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Échap
الموطأ

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn Anas

· IIe s. h.
Avancé

Le Muwaṭṭaʾ de l’imām Mālik ibn Anas (m. 179 h), qu’Allah lui fasse miséricorde, réunit des hadiths du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, des paroles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis, la pratique des gens de Médine et les avis de l’imām lui-même, classés par livres et par chapitres de fiqh. Il est donné ici dans la riwāya de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī.

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Les prix du sangكِتَابُ الْعُقُولِ

  1. La mention des prix du sangبَابُ ذِكْرِ الْعُقُولِ
  2. 1682

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ فِي الْكِتَابِ الَّذِي كَتَبَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِعَمْرِو بْنِ حَزْمٍ فِي الْعُقُولِ أَنَّ فِي النَّفْسِ مِائَةً مِنَ الْإِبِلِ. وَفِي الْأَنْفِ، إِذَا أُوعِيَ جَدْعًا مِائَةٌ مِنَ الْإِبِلِ. وَفِي الْمَأْمُومَةِ ثُلُثُ الدِّيَةِ وَفِي الْجَائِفَةِ مِثْلُهَا. وَفِي الْعَيْنِ خَمْسُونَ. وَفِي الْيَدِ خَمْسُونَ. وَفِي الرِّجْلِ خَمْسُونَ. وَفِي كُلِّ أُصْبُعٍ مِمَّا هُنَالِكَ. عَشْرٌ مِنَ الْإِبِلِ. وَفِي السِّنِّ خَمْسٌ. وَفِي الْمُوضِحَةِ خَمْسٌ.

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, d'après son père, que dans l'écrit que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, rédigea pour ʿAmr ibn Ḥazm au sujet des prix du sang, il y a : pour la vie, cent chameaux ; pour le nez, lorsqu'il est tranché en entier, cent chameaux ; pour la maʾmūma [blessure de la tête qui atteint l'enveloppe du cerveau], le tiers de la diya [prix du sang d'une vie] ; pour la jāʾifa [blessure qui pénètre à l'intérieur du corps], autant ; pour l'œil, cinquante ; pour la main, cinquante ; pour le pied, cinquante ; pour chaque doigt qui s'y trouve, dix chameaux ; pour la dent, cinq ; pour la mūḍiḥa [plaie qui met l'os à nu], cinq.

  3. La pratique en matière de diyaبَابُ الْعَمَلِ فِي الدِّيَةِ
  4. 1683

    حَدَّثَنِي مَالِكٌ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، «قَوَّمَ الدِّيَةَ عَلَى أَهْلِ الْقُرَى، فَجَعَلَهَا عَلَى أَهْلِ الذَّهَبِ أَلْفَ دِينَارٍ، وَعَلَى أَهْلِ الْوَرِقِ اثْنَيْ عَشَرَ أَلْفَ دِرْهَمٍ»، قَالَ مَالِكٌ: " فَأَهْلُ الذَّهَبِ: أَهْلُ الشَّامِ، وَأَهْلُ مِصْرَ. وَأَهْلُ الْوَرِقِ: أَهْلُ الْعِرَاقِ «، وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ سَمِعَ أَنَّ الدِّيَةَ تُقْطَعُ فِي ثَلَاثِ سِنِينَ أَوْ أَرْبَعِ سِنِينَ»، قَالَ مَالِكٌ: «وَالثَّلَاثُ أَحَبُّ مَا سَمِعْتُ إِلَيَّ فِي ذَلِكَ»، قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّهُ لَا يُقْبَلُ مِنْ أَهْلِ الْقُرَى فِي الدِّيَةِ الْإِبِلُ، وَلَا مِنْ أَهْلِ الْعَمُودِ الذَّهَبُ، وَلَا الْوَرِقُ، وَلَا مِنْ أَهْلِ الذَّهَبِ الْوَرِقُ، وَلَا مِنْ أَهْلِ الْوَرِقِ الذَّهَبُ»

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb évalua la diya pour les gens des cités : il la fixa, pour ceux dont la monnaie est l'or, à mille dīnārs, et pour ceux dont la monnaie est l'argent, à douze mille dirhams. Mālik a dit : « Les gens de l'or sont les gens du Shām et les gens d'Égypte ; les gens de l'argent sont les gens d'Irak. » Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu dire que la diya s'échelonne sur trois ans ou quatre ans. Mālik a dit : « Trois ans, c'est ce que je préfère de ce que j'ai entendu à ce sujet. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que l'on n'accepte pas, au titre de la diya, des chameaux de la part des gens des cités, ni de l'or ou de l'argent de la part des gens des tentes, ni de l'argent de la part des gens de l'or, ni de l'or de la part des gens de l'argent. »

    Les gens des tentes (ahl al-ʿamūd, littéralement « les gens du mât ») sont les nomades.

  5. La diya de l'homicide volontaire lorsqu'elle est acceptée, et le crime commis par le démentبَابُ دِيَةِ الْعَمْدِ إِذَا قُبِلَتْ وَجِنَايَةِ الْمَجْنُونِ
  6. 1684

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّ ابْنَ شِهَابٍ، كَانَ يَقُولُ: «فِي دِيَةِ الْعَمْدِ إِذَا قُبِلَتْ خَمْسٌ وَعِشْرُونَ بِنْتَ مَخَاضٍ، وَخَمْسٌ وَعِشْرُونَ بِنْتَ لَبُونٍ، وَخَمْسٌ وَعِشْرُونَ حِقَّةً، وَخَمْسٌ وَعِشْرُونَ جَذَعَةً»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'Ibn Shihāb disait : « La diya de l'homicide volontaire, lorsqu'elle est acceptée, est de vingt-cinq bint makhāḍ [chamelle entrée dans sa deuxième année], vingt-cinq bint labūn [chamelle entrée dans sa troisième année], vingt-cinq ḥiqqa [chamelle entrée dans sa quatrième année] et vingt-cinq jadhaʿa [chamelle entrée dans sa cinquième année]. »

  7. 1685

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ كَتَبَ إِلَى مُعَاوِيَةَ بْنِ أَبِي سُفْيَانَ، أَنَّهُ أُتِيَ بِمَجْنُونٍ قَتَلَ رَجُلًا، فَكَتَبَ إِلَيْهِ مُعَاوِيَةُ، «أَنِ اعْقِلْهُ وَلَا تُقِدْ مِنْهُ، فَإِنَّهُ لَيْسَ عَلَى مَجْنُونٍ قَوَدٌ» قَالَ قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْكَبِيرِ وَالصَّغِيرِ إِذَا قَتَلَا رَجُلًا جَمِيعًا عَمْدًا أَنَّ عَلَى الْكَبِيرِ أَنْ يُقْتَلَ، وَعَلَى الصَّغِيرِ نِصْفُ الدِّيَةِ». قَالَ مَالِكٌ: «وَكَذَلِكَ الْحُرُّ وَالْعَبْدُ يَقْتُلَانِ الْعَبْدَ عَمْدًا، فَيُقْتَلُ الْعَبْدُ، وَيَكُونُ عَلَى الْحُرِّ نِصْفُ قِيمَتِهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que Marwān ibn al-Ḥakam écrivit à Muʿāwiya ibn Abī Sufyān qu'on lui avait amené un dément qui avait tué un homme. Muʿāwiya lui écrivit : « Fais payer pour lui le prix du sang et ne lui applique pas le talion, car il n'y a pas de talion contre un dément. » Mālik a dit, au sujet de l'adulte et de l'enfant qui tuent ensemble un homme volontairement : « L'adulte est mis à mort, et l'enfant doit la moitié de la diya. » Mālik a dit : « Il en va de même de l'homme libre et de l'esclave qui tuent volontairement un esclave : l'esclave est mis à mort, et l'homme libre doit la moitié de sa valeur. »

    « Fais payer pour lui le prix du sang » : ainsi l'entend al-Bājī ; az-Zurqānī comprend : « entrave-le ».

  8. La diya de l'homicide involontaireبَابُ دِيَةِ الْخَطَأِ فِي الْقَتْلِ
  9. 1686

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عِرَاكِ بْنِ مَالِكٍ، وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ رَجُلًا، مِنْ بَنِي سَعْدِ بْنِ لَيْثٍ أَجْرَى فَرَسًا، فَوَطِئَ عَلَى إِصْبَعِ رَجُلٍ مِنْ جُهَيْنَةَ، فَنُزِيَ فِيهَا، فَمَاتَ، فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ لِلَّذِينَ ادُّعِيَ عَلَيْهِمْ: «أَتَحْلِفُونَ بِاللَّهِ خَمْسِينَ يَمِينًا مَا مَاتَ مِنْهَا؟» فَأَبَوْا وَتَحَرَّجُوا، وَقَالَ لِلْآخَرِينَ: «أَتَحْلِفُونَ أَنْتُمْ؟» فَأَبَوْا، فَقَضَى عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ بِشَطْرِ الدِّيَةِ عَلَى السَّعْدِيِّينَ « قَالَ مَالِكٌ» وَلَيْسَ الْعَمَلُ عَلَى هَذَا "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après ʿIrāk ibn Mālik et Sulaymān ibn Yasār, qu'un homme des Banū Saʿd ibn Layth lança un cheval à la course ; celui-ci marcha sur le doigt d'un homme de Juhayna, qui en saigna sans arrêt et mourut. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb dit à ceux contre qui la réclamation était portée : « Jurez-vous par Allah, de cinquante serments, qu'il n'en est pas mort ? » Ils refusèrent et s'en firent scrupule. Il dit aux autres : « Et vous, jurez-vous ? » Ils refusèrent. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb condamna alors les Saʿdites à la moitié de la diya. Mālik a dit : « La pratique n'est pas conforme à cela. »

  10. 1687

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّ ابْنَ شِهَابٍ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، وَرَبِيعَةَ بْنَ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، كَانُوا يَقُولُونَ «دِيَةُ الْخَطَإِ عِشْرُونَ بِنْتَ مَخَاضٍ، وَعِشْرُونَ بِنْتَ لَبُونٍ، وَعِشْرُونَ ابْنَ لَبُونٍ ذَكَرًا، وَعِشْرُونَ حِقَّةً، وَعِشْرُونَ جَذَعَةً» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا: أَنَّهُ لَا قَوَدَ بَيْنَ الصِّبْيَانِ، وَإِنَّ عَمْدَهُمْ خَطَأٌ، مَا لَمْ تَجِبْ عَلَيْهِمُ الْحُدُودُ، وَيَبْلُغُوا الْحُلُمَ، وَإِنَّ قَتْلَ الصَّبِيِّ، لَا يَكُونُ إِلَّا خَطَأً، وَذَلِكَ لَوْ أَنَّ صَبِيًّا وَكَبِيرًا قَتَلَا رَجُلًا حُرًّا خَطَأً، كَانَ عَلَى كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا نِصْفُ الدِّيَةِ ". قَالَ مَالِكٌ: «مَنْ قُتِلَ خَطَأً، فَإِنَّمَا عَقْلُهُ مَالٌ لَا قَوَدَ فِيهِ، وَإِنَّمَا هُوَ كَغَيْرِهِ مِنْ مَالِهِ يُقْضَى بِهِ دَيْنُهُ، وَيَجُوزُ فِيهِ وَصِيَّتُهُ، فَإِنْ كَانَ لَهُ مَالٌ تَكُونُ الدِّيَةُ قَدْرَ ثُلُثِهِ، ثُمَّ عَفَا عَنْ دِيَتِهِ، فَذَلِكَ جَائِزٌ لَهُ، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ لَهُ مَالٌ غَيْرُ دِيَتِهِ جَازَ لَهُ مِنْ ذَلِكَ الثُّلُثُ إِذَا عَفَا عَنْهُ وَأَوْصَى بِهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'Ibn Shihāb, Sulaymān ibn Yasār et Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān disaient : « La diya de l'homicide involontaire est de vingt bint makhāḍ, vingt bint labūn, vingt ibn labūn mâles [chameau entré dans sa troisième année], vingt ḥiqqa et vingt jadhaʿa. » Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est qu'il n'y a pas de talion entre les enfants, et que leur acte volontaire est tenu pour involontaire, tant que les peines légales ne leur sont pas applicables et qu'ils n'ont pas atteint la puberté. L'homicide commis par l'enfant n'est jamais qu'involontaire. Ainsi, si un enfant et un adulte tuaient involontairement un homme libre, chacun d'eux devrait la moitié de la diya. » Mālik a dit : « Celui qui est tué involontairement, son prix du sang n'est qu'un bien qui ne donne pas lieu au talion. Il est comme le reste de ses biens : on en acquitte sa dette et son testament s'y applique. S'il a des biens tels que la diya en représente le tiers, puis qu'il renonce à sa diya, cela lui est permis. Et s'il n'a pas d'autre bien que sa diya, il ne lui en est permis que le tiers, s'il y renonce et en dispose par testament. »

  11. Le prix du sang des blessures involontairesبَابُ عَقْلِ الْجِرَاحِ فِي الْخَطَأِ
  12. 1688

    يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، «أَنَّ الْأَمْرَ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَهُمْ فِي الْخَطَإِ، أَنَّهُ لَا يُعْقَلُ حَتَّى يَبْرَأَ الْمَجْرُوحُ، وَيَصِحَّ وَأَنَّهُ إِنْ كُسِرَ عَظْمٌ مِنَ الْإِنْسَانِ يَدٌ أَوْ رِجْلٌ أَوْ غَيْرُ ذَلِكَ مِنَ الْجَسَدِ خَطَأً، فَبَرَأَ وَصَحَّ وَعَادَ لِهَيْئَتِهِ، فَلَيْسَ فِيهِ عَقْلٌ، فَإِنْ نَقَصَ أَوْ كَانَ فِيهِ عَثَلٌ فَفِيهِ مِنْ عَقْلِهِ بِحِسَابِ مَا نَقَصَ». قَالَ: «فَإِنْ كَانَ ذَلِكَ الْعَظْمُ مِمَّا جَاءَ فِيهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَقْلٌ مُسَمًّى، فَبِحِسَابِ مَا فَرَضَ فِيهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَمَا كَانَ مِمَّا لَمْ يَأْتِ فِيهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَقْلٌ مُسَمًّى، وَلَمْ تَمْضِ فِيهِ سُنَّةٌ، وَلَا عَقْلٌ مُسَمًّى، فَإِنَّهُ يُجْتَهَدُ فِيهِ». قَالَ مَالِكٌ: «وَلَيْسَ فِي الْجِرَاحِ فِي الْجَسَدِ إِذَا كَانَتْ خَطَأً عَقْلٌ إِذَا بَرَأَ الْجُرْحُ، وَعَادَ لِهَيْئَتِهِ، فَإِنْ كَانَ فِي شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ عَثَلٌ أَوْ شَيْنٌ، فَإِنَّهُ يُجْتَهَدُ فِيهِ إِلَّا الْجَائِفَةَ، فَإِنَّ فِيهَا ثُلُثَ دِيَةِ النَّفْسِ». قَالَ مَالِكٌ: «وَلَيْسَ فِي مُنَقِّلَةِ الْجَسَدِ عَقْلٌ، وَهِيَ مِثْلُ مُوضِحَةِ الْجَسَدِ». قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا: أَنَّ الطَّبِيبَ إِذَا خَتَنَ، فَقَطَعَ الْحَشَفَةَ إِنَّ عَلَيْهِ الْعَقْلَ، وَأَنَّ ذَلِكَ مِنَ الْخَطَإِ الَّذِي تَحْمِلُهُ الْعَاقِلَةُ، وَأَنَّ كُلَّ مَا أَخْطَأَ بِهِ الطَّبِيبُ أَوْ تَعَدَّى إِذَا لَمْ يَتَعَمَّدْ ذَلِكَ، فَفِيهِ الْعَقْلُ "

    Yaḥyā, d'après Mālik, [a rapporté] que la règle sur laquelle on s'accorde chez eux, en matière de blessure involontaire, est que l'on ne fixe pas le prix du sang avant que le blessé ne soit guéri et rétabli ; et que si un os de l'homme, à la main, au pied ou ailleurs dans le corps, est brisé involontairement, puis qu'il guérit, se rétablit et retrouve son état, il n'y a pas de prix du sang pour lui. S'il reste diminué ou s'il s'est mal ressoudé [ʿathal], il est dû de son prix du sang à proportion de ce qu'il a perdu. Il a dit : « Si cet os est de ceux pour lesquels un prix du sang déterminé est venu du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, c'est à proportion de ce que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, y a prescrit. Et ce pour quoi il n'est pas venu du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de prix du sang déterminé, et pour quoi il n'y a ni sunna établie ni prix du sang déterminé, on y procède par effort d'appréciation [ijtihād]. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de prix du sang pour les blessures du corps, lorsqu'elles sont involontaires, si la plaie guérit et retrouve son état. S'il en reste une mauvaise consolidation ou une marque disgracieuse, on y procède par effort d'appréciation, sauf pour la jāʾifa, pour laquelle il est dû le tiers de la diya d'une vie. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de prix du sang pour la munaqqila [blessure qui déplace les os] du corps ; elle est comme la mūḍiḥa du corps. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que le médecin qui circoncit et tranche le gland doit le prix du sang, que cela relève de l'acte involontaire que supporte la ʿāqila, et que pour toute erreur ou tout dépassement du médecin, s'il ne l'a pas fait volontairement, le prix du sang est dû. »

  13. Le prix du sang de la femmeبَابُ عَقْلِ الْمَرْأَةِ
  14. 1689

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «تُعَاقِلُ الْمَرْأَةُ الرَّجُلَ إِلَى ثُلُثِ الدِّيَةِ إِصْبَعُهَا كَإِصْبَعِهِ، وَسِنُّهَا كَسِنِّهِ، وَمُوضِحَتُهَا كَمُوضِحَتِهِ، وَمُنَقِّلَتُهَا كَمُنَقِّلَتِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il disait : « La femme est à égalité de prix du sang avec l'homme jusqu'au tiers de la diya : son doigt est comme le sien, sa dent comme la sienne, sa mūḍiḥa comme la sienne et sa munaqqila comme la sienne. »

  15. 1690

    وحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، وَبَلَغَهُ عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، أَنَّهُمَا كَانَا يَقُولَانِ مِثْلَ قَوْلِ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ فِي الْمَرْأَةِ: «أَنَّهَا تُعَاقِلُ الرَّجُلَ إِلَى ثُلُثِ دِيَةِ الرَّجُلِ، فَإِذَا بَلَغَتْ ثُلُثَ دِيَةِ الرَّجُلِ كَانَتْ إِلَى النِّصْفِ مِنْ دِيَةِ الرَّجُلِ»، قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنَّهَا تُعَاقِلُهُ فِي الْمُوضِحَةِ وَالْمُنَقِّلَةِ، وَمَا دُونَ الْمَأْمُومَةِ وَالْجَائِفَةِ، وَأَشْبَاهِهِمَا مِمَّا يَكُونُ فِيهِ ثُلُثُ الدِّيَةِ فَصَاعِدًا، فَإِذَا بَلَغَتْ ذَلِكَ كَانَ عَقْلُهَا فِي ذَلِكَ النِّصْفَ مِنْ عَقْلِ الرَّجُلِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, et il lui est parvenu de ʿUrwa ibn az-Zubayr, que tous deux disaient la même chose que Saʿīd ibn al-Musayyib au sujet de la femme : elle est à égalité de prix du sang avec l'homme jusqu'au tiers de la diya de l'homme ; lorsqu'elle atteint le tiers de la diya de l'homme, elle est ramenée à la moitié de la diya de l'homme. Mālik a dit : « L'explication en est qu'elle est à égalité avec lui pour la mūḍiḥa, la munaqqila et ce qui est en deçà de la maʾmūma, de la jāʾifa et de leurs semblables, pour lesquelles il est dû le tiers de la diya ou davantage. Lorsqu'elle atteint cela, son prix du sang y est la moitié de celui de l'homme. »

  16. 1691

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ شِهَابٍ يَقُولُ: «مَضَتِ السُّنَّةُ أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا أَصَابَ امْرَأَتَهُ بِجُرْحٍ أَنَّ عَلَيْهِ عَقْلَ ذَلِكَ الْجُرْحِ، وَلَا يُقَادُ مِنْهُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا ذَلِكَ فِي الْخَطَإِ، أَنْ يَضْرِبَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ فَيُصِيبَهَا مِنْ ضَرْبِهِ مَا لَمْ يَتَعَمَّدْ يَضْرِبُهَا بِسَوْطٍ، فَيَفْقَأُ عَيْنَهَا، أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ». قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْمَرْأَةِ يَكُونُ لَهَا زَوْجٌ وَوَلَدٌ مِنْ غَيْرِ عَصَبَتِهَا، وَلَا قَوْمِهَا فَلَيْسَ عَلَى زَوْجِهَا إِذَا كَانَ مِنْ قَبِيلَةٍ أُخْرَى مِنْ عَقْلِ جِنَايَتِهَا شَيْءٌ، وَلَا عَلَى وَلَدِهَا إِذَا كَانُوا مِنْ غَيْرِ قَوْمِهَا، وَلَا عَلَى إِخْوَتِهَا مِنْ أُمِّهَا إِذَا كَانُوا مِنْ غَيْرِ عَصَبَتِهَا، وَلَا قَوْمِهَا فَهَؤُلَاءِ أَحَقُّ بِمِيرَاثِهَا، وَالْعَصَبَةُ عَلَيْهِمُ الْعَقْلُ مُنْذُ زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَكَذَلِكَ مَوَالِي الْمَرْأَةِ مِيرَاثُهُمْ لِوَلَدِ الْمَرْأَةِ، وَإِنْ كَانُوا مِنْ غَيْرِ قَبِيلَتِهَا، وَعَقْلُ جِنَايَةِ الْمَوَالِي عَلَى قَبِيلَتِهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Ibn Shihāb dire : « La sunna établie est que l'homme qui cause une blessure à son épouse doit le prix du sang de cette blessure, et que le talion ne lui est pas appliqué. » Mālik a dit : « Cela ne vaut que pour l'acte involontaire : l'homme frappe son épouse et l'atteint, par son coup, de ce qu'il n'a pas voulu : il la frappe avec un fouet et lui crève l'œil, ou chose semblable. » Mālik a dit, au sujet de la femme qui a un époux et des enfants n'appartenant ni à ses parents par les mâles [ʿaṣaba] ni à son clan : « Son époux, s'il est d'une autre tribu, ne doit rien du prix du sang de son crime, ni ses enfants s'ils ne sont pas de son clan, ni ses frères utérins s'ils ne sont ni de ses parents par les mâles ni de son clan. Ceux-là ont pourtant davantage droit à son héritage, tandis que c'est aux parents par les mâles qu'incombe le prix du sang, depuis le temps du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. De même les mawālī [affranchis] de la femme : leur héritage revient aux enfants de la femme, même si ceux-ci ne sont pas de sa tribu, alors que le prix du sang du crime des mawālī incombe à sa tribu. »

  17. Le prix du sang du fœtusبَابُ عَقْلِ الْجَنِينِ
  18. 1692

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ امْرَأَتَيْنِ مِنْ هُذَيْلٍ رَمَتْ إِحْدَاهُمَا الْأُخْرَى، فَطَرَحَتْ جَنِينَهَا، «فَقَضَى فِيهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِغُرَّةٍ عَبْدٍ أَوْ وَلِيدَةٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, d'après Abū Hurayra, que, de deux femmes de Hudhayl, l'une frappa l'autre d'un projectile, et celle-ci expulsa son fœtus. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jugea qu'il était dû pour lui une ghurra : un esclave, homme ou femme.

    La ghurra est l'esclave, homme ou femme, donné en réparation du fœtus.

  19. 1693

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَضَى فِي الْجَنِينِ يُقْتَلُ فِي بَطْنِ أُمِّهِ بِغُرَّةٍ عَبْدٍ أَوْ وَلِيدَةٍ»، فَقَالَ الَّذِي قُضِيَ عَلَيْهِ: كَيْفَ أَغْرَمُ مَا لَا شَرِبَ، وَلَا أَكَلْ، وَلَا نَطَقَ، وَلَا اسْتَهَلْ وَمِثْلُ ذَلِكَ يُطَلُّ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «إِنَّمَا هَذَا مِنْ إِخْوَانِ الْكُهَّانِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jugea qu'il était dû, pour le fœtus tué dans le ventre de sa mère, une ghurra : un esclave, homme ou femme. Celui contre qui le jugement fut rendu dit : « Comment paierais-je pour qui n'a ni bu ni mangé, ni parlé ni crié ? Pareille chose reste sans réparation. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Celui-ci n'est que des frères des devins. »

    L'homme s'était exprimé en prose rimée, à la manière des devins.

  20. 1694

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «الْغُرَّةُ تُقَوَّمُ خَمْسِينَ دِينَارًا، أَوْ سِتَّمِائَةِ دِرْهَمٍ، وَدِيَةُ الْمَرْأَةِ الْحُرَّةِ الْمُسْلِمَةِ خَمْسُمِائَةِ دِينَارٍ، أَوْ سِتَّةُ آلَافِ دِرْهَمٍ» قَالَ مَالِكٌ: «فَدِيَةُ جَنِينِ الْحُرَّةِ عُشْرُ دِيَتِهَا، وَالْعُشْرُ خَمْسُونَ دِينَارًا، أَوْ سِتُّمِائَةِ دِرْهَمٍ». قَالَ مَالِكٌ: «وَلَمْ أَسْمَعْ أَحَدًا يُخَالِفُ فِي أَنَّ الْجَنِينَ لَا تَكُونُ فِيهِ الْغُرَّةُ حَتَّى يُزَايِلَ بَطْنَ أُمِّهِ، وَيَسْقُطُ مِنْ بَطْنِهَا مَيِّتًا». قَالَ مَالِكٌ: «وَسَمِعْتُ أَنَّهُ إِذَا خَرَجَ الْجَنِينُ مِنْ بَطْنِ أُمِّهِ حَيًّا، ثُمَّ مَاتَ أَنَّ فِيهِ الدِّيَةَ كَامِلَةً». قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا حَيَاةَ لِلْجَنِينِ إِلَّا بِالْاسْتِهْلَالِ، فَإِذَا خَرَجَ مِنْ بَطْنِ أُمِّهِ فَاسْتَهَلَّ، ثُمَّ مَاتَ فَفِيهِ الدِّيَةُ كَامِلَةً، قَالَ مَالِكٌ: وَنَرَى أَنَّ فِي جَنِينِ الْأَمَةِ عُشْرَ ثَمَنِ أُمِّهِ». قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا قَتَلَتِ الْمَرْأَةُ رَجُلًا أَوِ امْرَأَةً عَمْدًا، وَالَّتِي قَتَلَتْ حَامِلٌ لَمْ يُقَدْ مِنْهَا حَتَّى تَضَعَ حَمْلَهَا، وَإِنْ قُتِلَتِ الْمَرْأَةُ وَهِيَ حَامِلٌ عَمْدًا أَوْ خَطَأً فَلَيْسَ عَلَى مَنْ قَتَلَهَا فِي جَنِينِهَا شَيْءٌ، إِنْ قُتِلَتْ عَمْدًا قُتِلَ الَّذِي قَتَلَهَا، وَلَيْسَ فِي جَنِينِهَا دِيَةٌ، وَإِنْ قُتِلَتْ خَطَأً فَعَلَى عَاقِلَةِ قَاتِلِهَا دِيَتُهَا، وَلَيْسَ فِي جَنِينِهَا دِيَةٌ»، وَسُئِلَ مَالِكٌ، عَنْ جَنِينِ الْيَهُودِيَّةِ وَالنَّصْرَانِيَّةِ تُطْرَحُ؟ فَقَالَ: «أَرَى أَنَّ فِيهِ عُشْرَ دِيَةِ أُمِّهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, qu'il disait : « La ghurra est évaluée à cinquante dīnārs ou six cents dirhams, et la diya de la femme libre musulmane est de cinq cents dīnārs ou six mille dirhams. » Mālik a dit : « La diya du fœtus de la femme libre est donc le dixième de sa diya à elle, et le dixième est de cinquante dīnārs ou six cents dirhams. » Mālik a dit : « Je n'ai entendu personne contester que la ghurra n'est due pour le fœtus que lorsqu'il quitte le ventre de sa mère et en tombe mort. » Mālik a dit : « Et j'ai entendu dire que si le fœtus sort vivant du ventre de sa mère, puis meurt, il est dû pour lui la diya entière. » Mālik a dit : « Le fœtus n'est tenu pour vivant que par le cri de la naissance [istihlāl]. S'il sort du ventre de sa mère, pousse un cri, puis meurt, il est dû pour lui la diya entière. Et nous sommes d'avis que pour le fœtus de la femme esclave il est dû le dixième du prix de sa mère. » Mālik a dit : « Si une femme tue volontairement un homme ou une femme et que celle qui a tué est enceinte, le talion ne lui est pas appliqué avant qu'elle n'ait accouché. Et si une femme enceinte est tuée, volontairement ou involontairement, celui qui l'a tuée ne doit rien pour son fœtus. Si elle est tuée volontairement, celui qui l'a tuée est mis à mort, et il n'y a pas de diya pour son fœtus. Si elle est tuée involontairement, la ʿāqila de celui qui l'a tuée doit sa diya à elle, et il n'y a pas de diya pour son fœtus. » Mālik fut interrogé sur le fœtus de la juive et de la chrétienne, lorsqu'il est expulsé. Il dit : « Je suis d'avis qu'il est dû pour lui le dixième de la diya de sa mère. »

  21. Ce pour quoi la diya entière est dueبَابُ مَا فِيهِ الدِّيَةُ كَامِلَةً
  22. 1695

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، " أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «فِي الشَّفَتَيْنِ الدِّيَةُ كَامِلَةً، فَإِذَا قُطِعَتِ السُّفْلَى، فَفِيهَا ثُلُثَا الدِّيَةِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il disait : « Pour les deux lèvres, il est dû la diya entière ; si la lèvre inférieure est tranchée, il est dû pour elle les deux tiers de la diya. »

  23. 1696

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ عَنِ الرَّجُلِ الْأَعْوَرِ يَفْقَأُ عَيْنَ الصَّحِيحِ، فَقَالَ ابْنُ شِهَابٍ: «إِنْ أَحَبَّ الصَّحِيحُ أَنْ يَسْتَقِيدَ مِنْهُ، فَلَهُ الْقَوَدُ، وَإِنْ أَحَبَّ، فَلَهُ الدِّيَةُ أَلْفُ دِينَارٍ أَوِ اثْنَا عَشَرَ أَلْفَ دِرْهَمٍ» وحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ «أَنَّ فِي كُلِّ زَوْجٍ مِنَ الْإِنْسَانِ الدِّيَةَ كَامِلَةً، وَأَنَّ فِي اللِّسَانِ الدِّيَةَ كَامِلَةً، وَأَنَّ فِي الْأُذُنَيْنِ إِذَا ذَهَبَ سَمْعُهُمَا الدِّيَةَ كَامِلَةً اصْطُلِمَتَا، أَوْ لَمْ تُصْطَلَمَا، وَفِي ذَكَرِ الرَّجُلِ الدِّيَةُ كَامِلَةً، وَفِي الْأُنْثَيَيْنِ الدِّيَةُ كَامِلَةً» وَحَدَّثَنِي عَنْ مالِكٍ، أَنَّهُ بَلَغَهُ «أَنَّ فِي ثَدْيَيِ الْمَرْأَةِ الدِّيَةَ كَامِلَةً». قَالَ مَالِكٌ: «وَأَخَفُّ ذَلِكَ عِنْدِي الْحَاجِبَانِ، وَثَدْيَا الرَّجُلِ». قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا أُصِيبَ مِنْ أَطْرَافِهِ أَكْثَرُ مِنْ دِيَتِهِ، فَذَلِكَ لَهُ إِذَا أُصِيبَتْ يَدَاهُ وَرِجْلَاهُ وَعَيْنَاهُ، فَلَهُ ثَلَاثُ دِيَاتٍ». قَالَ مَالِكٌ: «فِي عَيْنِ الْأَعْوَرِ الصَّحِيحَةِ إِذَا فُقِئَتْ خَطَأً إِنَّ فِيهَا الدِّيَةَ كَامِلَةً»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il interrogea Ibn Shihāb sur le borgne qui crève l'œil d'un homme aux deux yeux sains. Ibn Shihāb dit : « Si l'homme sain veut lui appliquer le talion, il a droit au talion ; et s'il le veut, il a droit à la diya : mille dīnārs ou douze mille dirhams. » Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que pour tout organe double de l'être humain il est dû la diya entière ; que pour la langue il est dû la diya entière ; que pour les deux oreilles, lorsque l'ouïe en est perdue, il est dû la diya entière, qu'elles aient été coupées à ras ou non ; que pour la verge de l'homme il est dû la diya entière, et pour les deux testicules la diya entière. Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que pour les deux seins de la femme il est dû la diya entière. Mālik a dit : « Ce qu'il y a de plus léger en cela, à mon avis, ce sont les deux sourcils et les deux mamelles de l'homme. » Mālik a dit : « La règle chez nous est que l'homme atteint dans ses membres au-delà de sa diya y a droit : si ses deux mains, ses deux pieds et ses deux yeux sont atteints, il a droit à trois diyas. » Mālik a dit, au sujet de l'œil sain du borgne, lorsqu'il est crevé involontairement : « Il est dû pour lui la diya entière. »

    Selon az-Zurqānī, les sourcils et les mamelles de l'homme ne donnent pas lieu à la diya mais à une indemnité laissée à l'appréciation du juge.

  24. Le prix du sang de l'œil dont la vue est perdueبَابُ عَقْلِ الْعَيْنِ إِذَا ذَهَبَ بَصَرُهَا
  25. 1697

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ زَيْدَ بْنَ ثَابِتٍ، كَانَ يَقُولُ: «فِي الْعَيْنِ الْقَائِمَةِ إِذَا أُطْفِئَتْ مِائَةُ دِينَارٍ» قَالَ يَحْيَى: وسُئِلَ مَالِكٌ عَنْ شَتَرِ الْعَيْنِ، وَحِجَاجِ الْعَيْنِ، فَقَالَ: «لَيْسَ فِي ذَلِكَ إِلَّا الِاجْتِهَادُ إِلَّا أَنْ يَنْقُصَ بَصَرُ الْعَيْنِ، فَيَكُونُ لَهُ بِقَدْرِ مَا نَقَصَ مِنْ بَصَرِ الْعَيْنِ». قَالَ يَحْيَى قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الْعَيْنِ الْقَائِمَةِ الْعَوْرَاءِ، إِذَا أُطْفِئَتْ، وَفِي الْيَدِ الشَّلَّاءِ إِذَا قُطِعَتْ، إِنَّهُ لَيْسَ فِي ذَلِكَ إِلَّا الِاجْتِهَادُ، وَلَيْسَ فِي ذَلِكَ عَقْلٌ مُسَمًّى»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Sulaymān ibn Yasār, que Zayd ibn Thābit disait : « Pour l'œil resté en place, lorsqu'il est éteint, cent dīnārs. » Yaḥyā a dit : Mālik fut interrogé sur la paupière fendue [shatar] et sur l'os de l'orbite [ḥijāj]. Il dit : « Il n'y a là que l'effort d'appréciation, à moins que la vue de l'œil n'en soit diminuée : il lui est alors dû à proportion de ce que l'œil a perdu de sa vue. » Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « La règle chez nous, pour l'œil borgne resté en place lorsqu'il est éteint, et pour la main paralysée lorsqu'elle est tranchée, est qu'il n'y a là que l'effort d'appréciation, et qu'il n'y a pas pour cela de prix du sang déterminé. »

    L'œil « resté en place » est celui qui a gardé sa forme. Selon az-Zurqānī, dans la parole de Mālik il s'agit de l'œil qui ne voyait déjà plus et que l'on arrache.

  26. Le prix du sang des blessures de la têteبَابُ عَقْلِ الشِّجَاجِ
  27. 1698

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ سُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، يَذْكُرُ أَنَّ الْمُوضِحَةَ فِي الْوَجْهِ مِثْلُ الْمُوضِحَةِ فِي الرَّأْسِ، إِلَّا أَنْ تَعِيبَ الْوَجْهَ فَيُزَادُ فِي عَقْلِهَا، مَا بَيْنَهَا وَبَيْنَ عَقْلِ نِصْفِ الْمُوضِحَةِ فِي الرَّأْسِ، فَيَكُونُ فِيهَا خَمْسَةٌ وَسَبْعُونَ دِينَارًا " قَالَ مَالِكٌ: " وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ فِي الْمُنَقِّلَةِ خَمْسَ عَشَرَةَ فَرِيضَةً. قَالَ: وَالْمُنَقِّلَةُ الَّتِي يَطِيرُ فِرَاشُهَا مِنَ الْعَظْمِ، وَلَا تَخْرِقُ إِلَى الدِّمَاغِ، وَهِيَ تَكُونُ فِي الرَّأْسِ وَفِي الْوَجْهِ "، قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا أَنَّ الْمَأْمُومَةَ وَالْجَائِفَةَ لَيْسَ فِيهِمَا قَوَدٌ». قَالَ مَالِكٌ: وَقَدْ قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: «لَيْسَ فِي الْمَأْمُومَةِ قَوَدٌ». قَالَ مَالِكٌ: «وَالْمَأْمُومَةُ مَا خَرَقَ الْعَظْمَ إِلَى الدِّمَاغِ، وَلَا تَكُونُ الْمَأْمُومَةُ إِلَّا فِي الرَّأْسِ، وَمَا يَصِلُ إِلَى الدِّمَاغِ إِذَا خَرَقَ الْعَظْمَ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّهُ لَيْسَ فِيمَا دُونَ الْمُوضِحَةِ مِنَ الشِّجَاجِ عَقْلٌ. حَتَّى تَبْلُغَ الْمُوضِحَةَ، وَإِنَّمَا الْعَقْلُ فِي الْمُوضِحَةِ فَمَا فَوْقَهَا. وَذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انْتَهَى إِلَى الْمُوضِحَةِ فِي كِتَابِهِ لِعَمْرِو بْنِ حَزْمٍ فَجَعَلَ فِيهَا خَمْسًا مِنَ الْإِبِلِ،» وَلَمْ تَقْضِ الْأَئِمَّةُ عِنْدَنَا فِي الْقَدِيمِ، وَلَا فِي الْحَدِيثِ فِيمَا دُونَ الْمُوضِحَةِ بِعَقْلٍ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Sulaymān ibn Yasār mentionner que la mūḍiḥa du visage est comme la mūḍiḥa de la tête, sauf si elle défigure le visage : on ajoute alors à son prix du sang jusqu'à la moitié du prix du sang de la mūḍiḥa de la tête, de sorte qu'il est dû pour elle soixante-quinze dīnārs. Mālik a dit : « La règle chez nous est que pour la munaqqila il est dû quinze chameaux [farīḍa]. » Il a dit : « La munaqqila est celle dont de minces éclats d'os se détachent, sans qu'elle perce jusqu'au cerveau ; elle se trouve à la tête et au visage. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est qu'il n'y a pas de talion pour la maʾmūma ni pour la jāʾifa. » Mālik a dit : Et Ibn Shihāb a dit : « Il n'y a pas de talion pour la maʾmūma. » Mālik a dit : « La maʾmūma est celle qui perce l'os jusqu'au cerveau ; il n'y a de maʾmūma qu'à la tête, et c'est ce qui parvient au cerveau lorsque l'os est percé. » Mālik a dit : « La règle chez nous est qu'il n'y a pas de prix du sang pour les blessures de la tête qui sont en deçà de la mūḍiḥa, tant qu'elles n'atteignent pas la mūḍiḥa. Le prix du sang n'est dû que pour la mūḍiḥa et ce qui la dépasse. Cela parce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, s'est arrêté à la mūḍiḥa dans son écrit à ʿAmr ibn Ḥazm et a fixé pour elle cinq chameaux. Et les imāms, chez nous, ni autrefois ni récemment, n'ont jugé d'un prix du sang pour ce qui est en deçà de la mūḍiḥa. »

    La farīḍa est ici le chameau dû au titre de la diya.

  28. 1699

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ قَالَ: «كُلُّ نَافِذَةٍ فِي عُضْوٍ مِنَ الْأَعْضَاءِ، فَفِيهَا ثُلُثُ عَقْلِ ذَلِكَ الْعُضْوِ» قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: كَانَ ابْنُ شِهَابٍ لَا يَرَى ذَلِكَ. قَالَ يَحْيَى: وَسَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: «وَأَنَا لَا أَرَى فِي نَافِذَةٍ فِي عُضْوٍ مِنَ الْأَعْضَاءِ فِي الْجَسَدِ أَمْرًا مُجْتَمَعًا عَلَيْهِ، وَلَكِنِّي أَرَى فِيهِ الِاجْتِهَادَ يَجْتَهِدُ الْإِمَامُ فِي ذَلِكَ وَلَيْسَ فِي ذَلِكَ أَمْرٌ مُجْتَمَعٌ عَلَيْهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il a dit : « Pour toute blessure qui traverse un membre, il est dû le tiers du prix du sang de ce membre. » Yaḥyā a dit : J'ai entendu Mālik dire : Ibn Shihāb n'était pas de cet avis. Yaḥyā a dit : Et j'ai entendu Mālik dire : « Et moi, je ne vois, pour la blessure qui traverse un membre du corps, aucune règle sur laquelle on s'accorde ; je suis d'avis qu'il y a là matière à effort d'appréciation : l'imām y exerce son appréciation, et il n'y a pas à ce sujet de règle sur laquelle on s'accorde. »

  29. 1700

    قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ الْمَأْمُومَةَ وَالْمُنَقِّلَةَ وَالْمُوضِحَةَ لَا تَكُونُ إِلَّا فِي الْوَجْهِ وَالرَّأْسِ، فَمَا كَانَ فِي الْجَسَدِ مِنْ ذَلِكَ فَلَيْسَ فِيهِ إِلَّا الِاجْتِهَادُ». قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا أَرَى اللَّحْيَ الْأَسْفَلَ وَالْأَنْفَ مِنَ الرَّأْسِ فِي جِرَاحِهِمَا لِأَنَّهُمَا عَظْمَانِ مُنْفَرِدَانِ وَالرَّأْسُ بَعْدَهُمَا عَظْمٌ وَاحِدٌ»

    Mālik a dit : « La règle chez nous est que la maʾmūma, la munaqqila et la mūḍiḥa ne se trouvent qu'au visage et à la tête ; pour ce qui s'en trouve au corps, il n'y a que l'effort d'appréciation. » Mālik a dit : « Je ne suis pas d'avis que la mâchoire inférieure et le nez fassent partie de la tête pour ce qui est de leurs blessures, car ce sont deux os distincts, et la tête, en dehors d'eux, est un seul os. »

  30. 1701

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ الزُّبَيْرِ، «أَقَادَ مِنَ الْمُنَقِّلَةِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, que ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr appliqua le talion pour la munaqqila.

  31. Le prix du sang des doigtsبَابُ عَقْلِ الْأَصَابِعِ
  32. 1702

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّهُ قَالَ: سَأَلْتُ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ: كَمْ فِي إِصْبَعِ الْمَرْأَةِ؟ فَقَالَ: «عَشْرٌ مِنَ الْإِبِلِ» فَقُلْتُ: كَمْ فِي إِصْبَعَيْنِ؟ فَقَالَ: عِشْرُونَ مِنَ الْإِبِلِ، فَقُلْتُ: كَمْ فِي ثَلَاثٍ؟ فَقَالَ: «ثَلَاثُونَ مِنَ الْإِبِلِ» فَقُلْتُ: كَمْ فِي أَرْبَعٍ؟ فَقَالَ: «عِشْرُونَ مِنَ الْإِبِلِ» فَقُلْتُ: حِينَ عَظُمَ جُرْحُهَا، وَاشْتَدَّتْ مُصِيبَتُهَا، نَقَصَ عَقْلُهَا؟ فَقَالَ سَعِيدٌ: «أَعِرَاقِيٌّ أَنْتَ؟» قَالَ: فَقُلْتُ: بَلْ عَالِمٌ مُتَثَبِّتٌ، أَوْ جَاهِلٌ مُتَعَلِّمٌ، قَالَ: «هِيَ السُّنَّةُ يَا ابْنَ أَخِي» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي أَصَابِعِ الْكَفِّ، إِذَا قُطِعَتْ فَقَدْ تَمَّ عَقْلُهَا، وَذَلِكَ أَنَّ خَمْسَ الْأَصَابِعِ إِذَا قُطِعَتْ كَانَ عَقْلُهَا عَقْلَ الْكَفِّ، خَمْسِينَ مِنَ الْإِبِلِ، فِي كُلِّ إِصْبَعٍ عَشْرٌ مِنَ الْإِبِلِ»، قَالَ مَالِكٌ: «وَحِسَابُ الْأَصَابِعِ ثَلَاثَةٌ وَثَلَاثُونَ دِينَارًا، وَثُلُثُ دِينَارٍ فِي كُلِّ أُنْمُلَةٍ، وَهِيَ مِنَ الْإِبِلِ ثَلَاثُ فَرَائِضَ وَثُلُثُ فَرِيضَةٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, qu'il a dit : « J'ai demandé à Saʿīd ibn al-Musayyib : "Combien pour le doigt de la femme ?" Il dit : "Dix chameaux." Je dis : "Combien pour deux doigts ?" Il dit : "Vingt chameaux." Je dis : "Combien pour trois ?" Il dit : "Trente chameaux." Je dis : "Combien pour quatre ?" Il dit : "Vingt chameaux." Je dis : "Quand sa blessure s'aggrave et que son malheur grandit, son prix du sang diminue ?" Saʿīd dit : "Serais-tu irakien ?" Je dis : "Non : un savant qui cherche à s'assurer, ou un ignorant qui cherche à apprendre." Il dit : "C'est la sunna, fils de mon frère." » Mālik a dit : « La règle chez nous, pour les doigts de la main, est que lorsqu'ils sont tranchés leur prix du sang est complet : les cinq doigts, lorsqu'ils sont tranchés, ont pour prix du sang celui de la main, cinquante chameaux, soit dix chameaux pour chaque doigt. » Mālik a dit : « Le compte pour les doigts est de trente-trois dīnārs et un tiers de dīnār pour chaque phalange, ce qui fait en chameaux trois chameaux et un tiers. »

  33. Dispositions diverses sur le prix du sang des dentsبَابُ جَامِعِ عَقْلِ الْأَسْنَانِ
  34. 1703

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ مُسْلِمِ بْنِ جُنْدُبٍ، عَنْ أَسْلَمَ مَوْلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، «قَضَى فِي الضِّرْسِ بِجَمَلٍ، وَفِي التَّرْقُوَةِ بِجَمَلٍ، وَفِي الضِّلَعِ بِجَمَلٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après Muslim ibn Jundub, d'après Aslam, mawlā de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb jugea qu'il était dû un chameau pour la molaire, un chameau pour la clavicule et un chameau pour la côte.

  35. 1704

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ يَقُولُ: «قَضَى عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ فِي الْأَضْرَاسِ بِبَعِيرٍ بَعِيرٍ»، وَقَضَى مُعَاوِيَةُ فِي الْأَضْرَاسِ بِخَمْسَةِ أَبْعِرَةٍ خَمْسَةِ أَبْعِرَةٍ. قَالَ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ: «فَالدِّيَةُ تَنْقُصُ فِي قَضَاءِ عُمَرَ، وَتَزِيدُ فِي قَضَاءِ مُعَاوِيَةَ، فَلَوْ كُنْتُ أَنَا لَجَعَلْتُ فِي الْأَضْرَاسِ بَعِيرَيْنِ بَعِيرَيْنِ، فَتِلْكَ الدِّيَةُ سَوَاءٌ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyib dire : « ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb jugea qu'il était dû un chameau pour chaque molaire, et Muʿāwiya jugea qu'il était dû cinq chameaux pour chaque molaire. » Saʿīd ibn al-Musayyib a dit : « La diya se trouve donc en deçà dans le jugement de ʿUmar et au-delà dans le jugement de Muʿāwiya. Si c'était moi, j'aurais fixé deux chameaux pour chaque molaire : la diya tomberait alors juste. »

    Une autre édition du texte ajoute à la fin : « Et quiconque fait effort d'appréciation est récompensé. »

  36. 1705

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «إِذَا أُصِيبَتِ السِّنُّ فَاسْوَدَّتْ فَفِيهَا عَقْلُهَا تَامًّا، فَإِنْ طُرِحَتْ بَعْدَ أَنْ تَسْوَدَّ فَفِيهَا عَقْلُهَا أَيْضًا تَامًّا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il disait : « Lorsque la dent est atteinte et qu'elle noircit, il est dû pour elle son prix du sang entier ; et si elle tombe après avoir noirci, il est dû pour elle, de nouveau, son prix du sang entier. »

  37. La pratique pour le prix du sang des dentsبَابُ الْعَمَلِ فِي عَقْلِ الْأَسْنَانِ
  38. 1706

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ دَاوُدَ بْنِ الْحُصَيْنِ، عَنْ أَبِي غَطَفَانَ بْنِ طَرِيفٍ الْمُرِّيِّ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ، أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ بَعَثَهُ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ يَسْأَلُهُ: مَاذَا فِي الضِّرْسِ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبَّاسٍ: «فِيهِ خَمْسٌ مِنَ الْإِبِلِ». قَالَ فَرَدَّنِي مَرْوَانُ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ فَقَالَ: أَتَجْعَلُ مُقَدَّمَ الْفَمِ مِثْلَ الْأَضْرَاسِ، فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: «لَوْ لَمْ تَعْتَبِرْ ذَلِكَ إِلَّا بِالْأَصَابِعِ عَقْلُهَا سَوَاءٌ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn, d'après Abū Ghaṭafān ibn Ṭarīf al-Murrī, que celui-ci l'a informé que Marwān ibn al-Ḥakam l'envoya demander à ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās ce qui est dû pour la molaire. ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās dit : « Il est dû pour elle cinq chameaux. » Il a dit : « Marwān me renvoya auprès de ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās pour lui dire : "Mets-tu les dents de devant au même rang que les molaires ?" Ibn ʿAbbās dit : "Si tu ne prenais pour mesure que les doigts [cela te suffirait] : leur prix du sang est le même." »

  39. 1707

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، «أَنَّهُ كَانَ يُسَوِّي بَيْنَ الْأَسْنَانِ فِي الْعَقْلِ، وَلَا يُفَضِّلُ بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ مُقَدَّمَ الْفَمِ وَالْأَضْرَاسِ وَالْأَنْيَابِ عَقْلُهَا كُلُّهَا سَوَاءٌ»، وَذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «فِي السِّنِّ خَمْسٌ مِنَ الْإِبِلِ»، «وَالضِّرْسُ سِنٌّ مِنَ الْأَسْنَانِ، لَا يَفْضُلُ بَعْضُهَا عَلَى بَعْضٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, qu'il mettait les dents à égalité pour le prix du sang et ne donnait la préférence à aucune sur les autres. Mālik a dit : « La règle chez nous est que les dents de devant, les molaires et les canines ont toutes le même prix du sang, parce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : "Pour la dent, cinq chameaux", et que la molaire est une dent parmi les dents : aucune ne l'emporte sur l'autre. »

  40. La diya des blessures de l'esclaveبَابُ دِيَةِ جِرَاحِ الْعَبْدِ
  41. 1708

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، كَانَا يَقُولَانِ: «فِي مُوضِحَةِ الْعَبْدِ نِصْفُ عُشْرِ ثَمَنِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib et Sulaymān ibn Yasār disaient : « Pour la mūḍiḥa de l'esclave, il est dû la moitié du dixième de son prix. »

  42. 1709

    وحَدَّثَنِي مَالِكٌ، أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ «كَانَ يَقْضِي فِي الْعَبْدِ يُصَابُ بِالْجِرَاحِ أَنَّ عَلَى مَنْ جَرَحَهُ قَدْرَ مَا نَقَصَ مِنْ ثَمَنِ الْعَبْدِ». قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ فِي مُوضِحَةِ الْعَبْدِ نِصْفَ عُشْرِ ثَمَنِهِ، وَفِي مُنَقِّلَتِهِ الْعُشْرُ وَنِصْفُ الْعُشْرِ مِنْ ثَمَنِهِ، وَفِي مَأْمُومَتِهِ وَجَائِفَتِهِ فِي كُلِّ وَاحِدَةٍ مِنْهُمَا ثُلُثُ ثَمَنِهِ، وَفِيمَا سِوَى هَذِهِ الْخِصَالِ الْأَرْبَعِ مِمَّا يُصَابُ بِهِ الْعَبْدُ مَا نَقَصَ مِنْ ثَمَنِهِ يُنْظَرُ فِي ذَلِكَ بَعْدَ مَا يَصِحُّ الْعَبْدُ، وَيَبْرَأُ كَمْ بَيْنَ قِيمَةِ الْعَبْدِ بَعْدَ أَنْ أَصَابَهُ الْجُرْحُ، وَقِيمَتِهِ صَحِيحًا قَبْلَ أَنْ يُصِيبَهُ هَذَا، ثُمَّ يَغْرَمُ الَّذِي أَصَابَهُ مَا بَيْنَ الْقِيمَتَيْنِ». قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْعَبْدِ إِذَا كُسِرَتْ يَدُهُ أَوْ رِجْلُهُ، ثُمَّ صَحَّ كَسْرُهُ فَلَيْسَ عَلَى مَنْ أَصَابَهُ شَيْءٌ، فَإِنْ أَصَابَ كَسْرَهُ ذَلِكَ نَقْصٌ أَوْ عَثَلٌ كَانَ عَلَى مَنْ أَصَابَهُ قَدْرُ مَا نَقَصَ مِنْ ثَمَنِ الْعَبْدِ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الْقِصَاصِ بَيْنَ الْمَمَالِيكِ، كَهَيْئَةِ قِصَاصِ الْأَحْرَارِ نَفْسُ الْأَمَةِ بِنَفْسِ الْعَبْدِ، وَجُرْحُهَا بِجُرْحِهِ، فَإِذَا قَتَلَ الْعَبْدُ عَبْدًا عَمْدًا خُيِّرَ سَيِّدُ الْعَبْدِ الْمَقْتُولِ، فَإِنْ شَاءَ قَتَلَ، وَإِنْ شَاءَ أَخَذَ الْعَقْلَ، فَإِنْ أَخَذَ الْعَقْلَ أَخَذَ قِيمَةَ عَبْدِهِ، وَإِنْ شَاءَ رَبُّ الْعَبْدِ الْقَاتِلِ أَنْ يُعْطِيَ ثَمَنَ الْعَبْدِ الْمَقْتُولِ فَعَلَ، وَإِنْ شَاءَ أَسْلَمَ عَبْدَهُ، فَإِذَا أَسْلَمَهُ فَلَيْسَ عَلَيْهِ غَيْرُ ذَلِكَ، وَلَيْسَ لِرَبِّ الْعَبْدِ الْمَقْتُولِ إِذَا أَخَذَ الْعَبْدَ الْقَاتِلَ، وَرَضِيَ بِهِ أَنْ يَقْتُلَهُ، وَذَلِكَ فِي الْقِصَاصِ كُلِّهِ بَيْنَ الْعَبِيدِ فِي قَطْعِ الْيَدِ وَالرِّجْلِ وَأَشْبَاهِ ذَلِكَ بِمَنْزِلَتِهِ فِي الْقَتْلِ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْعَبْدِ يَجْرَحُ الْيَهُودِيَّ أَوِ النَّصْرَانِيَّ إِنَّ سَيِّدَ الْعَبْدِ إِنْ شَاءَ أَنْ يَعْقِلَ عَنْهُ مَا قَدْ أَصَابَ فَعَلَ، أَوْ أَسْلَمَهُ، فَيُبَاعُ فَيُعْطِي الْيَهُودِيَّ أَوِ النَّصْرَانِيَّ مِنْ ثَمَنِ الْعَبْدِ دِيَةَ جُرْحِهِ أَوْ ثَمَنَهُ كُلَّهُ إِنْ أَحَاطَ بِثَمَنِهِ، وَلَا يُعْطِي الْيَهُودِيَّ وَلَا النَّصْرَانِيَّ عَبْدًا مُسْلِمًا»

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu que Marwān ibn al-Ḥakam jugeait, pour l'esclave atteint de blessures, que celui qui l'a blessé doit ce que le prix de l'esclave a perdu. Mālik a dit : « La règle chez nous est que pour la mūḍiḥa de l'esclave il est dû la moitié du dixième de son prix, pour sa munaqqila le dixième et la moitié du dixième de son prix, pour sa maʾmūma et sa jāʾifa, pour chacune des deux, le tiers de son prix. Pour tout ce qui atteint l'esclave en dehors de ces quatre cas, il est dû ce que son prix a perdu : on examine, après que l'esclave s'est rétabli et a guéri, quel est l'écart entre la valeur de l'esclave après la blessure et sa valeur lorsqu'il était sain, avant qu'elle ne l'atteigne ; puis celui qui l'a atteint paie l'écart entre les deux valeurs. » Mālik a dit, au sujet de l'esclave dont la main ou le pied est brisé, puis dont la fracture guérit : « Celui qui l'a atteint ne doit rien. Mais si cette fracture laisse une diminution ou une mauvaise consolidation, celui qui l'a atteint doit ce que le prix de l'esclave a perdu. » Mālik a dit : « La règle chez nous, pour le talion [qiṣāṣ] entre esclaves, est qu'il est à l'image du talion entre personnes libres : la vie de la femme esclave pour la vie de l'homme esclave, et sa blessure pour la sienne. Si un esclave tue volontairement un esclave, le maître de l'esclave tué a le choix : s'il le veut, il fait mettre à mort ; s'il le veut, il prend le prix du sang. S'il prend le prix du sang, il prend la valeur de son esclave. Et si le maître de l'esclave meurtrier veut donner le prix de l'esclave tué, il le fait ; s'il le veut, il livre son esclave. S'il le livre, il ne doit rien d'autre. Et le maître de l'esclave tué, lorsqu'il a pris l'esclave meurtrier et l'a agréé, n'a pas le droit de le mettre à mort. Il en va de tout le talion entre esclaves, pour la main ou le pied tranchés et ce qui y ressemble, comme il en va du meurtre. » Mālik a dit, au sujet de l'esclave qui blesse le juif ou le chrétien : « Le maître de l'esclave, s'il veut payer pour lui le prix du sang de ce qu'il a causé, le fait ; sinon il le livre, et l'esclave est vendu : on donne au juif ou au chrétien, sur le prix de l'esclave, la diya de sa blessure, ou son prix entier si elle l'absorbe en totalité. Et l'on ne remet pas au juif ni au chrétien un esclave musulman. »

  43. La diya des gens de la dhimmaبَابُ دِيَةِ أَهْلِ الذِّمَّةِ
  44. 1710

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ، قَضَى أَنَّ «دِيَةَ الْيَهُودِيِّ أَوِ النَّصْرَانِيِّ إِذَا قُتِلَ أَحَدُهُمَا مِثْلُ نِصْفِ دِيَةِ الْحُرِّ الْمُسْلِمِ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّهُ لَا يُقْتَلَ مُسْلِمٌ بِكَافِرٍ، إِلَّا أَنْ يَقْتُلَهُ مُسْلِمٌ قَتْلَ غِيلَةٍ فَيُقْتَلُ بِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz jugea que la diya du juif ou du chrétien, lorsque l'un d'eux est tué, est égale à la moitié de la diya du musulman libre. Mālik a dit : « La règle chez nous est qu'un musulman n'est pas mis à mort pour un mécréant, sauf si le musulman le tue par traîtrise [ghīla] : il est alors mis à mort pour lui. »

    Les gens de la dhimma sont les non-musulmans établis en terre d'Islam moyennant le tribut [jizya]. La ghīla est le meurtre commis par ruse, en attirant la victime à l'écart.

  45. 1711

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ سُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، كَانَ يَقُولُ: «دِيَةُ الْمَجُوسِيِّ ثَمَانِ مِائَةِ دِرْهَمٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهُوَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا». قَالَ مَالِكٌ: «وَجِرَاحُ الْيَهُودِيِّ وَالنَّصْرَانِيِّ وَالْمَجُوسِيِّ فِي دِيَاتِهِمْ عَلَى حِسَابِ جِرَاحِ الْمُسْلِمِينَ فِي دِيَاتِهِمُ الْمُوضِحَةُ نِصْفُ عُشْرِ دِيَتِهِ، وَالْمَأْمُومَةُ ثُلُثُ دِيَتِهِ، وَالْجَائِفَةُ ثُلُثُ دِيَتِهِ فَعَلَى حِسَابِ ذَلِكَ جِرَاحَاتُهُمْ كُلُّهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que Sulaymān ibn Yasār disait : « La diya du mazdéen est de huit cents dirhams. » Mālik a dit : « C'est la règle chez nous. » Mālik a dit : « Les blessures du juif, du chrétien et du mazdéen se comptent, par rapport à leurs diyas, comme les blessures des musulmans par rapport aux leurs : la mūḍiḥa vaut la moitié du dixième de sa diya, la maʾmūma le tiers de sa diya, la jāʾifa le tiers de sa diya ; et c'est selon ce compte que vont toutes leurs blessures. »

  46. Ce qui met le prix du sang à la charge de l'homme sur ses biens propresبَابُ مَا يُوجِبُ الْعَقْلَ عَلَى الرَّجُلِ فِي خَاصَّةِ مَالِهِ
  47. 1712

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «لَيْسَ عَلَى الْعَاقِلَةِ عَقْلٌ فِي قَتْلِ الْعَمْدِ، إِنَّمَا عَلَيْهِمْ عَقْلُ قَتْلِ الْخَطَإِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, qu'il disait : « La ʿāqila ne doit pas de prix du sang pour l'homicide volontaire ; elle ne doit que le prix du sang de l'homicide involontaire. »

  48. 1713

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ قَالَ: «مَضَتِ السُّنَّةُ أَنَّ الْعَاقِلَةَ لَا تَحْمِلُ شَيْئًا مِنْ دِيَةِ الْعَمْدِ، إِلَّا أَنْ يَشَاءُوا ذَلِكَ»، وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ مِثْلَ ذَلِكَ. قَالَ مَالِكٌ: إِنَّ ابْنَ شِهَابٍ قَالَ: «مَضَتِ السُّنَّةُ فِي قَتْلِ الْعَمْدِ حِينَ يَعْفُو أَوْلِيَاءُ الْمَقْتُولِ، أَنَّ الدِّيَةَ تَكُونُ عَلَى الْقَاتِلِ فِي مَالِهِ خَاصَّةً إِلَّا أَنْ تُعِينَهُ الْعَاقِلَةُ عَنْ طِيبِ أَنْفُسٍ مِنْهَا». قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ الدِّيَةَ لَا تَجِبُ عَلَى الْعَاقِلَةِ حَتَّى تَبْلُغَ الثُّلُثَ فَصَاعِدًا، فَمَا بَلَغَ الثُّلُثَ فَهُوَ عَلَى الْعَاقِلَةِ، وَمَا كَانَ دُونَ الثُّلُثِ فَهُوَ فِي مَالِ الْجَارِحِ خَاصَّةً». قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا فِيمَنْ قُبِلَتْ مِنْهُ الدِّيَةُ فِي قَتْلِ الْعَمْدِ، أَوْ فِي شَيْءٍ مِنَ الْجِرَاحِ الَّتِي فِيهَا الْقِصَاصُ، أَنَّ عَقْلَ ذَلِكَ لَا يَكُونُ عَلَى الْعَاقِلَةِ إِلَّا أَنْ يَشَاءُوا، وَإِنَّمَا عَقْلُ ذَلِكَ فِي مَالِ الْقَاتِلِ أَوِ الْجَارِحِ خَاصَّةً، إِنْ وُجِدَ لَهُ مَالٌ، وَإِنْ لَمْ يُوجَدْ لَهُ مَالٌ كَانَ دَيْنًا عَلَيْهِ وَلَيْسَ عَلَى الْعَاقِلَةِ مِنْهُ شَيْءٌ إِلَّا أَنْ يَشَاءُوا». قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا تَعْقِلُ الْعَاقِلَةُ أَحَدًا أَصَابَ نَفْسَهُ عَمْدًا، أَوْ خَطَأً بِشَيْءٍ، وَعَلَى ذَلِكَ رَأْيُ أَهْلِ الْفِقْهِ عِنْدَنَا، وَلَمْ أَسْمَعْ أَنَّ أَحَدًا ضَمَّنَ الْعَاقِلَةَ مِنْ دِيَةِ الْعَمْدِ شَيْئًا، وَمِمَّا يُعْرَفُ بِهِ ذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ فِي كِتَابِهِ {فَمَنْ عُفِيَ لَهُ مِنْ أَخِيهِ شَيْءٌ فَاتِّبَاعٌ بِالْمَعْرُوفِ وَأَدَاءٌ إِلَيْهِ بِإِحْسَانٍ} [البقرة: 178] فَتَفْسِيرُ ذَلِكَ فِيمَا نُرَى وَاللَّهُ أَعْلَمُ، أَنَّهُ مَنْ أُعْطِيَ مِنْ أَخِيهِ شَيْءٌ مِنَ الْعَقْلِ فَلْيَتْبَعْهُ بِالْمَعْرُوفِ، وَلْيُؤَدِّ إِلَيْهِ بِإِحْسَانٍ " قَالَ مَالِكٌ: «فِي الصَّبِيِّ الَّذِي لَا مَالَ لَهُ، وَالْمَرْأَةِ الَّتِي لَا مَالَ لَهَا، إِذَا جَنَى أَحَدُهُمَا جِنَايَةً دُونَ الثُّلُثِ إِنَّهُ ضَامِنٌ عَلَى الصَّبِيِّ وَالْمَرْأَةِ فِي مَالِهِمَا خَاصَّةً إِنْ كَانَ لَهُمَا مَالٌ أُخِذَ مِنْهُ، وَإِلَّا فَجِنَايَةُ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا دَيْنٌ عَلَيْهِ لَيْسَ عَلَى الْعَاقِلَةِ مِنْهُ شَيْءٌ، وَلَا يُؤْخَذُ أَبُو الصَّبِيِّ بِعَقْلِ جِنَايَةِ الصَّبِيِّ، وَلَيْسَ ذَلِكَ عَلَيْهِ». قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ أَنَّ الْعَبْدَ إِذَا قُتِلَ كَانَتْ فِيهِ الْقِيمَةُ يَوْمَ يُقْتَلُ، وَلَا تَحْمِلُ عَاقِلَةُ قَاتِلِهِ مِنْ قِيمَةِ الْعَبْدِ شَيْئًا قَلَّ أَوْ كَثُرَ، وَإِنَّمَا ذَلِكَ عَلَى الَّذِي أَصَابَهُ فِي مَالِهِ خَاصَّةً بَالِغًا مَا بَلَغَ، وَإِنْ كَانَتْ قِيمَةُ الْعَبْدِ الدِّيَةَ أَوْ أَكْثَرَ، فَذَلِكَ عَلَيْهِ فِي مَالِهِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ الْعَبْدَ سِلْعَةٌ مِنَ السِّلَعِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'il a dit : « La sunna établie est que la ʿāqila ne supporte rien de la diya de l'homicide volontaire, à moins qu'ils ne le veuillent. » Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, la même chose. Mālik a dit : Ibn Shihāb a dit : « La sunna établie, pour l'homicide volontaire lorsque les ayants droit du sang de la victime pardonnent, est que la diya est à la charge du meurtrier, sur ses biens propres, à moins que la ʿāqila ne l'aide de son plein gré. » Mālik a dit : « La règle chez nous est que la diya n'incombe à la ʿāqila que lorsqu'elle atteint le tiers ou davantage. Ce qui atteint le tiers est à la charge de la ʿāqila, et ce qui est en deçà du tiers est sur les biens propres de l'auteur de la blessure. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous, au sujet de celui dont on accepte la diya pour un homicide volontaire, ou pour l'une des blessures qui donnent lieu au talion, est que ce prix du sang n'est pas à la charge de la ʿāqila, à moins qu'ils ne le veuillent. Ce prix du sang est sur les biens propres du meurtrier ou de l'auteur de la blessure, s'il se trouve qu'il a des biens ; s'il ne s'en trouve pas, c'est une dette à sa charge, et la ʿāqila n'en doit rien, à moins qu'ils ne le veuillent. » Mālik a dit : « La ʿāqila ne paie le prix du sang pour personne qui se soit atteint lui-même, volontairement ou involontairement, en quoi que ce soit. Tel est l'avis des gens du fiqh chez nous, et je n'ai pas entendu dire que quiconque ait fait supporter à la ʿāqila quoi que ce soit de la diya de l'acte volontaire. Ce qui le fait connaître, c'est qu'Allah, béni et exalté soit-Il, a dit dans Son Livre : {Celui à qui son frère a remis quelque chose, qu'il y ait poursuite selon l'usage reconnu et acquittement envers lui de belle manière} [2 : 178]. L'explication en est, selon ce que nous pensons, et Allah est plus savant, que celui à qui il a été accordé par son frère quelque chose du prix du sang doit le réclamer selon l'usage reconnu, et que l'autre doit s'en acquitter envers lui de belle manière. » Mālik a dit, au sujet de l'enfant qui n'a pas de biens et de la femme qui n'a pas de biens, lorsque l'un d'eux commet un crime dont la réparation est en deçà du tiers : « Cela est à la charge de l'enfant et de la femme, sur leurs biens propres : s'ils ont des biens, on le prélève dessus ; sinon, le crime de chacun d'eux est une dette à sa charge, et la ʿāqila n'en doit rien. Le père de l'enfant n'est pas tenu du prix du sang du crime de l'enfant, et cela ne lui incombe pas. » Mālik a dit : « La règle chez nous, sur laquelle il n'y a pas de divergence, est que lorsque l'esclave est tué, il est dû pour lui sa valeur au jour où il est tué, et que la ʿāqila de celui qui l'a tué ne supporte rien de la valeur de l'esclave, peu ou beaucoup. Cela n'incombe qu'à celui qui l'a atteint, sur ses biens propres, quel qu'en soit le montant. Si la valeur de l'esclave égale la diya ou la dépasse, cela est à sa charge sur ses biens, parce que l'esclave est une marchandise parmi les marchandises. »

  49. L'héritage du prix du sang et son aggravationبَابُ مِيرَاثِ الْعَقْلِ وَالتَّغْلِيظِ فِيهِ
  50. 1714

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، نَشَدَ النَّاسَ بِمِنًى: مَنْ كَانَ عِنْدَهُ عِلْمٌ مِنَ الدِّيَةِ أَنْ يُخْبِرَنِي، فَقَامَ الضَّحَّاكُ بْنُ سُفْيَانَ الْكِلَابِيُّ فَقَالَ: «كَتَبَ إِلَيَّ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ أُوَرِّثَ امْرَأَةَ أَشْيَمَ الضِّبَابِيِّ مِنْ دِيَةِ زَوْجِهَا» فَقَالَ لَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: ادْخُلِ الْخِبَاءَ حَتَّى آتِيَكَ، فَلَمَّا نَزَلَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ أَخْبَرَهُ الضَّحَّاكُ، فَقَضَى بِذَلِكَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: «وَكَانَ قَتْلُ أَشْيَمَ خَطَأً»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb adjura les gens à Minā : « Que celui qui a quelque connaissance au sujet de la diya m'en informe. » Aḍ-Ḍaḥḥāk ibn Sufyān al-Kilābī se leva et dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'a écrit de faire hériter l'épouse d'Ashyam aḍ-Ḍibābī de la diya de son époux. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb lui dit : « Entre sous la tente jusqu'à ce que je vienne à toi. » Lorsque ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb descendit, aḍ-Ḍaḥḥāk l'en informa, et ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb jugea ainsi. Ibn Shihāb a dit : « Le meurtre d'Ashyam était involontaire. »

  51. 1715

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، أَنَّ رَجُلًا مِنْ بَنِي مُدْلِجٍ يُقَالُ لَهُ قَتَادَةُ، حَذَفَ ابْنَهُ بِالسَّيْفِ، فَأَصَابَ سَاقَهُ، فَنُزِيَ فِي جُرْحِهِ فَمَاتَ، فَقَدِمَ سُرَاقَةُ بْنُ جُعْشُمٍ عَلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، فَذَكَرَ ذَلِكَ لَهُ، فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: اعْدُدْ عَلَى مَاءِ قُدَيْدٍ عِشْرِينَ وَمِائَةَ بَعِيرٍ حَتَّى أَقْدَمَ عَلَيْكَ، فَلَمَّا قَدِمَ إِلَيْهِ عُمَرُ، أَخَذَ مِنْ تِلْكَ الْإِبِلِ ثَلَاثِينَ حِقَّةً، وَثَلَاثِينَ جَذَعَةً، وَأَرْبَعِينَ خَلِفَةً، ثُمَّ قَالَ: «أَيْنَ أَخُو الْمَقْتُولِ؟» قَالَ: هَا أَنَا ذَا. فَقَالَ: خُذْهَا فَإِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَيْسَ لِقَاتِلٍ شَيْءٌ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après ʿAmr ibn Shuʿayb, qu'un homme des Banū Mudlij, appelé Qatāda, lança son sabre sur son fils et l'atteignit à la jambe ; sa blessure saigna sans arrêt et il mourut. Surāqa ibn Juʿshum se rendit auprès de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et lui rapporta cela. ʿUmar lui dit : « Prépare-moi, au point d'eau de Qudayd, cent vingt chameaux, jusqu'à ce que j'arrive chez toi. » Lorsque ʿUmar arriva auprès de lui, il prit de ces chameaux trente ḥiqqa, trente jadhaʿa et quarante khalifa [chamelle pleine], puis dit : « Où est le frère de la victime ? » Celui-ci dit : « Me voici. » Il dit : « Prends-les, car le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : "Le meurtrier n'a droit à rien." »

    Qudayd est un point d'eau entre La Mecque et Médine.

  52. 1716

    وحَدَّثَنِي مَالِكٌ، أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، سُئِلَا: أَتُغَلَّظُ الدِّيَةُ فِي الشَّهْرِ الْحَرَامِ؟ فَقَالَا: «لَا، وَلَكِنْ يُزَادُ فِيهَا لِلْحُرْمَةِ،» فَقِيلَ لِسَعِيدٍ: هَلْ يُزَادُ فِي الْجِرَاحِ كَمَا يُزَادُ فِي النَّفْسِ؟ فَقَالَ: «نَعَمْ». قَالَ مَالِكٌ: «أُرَاهُمَا أَرَادَا مِثْلَ الَّذِي صَنَعَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ فِي عَقْلِ الْمُدْلِجِيِّ حِينَ أَصَابَ ابْنَهُ»

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib et Sulaymān ibn Yasār furent interrogés : « La diya est-elle aggravée pendant le mois sacré ? » Ils dirent : « Non, mais on y ajoute en raison du caractère sacré. » On demanda à Saʿīd : « Ajoute-t-on pour les blessures comme on ajoute pour la vie ? » Il dit : « Oui. » Mālik a dit : « Je pense qu'ils ont voulu dire la même chose que ce que fit ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb pour le prix du sang du Mudlijite, lorsqu'il atteignit son fils. »

  53. 1717

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، " أَنَّ رَجُلًا مِنَ الْأَنْصَارِ يُقَالُ لَهُ أُحَيْحَةُ، كَانَ لَهُ عَمٌّ صَغِيرٌ هُوَ أَصْغَرُ مِنْ أُحَيْحَةَ، وَكَانَ عِنْدَ أَخْوَالِهِ، فَأَخَذَهُ أُحَيْحَةُ فَقَتَلَهُ، فَقَالَ أَخْوَالُهُ: كُنَّا أَهْلَ ثُمِّهِ وَرُمِّهِ حَتَّى إِذَا اسْتَوَى عَلَى عُمَمِهِ، غَلَبَنَا حَقُّ امْرِئٍ فِي عَمِّهِ "، فَقَالَ عُرْوَةُ: «فَلِذَلِكَ لَا يَرِثُ قَاتِلٌ مَنْ قَتَلَ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا أَنَّ قَاتِلَ الْعَمْدِ لَا يَرِثُ مِنْ دِيَةِ مَنْ قَتَلَ شَيْئًا، وَلَا مِنْ مَالِهِ، وَلَا يَحْجُبُ أَحَدًا وَقَعَ لَهُ مِيرَاثٌ، وَأَنَّ الَّذِي يَقْتُلُ خَطَأً لَا يَرِثُ مِنَ الدِّيَةِ شَيْئًا، وَقَدِ اخْتُلِفَ فِي أَنْ يَرِثَ مِنْ مَالِهِ لِأَنَّهُ لَا يُتَّهَمُ عَلَى أَنَّهُ قَتَلَهُ لِيَرِثَهُ، وَلِيَأْخُذَ مَالَهُ فَأَحَبُّ إِلَيَّ أَنْ يَرِثَ مِنْ مَالِهِ، وَلَا يَرِثُ مِنْ دِيَتِهِ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après ʿUrwa ibn az-Zubayr, qu'un homme des Anṣār, appelé Uḥayḥa, avait un jeune oncle paternel, plus jeune qu'Uḥayḥa, qui vivait chez ses oncles maternels. Uḥayḥa s'en saisit et le tua. Ses oncles maternels dirent : « Nous avons pris soin de lui en toute chose, et lorsqu'il a atteint sa pleine stature, le droit d'un homme sur son oncle paternel l'a emporté sur nous. » ʿUrwa a dit : « C'est pourquoi le meurtrier n'hérite pas de celui qu'il a tué. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous est que l'auteur d'un homicide volontaire n'hérite rien de la diya de celui qu'il a tué, ni de ses biens, et qu'il n'évince aucun de ceux à qui un héritage est échu ; et que celui qui tue involontairement n'hérite rien de la diya. On a divergé sur le fait qu'il hérite de ses biens, car on ne le soupçonne pas de l'avoir tué pour hériter de lui et prendre ses biens. Ce que je préfère est qu'il hérite de ses biens et qu'il n'hérite pas de sa diya. »

    « Nous avons pris soin de lui en toute chose » rend l'expression « nous étions les gens de son thumm et de son rumm », que les commentateurs expliquent par l'entretien et la subsistance.

  54. Dispositions diverses sur le prix du sangبَابُ جَامِعِ الْعَقْلِ
  55. 1718

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، وَأَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «جَرْحُ الْعَجْمَاءِ جُبَارٌ، وَالْبِئْرُ جُبَارٌ، وَالْمَعْدِنُ جُبَارٌ، وَفِي الرِّكَازِ الْخُمُسُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ الْجُبَارِ أَنَّهُ لَا دِيَةَ فِيهِ» قَالَ مَالِكٌ: «الْقَائِدُ وَالسَّائِقُ وَالرَّاكِبُ كُلُّهُمْ ضَامِنٌ لِمَا أَصَابَتِ الدَّابَّةُ، إِلَّا أَنْ تَرْمَحَ الدَّابَّةُ مِنْ غَيْرِ أَنْ يُفْعَلَ بِهَا شَيئًا تَرْمَحُ لَهُ». وَقَدْ قَضَى عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ فِي الَّذِي أَجْرَى فَرَسَهُ بِالْعَقْلِ ". قَالَ مَالِكٌ: «وَالْقَائِدُ وَالسَّائِقُ وَالرَّاكِبُ أَحْرَى أَنْ يَغْرَمُوا مِنَ الَّذِي أَجْرَى فَرَسَهُ». قَالَ مَالِكٌ: الأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الَّذِي يَحْفِرُ الْبِئْرَ عَلَى الطَّرِيقِ، أَوْ يَرْبِطُ الدَّابَّةَ، أَوْ يَصْنَعُ أَشْبَاهَ هَذَا عَلَى طَرِيقِ الْمُسْلِمِينَ، أَنَّ مَا صَنَعَ مِنْ ذَلِكَ مِمَّا لَا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَصْنَعَهُ عَلَى طَرِيقِ الْمُسْلِمِينَ فَهُوَ ضَامِنٌ لِمَا أُصِيبَ فِي ذَلِكَ مِنْ جَرْحٍ، أَوْ غَيْرِهِ فَمَا كَانَ مِنْ ذَلِكَ عَقْلُهُ دُونَ ثُلُثِ الدِّيَةِ فَهُوَ فِي مَالِهِ خَاصَّةً، وَمَا بَلَغَ الثُّلُثَ فَصَاعِدًا، فَهُوَ عَلَى الْعَاقِلَةِ، وَمَا صَنَعَ مِنْ ذَلِكَ مِمَّا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَصْنَعَهُ عَلَى طَرِيقِ الْمُسْلِمِينَ فَلَا ضَمَانَ عَلَيْهِ فِيهِ، وَلَا غُرْمَ وَمِنْ ذَلِكَ الْبِئْرُ يَحْفِرُهَا الرَّجُلُ لِلْمَطَرِ أَوِ الدَّابَّةُ يَنْزِلُ عَنْهَا الرَّجُلُ لِلْحَاجَةِ فَيَقِفُهَا عَلَى الطَّرِيقِ، فَلَيْسَ عَلَى أَحَدٍ فِي هَذَا غُرْمٌ "، وقَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يَنْزِلُ فِي بِئْرٍ، فَيُدْرِكُهُ رَجُلٌ آخَرُ فِي أَثَرِهِ، فَيَجْبِذُ الْأَسْفَلُ الْأَعْلَى، فَيَخِرَّانِ فِي الْبِئْرِ فَيَهْلِكَانِ جَمِيعًا أَنَّ عَلَى عَاقِلَةِ الَّذِي جَبَذَهُ الدِّيَةَ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الصَّبِيِّ يَأْمُرُهُ الرَّجُلُ يَنْزِلُ فِي الْبِئْرِ أَوْ يَرْقَى فِي النَّخْلَةِ، فَيَهْلِكُ فِي ذَلِكَ أَنَّ الَّذِي أَمَرَهُ ضَامِنٌ لِمَا أَصَابَهُ مِنْ هَلَاكٍ أَوْ غَيْرِهِ». قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا أَنَّهُ لَيْسَ عَلَى النِّسَاءِ وَالصِّبْيَانِ عَقْلٌ يَجِبُ عَلَيْهِمْ أَنْ يَعْقِلُوهُ مَعَ الْعَاقِلَةِ فِيمَا تَعْقِلُهُ الْعَاقِلَةُ مِنَ الدِّيَاتِ، وَإِنَّمَا يَجِبُ الْعَقْلُ عَلَى مَنْ بَلَغَ الْحُلُمَ مِنَ الرِّجَالِ»، وقَالَ مَالِكٌ: «عَقْلُ الْمَوَالِي تُلْزَمُهُ الْعَاقِلَةُ إِنْ شَاءُوا، وَإِنْ أَبَوْا كَانُوا أَهْلَ دِيوَانٍ، أَوْ مُقْطَعِينَ»، وَقَدْ تَعَاقَلَ النَّاسُ فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَفِي زَمَانِ أَبِي بَكْرٍ قَبْلَ أَنْ يَكُونَ دِيوَانٌ، وَإِنَّمَا كَانَ الدِّيوَانُ فِي زَمَانِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، «فَلَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يَعْقِلَ عَنْهُ غَيْرُ قَوْمِهِ وَمَوَالِيهِ، لِأَنَّ الْوَلَاءَ لَا يَنْتَقِلُ»، وَلِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «الْوَلَاءُ لِمَنْ أَعْتَقَ». قَالَ مَالِكٌ: «فَالْوَلَاءُ نَسَبٌ ثَابِتٌ». وَقَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا فِيمَا أُصِيبَ مِنَ الْبَهَائِمِ أَنَّ عَلَى مَنْ أَصَابَ مِنْهَا شَيْئًا قَدْرَ مَا نَقَصَ مِنْ ثَمَنِهَا». قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَكُونُ عَلَيْهِ الْقَتْلُ فَيُصِيبُ حَدًّا مِنَ الْحُدُودِ أَنَّهُ لَا يُؤْخَذُ بِهِ، وَإِنَّ الْقَتْلَ يَأْتِي عَلَى ذَلِكَ كُلِّهِ إِلَّا الْفِرْيَةَ، فَإِنَّهَا تَثْبُتُ عَلَى مَنْ قِيلَتْ لَهُ يُقَالُ لَهُ: مَا لَكَ لَمْ تَجْلِدْ مَنِ افْتَرَى عَلَيْكَ، فَأَرَى أَنْ يُجْلَدَ الْمَقْتُولُ الْحَدَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ يُقْتَلَ، وَلَا أَرَى أَنْ يُقَادَ مِنْهُ فِي شَيْءٍ مِنَ الْجِرَاحِ إِلَّا الْقَتْلَ لِأَنَّ الْقَتْلَ يَأْتِي عَلَى ذَلِكَ كُلِّهِ ". قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ الْقَتِيلَ إِذَا وُجِدَ بَيْنَ ظَهْرَيْ قَوْمٍ فِي قَرْيَةٍ أَوْ غَيْرِهَا لَمْ يُؤْخَذْ بِهِ أَقْرَبُ النَّاسِ إِلَيْهِ دَارًا، وَلَا مَكَانًا، وَذَلِكَ أَنَّهُ قَدْ يُقْتَلُ الْقَتِيلُ، ثُمَّ يُلْقَى عَلَى بَابِ قَوْمٍ لِيُلَطَّخُوا بِهِ فَلَيْسَ يُؤَاخَذُ أَحَدٌ بِمِثْلِ ذَلِكَ». قَالَ مَالِكٌ: «فِي جَمَاعَةٍ مِنَ النَّاسِ، اقْتَتَلُوا فَانْكَشَفُوا، وَبَيْنَهُمْ قَتِيلٌ أَوْ جَرِيحٌ، لَا يُدْرَى مَنْ فَعَلَ ذَلِكَ بِهِ، إِنَّ أَحْسَنَ مَا سُمِعَ فِي ذَلِكَ، أَنَّ فِيهِ الْعَقْلَ، وَأَنَّ عَقْلَهُ عَلَى الْقَوْمِ الَّذِينَ نَازَعُوهُ، وَإِنْ كَانَ الْقَتِيلُ أَوِ الْجَرِيحُ مِنْ غَيْرِ الْفَرِيقَيْنِ فَعَقْلُهُ عَلَى الْفَرِيقَيْنِ جَمِيعًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib et Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « La blessure causée par la bête est sans réparation [jubār], le puits est sans réparation, la mine est sans réparation, et sur le trésor enfoui [rikāz] il est dû le cinquième. » Mālik a dit : « L'explication de jubār est qu'il n'y a pas de diya pour cela. » Mālik a dit : « Celui qui mène la bête par devant, celui qui la pousse par derrière et celui qui la monte sont tous garants de ce que la bête atteint, sauf si la bête rue sans qu'on lui ait rien fait qui la fasse ruer. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a jugé qu'il était dû le prix du sang au sujet de celui qui avait lancé son cheval à la course. » Mālik a dit : « Celui qui mène, celui qui pousse et celui qui monte sont plus fondés à devoir réparation que celui qui a lancé son cheval à la course. » Mālik a dit : « La règle chez nous, au sujet de celui qui creuse un puits sur le chemin, ou y attache une bête, ou fait chose semblable sur le chemin des musulmans, est que ce qu'il a fait là, s'il ne lui était pas permis de le faire sur le chemin des musulmans, il est garant de ce qui en résulte, blessure ou autre. Ce dont le prix du sang est en deçà du tiers de la diya est sur ses biens propres, et ce qui atteint le tiers ou davantage est à la charge de la ʿāqila. Et ce qu'il a fait là, s'il lui était permis de le faire sur le chemin des musulmans, il n'en est ni garant ni redevable. Tel est le puits que l'homme creuse pour la pluie, ou la bête dont l'homme descend pour un besoin et qu'il arrête sur le chemin : personne ne doit de réparation pour cela. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui descend dans un puits, qu'un autre homme rejoint à sa suite, puis celui d'en bas tire celui d'en haut, ils tombent tous deux dans le puits et y périssent ensemble : « La ʿāqila de celui qui a tiré l'autre doit la diya. » Mālik a dit, au sujet de l'enfant auquel un homme ordonne de descendre dans le puits ou de monter au palmier, et qui y périt : « Celui qui le lui a ordonné est garant de ce qui l'a atteint, mort ou autre. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous est que les femmes et les enfants n'ont pas de prix du sang qu'ils devraient payer avec la ʿāqila, pour les diyas que la ʿāqila paie. Le prix du sang n'incombe qu'aux hommes qui ont atteint la puberté. » Mālik a dit : « Le prix du sang [dû pour le crime] des mawālī incombe à la ʿāqila [de leurs patrons], qu'ils le veuillent ou qu'ils s'y refusent, qu'ils soient inscrits au registre des soldes [dīwān] ou qu'ils n'y soient pas inscrits. Les gens se sont acquittés mutuellement du prix du sang au temps du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et au temps d'Abū Bakr, avant qu'il n'y eût de dīwān ; le dīwān n'est apparu qu'au temps de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. Nul ne peut donc voir son prix du sang payé par d'autres que son clan et ses mawālī [ici : ses patrons], parce que le walāʾ [lien de patronage né de l'affranchissement] ne se transfère pas, et parce que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : "Le walāʾ revient à celui qui a affranchi." » Mālik a dit : « Le walāʾ est une parenté établie. » Mālik a dit : « La règle chez nous, pour les bêtes qui sont atteintes, est que celui qui en atteint quelque chose doit ce que leur prix a perdu. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui encourt la mise à mort et qui commet un acte passible de l'une des peines légales : « Elle ne lui est pas appliquée, et la mise à mort couvre tout cela, sauf la calomnie [firya, accusation d'adultère] : elle reste acquise à celui contre qui elle a été proférée, à qui l'on dirait : "Comment se fait-il que tu n'aies pas fait fouetter celui qui t'a calomnié ?" Je suis donc d'avis que le condamné à mort reçoive la peine légale du fouet avant d'être mis à mort. Et je ne suis pas d'avis qu'on lui applique le talion pour aucune blessure, mais la seule mise à mort, parce que la mise à mort couvre tout cela. » Mālik a dit : « La règle chez nous est que lorsqu'un homme tué est trouvé au milieu de gens, dans un village ou ailleurs, on n'en tient pas pour responsables ceux dont la maison ou le lieu en est le plus proche. Il arrive en effet que l'on tue un homme, puis qu'on le jette à la porte de gens pour qu'ils en soient salis. Nul n'est donc tenu pour responsable sur pareille chose. » Mālik a dit, au sujet d'un groupe de gens qui se battent, puis se séparent en laissant entre eux un mort ou un blessé dont on ne sait qui l'a mis dans cet état : « Ce que l'on a entendu de mieux à ce sujet est que le prix du sang est dû pour lui, et que son prix du sang incombe à ceux qui l'ont combattu. Et si le blessé ou le mort n'est d'aucun des deux partis, son prix du sang incombe aux deux partis ensemble. »

    Selon al-Bājī, il s'agit du prix du sang dû pour le crime de l'affranchi, que supporte la ʿāqila de ceux qui l'ont affranchi. Selon une note marginale ancienne, le muqṭaʿ est celui à qui aucune solde n'est attribuée au dīwān.

  56. Ce qui est rapporté sur le meurtre par traîtrise et sur la sorcellerieبَابُ مَا جَاءَ فِي الْغِيلَةِ وَالسِّحْرِ
  57. 1719

    حَدَّثَنِي يَحْيَى عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَتَلَ نَفَرًا، خَمْسَةً أَوْ سَبْعَةً بِرَجُلٍ وَاحِدٍ قَتَلُوهُ قَتْلَ غِيلَةٍ وَقَالَ عُمَرُ: «لَوْ تَمَالَأَ عَلَيْهِ أَهْلُ صَنْعَاءَ لَقَتَلْتُهُمْ جَمِيعًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb fit mettre à mort un groupe, cinq ou sept hommes, pour un seul homme qu'ils avaient tué par traîtrise. ʿUmar dit : « Si tous les habitants de Ṣanʿāʾ s'étaient ligués contre lui, je les aurais tous mis à mort. »

  58. 1720

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ سَعْدِ بْنِ زُرَارَةَ، أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ حَفْصَةَ، زَوْجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَتَلَتْ جَارِيَةً لَهَا سَحَرَتْهَا، وَقَدْ كَانَتْ دَبَّرَتْهَا، «فَأَمَرَتْ بِهَا فَقُتِلَتْ» قَالَ مَالِكٌ: " السَّاحِرُ الَّذِي يَعْمَلُ السِّحْرَ، وَلَمْ يَعْمَلْ ذَلِكَ لَهُ غَيْرُهُ، هُوَ مَثَلُ الَّذِي قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي كِتَابِهِ {وَلَقَدْ عَلِمُوا لَمَنِ اشْتَرَاهُ مَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ مِنْ خَلَاقٍ} [البقرة: 102] فَأَرَى أَنْ يُقْتَلَ ذَلِكَ، إِذَا عَمِلَ ذَلِكَ هُوَ نَفْسُهُ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Saʿd ibn Zurāra, qu'il lui est parvenu que Ḥafṣa, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fit mettre à mort une esclave à elle qui l'avait ensorcelée, et qu'elle avait faite mudabbara [esclave dont l'affranchissement est fixé à la mort du maître] : elle donna l'ordre, et elle fut mise à mort. Mālik a dit : « Le sorcier qui pratique lui-même la sorcellerie, sans qu'un autre l'ait pratiquée pour lui, est à l'image de celui dont Allah, béni et exalté soit-Il, a dit dans Son Livre : {Ils savaient bien que celui qui l'a acquise n'aura aucune part dans l'au-delà} [2 : 102]. Je suis donc d'avis qu'il soit mis à mort, s'il a pratiqué cela lui-même. »

  59. Ce qui est dû pour l'acte volontaireبَابُ مَا يَجِبُ فِي الْعَمْدِ
  60. 1721

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عُمَرَ بْنِ حُسَيْنٍ مَوْلَى عَائِشَةَ بِنْتِ قُدَامَةَ، أَنَّ عَبْدَ الْمَلِكِ بْنَ مَرْوَانَ، «أَقَادَ وَلِيَّ رَجُلٍ مِنْ رَجُلٍ قَتَلَهُ بِعَصًا فَقَتَلَهُ وَلِيُّهُ بِعَصًا» وَقَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا، أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا ضَرَبَ الرَّجُلَ بِعَصًا أَوْ رَمَاهُ بِحَجَرٍ أَوْ ضَرَبَهُ عَمْدًا فَمَاتَ مِنْ ذَلِكَ. فَإِنَّ ذَلِكَ هُوَ الْعَمْدُ وَفِيهِ الْقِصَاصُ». قَالَ مَالِكٌ: «فَقَتْلُ الْعَمْدِ عِنْدَنَا أَنْ يَعْمِدَ الرَّجُلُ إِلَى الرَّجُلِ فَيَضْرِبَهُ حَتَّى تَفِيضَ نَفْسُهُ، وَمِنَ الْعَمْدِ أَيْضًا أَنْ يَضْرِبَ الرَّجُلُ الرَّجُلَ فِي النَّائِرَةِ تَكُونُ بَيْنَهُمَا ثُمَّ يَنْصَرِفُ عَنْهُ وَهُوَ حَيٌّ فَيُنْزَى فِي ضَرْبِهِ فَيَمُوتُ فَيَكُونُ فِي ذَلِكَ الْقَسَامَةُ». قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّهُ يُقْتَلُ فِي الْعَمْدِ الرِّجَالُ الْأَحْرَارُ بِالرَّجُلِ الْحُرِّ الْوَاحِدِ، وَالنِّسَاءُ بِالْمَرْأَةِ كَذَلِكَ، وَالْعَبِيدُ بِالْعَبْدِ كَذَلِكَ أَيْضًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿUmar ibn Ḥusayn, mawlā de ʿĀʾisha bint Qudāma, que ʿAbd al-Malik ibn Marwān accorda le talion au proche d'un homme contre un homme qui l'avait tué avec un bâton : son proche le tua avec un bâton. Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde et sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous est que si un homme frappe un homme avec un bâton, lui lance une pierre ou le frappe volontairement, et que celui-ci en meurt, c'est là l'acte volontaire, et il donne lieu au talion. » Mālik a dit : « L'homicide volontaire, chez nous, est que l'homme s'en prenne délibérément à l'homme et le frappe jusqu'à ce qu'il rende l'âme. Relève aussi de l'acte volontaire le fait que l'homme frappe l'homme lors d'une querelle survenue entre eux, puis le quitte alors qu'il est vivant, et que le coup le fasse saigner sans arrêt et qu'il meure : il y a alors lieu à la qasāma [cinquante serments prêtés par les ayants droit du sang]. » Mālik a dit : « La règle chez nous est que, pour l'acte volontaire, plusieurs hommes libres sont mis à mort pour un seul homme libre, de même plusieurs femmes pour une femme, et de même aussi plusieurs esclaves pour un esclave. »

  61. Le talion pour le meurtreبَابُ الْقِصَاصِ فِي الْقَتْلِ
  62. 1722

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ كَتَبَ إِلَى مُعَاوِيَةَ بْنِ أَبِي سُفْيَانَ يَذْكُرُ أَنَّهُ أُتِيَ بِسَكْرَانَ قَدْ قَتَلَ رَجُلًا، فَكَتَبَ إِلَيْهِ مُعَاوِيَةُ: «أَنِ اقْتُلْهُ بِهِ». قَالَ مَالِكٌ: " أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي تَأْوِيلِ هَذِهِ الْآيَةِ قَوْلِ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى {الْحُرُّ بِالْحُرِّ وَالْعَبْدُ بِالْعَبْدِ} [البقرة: 178] فَهَؤُلَاءِ الذُّكُورُ {وَالْأُنْثَى بِالْأُنْثَى} [البقرة: 178] أَنَّ الْقِصَاصَ يَكُونُ بَيْنَ الْإِنَاثِ كَمَا يَكُونُ بَيْنَ الذُّكُورِ، وَالْمَرْأَةُ الْحُرَّةُ تُقْتَلُ بِالْمَرْأَةِ الْحُرَّةِ كَمَا يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْحُرِّ، وَالْأَمَةُ تُقْتَلُ بِالْأَمَةِ كَمَا يُقْتَلُ الْعَبْدُ بِالْعَبْدِ، فَالْقِصَاصُ يَكُونُ بَيْنَ النِّسَاءِ كَمَا يَكُونُ بَيْنَ الرِّجَالِ، وَالْقِصَاصُ أَيْضًا يَكُونُ بَيْنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ، وَذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ فِي كِتَابِهِ: {وَكَتَبْنَا عَلَيْهِمْ فِيهَا أَنَّ النَّفْسَ بِالنَّفْسِ وَالْعَيْنَ بِالْعَيْنِ وَالْأَنْفَ بِالْأَنْفِ وَالْأُذُنَ بِالْأُذُنِ وَالسِّنَّ بِالسِّنِّ وَالْجُرُوحَ قِصَاصٌ} [المائدة: 45] فَذَكَرَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَنَّ النَّفْسَ بِالنَّفْسِ، فَنَفْسُ الْمَرْأَةِ الْحُرَّةِ بِنَفْسِ الرَّجُلِ الْحُرِّ، وَجُرْحُهَا بِجُرْحِهِ ". قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يُمْسِكُ الرَّجُلَ لِلرَّجُلِ فَيَضْرِبُهُ فَيَمُوتُ مَكَانَهُ أَنَّهُ إِنْ أَمْسَكَهُ وَهُوَ يَرَى أَنَّهُ يُرِيدُ قَتْلَهُ قُتِلَا بِهِ جَمِيعًا، وَإِنْ أَمْسَكَهُ وَهُوَ يَرَى أَنَّهُ إِنَّمَا يُرِيدُ الضَّرْبَ مِمَّا يَضْرِبُ بِهِ النَّاسُ لَا يَرَى أَنَّهُ عَمَدَ لِقَتْلِهِ، فَإِنَّهُ يُقْتَلُ الْقَاتِلُ، وَيُعَاقَبُ الْمُمْسِكُ أَشَدَّ الْعُقُوبَةِ، وَيُسْجَنُ سَنَةً لِأَنَّهُ أَمْسَكَهُ، وَلَا يَكُونُ عَلَيْهِ الْقَتْلُ». قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَقْتُلُ الرَّجُلَ عَمْدًا، أَوْ يَفْقَأُ عَيْنَهُ عَمْدًا، فَيُقْتَلُ الْقَاتِلُ أَوْ تُفْقَأُ عَيْنُ الْفَاقِئِ، قَبْلَ أَنْ يُقْتَصَّ مِنْهُ أَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ دِيَةٌ وَلَا قِصَاصٌ، وَإِنَّمَا كَانَ حَقُّ الَّذِي قُتِلَ أَوْ فُقِئَتْ عَيْنُهُ فِي الشَّيْءِ الَّذِي ذَهَبَ، وَإِنَّمَا ذَلِكَ بِمَنْزِلَةِ الرَّجُلِ يَقْتُلُ الرَّجُلَ عَمْدًا، ثُمَّ يَمُوتُ الْقَاتِلُ فَلَا يَكُونُ لِصَاحِبِ الدَّمِ إِذَا مَاتَ الْقَاتِلُ شَيْءٌ دِيَةٌ، وَلَا غَيْرُهَا وَذَلِكَ لِقَوْلِ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: {كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِصَاصُ فِي الْقَتْلَى الْحُرُّ بِالْحُرِّ وَالْعَبْدُ بِالْعَبْدِ} [البقرة: 178] ". قَالَ مَالِكٌ: «فَإِنَّمَا يَكُونُ لَهُ الْقِصَاصُ عَلَى صَاحِبِهِ الَّذِي قَتَلَهُ، فَإِذَا هَلَكَ قَاتِلُهُ الَّذِي قَتَلَهُ فَلَيْسَ لَهُ قِصَاصٌ وَلَا دِيَةٌ». قَالَ: قَالَ مَالِكٌ: «لَيْسَ بَيْنَ الْحُرِّ وَالْعَبْدِ قَوَدٌ فِي شَيْءٍ مِنَ الْجِرَاحِ، وَالْعَبْدُ يُقْتَلُ بِالْحُرِّ إِذَا قَتَلَهُ عَمْدًا، وَلَا يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْعَبْدِ، وَإِنْ قَتَلَهُ عَمْدًا وَهَذا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Marwān ibn al-Ḥakam écrivit à Muʿāwiya ibn Abī Sufyān pour lui mentionner qu'on lui avait amené un homme ivre qui avait tué un homme. Muʿāwiya lui écrivit : « Mets-le à mort pour lui. » Mālik a dit : « Ce que j'ai entendu de mieux pour l'interprétation de ce verset, la parole d'Allah, béni et exalté soit-Il : {L'homme libre pour l'homme libre, l'esclave pour l'esclave} [2 : 178], voilà pour les hommes, {et la femme pour la femme} [2 : 178], est que le talion a lieu entre les femmes comme il a lieu entre les hommes : la femme libre est mise à mort pour la femme libre comme l'homme libre est mis à mort pour l'homme libre, et la femme esclave est mise à mort pour la femme esclave comme l'esclave est mis à mort pour l'esclave. Le talion a donc lieu entre les femmes comme il a lieu entre les hommes. Et le talion a lieu aussi entre les hommes et les femmes, parce qu'Allah, béni et exalté soit-Il, a dit dans Son Livre : {Nous leur y avons prescrit : vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, et pour les blessures le talion} [5 : 45]. Allah, béni et exalté soit-Il, a mentionné que c'est vie pour vie : la vie de la femme libre vaut donc pour la vie de l'homme libre, et sa blessure pour la sienne. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui retient un homme pour un autre, lequel le frappe, et il meurt sur place : « S'il l'a retenu en pensant que l'autre voulait le tuer, ils sont tous deux mis à mort pour lui. Et s'il l'a retenu en pensant que l'autre ne voulait que le frapper comme les gens se frappent, sans penser qu'il visait à le tuer, le meurtrier est mis à mort, et celui qui a retenu est châtié du châtiment le plus sévère et emprisonné un an, parce qu'il l'a retenu ; mais il n'encourt pas la mise à mort. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui tue un homme volontairement, ou lui crève l'œil volontairement, puis le meurtrier est tué, ou l'œil de celui qui a crevé l'œil est crevé, avant que le talion ne lui ait été appliqué : « Il ne doit ni diya ni talion. Le droit de celui qui a été tué, ou dont l'œil a été crevé, ne portait que sur cette chose qui a disparu. Il en va comme de l'homme qui tue un homme volontairement, puis le meurtrier meurt : l'ayant droit du sang, lorsque le meurtrier est mort, n'a droit à rien, ni diya ni autre chose. Cela en raison de la parole d'Allah, béni et exalté soit-Il : {Il vous est prescrit le talion pour les tués : l'homme libre pour l'homme libre, l'esclave pour l'esclave} [2 : 178]. » Mālik a dit : « Il n'a donc droit au talion que contre celui-là même qui l'a tué ; et lorsque celui qui l'a tué a péri, il n'a droit ni au talion ni à la diya. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de talion entre l'homme libre et l'esclave pour aucune blessure. L'esclave est mis à mort pour l'homme libre s'il le tue volontairement, et l'homme libre n'est pas mis à mort pour l'esclave, même s'il le tue volontairement. C'est ce que j'ai entendu de mieux. »

  63. Le pardon dans l'homicide volontaireبَابُ الْعَفْوِ فِي قَتْلِ الْعَمْدِ
  64. 1723

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ أَدْرَكَ مَنْ يَرْضَى مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ، يَقُولُونَ: " فِي الرَّجُلِ إِذَا أَوْصَى أَنْ يَعْفُوَ عَنْ قَاتِلِهِ، إِذَا قَتَلَ عَمْدًا: إِنَّ ذَلِكَ جَائِزٌ لَهُ. وَأَنَّهُ أَوْلَى بِدَمِهِ مِنْ غَيْرِهِ مِنْ أَوْلِيَائِهِ مِنْ بَعْدِهِ ". قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَعْفُو عَنْ قَتْلِ الْعَمْدِ بَعْدَ أَنْ يَسْتَحِقَّهُ، وَيَجِبَ لَهُ: إِنَّهُ لَيْسَ عَلَى الْقَاتِلِ عَقْلٌ يَلْزَمُهُ. إِلَّا أَنْ يَكُونَ الَّذِي عَفَا عَنْهُ اشْتَرَطَ ذَلِكَ عِنْدَ عَفْوِهِ عَنْهُ ". وَقَالَ مَالِكٌ: " فِي الْقَاتِلِ عَمْدًا إِذَا عُفِيَ عَنْهُ: أَنَّهُ يُجْلَدُ مِائَةَ جَلْدَةٍ وَيُسْجَنُ سَنَةً ". قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا قَتَلَ الرَّجُلُ عَمْدًا وَقَامَتْ عَلَى ذَلِكَ، الْبَيِّنَةُ. وَلِلْمَقْتُولِ بَنُونَ وَبَنَاتٌ، فَعَفَا الْبَنُونَ وَأَبَى الْبَنَاتُ أَنْ يَعْفُونَ، فَعَفْوُ الْبَنِينَ جَائِزٌ عَلَى الْبَنَاتِ، وَلَا أَمْرَ لِلْبَنَاتِ مَعَ الْبَنِينَ فِي الْقِيَامِ بِالدَّمِ وَالْعَفْوِ عَنْهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a trouvé ceux qu'il agrée parmi les gens de science disant, au sujet de l'homme qui déclare par testament pardonner à son meurtrier, lorsqu'il a été tué volontairement : « Cela lui est permis, et il a plus de droit sur son sang que tout autre de ses ayants droit après lui. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui pardonne l'homicide volontaire après y avoir acquis droit et que ce droit lui est échu : « Aucun prix du sang ne s'impose au meurtrier, à moins que celui qui lui a pardonné ne l'ait posé comme condition au moment de lui pardonner. » Mālik a dit, au sujet de l'auteur d'un homicide volontaire auquel il est pardonné : « Il reçoit cent coups de fouet et il est emprisonné un an. » Mālik a dit : « Lorsqu'un homme est tué volontairement, que la preuve en est établie, et que la victime a des fils et des filles, si les fils pardonnent et que les filles refusent de pardonner, le pardon des fils s'impose aux filles : les filles n'ont pas voix, en présence des fils, pour la réclamation du sang ni pour son pardon. »

  65. Le talion pour les blessuresبَابُ الْقِصَاصِ فِي الْجِرَاحِ
  66. 1724

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا أَنَّهُ مَنْ كَسَرَ يَدًا، أَوْ رِجْلًا عَمْدًا أَنَّهُ يُقَادُ مِنْهُ، وَلَا يَعْقِلُ». قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا يُقَادُ مِنْ أَحَدٍ حَتَّى تَبْرَأَ جِرَاحُ صَاحِبِهِ، فَيُقَادُ مِنْهُ، فَإِنْ جَاءَ جُرْحُ الْمُسْتَقَادِ مِنْهُ مِثْلَ جُرْحِ الْأَوَّلِ حِينَ يَصِحُّ فَهُوَ الْقَوَدُ، وَإِنْ زَادَ جُرْحُ الْمُسْتَقَادِ مِنْهُ أَوْ مَاتَ مِنْهُ، فَلَيْسَ عَلَى الْمَجْرُوحِ الْأَوَّلِ الْمُسْتَقِيدِ شَيْءٌ، وَإِنْ بَرَأَ جُرْحُ الْمُسْتَقَادِ مِنْهُ، وَشَلَّ الْمَجْرُوحُ الْأَوَّلُ، أَوْ بَرَأَتْ جِرَاحُهُ، وَبِهَا عَيْبٌ أَوْ نَقْصٌ أَوْ عَثَلٌ، فَإِنَّ الْمُسْتَقَادَ مِنْهُ لَا يَكْسِرُ الثَّانِيَةَ، وَلَا يُقَادُ بِجُرْحِهِ، قَالَ: وَلَكِنَّهُ يُعْقَلُ لَهُ بِقَدْرِ مَا نَقَصَ مِنْ يَدِ الْأَوَّلِ أَوْ فَسَدَ مِنْهَا، وَالْجِرَاحُ فِي الْجَسَدِ عَلَى مِثْلِ ذَلِكَ ". قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا عَمَدَ الرَّجُلُ إِلَى امْرَأَتِهِ، فَفَقَأَ عَيْنَهَا، أَوْ كَسَرَ يَدَهَا، أَوْ قَطَعَ إِصْبَعَهَا، أَوْ أَشْبَاهَ ذَلِكَ مُتَعَمِّدًا لِذَلِكَ، فَإِنَّهَا تُقَادُ مِنْهُ، وَأَمَّا الرَّجُلُ يَضْرِبُ امْرَأَتَهُ بِالْحَبْلِ أَوْ بِالسَّوْطِ فَيُصِيبُهَا مِنْ ضَرْبِهِ مَا لَمْ يُرِدْ، وَلَمْ يَتَعَمَّدْ، فَإِنَّهُ يَعْقِلُ مَا أَصَابَ مِنْهَا عَلَى هَذَا الْوَجْهِ، وَلَا يُقَادُ مِنْهُ»

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que celui qui brise volontairement une main ou un pied subit le talion, et ne paie pas le prix du sang. » Mālik a dit : « Le talion n'est appliqué à personne avant que les blessures de sa victime ne soient guéries ; alors il lui est appliqué. Si la blessure de celui qui subit le talion se trouve, une fois guérie, pareille à la blessure du premier, c'est le talion. Si la blessure de celui qui subit le talion s'aggrave, ou s'il en meurt, le premier blessé, qui a obtenu le talion, ne doit rien. Et si la blessure de celui qui a subi le talion guérit, alors que le premier blessé reste paralysé, ou que ses blessures guérissent en gardant un défaut, une diminution ou une mauvaise consolidation, on ne brise pas une seconde fois celui qui a subi le talion, et le talion ne lui est pas appliqué de nouveau pour sa blessure. » Il a dit : « Mais il doit au premier le prix du sang à proportion de ce que sa main a perdu ou de ce qui s'en est gâté. Et il en va de même des blessures du corps. » Mālik a dit : « Si l'homme s'en prend délibérément à son épouse et lui crève l'œil, lui brise la main, lui tranche le doigt ou chose semblable, en le faisant exprès, elle obtient le talion contre lui. Quant à l'homme qui frappe son épouse avec la corde ou le fouet et l'atteint, par son coup, de ce qu'il n'a ni voulu ni fait exprès, il paie le prix du sang de ce qu'il lui a causé de cette manière, et le talion ne lui est pas appliqué. »

  67. 1725

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ أَبَا بَكْرِ بْنَ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ «أَقَادَ مِنْ كَسْرِ الْفَخِذِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'Abū Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm appliqua le talion pour une fracture de la cuisse.

  68. La diya du sāʾiba et son crimeبَابُ دِيَةِ السَّائِبَةِ وَجِنَايَتِهِ
  69. 1726

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ سَائِبَةً أَعْتَقَهُ بَعْضُ الْحَاجِّ، فَقَتَلَ ابْنَ رَجُلٍ مِنْ بَنِي عَائِذٍ، فَجَاءَ الْعَائِذِيُّ أَبُو الْمَقْتُولِ إِلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، يَطْلُبُ دِيَةَ ابْنِهِ، فَقَالَ عُمَرُ: «لَا دِيَةَ لَهُ». فَقَالَ الْعَائِذِيُّ: أَرَأَيْتَ لَوْ قَتَلَهُ ابْنِي؟ فَقَالَ عُمَرُ: «إِذًا تُخْرِجُونَ دِيَتَهُ». قَالَ الْعَائِذِيُّ: هُوَ إِذًا كَالْأَرْقَمِ إِنْ يُتْرَكْ يَلْقَمْ، وَإِنْ يُقْتَلْ يَنْقَمْ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, d'après Sulaymān ibn Yasār, qu'un sāʾiba [esclave affranchi sans que son maître garde sur lui le walāʾ], qu'un pèlerin avait affranchi, tua le fils d'un homme des Banū ʿĀʾidh. Le ʿĀʾidhite, père de la victime, vint trouver ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb pour réclamer la diya de son fils. ʿUmar dit : « Il n'y a pas de diya pour lui. » Le ʿĀʾidhite dit : « Et si c'était mon fils qui l'avait tué, qu'en dirais-tu ? » ʿUmar dit : « Alors vous paieriez sa diya. » Le ʿĀʾidhite dit : « Il est donc comme le serpent tacheté : si on le laisse il dévore, et si on le tue il est vengé. »

    Selon al-Bājī, ʿUmar veut dire que le sāʾiba n'a pas de ʿāqila à qui la diya incomberait.

Autres ouvrages

ar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānīal-Mukhtaṣar, Khalīlal-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfī