ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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La préemption, la donation, l'aumône, le ḥubus, le gage, le prêt à usage, le dépôt, l'objet trouvé et l'usurpationبَابٌ فِي الشُّفْعَةِ وَالْهِبَةِ وَالصَّدَقَةِ وَالْحُبُسِ وَالرَّهْنِ وَالْعَارِيَّةِ وَالْوَدِيعَةِ وَاللُّقَطَةِ وَالْغَصْبِ
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1070
وَإِنَّمَا الشُّفْعَةُ فِي الْمُشَاعِ، وَلَا شُفْعَةَ فِيمَا قَدْ قُسِمَ، وَلَا لِجَارٍ، وَلَا فِي طَرِيقٍ، وَلَا عَرْصَةِ دَارٍ قَدْ قُسِمَتْ بُيُوتُهَا، وَلَا فِي فَحْلِ نَخْلٍ أَوْ بِئْرٍ إِذَا قُسِمَتِ النَّخْلُ أَوِ الْأَرْضُ.
La shufʿa [droit de préemption] n'a lieu que dans l'indivision. Il n'y a de shufʿa ni sur ce qui a été partagé, ni au profit du voisin, ni sur un chemin, ni sur la cour d'une maison dont les pièces ont été partagées, ni sur un palmier mâle ou un puits, une fois les palmiers ou la terre partagés.
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1071
وَلَا شُفْعَةَ إِلَّا فِي الْأَرْضِ وَمَا يَتَّصِلُ بِهَا مِنَ الْبِنَاءِ وَالشَّجَرِ.
Il n'y a de shufʿa que sur la terre et sur ce qui lui est attaché, constructions et arbres.
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1072
وَلَا شُفْعَةَ لِلْحَاضِرِ بَعْدَ السَّنَةِ، وَالْغَائِبُ عَلَى شُفْعَتِهِ وَإِنْ طَالَتْ غَيْبَتُهُ.
Celui qui est présent n'a plus de shufʿa après un an ; l'absent garde son droit, même si son absence se prolonge.
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1073
وَعُهْدَةُ الشَّفِيعِ عَلَى الْمُشْتَرِي، وَيُوقَفُ الشَّفِيعُ فَإِمَّا أَخَذَ أَوْ تَرَكَ.
Le préempteur a son recours en garantie contre l'acheteur. On somme le préempteur de se prononcer : ou il prend, ou il renonce.
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1074
وَلَا تُوهَبُ الشُّفْعَةُ وَلَا تُبَاعُ، وَتُقْسَمُ بَيْنَ الشُّرَكَاءِ بِقَدْرِ الْأَنْصِبَاءِ.
La shufʿa ne se donne ni ne se vend. Elle se répartit entre les associés à proportion de leurs parts.
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1075
وَلَا تَتِمُّ هِبَةٌ وَلَا صَدَقَةٌ وَلَا حُبُسٌ إِلَّا بِالْحِيَازَةِ، فَإِنْ مَاتَ قَبْلَ أَنْ تُحَازَ عَنْهُ فَهِيَ مِيرَاثٌ.
Ni la donation, ni l'aumône, ni le ḥubus [bien immobilisé au profit de bénéficiaires, waqf] ne sont parfaits sans la prise de possession. Si le donateur meurt avant que la chose soit sortie de ses mains, elle entre dans sa succession.
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1076
إِلَّا أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ فِي الْمَرَضِ فَذَلِكَ نَافِذٌ مِنَ الثُّلُثِ إِنْ كَانَ لِغَيْرِ وَارِثٍ.
Sauf si l'acte a été fait pendant la maladie : il s'exécute alors sur le tiers, s'il est en faveur d'un non-héritier.
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1077
وَالْهِبَةُ لِصِلَةِ الرَّحِمِ أَوْ لِفَقِيرٍ كَالصَّدَقَةِ لَا رُجُوعَ فِيهَا، وَمَنْ تَصَدَّقَ عَلَى وَلَدِهِ فَلَا رُجُوعَ لَهُ.
La donation faite pour entretenir les liens de parenté, ou à un pauvre, est comme l'aumône : on ne revient pas dessus. Celui qui fait une aumône à son enfant ne peut pas la reprendre.
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1078
وَلَهُ أَنْ يَعْتَصِرَ مَا وَهَبَ لِوَلَدِهِ الصَّغِيرِ أَوِ الْكَبِيرِ مَا لَمْ يُنْكَحْ لِذَلِكَ أَوْ يُدَايَنْ أَوْ يُحْدِثْ فِي الْهِبَةِ حَدَثًا.
Le père peut reprendre (iʿtiṣār) ce qu'il a donné à son enfant, petit ou grand, tant que l'enfant n'a pas été pris en mariage, ou n'a pas obtenu de crédit, en considération de ce don, et tant qu'il n'a rien changé à la chose donnée.
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1079
وَالْأُمُّ تَعْتَصِرُ مَا دَامَ الْأَبُ حَيًّا، فَإِذَا مَاتَ لَمْ تَعْتَصِرْ، وَلَا يُعْتَصَرُ مِنْ يَتِيمٍ، وَالْيُتْمُ مِنْ قِبَلِ الْأَبِ.
La mère peut reprendre son don tant que le père est vivant ; s'il meurt, elle ne le peut plus. On ne reprend pas un don fait à un orphelin, et l'on est orphelin par la perte du père.
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1080
وَمَا وَهَبَهُ لِابْنِهِ الصَّغِيرِ فَحِيَازَتُهُ لَهُ جَائِزَةٌ إِذَا لَمْ يَسْكُنْ ذَلِكَ أَوْ يَلْبَسْهُ إِنْ كَانَ ثَوْبًا، وَإِنَّمَا يَجُوزُ لَهُ مَا يُعْرَفُ بِعَيْنِهِ.
Pour ce qu'il donne à son jeune fils, la possession que le père exerce en son nom est valable, s'il n'habite pas le bien, ou ne le porte pas s'il s'agit d'un vêtement. Elle ne vaut pour lui que sur une chose identifiable en elle-même.
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1081
وَأَمَّا الْكَبِيرُ فَلَا تَجُوزُ حِيَازَتُهُ لَهُ.
Pour l'enfant majeur, la possession du père en son nom n'est pas valable.
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1082
وَلَا يَرْجِعُ الرَّجُلُ فِي صَدَقَتِهِ، وَلَا تَرْجِعُ إِلَيْهِ إِلَّا بِالْمِيرَاثِ.
L'homme ne revient pas sur son aumône, et elle ne lui revient que par héritage.
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1083
وَلَا بَأْسَ أَنْ يَشْرَبَ مِنْ لَبَنِ مَا تَصَدَّقَ بِهِ، وَلَا يَشْتَرِي مَا تَصَدَّقَ بِهِ.
Il n'y a pas de mal à ce qu'il boive du lait de la bête qu'il a donnée en aumône ; mais il ne rachète pas ce qu'il a donné en aumône.
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1084
وَالْمَوْهُوبُ لِلْعِوَضِ إِمَّا أَثَابَ الْقِيمَةَ أَوْ رَدَّ الْهِبَةَ، فَإِنْ فَاتَتْ فَعَلَيْهِ قِيمَتُهَا، وَذَلِكَ إِذَا كَانَ يُرَى أَنَّهُ أَرَادَ الثَّوَابَ مِنَ الْمَوْهُوبِ لَهُ.
Celui qui a reçu un don fait en vue d'une contrepartie ou bien en rend la valeur, ou bien restitue le don ; si la chose n'existe plus en l'état, il en doit la valeur. Cela vaut lorsqu'il apparaît que le donateur attendait une contrepartie du donataire.
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1085
وَيُكْرَهُ أَنْ يَهَبَ لِبَعْضِ وَلَدِهِ مَالَهُ كُلَّهُ، وَأَمَّا الشَّيْءُ مِنْهُ فَذَلِكَ سَائِغٌ.
Il est déconseillé de donner tous ses biens à certains de ses enfants ; en donner une partie est admis.
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1086
وَلَا بَأْسَ أَنْ يَتَصَدَّقَ عَلَى الْفُقَرَاءِ بِمَالِهِ كُلِّهِ لِلَّهِ.
Il n'y a pas de mal à donner tous ses biens en aumône aux pauvres, pour Allah.
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1087
وَمَنْ وَهَبَ هِبَةً فَلَمْ يَحُزْهَا الْمَوْهُوبُ لَهُ حَتَّى مَرِضَ الْوَاهِبُ أَوْ أَفْلَسَ فَلَيْسَ لَهُ حِينَئِذٍ قَبْضُهَا.
Si le donataire n'a pas pris possession du don avant que le donateur tombe malade ou fasse faillite, il ne peut plus alors en prendre possession.
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1088
وَلَوْ مَاتَ الْمَوْهُوبُ لَهُ كَانَ لِوَرَثَتِهِ الْقِيَامُ فِيهَا عَلَى الْوَاهِبِ الصَّحِيحِ.
Si c'est le donataire qui meurt, ses héritiers peuvent réclamer le don au donateur bien portant.
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1089
وَمَنْ حَبَّسَ دَارًا فَهِيَ عَلَى مَا جَعَلَهَا عَلَيْهِ إِنْ حِيزَتْ قَبْلَ مَوْتِهِ.
Celui qui constitue une maison en ḥubus, elle suit l'affectation qu'il lui a donnée, si la prise de possession a eu lieu avant sa mort.
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1090
وَلَوْ كَانَتْ حُبُسًا عَلَى وَلَدِهِ الصَّغِيرِ جَازَتْ حِيَازَتُهُ لَهُ إِلَى أَنْ يَبْلُغَ، وَلْيُكْرِهَا لَهُ وَلَا يَسْكُنْهَا، فَإِنْ لَمْ يَدَعْ سُكْنَاهَا حَتَّى مَاتَ بَطَلَتْ.
Si elle est constituée en ḥubus au profit de son jeune enfant, la possession qu'il exerce en son nom est valable jusqu'à sa puberté. Qu'il la donne en location pour lui et ne l'habite pas : s'il n'a pas cessé de l'habiter jusqu'à sa mort, le ḥubus est nul.
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1091
وَإِنِ انْقَرَضَ مَنْ حُبِّسَتْ عَلَيْهِ رَجَعَتْ حُبُسًا عَلَى أَقْرَبِ النَّاسِ بِالْمُحَبِّسِ يَوْمَ الْمَرْجِعِ.
Si ceux au profit de qui elle a été immobilisée s'éteignent, elle revient en ḥubus aux plus proches parents du constituant au jour de ce retour.
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1092
وَمَنْ أَعْمَرَ رَجُلًا حَيَاتَهُ دَارًا رَجَعَتْ بَعْدَ مَوْتِ السَّاكِنِ مِلْكًا لِرَبِّهَا، وَكَذَلِكَ إِنْ أَعْمَرَ عَقِبَهُ فَانْقَرَضُوا، بِخِلَافِ الْحُبُسِ.
Celui qui concède à un homme l'usage d'une maison sa vie durant (ʿumrā), elle revient en pleine propriété à son maître après la mort de l'occupant ; de même s'il la concède à sa descendance et qu'elle s'éteint, à la différence du ḥubus.
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1093
فَإِنْ مَاتَ الْمُعْمِرُ يَوْمَئِذٍ كَانَتْ لِوَرَثَتِهِ يَوْمَ مَوْتِهِ مِلْكًا.
Si le concédant est mort à ce moment-là, elle appartient en propriété à ceux qui étaient ses héritiers au jour de sa mort.
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1094
وَمَنْ مَاتَ مِنْ أَهْلِ الْحُبُسِ فَنَصِيبُهُ عَلَى مَنْ بَقِيَ، وَيُؤْثَرُ فِي الْحُبُسِ أَهْلُ الْحَاجَةِ بِالسُّكْنَى وَالْغَلَّةِ.
Lorsque l'un des bénéficiaires du ḥubus meurt, sa part va à ceux qui restent. Dans le ḥubus, on donne la préférence aux nécessiteux pour le logement et pour le revenu.
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1095
وَمَنْ سَكَنَ فَلَا يُخْرَجُ لِغَيْرِهِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِي أَصْلِ الْحُبُسِ شَرْطٌ فَيُمْضَى.
Celui qui y habite n'en est pas délogé au profit d'un autre, sauf si l'acte constitutif du ḥubus comporte une condition : on l'applique alors.
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1096
وَلَا يُبَاعُ الْحُبُسُ وَإِنْ خَرِبَ، وَيُبَاعُ الْفَرَسُ الْحُبُسُ يَكْلَبُ وَيُجْعَلُ ثَمَنُهُ فِي مِثْلِهِ أَوْ يُعَانُ بِهِ فِيهِ.
Le ḥubus ne se vend pas, même tombé en ruine. Le cheval constitué en ḥubus et devenu enragé se vend ; son prix sert à en acquérir un semblable, ou à aider à cette acquisition.
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1097
وَاخْتُلِفَ فِي الْمُعَاوَضَةِ بِالرَّبْعِ الْخَرِبِ بِرَبْعٍ غَيْرِ خَرِبٍ.
On a divergé sur l'échange d'un immeuble en ruine contre un immeuble qui ne l'est pas.
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1098
وَالرَّهْنُ جَائِزٌ، وَلَا يَتِمُّ إِلَّا بِالْحِيَازَةِ، وَلَا تَنْفَعُ الشَّهَادَةُ فِي حِيَازَتِهِ إِلَّا بِمُعَايَنَةِ الْبَيِّنَةِ.
Le gage (rahn) est permis, et il n'est parfait que par la prise de possession. Le témoignage sur cette prise de possession ne vaut que si les témoins l'ont constatée de leurs yeux.
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1099
وَضَمَانُ الرَّهْنِ مِنَ الْمُرْتَهِنِ فِيمَا يُغَابُ عَلَيْهِ، وَلَا يَضْمَنُ مَا لَا يُغَابُ عَلَيْهِ.
Le créancier gagiste répond du gage lorsqu'il s'agit d'une chose que l'on peut dissimuler ; il ne répond pas de ce qui ne peut pas l'être.
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1100
وَثَمَرَةُ النَّخْلِ الرَّهْنِ لِلرَّاهِنِ، وَكَذَلِكَ غَلَّةُ الدُّورِ، وَالْوَلَدُ رَهْنٌ مَعَ الْأَمَةِ الرَّهْنِ تَلِدُهُ بَعْدَ الرَّهْنِ.
Les fruits des palmiers donnés en gage reviennent au débiteur, de même que le revenu des maisons. L'enfant que l'esclave donnée en gage met au monde après la mise en gage est en gage avec elle.
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1101
وَلَا يَكُونُ مَالُ الْعَبْدِ رَهْنًا إِلَّا بِشَرْطٍ، وَمَا هَلَكَ بِيَدِ أَمِينٍ فَهُوَ مِنَ الرَّاهِنِ.
Le bien de l'esclave n'est compris dans le gage que par stipulation. Ce qui périt entre les mains d'un tiers de confiance est à la charge du débiteur.
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1102
وَالْعَارِيَّةُ مُؤَدَّاةٌ، يَضْمَنُ مَا يُغَابُ عَلَيْهِ، وَلَا يَضْمَنُ مَا لَا يُغَابُ عَلَيْهِ مِنْ عَبْدٍ أَوْ دَابَّةٍ إِلَّا أَنْ يَتَعَدَّى.
La chose prêtée à usage (ʿāriyya) doit être rendue. L'emprunteur répond de ce qui peut se dissimuler ; il ne répond pas de ce qui ne le peut pas, esclave ou bête, sauf s'il outrepasse ses droits.
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1103
وَالْمُودَعُ إِنْ قَالَ: رَدَدْتُ الْوَدِيعَةَ إِلَيْكَ، صُدِّقَ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ قَبَضَهَا بِإِشْهَادٍ، وَإِنْ قَالَ: ذَهَبَتْ، فَهُوَ مُصَدَّقٌ بِكُلِّ حَالٍ.
Si le dépositaire dit : « Je t'ai rendu le dépôt », il est cru, sauf s'il l'avait reçu devant témoins. S'il dit : « Il a disparu », il est cru dans tous les cas.
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1104
وَالْعَارِيَّةُ لَا يُصَدَّقُ فِي هَلَاكِهَا فِيمَا يُغَابُ عَلَيْهِ.
Pour la chose prêtée à usage, l'emprunteur n'est pas cru quand il en allègue la perte, s'il s'agit d'une chose qui peut se dissimuler.
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1105
وَمَنْ تَعَدَّى عَلَى وَدِيعَةٍ ضَمِنَهَا، وَإِنْ كَانَتْ دَنَانِيرَ فَرَدَّهَا فِي صُرَّتِهَا ثُمَّ هَلَكَتْ فَقَدِ اخْتُلِفَ فِي تَضْمِينِهِ.
Celui qui dispose indûment d'un dépôt en répond. S'il s'agissait de dinars [dont il s'est servi], qu'il en a remis autant dans leur bourse et qu'ils ont ensuite péri, on a divergé sur sa responsabilité.
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1106
وَمَنِ اتَّجَرَ بِوَدِيعَةٍ فَذَلِكَ مَكْرُوهٌ، وَالرِّبْحُ لَهُ إِنْ كَانَتْ عَيْنًا.
Faire du commerce avec un dépôt est déconseillé ; le bénéfice revient au dépositaire s'il s'agissait de numéraire.
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1107
وَإِنْ بَاعَ الْوَدِيعَةَ وَهِيَ عَرْضٌ فَرَبُّهَا مُخَيَّرٌ فِي الثَّمَنِ أَوِ الْقِيمَةِ يَوْمَ التَّعَدِّي.
S'il vend le dépôt alors qu'il s'agit d'une marchandise, le déposant a le choix entre le prix de vente et la valeur de la chose au jour où il en a été disposé.
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1108
وَمَنْ وَجَدَ لُقَطَةً فَلْيُعَرِّفْهَا سَنَةً بِمَوْضِعٍ يَرْجُو التَّعْرِيفَ بِهَا، فَإِنْ تَمَّتْ سَنَةٌ وَلَمْ يَأْتِ لَهَا أَحَدٌ فَإِنْ شَاءَ حَبَسَهَا وَإِنْ شَاءَ تَصَدَّقَ بِهَا وَضَمِنَهَا لِرَبِّهَا إِنْ جَاءَ.
Celui qui trouve un objet perdu (luqaṭa) l'annonce pendant un an, là où il espère que l'annonce portera. Si l'année s'achève sans que personne soit venu le réclamer, il le garde s'il le veut, ou le donne en aumône s'il le veut, et il en répond envers son propriétaire s'il se présente.
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1109
وَإِنِ انْتَفَعَ بِهَا ضَمِنَهَا، وَإِنْ هَلَكَتْ قَبْلَ السَّنَةِ أَوْ بَعْدَهَا بِغَيْرِ تَحْرِيكٍ لَمْ يَضْمَنْهَا.
S'il s'en sert, il en répond. S'il périt, avant l'année ou après, sans qu'il y ait touché, il n'en répond pas.
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1110
وَإِذَا عَرَفَ طَالِبُهَا الْعِفَاصَ وَالْوِكَاءَ أَخَذَهَا.
Si celui qui le réclame en décrit le contenant et le lien, il le prend.
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1111
وَلَا يَأْخُذُ الرَّجُلُ ضَالَّةَ الْإِبِلِ مِنَ الصَّحْرَاءِ، وَلَهُ أَخْذُ الشَّاةِ وَأَكْلُهَا إِنْ كَانَتْ بِفَيْفَاءَ لَا عِمَارَةَ فِيهَا.
On ne recueille pas le chameau égaré dans le désert. On peut prendre l'ovin ou le caprin égaré et le manger, s'il se trouve dans une étendue déserte, sans habitation.
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1112
وَمَنِ اسْتَهْلَكَ عَرْضًا فَعَلَيْهِ قِيمَتُهُ، وَكُلُّ مَا يُوزَنُ أَوْ يُكَالُ فَعَلَيْهِ مِثْلُهُ.
Celui qui détruit une marchandise en doit la valeur ; pour tout ce qui se pèse ou se mesure, il en doit l'équivalent.
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1113
وَالْغَاصِبُ ضَامِنٌ لِمَا غَصَبَ، فَإِنْ رَدَّ ذَلِكَ بِحَالِهِ فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ، وَإِنْ تَغَيَّرَ فِي يَدِهِ فَرَبُّهُ مُخَيَّرٌ بَيْنَ أَخْذِهِ بِنَقْصِهِ أَوْ تَضْمِينِهِ الْقِيمَةَ.
L'usurpateur (ghāṣib) répond de ce qu'il a usurpé. S'il le rend en l'état, il ne doit rien. Si la chose s'est altérée entre ses mains, son propriétaire a le choix entre la reprendre diminuée et lui en faire payer la valeur.
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1114
وَلَوْ كَانَ النَّقْصُ بِتَعَدِّيهِ خُيِّرَ أَيْضًا فِي أَخْذِهِ وَأَخْذِ مَا نَقَصَهُ، وَقَدِ اخْتُلِفَ فِي ذَلِكَ.
Si la diminution vient du fait de l'usurpateur, le propriétaire peut aussi choisir de reprendre la chose avec le montant de sa dépréciation ; on a divergé là-dessus.
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1115
وَلَا غَلَّةَ لِلْغَاصِبِ، وَيَرُدُّ مَا أَكَلَ مِنْ غَلَّةٍ أَوِ انْتَفَعَ، وَعَلَيْهِ الْحَدُّ إِنْ وَطِئَ، وَوَلَدُهُ رَقِيقٌ لِرَبِّ الْأَمَةِ.
L'usurpateur n'a droit à aucun revenu : il restitue les revenus qu'il a consommés et ce dont il a profité. Il encourt la peine légale s'il a eu des rapports [avec l'esclave usurpée], et son enfant est esclave du maître de celle-ci.
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1116
وَلَا يَطِيبُ لِغَاصِبِ الْمَالِ رِبْحُهُ حَتَّى يَرُدَّ رَأْسَ الْمَالِ عَلَى رَبِّهِ، وَلَوْ تَصَدَّقَ بِالرِّبْحِ كَانَ أَحَبَّ إِلَى بَعْضِ أَصْحَابِ مَالِكٍ.
Le bénéfice tiré d'un bien usurpé n'est pas licite pour l'usurpateur tant qu'il n'a pas rendu le capital à son propriétaire. Qu'il donne ce bénéfice en aumône serait préférable aux yeux de certains compagnons de Mālik.
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1117
وَفِي بَابِ الْأَقْضِيَةِ شَيْءٌ مِنْ هَذَا الْمَعْنَى.
Le chapitre des jugements contient d'autres règles de cet ordre.