Aqrab al-masālik, ad-Dardīr
Aqrab al-masālik li-madhhab al-imām Mālik, « Le plus court des chemins vers l’école de l’imam Mālik », est l’œuvre d’Aḥmad ad-Dardīr (m. 1201 h). L’auteur le présente comme un livre « cueilli parmi les fruits du Mukhtaṣar de l’imam Khalīl » : il s’y limite aux avis qu’il juge les plus probants, restreint ce que Khalīl a laissé absolu et inversement, pour en faciliter l’accès. Il couvre toute la matière, de la purification aux successions. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de son commentaire.
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Le texte, en arabe et en français
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La retraite spirituelle [iʿtikāf]بَابٌ فِي الِاعْتِكَافِ
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644
الِاعْتِكَافُ نَافِلَةٌ مُرَغَّبٌ فِيهِ وَهُوَ لُزُومُ مُسْلِمٍ مُمَيِّزٍ مَسْجِدًا مُبَاحًا بِصَوْمٍ كَافًّا عَنْ الْجِمَاعِ وَمُقَدِّمَاتِهِ يَوْمًا بِلَيْلَتِهِ فَأَكْثَرَ لِلْعِبَادَةِ بِنِيَّةٍ.
L'iʿtikāf est un acte surérogatoire auquel la Loi encourage. C'est, pour un musulman doué de discernement, le fait de demeurer dans une mosquée ouverte à tous, en jeûnant, en s'abstenant du rapport charnel et de ses préliminaires, un jour avec sa nuit au moins, pour l'adoration, avec l'intention.
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645
وَمَنْ فَرْضُهُ الْجُمُعَةُ وَتَجِبُ بِهِ فَالْجَامِعُ وَإِلَّا خَرَجَ وَبَطَلَ وَيَقْضِيهِ.
Celui à qui la prière du vendredi incombe, et qui la rencontrera pendant sa retraite, doit choisir la grande mosquée ; sinon il sort [pour le vendredi], sa retraite est nulle et il la rattrape.
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646
كَمَرَضِ أَحَدِ أَبَوَيْهِ أَوْ جِنَازَتِهِ وَالْآخَرُ حَيٌّ.
Il en va de même [il sort, sa retraite est nulle et il la rattrape] pour la maladie de l'un de ses deux parents, ou pour ses funérailles quand l'autre est en vie.
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647
وَكَخُرُوجِهِ لِغَيْرِ ضَرُورَتِهِ أَوْ تَعَمُّدِ فِطْرٍ أَوْ مُسْكِرٍ لَيْلًا وَبِوَطْءٍ وَقُبْلَةٍ بِشَهْوَةٍ وَلَمْسٍ وَإِنْ لِحَائِضٍ مُعْتَكِفَةٍ سَهْوًا.
[Sa retraite est nulle] aussi s'il sort sans nécessité, s'il rompt volontairement le jeûne ou boit de nuit une boisson enivrante ; elle l'est encore par le rapport charnel, le baiser avec désir et l'attouchement, même commis par inadvertance par une femme en retraite [sortie] pour ses menstrues.
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648
وَلَزِمَ يَوْمٌ بِلَيْلَتِهِ وَإِنْ نَذَرَ لَيْلَةً لَا بَعْضَ يَوْمٍ وَتَتَابُعُهُ فِي مُطْلِقِهِ وَمَا نَوَاهُ بِدُخُولِهِ.
Est dû un jour avec sa nuit, même si l'on n'a voué qu'une nuit ; rien n'est dû si l'on a voué une partie de jour. La retraite vouée sans précision doit être continue. Ce dont on a formé l'intention devient dû dès que l'on entre [dans le lieu de retraite].
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649
وَدُخُولُهُ قَبْلَ الْغُرُوبِ أَوْ مَعَهُ وَخُرُوجُهُ بَعْدَهُ.
On doit y entrer avant le coucher du soleil ou à ce moment, et en sortir après le coucher du soleil.
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650
وَنُدِبَ مُكْثُهُ لَيْلَةَ الْعِيدِ وَبِآخِرِ الْمَسْجِدِ وَبِرَمَضَانَ وَبِالْعَشْرِ الْأَوَاخِرِ مِنْهُ وَإعْدَادُهُ ثَوْبًا آخَرَ وَاشْتِغَالُهُ بِذِكْرٍ وَتِلَاوَةِ وَصَلَاةٍ.
Il est recommandé d'y rester la nuit de la fête ; de se tenir au fond de la mosquée ; de faire sa retraite en ramadan, et dans ses dix derniers jours ; de préparer un second vêtement ; de s'occuper au rappel de Dieu [dhikr], à la récitation [du Coran] et à la prière.
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651
وَكُرِهَ أَكْلُهُ بِفِنَاءِ الْمَسْجِدِ أَوْ رَحْبَتِهِ وَاعْتِكَافُهُ غَيْرَ مَكْفِيٍّ وَدُخُولُهُ بِمَنْزِلٍ بِهِ أَهْلُهُ وَاشْتِغَالُهُ بِعِلْمٍ وَكِتَابَةٍ، وَإِنْ مُصْحَفًا إنْ كَثُرَ.
Il lui est déconseillé de manger dans la cour de la mosquée ou sur son parvis ; de faire retraite sans s'être assuré le nécessaire ; d'entrer dans une maison où se trouve son épouse ; de s'occuper de science ou d'écriture, même celle d'un exemplaire du Coran, si cela prend beaucoup de temps ;
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وَفِعْلٍ غَيْرِ ذِكْرٍ وَتِلَاوَةٍ وَصَلَاةٍ كَعِيَادَةِ مَرِيضٍ وَصَلَاةِ جِنَازَةٍ وَلَوْ لَاصَقَتْ وَصُعُودِهِ لِأَذَانٍ بِمَنَارٍ أَوْ سَطْحٍ وَإِقَامَتِهِ.
et de faire autre chose que le dhikr, la récitation et la prière, comme visiter un malade, prier sur un mort, même si la dépouille est tout près, monter au minaret ou sur le toit pour l'appel à la prière, ou prononcer l'iqāma [second appel].
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653
وَجَازَ سَلَامُهُ عَلَى مَنْ بِقُرْبِهِ وَتَطَيُّبُهُ وَأَنْ: يَنْكِحَ وَيُنْكِحَ وَأَخْذُهُ إذَا خَرَجَ لِكَغُسْلٍ ظُفْرًا أَوْ شَارِبًا أَوْ عَانَةً وَانْتِظَارُ غَسْلِ ثَوْبِهِ وَتَجْفِيفِهِ.
Il lui est permis de saluer celui qui est près de lui ; de se parfumer ; de se marier et de marier [celle dont il est le tuteur] ; de se couper les ongles, la moustache ou les poils du pubis quand il sort pour un ghusl [lavage rituel complet] ou chose semblable ; et d'attendre que son vêtement soit lavé et séché.
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654
وَمُطْلَقُ الْجِوَارِ اعْتِكَافٌ فَإِنْ قَيَّدَهُ بِنَهَارٍ أَوْ لَيْلٍ لَزِمَ مَا نَذَرَهُ لَا مَا نَوَاهُ وَلَا صَوْمَ كَأَنْ قَيَّدَ بِالْفِطْرِ فَلَهُ الْخُرُوجُ إنْ نَوَى شَيْئًا مَتَى شَاءَ وَلَوْ أَوَّلَ يَوْمٍ.
Le séjour pieux [jiwār] dans une mosquée, sans autre précision, est un iʿtikāf. S'il le limite au jour ou à la nuit, il doit ce qu'il a voué, non ce qu'il a seulement eu l'intention de faire, et le jeûne n'est pas requis ; de même s'il a précisé qu'il ne jeûnerait pas. Il peut alors, s'il a seulement formé l'intention de quelque durée, sortir quand il veut, fût-ce le premier jour.
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655
وَلَا يَخْرُجُ لِمَانِعٍ مِنْ الصَّوْمِ فَقَطْ كَالْعِيدِ وَمَرَضٍ خَفِيفٍ بِخِلَافِ الْمَانِعِ مِنْ الْمَسْجِدِ كَالْحَيْضِ فَيَخْرُجُ وَعَلَيْهِ حُرْمَتُهُ.
Il ne sort pas pour ce qui empêche seulement de jeûner, comme la fête ou une maladie légère ; à la différence de ce qui empêche de rester dans la mosquée, comme les menstrues : il sort alors, en restant tenu aux interdits de la retraite,
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وَبَنَى فَوْرًا بِزَوَالِهِ فَإِنْ أَخَّرَهُ بَطَلَ إلَّا لَيْلَةَ الْعِيدِ وَيَوْمَهُ أَوْ لِخَوْفٍ مِنْ كَلِصٍّ وَلَا يَنْفَعُهُ اشْتِرَاطُ سُقُوطِ الْقَضَاءِ.
et il la reprend là où il l'avait laissée, aussitôt l'empêchement levé ; s'il tarde, elle est nulle, sauf s'il tarde pendant la nuit et le jour de la fête, ou par crainte d'un voleur ou d'un danger semblable. Il ne lui sert à rien de stipuler qu'il sera dispensé du rattrapage.