Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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La mise à mort rituelle des animaux [dhakāt]بَابٌ فِي بَيَانِ حَقِيقَةِ الذَّكَاةِ
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788
الذَّكَاةُ وَهِيَ السَّبَبُ الْمُوَصِّلُ لِحِلِّ أَكْلِ الْحَيَوَانِ اخْتِيَارًا أَنْوَاعٌ ذَبْحٌ وَهُوَ قَطْعُ مُمَيِّزٍ مُسْلِمٍ أَوْ كِتَابِيٍّ جَمِيعَ الْحُلْقُومِ وَالْوَدَجَيْنِ مِنْ الْمُقَدَّمِ بِمُحَدِّدٍ بِلَا رَفْعٍ قَبْلَ التَّمَامِ بِنِيَّةِ.
La dhakāt, c'est-à-dire le moyen qui rend licite la consommation de l'animal hors nécessité, est de plusieurs sortes. L'égorgement : une personne douée de discernement, musulmane ou des gens du Livre, tranche la trachée entière et les deux jugulaires, par devant, avec un objet tranchant, sans lever la main avant d'avoir fini, avec l'intention.
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789
وَلَا يَضُرُّ يَسِيرُ فَصْلٍ وَلَوْ رَفَعَهَا اخْتِيَارًا فَلَا تُجْزِئُ مُغَلْصِمَةٌ وَلَا نِصْفُ الْحُلْقُومِ عَلَى الْأَصَحِّ.
Une interruption brève ne nuit pas, même si l'on a levé la main de son plein gré. Ne vaut donc pas la bête égorgée au-dessus du larynx [mughalṣama] ; ni, selon l'avis le plus juste, celle dont on n'a tranché que la moitié de la trachée.
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790
وَنَحْرٌ وَهُوَ طَعْنُهُ بِلَبَّةٍ.
Le sacrifice par pointe [naḥr] : frapper l'animal à la base du cou.
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791
وَشَرْطُ الْكِتَابِيِّ: أَنْ يَذْبَحَ مَا يَحِلَّ لَهُ بِشَرْعِنَا وَأَنْ لَا يُهِلَّ بِهِ لِغَيْرِ اللَّهِ وَلَوْ اسْتَحَلَّ الْمَيْتَةَ فَالشَّرْطُ أَنْ لَا يَغِيبَ لَا تَسْمِيَتُهُ.
Pour l'homme du Livre, il faut qu'il égorge ce qui lui est licite selon notre Loi, et qu'il ne le consacre pas à un autre que Dieu. S'il tient la charogne pour licite, il faut en outre qu'il n'égorge pas hors de notre vue. Qu'il prononce le nom de Dieu n'est pas exigé.
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792
وَكُرِهَ مَا حُرِّمَ عَلَيْهِ بِشَرْعِهِ وَشِرَاءُ ذِبْحِهِ وَجِزَارَتُهُ كَبَيْعٍ وَإِجَارَةٍ لِكَعِيدِهِ وَشَحْمُ يَهُودِيٍّ وَذِبْحٌ لِعِيسَى أَوْ الصَّلِيبِ وَذَكَاةُ خُنْثَى وَخَصِيٍّ وَفَاسِقٍ.
Sont déconseillés : ce qui lui est interdit par sa propre loi ; d'acheter ce qu'il a égorgé ; de le prendre pour boucher ; de même de lui vendre ou de lui louer pour sa fête, par exemple ; la graisse [des bêtes] du juif ; ce qui est égorgé pour Jésus ou pour la croix ; et la dhakāt faite par un hermaphrodite, un castrat ou un débauché.
Certaines impressions du commentaire portent « لِكَعَبْدِهِ » ; la leçon retenue, « pour sa fête », est celle du matn imprimé (édition Dār Arwiqa, p. 143) et répond à l'explication du commentaire : ce par quoi il rehausse sa religion.
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793
وَعَقْرٌ: وَهُوَ جَرْحُ مُسْلِمٍ مُمَيِّزٍ وَحْشِيًّا غَيْرَ مَقْدُورٍ عَلَيْهِ إلَّا بِعُسْرٍ لَا كَافِرٍ وَلَوْ كِتَابِيًّا وَلَا إنْسِيًّا شَرَدَ أَوْ تَرَدَّى بِحُفْرَةِ بِمُحَدَّدٍ أَوْ حَيَوَانٍ عُلِّمَ مِنْ طَيْرٍ أَوْ غَيْرِهِ فَمَاتَ قَبْلَ إدْرَاكِهِ.
La blessure de chasse [ʿaqr] : un musulman doué de discernement blesse un animal sauvage dont on ne peut se rendre maître qu'avec peine ; non un mécréant, fût-il des gens du Livre ; ni s'il s'agit d'un animal domestique échappé ou tombé dans une fosse ; au moyen d'un objet tranchant, ou d'un animal dressé, oiseau ou autre, et le gibier meurt avant d'être rejoint ;
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794
إنْ أَرْسَلَهُ مِنْ يَدِهِ أَوْ يَدِ غُلَامِهِ وَلَمْ يَشْتَغِلْ بِغَيْرِهِ قَبْلَهُ وَأَدْمَاهُ وَلَوْ بِأُذُنٍ وَعَلِمَهُ مِنْ الْمُبَاحِ وَإِنْ لَمْ يَعْلَمْ نَوْعَهُ مِنْهُ وَإِنْ تَعَدَّدَ مِصْيَدُهُ إنْ نَوَى الْجَمِيعُ؛ وَإِلَّا فَمَا نَوَاهُ إنْ صَادَهُ أَوَّلًا.
à condition qu'il ait lâché l'animal de sa main ou de celle de son serviteur ; que l'animal ne se soit pas occupé d'autre chose avant ; qu'il ait fait saigner le gibier, ne fût-ce qu'à l'oreille ; que le chasseur ait su le gibier de ceux qui sont permis, même sans en connaître l'espèce ; et, si plusieurs bêtes sont prises, qu'il les ait toutes visées ; sinon, celle qu'il a visée, si elle est prise la première.
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795
لَا إنْ تَرَدَّدَ فِي حُرْمَتِهِ أَوْ فِي الْمُبِيحِ إنْ شَارَكَهُ غَيْرُهُ كَكَلْبِ كَافِرٍ أَوْ غَيْرِ مُعَلَّمٍ أَوْ تَرَاخَى فِي اتِّبَاعِهِ إلَّا أَنْ يَتَحَقَّقَ أَنَّهُ لَا يَلْحَقُهُ أَوْ حَمَلَ الْآلَةَ مَعَ غَيْرِهِ أَوْ بِخُرْجِهِ أَوْ بَاتَ أَوْ صَدَمَهُ أَوْ عَضَّهُ بِلَا جُرْحٍ أَوْ اضْطَرَبَ فَأَرْسَلَهُ بِلَا رُؤْيَةٍ.
[Le gibier n'est pas licite] s'il s'est demandé si la bête n'était pas d'une espèce interdite ; ou s'il y a doute sur ce qui l'a rendu licite, quand un autre animal a pris part [à la mise à mort], comme le chien d'un mécréant ou un chien non dressé ; s'il a tardé à le suivre, à moins d'être sûr qu'il ne l'aurait pas rejoint ; s'il a laissé le couteau à un autre ou dans sa sacoche ; si le gibier a passé la nuit [loin de lui] ; si l'animal l'a heurté ou mordu sans le blesser ; ou si l'animal s'est agité et qu'il l'a lâché sans voir de gibier.
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796
وَدُونَ نِصْفٍ أُبِينَ مَيْتَةٌ إلَّا أَنْ يَحْصُلَ بِهِ إنْفَاذُ مَقْتَلٍ كَالرَّأْسِ وَمَتَى أُدْرِكَ حَيًّا غَيْرَ مَنْفُوذِ مَقْتَلٍ، لَمْ يُؤْكَلْ إلَّا بِذَكَاةٍ.
La partie détachée [du gibier], si elle fait moins de la moitié, est une charogne, sauf si un organe vital est atteint par là, comme la tête. Toutes les fois que le gibier est rejoint vivant, sans organe vital atteint, il ne se mange qu'après dhakāt.
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797
وَضَمِنَ مَارٌّ أَمْكَنَتْهُ ذَكَاتُهُ وَتَرَكَ كَتَرْكِ تَخْلِيصِ مُسْتَهْلَكٍ مِنْ نَفْسٍ أَوْ مَالٍ.
Le passant qui pouvait lui donner la dhakāt et ne l'a pas fait en doit la valeur, comme celui qui néglige de sauver ce qui va périr, vie ou bien.
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798
وَمَا يَمُوتُ بِهِ نَحْوُ الْجَرَادِ وَلَوْ لَمْ يُعَجِّلْ كَقَطْعِ جَنَاحٍ أَوْ إلْقَاءٍ بِمَاءٍ.
Enfin, ce qui fait mourir la sauterelle et les bêtes semblables, même si cela ne hâte pas la mort, comme couper une aile ou jeter dans l'eau [chaude].
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799
وَوَجَبَ نِيَّتُهَا وَذِكْرُ اسْمِ اللَّهِ لِمُسْلِمٍ إنْ ذَكَرَ وَقَدَرَ وَالْأَفْضَلُ بِاسْمِ اللَّهِ وَاَللَّهُ أَكْبَرُ وَهُمَا فِي الصَّيْدِ حَالَ الْإِرْسَالِ.
Sont obligatoires l'intention de la dhakāt et la mention du nom de Dieu, pour le musulman, s'il s'en souvient et le peut ; le mieux est de dire « bismillāh wa-llāhu akbar ». Pour la chasse, les deux se font au moment où l'on lâche.
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800
وَنَحْرُ إبِلٍ وَزَرَافَةٍ وَذَبْحُ غَيْرِهِمَا إلَّا لِضَرُورَةٍ كَعَدَمِ آلَةٍ فَيَجُوزُ الْعَكْسُ إلَّا الْبَقَرَ فَالْأَفْضَلُ فِيهَا الذَّبْحُ.
Il est obligatoire de sacrifier par pointe le chameau et la girafe, et d'égorger les autres, sauf nécessité, comme le défaut d'instrument : l'inverse est alors permis ; sauf les bovins, pour lesquels l'égorgement est seulement préférable ;
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801
كَالْحَدِيدِ وَسَنِّهِ وَقِيَامُ إبِلٍ مُقَيَّدَةً أَوْ مَعْقُولَةَ الْيُسْرَى وَضَجْعُ ذِبْحٍ بِرِفْقٍ وَتَوْجِيهُهُ لِلْقِبْلَةِ وَإِيضَاحُ الْمَحَلِّ.
de même sont préférables le fer, bien affûté ; que le chameau soit debout, entravé ou la patte gauche pliée et liée ; de coucher avec douceur la bête que l'on égorge ; de la tourner vers la qibla ; et de dégager l'endroit [de l'égorgement].
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802
وَكُرِهَ ذَبْحٌ بِدَوْرِ حُفْرَةٍ وَسَلْخٌ أَوْ قَطْعٌ قَبْلَ الْمَوْتِ وَتَعَمُّدُ إبَانَةِ الرَّأْسِ.
Il est déconseillé d'égorger autour d'une même fosse ; de dépouiller la bête ou d'en couper un membre avant qu'elle ne soit morte ; et de détacher volontairement la tête.
Certaines impressions du commentaire portent « بِدُونِ حُفْرَةٍ » (sans fosse) ; la leçon retenue, « autour d'une fosse », est celle du matn imprimé (édition Dār Arwiqa, p. 145) et répond à l'explication du commentaire : les bêtes se voient les unes les autres.
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803
وَأَكْلُ الْمُذَكِّي وَإِنْ أَيِسَ مِنْ حَيَاتِهِ بِإِضْنَاءِ مَرَضٍ أَوْ انْتِفَاخٍ بِعُشْبٍ أَوْ دَقِّ عُنُقٍ بِقُوَّةِ حَرَكَةٍ أَوْ شَخْبِ دَمٍ كَسَيْلِهِ فِي صَحِيحَةٍ.
La bête qui a reçu la dhakāt se mange, même si l'on désespérait de sa vie, parce qu'une maladie l'avait épuisée, qu'une herbe l'avait fait gonfler ou qu'elle avait la nuque brisée, pourvu qu'elle ait fait un mouvement vigoureux ou que son sang ait jailli ; pour la bête saine, il suffit que le sang ait coulé ;
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804
إنْ لَمْ يَنْفُذْ مَقْتَلُهَا بِقَطْعِ نُخَاعٍ أَوْ وَدَجٍ وَنَثْرِ دِمَاغٍ أَوْ حُشْوَةٍ وَثَقْبِ مُصْرَانٍ بِخَنْقٍ أَوْ وَقْذٍ أَوْ تَرَدٍّ مِنْ عُلُوٍّ، أَوْ نَطْحٍ أَوْ أَكْلِ سَبُعٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ وَإِلَّا لَمْ تَعْمَلْ فِيهَا ذَكَاةٌ.
à condition qu'aucun organe vital n'ait été atteint : moelle épinière tranchée, jugulaire coupée, cervelle ou entrailles répandues, intestin percé ; que ce soit par étranglement, par un coup, par une chute de haut, par un coup de corne, parce qu'un fauve l'a entamée, ou autrement ; sinon la dhakāt reste sans effet sur elle,
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805
كَمُحَرَّمِ الْأَكْلِ مِنْ خِنْزِيرٍ وَحُمُرٍ أَهْلِيَّةٍ وَإِنْ بَعْدَ تَوَحُّشٍ وَبَغْلٍ وَفَرَسٍ.
comme sur l'animal dont la chair est interdite : porc, âne domestique, même retourné à l'état sauvage, mulet et cheval.
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806
وَذَكَاةُ الْجَنِينِ ذَكَاةُ أُمِّهِ إنْ تَمَّ خَلْقُهُ وَنَبَتَ شَعْرُهُ فَإِنْ خَرَجَ حَيًّا لَمْ يُؤْكَلْ إلَّا بِذَكَاةٍ إلَّا أَنْ يُبَادَرَ فَيَفُوتَ وَذُكِّيَ الْمُزْلَقُ إنْ تَحَقَّقَتْ حَيَاتُهُ وَتَمَّ بِشَعْرٍ وَإِلَّا أَوْ لَمْ يَنْبُتْ لَمْ تَعْمَلْ فِيهِ.
La dhakāt du fœtus est celle de sa mère, s'il est entièrement formé et que son poil a poussé ; s'il sort vivant, il ne se mange qu'après dhakāt, sauf si l'on se hâte [de la lui donner] et qu'il meurt avant. Le fœtus avorté reçoit la dhakāt si sa vie est certaine et qu'il est formé, avec son poil ; sinon, ou si son poil n'a pas poussé, elle reste sans effet sur lui.