ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī
La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.
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Le texte, en arabe et en français
Traduction de sens et vocalisation en cours de relecture. La traduction aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le découpage en passages numérotés est celui du site.
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La prière du vendrediبَابٌ فِي صَلَاةِ الْجُمُعَةِ
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392
وَالسَّعْيُ إِلَى الْجُمُعَةِ فَرِيضَةٌ، وَذَلِكَ عِنْدَ جُلُوسِ الْإِمَامِ عَلَى الْمِنْبَرِ وَأَخَذَ الْمُؤَذِّنُونَ فِي الْأَذَانِ.
Se rendre à la prière du vendredi (jumuʿa) est une obligation (farīḍa). Elle s'impose au moment où l'imam s'assoit sur le minbar et où les muezzins commencent l'appel à la prière.
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393
وَالسُّنَّةُ الْمُتَقَدِّمَةُ أَنْ يَصْعَدُوا حِينَئِذٍ عَلَى الْمَنَارِ، فَيُؤَذِّنُونَ.
La sunna ancienne est qu'ils montent alors sur le minaret et y fassent l'appel.
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394
وَيَحْرُمُ حِينَئِذٍ الْبَيْعُ وَكُلُّ مَا يَشْغَلُ عَنِ السَّعْيِ إِلَيْهَا.
À ce moment deviennent interdits la vente et tout ce qui détourne de s'y rendre.
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395
وَهَذَا الْأَذَانُ الثَّانِي أَحْدَثَهُ بَنُو أُمَيَّةَ.
Quant à ce second appel, ce sont les Omeyyades qui l'ont instauré.
Second par la date de son institution, mais premier dans l'ordre où on l'accomplit, explique al-Fawākih ad-dawānī.
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396
وَالْجُمُعَةُ تَجِبُ بِالْمِصْرِ وَالْجَمَاعَةِ. وَالْخُطْبَةُ فِيهَا وَاجِبَةٌ قَبْلَ الصَّلَاةِ.
La prière du vendredi est obligatoire là où il y a une ville et une assemblée. Le sermon (khuṭba) y est obligatoire, avant la prière.
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397
وَيَتَوَكَّأُ الْإِمَامُ عَلَى قَوْسٍ أَوْ عَصًا وَيَجْلِسُ فِي أَوَّلِهَا وَفِي وَسَطِهَا.
L'imam s'appuie sur un arc ou sur un bâton. Il s'assoit au début du sermon et en son milieu.
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398
وَتُقَامُ الصَّلَاةُ عِنْدَ فَرَاغِهَا، وَيُصَلِّي الْإِمَامُ رَكْعَتَيْنِ يَجْهَرُ فِيهِمَا بِالْقِرَاءَةِ: يَقْرَأُ فِي الْأُولَى بِالْجُمُعَةِ وَنَحْوِهَا، وَفِي الثَّانِيَةِ بِ﴿هَلْ أَتَاكَ حَدِيثُ الْغَاشِيَةِ﴾ وَنَحْوِهَا.
On annonce la prière (iqāma) dès que le sermon est terminé. L'imam prie alors deux rakʿa où il récite à voix haute : dans la première, la sourate al-Jumuʿa ou une sourate semblable ; dans la seconde, « Le récit de celle qui enveloppe tout t'est-il parvenu ? » [sourate al-Ghāshiya, 88] ou une sourate semblable.
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399
وَيَجِبُ السَّعْيُ إِلَيْهَا عَلَى مَنْ فِي الْمِصْرِ وَمَنْ عَلَى ثَلَاثَةِ أَمْيَالٍ مِنْهُ فَأَقَلَّ.
S'y rendre est obligatoire pour celui qui est dans la ville et pour celui qui s'en trouve à trois milles ou moins.
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400
وَلَا تَجِبُ عَلَى مُسَافِرٍ وَلَا عَلَى أَهْلِ مِنًى وَلَا عَلَى عَبْدٍ وَلَا امْرَأَةٍ وَلَا صَبِيٍّ.
Elle n'est obligatoire ni pour le voyageur, ni pour les gens de Minā, ni pour l'esclave, ni pour la femme, ni pour l'enfant.
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401
وَإِنْ حَضَرَهَا عَبْدٌ أَوِ امْرَأَةٌ فَلْيُصَلِّهَا، وَتَكُونُ النِّسَاءُ خَلْفَ صُفُوفِ الرِّجَالِ، وَلَا تَخْرُجُ إِلَيْهَا الشَّابَّةُ.
Si un esclave ou une femme y assiste, qu'il l'accomplisse. Les femmes se tiennent derrière les rangs des hommes. La jeune femme ne sort pas pour s'y rendre.
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402
وَيُنْصَتُ لِلْإِمَامِ فِي خُطْبَتِهِ، وَيَسْتَقْبِلُهُ النَّاسُ.
On écoute l'imam en silence pendant son sermon, et les gens se tournent vers lui.
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403
وَالْغُسْلُ لَهَا وَاجِبٌ.
Le ghusl pour cette prière est wājib.
Wājib : les commentaires l'entendent ici d'une sunna confirmée, non d'une obligation au sens strict.
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404
وَالتَّهْجِيرُ حَسَنٌ، وَلَيْسَ ذَلِكَ فِي أَوَّلِ النَّهَارِ.
S'y rendre à l'heure de la grande chaleur, peu avant midi (tahjīr), est une bonne chose ; cela ne s'entend pas du début de la journée.
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405
وَلْيَتَطَيَّبْ لَهَا، وَيَلْبَسْ أَحْسَنَ ثِيَابِهِ.
Que l'on se parfume pour elle et que l'on revête ses plus beaux vêtements.
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406
وَأَحَبُّ إِلَيْنَا أَنْ يَنْصَرِفَ بَعْدَ فَرَاغِهَا، وَلَا يَتَنَفَّلُ فِي الْمَسْجِدِ.
Nous préférons que l'on s'en aille une fois la prière terminée, sans faire de prière surérogatoire dans la mosquée.
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407
وَلْيَتَنَفَّلْ إِنْ شَاءَ قَبْلَهَا، وَلَا يَفْعَلُ ذَلِكَ الْإِمَامُ، وَلْيَرْقَ الْمِنْبَرَ كَمَا يَدْخُلُ.
On peut, si l'on veut, en faire avant elle. L'imam, lui, ne le fait pas : qu'il monte sur le minbar dès qu'il entre.