al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Chapitre deuxième : la prière (ṣalāt)الْبَابُ الثَّانِي فِي الصَّلَاةِ
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131
وَهِيَ أَحَدُ أَرْكَانِ الْإِسْلَامِ الْخَمْسِ الَّتِي بُنِيَ عَلَيْهَا: شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَإِقَامِ الصَّلَاةِ، وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ، وَصَوْمِ رَمَضَانَ، وَحَجِّ بَيْتِ اللَّهِ الْحَرَامِ لِمَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلًا.
Elle est l'un des cinq piliers sur lesquels l'islam est bâti : attester qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, accomplir la prière, acquitter la zakāt, jeûner le mois de ramaḍān, et faire le pèlerinage à la Maison sacrée d'Allah pour qui en a la possibilité.
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132
وَالصَّلَاةُ أَعْظَمُهَا بَعْدَ الشَّهَادَتَيْنِ. مَنْ أَقَامَهَا فَقَدْ أَقَامَ الدِّينَ، وَمَنْ تَرَكَهَا فَقَدْ تَرَكَ الدِّينَ.
La prière est le plus grand de ces piliers après les deux attestations. Qui l'accomplit a accompli la religion, et qui la délaisse a délaissé la religion.
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133
وَلِوُجُوبِهَا خَمْسَةُ شُرُوطٍ: الْإِسْلَامُ، وَالْبُلُوغُ، وَالْعَقْلُ، وَارْتِفَاعُ دَمِ الْحَيْضِ وَالنِّفَاسِ، وَحُضُورُ وَقْتِ الصَّلَاةِ. وَتَجِبُ بِأَوَّلِ الْوَقْتِ وُجُوبًا مُوَسَّعًا.
Elle devient obligatoire à cinq conditions : l'islam, la puberté, la raison, l'arrêt du sang des menstrues et des lochies, et l'arrivée du temps de la prière. Elle est due dès le début de son temps, d'une obligation qui laisse de la latitude.
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134
فَمَنْ جَحَدَ وُجُوبَهَا أَوْ شَيْئًا مِنْ وَاجِبَاتِهَا أَوْ شَيْئًا مِنْ أَرْكَانِ الْإِسْلَامِ الْخَمْسَةِ فَهُوَ كَافِرٌ مُرْتَدٌّ، يُسْتَتَابُ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ، فَإِنْ تَابَ وَإِلَّا قُتِلَ.
Celui qui nie son obligation, ou l'une de ses obligations, ou l'un des cinq piliers de l'islam, est un mécréant apostat : on l'appelle à se repentir pendant trois jours ; s'il se repent, [on le laisse], sinon il est mis à mort.
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135
وَمَنْ أَقَرَّ بِوُجُوبِهَا وَامْتَنَعَ مِنْ فِعْلِهَا انْتُظِرَ إِلَى أَنْ يَبْقَى مِنْ وَقْتِهَا الضَّرُورِيِّ مِقْدَارُ رَكْعَةٍ كَامِلَةٍ، فَإِنْ لَمْ يُصَلِّ قُتِلَ بِالسَّيْفِ حَدًّا.
Celui qui reconnaît son obligation mais refuse de l'accomplir, on attend jusqu'à ce qu'il ne reste de son temps de nécessité que la durée d'une unité de prière (rakʿa) complète ; s'il ne prie pas, il est mis à mort par le sabre, à titre de peine légale (ḥadd).
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136
وَيُصَلِّي عَلَيْهِ غَيْرُ أَهْلِ الْفَضْلِ وَالصَّلَاحِ، وَيُدْفَنُ فِي مَقَابِرِ الْمُسْلِمِينَ، وَلَا يُطْمَسُ قَبْرُهُ، وَلَا يُقْتَلُ بِالْفَائِتَةِ.
La prière funéraire est faite sur lui par d'autres que les gens de mérite et de vertu ; il est enterré dans le cimetière des musulmans et sa tombe n'est pas effacée. Il n'est pas mis à mort pour une prière dont le temps est déjà passé.
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137
وَيُؤْمَرُ الصَّبِيُّ بِهَا لِسَبْعِ سِنِينَ، وَيُضْرَبُ عَلَى تَرْكِهَا ضَرْبًا غَيْرَ مُبَرِّحٍ إِذَا بَلَغَ عَشْرَ سِنِينَ.
On ordonne à l'enfant de prier à sept ans, et on le frappe s'il la délaisse, sans violence, quand il atteint dix ans.