ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
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La prière des deux fêtes et le takbīr des jours de Mināبَابٌ فِي صَلَاةِ الْعِيدَيْنِ وَالتَّكْبِيرِ أَيَّامَ مِنًى
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415
وَصَلَاةُ الْعِيدَيْنِ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، يَخْرُجُ لَهَا الْإِمَامُ وَالنَّاسُ ضَحْوَةً بِقَدْرِ مَا إِذَا وَصَلَ حَانَتِ الصَّلَاةُ.
La prière des deux fêtes est une sunna wājiba. L'imam et les gens sortent pour elle dans la matinée, de façon que l'heure de la prière soit venue quand ils arrivent.
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416
وَلَيْسَ فِيهَا أَذَانٌ وَلَا إِقَامَةٌ، فَيُصَلِّي بِهِمْ رَكْعَتَيْنِ: يَقْرَأُ فِيهِمَا جَهْرًا بِأُمِّ الْقُرْآنِ وَ﴿سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الْأَعْلَى﴾ وَ﴿وَالشَّمْسِ وَضُحَاهَا﴾ وَنَحْوِهِمَا.
Elle ne comporte ni appel (adhān) ni annonce (iqāma). L'imam prie avec eux deux rakʿa où il récite à voix haute la Mère du Coran [la Fātiḥa], puis « Proclame la pureté du nom de ton Seigneur, le Très-Haut » [sourate al-Aʿlā, 87] et « Par le soleil et sa clarté du matin » [sourate ash-Shams, 91], ou des sourates semblables.
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417
وَيُكَبِّرُ فِي الْأُولَى سَبْعًا قَبْلَ الْقِرَاءَةِ يَعُدُّ فِيهَا تَكْبِيرَةَ الْإِحْرَامِ، وَفِي الثَّانِيَةِ خَمْسَ تَكْبِيرَاتٍ لَا يَعُدُّ فِيهَا تَكْبِيرَةَ الْقِيَامِ.
Il prononce sept takbīr dans la première rakʿa, avant la récitation, en comptant le takbīr d'entrée en prière ; et cinq dans la seconde, sans compter celui par lequel il se relève.
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418
وَفِي كُلِّ رَكْعَةٍ سَجْدَتَانِ ثُمَّ يَتَشَهَّدُ وَيُسَلِّمُ. ثُمَّ يَرْقَى الْمِنْبَرَ وَيَخْطُبُ، وَيَجْلِسُ فِي أَوَّلِ خُطْبَتِهِ وَوَسَطِهَا، ثُمَّ يَنْصَرِفُ.
Chaque rakʿa comporte deux prosternations. Puis il récite le tashahhud et fait le salut final. Il monte ensuite sur le minbar et prononce le sermon ; il s'assoit au début de son sermon et en son milieu, puis il s'en va.
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419
وَيُسْتَحَبُّ أَنْ يَرْجِعَ مِنْ طَرِيقٍ غَيْرِ الطَّرِيقِ الَّتِي أَتَى مِنْهَا، وَالنَّاسُ كَذَلِكَ.
Il est recommandé de revenir par un autre chemin que celui par lequel on est venu ; il en va de même pour les gens.
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420
وَإِنْ كَانَ فِي الْأَضْحَى خَرَجَ بِأُضْحِيَّتِهِ إِلَى الْمُصَلَّى فَذَبَحَهَا أَوْ نَحَرَهَا لِيَعْلَمَ ذَلِكَ النَّاسُ، فَيَذْبَحُونَ بَعْدَهُ.
Le jour du Sacrifice, l'imam emmène sa bête au lieu de prière et l'y égorge ou l'immole, afin que les gens le sachent et égorgent après lui.
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421
وَلْيَذْكُرِ اللَّهَ فِي خُرُوجِهِ مِنْ بَيْتِهِ فِي الْفِطْرِ وَالْأَضْحَى جَهْرًا، حَتَّى يَأْتِيَ الْمُصَلَّى الْإِمَامُ، وَالنَّاسُ كَذَلِكَ فَإِذَا دَخَلَ الْإِمَامُ لِلصَّلَاةِ قَطَعُوا ذَلِكَ.
Que l'on mentionne Allah à voix haute en sortant de chez soi, le jour de la Rupture comme le jour du Sacrifice : l'imam, jusqu'à ce qu'il arrive au lieu de prière, et les gens de même. Quand l'imam se présente pour la prière, ils cessent.
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422
وَيُكَبِّرُونَ بِتَكْبِيرِ الْإِمَامِ فِي خُطْبَتِهِ وَيُنْصِتُونَ لَهُ فِيمَا سِوَى ذَلِكَ.
Les gens disent le takbīr avec l'imam quand il le dit dans son sermon, et l'écoutent en silence le reste du temps.
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423
فَإِنْ كَانَتْ أَيَّامُ النَّحْرِ فَلْيُكَبِّرِ النَّاسُ دُبُرَ الصَّلَوَاتِ مِنْ صَلَاةِ الظُّهْرِ مِنْ يَوْمِ النَّحْرِ إِلَى صَلَاةِ الصُّبْحِ مِنَ الْيَوْمِ الرَّابِعِ مِنْهُ وَهُوَ آخِرُ أَيَّامِ مِنًى، يُكَبِّرُ إِذَا صَلَّى الصُّبْحَ ثُمَّ يَقْطَعُ.
Pendant les jours du Sacrifice, que les gens disent le takbīr à la suite des prières, depuis la prière du ẓuhr du jour du Sacrifice jusqu'à la prière du ṣubḥ du quatrième jour, qui est le dernier des jours de Minā : on le dit après avoir prié le ṣubḥ, puis on cesse.
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424
وَالتَّكْبِيرُ دُبُرَ الصَّلَوَاتِ: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ.
Le takbīr à la suite des prières est : « Allāhu akbar, Allāhu akbar, Allāhu akbar. »
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425
وَإِنْ جَمَعَ مَعَ التَّكْبِيرِ تَهْلِيلًا وَتَحْمِيدًا فَحَسَنٌ، يَقُولُ إِنْ شَاءَ ذَلِكَ: اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَاللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، وَلِلَّهِ الْحَمْدُ.
Si l'on joint au takbīr la proclamation de l'unicité et la louange, c'est bien. On dit alors, si l'on veut : « Allāhu akbar, Allāhu akbar, lā ilāha illā Llāh, wa-Llāhu akbar, Allāhu akbar, wa-li-Llāhi l-ḥamd. »
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426
وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ هَذَا وَالْأَوَّلُ وَالْكُلُّ وَاسِعٌ.
L'une et l'autre formule ont été rapportées de Mālik, et tout cela est permis.
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427
وَالْأَيَّامُ الْمَعْلُومَاتُ أَيَّامُ النَّحْرِ الثَّلَاثَةُ، وَالْأَيَّامُ الْمَعْدُودَاتُ أَيَّامُ مِنًى، وَهِيَ ثَلَاثَةُ أَيَّامٍ بَعْدَ يَوْمِ النَّحْرِ.
Les « jours connus » sont les trois jours du Sacrifice ; les « jours comptés » sont les jours de Minā, c'est-à-dire les trois jours qui suivent le jour du Sacrifice.
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428
وَالْغُسْلُ لِلْعِيدَيْنِ حَسَنٌ، وَلَيْسَ بِلَازِمٍ، وَيُسْتَحَبُّ فِيهِمَا الطِّيبُ وَالْحَسَنُ مِنَ الثِّيَابِ.
Le ghusl pour les deux fêtes est une bonne chose, sans être imposé. Il y est recommandé de se parfumer et de porter de beaux vêtements.