ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
Le texte est donné ici en entier, en arabe et en français, passage par passage. Cherchez un mot dans l’une ou l’autre langue : seuls les passages qui le contiennent restent affichés.
Le texte, en arabe et en français
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Ce qui rend obligatoires le wuḍūʾ et le ghuslبَابُ مَا يَجِبُ مِنْهُ الْوُضُوءُ وَالْغُسْلُ
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الْوُضُوءُ يَجِبُ لِمَا يَخْرُجُ مِنْ أَحَدِ الْمَخْرَجَيْنِ مِنْ بَوْلٍ أَوْ غَائِطٍ أَوْ رِيحٍ، أَوْ لِمَا يَخْرُجُ مِنَ الذَّكَرِ مِنْ مَذْيٍ، مَعَ غَسْلِ الذَّكَرِ كُلِّهِ مِنْهُ.
Le wuḍūʾ [petites ablutions] devient obligatoire à cause de ce qui sort de l'un des deux orifices : urine, selles ou gaz ; ou à cause du madhy qui sort de la verge, et il faut alors, en plus, laver toute la verge.
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67
وَهُوَ مَاءٌ أَبْيَضُ رَقِيقٌ يَخْرُجُ عِنْدَ اللَّذَّةِ بِالْإِنْعَاظِ عِنْدَ الْمُلَاعَبَةِ أَوِ التَّذْكَارِ.
Le madhy est un liquide blanc et fluide qui sort au moment du plaisir, avec l'érection, lors des caresses ou à la pensée [du plaisir].
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68
وَأَمَّا الْوَدْيُ فَهُوَ مَاءٌ أَبْيَضُ خَاثِرٌ يَخْرُجُ بِإِثْرِ الْبَوْلِ، يَجِبُ مِنْهُ مَا يَجِبُ مِنَ الْبَوْلِ.
Le wady est un liquide blanc et épais qui sort à la suite de l'urine ; il entraîne les mêmes obligations que l'urine.
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69
وَأَمَّا الْمَنِيُّ فَهُوَ الْمَاءُ الدَّافِقُ الَّذِي يَخْرُجُ عِنْدَ اللَّذَّةِ الْكُبْرَى بِالْجِمَاعِ، رَائِحَتُهُ كَرَائِحَةِ الطَّلْعِ.
Le sperme (maniyy) est le liquide émis par jets au moment du plaisir suprême, lors du rapport sexuel ; son odeur rappelle celle des fleurs du palmier.
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70
وَمَاءُ الْمَرْأَةِ مَاءٌ رَقِيقٌ أَصْفَرُ يَجِبُ مِنْهُ الطُّهْرُ، فَيَجِبُ مِنْ هَذَا طُهْرُ جَمِيعِ الْجَسَدِ كَمَا يَجِبُ مِنْ طُهْرِ الْحَيْضَةِ.
Le liquide de la femme est un liquide fluide et jaune, qui rend le ghusl [lavage du corps entier] obligatoire. Cela impose donc de laver le corps entier, comme l'impose la fin des menstrues.
Le texte dit ici ṭuhr, « purification », pour désigner le ghusl.
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71
وَأَمَّا دَمُ الِاسْتِحَاضَةِ فَيَجِبُ مِنْهُ الْوُضُوءُ، وَيُسْتَحَبُّ لَهَا وَلِسَلِسِ الْبَوْلِ أَنْ يَتَوَضَّأَ لِكُلِّ صَلَاةٍ.
Quant au sang de la métrorragie (istiḥāḍa), il rend le wuḍūʾ obligatoire ; et il est recommandé à la femme qui en est atteinte, comme à celui qui souffre d'incontinence urinaire, de faire le wuḍūʾ pour chaque prière.
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72
وَيَجِبُ الْوُضُوءُ مِنْ زَوَالِ الْعَقْلِ بِنَوْمٍ مُسْتَثْقَلٍ أَوْ إِغْمَاءٍ أَوْ سُكْرٍ أَوْ تَخَبُّطِ جُنُونٍ.
Le wuḍūʾ est obligatoire après la perte de la conscience, par un sommeil profond, un évanouissement, l'ivresse ou un accès de folie.
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73
وَيَجِبُ الْوُضُوءُ مِنَ الْمُلَامَسَةِ لِلَّذَّةِ، وَالْمُبَاشَرَةِ بِالْجَسَدِ لِلَّذَّةِ، وَالْقُبْلَةِ لِلَّذَّةِ، وَمِنْ مَسِّ الذَّكَرِ.
Le wuḍūʾ est obligatoire après un attouchement fait par plaisir, un contact du corps par plaisir, un baiser donné par plaisir, et après avoir touché sa verge.
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74
وَاخْتُلِفَ فِي مَسِّ الْمَرْأَةِ فَرْجَهَا فِي إِيجَابِ الْوُضُوءِ بِذَلِكَ.
Il y a divergence sur le point de savoir si la femme qui touche son sexe doit refaire le wuḍūʾ.
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75
وَيَجِبُ الطُّهْرُ مِمَّا ذَكَرْنَا مِنْ خُرُوجِ الْمَاءِ الدَّافِقِ لِلَّذَّةِ فِي نَوْمٍ أَوْ يَقَظَةٍ مِنْ رَجُلٍ أَوِ امْرَأَةٍ، أَوِ انْقِطَاعِ دَمِ الْحَيْضَةِ أَوِ الِاسْتِحَاضَةِ أَوِ النِّفَاسِ، أَوْ بِمَغِيبِ الْحَشَفَةِ فِي الْفَرْجِ وَإِنْ لَمْ يُنْزِلْ.
Le ghusl est obligatoire dans les cas que nous avons mentionnés : l'émission du liquide jaillissant avec plaisir, dans le sommeil ou à l'état de veille, chez l'homme comme chez la femme ; l'arrêt du sang des menstrues, de la métrorragie ou des lochies ; ou la pénétration du gland dans le sexe [de la femme], même sans éjaculation.
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وَمَغِيبُ الْحَشَفَةِ فِي الْفَرْجِ يُوجِبُ الْغُسْلَ، وَيُوجِبُ الْحَدَّ، وَيُوجِبُ الصَّدَاقَ، وَيُحَصِّنُ الزَّوْجَيْنِ، وَيُحِلُّ الْمُطَلَّقَةَ ثَلَاثًا لِلَّذِي طَلَّقَهَا، وَيُفْسِدُ الْحَجَّ، وَيُفْسِدُ الصَّوْمَ.
La pénétration du gland dans le sexe rend le ghusl obligatoire, fait encourir la peine légale (ḥadd) [si le rapport est illicite], rend la dot (ṣadāq) exigible, confère aux deux époux le statut de muḥṣan, rend la femme répudiée trois fois de nouveau licite pour celui qui l'avait répudiée, annule le pèlerinage et annule le jeûne.
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77
وَإِذَا رَأَتِ الْمَرْأَةُ الْقَصَّةَ الْبَيْضَاءَ تَطَهَّرَتْ، وَكَذَلِكَ إِذَا رَأَتِ الْجُفُوفَ تَطَهَّرَتْ مَكَانَهَا، رَأَتْهُ بَعْدَ يَوْمٍ أَوْ يَوْمَيْنِ أَوْ سَاعَةٍ.
Lorsque la femme voit l'écoulement blanc (qaṣṣa), elle fait le ghusl. De même, lorsqu'elle constate la sécheresse (jufūf), elle fait le ghusl aussitôt, qu'elle l'ait constatée au bout d'un jour, de deux jours ou d'un moment.
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ثُمَّ إِنْ عَاوَدَهَا دَمٌ أَوْ رَأَتْ صُفْرَةً أَوْ كُدْرَةً تَرَكَتِ الصَّلَاةَ، ثُمَّ إِذَا انْقَطَعَ عَنْهَا اغْتَسَلَتْ وَصَلَّتْ.
Si ensuite le sang lui revient, ou si elle voit un écoulement jaunâtre ou trouble, elle cesse de prier ; puis, quand cela s'arrête, elle fait le ghusl et prie.
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وَلَكِنَّ ذَلِكَ كُلَّهُ كَدَمٍ وَاحِدٍ فِي الْعِدَّةِ وَالِاسْتِبْرَاءِ، حَتَّى يَبْعُدَ مَا بَيْنَ الدَّمَيْنِ مِثْلَ ثَمَانِيَةِ أَيَّامٍ أَوْ عَشَرَةٍ، فَيَكُونُ حَيْضًا مُؤْتَنَفًا.
Mais tout cela compte pour un seul et même sang en matière de délai de viduité (ʿidda) et de délai de vacuité (istibrāʾ), tant que les deux écoulements ne sont pas séparés par un intervalle d'environ huit ou dix jours : il s'agit alors de nouvelles menstrues.
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وَمَنْ تَمَادَى بِهَا الدَّمُ بَلَغَتْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا، ثُمَّ هِيَ مُسْتَحَاضَةٌ، تَتَطَهَّرُ وَتَصُومُ وَتُصَلِّي وَيَأْتِيهَا زَوْجُهَا.
Celle dont le sang se prolonge attend jusqu'à quinze jours ; au-delà, elle est en état de métrorragie : elle fait le ghusl, jeûne, prie, et son mari peut avoir des rapports avec elle.
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وَإِذَا انْقَطَعَ دَمُ النُّفَسَاءِ، وَإِنْ كَانَ قُرْبَ الْوِلَادَةِ، اغْتَسَلَتْ وَصَلَّتْ.
Lorsque le sang de la femme en couches s'arrête, même peu après l'accouchement, elle fait le ghusl et prie.
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وَإِنْ تَمَادَى بِهَا الدَّمُ جَلَسَتْ سِتِّينَ لَيْلَةً، ثُمَّ اغْتَسَلَتْ وَكَانَتْ مُسْتَحَاضَةً، تُصَلِّي وَتَصُومُ وَتُوطَأُ.
Si le sang se prolonge, elle attend soixante nuits, puis elle fait le ghusl et se trouve en état de métrorragie : elle prie, jeûne, et les rapports conjugaux lui sont permis.