Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
Le texte est affiché chapitre par chapitre, en arabe et en français. Dans chaque chapitre, cherchez un mot dans l’une ou l’autre langue : seuls les passages qui le contiennent restent affichés. La recherche du site parcourt l’ouvrage entier.
Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens, relue une seconde fois passage par passage avec le commentaire de l'auteur ; les mots entre crochets explicitent ce que le texte sous-entend. Elle aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le texte arabe a été contrôlé sur deux éditions imprimées ; le découpage en passages numérotés et certains intertitres sont ceux du site.
Partie 48 sur 61 · la recherche ci-dessus porte sur cette partie. Chercher dans tout le livre
Aucun passage ne contient ces mots. Essayez un autre mot, en arabe ou en français.
L'apostasie : définition et règlesبَابٌ فِي تَعْرِيفِ الرِّدَّةِ وَأَحْكَامِهَا
-
2560
الرِّدَّةُ: كُفْرُ مُسْلِمٍ بِصَرِيحٍ أَوْ قَوْلٌ يَقْتَضِيهِ أَوْ فِعْلٌ يَتَضَمَّنُهُ
L'apostasie [ridda] est la mécréance d'un musulman, par une parole explicite, par une parole qui l'implique ou par un acte qui la renferme,
-
2561
كَإِلْقَاءِ مُصْحَفٍ بِقَذِرٍ وَشَدُّ زُنَّارٍ مَعَ دُخُولِ كَنِيسَةٍ وَسِحْرٌ
comme jeter un exemplaire du Coran dans une ordure, ceindre le zunnār [ceinture distinctive des non-musulmans] en entrant dans une église, ou la sorcellerie ;
-
2562
وَقَوْلٌ بِقَدَمِ الْعَالَمِ أَوْ بَقَائِهِ أَوْ شَكَّ فِيهِ أَوْ بِتَنَاسُخِ الْأَرْوَاحِ
ou affirmer que le monde n'a pas eu de commencement, ou qu'il ne finira pas, ou en douter, ou [affirmer] la transmigration des âmes ;
-
2563
أَوْ أَنْكَرَ مُجْمَعًا عَلَيْهِ مِمَّا عُلِمَ بِكِتَابٍ أَوْ سُنَّةٍ أَوْ جَوَّزَ اكْتِسَابَ النُّبُوَّةِ
ou nier une chose qui fait l'objet d'un consensus et qui est connue [de tous comme faisant partie de la religion] par le Livre ou par la Sunna, ou admettre que la prophétie puisse s'acquérir ;
-
2564
أَوْ سَبَّ نَبِيًّا أَوْ عَرَّضَ أَوْ أَلْحَقَ بِهِ نَقْصًا وَإِنْ بِبَدَنِهِ أَوْ وُفُورِ عِلْمِهِ أَوْ زُهْدِهِ
ou insulter un prophète, ou le viser par allusion, ou lui attribuer un défaut, fût-ce dans son corps, ou [un manque] dans l'étendue de sa science ou dans son détachement.
-
2565
وَفُصِّلَتْ الشَّهَادَةُ فِيهِ
Le témoignage qui porte sur elle doit être détaillé.
-
2566
يُسْتَتَابُ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ مِنْ يَوْمِ الْحُكْمِ بِلَا جُوعٍ وَعَطَشٍ وَمُعَاقَبَةٍ فَإِنْ تَابَ وَإِلَّا قُتِلَ
On demande [à l'apostat] de se repentir pendant trois jours à compter du jugement, sans le priver de nourriture ni de boisson et sans le châtier ; s'il se repent [on le laisse], sinon il est mis à mort.
-
2567
وَمَالُهُ فَيْءٌ إلَّا الرَّقِيقَ فَلِسَيِّدِهِ
Ses biens reviennent au Trésor [à titre de fayʾ], sauf ceux de l'esclave, qui reviennent à son maître.
-
2568
وَأُخِّرَتْ الْمُرْضِعُ لِوُجُودِ مُرْضِعٍ وَذَاتُ زَوْجٍ وَسَيِّدٍ لِحَيْضَةٍ
On diffère [l'exécution de] la femme qui allaite jusqu'à ce que l'on trouve une nourrice, et [celle de] la femme qui a un époux ou un maître jusqu'à une menstruation.
-
2569
وَقُتِلَ الزِّنْدِيقُ بِلَا تَوْبَةٍ إلَّا أَنْ يَجِيءَ
Le zindīq [qui cache sa mécréance sous les dehors de l'islam] est mis à mort sans [que] son repentir [l'en préserve], sauf s'il vient de lui-même [avant d'être découvert].
-
2570
وَمَالُهُ إنْ تَابَ لِوَارِثِهِ كَالسَّابِّ
Ses biens, s'il s'est repenti, vont à son héritier. Il en est de même de celui qui insulte [un prophète : il est mis à mort sans que son repentir l'en préserve].
-
2571
وَلَا يُعْذَرُ بِجَهْلٍ أَوْ سُكْرٍ أَوْ تَهَوُّرٍ أَوْ غَيْظٍ أَوْ بِقَوْلِهِ: أَرَدْت كَذَا
Il n'est excusé ni par l'ignorance, ni par l'ivresse, ni par l'emportement de la langue, ni par la colère, ni en disant : « J'ai voulu dire telle chose »,
-
2572
إلَّا أَنْ يُسْلِمَ الْكَافِرُ
sauf si [celui qui a insulté est] un mécréant et qu'il embrasse l'islam.
-
2573
وَسَبُّ اللَّهِ كَذَلِكَ وَفِي اسْتِتَابَةِ الْمُسْلِمِ خِلَافٌ
Insulter Dieu obéit à la même règle ; quant à demander au musulman [qui L'a insulté] de se repentir, il y a divergence.
Le commentaire retient comme avis prépondérant qu'on lui demande de se repentir et qu'il est laissé s'il le fait.
-
2574
وَأَسْقَطَتْ صَلَاةً وَصَوْمًا وَزَكَاةً وَطَهَارَةً وَحَجًّا تَقَدَّمَ
L'apostasie fait tomber la prière, le jeûne et la zakāt [aumône légale, qu'il devait, ou leur récompense s'il les avait accomplis], la purification, et le pèlerinage déjà accompli [qu'il doit refaire s'il revient à l'islam] ;
-
2575
وَنَذْرًا وَيَمِينًا بِاَللَّهِ أَوْ بِعِتْقٍ أَوْ ظِهَارٍ أَوْ طَلَاقٍ وَإحْصَانًا وَوَصِيَّتَهُ
[elle fait tomber] le vœu, le serment par Dieu, ou par l'affranchissement, ou par le ẓihār [assimilation de l'épouse à une femme interdite], ou par la répudiation ; [elle annule] la qualité de muḥṣan [voir plus bas, la fornication] et son testament ;
Pour le testament, le commentaire signale un second avis : il reste valable si l'apostat revient à l'islam.
-
2576
لَا طَلَاقًا وَإحْلَالَ مُحَلِّلٍ بِخِلَافِ حِلِّ الْمَرْأَةِ
mais non la répudiation [prononcée avant elle], ni l'effet du mariage d'un muḥallil [qui a rendu une femme de nouveau licite à celui qui l'avait répudiée par trois fois], à la différence de la licéité de la femme [elle-même, que sa propre apostasie annule].
-
2577
وَأُقِرَّ كَافِرٌ انْتَقَلَ لِكُفْرٍ آخَرَ
On laisse en l'état le mécréant qui passe à une autre mécréance.
-
2578
وَقُبِلَ عُذْرُ مَنْ أَسْلَمَ وَقَالَ أَسْلَمْت عَنْ ضِيقٍ إنْ ظَهَرَ
On accepte l'excuse de celui qui avait embrassé l'islam [puis l'a quitté] et dit : « Je ne m'étais converti que sous la contrainte », si cela apparaît [à quelque indice].
-
2579
وَأُدِّبَ مَنْ تَشَهَّدَ وَلَمْ يَقِفْ عَلَى الدَّعَائِمِ
On corrige celui qui a prononcé la double attestation sans s'être engagé à observer les piliers [de l'islam, puis s'en est retourné].
-
2580
وَسَاحِرٌ ذِمِّيٌّ إنْ لَمْ يُدْخِلْ ضَرَرًا عَلَى مُسْلِمٍ
[On corrige aussi] le sorcier dhimmī s'il n'a pas fait de tort à un musulman.
-
2581
وَشُدِّدَ عَلَى مَنْ سَبَّ مَنْ لَمْ يُجْمَعْ عَلَى نُبُوَّتِهِ أَوْ صَحَابِيًّا أَوْ أَحَدًا مِنْ ذُرِّيَّتِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - إنْ عَلِمَهُ كَأَنْ انْتَسَبَ لَهُ
On sévit durement contre celui qui insulte quelqu'un dont la prophétie ne fait pas l'objet d'un consensus, ou un Compagnon, ou l'un des descendants du Prophète, sur lui la prière et le salut, s'il le sait tel ; de même contre celui qui s'attribue [à tort] cette ascendance,
-
2582
أَوْ قَالَ: كُلُّ صَاحِبٍ كَذَا قَرْنَانَ وَلَوْ كَانَ نَبِيًّا أَوْ شَهِدَ عَلَيْهِ عَدْلٌ أَوْ لَفِيفٌ بِسَبٍّ أَوْ قَالَ لَقِيت فِي مَرَضِي هَذَا مَا لَوْ قَتَلْت أَبَا بَكْرٍ مَا اسْتَوْجَبْتُهُ
ou qui dit : « Tout tenancier de tel [établissement] est un mari complaisant, fût-il prophète » ; ou contre qui un seul témoin intègre, ou un groupe de gens [irrecevables], atteste une insulte [envers un prophète] ; ou qui dit : « J'ai enduré dans cette maladie ce que je n'aurais pas mérité si j'avais tué Abū Bakr ».