al-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī
Al-Muqaddima al-ʿIzziyya d’Abū al-Ḥasan ʿAlī al-Manūfī (m. 939 h) est un abrégé de fiqh selon l’école de l’imam Mālik, que l’auteur a tiré de l’un de ses propres ouvrages pour l’usage des débutants. En onze chapitres, il va de la purification et de la prière jusqu’au mariage, à la vente et aux successions, et se termine par un exposé de ce que le musulman doit croire et des règles de bonne conduite. Il s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Chapitre septième : le sacrifice de la fête, le sacrifice de la naissance et l'abattageالْبَابُ السَّابِعُ فِي الْأُضْحِيَّةِ وَالْعَقِيقَةِ وَالذَّبْحِ
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382
أَمَّا الْأُضْحِيَّةُ فَهِيَ مَا يُتَقَرَّبُ بِذَكَاتِهِ مِنَ الْأَنْعَامِ يَوْمَ الْأَضْحَى وَتَالِيَيْهِ.
Le sacrifice de la fête (uḍḥiya) est la bête du bétail que l'on abat pour se rapprocher d'Allah, le jour du sacrifice et les deux jours suivants.
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383
وَهِيَ سُنَّةٌ عَلَى الْمُسْتَطِيعِ الْحُرِّ الْمُسْلِمِ، كَبِيرًا كَانَ أَوْ صَغِيرًا، ذَكَرًا أَوْ أُنْثَى، مُقِيمًا أَوْ مُسَافِرًا، غَيْرَ حَاجٍّ بِمِنًى، عَنْ نَفْسِهِ وَعَمَّنْ تَلْزَمُهُ نَفَقَتُهُ كَالْوَلَدِ وَالْآبَاءِ الْفُقَرَاءِ.
Il est une sunna pour le musulman libre qui en a les moyens, adulte ou enfant, homme ou femme, résident ou voyageur, sauf le pèlerin qui se trouve à Minā ; il l'accomplit pour lui-même et pour ceux dont l'entretien est à sa charge, comme ses enfants et ses parents pauvres.
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384
وَوَقْتُهَا بَعْدَ نَحْرِ الْإِمَامِ مِنْ يَوْمِ النَّحْرِ، فَمَنْ ذَبَحَ قَبْلَهُ لَمْ يُجْزِهِ. وَمَنْ لَا إِمَامَ لَهُمْ فَلْيَتَحَرَّوْا صَلَاةَ أَقْرَبِ الْأَئِمَّةِ إِلَيْهِمْ وَنَحْرَهُ. وَهَلِ الْمُرَادُ بِالْإِمَامِ إِمَامُ الصَّلَاةِ أَوِ الْعَبَّاسِيُّ؟ قَوْلَانِ.
Son temps commence après que l'imam a sacrifié, le jour du sacrifice ; celui qui égorge avant lui ne s'en est pas acquitté. Ceux qui n'ont pas d'imam se règlent, par estimation, sur la prière et le sacrifice de l'imam le plus proche. L'imam en question est-il celui de la prière ou le calife abbasside ? Deux avis.
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385
وَمَنْ ذَبَحَ قَبْلَ يَوْمِ النَّحْرِ، أَوْ يَوْمَ النَّحْرِ بَعْدَ الْفَجْرِ قَبْلَ طُلُوعِ الشَّمْسِ، لَمْ يُجْزِهِ.
Celui qui égorge avant le jour du sacrifice, ou ce jour-là après l'aube et avant le lever du soleil, ne s'en est pas acquitté.
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386
وَأَقَلُّ مَا يُجْزِئُ فِي الضَّحَايَا مِنَ الْأَسْنَانِ الْجَذَعُ مِنَ الضَّأْنِ وَالْمَعْزِ، وَهُوَ ابْنُ سَنَةٍ، وَالثَّنِيُّ مِنَ الْبَقَرِ، وَهُوَ مَا دَخَلَ فِي السَّنَةِ الرَّابِعَةِ، وَالثَّنِيُّ مِنَ الْإِبِلِ، وَهُوَ مَا أَوْفَى خَمْسَ سِنِينَ وَدَخَلَ فِي السَّادِسَةِ.
L'âge minimal qui suffit pour les bêtes du sacrifice est : pour les moutons et les chèvres, le jadhaʿ, âgé d'un an ; pour les bovins, le thaniyy, entré dans sa quatrième année ; pour les chameaux, le thaniyy, âgé de cinq ans révolus et entré dans sa sixième année.
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387
وَيُتَّقَى فِي الضَّحَايَا وَالْهَدَايَا الْعُيُوبُ. فَلَا يُجْزِئُ فِي الضَّحَايَا وَالْهَدَايَا عَوْرَاءُ، وَهِيَ الَّتِي ذَهَبَ نُورُ إِحْدَى عَيْنَيْهَا، وَلَا مَرِيضَةٌ مَرَضًا بَيِّنًا، وَلَا عَرْجَاءُ عَرَجًا بَيِّنًا، وَلَا عَجْفَاءُ، وَهِيَ الَّتِي لَا شَحْمَ فِيهَا، وَقِيلَ هِيَ الَّتِي لَا مُخَّ فِي عِظَامِهَا،
Pour les bêtes du sacrifice et les offrandes du pèlerinage (hady), on écarte les défauts. Ne suffisent donc ni la borgne, celle dont un œil a perdu la vue ; ni la malade dont la maladie est manifeste ; ni la boiteuse dont la boiterie est manifeste ; ni la décharnée, celle qui n'a pas de graisse ou, selon un avis, pas de moelle dans les os ;
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وَلَا مَشْقُوقَةُ الْأُذُنِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ الشَّقُّ يَسِيرًا، وَهُوَ الثُّلُثُ، وَكَذَا قَطْعُ الْأُذُنِ لَا يُجْزِئُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ يَسِيرًا. وَكَذَلِكَ ذَهَابُ أَكْثَرِ الذَّنَبِ. وَكَذَلِكَ مَكْسُورَةُ الْقَرْنِ إِنْ لَمْ يَبْرَأْ، فَإِنْ بَرِئَ أَجْزَأَ.
[suite] ni celle dont l'oreille est fendue, à moins que la fente ne soit légère, c'est-à-dire d'un tiers ; de même l'oreille coupée ne suffit pas, à moins que la coupure ne soit légère ; de même celle qui a perdu la plus grande partie de la queue ; de même celle dont la corne est cassée, si la plaie n'est pas guérie : si elle l'est, la bête suffit.
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وَأَمَّا الْعَقِيقَةُ فَمُسْتَحَبَّةٌ، وَهِيَ الذَّبِيحَةُ الَّتِي تُذْبَحُ يَوْمَ سَابِعِ وِلَادَةِ الْمَوْلُودِ، وَيُشْتَرَطُ فِيهَا مَا يُشْتَرَطُ فِي الضَّحِيَّةِ.
Le sacrifice de la naissance (ʿaqīqa) est recommandé : c'est la bête que l'on égorge le septième jour de la naissance de l'enfant. Elle est soumise aux mêmes conditions que le sacrifice de la fête.
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390
وَأَمَّا الذَّبْحُ فَهُوَ قَطْعُ الْحُلْقُومِ جَمِيعِهِ وَقَطْعُ الْوَدَجَيْنِ، فَلَا يُجْزِئُ أَقَلُّ مِنْ ذَلِكَ. وَذَبْحُ الْمَرْأَةِ جَائِزٌ.
L'abattage (dhabḥ) consiste à trancher toute la trachée et les deux veines jugulaires ; rien de moins ne suffit. L'abattage fait par une femme est permis.
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391
فَإِنْ رَفَعَ الذَّابِحُ يَدَهُ عَنِ الذَّبِيحَةِ بَعْدَ قَطْعِ بَعْضِ الْحُلْقُومِ وَالْوَدَجَيْنِ ثُمَّ أَعَادَ يَدَهُ فَأَجْهَزَهَا لَمْ تُؤْكَلْ. فَإِنْ تَمَادَى الذَّابِحُ عَمْدًا حَتَّى قَطَعَ الرَّأْسَ مِنَ الذَّبِيحَةِ أَسَاءَ وَتُؤْكَلُ. وَمَنْ ذَبَحَ مِنَ الْقَفَا أَوْ مِنْ صَفْحَةِ الْعُنُقِ لَمْ تُؤْكَلْ.
Si celui qui égorge retire la main de la bête après avoir tranché une partie de la trachée et des jugulaires, puis la remet et l'achève, la bête ne se mange pas. S'il poursuit exprès jusqu'à détacher la tête, il a mal agi, mais elle se mange. Si l'on égorge par la nuque ou par le côté du cou, elle ne se mange pas.
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392
وَصِفَةُ الذَّبْحِ الْمُسْتَحَبَّةُ: أَنْ يَضَعَ الذَّبِيحَةَ عَلَى يَسَارِهَا مُتَوَجِّهَةً لِلْقِبْلَةِ، وَيَقُولَ الذَّابِحُ: بِسْمِ اللَّهِ وَاللَّهُ أَكْبَرُ، فَيَجْمَعَ بَيْنَ التَّسْمِيَةِ وَالتَّكْبِيرِ، وَلَا يَذْكُرُ مَعَ التَّسْمِيَةِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ، وَلَا يُصَلِّي عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
La manière recommandée d'égorger : coucher la bête sur son côté gauche, tournée vers la qibla ; celui qui égorge dit « Au Nom d'Allah, et Allah est le plus grand », réunissant ainsi les deux formules ; il n'ajoute pas « le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » et ne prie pas sur le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix.
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فَإِنِ اقْتَصَرَ عَلَى التَّسْمِيَةِ أَجْزَأَهُ، وَلَوْ تَرَكَهَا نِسْيَانًا أَجْزَأَهُ اتِّفَاقًا، وَكَذَلِكَ تُجْزِئُهُ لَوْ تَرَكَهَا عَمْدًا عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ، وَمَذْهَبُ الْمُدَوَّنَةِ لَا تُجْزِئُهُ. وَلَوْ تَرَكَ التَّوَجُّهَ إِلَى الْقِبْلَةِ أَجْزَأَهُ وَلَوْ كَانَ عَمْدًا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.
S'il se contente de « Au Nom d'Allah », cela suffit. S'il l'omet par oubli, cela suffit, de l'avis de tous ; cela suffit aussi s'il l'omet exprès, selon Ibn al-Qāsim, mais non selon la position de la Mudawwana. S'il n'oriente pas la bête vers la qibla, cela suffit, même exprès. Et Allah est plus savant.