al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : les bénéficiaires de la zakātفَصْلٌ فِي بَيَانِ مَنْ تُصْرَفُ لَهُ الزَّكَاةُ
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318
تُدْفَعُ لِأَحَدِ الْأَصْنَافِ الثَّمَانِيَةِ الْمَذْكُورِينَ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ﴾ الْآيَةَ.
Elle est remise à l'une des huit catégories mentionnées dans la parole du Très-Haut : « Les aumônes ne sont que pour les pauvres et les indigents... », jusqu'à la fin du verset [sourate at-Tawba, 9:60].
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319
الْأَوَّلُ: الْفَقِيرُ، وَهُوَ الَّذِي يَمْلِكُ الشَّيْءَ الْيَسِيرَ الَّذِي لَا يَكْفِيهِ لِعَيْشِهِ، وَإِنْ كَانَ يَمْلِكُ نِصَابًا لَا يَقُومُ بِهِ وَلَا بِعِيَالِهِ فَإِنَّ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ الزَّكَاةَ.
La première : le pauvre (faqīr), celui qui possède peu de chose, pas assez pour vivre. S'il possède un seuil d'imposition qui ne suffit ni à lui ni à ceux qu'il a à charge, il peut recevoir la zakāt.
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320
الثَّانِي: الْمِسْكِينُ، وَهُوَ أَحْوَجُ مِنَ الْفَقِيرِ، وَهُوَ الَّذِي لَا شَيْءَ لَهُ جُمْلَةً. وَيُشْتَرَطُ فِيهِ وَفِي الْفَقِيرِ الْإِسْلَامُ وَالْحُرِّيَّةُ.
La deuxième : l'indigent (miskīn), plus démuni que le pauvre : il ne possède rien du tout. L'islam et la condition d'homme libre sont exigés de lui comme du pauvre.
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321
الثَّالِثُ: الْعَامِلُ عَلَى الزَّكَاةِ كَالسَّاعِي، وَإِنْ كَانَ غَنِيًّا. الرَّابِعُ: الْمُؤَلَّفَةُ قُلُوبُهُمْ، وَهُمْ قَوْمٌ كُفَّارٌ يُعْطَوْنَ تَرْغِيبًا فِي الْإِسْلَامِ.
La troisième : celui qui travaille à la zakāt, comme le collecteur, même s'il est riche. La quatrième : ceux dont les cœurs sont à gagner, des mécréants à qui l'on donne pour les attirer vers l'islam.
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الْخَامِسُ: الرِّقَابُ، وَهُوَ الرَّقِيقُ الْمُؤْمِنُ يُشْتَرَى وَيُعْتَقُ وَوَلَاؤُهُ لِلْمُسْلِمِينَ.
La cinquième : les captifs à affranchir : l'esclave croyant que l'on achète et que l'on affranchit, le lien de patronage (walāʾ) revenant aux musulmans.
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323
السَّادِسُ: الْغَارِمُ، وَهُوَ مَنِ اسْتَدَانَ فِي غَيْرِ سَفَهٍ وَلَا فَسَادٍ وَلَا يَجِدُ وَفَاءً، أَوْ يَكُونُ مَعَهُ مَالٌ بِإِزَاءِ دَيْنِهِ.
La sixième : l'endetté, celui qui a emprunté sans prodigalité ni mauvais dessein et ne trouve pas de quoi rembourser, ou dont les biens ne font que couvrir la dette.
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السَّابِعُ: سَبِيلُ اللَّهِ، وَالْمُرَادُ بِهِ الْجِهَادُ دُونَ الْحَجِّ، فَيُدْفَعُ لِلْغَازِي، غَنِيًّا كَانَ أَوْ فَقِيرًا، مِنَ الصَّدَقَةِ مَا يُنْفِقُهُ فِي غَزْوِهِ.
La septième : le sentier d'Allah, c'est-à-dire le combat (jihād), non le pèlerinage : on remet au combattant, riche ou pauvre, de quoi couvrir les dépenses de son expédition.
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الثَّامِنُ: ابْنُ السَّبِيلِ، وَهُوَ الْمُسَافِرُ الْغَرِيبُ، يُعْطَى بِثَلَاثَةِ شُرُوطٍ: أَنْ لَا يَكُونَ سَفَرُهُ فِي مَعْصِيَةٍ، وَأَنْ يَكُونَ فَقِيرًا بِالْمَوْضِعِ الَّذِي هُوَ بِهِ وَإِنْ كَانَ غَنِيًّا بِبَلَدِهِ، وَأَنْ لَا يَجِدَ مَنْ يُسْلِفُهُ. وَيُصَدَّقُ إِذَا ادَّعَى أَنَّهُ ابْنُ سَبِيلٍ.
La huitième : le voyageur en détresse (ibn as-sabīl), l'étranger de passage. On lui donne à trois conditions : que son voyage ne soit pas une désobéissance, qu'il soit pauvre là où il se trouve, même s'il est riche dans son pays, et qu'il ne trouve personne pour lui prêter. On le croit sur parole quand il se dit voyageur en détresse.