ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens et vocalisation en cours de relecture. La traduction aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le découpage en passages numérotés est celui du site.
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La pureté de l'eau, du vêtement et du lieu, et le vêtement qui suffit pour la prièreبَابُ طَهَارَةِ الْمَاءِ وَالثَّوْبِ وَالْبُقْعَةِ وَمَا يُجْزِئُ مِنَ اللِّبَاسِ فِي الصَّلَاةِ
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83
وَالْمُصَلِّي يُنَاجِي رَبَّهُ، فَعَلَيْهِ أَنْ يَتَأَهَّبَ لِذَلِكَ بِالْوُضُوءِ أَوْ بِالطُّهْرِ إِنْ وَجَبَ عَلَيْهِ الطُّهْرُ.
Celui qui prie s'entretient avec son Seigneur. Il doit donc s'y préparer par le wuḍūʾ, ou par le ghusl si le ghusl lui est obligatoire.
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84
وَيَكُونُ ذَلِكَ بِمَاءٍ طَاهِرٍ غَيْرِ مَشُوبٍ بِنَجَاسَةٍ، وَلَا بِمَاءٍ قَدْ تَغَيَّرَ لَوْنُهُ لِشَيْءٍ خَالَطَهُ مِنْ شَيْءٍ نَجِسٍ أَوْ طَاهِرٍ، إِلَّا مَا غَيَّرَتْ لَوْنَهُ الْأَرْضُ الَّتِي هُوَ بِهَا مِنْ سَبَخَةٍ أَوْ حَمْأَةٍ أَوْ نَحْوِهِمَا.
Cela se fait avec une eau pure, à laquelle aucune impureté n'est mêlée ; et non avec une eau dont la couleur a été altérée par une chose, impure ou pure, qui s'y est mélangée, sauf si c'est la terre où elle se trouve qui en a changé la couleur : terre salée (sabakha), vase noire (ḥamʾa) ou autre chose semblable.
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85
وَمَاءُ السَّمَاءِ وَمَاءُ الْعُيُونِ وَمَاءُ الْآبَارِ وَمَاءُ الْبَحْرِ طَيِّبٌ طَاهِرٌ مُطَهِّرٌ لِلنَّجَاسَاتِ.
L'eau du ciel, l'eau des sources, l'eau des puits et l'eau de la mer sont bonnes, pures, et purifiantes pour les impuretés.
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86
وَمَا غُيِّرَ لَوْنُهُ بِشَيْءٍ طَاهِرٍ حَلَّ فِيهِ فَذَلِكَ الْمَاءُ طَاهِرٌ غَيْرُ مُطَهِّرٍ فِي وُضُوءٍ أَوْ طُهْرٍ أَوْ زَوَالِ نَجَاسَةٍ.
L'eau dont la couleur a été altérée par une chose pure qui s'y est mêlée est pure, mais non purifiante : elle ne sert ni au wuḍūʾ, ni au ghusl, ni à ôter une impureté.
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87
وَمَا غَيَّرَتْهُ النَّجَاسَةُ فَلَيْسَ بِطَاهِرٍ وَلَا مُطَهِّرٍ.
L'eau qu'une impureté a altérée n'est ni pure ni purifiante.
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88
وَقَلِيلُ الْمَاءِ يُنَجِّسُهُ قَلِيلُ النَّجَاسَةِ وَإِنْ لَمْ تُغَيِّرْهُ.
Une petite quantité d'eau est rendue impure par un peu d'impureté, même si celle-ci ne l'altère pas.
Un commentaire relève que l'avis retenu (mashhūr) est autre : cette eau reste pure tant qu'elle n'est pas altérée, mais il est déconseillé de s'en servir quand on en trouve une autre.
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89
وَقِلَّةُ الْمَاءِ مَعَ إِحْكَامِ الْغَسْلِ سُنَّةٌ، وَالسَّرَفُ مِنْهُ غُلُوٌّ وَبِدْعَةٌ.
User de peu d'eau tout en lavant parfaitement est une sunna ; en gaspiller est un excès et une innovation.
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90
وَقَدْ تَوَضَّأَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمُدٍّ، وَهُوَ وَزْنُ رَطْلٍ وَثُلُثٍ، وَتَطَهَّرَ بِصَاعٍ، وَهُوَ أَرْبَعَةُ أَمْدَادٍ بِمُدِّهِ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ.
Le Messager d'Allah, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, a fait le wuḍūʾ avec un mudd, soit le poids d'un raṭl et un tiers, et il a fait le ghusl avec un ṣāʿ, soit quatre mudd à la mesure de son mudd, sur lui la prière et la paix.
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91
وَطَهَارَةُ الْبُقْعَةِ لِلصَّلَاةِ وَاجِبَةٌ، وَكَذَلِكَ طَهَارَةُ الثَّوْبِ. فَقِيلَ إِنَّ ذَلِكَ فِيهِمَا وَاجِبٌ وُجُوبَ الْفَرَائِضِ، وَقِيلَ وُجُوبَ السُّنَنِ الْمُؤَكَّدَةِ.
La pureté du lieu est obligatoire pour la prière, de même que celle du vêtement. Il a été dit que, pour l'un comme pour l'autre, c'est une obligation au sens des obligations strictes (farāʾiḍ) ; et il a été dit : au sens des sunnas confirmées.
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92
وَيُنْهَى عَنِ الصَّلَاةِ فِي مَعَاطِنِ الْإِبِلِ، وَمَحَجَّةِ الطَّرِيقِ، وَظَهْرِ بَيْتِ اللَّهِ الْحَرَامِ، وَالْحَمَّامِ حَيْثُ لَا يُوقَنُ مِنْهُ بِطَهَارَةٍ، وَالْمَزْبَلَةِ، وَالْمَجْزَرَةِ، وَمَقْبَرَةِ الْمُشْرِكِينَ وَكَنَائِسِهِمْ.
Il est défendu de prier dans les enclos où s'agenouillent les chameaux, au milieu du chemin, sur le toit de la Maison sacrée d'Allah, dans le bain public là où l'on n'est pas certain de la pureté du lieu, sur un dépotoir, dans un abattoir, dans le cimetière des polythéistes et dans leurs lieux de culte.
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93
وَأَقَلُّ مَا يُصَلِّي فِيهِ الرَّجُلُ مِنَ اللِّبَاسِ ثَوْبٌ سَاتِرٌ مِنْ دِرْعٍ أَوْ رِدَاءٍ، وَالدِّرْعُ الْقَمِيصُ.
Le vêtement minimal dans lequel l'homme peut prier est une pièce qui le couvre : tunique (dirʿ) ou manteau (ridāʾ). Le dirʿ est la chemise longue (qamīṣ).
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94
وَيُكْرَهُ أَنْ يُصَلِّيَ بِثَوْبٍ لَيْسَ عَلَى أَكْتَافِهِ مِنْهُ شَيْءٌ، فَإِنْ فَعَلَ لَمْ يُعِدْ.
Il lui est déconseillé de prier dans un vêtement dont rien ne couvre ses épaules ; s'il le fait, il ne recommence pas sa prière.
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95
وَأَقَلُّ مَا يُجْزِئُ الْمَرْأَةَ مِنَ اللِّبَاسِ فِي الصَّلَاةِ الدِّرْعُ الْحَصِيفُ السَّابِغُ الَّذِي يَسْتُرُ ظُهُورَ قَدَمَيْهَا، وَخِمَارٌ تَتَقَنَّعُ بِهِ.
Le vêtement minimal qui suffit à la femme pour la prière est une tunique épaisse et ample, qui couvre le dessus de ses pieds, et un voile (khimār) dont elle se couvre la tête.
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96
وَتُبَاشِرُ بِكَفَّيْهَا الْأَرْضَ فِي السُّجُودِ مِثْلَ الرَّجُلِ.
Dans la prosternation, elle pose ses paumes à même le sol, comme l'homme.