al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens et vocalisation en cours de relecture. La traduction aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le découpage en passages numérotés est celui du site.
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Section : l'appel à la prière (adhān)فَصْلٌ
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153
الْأَذَانُ سُنَّةٌ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي الْعَادَةُ أَنْ يَجْتَمِعَ النَّاسُ بِهَا كَالْجَوَامِعِ وَالْمَسَاجِدِ. وَهُوَ الْإِعْلَامُ بِدُخُولِ وَقْتِ الصَّلَاةِ الْمَفْرُوضَةِ بِالْأَلْفَاظِ الْمَشْرُوعَةِ.
L'appel à la prière (adhān) est une sunna dans les lieux où les gens ont coutume de se rassembler, comme les grandes mosquées et les mosquées. Il consiste à annoncer l'entrée du temps de la prière obligatoire par les formules prescrites.
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154
وَهُوَ: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ. أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ. ثُمَّ يُرَجِّعُ الشَّهَادَتَيْنِ بِأَرْفَعَ مِنْ صَوْتِهِ أَوَّلًا.
Le voici : « Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, j'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah. J'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah, j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah. » Puis on reprend les deux attestations d'une voix plus haute que la première fois.
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155
ثُمَّ يَقُولُ: حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ، حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ. حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ، حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ. اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ. لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ.
Puis on dit : « Venez à la prière, venez à la prière. Venez à la réussite, venez à la réussite. Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Il n'y a de divinité qu'Allah. »
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156
وَيَزِيدُ فِي أَذَانِ الصُّبْحِ بَعْدَ قَوْلِهِ حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ: الصَّلَاةُ خَيْرٌ مِنَ النَّوْمِ، مَرَّتَيْنِ.
Dans l'appel à la prière de l'aube, on ajoute, après « Venez à la réussite » : « La prière est meilleure que le sommeil », deux fois.
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157
وَلَا يَجُوزُ أَنْ يُؤَذَّنَ لِصَلَاةٍ مِنَ الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ، حَتَّى الْجُمُعَةِ، قَبْلَ وَقْتِهَا، إِلَّا صَلَاةَ الصُّبْحِ فَإِنَّهُ يُسْتَحَبُّ أَنْ يُؤَذَّنَ لَهَا فِي السُّدُسِ الْأَخِيرِ مِنَ اللَّيْلِ قَبْلَ طُلُوعِ الْفَجْرِ، ثُمَّ يُؤَذَّنَ لَهَا ثَانِيًا عِنْدَ دُخُولِ الْوَقْتِ.
Il n'est permis de faire l'appel pour aucune des cinq prières, pas même celle du vendredi, avant son temps, sauf pour la prière de l'aube : il est recommandé de faire l'appel pour elle dans le dernier sixième de la nuit, avant l'apparition de l'aube, puis de le refaire à l'entrée de son temps.
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158
وَيُسْتَحَبُّ لِلْمُنْفَرِدِ إِذَا كَانَ مُسَافِرًا أَنْ يُؤَذِّنَ، لِحَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ.
Il est recommandé à celui qui prie seul, s'il est en voyage, de faire l'appel, en raison du hadith d'Abū Saʿīd.
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159
وَلْيَحْذَرِ الْمُؤَذِّنُ مِنْ مَدِّ بَاءِ أَكْبَرُ، وَأَشْهَدُ، وَالْجَلَالَةِ، وَمِنَ الْوَقْفِ عَلَى لَا إِلَهَ، وَمِنْ تَرْكِ إِدْغَامِ الدَّالِ فِي الرَّاءِ مِنْ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ،
Que celui qui fait l'appel se garde d'allonger le bāʾ de « akbar », la hamza [initiale] de « ashhadu » et celle du Nom d'Allah ; de marquer une pause sur « lā ilāha » ; de ne pas assimiler le dāl au rāʾ dans « Muḥammadan rasūlu Llāh » ;
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160
وَمِنْ فَتْحِ اللَّامِ مِنْ رَسُولُ اللَّهِ، وَمِنْ تَرْكِ النُّطْقِ بِالْهَاءِ مِنْ حَيَّ عَلَى الصَّلَاةِ، وَمِنْ تَرْكِ الْحَاءِ مِنْ حَيَّ عَلَى الْفَلَاحِ.
[suite] de prononcer avec la voyelle a le lām de « rasūlu Llāh » ; de ne pas prononcer le hāʾ de « ḥayya ʿalā ṣ-ṣalāh » ; et de ne pas prononcer le ḥāʾ de « ḥayya ʿalā l-falāḥ ».
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161
وَيَكُونُ الْأَذَانُ مُتَرَسِّلًا مِنْ غَيْرِ مَدٍّ مُفْرِطٍ وَلَا تَمْطِيطٍ، مَوْقُوفًا غَيْرَ مُعْرَبٍ، مُتَوَالِيًا بِحَيْثُ لَا يَتَخَلَّلُهُ سُكُوتٌ كَثِيرٌ وَلَا كَلَامٌ، سَوَاءٌ كَانَ سَلَامًا أَوْ رَدًّا أَوْ غَيْرَهُمَا.
L'appel se fait posément, sans allongement excessif ni voix traînante, en marquant l'arrêt à la fin des formules sans en prononcer la voyelle finale, et d'une seule suite, sans long silence ni parole qui l'interrompe, qu'il s'agisse d'un salut, d'une réponse au salut ou d'autre chose.
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162
وَيُسْتَحَبُّ لِمَنْ سَمِعَهُ أَنْ يَحْكِيَهُ إِلَى آخِرِ الشَّهَادَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ تَرْجِيعٍ، وَلَوْ كَانَ فِي صَلَاةِ نَافِلَةٍ.
Il est recommandé à celui qui l'entend de le répéter jusqu'à la fin des deux attestations, sans les reprendre une seconde fois, même s'il est en train d'accomplir une prière surérogatoire.
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163
وَيُشْتَرَطُ فِي الْمُؤَذِّنِ شُرُوطُ صِحَّةٍ وَشُرُوطُ كَمَالٍ. فَشُرُوطُ الصِّحَّةِ: أَنْ يَكُونَ مُسْلِمًا ذَكَرًا بَالِغًا عَاقِلًا.
Celui qui fait l'appel doit réunir des conditions de validité et des conditions de perfection. Les conditions de validité : être musulman, de sexe masculin, pubère et sain d'esprit.
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164
وَشُرُوطُ الْكَمَالِ: أَنْ يَكُونَ عَدْلًا، عَارِفًا بِالْأَوْقَاتِ، صَيِّتًا، مُتَطَهِّرًا، قَائِمًا، مُسْتَقْبِلَ الْقِبْلَةِ إِلَّا لِإِسْمَاعٍ، وَأَنْ لَا يَكُونَ قَدْ صَلَّى تِلْكَ الصَّلَاةَ الَّتِي أَذَّنَ لَهَا.
Les conditions de perfection : être intègre, connaître les temps de prière, avoir la voix forte, être en état de pureté, se tenir debout, faire face à la qibla sauf pour se faire entendre, et ne pas avoir déjà accompli la prière pour laquelle il fait l'appel.