ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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Les temps des prières et leurs nomsبَابٌ فِي أَوْقَاتِ الصَّلَاةِ وَأَسْمَائِهَا
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177
أَمَّا صَلَاةُ الصُّبْحِ فَهِيَ الصَّلَاةُ الْوُسْطَى عِنْدَ أَهْلِ الْمَدِينَةِ، وَهِيَ صَلَاةُ الْفَجْرِ.
La prière du matin (ṣubḥ) est, pour les gens de Médine, la prière médiane (al-wusṭā) ; c'est la prière de l'aube (fajr).
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178
فَأَوَّلُ وَقْتِهَا انْصِدَاعُ الْفَجْرِ الْمُعْتَرِضِ بِالضِّيَاءِ فِي أَقْصَى الْمَشْرِقِ، ذَاهِبًا مِنَ الْقِبْلَةِ إِلَى دُبُرِ الْقِبْلَةِ، حَتَّى يَرْتَفِعَ فَيَعُمَّ الْأُفُقَ.
Son temps commence lorsque point l'aube qui s'étend en largeur, avec sa clarté, à l'extrême orient, allant du côté de la qibla vers le côté opposé, jusqu'à s'élever et couvrir l'horizon.
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179
وَآخِرُ الْوَقْتِ الْإِسْفَارُ الْبَيِّنُ الَّذِي إِذَا سَلَّمَ مِنْهَا بَدَا حَاجِبُ الشَّمْسِ، وَمَا بَيْنَ هَذَيْنِ وَقْتٌ وَاسِعٌ، وَأَفْضَلُ ذَلِكَ أَوَّلُهُ.
Il finit à la pleine clarté du jour, telle que, lorsqu'on prononce le salut final, le bord du soleil paraît. Entre les deux, le temps est large ; le meilleur moment en est le début.
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180
وَوَقْتُ الظُّهْرِ إِذَا زَالَتِ الشَّمْسُ عَنْ كَبِدِ السَّمَاءِ وَأَخَذَ الظِّلُّ فِي الزِّيَادَةِ.
Le temps du ẓuhr commence lorsque le soleil quitte le milieu du ciel et que l'ombre se met à croître.
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181
وَيُسْتَحَبُّ أَنْ تُؤَخَّرَ فِي الصَّيْفِ إِلَى أَنْ يَزِيدَ ظِلُّ كُلِّ شَيْءٍ رُبُعَهُ بَعْدَ الظِّلِّ الَّذِي زَالَتْ عَلَيْهِ الشَّمْسُ.
Il est recommandé de la retarder en été jusqu'à ce que l'ombre de toute chose ait augmenté du quart de sa hauteur, en plus de l'ombre qu'elle avait au moment où le soleil a décliné.
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182
وَقِيلَ: إِنَّمَا يُسْتَحَبُّ ذَلِكَ فِي الْمَسَاجِدِ لِيُدْرِكَ النَّاسُ الصَّلَاةَ، وَأَمَّا الرَّجُلُ فِي خَاصَّةِ نَفْسِهِ فَأَوَّلُ الْوَقْتِ أَفْضَلُ لَهُ.
Il a été dit que cela n'est recommandé que dans les mosquées, pour que les gens puissent rejoindre la prière ; quant à celui qui prie seul, le début du temps est meilleur pour lui.
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183
وَقِيلَ: أَمَّا فِي شِدَّةِ الْحَرِّ فَالْأَفْضَلُ لَهُ أَنْ يُبْرِدَ بِهَا وَإِنْ كَانَ وَحْدَهُ، لِقَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَبْرِدُوا بِالصَّلَاةِ، فَإِنَّ شِدَّةَ الْحَرِّ مِنْ فَيْحِ جَهَنَّمَ».
Et il a été dit que, par forte chaleur, il vaut mieux attendre la fraîcheur pour l'accomplir, même si l'on est seul, en raison de la parole du Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Attendez la fraîcheur pour prier, car la forte chaleur vient du souffle de la Géhenne. »
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184
وَآخِرُ الْوَقْتِ أَنْ يَصِيرَ ظِلُّ كُلِّ شَيْءٍ مِثْلَهُ بَعْدَ ظِلِّ نِصْفِ النَّهَارِ.
Le temps [du ẓuhr] finit lorsque l'ombre de toute chose égale sa hauteur, en plus de l'ombre de la mi-journée.
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185
وَأَوَّلُ وَقْتِ الْعَصْرِ آخِرُ وَقْتِ الظُّهْرِ، وَآخِرُهُ أَنْ يَصِيرَ ظِلُّ كُلِّ شَيْءٍ مِثْلَيْهِ بَعْدَ ظِلِّ نِصْفِ النَّهَارِ.
Le temps du ʿaṣr commence à la fin de celui du ẓuhr, et il finit lorsque l'ombre de toute chose égale deux fois sa hauteur, en plus de l'ombre de la mi-journée.
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186
وَقِيلَ: إِذَا اسْتَقْبَلْتَ الشَّمْسَ بِوَجْهِكَ وَأَنْتَ قَائِمٌ غَيْرَ مُنَكِّسٍ رَأْسَكَ وَلَا مُطَأْطِئٍ لَهُ، فَإِنْ نَظَرْتَ إِلَى الشَّمْسِ بِبَصَرِكَ فَقَدْ دَخَلَ الْوَقْتُ، وَإِنْ لَمْ تَرَهَا بِبَصَرِكَ فَلَمْ يَدْخُلِ الْوَقْتُ، وَإِنْ نَزَلَتْ عَنْ بَصَرِكَ فَقَدْ تَمَكَّنَ دُخُولُ الْوَقْتِ.
Il a été dit : si tu fais face au soleil, debout, sans baisser ni pencher la tête, et que ton regard rencontre le soleil, le temps [du ʿaṣr] est entré ; si ton regard ne le rencontre pas, le temps n'est pas entré ; et s'il est descendu plus bas que ton regard, le temps est bien entré.
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187
وَالَّذِي وَصَفَ مَالِكٌ رَحِمَهُ اللَّهُ أَنَّ الْوَقْتَ فِيهَا مَا لَمْ تَصْفَرَّ الشَّمْسُ.
Ce que Mālik, qu'Allah lui fasse miséricorde, a décrit, c'est que son temps dure tant que le soleil n'a pas jauni.
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188
وَوَقْتُ الْمَغْرِبِ، وَهِيَ صَلَاةُ الشَّاهِدِ، يَعْنِي الْحَاضِرَ، يَعْنِي أَنَّ الْمُسَافِرَ لَا يَقْصُرُهَا وَيُصَلِّيهَا كَصَلَاةِ الْحَاضِرِ، فَوَقْتُهَا غُرُوبُ الشَّمْسِ.
Le temps du maghrib, que l'on appelle aussi la prière du présent (ṣalāt ash-shāhid), c'est-à-dire du résident, parce que le voyageur ne la raccourcit pas et l'accomplit comme le résident, est le coucher du soleil.
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189
فَإِذَا تَوَارَتْ بِالْحِجَابِ وَجَبَتِ الصَّلَاةُ لَا تُؤَخَّرُ، وَلَيْسَ لَهَا إِلَّا وَقْتٌ وَاحِدٌ لَا تُؤَخَّرُ عَنْهُ.
Dès que le soleil a disparu derrière l'horizon, la prière est due et ne se retarde pas. Elle n'a qu'un seul temps, au-delà duquel on ne la retarde pas.
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190
وَوَقْتُ صَلَاةِ الْعَتَمَةِ، وَهِيَ صَلَاةُ الْعِشَاءِ، وَهَذَا الِاسْمُ أَوْلَى بِهَا، غَيْبُوبَةُ الشَّفَقِ. وَالشَّفَقُ الْحُمْرَةُ الْبَاقِيَةُ فِي الْمَغْرِبِ مِنْ بَقَايَا شُعَاعِ الشَّمْسِ.
Le temps de la prière de la nuit close (ʿatama), qui est la prière du ʿishāʾ, ce dernier nom lui convenant mieux, est la disparition du crépuscule (shafaq). Le shafaq est la rougeur qui demeure au couchant, reste des rayons du soleil.
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191
فَإِذَا لَمْ يَبْقَ فِي الْمَغْرِبِ صُفْرَةٌ وَلَا حُمْرَةٌ فَقَدْ وَجَبَ الْوَقْتُ، وَلَا يُنْظَرُ إِلَى الْبَيَاضِ فِي الْمَغْرِبِ.
Lorsqu'il ne reste au couchant ni lueur jaune ni rougeur, le temps est entré ; on ne tient pas compte de la blancheur qui demeure au couchant.
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192
فَذَلِكَ لَهَا وَقْتٌ إِلَى ثُلُثِ اللَّيْلِ مِمَّنْ يُرِيدُ تَأْخِيرَهَا لِشُغْلٍ أَوْ عُذْرٍ، وَالْمُبَادَرَةُ بِهَا أَوْلَى.
Son temps s'étend de là jusqu'au tiers de la nuit, pour celui qui veut la retarder à cause d'une occupation ou d'une excuse ; mais s'empresser de l'accomplir est préférable.
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193
وَلَا بَأْسَ أَنْ يُؤَخِّرَهَا أَهْلُ الْمَسَاجِدِ قَلِيلًا لِاجْتِمَاعِ النَّاسِ، وَيُكْرَهُ النَّوْمُ قَبْلَهَا وَالْحَدِيثُ لِغَيْرِ شُغْلٍ بَعْدَهَا.
Il n'y a pas de mal à ce que les gens des mosquées la retardent un peu pour que les fidèles se rassemblent. Il est déconseillé de dormir avant elle, et de converser après elle sans nécessité.