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الموطأ

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn Anas

· IIe s. h.
Avancé

Le Muwaṭṭaʾ de l’imām Mālik ibn Anas (m. 179 h), qu’Allah lui fasse miséricorde, réunit des hadiths du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, des paroles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis, la pratique des gens de Médine et les avis de l’imām lui-même, classés par livres et par chapitres de fiqh. Il est donné ici dans la riwāya de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī.

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Les boissonsكِتَابُ الْأَشْرِبَةِ

  1. La peine légale pour le vinبَابُ الْحَدِّ فِي الْخَمْرِ
  2. 1667

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ السَّائِبِ بْنِ يَزِيدَ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، خَرَجَ عَلَيْهِمْ فَقَالَ: إِنِّي وَجَدْتُ مِنْ فُلَانٍ رِيحَ شَرَابٍ. فَزَعَمَ أَنَّهُ شَرِبَ الطِّلَاءَ وَأَنَا سَائِلٌ عَمَّا شَرِبَ. فَإِنْ كَانَ يُسْكِرُ جَلَدْتُهُ فَجَلَدَهُ عُمَرُ الْحَدَّ تَامًّا

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après as-Sāʾib ibn Yazīd, que celui-ci l'a informé que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb sortit vers eux et dit : « J'ai senti sur Untel une odeur de boisson. Il a prétendu qu'il avait bu du ṭilāʾ. Je vais m'enquérir de ce qu'il a bu : si cela enivre, je le fouetterai. » Puis ʿUmar lui appliqua le ḥadd [peine légale fixée par la Loi] en entier.

    Le ṭilāʾ est un moût de raisin cuit jusqu'à épaississement.

  3. 1668

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، اسْتَشَارَ فِي الْخَمْرِ يَشْرَبُهَا الرَّجُلُ فَقَالَ لَهُ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ: نَرَى أَنْ نَجْلِدَهُ ثَمَانِينَ. فَإِنَّهُ إِذَا شَرِبَ سَكِرَ. وَإِذَا سَكِرَ هَذَى، وَإِذَا هَذَى، افْتَرَى. أَوْ كَمَا قَالَ: فَجَلَدَ عُمَرُ فِي الْخَمْرِ ثَمَانِينَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Thawr ibn Zayd ad-Dīlī, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb consulta au sujet du vin que boit un homme. ʿAlī ibn Abī Ṭālib lui dit : « Nous sommes d'avis de lui donner quatre-vingts coups de fouet, car lorsqu'il boit il s'enivre, lorsqu'il s'enivre il délire, et lorsqu'il délire il calomnie », ou comme il a dit. ʿUmar fit alors donner quatre-vingts coups de fouet pour le vin.

  4. 1669

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ سُئِلَ عَنْ حَدِّ الْعَبْدِ فِي الْخَمْرِ؟ فَقَالَ بَلَغَنِي «أَنَّ عَلَيْهِ نِصْفَ حَدِّ الْحُرِّ فِي الْخَمْرِ، وَأَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، وَعُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ، وَعَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ» قَدْ جَلَدُوا عَبِيدَهُمْ نِصْفَ حَدِّ الْحُرِّ فِي الْخَمْرِ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'il fut interrogé sur la peine légale de l'esclave pour le vin. Il dit : « Il m'est parvenu qu'il encourt la moitié de la peine légale de l'homme libre pour le vin, et que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ʿUthmān ibn ʿAffān et ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ont fait fouetter leurs esclaves de la moitié de la peine légale de l'homme libre pour le vin. »

  5. 1670

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، يَقُولُ: «مَا مِنْ شَيْءٍ إِلَّا اللَّهُ يُحِبُّ أَنْ يُعْفَى عَنْهُ مَا لَمْ يَكُنْ حَدًّا» قَالَ مَالِكٌ: «وَالسُّنَّةُ عِنْدَنَا أَنَّ كُلَّ مَنْ شَرِبَ شَرَابًا مُسْكِرًا فَلَمْ يَسْكَرْ فَقَدْ وَجَبَ عَلَيْهِ الْحَدُّ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyib dire : « Il n'est rien dont Allah n'aime qu'on le pardonne, tant qu'il ne s'agit pas d'une peine légale. » Mālik a dit : « La sunna chez nous est que quiconque boit une boisson enivrante sans s'enivrer encourt la peine légale. »

  6. Les récipients dans lesquels il est interdit de préparer le nabīdhبَابُ مَا يُنْهَى أَنْ يُنْبَذَ فِيهِ
  7. 1671

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَطَبَ النَّاسَ فِي بَعْضِ مَغَازِيهِ. قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: فَأَقْبَلْتُ نَحْوَهُ. فَانْصَرَفَ قَبْلَ أَنْ أَبْلُغَهُ. فَسَأَلْتُ مَاذَا قَالَ؟ فَقِيلَ لِي: «نَهَى أَنْ يُنْبَذَ فِي الدُّبَّاءِ وَالْمُزَفَّتِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, adressa un sermon aux gens lors de l'une de ses expéditions. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar a dit : « Je me dirigeai vers lui, mais il se retira avant que je ne l'atteigne. Je demandai : "Qu'a-t-il dit ?" On me répondit : "Il a interdit de préparer le nabīdh [boisson obtenue en faisant macérer des dattes ou des raisins secs dans l'eau] dans la gourde et dans le récipient enduit de poix." »

    La gourde (dubbāʾ) est une courge séchée et évidée ; le muzaffat est un récipient enduit de poix. La fermentation y est rapide.

  8. 1672

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ الْعَلَاءِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ يَعْقُوبَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى أَنْ يُنْبَذَ فِي الدُّبَّاءِ وَالْمُزَفَّتِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après al-ʿAlāʾ ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Yaʿqūb, d'après son père, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de préparer le nabīdh dans la gourde et dans le récipient enduit de poix.

  9. Ce qu'il est réprouvé de faire macérer ensembleبَابُ مَا يُكْرَهُ أَنْ يُنْبَذَ جَمِيعًا
  10. 1673

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «نَهَى أَنْ يُنْبَذَ الْبُسْرُ وَالرُّطَبُ جَمِيعًا وَالتَّمْرُ وَالزَّبِيبُ جَمِيعًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de faire macérer ensemble les dattes vertes [busr] et les dattes fraîches [ruṭab], ainsi que les dattes sèches et les raisins secs ensemble.

  11. 1674

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ الثِّقَةِ عِنْدَهُ، عَنْ بُكَيْرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْأَشَجِّ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْحُبَابِ الْأَنْصَارِيِّ، عَنْ أَبِي قَتَادَةَ الْأَنْصَارِيِّ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «نَهَى أَنْ يُشْرَبَ التَّمْرُ وَالزَّبِيبُ جَمِيعًا وَالزَّهْوُ وَالرُّطَبُ جَمِيعًا» قَالَ مَالِكٌ: وَهُوَ الْأَمْرُ الَّذِي لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ أَهْلُ الْعِلْمِ بِبَلَدِنَا أَنَّهُ يُكْرَهُ ذَلِكَ لِنَهْيِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْهُ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après celui qu'il tient pour digne de confiance, d'après Bukayr ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ashajj, d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥubāb al-Anṣārī, d'après Abū Qatāda al-Anṣārī, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de boire ensemble les dattes sèches et les raisins secs, ainsi que les dattes qui commencent à se colorer [zahw] et les dattes fraîches ensemble. Mālik a dit : « C'est la règle que les gens de science de notre cité n'ont cessé de suivre : cela est réprouvé, parce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'a interdit. »

  12. Ce qui est rapporté sur l'interdiction du vinبَابُ مَا جَاءَ فِي تَحْرِيمِ الْخَمْرِ
  13. 1675

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عنْ عَائِشَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهَا قَالَتْ: سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْبِتْعِ؟ فَقَالَ: «كُلُّ شَرَابٍ أَسْكَرَ حَرَامٌ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d'après ʿĀʾisha, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qu'elle a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut interrogé sur le bitʿ. Il dit : "Toute boisson qui enivre est illicite." »

    Le bitʿ est une boisson fermentée à base de miel.

  14. 1676

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سُئِلَ عَنِ الْغُبَيْرَاءِ؟ فَقَالَ: «لَا خَيْرَ فِيهَا وَنَهَى عَنْهَا» قَالَ مَالِكٌ فَسَأَلْتُ زَيْدَ بْنَ أَسْلَمَ مَا الْغُبَيْرَاءُ؟ فَقَالَ: هِيَ الْأُسْكَرْكَةُ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut interrogé sur la ghubayrāʾ. Il dit : « Il n'y a aucun bien en elle », et il l'interdit. Mālik a dit : « J'ai demandé à Zayd ibn Aslam : "Qu'est-ce que la ghubayrāʾ ?" Il a répondu : "C'est l'uskurka." »

    L'uskurka est une boisson fermentée à base de grains.

  15. 1677

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَنْ شَرِبَ الْخَمْرَ فِي الدُّنْيَا، ثُمَّ لَمْ يَتُبْ مِنْهَا، حُرِمَهَا فِي الْآخِرَةِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Quiconque boit le vin en ce bas monde, puis ne s'en repent pas, en sera privé dans l'au-delà. »

  16. Dispositions diverses sur l'interdiction du vinبَابُ جَامِعِ تَحْرِيمِ الْخَمْرِ
  17. 1678

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنِ ابْنِ وَعْلَةَ الْمِصْرِيِّ، أَنَّهُ سَأَلَ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ، عَمَّا يُعْصَرُ مِنَ الْعِنَبِ؟ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَهْدَى رَجُلٌ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَاوِيَةَ خَمْرٍ. فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَمَا عَلِمْتَ أَنَّ اللَّهَ حَرَّمَهَا؟» قَالَ: لَا. فَسَارَّهُ رَجُلٌ إِلَى جَنْبِهِ. فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «بِمَ سَارَرْتَهُ». فَقَالَ: أَمَرْتُهُ أَنْ يَبِيعَهَا. فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «إِنَّ الَّذِي حَرَّمَ شُرْبَهَا حَرَّمَ بَيْعَهَا» فَفَتَحَ الرَّجُلُ الْمَزَادَتَيْنِ حَتَّى ذَهَبَ مَا فِيهِمَا

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après Ibn Waʿla al-Miṣrī, qu'il interrogea ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās sur ce que l'on presse du raisin. Ibn ʿAbbās dit : « Un homme offrit au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, une grande outre de vin. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : "Ne sais-tu pas qu'Allah l'a interdit ?" Il répondit : "Non." Un homme qui se tenait à son côté lui parla alors en secret. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : "Que lui as-tu dit en secret ?" Il répondit : "Je lui ai ordonné de le vendre." Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : "Celui qui en a interdit la consommation en a interdit la vente." L'homme ouvrit alors les deux outres jusqu'à ce que leur contenu se fût répandu. »

  18. 1679

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ إِسْحَاقَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي طَلْحَةَ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ، قَالَ: كُنْتُ أَسْقِي أَبَا عُبَيْدَةَ بْنَ الْجَرَّاحِ، وَأَبَا طَلْحَةَ الْأَنْصَارِيَّ، وَأُبَيَّ بْنَ كَعْبٍ، شَرَابًا مِنْ فَضِيخٍ وَتَمْرٍ. قَالَ: فَجَاءَهُمْ آتٍ. فَقَالَ: إِنَّ الْخَمْرَ قَدْ حُرِّمَتْ. فَقَالَ أَبُو طَلْحَةَ: يَا أَنَسُ قُمْ إِلَى هَذِهِ الْجِرَارِ فَاكْسِرْهَا. قَالَ: فَقُمْتُ إِلَى مِهْرَاسٍ لَنَا فَضَرَبْتُهَا بِأَسْفَلِهِ حَتَّى تَكَسَّرَتْ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Isḥāq ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa, d'après Anas ibn Mālik, qu'il a dit : « Je servais à Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ, à Abū Ṭalḥa al-Anṣārī et à Ubayy ibn Kaʿb une boisson faite de faḍīkh et de dattes sèches. Quelqu'un vint à eux et dit : "Le vin a été interdit." Abū Ṭalḥa dit : "Anas, lève-toi et va briser ces jarres." Je me levai, pris un mortier de pierre que nous avions, et les frappai avec sa base jusqu'à ce qu'elles fussent brisées. »

    Le faḍīkh est une boisson tirée de dattes vertes concassées.

  19. 1680

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ دَاوُدَ بْنِ الْحُصَيْنِ، عَنْ وَاقِدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ سَعْدِ بْنِ مُعَاذٍ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ عَنْ مَحْمُودِ بْنِ لَبِيدٍ الْأَنْصَارِيِّ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، حِينَ قَدِمَ الشَّامَ شَكَا إِلَيْهِ أَهْلُ الشَّامِ وَبَاءَ الْأَرْضِ وَثِقَلَهَا. وَقَالُوا: لَا يُصْلِحُنَا إِلَّا هَذَا الشَّرَابُ. فَقَالَ عُمَرُ: اشْرَبُوا الْعَسَلَ. فَقَالُوا: لَا يُصْلِحُنَا الْعَسَلُ. فَقَالَ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ الْأَرْضِ: هَلْ لَكَ أَنْ نَجْعَلَ لَكَ مِنْ هَذَا الشَّرَابِ شَيْئًا لَا يُسْكِرُ؟ قَالَ: نَعَمْ. فَطَبَخُوهُ حَتَّى ذَهَبَ مِنْهُ الثُّلُثَانِ وَبَقِيَ الثُّلُثُ. فَأَتَوْا بِهِ عُمَرَ فَأَدْخَلَ فِيهِ عُمَرُ إِصْبَعَهُ ثُمَّ رَفَعَ يَدَهُ. فَتَبِعَهَا يَتَمَطَّطُ فَقَالَ: هَذَا الطِّلَاءُ هَذَا مِثْلُ طِلَاءِ الْإِبِلِ فَأَمَرَهُمْ عُمَرُ أَنْ يَشْرَبُوهُ. فَقَالَ لَهُ عُبَادَةُ بْنُ الصَّامِتِ أَحْلَلْتَهَا. وَاللَّهِ فَقَالَ عُمَرُ: كَلَّا وَاللَّهِ «اللَّهُمَّ إِنِّي لَا أُحِلُّ لَهُمْ شَيْئًا حَرَّمْتَهُ عَلَيْهِمْ. وَلَا أُحَرِّمُ عَلَيْهِمْ شَيْئًا أَحْلَلْتَهُ لَهُمْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn, d'après Wāqid ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn Muʿādh, que celui-ci l'a informé, d'après Maḥmūd ibn Labīd al-Anṣārī, que lorsque ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb arriva au Shām, les habitants du Shām se plaignirent à lui de l'insalubrité du pays et de sa lourdeur. Ils dirent : « Seule cette boisson nous remet en état. » ʿUmar dit : « Buvez le miel. » Ils dirent : « Le miel ne nous remet pas en état. » Un homme du pays dit : « Veux-tu que nous te préparions, à partir de cette boisson, quelque chose qui n'enivre pas ? » Il dit : « Oui. » Ils la firent cuire jusqu'à ce que les deux tiers s'en fussent évaporés et qu'il en restât le tiers, puis l'apportèrent à ʿUmar. ʿUmar y plongea son doigt, puis leva la main, et le liquide la suivit en s'étirant. Il dit : « C'est du ṭilāʾ, c'est comme le goudron dont on enduit les chameaux. » Et ʿUmar leur ordonna de le boire. ʿUbāda ibn aṣ-Ṣāmit lui dit : « Tu l'as rendu licite, par Allah ! » ʿUmar dit : « Non, par Allah ! Ô Allah, je ne leur rends licite rien de ce que Tu leur as interdit, et je ne leur interdis rien de ce que Tu leur as rendu licite. »

  20. 1681

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ رِجَالًا مِنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ قَالُوا لَهُ يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ، إِنَّا نَبْتَاعُ مِنْ ثَمَرِ النَّخْلِ وَالْعِنَبِ فَنَعْصِرُهُ خَمْرًا فَنَبِيعُهَا. فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: إِنِّي أُشْهِدُ اللَّهَ عَلَيْكُمْ وَمَلَائِكَتَهُ وَمَنْ سَمِعَ مِنَ الْجِنِّ وَالْإِنْسِ. أَنِّي لَا آمُرُكُمْ أَنْ تَبِيعُوهَا وَلَا تَبْتَاعُوهَا وَلَا تَعْصِرُوهَا وَلَا تَشْرَبُوهَا وَلَا تَسْقُوهَا فَإِنَّهَا رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que des hommes d'Irak lui dirent : « Abū ʿAbd ar-Raḥmān, nous achetons des fruits du palmier et de la vigne, nous les pressons pour en faire du vin, puis nous le vendons. » ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Je prends à témoin contre vous Allah, Ses anges et quiconque entend parmi les djinns et les hommes, que je ne vous ordonne ni de le vendre, ni de l'acheter, ni de le presser, ni de le boire, ni de le servir à boire, car c'est une souillure, œuvre du diable. »

Autres ouvrages

al-Mukhtaṣar, Khalīlal-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfīal-Muqaddima al-ʿAshmāwiyya, al-ʿAshmāwī