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2358
اللُّقَطَةُ مَالٌ مَعْصُومٌ عَرَضَ لِلضَّيَاعِ وَإِنْ كَلْبًا وَفَرَسًا وَحِمَارًا.
La luqaṭa [chose trouvée] est un bien protégé [par la Loi] exposé à se perdre, fût-ce un chien, un cheval ou un âne.
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2359
وَرُدَّتْ بِمَعْرِفَةِ الْعِفَاصِ وَالْوِكَاءِ وَقُضِيَ لَهُ عَلَى ذِي الْعَدَدِ وَالْوَزْنِ بِيَمِينٍ.
Elle est rendue à qui en décrit l'enveloppe et le lien ; il l'emporte, moyennant serment, sur celui qui en donne le nombre et le poids.
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2360
وَإِنْ وَصَفَ ثَانٍ وَصْفَ أَوَّلَ وَلَمْ يَنْفَصِلْ بِهَا حَلَفَا وَقُسِمَتْ بَيْنَهُمَا كَنُكُولِهِمَا كَبَيِّنَتَيْنِ لَمْ يُؤَرِّخَا وَإِلَّا فَلِلْأَقْدَمِ تَارِيخًا لَا لِلْأَعْدَلِ.
Si un second donne la même description que le premier alors que celui-ci ne l'a pas encore emportée, ils jurent et elle est partagée entre eux, comme s'ils refusent tous deux de jurer ; de même pour deux preuves testimoniales non datées ; sinon, elle est à la plus ancienne en date, non à la plus probe.
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2361
وَلَا ضَمَانَ عَلَى دَافِعٍ بِوَجْهٍ جَائِزٍ.
Celui qui l'a remise d'une manière licite ne répond de rien.
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2362
وَاسْتُؤْنِيَ بِالْوَاحِدَةِ إنْ جَهِلَ غَيْرَهَا لَا غَلِطَ فَإِنْ أَثْبَتَ غَيْرُهُ أَكْثَرَ أَخَذَهَا.
On temporise pour celui qui ne donne qu'un seul [des deux signes] s'il ignore l'autre, non s'il se trompe ; si un autre en établit davantage, c'est lui qui la prend.
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2363
وَوَجَبَ أَخْذُهَا لِخَوْفِ خَائِنٍ إلَّا أَنْ يَعْلَمَ خِيَانَتَهُ هُوَ فَيَحْرُمُ وَإِلَّا كُرِهَ.
Il est obligatoire de la ramasser si l'on craint un malhonnête, à moins de se savoir soi-même malhonnête : c'est alors interdit ; sinon, c'est déconseillé.
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2364
وَتَعْرِيفُهَا سَنَةً إنْ كَانَ لَهَا بَالٌ وَنَحْوَ الدَّلْوِ وَالدِّينَارِ الْأَيَّامَ بِمَظَانِّ طَلَبِهَا وَبِبَابِ الْمَسْجِدِ فِي كُلِّ يَوْمَيْنِ أَوْ ثَلَاثَةٍ بِنَفْسِهِ أَوْ بِمَنْ يَثِقُ بِهِ أَوْ بِأُجْرَةٍ مِنْهَا، إنْ لَمْ يَلِقْ بِمِثْلِهِ وَبِالْبَلَدَيْنِ إنْ وُجِدَتْ بَيْنَهُمَا.
[Est obligatoire] de l'annoncer pendant un an si elle a de l'importance, et pendant quelques jours pour ce qui vaut un seau ou un dinar ; là où l'on est susceptible de la chercher et à la porte de la mosquée, une fois tous les deux ou trois jours, par soi-même ou par quelqu'un de confiance, ou contre un salaire pris sur elle si pareille annonce ne sied pas à un homme comme lui ; et dans les deux localités si elle a été trouvée entre elles.
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2365
وَلَا يَذْكُرُ جِنْسَهَا وَلَا يُعَرَّفُ تَافِهٌ.
Il n'en mentionne pas le genre. On n'annonce pas ce qui est insignifiant.
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2366
وَلَهُ حَبْسُهَا بَعْدَهَا أَوْ التَّصَدُّقُ بِهَا أَوْ التَّمَلُّكُ وَلَوْ بِمَكَّةَ وَضَمِنَ فِيهِمَا كَنِيَّةِ أَخْذِهَا قَبْلَهَا وَرَدِّهَا لِمَوْضِعِهَا بَعْدَ أَخْذِهَا لِلْحِفْظِ.
Il peut, après l'année, la garder, ou la donner en aumône, ou se l'approprier, fût-ce à La Mecque ; il en répond dans ces deux derniers cas, comme s'il l'avait prise dans l'intention [de se l'approprier] avant l'année, et s'il la remet à sa place après l'avoir prise pour la garder.
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2367
وَالرَّقِيقُ كَالْحُرِّ وَقَبْلَ السَّنَةِ فِي رَقَبَتِهِ.
L'esclave est [ici] comme l'homme libre ; [ce dont il répond] avant l'année grève sa personne.
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2368
وَلَهُ أَكْلُ مَا يَفْسُدُ وَلَوْ بِقَرْيَةٍ وَلَا ضَمَانَ عَلَيْهِ كَغَيْرِهِ إنْ لَمْ يَكُنْ لَهُ ثَمَنٌ وَشَاةٍ بِفَيْفَاءَ فَإِنْ حَمَلَهَا حَيَّةً عُرِّفَتْ وَبَقَرَةٍ بِمَحَلِّ خَوْفٍ عَسُرَ سَوْقُهُمَا وَبِأَمْنٍ تُرِكَتْ كَإِبِلٍ مُطْلَقًا فَإِنْ أُخِذَتْ عُرِّفَتْ ثُمَّ تُرِكَتْ بِمَحَلِّهَا.
Il peut manger ce qui se gâte, même [trouvé] dans un village, sans en répondre ; de même le reste, s'il n'a pas de valeur ; et un mouton [trouvé] dans un désert : s'il le ramène vivant, il l'annonce ; et une vache en un lieu dangereux, s'il est difficile de les conduire ; en lieu sûr, elle est laissée, comme les chameaux, dans tous les cas : s'ils ont été pris, ils sont annoncés puis relâchés à l'endroit [où ils ont été pris].
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2369
وَلَهُ كِرَاءُ دَابَّةٍ لِعَلَفِهَا مِنْهُ كِرَاءً مَأْمُونًا وَرُكُوبُهَا لِمَوْضِعِهِ وَإِلَّا ضَمِنَ وَغَلَّتُهَا لَا نَسْلُهَا.
Il peut louer la bête [trouvée] pour [payer] son fourrage, d'une location sans danger, et la monter jusque chez lui ; autrement, il en répond. Il a droit à son produit, non à son croît.
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2370
وَوَجَبَ لَقْطُ طِفْلٍ كِفَايَةً وَنَفَقَتُهُ عَلَى مُلْتَقِطِهِ إنْ لَمْ يُعْطَ مِنْ الْفَيْءِ إلَّا أَنْ يَكُونَ لَهُ مَالٌ مِنْ كَهِبَةٍ أَوْ يُوجَدُ مَعَهُ أَوْ مَدْفُونًا تَحْتَهُ إنْ كَانَ مَعَهُ رُقْعَةٌ.
Recueillir un enfant [abandonné] est une obligation collective. Son entretien incombe à celui qui l'a recueilli, s'il ne reçoit rien du Trésor ; sauf s'il a un bien provenant d'une donation par exemple, ou si l'on trouve [un bien] avec lui, ou enfoui sous lui s'il y a avec lui un écrit.
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2371
وَرَجَعَ عَلَى أَبِيهِ إنْ طَرَحَهُ عَمْدًا وَالْقَوْلُ لَهُ أَنَّهُ لَمْ يُنْفِقْ حِسْبَةً لِلَّهِ بِيَمِينٍ.
Il se retourne contre le père si celui-ci l'a exposé volontairement ; il est cru, sous serment, quand il dit qu'il n'a pas dépensé par pure piété.
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2372
وَهُوَ حُرٌّ وَوَلَاؤُهُ لِلْمُسْلِمِينَ وَحُكِمَ بِإِسْلَامِهِ فِي بَلَدِ الْمُسْلِمِينَ كَأَنْ لَمْ يَكُنْ فِيهَا إلَّا بَيْتٌ إنْ الْتَقَطَهُ مُسْلِمٌ، وَإِلَّا فَكَافِرٌ كَأَنْ وُجِدَ فِي قَرْيَةِ شِرْكٍ وَإِنْ الْتَقَطَهُ مُسْلِمٌ.
[L'enfant trouvé] est libre et son walāʾ [ici : le droit à sa succession] est aux musulmans. Il est jugé musulman [s'il est trouvé] en terre musulmane ; de même là où il n'y a qu'une seule maison [de musulmans], si un musulman l'a recueilli, sinon il est mécréant ; de même [l'est] celui qui est trouvé dans un village de polythéistes, même si un musulman l'a recueilli.
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2373
وَلَا يُلْحَقُ بِمُلْتَقِطٍ أَوْ غَيْرِهِ إلَّا بِبَيِّنَةٍ أَوْ وَجْهٍ وَنُزِعَ مَحْكُومٌ بِإِسْلَامِهِ مِنْ كَافِرٍ.
Il n'est rattaché à celui qui l'a recueilli, ni à un autre, que par une preuve testimoniale ou une circonstance [qui rende la prétention crédible]. L'enfant jugé musulman est retiré au mécréant.
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2374
وَنُدِبَ أَخْذُ آبِقٍ لِمَنْ عَرَفَ رَبَّهُ وَإِلَّا كُرِهَ وَلِرَبِّهِ عِتْقُهُ وَهِبَتُهُ لِغَيْرِ ثَوَابٍ.
Il est recommandé de prendre l'esclave fugitif pour qui connaît son maître ; sinon c'est déconseillé. Son maître peut l'affranchir et le donner sans contrepartie.
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2375
وَضَمِنَهُ إنْ أَرْسَلَهُ إلَّا لِخَوْفٍ مِنْهُ أَوْ اسْتَأْجَرَهُ فِيمَا يَعْطَبُ فِيهِ لَا إنْ أَبَقَ مِنْهُ أَوْ تَلِفَ بِلَا تَفْرِيطٍ وَإِنْ نَوَى تَمَلُّكَهُ قَبْلَ السَّنَةِ فَغَاصِبٌ.
[Celui qui l'a pris] en répond s'il le relâche, sauf par crainte de lui ; [en répond] aussi celui qui le prend à gages pour un travail où l'on périt [s'il y périt] ; non s'il s'enfuit de chez lui ou périt sans négligence. S'il a l'intention de se l'approprier avant l'année, il est un usurpateur.
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2376
وَاسْتَحَقَّهُ سَيِّدُهُ بِشَاهِدٍ وَيَمِينٍ وَأَخَذَهُ إنْ ادَّعَاهُ وَصَدَّقَهُ الْعَبْدُ.
Son maître le revendique avec un témoin et un serment ; et il le prend s'il le réclame et que l'esclave le confirme.
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2377
وَإِنْ جَاءَ بِكِتَابِ قَاضٍ أَنَّهُ ثَبَتَ عِنْدِي أَنَّ صَاحِبَ كِتَابِي هَذَا أَبَقَ لَهُ عَبْدٌ صِفَتُهُ كَذَا دُفِعَ إلَيْهِ إنْ طَابَقَ.
S'il vient avec l'écrit d'un juge [disant] : « Il est établi devant moi que le porteur de cet écrit a un esclave en fuite, de tel signalement », il lui est remis si [le signalement] concorde.