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الرسالة

ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī

· IVe s. h.
Intermédiaire

La Risāla d’Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (m. 386 h) est un abrégé de ce que la religion rend obligatoire, écrit à la demande d’un maître pour l’enseigner aux enfants : ce que la langue prononce et le cœur croit, puis les actes d’adoration et les règles de la vie, selon l’école de l’imam Mālik. Elle s’étudie avec un enseignant, à l’aide de ses commentaires.

Le texte est donné ici en entier, en arabe et en français, passage par passage. Cherchez un mot dans l’une ou l’autre langue : seuls les passages qui le contiennent restent affichés.

Le texte, en arabe et en français

Traduction de sens et vocalisation en cours de relecture. La traduction aide à comprendre le texte : elle ne remplace ni l'arabe, ni l'explication d'un enseignant. Le découpage en passages numérotés est celui du site.

60 passages

Sommaire · 46 parties · partie 41
  1. Préambule de l'auteur§ 1 à 20
  2. Ce que les langues prononcent et que les cœurs croient, parmi les obligations de la religion§ 21 à 65
  3. Ce qui rend obligatoires le wuḍūʾ et le ghusl§ 66 à 82
  4. La pureté de l'eau, du vêtement et du lieu, et le vêtement qui suffit pour la prière§ 83 à 96
  5. La description du wuḍūʾ, ses sunnas et ses obligations, et le nettoyage intime à l'eau (istinjāʾ) ou aux pierres (istijmār)§ 97 à 139
  6. Le ghusl§ 140 à 151
  7. Celui qui ne trouve pas d'eau, et la description du tayammum§ 152 à 169
  8. L'essuyage des chaussons de cuir (khuffayn)§ 170 à 176
  9. Les temps des prières et leurs noms§ 177 à 193
  10. L'appel à la prière (adhān) et l'iqāma§ 194 à 203
  11. La manière d'accomplir les prières obligatoires, avec les prières surérogatoires et les sunnas qui s'y rattachent§ 204 à 276
  12. La direction de la prière, et les règles de l'imam et de celui qui prie derrière lui§ 277 à 294
  13. Questions diverses sur la prière§ 295 à 364
  14. Les prosternations de la récitation du Coran§ 365 à 381
  15. La prière en voyage§ 382 à 391
  16. La prière du vendredi§ 392 à 407
  17. La prière de la peur§ 408 à 414
  18. La prière des deux fêtes et le takbīr des jours de Minā§ 415 à 428
  19. La prière de l'éclipse§ 429 à 436
  20. La prière de demande de pluie§ 437 à 442
  21. Ce que l'on fait pour l'agonisant ; le lavage du mort, son linceul, son embaumement, son transport et son enterrement§ 443 à 474
  22. La prière sur les morts et l'invocation pour le défunt§ 475 à 504
  23. L'invocation pour l'enfant, la prière sur lui et son lavage§ 505 à 514
  24. Le jeûne§ 515 à 561
  25. La retraite spirituelle (iʿtikāf)§ 562 à 578
  26. La zakāt de l'or et de l'argent, des récoltes et du bétail ; ce qui sort des mines ; la jizya et ce que l'on prélève sur les commerçants parmi les gens de la dhimma et les ressortissants de pays ennemis§ 579 à 619
  27. La zakāt du bétail§ 620 à 645
  28. La zakāt de la Rupture§ 646 à 653
  29. Le pèlerinage (ḥajj) et la ʿumra§ 654 à 717
  30. Les sacrifices de la fête, l'abattage, la ʿaqīqa, la chasse, la circoncision, les aliments et les boissons interdits§ 718 à 760
  31. Le jihād§ 761 à 781
  32. Les serments et les vœux§ 782 à 813
  33. Le mariage, la répudiation, la reprise de l'épouse, le ẓihār, l'īlāʾ, le liʿān, le khulʿ et l'allaitement§ 814 à 902
  34. La ʿidda, l'entretien et l'istibrāʾ§ 903 à 931
  35. Les ventes et les contrats qui leur ressemblent§ 932 à 1031
  36. Les testaments, le mudabbar, le mukātab, l'affranchi, l'umm walad et le walāʾ§ 1032 à 1069
  37. La préemption, la donation, l'aumône, le ḥubus, le gage, le prêt à usage, le dépôt, l'objet trouvé et l'usurpation§ 1070 à 1117
  38. Les règles du sang et les peines légales (ḥudūd)§ 1118 à 1195
  39. Les jugements et les témoignages§ 1196 à 1244
  40. Les successions (farāʾiḍ)§ 1245 à 1303
  41. Récapitulation des obligations, des sunnas wājiba et des actes vivement recommandés (raghāʾib)§ 1304 à 1363
  42. La fiṭra, la circoncision, le rasage des poils, le vêtement, la couverture des parties à cacher, et ce qui s'y rattache§ 1364 à 1382
  43. Le manger et le boire§ 1383 à 1394
  44. Le salut, la demande de permission d'entrer, l'aparté, la récitation du Coran, l'invocation, le rappel d'Allah, et ce qui se dit en voyage§ 1395 à 1425
  45. Les soins, les incantations (ruqā), les présages, les astres, la castration, le marquage des bêtes, les chiens, et la douceur envers l'esclave§ 1426 à 1435
  46. Le songe, le bâillement, l'éternuement, le jeu de trictrac et d'autres jeux, la course de chevaux, le tir à l'arc, et d'autres choses§ 1436 à 1456

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Récapitulation des obligations, des sunnas wājiba et des actes vivement recommandés (raghāʾib)بَابُ جُمَلٍ مِنَ الْفَرَائِضِ وَالسُّنَنِ الْوَاجِبَةِ وَالرَّغَائِبِ

  1. 1304

    الْوُضُوءُ لِلصَّلَاةِ فَرِيضَةٌ وَهُوَ مُشْتَقٌّ مِنَ الْوَضَاءَةِ إِلَّا الْمَضْمَضَةَ وَالِاسْتِنْشَاقَ وَمَسْحَ الْأُذُنَيْنِ مِنْهُ، فَإِنَّ ذَلِكَ سُنَّةٌ، وَالسِّوَاكُ مُسْتَحَبٌّ مُرَغَّبٌ فِيهِ، وَالْمَسْحُ عَلَى الْخُفَّيْنِ رُخْصَةٌ وَتَخْفِيفٌ.

    Les ablutions (wuḍūʾ) pour la prière sont une obligation ; le mot dérive de waḍāʾa [l'éclat, la propreté]. Font exception le rinçage de la bouche, l'aspiration de l'eau par le nez et l'essuyage des oreilles, qui en sont des sunnas. Le siwāk est recommandé et encouragé. L'essuyage des chaussons (khuff) est une dispense et un allègement.

  2. 1305

    وَالْغُسْلُ مِنَ الْجَنَابَةِ وَدَمِ الْحَيْضِ وَالنِّفَاسِ فَرِيضَةٌ، وَغُسْلُ الْجُمُعَةِ سُنَّةٌ، وَغُسْلُ الْعِيدَيْنِ مُسْتَحَبٌّ، وَالْغُسْلُ عَلَى مَنْ أَسْلَمَ فَرِيضَةٌ؛ لِأَنَّهُ جُنُبٌ، وَغَسْلُ الْمَيْتِ سُنَّةٌ.

    Le ghusl [lavage rituel du corps] est une obligation après l'impureté majeure, le sang des menstrues et celui des lochies. Le ghusl du vendredi est une sunna, et celui des deux fêtes est recommandé. Le ghusl est une obligation pour celui qui embrasse l'islam, car il est en état d'impureté majeure. Le lavage du mort est une sunna.

  3. 1306

    وَالصَّلَوَاتُ الْخَمْسُ فَرِيضَةٌ، وَتَكْبِيرَةُ الْإِحْرَامِ فَرِيضَةٌ، وَبَاقِي التَّكْبِيرِ سُنَّةٌ، وَالدُّخُولُ فِي الصَّلَاةِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ فَرِيضَةٌ، وَرَفْعُ الْيَدَيْنِ سُنَّةٌ، وَالْقِرَاءَةُ بِأُمِّ الْقُرْآنِ فِي الصَّلَاةِ فَرِيضَةٌ، وَمَا زَادَ عَلَيْهَا سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ.

    Les cinq prières sont une obligation. Le takbīr d'entrée en prière est une obligation, et les autres takbīr sont une sunna. Entrer en prière avec l'intention de l'obligation est une obligation, et lever les mains est une sunna. Réciter la Mère du Coran [la Fātiḥa] dans la prière est une obligation, et ce qu'on y ajoute est une sunna wājiba.

    Sunna wājiba : mot à mot « sunna obligatoire ». Les commentaires l'entendent d'une sunna confirmée (muʾakkada). Selon un commentaire, « wājib » employé seul a ce même sens, dans ce chapitre, pour la prière de la peur, le raccourcissement de la prière en voyage et la réunion des prières à ʿArafa.

  4. 1307

    وَالْقِيَامُ وَالرُّكُوعُ وَالسُّجُودُ فَرِيضَةٌ، وَالْجَلْسَةُ الْأُولَى سُنَّةٌ، وَالثَّانِيَةُ فَرِيضَةٌ، وَالسَّلَامُ فَرِيضَةٌ، وَالتَّيَامُنُ بِهِ قَلِيلًا سُنَّةٌ، وَتَرْكُ الْكَلَامِ فِي الصَّلَاةِ فَرِيضَةٌ، وَالتَّشَهُّدَانِ سُنَّةٌ، وَالْقُنُوتُ فِي الصُّبْحِ حَسَنٌ، وَلَيْسَ بِسُنَّةٍ، وَاسْتِقْبَالُ الْقِبْلَةِ فَرِيضَةٌ.

    La station debout, l'inclinaison et la prosternation sont une obligation. La première position assise est une sunna, la seconde une obligation. Le salut final est une obligation, et tourner légèrement la tête à droite en le prononçant est une sunna. S'abstenir de parler dans la prière est une obligation. Les deux tashahhud sont une sunna. Le qunūt dans la prière de l'aube est une bonne chose, non une sunna. S'orienter vers la qibla est une obligation.

  5. 1308

    وَصَلَاةُ الْجُمُعَةِ وَالسَّعْيُ إِلَيْهَا فَرِيضَةٌ، وَالْوَتْرُ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَكَذَلِكَ صَلَاةُ الْعِيدَيْنِ وَالْخُسُوفِ وَالِاسْتِسْقَاءِ.

    La prière du vendredi, et le fait de s'y rendre, sont une obligation. Le witr est une sunna wājiba, de même que la prière des deux fêtes, celle de l'éclipse et celle de la demande de pluie.

  6. 1309

    وَصَلَاةُ الْخَوْفِ وَاجِبَةٌ أَمَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى بِهَا، وَهُوَ فِعْلٌ يَسْتَدْرِكُونَ بِهِ فَضْلَ الْجَمَاعَةِ، وَالْغُسْلُ لِدُخُولِ مَكَّةَ مُسْتَحَبٌّ.

    La prière de la peur est wājiba : Allah, gloire à Lui, le Très-Haut, l'a ordonnée ; c'est une manière de faire qui permet [aux combattants] de ne pas perdre le mérite de la prière en commun. Le ghusl pour entrer à La Mecque est recommandé.

  7. 1310

    وَالْجَمْعُ لَيْلَةَ الْمَطَرِ تَخْفِيفٌ، وَقَدْ فَعَلَهُ الْخُلَفَاءُ الرَّاشِدُونَ، وَالْجَمْعُ بِعَرَفَةَ وَالْمُزْدَلِفَةِ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَجَمْعُ الْمُسَافِرِ فِي جِدِّ السَّيْرِ رُخْصَةٌ، وَجَمْعُ الْمَرِيضِ يَخَافُ أَنْ يُغْلَبَ عَلَى عَقْلِهِ تَخْفِيفٌ، وَكَذَلِكَ جَمْعُهُ لِعِلَّةٍ بِهِ؛ فَيَكُونُ ذَلِكَ أَرْفَقَ بِهِ.

    Réunir [les deux prières du soir] la nuit de pluie est un allègement ; les califes bien guidés l'ont fait. Réunir les prières à ʿArafa et à Muzdalifa est une sunna wājiba. Que le voyageur les réunisse quand il presse la marche est une dispense. Que le malade les réunisse, s'il craint de perdre connaissance, est un allègement ; de même s'il les réunit pour un mal qui le tient, cela lui étant plus doux.

  8. 1311

    وَالْفِطْرُ فِي السَّفَرِ رُخْصَةٌ، وَالْإِقْصَارُ فِيهِ وَاجِبٌ. وَرَكْعَتَا الْفَجْرِ مِنَ الرَّغَائِبِ، وَقِيلَ: مِنَ السُّنَنِ.

    Rompre le jeûne en voyage est une dispense, et y raccourcir la prière est wājib. Les deux rakʿa de l'aube comptent parmi les raghāʾib ; on a dit aussi : parmi les sunnas.

    Raghāʾib : actes vivement recommandés, d'un rang inférieur à la sunna.

  9. 1312

    وَصَلَاةُ الضُّحَى نَافِلَةٌ، وَكَذَلِكَ قِيَامُ رَمَضَانَ نَافِلَةٌ، وَفِيهِ فَضْلٌ كَبِيرٌ؛ وَمَنْ قَامَهُ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ، وَالْقِيَامُ مِنَ اللَّيْلِ فِي رَمَضَانَ وَغَيْرِهِ مِنَ النَّوَافِلِ الْمُرَغَّبِ فِيهَا.

    La prière de la matinée (ḍuḥā) est surérogatoire, de même que la veillée en prière de Ramadan, qui a un grand mérite : celui qui l'accomplit avec foi et en espérant la récompense d'Allah, ses péchés passés lui sont pardonnés. La prière de nuit, en Ramadan et hors de Ramadan, fait partie des œuvres surérogatoires encouragées.

  10. 1313

    وَالصَّلَاةُ عَلَى مَوْتَى الْمُسْلِمِينَ فَرِيضَةٌ يَحْمِلُهَا مَنْ قَامَ بِهَا، وَكَذَلِكَ مُوَارَاتُهُمْ بِالدَّفْنِ وَغَسْلُهُمْ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ.

    La prière sur les morts des musulmans est une obligation dont s'acquitte, pour tous, celui qui l'accomplit ; de même leur mise en terre. Leur lavage est une sunna wājiba.

  11. 1314

    وَكَذَلِكَ طَلَبُ الْعِلْمِ فَرِيضَةٌ عَامَّةٌ يَحْمِلُهَا مَنْ قَامَ بِهَا، إِلَّا مَا يَلْزَمُ الرَّجُلَ فِي خَاصَّةِ نَفْسِهِ.

    De même, la recherche de la science est une obligation générale dont s'acquitte, pour tous, celui qui l'accomplit, sauf ce qui s'impose à chacun pour lui-même.

  12. 1315

    وَفَرِيضَةُ الْجِهَادِ عَامَّةٌ يَحْمِلُهَا مَنْ قَامَ بِهَا، إِلَّا أَنْ يَغْشَى الْعَدُوُّ مَحَلَّةَ قَوْمٍ فَيَجِبُ فَرْضًا عَلَيْهِمْ قِتَالُهُمْ إِذَا كَانُوا مِثْلَيْ عَدَدِهِمْ، وَالرِّبَاطُ فِي ثُغُورِ الْمُسْلِمِينَ وَسَدُّهَا وَحِيَاطَتُهَا وَاجِبٌ يَحْمِلُهُ مَنْ قَامَ بِهِ.

    L'obligation du jihād est générale : s'en acquitte, pour tous, celui qui l'accomplit ; sauf si l'ennemi fond sur le territoire d'un groupe : les combattre devient alors pour eux une obligation, si les ennemis sont [au plus] le double de leur nombre. Tenir garnison (ribāṭ) aux frontières des musulmans, les fermer et les garder est wājib : s'en acquitte, pour tous, celui qui l'accomplit.

  13. 1316

    وَصَوْمُ شَهْرِ رَمَضَانَ فَرِيضَةٌ، وَالِاعْتِكَافُ نَافِلَةٌ، وَالتَّنَفُّلُ بِالصَّوْمِ مُرَغَّبٌ فِيهِ، وَكَذَلِكَ صَوْمُ يَوْمِ عَاشُورَاءَ وَرَجَبٍ وَشَعْبَانَ وَيَوْمِ عَرَفَةَ وَالتَّرْوِيَةِ، وَصَوْمُ يَوْمِ عَرَفَةَ لِغَيْرِ الْحَاجِّ أَفْضَلُ مِنْهُ لِلْحَاجِّ.

    Le jeûne du mois de Ramadan est une obligation. La retraite dans la mosquée (iʿtikāf) est surérogatoire. Le jeûne surérogatoire est encouragé, ainsi que le jeûne du jour de ʿĀshūrāʾ, de Rajab, de Shaʿbān, du jour de ʿArafa et du jour de la Tarwiya. Le jeûne du jour de ʿArafa est meilleur pour celui qui n'est pas en pèlerinage que pour le pèlerin.

  14. 1317

    وَزَكَاةُ الْعَيْنِ وَالْحَرْثِ وَالْمَاشِيَةِ فَرِيضَةٌ، وَزَكَاةُ الْفِطْرِ سُنَّةٌ فَرَضَهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

    La zakāt de l'or et de l'argent, des récoltes et du bétail est une obligation. La zakāt de la rupture du jeûne est une sunna que le Messager d'Allah, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, a imposée.

  15. 1318

    وَحَجُّ الْبَيْتِ فَرِيضَةٌ، وَالْعُمْرَةُ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَالتَّلْبِيَةُ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَالنِّيَّةُ بِالْحَجِّ فَرِيضَةٌ، وَالطَّوَافُ لِلْإِفَاضَةِ فَرِيضَةٌ، وَالسَّعْيُ بَيْنَ الصَّفَا وَالْمَرْوَةِ فَرِيضَةٌ، وَالطَّوَافُ الْمُتَّصِلُ بِهِ وَاجِبٌ، وَطَوَافُ الْإِفَاضَةِ آكَدُ مِنْهُ.

    Le pèlerinage à la Maison est une obligation ; la ʿumra est une sunna wājiba ; la talbiya est une sunna wājiba. L'intention du pèlerinage est une obligation. Le ṭawāf de l'ifāḍa est une obligation. Le parcours entre aṣ-Ṣafā et al-Marwa est une obligation ; le ṭawāf qui lui est joint [le ṭawāf d'arrivée] est wājib, mais le ṭawāf de l'ifāḍa est plus impérieux que lui.

  16. 1319

    وَالطَّوَافُ لِلْوَدَاعِ سُنَّةٌ، وَالْمَبِيتُ بِمِنًى لَيْلَةَ يَوْمِ عَرَفَةَ سُنَّةٌ، وَالْجَمْعُ بِعَرَفَةَ وَاجِبٌ، وَالْوُقُوفُ بِعَرَفَةَ فَرِيضَةٌ، وَمَبِيتُ الْمُزْدَلِفَةِ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَوُقُوفُ الْمَشْعَرِ الْحَرَامِ مَأْمُورٌ بِهِ، وَرَمْيُ الْجِمَارِ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَكَذَلِكَ الْحِلَاقُ.

    Le ṭawāf d'adieu est une sunna. Passer à Minā la nuit qui précède le jour de ʿArafa est une sunna. Réunir les prières à ʿArafa est wājib. La station à ʿArafa est une obligation. Passer la nuit à Muzdalifa est une sunna wājiba. La station au Mashʿar al-Ḥarām est prescrite. Le jet des cailloux est une sunna wājiba, de même que le rasage de la tête.

  17. 1320

    وَتَقْبِيلُ الرُّكْنِ سُنَّةٌ وَاجِبَةٌ، وَالْغُسْلُ لِلْإِحْرَامِ سُنَّةٌ، وَالرُّكُوعُ عِنْدَ الْإِحْرَامِ سُنَّةٌ، وَغُسْلُ عَرَفَةَ سُنَّةٌ، وَالْغُسْلُ لِدُخُولِ مَكَّةَ مُسْتَحَبٌّ.

    Embrasser l'angle [de la Pierre noire] est une sunna wājiba. Le ghusl pour l'entrée en état de sacralisation (iḥrām) est une sunna ; la prière de deux rakʿa au moment de l'iḥrām est une sunna ; le ghusl de ʿArafa est une sunna ; le ghusl pour entrer à La Mecque est recommandé.

  18. 1321

    وَالصَّلَاةُ فِي الْجَمَاعَةِ أَفْضَلُ مِنْ صَلَاةِ الْفَذِّ بِسَبْعٍ وَعِشْرِينَ دَرَجَةً، وَالصَّلَاةُ فِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَمَسْجِدِ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذًّا أَفْضَلُ مِنَ الصَّلَاةِ فِي سَائِرِ الْمَسَاجِدِ.

    La prière en commun vaut vingt-sept degrés de plus que la prière de l'homme seul. La prière accomplie seul dans la Mosquée sacrée et dans la mosquée du Messager, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, vaut mieux que la prière dans toutes les autres mosquées.

  19. 1322

    وَاخْتُلِفَ فِي مِقْدَارِ التَّضْعِيفِ بِذَلِكَ بَيْنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَمَسْجِدِ الرَّسُولِ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ، وَلَمْ يُخْتَلَفْ أَنَّ الصَّلَاةَ فِي مَسْجِدِ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَفْضَلُ مِنْ أَلْفِ صَلَاةٍ فِيمَا سِوَاهُ وَسِوَى الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ مِنَ الْمَسَاجِدِ.

    On diverge sur la mesure de ce surcroît de mérite entre la Mosquée sacrée et la mosquée du Messager, sur lui la prière et la paix. Mais nul ne conteste que la prière dans la mosquée du Messager, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix, vaut mieux que mille prières dans les autres mosquées, la Mosquée sacrée exceptée.

  20. 1323

    وَأَهْلُ الْمَدِينَةِ يَقُولُونَ: إِنَّ الصَّلَاةَ فِيهِ أَفْضَلُ مِنَ الصَّلَاةِ فِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ بِدُونِ الْأَلْفِ، وَهَذَا كُلُّهُ فِي الْفَرَائِضِ، وَأَمَّا النَّوَافِلُ فَفِي الْبُيُوتِ أَفْضَلُ.

    Les gens de Médine disent que la prière y vaut mieux que la prière dans la Mosquée sacrée, d'un surcroît inférieur à mille. Tout cela concerne les prières obligatoires ; quant aux surérogatoires, elles sont meilleures dans les maisons.

  21. 1324

    وَالتَّنَفُّلُ بِالرُّكُوعِ لِأَهْلِ مَكَّةَ أَحَبُّ إِلَيْنَا مِنَ الطَّوَافِ، وَالطَّوَافُ لِلْغُرَبَاءِ أَحَبُّ إِلَيْنَا مِنَ الرُّكُوعِ لِقِلَّةِ وُجُودِ ذَلِكَ لَهُمْ.

    Pour les habitants de La Mecque, les prières surérogatoires nous sont préférables au ṭawāf ; pour les étrangers, le ṭawāf nous est préférable à la prière, car ils en ont rarement l'occasion.

  22. 1325

    وَمِنَ الْفَرَائِضِ غَضُّ الْبَصَرِ عَنِ الْمَحَارِمِ، وَلَيْسَ فِي النَّظْرَةِ الْأُولَى بِغَيْرِ تَعَمُّدٍ حَرَجٌ، وَلَا فِي النَّظَرِ إِلَى الْمُتَجَالَّةِ، وَلَا فِي النَّظَرِ إِلَى الشَّابَّةِ لِعُذْرٍ مِنْ شَهَادَةٍ عَلَيْهَا وَشِبْهِهِ، وَقَدْ أُرْخِصَ فِي ذَلِكَ لِلْخَاطِبِ.

    Fait partie des obligations : baisser le regard devant ce qu'il est interdit de regarder. Le premier regard, non voulu, n'est pas une faute ; ni le regard sur la femme âgée ; ni le regard sur la jeune femme pour un motif légitime, tel un témoignage à porter à son sujet. Cela a aussi été permis à celui qui demande une femme en mariage.

  23. 1326

    وَمِنَ الْفَرَائِضِ صَوْنُ اللِّسَانِ عَنِ الْكَذِبِ وَالزُّورِ وَالْفَحْشَاءِ وَالْغِيبَةِ وَالنَّمِيمَةِ وَالْبَاطِلِ كُلِّهِ؛ قَالَ الرَّسُولُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ، وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: مِنْ حُسْنِ إِسْلَامِ الْمَرْءِ تَرْكُهُ مَا لَا يَعْنِيهِ.

    Fait partie des obligations : préserver sa langue du mensonge, du faux témoignage, de l'obscénité, de la médisance, de la délation et de toute parole vaine. Le Messager, sur lui la prière et la paix, a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. » Et il a dit, sur lui la paix : « Fait partie du bel islam de l'homme de délaisser ce qui ne le regarde pas. »

  24. 1327

    وَحَرَّمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ دِمَاءَ الْمُسْلِمِينَ وَأَمْوَالَهُمْ وَأَعْرَاضَهُمْ إِلَّا بِحَقِّهَا، وَلَا يَحِلُّ دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ إِلَّا أَنْ يَكْفُرَ بَعْدَ إِيمَانِهِ، أَوْ يَزْنِيَ بَعْدَ إِحْصَانِهِ، أَوْ يَقْتُلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ، أَوْ فَسَادٍ فِي الْأَرْضِ، أَوْ يَمْرُقَ مِنَ الدِّينِ.

    Allah, gloire à Lui, a rendu sacrés le sang des musulmans, leurs biens et leur honneur, sauf en vertu d'un droit. Le sang d'un musulman n'est licite que s'il renie sa foi après avoir cru, s'il commet la fornication après avoir été muḥṣan, s'il tue une personne sans que ce soit pour une autre vie ou pour une corruption sur terre, ou s'il sort de la religion.

  25. 1328

    وَلْتَكُفَّ يَدَكَ عَمَّا لَا يَحِلُّ لَكَ مِنْ مَالٍ أَوْ جَسَدٍ أَوْ دَمٍ، وَلَا تَسْعَ بِقَدَمَيْكَ فِيمَا لَا يَحِلُّ لَكَ.

    Retiens ta main de ce qui ne t'est pas permis : bien, corps ou sang. Ne porte pas tes pas vers ce qui ne t'est pas permis.

  26. 1329

    وَلَا تُبَاشِرْ بِفَرْجِكَ أَوْ بِشَيْءٍ مِنْ جَسَدِكَ مَا لَا يَحِلُّ لَكَ؛ قَالَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ: ﴿وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حَافِظُونَ﴾ إِلَى قَوْلِهِ: ﴿فَأُولَئِكَ هُمُ الْعَادُونَ﴾

    Ne mets ton sexe, ni aucune partie de ton corps, au contact de ce qui ne t'est pas permis. Allah, gloire à Lui, a dit : « et ceux qui préservent leur sexe », jusqu'à Sa parole : « ceux-là sont les transgresseurs » [sourate al-Muʾminūn, 23:5-7].

  27. 1330

    وَحَرَّمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ الْفَوَاحِشَ مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَمَا بَطَنَ، وَأَنْ يُقْرَبَ النِّسَاءُ فِي دَمِ حَيْضِهِنَّ أَوْ نِفَاسِهِنَّ، وَحَرَّمَ مِنَ النِّسَاءِ مَا تَقَدَّمَ ذِكْرُنَا إِيَّاهُ.

    Allah, gloire à Lui, a interdit les turpitudes, apparentes et cachées ; Il a interdit d'approcher les femmes pendant le sang de leurs menstrues ou de leurs lochies ; et Il a interdit, parmi les femmes, celles que nous avons mentionnées plus haut.

  28. 1331

    وَأَمَرَ بِأَكْلِ الطَّيِّبِ، وَهُوَ الْحَلَالُ؛ فَلَا يَحِلُّ لَكَ أَنْ تَأْكُلَ إِلَّا طَيِّبًا، وَلَا تَلْبَسَ إِلَّا طَيِّبًا، وَلَا تَرْكَبَ إِلَّا طَيِّبًا، وَلَا تَسْكُنَ إِلَّا طَيِّبًا، وَتَسْتَعْمِلُ سَائِرَ مَا تَنْتَفِعُ بِهِ طَيِّبًا.

    Il a ordonné de manger ce qui est bon, c'est-à-dire le licite. Il ne t'est donc permis de manger que du licite, de ne te vêtir que de licite, de ne monter que du licite, de n'habiter que du licite ; et tu useras de même, licitement, de tout ce dont tu tires profit.

  29. 1332

    وَمِنْ وَرَاءِ ذَلِكَ مُشْتَبِهَاتٌ مَنْ تَرَكَهَا سَلِمَ، وَمَنْ أَخَذَهَا كَانَ كَالرَّاتِعِ حَوْلَ الْحِمَى يُوشِكُ أَنْ يَقَعَ فِيهِ.

    Au-delà, il y a des choses douteuses : qui les délaisse est sauf, et qui les prend est comme celui qui fait paître autour de l'enclos réservé : il est bien près d'y tomber.

  30. 1333

    وَحَرَّمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَكْلَ الْمَالِ بِالْبَاطِلِ، وَمِنَ الْبَاطِلِ الْغَصْبُ وَالتَّعَدِّي وَالْخِيَانَةُ وَالرِّبَا وَالسُّحْتُ وَالْقِمَارُ وَالْغَرَرُ وَالْغِشُّ وَالْخَدِيعَةُ وَالْخِلَابَةُ.

    Allah, gloire à Lui, a interdit de manger les biens à tort. Relèvent du tort : l'usurpation, l'empiètement, la trahison, l'usure (ribā), le gain illicite, le jeu de hasard, l'aléa (gharar), la fraude, la tromperie et la duperie.

  31. 1334

    وَحَرَّمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَكْلَ الْمَيْتَةِ وَالدَّمِ وَلَحْمِ الْخِنْزِيرِ وَمَا أُهِلَّ لِغَيْرِ اللَّهِ بِهِ وَمَا ذُبِحَ لِغَيْرِ اللَّهِ، وَمَا أَعَانَ عَلَى مَوْتِهِ تَرَدٍّ مِنْ جَبَلٍ أَوْ وَقْذَةٌ بِعَصًا أَوْ غَيْرِهَا، وَالْمُنْخَنِقَةِ بِحَبْلٍ أَوْ غَيْرِهِ.

    Allah, gloire à Lui, a interdit de manger la bête morte, le sang, la viande de porc, ce sur quoi un autre nom que celui d'Allah a été invoqué, ce qui a été égorgé pour un autre qu'Allah, ce dont la mort a été aidée par une chute du haut d'une montagne ou par un coup de bâton ou d'autre chose, et la bête étranglée par une corde ou autrement.

  32. 1335

    إِلَّا أَنْ يُضْطَرَّ إِلَى ذَلِكَ كَالْمَيْتَةِ، وَذَلِكَ إِذَا صَارَتْ بِذَلِكَ إِلَى حَالٍ لَا حَيَاةَ بَعْدَهُ، فَلَا ذَكَاةَ فِيهَا.

    Sauf si l'on y est contraint par la nécessité, comme pour la bête morte. Cela vaut lorsque la bête en est arrivée, de ce fait, à un état après lequel il n'y a plus de vie : l'abattage rituel n'a alors plus d'effet sur elle.

  33. 1336

    وَلَا بَأْسَ لِلْمُضْطَرِّ أَنْ يَأْكُلَ الْمَيْتَةَ وَيَشْبَعَ وَيَتَزَوَّدَ، فَإِنِ اسْتَغْنَى عَنْهَا طَرَحَهَا.

    Il n'y a pas de mal à ce que celui que la nécessité contraint mange de la bête morte, s'en rassasie et en fasse provision ; dès qu'il peut s'en passer, il la jette.

  34. 1337

    وَلَا بَأْسَ بِالِانْتِفَاعِ بِجِلْدِهَا إِذَا دُبِغَ، وَلَا يُصَلَّى عَلَيْهِ، وَلَا يُبَاعُ، وَلَا بَأْسَ بِالصَّلَاةِ عَلَى جُلُودِ السِّبَاعِ إِذَا ذُكِّيَتْ وَبَيْعِهَا.

    Il n'y a pas de mal à tirer profit de sa peau une fois tannée ; mais on ne prie pas dessus et on ne la vend pas. Il n'y a pas de mal à prier sur les peaux des fauves abattus rituellement, ni à les vendre.

  35. 1338

    وَيُنْتَفَعُ بِصُوفِ الْمَيْتَةِ وَشَعْرِهَا وَمَا يُنْزَعُ مِنْهَا فِي الْحَيَاةِ، وَأَحَبُّ إِلَيْنَا أَنْ يُغْسَلَ، وَلَا يُنْتَفَعُ بِرِيشِهَا وَلَا بِقَرْنِهَا وَأَظْلَافِهَا وَأَنْيَابِهَا.

    On tire profit de la laine de la bête morte, de son poil et de ce qu'on arrache à l'animal de son vivant ; il nous est préférable qu'on le lave. On ne tire profit ni de ses plumes, ni de ses cornes, ni de ses sabots, ni de ses dents.

  36. 1339

    وَكُرِهَ الِانْتِفَاعُ بِأَنْيَابِ الْفِيلِ، وَكُلُّ شَيْءٍ مِنَ الْخِنْزِيرِ حَرَامٌ، وَقَدْ أُرْخِصَ فِي الِانْتِفَاعِ بِشَعْرِهِ.

    Il a été déconseillé de tirer profit des défenses de l'éléphant. Tout, dans le porc, est interdit ; on a cependant toléré de tirer profit de ses soies.

  37. 1340

    وَحَرَّمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ شُرْبَ الْخَمْرِ قَلِيلِهَا وَكَثِيرِهَا، وَشَرَابُ الْعَرَبِ يَوْمَئِذٍ فَضِيخُ التَّمْرِ، وَبَيَّنَ الرَّسُولُ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَنَّ كُلَّ مَا أَسْكَرَ كَثِيرُهُ مِنَ الْأَشْرِبَةِ فَقَلِيلُهُ حَرَامٌ، وَكُلُّ مَا خَامَرَ الْعَقْلَ فَأَسْكَرَهُ مِنْ كُلِّ شَرَابٍ فَهُوَ خَمْرٌ.

    Allah, gloire à Lui, a interdit de boire du vin (khamr), en petite ou en grande quantité. La boisson des Arabes était alors le jus de dattes fermenté. Le Messager, sur lui la paix, a montré que toute boisson qui enivre en grande quantité est interdite en petite quantité. Tout ce qui trouble la raison et l'enivre, de quelque boisson que ce soit, est du vin.

  38. 1341

    وَقَالَ الرَّسُولُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: إِنَّ الَّذِي حَرَّمَ شُرْبَهَا حَرَّمَ بَيْعَهَا

    Le Messager, sur lui la paix, a dit : « Celui qui a interdit de le boire a interdit de le vendre. »

  39. 1342

    وَنَهَى عَنِ الْخَلِيطَيْنِ مِنَ الْأَشْرِبَةِ، وَذَلِكَ أَنْ يُخْلَطَا عِنْدَ الِانْتِبَاذِ وَعِنْدَ الشُّرْبِ، وَنَهَى عَنِ الِانْتِبَاذِ فِي الدُّبَّاءِ وَالْمُزَفَّتِ.

    Il a interdit le mélange de deux [fruits] dans les boissons, qu'on les mêle au moment de la macération ou au moment de boire ; et il a interdit de faire macérer dans la gourde [de courge séchée] et dans le récipient enduit de poix.

  40. 1343

    وَنَهَى عَلَيْهِ السَّلَامُ عَنْ أَكْلِ كُلِّ ذِي نَابٍ مِنَ السِّبَاعِ، وَعَنْ أَكْلِ لُحُومِ الْحُمُرِ الْأَهْلِيَّةِ، وَدَخَلَ مَدْخَلَهَا لُحُومُ الْخَيْلِ وَالْبِغَالِ لِقَوْلِ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: ﴿لِتَرْكَبُوهَا وَزِينَةً﴾

    Il a interdit, sur lui la paix, de manger tout fauve pourvu de crocs, et de manger la viande des ânes domestiques. Y sont assimilées la viande des chevaux et celle des mulets, en raison de la parole d'Allah, béni et exalté soit-Il : « pour que vous les montiez, et pour l'apparat » [sourate an-Naḥl, 16:8].

  41. 1344

    وَلَا ذَكَاةَ فِي شَيْءٍ مِنْهَا إِلَّا فِي الْحُمُرِ الْوَحْشِيَّةِ، وَلَا بَأْسَ بِأَكْلِ سِبَاعِ الطَّيْرِ وَكُلِّ ذِي مِخْلَبٍ مِنْهَا.

    L'abattage rituel n'a d'effet sur aucun d'eux, sauf sur les ânes sauvages. Il n'y a pas de mal à manger les oiseaux de proie et tout oiseau pourvu de serres.

  42. 1345

    وَمِنَ الْفَرَائِضِ بِرُّ الْوَالِدَيْنِ وَإِنْ كَانَا فَاسِقَيْنِ، وَإِنْ كَانَا مُشْرِكَيْنِ فَلْيَقُلْ لَهُمَا قَوْلًا لَيِّنًا، وَلْيُعَاشِرْهُمَا بِالْمَعْرُوفِ، وَلَا يُطِعْهُمَا فِي مَعْصِيَةٍ كَمَا قَالَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى.

    Fait partie des obligations : la piété filiale envers les père et mère, fussent-ils pécheurs. S'ils sont polythéistes, qu'on leur parle avec douceur et qu'on vive avec eux de façon convenable, sans leur obéir dans une désobéissance [à Allah], comme l'a dit Allah, gloire à Lui, le Très-Haut.

  43. 1346

    وَعَلَى الْمُؤْمِنِ أَنْ يَسْتَغْفِرَ لِأَبَوَيْهِ الْمُؤْمِنَيْنِ. وَعَلَيْهِ مُوَالَاةُ الْمُؤْمِنِينَ وَالنَّصِيحَةُ لَهُمْ، وَلَا يَبْلُغُ أَحَدٌ حَقِيقَةَ الْإِيمَانِ حَتَّى يُحِبَّ لِأَخِيهِ الْمُؤْمِنِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ، كَذَلِكَ رُوِيَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

    Le croyant doit demander pardon pour ses père et mère croyants. Il doit aux croyants loyauté et conseil sincère. Nul n'atteint la réalité de la foi tant qu'il n'aime pas pour son frère croyant ce qu'il aime pour lui-même : c'est ce qui est rapporté du Messager d'Allah, qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix.

  44. 1347

    وَعَلَيْهِ أَنْ يَصِلَ رَحِمَهُ، وَمِنْ حَقِّ الْمُؤْمِنِ عَلَى الْمُؤْمِنِ أَنْ يُسَلِّمَ عَلَيْهِ إِذَا لَقِيَهُ، وَيَعُودَهُ إِذَا مَرِضَ، وَيُشَمِّتَهُ إِذَا عَطَسَ، وَيَشْهَدَ جَنَازَتَهُ إِذَا مَاتَ، وَيَحْفَظَهُ إِذَا غَابَ فِي السِّرِّ وَالْعَلَانِيَةِ.

    Il doit entretenir ses liens de parenté. Le croyant a sur le croyant le droit d'être salué quand il le rencontre, visité quand il est malade, d'entendre une invocation en sa faveur quand il éternue, de voir ses funérailles suivies quand il meurt, et d'être préservé en son absence, en secret comme en public.

  45. 1348

    وَلَا يَهْجُرْ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ، وَالسَّلَامُ يُخْرِجُهُ مِنَ الْهِجْرَانِ، وَلَا يَنْبَغِي لَهُ أَنْ يَتْرُكَ كَلَامَهُ بَعْدَ السَّلَامِ.

    Qu'il ne rompe pas avec son frère plus de trois nuits. Le salut le fait sortir de la rupture ; mais il ne convient pas qu'il cesse de lui parler après le salut.

  46. 1349

    وَالْهِجْرَانُ الْجَائِزُ هِجْرَانُ ذِي الْبِدْعَةِ أَوْ مُتَجَاهِرٍ بِالْكَبَائِرِ لَا يَصِلُ إِلَى عُقُوبَتِهِ، وَلَا يَقْدِرُ عَلَى مَوْعِظَتِهِ أَوْ لَا يَقْبَلُهَا.

    La rupture permise est celle d'avec l'innovateur, ou d'avec celui qui commet ouvertement les grands péchés, que l'on ne peut ni punir ni exhorter, ou qui n'accepte pas l'exhortation.

  47. 1350

    وَلَا غِيبَةَ فِي هَذَيْنِ فِي ذِكْرِ حَالِهِمَا، وَلَا فِيمَا يُشَاوَرُ فِيهِ لِنِكَاحٍ أَوْ مُخَالَطَةٍ وَنَحْوِهِ، وَلَا فِي تَجْرِيحِ شَاهِدٍ وَنَحْوِهِ.

    Il n'y a pas médisance à faire état de la situation de ces deux-là, ni dans ce sur quoi l'on est consulté en vue d'un mariage, d'une association ou autre, ni dans la récusation d'un témoin et ce qui lui ressemble.

  48. 1351

    وَمِنْ مَكَارِمِ الْأَخْلَاقِ أَنْ تَعْفُوَ عَمَّنْ ظَلَمَكَ، وَتُعْطِيَ مَنْ حَرَمَكَ، وَتَصِلَ مَنْ قَطَعَكَ.

    Fait partie des nobles caractères : pardonner à qui t'a fait du tort, donner à qui t'a privé, et renouer avec qui a rompu avec toi.

  49. 1352

    وَجِمَاعُ آدَابِ الْخَيْرِ وَأَزِمَّتِهِ تَتَفَرَّعُ عَنْ أَرْبَعَةِ أَحَادِيثَ: قَوْلُ النَّبِيِّ عَلَيْهِ السَّلَامُ: مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ

    Tout ce qui fait la bonne conduite, et ce qui la tient en bride, découle de quatre hadiths. La parole du Prophète, sur lui la paix : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. »

  50. 1353

    وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: مِنْ حُسْنِ إِسْلَامِ الْمَرْءِ تَرْكُهُ مَا لَا يَعْنِيهِ

    Sa parole, sur lui la paix : « Fait partie du bel islam de l'homme de délaisser ce qui ne le regarde pas. »

  51. 1354

    وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ لِلَّذِي اخْتَصَرَ لَهُ فِي الْوَصِيَّةِ: لَا تَغْضَبْ، وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: الْمُؤْمِنُ يُحِبُّ لِأَخِيهِ الْمُؤْمِنِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ.

    Sa parole, sur lui la paix, à celui qui lui demandait une recommandation brève : « Ne te mets pas en colère. » Et sa parole, sur lui la paix : « Le croyant aime pour son frère croyant ce qu'il aime pour lui-même. »

  52. 1355

    وَلَا يَحِلُّ لَكَ أَنْ تَتَعَمَّدَ سَمَاعَ الْبَاطِلِ كُلِّهِ، وَلَا أَنْ تَتَلَذَّذَ بِسَمَاعِ كَلَامِ امْرَأَةٍ لَا تَحِلُّ لَكَ، وَلَا سَمَاعَ شَيْءٍ مِنَ الْمَلَاهِي وَالْغِنَاءِ، وَلَا قِرَاءَةَ الْقُرْآنِ بِاللُّحُونِ الْمُرَجَّعَةِ كَتَرْجِيعِ الْغِنَاءِ.

    Il ne t'est pas permis d'écouter délibérément ce qui est vain, quel qu'il soit, ni de prendre plaisir à écouter la voix d'une femme qui ne t'est pas licite, ni d'écouter des instruments de divertissement et du chant, ni de réciter le Coran sur des airs modulés comme on module le chant.

  53. 1356

    وَلْيُجَلَّ كِتَابُ اللَّهِ الْعَزِيزُ أَنْ يُتْلَى إِلَّا بِسَكِينَةٍ وَوَقَارٍ وَمَا يُوقَنُ أَنَّ اللَّهَ يَرْضَى بِهِ، وَيَقْرُبُ مِنْهُ مَعَ إِحْضَارِ الْفَهْمِ لِذَلِكَ.

    Que le Livre d'Allah, le Puissant, soit trop révéré pour être récité autrement qu'avec calme et gravité, de la manière dont on est certain qu'Allah l'agrée et qu'elle rapproche de Lui, en y appliquant son intelligence.

  54. 1357

    وَمِنَ الْفَرَائِضِ الْأَمْرُ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهْيُ عَنِ الْمُنْكَرِ عَلَى كُلِّ مَنْ بُسِطَتْ يَدُهُ فِي الْأَرْضِ وَعَلَى كُلِّ مَنْ تَصِلُ يَدُهُ إِلَى ذَلِكَ، فَإِنْ لَمْ يَقْدِرْ فَبِلِسَانِهِ، فَإِنْ لَمْ يَقْدِرْ فَبِقَلْبِهِ.

    Fait partie des obligations : ordonner le convenable et interdire le blâmable, pour quiconque détient l'autorité sur terre et pour quiconque a les moyens d'y parvenir ; s'il ne le peut pas, par sa langue ; s'il ne le peut pas, par son cœur.

  55. 1358

    وَفَرْضٌ عَلَى كُلِّ مُؤْمِنٍ أَنْ يُرِيدَ بِكُلِّ قَوْلٍ وَعَمَلٍ مِنَ الْبِرِّ وَجْهَ اللَّهِ الْكَرِيمِ، وَمَنْ أَرَادَ بِذَلِكَ غَيْرَ اللَّهِ لَمْ يُقْبَلْ عَمَلُهُ، وَالرِّيَاءُ الشِّرْكُ الْأَصْغَرُ.

    Tout croyant a l'obligation de rechercher, par toute parole et tout acte de bien, la Face d'Allah le Généreux. Celui qui recherche par là autre qu'Allah, son œuvre n'est pas acceptée ; l'ostentation (riyāʾ) est le polythéisme mineur.

  56. 1359

    وَالتَّوْبَةُ فَرِيضَةٌ مِنْ كُلِّ ذَنْبٍ مِنْ غَيْرِ إِصْرَارٍ، وَالْإِصْرَارُ: الْمُقَامُ عَلَى الذَّنْبِ وَاعْتِقَادُ الْعَوْدِ إِلَيْهِ، وَمِنَ التَّوْبَةِ رَدُّ الْمَظَالِمِ وَاجْتِنَابُ الْمَحَارِمِ وَالنِّيَّةُ أَنْ لَا يَعُودَ.

    Le repentir est une obligation pour tout péché, sans persistance ; la persistance, c'est demeurer dans le péché et être résolu à y revenir. Font partie du repentir : restituer ce que l'on a pris injustement, s'écarter des interdits et avoir l'intention de ne pas recommencer.

  57. 1360

    وَلْيَسْتَغْفِرْ رَبَّهُ، وَيَرْجُو رَحْمَتَهُ، وَيَخَافُ عَذَابَهُ، وَيَتَذَكَّرُ نِعْمَتَهُ لَدَيْهِ، وَيَشْكُرُ فَضْلَهُ عَلَيْهِ بِالْأَعْمَالِ بِفَرَائِضِهِ وَتَرْكِ مَا يُكْرَهُ فِعْلُهُ، وَيَتَقَرَّبُ إِلَيْهِ بِمَا تَيَسَّرَ لَهُ مِنْ نَوَافِلِ الْخَيْرِ.

    Qu'il demande pardon à son Seigneur, espère Sa miséricorde, craigne Son châtiment, se rappelle Ses bienfaits envers lui, et Le remercie de Sa grâce par les œuvres, en accomplissant Ses obligations et en délaissant ce qu'Il réprouve ; et qu'il se rapproche de Lui par ce qui lui est aisé en œuvres surérogatoires de bien.

  58. 1361

    وَكُلُّ مَا ضَيَّعَ مِنْ فَرَائِضِهِ فَلْيَفْعَلْهُ الْآنَ، وَلْيَرْغَبْ إِلَى اللَّهِ فِي تَقَبُّلِهِ، وَيَتُوبُ إِلَيْهِ مِنْ تَضْيِيعِهِ.

    Toute obligation qu'il a négligée, qu'il l'accomplisse maintenant, qu'il implore Allah de l'accepter et se repente auprès de Lui de l'avoir négligée.

  59. 1362

    وَلْيَلْجَأْ إِلَى اللَّهِ فِيمَا عَسُرَ عَلَيْهِ مِنْ قِيَادِ نَفْسِهِ وَمُحَاوَلَةِ أَمْرِهِ مُوقِنًا أَنَّهُ الْمَالِكُ لِصَلَاحِ شَأْنِهِ وَتَوْفِيقِهِ وَتَسْدِيدِهِ، لَا يُفَارِقُ ذَلِكَ عَلَى مَا فِيهِ مِنْ حَسَنٍ أَوْ قَبِيحٍ، وَلَا يَيْأَسُ مِنْ رَحْمَةِ اللَّهِ.

    Qu'il se réfugie auprès d'Allah pour ce qu'il trouve difficile dans la conduite de son âme et dans le soin de ses affaires, certain que c'est Lui qui détient l'amendement de son état, sa réussite et sa droiture ; qu'il ne s'en départe pas, quel que soit son état, bon ou mauvais, et qu'il ne désespère pas de la miséricorde d'Allah.

  60. 1363

    وَالْفِكْرَةُ فِي أَمْرِ اللَّهِ مِفْتَاحُ الْعِبَادَةِ، فَاسْتَعِنْ بِذِكْرِ الْمَوْتِ وَالْفِكْرَةِ فِيمَا بَعْدَهُ، وَفِي نِعْمَةِ رَبِّكَ عَلَيْكَ وَإِمْهَالِهِ لَكَ وَأَخْذِهِ لِغَيْرِكَ بِذَنْبِهِ، وَفِي سَالِفِ ذَنْبِكَ وَعَاقِبَةِ أَمْرِكَ وَمُبَادَرَةِ مَا عَسَى أَنْ يَكُونَ قَدِ اقْتَرَبَ مِنْ أَجَلِكَ.

    La méditation sur l'ordre d'Allah est la clé de l'adoration. Aide-toi donc du souvenir de la mort et de la méditation sur ce qui la suit, sur le bienfait de ton Seigneur envers toi, sur le délai qu'Il t'accorde alors qu'Il saisit d'autres que toi pour leur péché, sur tes péchés passés, sur l'issue de ton sort, et sur la hâte avec laquelle vient ton terme, qui s'est peut-être déjà rapproché.

Autres ouvrages

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn AnasAqrab al-masālik, ad-Dardīral-Mukhtaṣar, Khalīl