al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Chapitre premier : la purification (ṭahāra)الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي الطَّهَارَةِ
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5
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَأَنْزَلْنَا مِنَ السَّمَاءِ مَاءً طَهُورًا﴾.
Allah le Très-Haut a dit : « Nous avons fait descendre du ciel une eau purifiante » [sourate al-Furqān, 25:48].
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6
الْمَاءُ الطَّهُورُ: مَا كَانَ طَاهِرًا فِي نَفْسِهِ، مُطَهِّرًا لِغَيْرِهِ، كَمَاءِ الْبَحْرِ وَالْبِئْرِ وَالْمَطَرِ، إِذَا لَمْ يَتَغَيَّرْ شَيْءٌ مِنْ أَوْصَافِهِ الثَّلَاثَةِ، وَهِيَ اللَّوْنُ وَالطَّعْمُ وَالرِّيحُ، بِمَا يَنْفَكُّ عَنْهُ غَالِبًا كَاللَّبَنِ وَالْعَسَلِ وَالْبَوْلِ وَالْعَذِرَةِ.
L'eau purifiante (ṭahūr) est celle qui est pure en elle-même et qui purifie autre chose qu'elle, comme l'eau de la mer, du puits et de la pluie, tant qu'aucune de ses trois qualités, la couleur, le goût et l'odeur, n'a été altérée par une matière dont elle est le plus souvent séparée, comme le lait, le miel, l'urine et les excréments.
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7
فَإِنْ تَغَيَّرَ شَيْءٌ مِنْ أَوْصَافِهِ الثَّلَاثَةِ بِمَا ذُكِرَ وَنَحْوِهِ فَلَا يَصِحُّ الْوُضُوءُ مِنْهُ وَلَا الْغُسْلُ وَلَا الِاسْتِنْجَاءُ.
Si l'une de ses trois qualités a été altérée par ce qui vient d'être cité ou par une matière semblable, ni les ablutions (wuḍūʾ), ni les grandes ablutions (ghusl), ni le lavage des orifices (istinjāʾ) ne sont valables avec elle.
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8
وَالْمُتَغَيِّرُ بِالطَّاهِرِ طَاهِرٌ غَيْرُ طَهُورٍ، يُسْتَعْمَلُ فِي الْعَادَاتِ وَلَا يُسْتَعْمَلُ فِي الْعِبَادَاتِ.
L'eau altérée par une matière pure est pure sans être purifiante : on s'en sert pour les usages courants, non pour les actes d'adoration.
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9
وَالْمُتَغَيِّرُ بِالنَّجِسِ نَجِسٌ، لَا يُسْتَعْمَلُ فِي شَيْءٍ مِنَ الْعَادَاتِ وَلَا فِي شَيْءٍ مِنَ الْعِبَادَاتِ.
L'eau altérée par une matière impure est impure : on ne s'en sert ni pour les usages courants ni pour les actes d'adoration.
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10
وَإِذَا تَغَيَّرَ بِمَا هُوَ مِنْ قَرَارِهِ كَالتُّرَابِ وَالْمِلْحِ وَالنُّورَةِ، أَوْ بِمَا تَوَلَّدَ مِنْهُ كَالطُّحْلَبِ، أَوْ بِطُولِ الْمُكْثِ، فَإِنَّهُ لَا يَضُرُّ، وَيُسْتَعْمَلُ فِي الْعَادَاتِ وَالْعِبَادَاتِ.
Si l'eau est altérée par ce qui fait partie du lieu où elle repose, comme la terre, le sel et la chaux, ou par ce qui naît d'elle, comme la mousse, ou parce qu'elle a longtemps stagné, cela ne nuit pas : on s'en sert pour les usages courants et pour les actes d'adoration.
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11
وَإِذَا وَقَعَ فِي الْمَاءِ الْقَلِيلِ، كَآنِيَةِ الْوُضُوءِ لِلْمُتَوَضِّئِ وَآنِيَةِ الْغُسْلِ لِلْمُغْتَسِلِ، نَجَاسَةٌ وَلَمْ تُغَيِّرْهُ، فَإِنَّهُ يَصِحُّ التَّطْهِيرُ بِهِ، لَكِنْ يُكْرَهُ إِذَا وُجِدَ غَيْرُهُ.
Si une impureté tombe dans une petite quantité d'eau, comme le contenu du récipient de celui qui fait ses ablutions ou ses grandes ablutions, sans l'altérer, il est valable de se purifier avec cette eau, mais c'est déconseillé (makrūh) si l'on en trouve une autre.
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12
وَالْمَاءُ الْمُسْتَعْمَلُ فِي الْوُضُوءِ وَالْغُسْلِ طَهُورٌ، يُكْرَهُ التَّطْهِيرُ بِهِ مَعَ وُجُودِ غَيْرِهِ. وَفِي الْمُسْتَعْمَلِ فِي غَيْرِهِ، كَالْمُسْتَعْمَلِ فِي التَّبَرُّدِ وَغُسْلِ الْجُمُعَةِ، قَوْلَانِ بِالْكَرَاهَةِ وَعَدَمِهَا.
L'eau qui a déjà servi à des ablutions ou à des grandes ablutions reste purifiante, mais il est déconseillé de se purifier avec elle quand on en trouve une autre. Quant à l'eau qui a servi à autre chose, par exemple à se rafraîchir ou au bain du vendredi, il y a deux avis : l'un la déconseille, l'autre non.