al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : ce qui annule les ablutionsفَصْلٌ
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نَوَاقِضُ الْوُضُوءِ أَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: الرِّدَّةُ، وَهِيَ كُفْرُ الْمُسْلِمِ. الثَّانِي: الشَّكُّ فِي وُجُودِ الطَّهَارَةِ أَوْ فِي الْحَدَثِ أَوْ فِي السَّابِقِ مِنْهُمَا، مَا لَمْ يَسْتَنْكِحْهُ الشَّكُّ.
Ce qui annule les ablutions est de quatre sortes. La première : l'apostasie, c'est-à-dire le fait qu'un musulman devienne mécréant. La deuxième : le doute sur l'existence de la purification, ou sur la survenue de ce qui l'annule, ou sur celui des deux qui a précédé l'autre, tant que le doute n'est pas devenu chez lui une habitude envahissante.
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69
الثَّالِثُ: الْحَدَثُ، وَهُوَ مَا خَرَجَ مِنْ أَحَدِ السَّبِيلَيْنِ عَلَى وَجْهِ الصِّحَّةِ وَالِاعْتِيَادِ. الرَّابِعُ: الْأَسْبَابُ، وَهِيَ ثَلَاثَةٌ.
La troisième : l'émission (ḥadath), c'est-à-dire ce qui sort de l'un des deux orifices en état de santé et de façon habituelle. La quatrième : les causes (asbāb), qui sont trois.
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الْأَوَّلُ: لَمْسُ مَنْ تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ فِي الْعَادَةِ كَالزَّوْجَةِ وَالْأَمَةِ، إِنْ قَصَدَ اللَّذَّةَ وَوَجَدَهَا أَوْ لَا، أَوْ وَجَدَهَا مِنْ غَيْرِ قَصْدٍ، إِلَّا الْقُبْلَةَ فِي الْفَمِ فَإِنَّهَا تَنْقُضُ مُطْلَقًا فَلَا تُرَاعَى فِيهَا اللَّذَّةُ.
La première cause : toucher une personne dont le contact procure habituellement du plaisir, comme l'épouse ou l'esclave, si l'on a recherché le plaisir, qu'on l'ait éprouvé ou non, ou si on l'a éprouvé sans l'avoir recherché. Le baiser sur la bouche fait exception : il annule les ablutions dans tous les cas, sans que l'on tienne compte du plaisir.
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وَقَوْلُنَا: لَمْسُ مَنْ تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ عَادَةً، احْتِرَازًا مِمَّنْ لَا تُوجَدُ اللَّذَّةُ بِلَمْسِهِ عَادَةً فَإِنَّهَا لَا تَنْقُضُ، كَالصَّغِيرَةِ الَّتِي لَا تُشْتَهَى، وَالْمَحْرَمِ كَالْأُمِّ وَالْبِنْتِ وَالْأُخْتِ.
Nous avons dit « une personne dont le contact procure habituellement du plaisir » pour exclure celle dont le contact n'en procure pas d'ordinaire : la toucher n'annule pas les ablutions. Il en est ainsi de la fillette qui n'éveille pas le désir, et de la proche parente interdite au mariage (maḥram), comme la mère, la fille et la sœur.
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الثَّانِي: مَسُّ ذَكَرِ نَفْسِهِ الْمُتَّصِلِ بِبَاطِنِ كَفِّهِ أَوْ جَنْبِهِ، أَوْ بِبَاطِنِ الْأَصَابِعِ أَوْ بِجَنْبِهَا، مِنْ غَيْرِ حَائِلٍ، عَمْدًا أَوْ سَهْوًا، الْتَذَّ أَمْ لَا، مَسَّهُ مِنَ الْكَمَرَةِ أَوْ غَيْرِهَا.
La deuxième cause : toucher sa propre verge, non détachée du corps, avec la paume ou son bord, ou avec l'intérieur des doigts ou leur bord, sans rien qui s'interpose, exprès ou par inadvertance, qu'on éprouve du plaisir ou non, qu'on la touche au gland ou ailleurs.
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وَلَا يَنْتَقِضُ بِمَسِّهِ مِنْ فَوْقِ حَائِلٍ وَلَوْ كَانَ خَفِيفًا، وَلَا بِالْقَهْقَهَةِ فِي الصَّلَاةِ.
Les ablutions ne sont pas annulées si on la touche par-dessus une étoffe, même fine, ni par l'éclat de rire pendant la prière.
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وَلَا بِمَسِّ امْرَأَةٍ فَرْجَهَا عَلَى الْمَذْهَبِ، وَقِيلَ يَنْقُضُ مُطْلَقًا، وَقِيلَ يَنْقُضُ إِنْ قَبَضَتْ عَلَيْهِ أَوْ أَلْطَفَتْ، أَيْ أَدْخَلَتْ يَدَهَا بَيْنَ شُفْرَيْهَا، وَلَا يَنْتَقِضُ إِنْ مَسَّتْ ظَاهِرَهُ.
Elles ne le sont pas non plus quand une femme touche son sexe, selon la position de l'école. Un avis dit que cela les annule dans tous les cas ; un autre, que cela les annule si elle le saisit ou y introduit la main entre les lèvres, mais non si elle en touche l'extérieur.
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وَلَا بِمَسِّ الدُّبُرِ، وَلَا الْأُنْثَيَيْنِ، وَلَا بِالْإِنْعَاظِ مِنْ غَيْرِ لَذَّةٍ، وَلَا بِاللَّذَّةِ بِالنَّظَرِ مِنْ غَيْرِ مَذْيٍ، وَلَا بِالتَّفَكُّرِ مَعَ اللَّذَّةِ فِي قَلْبِهِ مِنْ غَيْرِ إِنْعَاظٍ.
Elles ne sont annulées ni par le fait de toucher l'anus ou les testicules, ni par l'érection sans plaisir, ni par le plaisir du regard sans émission de madhy, ni par la pensée accompagnée d'un plaisir dans le cœur sans érection.
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فَرْعَانِ: الْأَوَّلُ: الْقَرْقَرَةُ الشَّدِيدَةُ تُوجِبُ الْوُضُوءَ.
Deux cas dérivés. Le premier : les gargouillements violents rendent les ablutions obligatoires.
Un commentaire précise qu'il s'agit du bruit des gaz à l'intérieur du ventre, et tient cet avis pour faible.
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الثَّانِي: قَالَ فِي الْكِتَابِ: إِنْ صَلَّى وَهُوَ يُدَافِعُ الْحَدَثَ أَعَادَ أَبَدًا. وَقَالَ الْأَشْيَاخُ: إِنْ مَنَعَهُ ذَلِكَ مِنْ تَمَامِ الْفَرَائِضِ أَعَادَ أَبَدًا، وَإِنْ مَنَعَهُ مِنْ تَمَامِ السُّنَنِ أَعَادَ فِي الْوَقْتِ، وَإِنْ مَنَعَهُ مِنْ تَمَامِ الْفَضَائِلِ فَلَا إِعَادَةَ عَلَيْهِ.
Le second : il est dit dans le Livre [la Mudawwana] que celui qui prie en se retenant refait sa prière, quel que soit le moment. Les maîtres ont dit : si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les obligations, il la refait quel que soit le moment ; si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les sunnas, il la refait tant que son temps n'est pas sorti ; si cela l'a empêché d'accomplir entièrement les actes méritoires, il n'a pas à la refaire.
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الثَّالِثُ: زَوَالُ الْعَقْلِ بِالْإِغْمَاءِ أَوِ الْجُنُونِ أَوِ السُّكْرِ، كَانَ السُّكْرُ بِحَرَامٍ أَوْ حَلَالٍ، أَوْ بِنَوْمٍ إِنْ ثَقُلَ وَطَالَ أَوْ قَصُرَ،
La troisième cause : la perte de la raison par l'évanouissement, la folie ou l'ivresse, que celle-ci vienne d'une chose interdite ou permise, ou par le sommeil s'il est profond, qu'il soit long ou court ;
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بِخِلَافِ النَّوْمِ الْخَفِيفِ فَإِنَّهُ لَا يَنْقُضُ وَلَوْ طَالَ، وَهُوَ الَّذِي يَشْعُرُ صَاحِبُهُ بِمَنْ يَذْهَبُ وَمَنْ يَأْتِي، وَالثَّقِيلُ هُوَ الَّذِي لَا يَشْعُرُ صَاحِبُهُ بِذَلِكَ.
[suite] à la différence du sommeil léger, qui n'annule pas les ablutions même s'il dure : c'est celui où le dormeur perçoit qui s'en va et qui vient ; le sommeil profond est celui où il ne le perçoit pas.
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وَيَحْرُمُ عَلَى الْمُحْدِثِ: الصَّلَاةُ، وَالطَّوَافُ، وَسُجُودُ التِّلَاوَةِ، وَسُجُودُ السَّهْوِ، وَمَسُّ الْمُصْحَفِ بِيَدِهِ أَوْ بِعُودٍ، وَحَمْلُهُ بِخَرِيطَةٍ أَوْ عِلَاقَةٍ.
Il est interdit à celui qui n'a pas ses ablutions : la prière, la circumambulation (ṭawāf), la prosternation de la récitation, la prosternation de l'oubli, le fait de toucher l'exemplaire du Coran de la main ou avec un bâton, et de le porter dans un étui ou par une attache.
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وَيَجُوزُ مَسُّ اللَّوْحِ لِلْمُعَلِّمِ وَالْمُتَعَلِّمِ عَلَى غَيْرِ وُضُوءٍ، وَمَسُّ الْجُزْءِ لِلْمُتَعَلِّمِ وَلَوْ كَانَ بَالِغًا. وَيُكْرَهُ لِلصِّبْيَانِ مَسُّ الْمُصْحَفِ الْجَامِعِ لِلْقُرْآنِ مِنْ غَيْرِ وُضُوءٍ.
Il est permis au maître et à l'élève de toucher la tablette sans ablutions, et à l'élève, même pubère, de toucher la partie [du Coran qu'il étudie]. Il est déconseillé aux enfants de toucher sans ablutions l'exemplaire qui réunit tout le Coran.