ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Le jihādبَابٌ فِي الْجِهَادِ
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761
وَالْجِهَادُ فَرِيضَةٌ يَحْمِلُهُ بَعْضُ النَّاسِ عَنْ بَعْضٍ.
Le jihād est une obligation dont certains déchargent les autres.
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762
وَأَحَبُّ إِلَيْنَا أَنْ لَا يُقَاتَلَ الْعَدُوُّ حَتَّى يُدْعَوْا إِلَى دِينِ اللَّهِ، إِلَّا أَنْ يُعَاجِلُونَا.
Nous préférons que l'ennemi ne soit pas combattu avant d'avoir été appelé à la religion d'Allah, sauf s'il nous attaque le premier.
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763
فَإِمَّا أَنْ يُسْلِمُوا أَوْ يُؤَدُّوا الْجِزْيَةَ، وَإِلَّا قُوتِلُوا.
Ou bien ils embrassent l'islam, ou bien ils versent la jizya [tribut de capitation] ; sinon, ils sont combattus.
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764
وَإِنَّمَا تُقْبَلُ مِنْهُمُ الْجِزْيَةُ إِذَا كَانُوا حَيْثُ تَنَالُهُمْ أَحْكَامُنَا، فَأَمَّا إِنْ بَعُدُوا مِنَّا فَلَا تُقْبَلُ مِنْهُمُ الْجِزْيَةُ إِلَّا أَنْ يَرْتَحِلُوا إِلَى بِلَادِنَا، وَإِلَّا قُوتِلُوا.
La jizya n'est acceptée d'eux que s'ils se trouvent là où nos jugements les atteignent. S'ils sont loin de nous, elle n'est acceptée que s'ils viennent s'établir dans notre pays ; sinon, ils sont combattus.
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765
وَالْفِرَارُ مِنَ الْعَدُوِّ مِنَ الْكَبَائِرِ إِذَا كَانُوا مِثْلَيْ عَدَدِ الْمُسْلِمِينَ فَأَقَلَّ، فَإِنْ كَانُوا أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ فَلَا بَأْسَ بِذَلِكَ.
Fuir devant l'ennemi est un péché majeur lorsqu'il est au plus deux fois plus nombreux que les musulmans. S'il est plus nombreux que cela, il n'y a pas de mal à fuir.
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766
وَيُقَاتَلُ الْعَدُوُّ مَعَ كُلِّ بَرٍّ وَفَاجِرٍ مِنَ الْوُلَاةِ.
On combat l'ennemi sous l'autorité de tout gouvernant, qu'il soit pieux ou pervers.
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767
وَلَا بَأْسَ بِقَتْلِ مَنْ أُسِرَ مِنَ الْأَعْلَاجِ، وَلَا يُقْتَلُ أَحَدٌ بَعْدَ أَمَانٍ، وَلَا يُخْفَرُ لَهُمْ بِعَهْدٍ.
Il n'y a pas de mal à mettre à mort les hommes [mécréants] faits prisonniers (aʿlāj). Nul n'est tué après avoir reçu un amān [sauf-conduit], et l'on ne trahit aucun engagement pris envers eux.
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768
وَلَا يُقْتَلُ النِّسَاءُ وَالصِّبْيَانُ، وَيُجْتَنَبُ قَتْلُ الرُّهْبَانِ وَالْأَحْبَارِ إِلَّا أَنْ يُقَاتِلُوا، وَكَذَلِكَ الْمَرْأَةُ تُقْتَلُ إِذَا قَاتَلَتْ.
On ne tue ni les femmes ni les enfants. On évite de tuer les moines et les docteurs, sauf s'ils combattent ; de même, la femme est tuée si elle combat.
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769
وَيَجُوزُ أَمَانُ أَدْنَى الْمُسْلِمِينَ عَلَى بَقِيَّتِهِمْ، وَكَذَلِكَ الْمَرْأَةُ وَالصَّبِيُّ إِذَا عَقَلَ الْأَمَانَ، وَقِيلَ: إِنْ أَجَازَ ذَلِكَ الْإِمَامُ جَازَ.
L'amān accordé par le plus humble des musulmans engage tous les autres ; il en va de même de celui de la femme, et de l'enfant s'il comprend ce qu'est l'amān. On a dit aussi : il vaut si l'imam le ratifie.
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770
وَمَا غَنِمَ الْمُسْلِمُونَ بِإِيجَافٍ فَلْيَأْخُذِ الْإِمَامُ خُمُسَهُ وَيَقْسِمُ الْأَرْبَعَةَ الْأَخْمَاسَ بَيْنَ أَهْلِ الْجَيْشِ، وَقَسْمُ ذَلِكَ بِبَلَدِ الْحَرْبِ أَوْلَى.
Du butin que les musulmans ont pris en chargeant l'ennemi (ījāf), l'imam prélève le cinquième et partage les quatre cinquièmes entre les hommes de l'armée. Faire ce partage en territoire ennemi est préférable.
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771
وَإِنَّمَا يُخَمَّسُ وَيُقْسَمُ مَا أُوجِفَ عَلَيْهِ بِالْخَيْلِ وَالرِّكَابِ وَمَا غُنِمَ بِقِتَالٍ.
N'est soumis au prélèvement du cinquième et au partage que ce qui a été pris en lançant contre l'ennemi chevaux et montures, et ce qui a été gagné par le combat.
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772
وَلَا بَأْسَ أَنْ يُؤْكَلَ مِنَ الْغَنِيمَةِ قَبْلَ أَنْ يُقْسَمَ الطَّعَامُ وَالْعَلَفُ لِمَنِ احْتَاجَ إِلَى ذَلِكَ.
Il n'y a pas de mal à ce que, avant le partage, celui qui en a besoin prenne dans le butin la nourriture et le fourrage.
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773
وَإِنَّمَا يُسْهَمُ لِمَنْ حَضَرَ الْقِتَالَ أَوْ تَخَلَّفَ عَنِ الْقِتَالِ فِي شُغْلِ الْمُسْلِمِينَ مِنْ أَمْرِ جِهَادِهِمْ، وَيُسْهَمُ لِلْمَرِيضِ وَلِلْفَرَسِ الرَّهِيصِ.
N'a droit à une part que celui qui a assisté au combat, ou qui en a été retenu par une tâche utile aux musulmans dans leur jihād. On attribue une part au malade, ainsi qu'au cheval blessé au sabot.
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774
وَيُسْهَمُ لِلْفَرَسِ سَهْمَانِ وَسَهْمٌ لِرَاكِبِهِ.
On attribue deux parts au cheval et une part à son cavalier.
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775
وَلَا يُسْهَمُ لِعَبْدٍ وَلَا لِامْرَأَةٍ وَلَا لِصَبِيٍّ، إِلَّا أَنْ يُطِيقَ الصَّبِيُّ الَّذِي لَمْ يَحْتَلِمِ الْقِتَالَ وَيُجِيزَهُ الْإِمَامُ وَيُقَاتِلَ فَيُسْهَمُ لَهُ. وَلَا يُسْهَمُ لِلْأَجِيرِ إِلَّا أَنْ يُقَاتِلَ.
Aucune part n'est attribuée à l'esclave, à la femme ni à l'enfant, sauf si le garçon encore impubère est capable de combattre, que l'imam l'y autorise et qu'il combat : il reçoit alors une part. Aucune part n'est attribuée au salarié, sauf s'il combat.
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776
وَمَنْ أَسْلَمَ مِنَ الْعَدُوِّ عَلَى شَيْءٍ فِي يَدِهِ مِنْ أَمْوَالِ الْمُسْلِمِينَ فَهُوَ لَهُ حَلَالٌ.
L'ennemi qui embrasse l'islam alors qu'il détient un bien pris aux musulmans le garde licitement.
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777
وَمَنِ اشْتَرَى شَيْئًا مِنْهَا مِنْ مَالِ الْعَدُوِّ لَمْ يَأْخُذْهُ رَبُّهُ إِلَّا بِالثَّمَنِ.
Si quelqu'un achète à l'ennemi l'un de ces biens, son [premier] propriétaire ne le reprend qu'en en payant le prix.
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778
وَمَا وَقَعَ فِي الْمَقَاسِمِ مِنْهَا فَرَبُّهُ أَحَقُّ بِهِ بِالثَّمَنِ، وَمَا لَمْ يَقَعْ فِي الْمَقَاسِمِ فَرَبُّهُ أَحَقُّ بِهِ بِلَا ثَمَنٍ.
Celui de ces biens qui est entré dans le partage du butin, son propriétaire y a priorité en en payant le prix ; celui qui n'y est pas encore entré, son propriétaire y a priorité sans rien payer.
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779
وَلَا نَفَلَ إِلَّا مِنَ الْخُمُسِ عَلَى الِاجْتِهَادِ مِنَ الْإِمَامِ، وَلَا يَكُونُ ذَلِكَ قَبْلَ الْقَسْمِ، وَالسَّلَبُ مِنَ النَّفَلِ.
Il n'y a de gratification (nafal) que prise sur le cinquième, selon l'appréciation de l'imam, et elle n'est pas accordée avant le partage. Les dépouilles de l'ennemi tué (salab) font partie de la gratification.
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780
وَالرِّبَاطُ فِيهِ فَضْلٌ كَبِيرٌ، وَذَلِكَ بِقَدْرِ كَثْرَةِ خَوْفِ أَهْلِ ذَلِكَ الثَّغْرِ وَكَثْرَةِ تَحَرُّزِهِمْ مِنْ عَدُوِّهِمْ.
Le ribāṭ [garde des frontières] a un grand mérite, à la mesure de la crainte qu'éprouvent les habitants de cette frontière et de la vigilance qu'ils doivent garder face à leur ennemi.
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781
وَلَا يُغْزَى بِغَيْرِ إِذْنِ الْأَبَوَيْنِ، إِلَّا أَنْ يَفْجَأَ الْعَدُوُّ مَدِينَةَ قَوْمٍ وَيُغِيرُونَ عَلَيْهِمْ، فَفَرْضٌ عَلَيْهِمْ دَفْعُهُمْ، وَلَا يُسْتَأْذَنُ الْأَبَوَانِ فِي مِثْلِ هَذَا.
On ne part pas en expédition sans la permission de ses père et mère, sauf si l'ennemi surprend la cité d'une population et fond sur elle : il leur est alors obligatoire de le repousser, et l'on ne demande pas la permission des parents en pareil cas.