al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : le tayammumفَصْلٌ
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90
التَّيَمُّمُ طَهَارَةٌ تُرَابِيَّةٌ تَشْتَمِلُ عَلَى مَسْحِ الْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ.
Le tayammum est une purification par la terre, qui consiste à passer les mains sur le visage et sur les mains [et les avant-bras].
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91
وَسَبَبُهُ: فَقْدُ الْمَاءِ حَقِيقَةً، أَوْ مَا هُوَ فِي حُكْمِهِ، مِثْلُ أَنْ يَكُونَ مَعَهُ مِنَ الْمَاءِ مَا لَا يَكْفِيهِ، أَوْ مَاءٌ يَخَافُ بِاسْتِعْمَالِهِ فَوَاتَ نَفْسِهِ أَوْ فَوَاتَ مَنْفَعَةٍ أَوْ زِيَادَةَ مَرَضٍ أَوْ تَأَخُّرَ بُرْءٍ أَوْ حُدُوثَ مَرَضٍ.
Sa cause est l'absence réelle d'eau, ou ce qui lui est assimilé : par exemple n'avoir qu'une quantité d'eau insuffisante, ou avoir une eau dont on craint que l'usage ne fasse perdre la vie ou l'usage d'un membre, n'aggrave une maladie, ne retarde une guérison ou ne provoque une maladie.
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92
وَيُبَاحُ التَّيَمُّمُ مِنَ الْحَدَثِ الْأَصْغَرِ وَالْأَكْبَرِ إِذَا وُجِدَ سَبَبُهُ لِلْمَرِيضِ وَالْمُسَافِرِ لِكُلِّ صَلَاةٍ، وَلِلصَّحِيحِ الْحَاضِرِ لِصَلَاةِ الْجَنَازَةِ إِذَا تَعَيَّنَتْ، وَلِفَرْضٍ غَيْرِ الْجُمُعَةِ بِشَرْطِ أَنْ يَخْشَى فَوَاتَ الْوَقْتِ بِاسْتِعْمَالِ الْمَاءِ، وَلَا يُعِيدُ.
Quand sa cause existe, le tayammum est permis, pour l'impureté mineure comme pour la majeure, au malade et au voyageur pour toute prière ; à la personne bien portante et résidente, pour la prière funéraire quand elle lui incombe personnellement, et pour une prière obligatoire autre que celle du vendredi, à condition de craindre que le temps ne s'écoule si l'on se sert de l'eau ; il ne refait pas [la prière].
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93
بِخِلَافِ الْجَنَازَةِ إِذَا لَمْ تَتَعَيَّنْ، وَفَرْضِ الْجُمُعَةِ وَلَوْ خَشِيَ فَوَاتَهُ، وَسَائِرِ النَّوَافِلِ سُنَنِهَا وَمُسْتَحَبَّاتِهَا.
Il n'en va pas de même [pour le bien portant résident] de la prière funéraire qui ne lui incombe pas personnellement, de la prière du vendredi même s'il craint de la manquer, ni des prières surérogatoires, qu'elles soient sunna ou recommandées.
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94
وَيَبْطُلُ التَّيَمُّمُ بِمَا يَبْطُلُ بِهِ الْوُضُوءُ، وَبِوُجُودِ الْمَاءِ قَبْلَ الصَّلَاةِ، إِلَّا أَنْ يَخْشَى فَوَاتَ الْوَقْتِ بِاسْتِعْمَالِهِ. وَإِذَا رَأَى الْمَاءَ وَهُوَ فِي الصَّلَاةِ لَمْ تَبْطُلْ صَلَاتُهُ.
Le tayammum est annulé par ce qui annule les ablutions, et par la présence de l'eau avant la prière, sauf si l'on craint que le temps ne s'écoule en s'en servant. Si l'on voit de l'eau pendant la prière, la prière n'est pas annulée.
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95
وَيَتَيَمَّمُ بِالصَّعِيدِ الطَّيِّبِ، وَهُوَ التُّرَابُ وَالْحَجَرُ وَالرَّمْلُ وَجَمِيعُ أَجْزَاءِ الْأَرْضِ مَا دَامَتْ عَلَى هَيْئَتِهَا لَمْ تُغَيِّرْهَا صَنْعَةُ آدَمِيٍّ بِطَبْخٍ وَنَحْوِهِ. وَالتُّرَابُ أَفْضَلُ مِنْ غَيْرِهِ.
On fait le tayammum avec la bonne surface du sol (ṣaʿīd ṭayyib) : la terre, la pierre, le sable et toutes les parties du sol tant qu'elles sont dans leur état naturel, sans avoir été transformées par la main de l'homme, par cuisson ou autrement. La terre est préférable au reste.
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96
وَلَا يَتَيَمَّمُ عَلَى شَيْءٍ نَفِيسٍ كَالذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ، وَلَا عَلَى لِبْدٍ، وَلَا عَلَى بِسَاطٍ، وَلَا حَصِيرٍ، وَإِنْ كَانَ فِيهَا غُبَارٌ.
On ne fait pas le tayammum sur une matière précieuse comme l'or et l'argent, ni sur du feutre, ni sur un tapis, ni sur une natte, même s'il s'y trouve de la poussière.
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97
وَيَجُوزُ لِلْمَرِيضِ إِذَا لَمْ يَجِدْ مَنْ يُنَاوِلُهُ تُرَابًا أَنْ يَتَيَمَّمَ بِالْجِدَارِ الْمَبْنِيِّ بِالطُّوبِ النَّيِّئِ أَوْ بِالْحِجَارَةِ إِذَا كَانَتْ غَيْرَ مَسْتُورَةٍ بِالْجِيرِ.
Le malade qui ne trouve personne pour lui apporter de la terre peut faire le tayammum sur un mur bâti en briques crues ou en pierres, si elles ne sont pas recouvertes de chaux.
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98
وَمَنْ تَيَمَّمَ عَلَى مَوْضِعٍ نَجِسٍ وَلَمْ يَعْلَمْ بِنَجَاسَتِهِ أَعَادَ فِي الْوَقْتِ. وَلَا يُكْرَهُ التَّيَمُّمُ بِتُرَابٍ تُيُمِّمَ بِهِ مَرَّةً أُخْرَى. وَلَا يَصِحُّ التَّيَمُّمُ قَبْلَ دُخُولِ الْوَقْتِ.
Celui qui a fait le tayammum sur un endroit impur sans le savoir refait [sa prière] tant que son temps n'est pas sorti. Il n'est pas déconseillé de faire le tayammum avec une terre qui a déjà servi à un tayammum. Le tayammum n'est pas valable avant l'entrée du temps de la prière.
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99
وَصِفَتُهُ: أَنْ يَنْوِيَ اسْتِبَاحَةَ الصَّلَاةِ، وَيَنْوِيَ مِنَ الْحَدَثِ الْأَكْبَرِ إِنْ كَانَ مُحْدِثًا حَدَثًا أَكْبَرَ، ثُمَّ يَقُولُ: بِسْمِ اللَّهِ، وَيَسْتَعْمِلُ الصَّعِيدَ، يَضْرِبُ عَلَيْهِ بِيَدَيْهِ جَمِيعًا ضَرْبَةً وَاحِدَةً، فَإِنْ تَعَلَّقَ بِهِمَا شَيْءٌ نَفَضَهُمَا نَفْضًا خَفِيفًا،
Voici comment on procède : on formule l'intention de se rendre la prière permise, en précisant qu'il s'agit de l'impureté majeure si l'on est dans cet état ; puis on dit « Au Nom d'Allah » et l'on se sert du sol : on le frappe des deux mains ensemble, une seule fois ; si quelque chose s'y est attaché, on les secoue légèrement ;
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100
وَيَمْسَحُ بِهَا وَجْهَهُ وَلِحْيَتَهُ، يَبْدَأُ مِنْ أَعْلَاهُ إِلَى أَنْ يَسْتَوْفِيَهُ، ثُمَّ يَضْرِبُ أُخْرَى لِيَدَيْهِ، ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَ يَدِهِ الْيُمْنَى بِيَدِهِ الْيُسْرَى حَتَّى يَنْتَهِيَ إِلَى الْمِرْفَقِ، ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ، ثُمَّ يَمْسَحُ بَاطِنَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ،
[suite] on les passe sur le visage et la barbe, en commençant par le haut, jusqu'à le couvrir entièrement ; puis on frappe le sol une seconde fois pour les mains ; on passe la main gauche sur le dessus de la main droite [et de l'avant-bras] jusqu'au coude, puis sur le dessus jusqu'au bout des doigts, puis sur le dessous jusqu'au bout des doigts ;
Une édition ancienne d'Égypte ne porte pas les mots « puis sur le dessus jusqu'au bout des doigts ».
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101
ثُمَّ يَمْسَحُ ظَاهِرَ الْيُسْرَى بِيَدِهِ الْيُمْنَى إِلَى الْمِرْفَقِ، ثُمَّ يَمْسَحُ بَاطِنَهَا إِلَى آخِرِ الْأَصَابِعِ. وَيَجِبُ تَخْلِيلُ الْأَصَابِعِ وَنَزْعُ الْخَاتَمِ، فَإِنْ لَمْ يَنْزِعْهُ لَمْ يُجْزِهِ.
[suite] puis on passe la main droite sur le dessus de la gauche jusqu'au coude, puis sur le dessous jusqu'au bout des doigts. Il est obligatoire de passer entre les doigts et d'ôter la bague ; si on ne l'ôte pas, le tayammum ne suffit pas.
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102
وَالضَّرْبَةُ الثَّانِيَةُ سُنَّةٌ، وَكَذَا الْمَسْحُ إِلَى الْمِرْفَقَيْنِ. فَلَوِ اقْتَصَرَ عَلَى ضَرْبَةٍ وَاحِدَةٍ لِلْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ أَجْزَأَهُ. وَلَوِ اقْتَصَرَ فِي مَسْحِ يَدَيْهِ عَلَى الْكُوعَيْنِ وَصَلَّى أَعَادَ فِي الْوَقْتِ.
Le second coup sur le sol est une sunna, de même que le passage des mains jusqu'aux coudes. Si l'on se contente d'un seul coup pour le visage et les mains, cela suffit. Si l'on se contente, pour les mains, d'aller jusqu'aux poignets et que l'on prie, on refait [la prière] tant que son temps n'est pas sorti.