ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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La fiṭra, la circoncision, le rasage des poils, le vêtement, la couverture des parties à cacher, et ce qui s'y rattacheبَابٌ فِي الْفِطْرَةِ وَالْخِتَانِ وَحَلْقِ الشَّعْرِ وَاللِّبَاسِ وَسَتْرِ الْعَوْرَةِ وَمَا يَتَّصِلُ بِذَلِكَ
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1364
وَمِنَ الْفِطْرَةِ خَمْسٌ: قَصُّ الشَّارِبِ، وَهُوَ الْإِطَارُ وَهُوَ طَرَفُ الشَّعْرِ الْمُسْتَدِيرِ عَلَى الشَّفَةِ، لَا إِحْفَاؤُهُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَصُّ الْأَظْفَارِ، وَنَتْفُ الْجَنَاحَيْنِ، وَحَلْقُ الْعَانَةِ، وَلَا بَأْسَ بِحِلَاقِ غَيْرِهَا مِنْ شَعْرِ الْجَسَدِ.
Font partie de la fiṭra cinq choses : tailler la moustache, c'est-à-dire son pourtour, le bord des poils qui encadre la lèvre, sans la raser de près, et Allah est plus savant ; couper les ongles ; épiler les aisselles ; raser le pubis. Il n'y a pas de mal à raser les autres poils du corps.
Fiṭra : la disposition première selon laquelle l'homme a été créé ; ici, les soins du corps qui en relèvent.
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1365
وَالْخِتَانُ لِلرِّجَالِ سُنَّةٌ، وَالْخِفَاضُ لِلنِّسَاءِ مَكْرُمَةٌ.
La circoncision est une sunna pour les hommes, et l'excision (khifāḍ) est une marque d'honneur pour les femmes.
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1366
وَأَمَرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ تُعْفَى اللِّحْيَةُ وَتُوَفَّرَ وَلَا تُقَصَّ، قَالَ مَالِكٌ: وَلَا بَأْسَ بِالْأَخْذِ مِنْ طُولِهَا إِذَا طَالَتْ كَثِيرًا، وَقَالَهُ غَيْرُ وَاحِدٍ مِنَ الصَّحَابَةِ وَالتَّابِعِينَ.
Le Prophète, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, a ordonné de laisser pousser la barbe, de la laisser fournie et de ne pas la couper. Mālik a dit : il n'y a pas de mal à en prendre sur la longueur quand elle est devenue très longue ; plus d'un Compagnon et d'un Successeur l'ont dit.
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1367
وَيُكْرَهُ صِبَاغُ الشَّعْرِ بِالسَّوَادِ مِنْ غَيْرِ تَحْرِيمٍ، وَلَا بَأْسَ بِهِ بِالْحِنَّاءِ وَالْكَتَمِ.
Il est déconseillé, sans que ce soit interdit, de teindre les cheveux en noir ; il n'y a pas de mal à les teindre au henné et au katam.
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1368
وَنَهَى الرَّسُولُ عَلَيْهِ السَّلَامُ الذُّكُورَ عَنْ لِبَاسِ الْحَرِيرِ وَتَخَتُّمِ الذَّهَبِ وَعَنِ التَّخَتُّمِ بِالْحَدِيدِ.
Le Messager, sur lui la paix, a interdit aux hommes de porter de la soie, de porter une bague d'or, et de porter une bague de fer.
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1369
وَلَا بَأْسَ بِالْفِضَّةِ فِي حِلْيَةِ الْخَاتَمِ وَالسَّيْفِ وَالْمُصْحَفِ، وَلَا يُجْعَلُ ذَلِكَ فِي لِجَامٍ وَلَا سَرْجٍ وَلَا سِكِّينٍ وَلَا فِي غَيْرِ ذَلِكَ، وَيَتَخَتَّمُ النِّسَاءُ بِالذَّهَبِ، وَنُهِيَ عَنِ التَّخَتُّمِ بِالْحَدِيدِ.
Il n'y a pas de mal à l'argent dans l'ornement de la bague, de l'épée et du muṣḥaf ; on n'en met ni sur une bride, ni sur une selle, ni sur un couteau, ni sur autre chose. Les femmes portent des bagues d'or ; et il a été interdit de porter une bague de fer.
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1370
وَالِاخْتِيَارُ مِمَّا رُوِيَ فِي التَّخَتُّمِ التَّخَتُّمُ فِي الْيَسَارِ؛ لِأَنَّ تَنَاوُلَ الشَّيْءِ بِالْيَمِينِ؛ فَهُوَ يَأْخُذُهُ بِيَمِينِهِ، وَيَجْعَلُهُ فِي يَسَارِهِ.
De ce qui est rapporté sur le port de la bague, on retient de la porter à la main gauche : car on prend les choses de la main droite ; on la prend donc de la droite et on la met à la gauche.
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1371
وَاخْتُلِفَ فِي لِبَاسِ الْخَزِّ: فَأُجِيزَ، وَكُرِهَ. وَكَذَلِكَ الْعَلَمُ فِي الثَّوْبِ مِنَ الْحَرِيرِ إِلَّا الْخَطَّ الرَّقِيقَ.
On diverge sur le port du khazz [étoffe de soie et de laine] : il a été permis et il a été déconseillé. Il en va de même de la bordure de soie sur le vêtement, sauf le liseré fin.
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1372
وَلَا يَلْبَسُ النِّسَاءُ مِنَ الرَّقِيقِ مَا يَصِفُهُنَّ إِذَا خَرَجْنَ.
Les femmes ne portent pas, quand elles sortent, d'étoffe fine qui dessine leur corps.
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1373
وَلَا يَجُرُّ الرَّجُلُ إِزَارَهُ بَطَرًا وَلَا ثَوْبَهُ مِنَ الْخُيَلَاءِ، وَلْيَكُنْ إِلَى الْكَعْبَيْنِ؛ فَهُوَ أَنْظَفُ لِثَوْبِهِ وَأَتْقَى لِرَبِّهِ.
L'homme ne laisse pas traîner son izār par suffisance, ni son vêtement par orgueil ; qu'il s'arrête aux chevilles : c'est plus propre pour son vêtement et plus pieux envers son Seigneur.
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1374
وَيُنْهَى عَنِ اشْتِمَالِ الصَّمَّاءِ، وَهِيَ عَلَى غَيْرِ ثَوْبٍ؛ يَرْفَعُ ذَلِكَ مِنْ جِهَةٍ وَاحِدَةٍ، وَيُسْدِلُ الْأُخْرَى، وَذَلِكَ إِذَا لَمْ يَكُنْ تَحْتَ اشْتِمَالِكَ ثَوْبٌ، وَاخْتُلِفَ فِيهِ عَلَى ثَوْبٍ.
Il est interdit de s'envelopper à la manière dite ṣammāʾ, c'est-à-dire sans vêtement dessous : on relève l'étoffe d'un côté et on la laisse pendre de l'autre. Cela vaut quand tu n'as pas de vêtement sous cette enveloppe ; il y a divergence quand elle est portée sur un vêtement.
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1375
وَيُؤْمَرُ بِسَتْرِ الْعَوْرَةِ، وَإِزْرَةُ الْمُؤْمِنِ إِلَى أَنْصَافِ سَاقَيْهِ، وَالْفَخِذُ عَوْرَةٌ، وَلَيْسَ كَالْعَوْرَةِ نَفْسِهَا.
Il est ordonné de couvrir les parties à cacher (ʿawra). Le pagne du croyant descend jusqu'à mi-jambe. La cuisse fait partie de la ʿawra, mais elle n'est pas comme la ʿawra proprement dite.
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1376
وَلَا يَدْخُلُ الرَّجُلُ الْحَمَّامَ إِلَّا بِمِئْزَرٍ، وَلَا تَدْخُلُهُ الْمَرْأَةُ إِلَّا مِنْ عِلَّةٍ، وَلَا يَتَلَاصَقُ رَجُلَانِ وَلَا امْرَأَتَانِ فِي لِحَافٍ وَاحِدٍ.
L'homme n'entre au bain public que vêtu d'un pagne, et la femme n'y entre que pour une raison de santé. Deux hommes, ni deux femmes, ne se serrent pas l'un contre l'autre sous une même couverture.
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1377
وَلَا تَخْرُجُ امْرَأَةٌ إِلَّا مُسْتَتِرَةً فِيمَا لَا بُدَّ لَهَا مِنْهُ مِنْ شُهُودِ مَوْتِ أَبَوَيْهَا أَوْ ذِي قَرَابَتِهَا أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ مِمَّا يُبَاحُ لَهَا.
La femme ne sort que couverte, pour ce dont elle ne peut se passer : assister à la mort de ses père et mère ou d'un proche, ou une chose semblable qui lui est permise.
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1378
وَلَا تَحْضُرُ مِنْ ذَلِكَ مَا فِيهِ نَوْحُ نَائِحَةٍ أَوْ لَهْوٌ مِنْ مِزْمَارٍ أَوْ عُودٍ أَوْ شِبْهِهِ مِنَ الْمَلَاهِي الْمُلْهِيَةِ إِلَّا الدُّفَّ فِي النِّكَاحِ، وَقَدِ اخْتُلِفَ فِي الْكَبَرِ.
Elle n'y assiste pas s'il s'y trouve les lamentations d'une pleureuse, ou un divertissement de flûte, de luth ou d'instruments semblables qui distraient, sauf le tambourin (duff) lors du mariage ; il y a divergence sur le tambour (kabar).
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1379
وَلَا يَخْلُو رَجُلٌ بِامْرَأَةٍ لَيْسَتْ مِنْهُ بِمَحْرَمٍ، وَلَا بَأْسَ أَنْ يَرَاهَا لِعُذْرٍ مِنْ شَهَادَةٍ عَلَيْهَا أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ أَوْ إِذَا خَطَبَهَا، وَأَمَّا الْمُتَجَالَّةُ فَلَهُ أَنْ يَرَى وَجْهَهَا عَلَى كُلِّ حَالٍ.
Un homme ne s'isole pas avec une femme dont il n'est pas le proche parent interdit en mariage (maḥram). Il n'y a pas de mal à ce qu'il la voie pour un motif légitime, tel un témoignage à porter à son sujet ou une chose semblable, ou quand il la demande en mariage. Quant à la femme âgée, il peut voir son visage en toute circonstance.
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1380
وَيُنْهَى النِّسَاءُ عَنْ وَصْلِ الشَّعْرِ وَعَنِ الْوَشْمِ.
Il est interdit aux femmes d'ajouter des cheveux aux leurs et de se tatouer.
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1381
وَمَنْ لَبِسَ خُفًّا أَوْ نَعْلًا بَدَأَ بِيَمِينِهِ، وَإِذَا نَزَعَ بَدَأَ بِشَمَالِهِ، وَلَا بَأْسَ بِالِانْتِعَالِ قَائِمًا، وَيُكْرَهُ الْمَشْيُ فِي نَعْلٍ وَاحِدَةٍ.
Celui qui met des chaussons ou des sandales commence par le pied droit ; quand il les retire, il commence par le gauche. Il n'y a pas de mal à se chausser debout ; il est déconseillé de marcher avec une seule sandale.
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1382
وَتُكْرَهُ التَّمَاثِيلُ فِي الْأَسِرَّةِ وَالْقِبَابِ وَالْجُدْرَانِ وَالْخَاتَمِ، وَلَيْسَ الرَّقْمُ فِي الثَّوْبِ مِنْ ذَلِكَ، وَتَرْكُهُ أَحْسَنُ.
Les figures sont déconseillées sur les lits, les coupoles, les murs et les bagues ; le motif tracé sur une étoffe n'en fait pas partie, mais s'en abstenir est mieux.