al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : la zakāt du bétailفَصْلٌ فِي زَكَاةِ النَّعَمِ
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301
وَهِيَ الْإِبِلُ وَالْبَقَرُ وَالْغَنَمُ، مَعْلُوفَةً أَوْ سَائِمَةً، عَامِلَةً أَوْ مُهْمَلَةً. وَلَا تَجِبُ عَلَى غَيْرِهَا مِنَ الْخَيْلِ وَالْبِغَالِ وَالْحَمِيرِ وَالرَّقِيقِ، وَلَا فِي الْمُتَوَلِّدِ مِنَ الظِّبَاءِ وَالْغَنَمِ.
Le bétail, ce sont les chameaux, les bovins et les ovins et caprins, qu'ils soient nourris à l'étable ou au pâturage, employés au travail ou non. Elle n'est pas due sur d'autres animaux, chevaux, mulets et ânes, ni sur les esclaves, ni sur l'animal né d'une gazelle et d'une brebis.
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302
وَشُرُوطُ وُجُوبِهَا: أَنْ تَكُونَ نِصَابًا كَامِلًا، مِلْكًا كَامِلًا، حَوْلًا كَامِلًا، مَعَ مَجِيءِ السَّاعِي إِنْ كَانَ.
Les conditions de son obligation : que le troupeau atteigne le seuil complet, soit possédé en pleine propriété, depuis une année entière, et que le collecteur soit venu, s'il y en a un.
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303
أَمَّا الْإِبِلُ فَفِي كُلِّ خَمْسٍ شَاةٌ جَذَعَةٌ، وَهِيَ مَا أَوْفَتْ سَنَةً وَدَخَلَتْ فِي الثَّانِيَةِ، مِنَ الضَّأْنِ إِنْ كَانَ فِي الْبَلَدِ الضَّأْنُ وَالْمَعْزُ سَوَاءً أَوِ الضَّأْنُ أَغْلَبَ. أَمَّا إِذَا كَانَ الْمَعْزُ أَغْلَبَ فَالشَّاةُ مِنْهُ، إِلَى تِسْعٍ.
Pour les chameaux : pour cinq têtes, on doit une bête du petit bétail (shāt), une jadhaʿa, c'est-à-dire âgée d'un an révolu et entrée dans sa deuxième année ; on la prend parmi les moutons si moutons et chèvres sont en nombre égal dans le pays ou si les moutons dominent ; si les chèvres dominent, on la prend parmi elles. Cela vaut jusqu'à neuf têtes.
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304
فَإِذَا بَلَغَتْ عَشْرًا فَفِيهَا شَاتَانِ إِلَى أَرْبَعَةَ عَشَرَ. فَإِذَا بَلَغَتْ خَمْسَةَ عَشَرَ فَفِيهَا ثَلَاثُ شِيَاهٍ إِلَى تِسْعَةَ عَشَرَ. فَإِذَا بَلَغَتْ عِشْرِينَ فَفِيهَا أَرْبَعُ شِيَاهٍ إِلَى أَرْبَعٍ وَعِشْرِينَ.
À dix têtes, deux bêtes, jusqu'à quatorze. À quinze, trois bêtes, jusqu'à dix-neuf. À vingt, quatre bêtes, jusqu'à vingt-quatre.
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305
فَإِذَا بَلَغَتْ خَمْسًا وَعِشْرِينَ إِلَى خَمْسٍ وَثَلَاثِينَ فَفِيهَا بِنْتُ مَخَاضٍ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي السَّنَةِ الثَّانِيَةِ، فَإِنْ لَمْ تَكُنْ لَهُ فَابْنُ لَبُونٍ، وَهُوَ مَا دَخَلَ فِي السَّنَةِ الثَّالِثَةِ.
De vingt-cinq à trente-cinq : une chamelle bint makhāḍ, entrée dans sa deuxième année ; s'il n'en a pas, un chameau ibn labūn, entré dans sa troisième année.
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306
فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَثَلَاثِينَ إِلَى خَمْسٍ وَأَرْبَعِينَ فَفِيهَا بِنْتُ لَبُونٍ. فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَأَرْبَعِينَ إِلَى سِتِّينَ فَفِيهَا حِقَّةٌ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي الرَّابِعَةِ.
De trente-six à quarante-cinq : une chamelle bint labūn. De quarante-six à soixante : une ḥiqqa, entrée dans sa quatrième année.
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307
فَإِذَا بَلَغَتْ إِحْدَى وَسِتِّينَ إِلَى خَمْسٍ وَسَبْعِينَ فَفِيهَا جَذَعَةٌ، وَهِيَ الَّتِي دَخَلَتْ فِي الْخَامِسَةِ. فَإِذَا بَلَغَتْ سِتًّا وَسَبْعِينَ إِلَى تِسْعِينَ فَفِيهَا بِنْتَا لَبُونٍ. فَإِذَا بَلَغَتْ إِحْدَى وَتِسْعِينَ إِلَى عِشْرِينَ وَمِائَةٍ فَفِيهَا حِقَّتَانِ.
De soixante et un à soixante-quinze : une jadhaʿa, entrée dans sa cinquième année. De soixante-seize à quatre-vingt-dix : deux bint labūn. De quatre-vingt-onze à cent vingt : deux ḥiqqa.
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308
فَإِذَا زَادَتْ عَلَى ذَلِكَ تَغَيَّرَ الْوَاجِبُ: فَفِي كُلِّ أَرْبَعِينَ بِنْتُ لَبُونٍ، وَفِي كُلِّ خَمْسِينَ حِقَّةٌ.
Au-delà, ce qui est dû change : pour chaque quarantaine une bint labūn, et pour chaque cinquantaine une ḥiqqa.
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309
وَأَمَّا الْبَقَرُ فَفِي كُلِّ ثَلَاثِينَ مِنْهَا تَبِيعٌ جَذَعٌ أَوْ جَذَعَةٌ، وَهُوَ مَا أَوْفَى سَنَتَيْنِ. وَفِي أَرْبَعِينَ مُسِنَّةٌ، لَا تُؤْخَذُ إِلَّا أُنْثَى، وَهِيَ الْمُوفِيَةُ ثَلَاثَ سِنِينَ.
Pour les bovins : pour trente têtes, un veau (tabīʿ), mâle ou femelle, âgé de deux ans révolus. Pour quarante, une musinna, que l'on ne prend que femelle, âgée de trois ans révolus.
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310
ثُمَّ فِي السِّتِّينَ تَبِيعَانِ، ثُمَّ فِي كُلِّ ثَلَاثِينَ تَبِيعٌ، وَفِي كُلِّ أَرْبَعِينَ مُسِنَّةٌ، إِلَى عِشْرِينَ وَمِائَةٍ فَيُخَيَّرُ السَّاعِي فِي أَخْذِ ثَلَاثِ مُسِنَّاتٍ أَوْ أَرْبَعَةِ أَتْبِعَةٍ.
Puis, pour soixante, deux tabīʿ ; ensuite un tabīʿ pour chaque trentaine et une musinna pour chaque quarantaine, jusqu'à cent vingt : le collecteur a alors le choix de prendre trois musinna ou quatre tabīʿ.
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311
وَأَمَّا الْغَنَمُ فَفِي أَرْبَعِينَ مِنْهَا شَاةٌ جَذَعٌ أَوْ جَذَعَةٌ مِنَ الضَّأْنِ أَوِ الْمَعْزِ، وَهُوَ مَا أَوْفَى سَنَةً. وَفِي مِائَةٍ وَإِحْدَى وَعِشْرِينَ شَاتَانِ، وَفِي مِائَتَيْنِ وَشَاةٍ ثَلَاثُ شِيَاهٍ، وَفِي أَرْبَعِمِائَةٍ أَرْبَعُ شِيَاهٍ، ثُمَّ فِي كُلِّ مِائَةٍ شَاةٌ.
Pour les ovins et caprins : pour quarante têtes, une bête, mâle ou femelle, mouton ou chèvre, âgée d'un an révolu. Pour cent vingt et une, deux bêtes ; pour deux cent une, trois bêtes ; pour quatre cents, quatre bêtes ; puis une bête par centaine.
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312
تَنْبِيهٌ: لَا تُؤْخَذُ كَرَائِمُ الْأَمْوَالِ كَالْأَكُولَةِ وَالْفَحْلِ وَذَاتِ اللَّبَنِ، وَلَا شِرَارُهَا كَالسَّخْلَةِ وَالتَّيْسِ وَالْعَجُوزِ وَالْعَوْرَاءِ.
Remarque : on ne prend pas les meilleures bêtes, comme celle qu'on engraisse pour la manger, l'étalon ou la bête qui donne du lait ; ni les plus mauvaises, comme le petit qui vient de naître, le bouc, la bête âgée ou la borgne.