al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : le salut et la demande de permission d'entrerفَصْلٌ
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499
الِابْتِدَاءُ بِالسَّلَامِ سُنَّةٌ، وَرَدُّهُ فَرْضُ كِفَايَةٍ. وَصِفَتُهُ أَنْ يَقُولَ الْمُبْتَدِئُ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ، أَوْ: سَلَامٌ عَلَيْكُمْ، وَيَقُولُ الرَّادُّ: وَعَلَيْكُمُ السَّلَامُ، أَوِ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ. وَيُكْرَهُ تَقْبِيلُ الْيَدِ فِي السَّلَامِ.
Saluer le premier est une sunna, et rendre le salut une obligation collective. Celui qui salue le premier dit : « as-salāmu ʿalaykum » ou « salāmun ʿalaykum » ; celui qui répond dit : « wa ʿalaykumu s-salām » ou « as-salāmu ʿalaykum ». Il est déconseillé de baiser la main en saluant.
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500
وَلَا يُسَلِّمُ عَلَى أَهْلِ الْأَهْوَاءِ كَالْمُعْتَزِلَةِ وَالرَّوَافِضِ، وَلَا عَلَى أَهْلِ اللَّهْوِ حَالَ تَلَبُّسِهِمْ بِهِ كَلَاعِبِ الشِّطْرَنْجِ. وَلَا يَبْدَأُ أَهْلَ الذِّمَّةِ بِالسَّلَامِ، وَإِذَا بَدَءُوا رَدَّ عَلَيْهِمْ بِغَيْرِ وَاوٍ. وَلَا يُسَنُّ السَّلَامُ عَلَى الْمُصَلِّي.
On ne salue pas les gens des passions [en matière de croyance], comme les muʿtazilites et les rāfiḍites, ni ceux qui s'adonnent à un divertissement pendant qu'ils y sont, comme le joueur d'échecs. On ne salue pas le premier les protégés non musulmans (ahl adh-dhimma) ; s'ils saluent les premiers, on leur répond sans le « et » (wa). Il n'est pas sunna de saluer celui qui prie.
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501
وَإِذَا سَلَّمَ وَاحِدٌ مِنَ الْجَمَاعَةِ أَجْزَأَ عَنْهُمْ، وَكَذَلِكَ إِذَا رَدَّ وَاحِدٌ مِنْهُمْ. وَيُسَلِّمُ الرَّاكِبُ عَلَى الْمَاشِي، وَالْمَاشِي عَلَى الْقَاعِدِ.
Si un seul membre d'un groupe salue, cela suffit pour tous ; de même si un seul d'entre eux répond. Celui qui est sur une monture salue celui qui marche, et celui qui marche salue celui qui est assis.
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502
وَلَا يَجُوزُ لِأَحَدٍ أَنْ يَدْخُلَ عَلَى أَحَدٍ بَيْتَهُ حَتَّى يَسْتَأْذِنَ عَلَيْهِ. وَصِفَتُهُ أَنْ يَقُولَ: السَّلَامُ عَلَيْكُمْ، أَأَدْخُلُ؟ وَيَسْتَأْذِنُ ثَلَاثًا وَلَا يَزِيدُ عَلَى ذَلِكَ، إِلَّا أَنْ يَغْلِبَ عَلَى ظَنِّهِ عَدَمُ السَّمَاعِ.
Il n'est permis à personne d'entrer chez quelqu'un sans lui en demander la permission. On dit : « as-salāmu ʿalaykum, puis-je entrer ? » On demande la permission trois fois, pas davantage, à moins d'avoir de fortes raisons de penser qu'on n'a pas été entendu.
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503
وَإِذَا اسْتَأْذَنَ فَقِيلَ لَهُ: مَنْ هَذَا؟ فَلْيُسَمِّ نَفْسَهُ بِاسْمِهِ أَوْ بِمَا يُعْرَفُ بِهِ مِنَ الْكُنْيَةِ، وَلَا يَقُولُ: أَنَا. وَالْمُصَافَحَةُ حَسَنَةٌ، وَالْمُعَانَقَةُ مَكْرُوهَةٌ عِنْدَ بَعْضِهِمْ، وَالْقُبْلَةُ فِي الْفَمِ مِنَ الرَّجُلِ إِلَى الرَّجُلِ لَا رُخْصَةَ فِيهَا.
Si, quand il demande la permission, on lui dit « Qui est-ce ? », qu'il se nomme par son nom ou par le surnom sous lequel il est connu, et qu'il ne dise pas « Moi ». Se serrer la main est une bonne chose ; l'accolade est déconseillée selon certains ; quant au baiser sur la bouche d'un homme à un homme, rien ne l'autorise.