al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Section : la prière du voyageurفَصْلٌ
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261
صَلَاةُ السَّفَرِ سُنَّةٌ، وَلَهَا سَبَبٌ وَشَرَائِطُ وَمَحَلٌّ. فَأَمَّا سَبَبُهَا فَكُلُّ سَفَرٍ طَوِيلٍ، وَهُوَ أَرْبَعَةُ بُرُدٍ. وَالْبَرِيدُ أَرْبَعَةُ فَرَاسِخَ، وَالْفَرْسَخُ ثَلَاثَةُ أَمْيَالٍ، وَالْمِيلُ أَلْفَا ذِرَاعٍ، فَهِيَ سِتَّةَ عَشَرَ فَرْسَخًا، فَهِيَ ثَمَانِيَةٌ وَأَرْبَعُونَ مِيلًا.
La prière raccourcie du voyage est une sunna. Elle a une cause, des conditions et un objet. Sa cause est tout long voyage, c'est-à-dire de quatre barīd. Le barīd vaut quatre parasanges (farsakh), la parasange trois milles et le mille deux mille coudées : cela fait seize parasanges, soit quarante-huit milles.
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262
وَأَمَّا شَرَائِطُهَا فَأَرْبَعَةٌ. الْأَوَّلُ: أَنْ يَكُونَ السَّفَرُ وَجْهًا وَاحِدًا ذَهَابًا فَقَطْ، فَلَا يُحْسَبُ مَعَ ذَلِكَ الرُّجُوعُ، بَلْ يُعْتَبَرُ الرُّجُوعُ وَحْدَهُ. الثَّانِي: الْعَزْمُ عَلَى قَطْعِ الْمَسَافَةِ الْمُتَقَدِّمَةِ مِنْ أَوَّلِهِ مِنْ غَيْرِ تَرَدُّدٍ دَفْعَةً وَاحِدَةً.
Ses conditions sont quatre. La première : que cette distance soit celle du seul trajet aller ; on n'y ajoute pas le retour, qui se compte à part. La deuxième : être résolu dès le départ à parcourir cette distance, sans hésitation et d'une seule traite.
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263
الثَّالِثُ: الشُّرُوعُ فِيهِ. فَالْحَضَرِيُّ يَقْصُرُ إِذَا عَدَّى الْبَسَاتِينَ الْمَنْسُوبَةَ إِلَى تِلْكَ الْبَلَدِ الْمَعْمُورَةِ بِعِمَارَتِهَا، وَالْعَمُودِيُّ، وَهُوَ سَاكِنُ الْبَادِيَةِ، يَقْصُرُ إِذَا جَاوَزَ مَحَلَّتَهُ، وَهِيَ الْبُيُوتُ الَّتِي يَنْصِبُهَا لِيَأْوِيَ إِلَيْهَا،
La troisième : avoir commencé le voyage. Le citadin raccourcit la prière quand il a dépassé les jardins rattachés à sa localité et habités comme elle ; le nomade, c'est-à-dire l'habitant du désert, quand il a dépassé son campement, c'est-à-dire les tentes qu'il dresse pour s'y abriter ;
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264
وَسَاكِنُ الْجَبَلِ أَوْ قَرْيَةٍ لَا بِنَاءَ فِيهَا وَلَا بَسَاتِينَ يَقْصُرُ إِذَا انْفَصَلَ عَنْ مَنْزِلِهِ. وَمُنْتَهَى الْقَصْرِ فِي الدُّخُولِ هُوَ مَبْدَأُ الْقَصْرِ فِي الْخُرُوجِ.
[suite] l'habitant de la montagne, ou d'un village sans constructions ni jardins, quand il s'est éloigné de sa demeure. L'endroit où l'on cesse de raccourcir en revenant est celui où l'on commence à raccourcir en partant.
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265
الرَّابِعُ: إِبَاحَةُ السَّفَرِ، فَالْمُسَافِرُ لِلَّهْوِ كَالصَّيْدِ مِنْ غَيْرِ حَاجَةٍ، وَالْعَاصِي بِسَفَرِهِ كَالْآبِقِ وَالْعَاقِّ، لَا يَقْصُرُونَ.
La quatrième : que le voyage soit permis. Celui qui voyage pour se divertir, par exemple pour chasser sans besoin, et celui dont le voyage même est une désobéissance, comme l'esclave en fuite et l'enfant qui manque à ses devoirs envers ses parents, ne raccourcissent pas.
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وَأَمَّا مَحَلُّهُ فَكُلُّ صَلَاةٍ رُبَاعِيَّةٍ أَدْرَكَ وَقْتَهَا فِي السَّفَرِ، فَلَا يَقْصُرُ الصُّبْحَ وَلَا الْمَغْرِبَ. وَيَقْصُرُ فَائِتَةَ السَّفَرِ سَوَاءٌ قَضَاهَا فِي السَّفَرِ أَوْ فِي الْحَضَرِ، كَمَا يُتِمُّ الْحَضَرِيَّةَ الَّتِي تَرَتَّبَتْ فِي ذِمَّتِهِ فِي الْحَضَرِ وَالسَّفَرِ.
Son objet est toute prière de quatre rakʿa dont le temps est arrivé pendant le voyage ; on ne raccourcit ni la prière de l'aube ni celle du coucher du soleil. On raccourcit la prière manquée en voyage, qu'on la rattrape en voyage ou à demeure, de même qu'on accomplit en entier la prière due à demeure, qu'on la rattrape à demeure ou en voyage.
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267
وَيَقْطَعُ الْقَصْرَ نِيَّةُ إِقَامَةِ أَرْبَعَةِ أَيَّامٍ صِحَاحٍ بِمَوْضِعٍ.
L'intention de séjourner quatre jours entiers en un lieu met fin au raccourcissement.
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268
فَائِدَةٌ: اقْتِدَاءُ الْمُسَافِرِ بِالْمُقِيمِ وَبِالْعَكْسِ صَحِيحٌ، لَكِنَّهُ يُكْرَهُ، وَتَتَأَكَّدُ الْكَرَاهَةُ فِي اقْتِدَاءِ الْمُسَافِرِ بِالْمُقِيمِ. فَإِنِ اقْتَدَى بِهِ لَزِمَهُ اتِّبَاعُهُ وَلَا إِعَادَةَ عَلَيْهِ.
À savoir : que le voyageur prie derrière le résident, ou l'inverse, est valable mais déconseillé, et cela l'est davantage quand le voyageur suit le résident. S'il le suit, il doit faire comme lui, et il n'a pas à refaire sa prière.
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وَإِنِ اقْتَدَى الْمُقِيمُ بِهِ فَكُلٌّ عَلَى سُنَّتِهِ: فَيُصَلِّي الْمُسَافِرُ فَرْضَهُ، فَإِذَا سَلَّمَ مِنْ رَكْعَتَيْنِ أَتَى الْمُقِيمُ بِمَا بَقِيَ مِنْ صَلَاتِهِ.
Si le résident suit le voyageur, chacun s'en tient à sa règle : le voyageur accomplit ce qu'il doit et, quand il salue après deux rakʿa, le résident accomplit ce qui reste de sa prière.