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Échap
الموطأ

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn Anas

· IIe s. h.
Avancé

Le Muwaṭṭaʾ de l’imām Mālik ibn Anas (m. 179 h), qu’Allah lui fasse miséricorde, réunit des hadiths du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, des paroles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis, la pratique des gens de Médine et les avis de l’imām lui-même, classés par livres et par chapitres de fiqh. Il est donné ici dans la riwāya de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī.

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Le jihādكِتَابُ الْجِهَادِ

  1. L'incitation au jihādبَابُ التَّرْغِيبِ فِي الْجِهَادِ
  2. 993

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَثَلُ الْمُجَاهِدِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، كَمَثَلِ الصَّائِمِ الْقَائِمِ الدَّائِمِ، الَّذِي لَا يَفْتُرُ مِنْ صَلَاةٍ وَلَا صِيَامٍ، حَتَّى يَرْجِعَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui combat dans le sentier d'Allah est semblable à celui qui jeûne et prie la nuit sans interruption, qui ne se relâche ni de la prière ni du jeûne, jusqu'à ce qu'il revienne. »

  3. 994

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «تَكَفَّلَ اللَّهُ لِمَنْ جَاهَدَ فِي سَبِيلِهِ، لَا يُخْرِجُهُ مِنْ بَيْتِهِ إِلَّا الْجِهَادُ فِي سَبِيلِهِ، وَتَصْدِيقُ كَلِمَاتِهِ، أَنْ يُدْخِلَهُ الْجَنَّةَ. أَوْ يَرُدَّهُ إِلَى مَسْكَنِهِ الَّذِي خَرَجَ مِنْهُ. مَعَ مَا نَالَ مِنْ أَجْرٍ أَوْ غَنِيمَةٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Allah S'est porté garant, envers celui qui combat dans Son sentier, que rien ne fait sortir de chez lui sinon le combat dans Son sentier et la foi en Ses paroles, de le faire entrer au Paradis ou de le ramener à la demeure d'où il est sorti, avec ce qu'il aura obtenu de récompense ou de butin. »

  4. 995

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ السَّمَّانِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: " الْخَيْلُ لِرَجُلٍ أَجْرٌ، وَلِرَجُلٍ سِتْرٌ، وَعَلَى رَجُلٍ وِزْرٌ، فَأَمَّا الَّذِي هِيَ لَهُ أَجْرٌ، فَرَجُلٌ رَبَطَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ. فَأَطَالَ لَهَا فِي مَرْجٍ أَوْ رَوْضَةٍ، فَمَا أَصَابَتْ فِي طِيَلِهَا ذَلِكَ مِنَ الْمَرْجِ أَوِ الرَّوْضَةِ، كَانَتْ لَهُ حَسَنَاتٍ. وَلَوْ أَنَّهَا قُطِعَتْ طِيَلَهَا ذَلِكَ، فَاسْتَنَّتْ شَرَفًا أَوْ شَرَفَيْنِ، كَانَتْ آثَارُهَا وَأَرْوَاثُهَا حَسَنَاتٍ لَهُ. وَلَوْ أَنَّهَا مَرَّتْ بِنَهَرٍ. فَشَرِبَتْ مِنْهُ، لَمْ يُرِدْ أَنْ يَسْقِيَ بِهِ، كَانَ ذَلِكَ لَهُ حَسَنَاتٍ. فَهِيَ لَهُ أَجْرٌ. وَرَجُلٌ رَبَطَهَا تَغَنِّيًا وَتَعَفُّفًا، وَلَمْ يَنْسَ حَقَّ اللَّهِ فِي رِقَابِهَا وَلَا فِي ظُهُورِهَا، فَهِيَ لِذَلِكَ سِتْرٌ. وَرَجُلٌ رَبَطَهَا فَخْرًا وَرِيَاءً وَنِوَاءً لِأَهْلِ الْإِسْلَامِ فَهِيَ عَلَى ذَلِكَ وِزْرٌ وَسُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ الْحُمُرِ؟ فَقَالَ: "لَمْ يُنْزَلْ عَلَيَّ فِيهَا شَيْءٌ إِلَّا هَذِهِ الْآيَةُ الْجَامِعَةُ الْفَاذَّةُ {فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ وَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ} [الزلزلة: 8] "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après Abū Ṣāliḥ as-Sammān, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Les chevaux sont pour un homme une récompense, pour un autre une protection, et pour un autre un fardeau de péché. Celui pour qui ils sont une récompense, c'est l'homme qui les a attachés dans le sentier d'Allah et leur a donné une longue corde dans un pâturage ou un pré : tout ce qu'ils atteignent du pâturage ou du pré, dans la longueur de cette corde, lui est compté en bonnes actions. Si leur corde vient à se rompre et qu'ils s'élancent pour une course ou deux, leurs traces et leurs crottins lui sont comptés en bonnes actions. Et s'ils passent près d'un cours d'eau et y boivent, sans qu'il ait eu l'intention de les y abreuver, cela lui est compté en bonnes actions. Ils sont donc pour lui une récompense. [Le deuxième est] un homme qui les a attachés pour se suffire à lui-même et se garder de demander, sans oublier le droit d'Allah sur leurs encolures ni sur leurs dos : ils sont pour lui une protection. [Le troisième est] un homme qui les a attachés par orgueil, par ostentation et par hostilité envers les gens de l'islam : ils sont pour lui un fardeau de péché. » On interrogea le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au sujet des ânes. Il dit : « Rien ne m'a été révélé à leur sujet, sinon ce verset unique et qui englobe tout : "Quiconque fait un bien du poids d'un atome le verra, et quiconque fait un mal du poids d'un atome le verra" [99 : 7-8]. »

  5. 996

    وحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ مَعْمَرٍ الْأَنْصَارِيِّ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَلَا أُخْبِرُكُمْ بِخَيْرِ النَّاسِ مَنْزِلًا؟ رَجُلٌ آخِذٌ بِعِنَانِ فَرَسِهِ، يُجَاهِدُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ. أَلَا أُخْبِرُكُمْ بِخَيْرِ النَّاسِ مَنْزِلًا بَعْدَهُ؟ رَجُلٌ مُعْتَزِلٌ فِي غُنَيْمَةٍ. يُقِيمُ الصَّلَاةَ وَيُؤْتِي الزَّكَاةَ، وَيَعْبُدُ اللَّهَ وَلَا يُشْرِكُ بِهِ شَيْئًا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Maʿmar al-Anṣārī, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, qui a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : "Ne vous informerai-je pas de celui des hommes qui a le meilleur rang ? Un homme qui tient la bride de son cheval et combat dans le sentier d'Allah. Ne vous informerai-je pas de celui des hommes qui a le meilleur rang après lui ? Un homme retiré auprès d'un petit troupeau, qui accomplit la prière, acquitte la zakāt [aumône légale] et adore Allah sans rien Lui associer." »

  6. 997

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، قَالَ: أَخْبَرَنِي عُبَادَةُ بْنُ الْوَلِيدِ بْنِ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ جَدِّهِ، قَالَ: «بَايَعْنَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى السَّمْعِ وَالطَّاعَةِ فِي الْيُسْرِ وَالْعُسْرِ، وَالْمَنْشَطِ وَالْمَكْرَهِ، وَأَنْ لَا نُنَازِعَ الْأَمْرَ أَهْلَهُ، وَأَنْ نَقُولَ أَوْ نَقُومَ بِالْحَقِّ حَيْثُمَا كُنَّا لَا نَخَافُ فِي اللَّهِ لَوْمَةَ لَائِمٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qui a dit : ʿUbāda ibn al-Walīd ibn ʿUbāda ibn aṣ-Ṣāmit m'a informé, d'après son père, que son grand-père a dit : « Nous avons prêté serment d'allégeance au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, d'écouter et d'obéir dans l'aisance comme dans la difficulté, de bon gré comme à contrecœur, de ne pas disputer le commandement à ceux qui le détiennent, et de dire [ou : de soutenir] la vérité où que nous soyons, sans craindre, pour Allah, le blâme de quiconque. »

  7. 998

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، قَالَ كَتَبَ أَبُو عُبَيْدَةَ بْنُ الْجَرَّاحِ إِلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، يَذْكُرُ لَهُ جُمُوعًا مِنَ الرُّومِ وَمَا يَتَخَوَّفُ مِنْهُمْ. فَكَتَبَ إِلَيْهِ عُمَرُ: " أَمَّا بَعْدُ. فَإِنَّهُ مَهْمَا يَنْزِلْ بِعَبْدٍ مُؤْمِنٍ مِنْ مُنْزَلِ شِدَّةٍ، يَجْعَلِ اللَّهُ بَعْدَهُ فَرَجًا. وَإِنَّهُ لَنْ يَغْلِبَ عُسْرٌ يُسْرَيْنِ. وَأَنَّ اللَّهَ يَقُولُ فِي كِتَابِهِ {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا وَرَابِطُوا، وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ} [آل عمران: 200] "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, qui a dit : Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ écrivit à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb pour lui signaler des rassemblements de Byzantins et ce qu'il redoutait de leur part. ʿUmar lui écrivit : « Ensuite : quelle que soit l'épreuve qui s'abat sur un serviteur croyant, Allah fait venir après elle une délivrance, et jamais une difficulté ne l'emportera sur deux facilités. Allah dit dans Son Livre : "Ô vous qui croyez, soyez patients, rivalisez de patience, tenez ferme aux frontières et craignez Allah, afin que vous réussissiez" [3 : 200]. »

  8. L'interdiction de voyager avec le Coran en terre ennemieبَابُ النَّهْيِ عَنْ أَنْ يُسَافَرَ بِالْقُرْآنِ إِلَى أَرْضِ الْعَدُوِّ
  9. 999

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: «نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يُسَافَرَ بِالْقُرْآنِ إِلَى أَرْضِ الْعَدُوِّ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا ذَلِكَ مَخَافَةَ أَنْ يَنَالَهُ الْعَدُوُّ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de voyager avec le Coran en terre ennemie. » Mālik a dit : « Cela n'est que par crainte que l'ennemi ne s'en saisisse. »

  10. L'interdiction de tuer les femmes et les enfants dans les expéditionsبَابُ النَّهْيِ عَنْ قَتْلِ النِّسَاءِ وَالصِّبْيَانِ فِي الْغَزْوِ
  11. 1000

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ ابْنٍ لِكَعْبِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ: حَسِبْتُ أَنَّهُ قَالَ: عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ كَعْبٍ، أَنَّهُ قَالَ: «نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الَّذِينَ قَتَلُوا ابْنَ أَبِي الْحُقَيْقِ عَنْ قَتْلِ النِّسَاءِ وَالْوِلْدَانِ». قَالَ: فَكَانَ رَجُلٌ مِنْهُمْ يَقُولُ: بَرَّحَتْ بِنَا امْرَأَةُ ابْنِ أَبِي الْحُقَيْقِ بِالصِّيَاحِ. فَأَرْفَعُ السَّيْفَ عَلَيْهَا، ثُمَّ أَذْكُرُ نَهْيَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَكُفُّ. وَلَوْلَا ذَلِكَ اسْتَرَحْنَا مِنْهَا

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après un fils de Kaʿb ibn Mālik. [Mālik] a dit : « Je crois qu'il [Ibn Shihāb] a dit : ʿAbd ar-Raḥmān ibn Kaʿb. » Celui-ci a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit à ceux qui tuèrent Ibn Abī l-Ḥuqayq de tuer les femmes et les enfants. » Il ajouta : « L'un d'eux disait : "La femme d'Ibn Abī l-Ḥuqayq nous a mis à rude épreuve par ses cris. Je levais le sabre sur elle, puis je me rappelais l'interdiction du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et je me retenais. Sans cela, nous aurions été débarrassés d'elle." »

  12. 1001

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى فِي بَعْضِ مَغَازِيهِ امْرَأَةً مَقْتُولَةً، فَأَنْكَرَ ذَلِكَ. «وَنَهَى عَنْ قَتْلِ النِّسَاءِ وَالصِّبْيَانِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vit au cours de l'une de ses expéditions une femme tuée. Il réprouva cela et interdit de tuer les femmes et les enfants.

    Une autre édition du texte ajoute à la chaîne « d'après Ibn ʿUmar ». Ibn ʿAbd al-Barr, cité par az-Zurqānī, dit que la plupart des transmetteurs du Muwaṭṭaʾ s'arrêtent à Nāfiʿ.

  13. 1002

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ أَبَا بَكْرٍ الصِّدِّيقَ بَعَثَ جُيُوشًا إِلَى الشَّامِ. فَخَرَجَ يَمْشِي مَعَ يَزِيدَ بْنِ أَبِي سُفْيَانَ وَكَانَ أَمِيرَ رُبْعٍ مِنْ تِلْكَ الْأَرْبَاعِ. فَزَعَمُوا أَنَّ يَزِيدَ قَالَ لِأَبِي بَكْرٍ: إِمَّا أَنْ تَرْكَبَ، وَإِمَّا أَنْ أَنْزِلَ. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ «مَا أَنْتَ بِنَازِلٍ، وَمَا أَنَا بِرَاكِبٍ. إِنِّي احْتَسَبْتُ خُطَايَ هَذِهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ». ثُمَّ قَالَ لَهُ: «إِنَّكَ سَتَجِدُ قَوْمًا زَعَمُوا أَنَّهُمْ حَبَّسُوا أَنْفُسَهُمْ لِلَّهِ. فَذَرْهُمْ وَمَا زَعَمُوا أَنَّهُمْ حَبَّسُوا أَنْفُسَهُمْ لَهُ. وَسَتَجِدُ قَوْمًا فَحَصُوا عَنْ أَوْسَاطِ رُءُوسِهِمْ مِنَ الشَّعَرِ. فَاضْرِبْ مَا فَحَصُوا عَنْهُ بِالسَّيْفِ». وَإِنِّي مُوصِيكَ بِعَشْرٍ: «لَا تَقْتُلَنَّ امْرَأَةً، وَلَا صَبِيًّا، وَلَا كَبِيرًا هَرِمًا، وَلَا تَقْطَعَنَّ شَجَرًا مُثْمِرًا، وَلَا تُخَرِّبَنَّ عَامِرًا، وَلَا تَعْقِرَنَّ شَاةً، وَلَا بَعِيرًا، إِلَّا لِمَأْكَلَةٍ. وَلَا تَحْرِقَنَّ نَخْلًا، وَلَا تُغَرِّقَنَّهُ، وَلَا تَغْلُلْ وَلَا تَجْبُنْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq envoya des armées vers le Shām. Il sortit à pied en accompagnant Yazīd ibn Abī Sufyān, qui commandait l'un de ces quatre corps d'armée. On rapporte que Yazīd dit à Abū Bakr : « Ou bien tu montes, ou bien je descends. » Abū Bakr dit : « Tu ne descendras pas et je ne monterai pas. J'ai compté sur la récompense de ces pas que je fais dans le sentier d'Allah. » Puis il lui dit : « Tu trouveras des gens qui prétendent s'être voués à Allah : laisse-les à ce à quoi ils prétendent s'être voués. Et tu trouveras des gens qui se sont dégarni de cheveux le milieu du crâne : frappe du sabre ce qu'ils ont ainsi dégarni. Je te fais dix recommandations : ne tue ni femme, ni enfant, ni vieillard décrépit ; ne coupe pas d'arbre fruitier ; ne détruis pas de lieu habité ; n'abats ni brebis ni chameau, sinon pour t'en nourrir ; ne brûle pas de palmiers et ne les noie pas ; ne fraude pas sur le butin et ne sois pas lâche. »

    Les premiers sont les moines ; les seconds, selon Ibn Ḥabīb cité par az-Zurqānī, sont les diacres, chefs des chrétiens. Une autre édition du texte porte « abeilles », et c'est ainsi que lisent al-Bājī et az-Zurqānī.

  14. 1003

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ كَتَبَ إِلَى عَامِلٍ مِنْ عُمَّالِهِ أَنَّهُ بَلَغَنَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا بَعَثَ سَرِيَّةً يَقُولُ لَهُمُ: «اغْدُوا بِاسْمِ اللَّهِ. فِي سَبِيلِ اللَّهِ. تُقَاتِلُونَ مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ. لَا تَغُلُّوا، وَلَا تَغْدِرُوا. وَلَا تُمَثِّلُوا، وَلَا تَقْتُلُوا وَلِيدًا وَقُلْ ذَلِكَ لِجُيُوشِكَ وَسَرَايَاكَ إِنْ شَاءَ اللَّهُ وَالسَّلَامُ عَلَيْكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz écrivit à l'un de ses gouverneurs : « Il nous est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il envoyait une sariyya [détachement], leur disait : "Partez de bon matin au nom d'Allah, dans le sentier d'Allah. Vous combattez ceux qui ont mécru en Allah. Ne fraudez pas sur le butin, ne trahissez pas, ne mutilez pas et ne tuez pas d'enfant." Dis cela à tes armées et à tes détachements, si Allah le veut. Et que la paix soit sur toi. »

    Une autre édition du texte porte « Partez en expédition » (ughzū).

  15. Ce qui est rapporté sur le respect de la sauvegarde accordéeبَابُ مَا جَاءَ فِي الْوَفَاءِ بِالْأَمَانِ
  16. 1004

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَجُلٍ مِنْ أَهْلِ الْكُوفَةِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ كَتَبَ إِلَى عَامِلِ جَيْشٍ، كَانَ بَعَثَهُ: " إِنَّهُ بَلَغَنِي أَنَّ رِجَالًا مِنْكُمْ يَطْلُبُونَ الْعِلْجَ. حَتَّى إِذَا أَسْنَدَ فِي الْجَبَلِ وَامْتَنَعَ. قَالَ رَجُلٌ: مَطْرَسْ (يَقُولُ: لَا تَخَفْ) فَإِذَا أَدْرَكَهُ قَتَلَهُ. وَإِنِّي. وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ، لَا أَعْلَمُ مَكَانَ أَحَدٍ فَعَلَ ذَلِكَ، إِلَّا ضَرَبْتُ عُنُقَهُ " قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: «لَيْسَ هَذَا الْحَدِيثُ بِالْمُجْتَمَعِ عَلَيْهِ، وَلَيْسَ عَلَيْهِ الْعَمَلُ» قَالَ: وَسُئِلَ مَالِكٌ عَنِ الْإِشَارَةِ بِالْأَمَانِ، أَهِيَ بِمَنْزِلَةِ الْأَمَانِ؟ فَقَالَ: " نَعَمْ. وَإِنِّي أَرَى أَنْ يُتَقَدَّمَ إِلَى الْجُيُوشِ: أَنْ لَا يَقْتُلُوا أَحَدًا أَشَارُوا إِلَيْهِ بِالْأَمَانِ. لِأَنَّ الْإِشَارَةَ عِنْدِي بِمَنْزِلَةِ الْكَلَامِ " وَلِأَنَّهُ بَلَغَنِي. أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ قَالَ: مَا «خَتَرَ قَوْمٌ بِالْعَهْدِ، إِلَّا سُلِّطَ عَلَيْهِمُ الْعَدُوُّ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après un homme des gens de Kūfa, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb écrivit au chef d'une armée qu'il avait envoyée : « Il m'est parvenu que des hommes d'entre vous poursuivent l'infidèle étranger jusqu'à ce que, lorsqu'il a gravi la montagne et s'est mis hors d'atteinte, l'un d'eux lui dise : "Maṭras" [ce qui veut dire : n'aie pas peur], puis, l'ayant rejoint, le tue. Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, je n'apprendrai pas qu'un seul a fait cela sans lui trancher le cou. » Yaḥyā a dit : J'ai entendu Mālik dire : « Ce récit ne fait pas l'objet d'un accord, et la pratique n'y est pas conforme. » On demanda à Mālik si le signe par lequel on accorde l'amān [sauvegarde] a la valeur de l'amān. Il dit : « Oui. Et je suis d'avis qu'il soit prescrit aux armées de ne tuer personne à qui l'on a fait signe de sauvegarde, car le signe a pour moi la valeur de la parole. » [Mālik poursuit :] « Et parce qu'il m'est parvenu que ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās a dit : "Jamais un peuple n'a trahi le pacte sans que la domination de l'ennemi ne lui soit imposée." »

    « Maṭras » est un mot persan signifiant « n'aie pas peur ». Selon al-Bājī, Mālik vise la mise à mort du musulman pour le meurtre de celui qui a reçu la sauvegarde : c'est cela que la pratique ne retient pas. La dernière phrase poursuit la réponse de Mālik sur le signe de sauvegarde.

  17. La pratique concernant celui qui donne quelque chose dans le sentier d'Allahبَابُ الْعَمَلِ فِيمَنْ أَعْطَى شَيْئًا فِي سَبِيلِ اللَّهِ
  18. 1005

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ إِذَا أَعْطَى شَيْئًا فِي سَبِيلِ اللَّهِ، يَقُولُ لِصَاحِبِهِ: «إِذَا بَلَغْتَ وَادِيَ الْقُرَى فَشَأْنَكَ بِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, lorsqu'il donnait quelque chose dans le sentier d'Allah, disait à celui qui le recevait : « Lorsque tu auras atteint Wādī l-Qurā, tu en disposeras à ta guise. »

    Wādī l-Qurā est une vallée au nord de Médine, sur la route du Shām.

  19. 1006

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ كَانَ يَقُولُ: «إِذَا أُعْطِيَ الرَّجُلُ الشَّيْءَ فِي الْغَزْوِ، فَبَلَغَ بِهِ رَأْسَ مَغْزَاتِهِ، فَهُوَ لَهُ» قَالَ يَحْيَى: سُئِلَ مالكٌ عَنْ رَجُلٍ أَوْجَبَ عَلَى نَفْسِهِ الْغَزْوَ فَتَجَهَّزَ. حَتَّى إِذَا أَرَادَ أَنْ يَخْرُجَ مَنَعَهُ أَبَوَاهُ، أَوْ أَحَدُهُمَا. فَقَالَ: «لَا أَرَى أَنْ يُكَابِرَهُمَا. وَلَكِنْ يُؤَخِّرُ ذَلِكَ إِلَى عَامٍ آخَرَ. فَأَمَّا الْجِهَازُ، فَإِنِّي أَرَى أَنْ يَرْفَعَهُ، حَتَّى يَخْرُجَ بِهِ. فَإِنْ خَشِيَ أَنْ يَفْسُدَ، بَاعَهُ وَأَمْسَكَ ثَمَنَهُ، حَتَّى يَشْتَرِيَ بِهِ مَا يُصْلِحُهُ لِلْغَزْوِ. فَإِنْ كَانَ مُوسِرًا يَجِدُ مِثْلَ جَهَازِهِ إِذَا خَرَجَ. فَلْيَصْنَعْ بِجَهَازِهِ مَا شَاءَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que Saʿīd ibn al-Musayyab disait : « Lorsqu'on donne quelque chose à un homme pour l'expédition et qu'il parvient avec cela au terme de sa campagne, cela lui appartient. » On interrogea Mālik au sujet d'un homme qui s'est imposé de partir en expédition et s'est équipé, puis, au moment où il veut partir, ses deux parents, ou l'un d'eux, l'en empêchent. Il dit : « Je ne suis pas d'avis qu'il leur tienne tête, mais qu'il remette cela à une autre année. Quant à l'équipement, je suis d'avis qu'il le mette de côté jusqu'à ce qu'il parte avec. S'il craint qu'il ne se gâte, il le vend et en conserve le prix, afin d'acheter avec ce qui lui convient pour l'expédition. Et s'il est dans l'aisance, à même de retrouver un équipement semblable lorsqu'il partira, qu'il fasse de son équipement ce qu'il veut. »

  20. Dispositions diverses sur le nafal dans les expéditionsبَابُ جَامِعِ النَّفْلِ فِي الْغَزْوِ
  21. 1007

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «بَعَثَ سَرِيَّةً فِيهَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ قِبَلَ نَجْدٍ. فَغَنِمُوا إِبِلًا كَثِيرَةً. فَكَانَ سُهْمَانُهُمُ اثْنَيْ عَشَرَ بَعِيرًا. أَوْ أَحَدَ عَشَرَ بَعِيرًا. وَنُفِّلُوا بَعِيرًا بَعِيرًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, envoya vers le Najd un détachement dans lequel se trouvait ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. Ils prirent en butin de nombreux chameaux. Leurs parts furent de douze chameaux, ou de onze chameaux, et ils reçurent en nafal [gratification prise sur le butin en sus de la part] un chameau chacun.

  22. 1008

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، يَقُولُ: «كَانَ النَّاسُ فِي الْغَزْوِ، إِذَا اقْتَسَمُوا غَنَائِمَهُمْ، يَعْدِلُونَ الْبَعِيرَ بِعَشْرِ شِيَاهٍ» قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ فِي الْأَجِيرِ فِي الْغَزْوِ: إِنَّهُ «إِنْ كَانَ شَهِدَ الْقِتَالَ، وَكَانَ مَعَ النَّاسِ عِنْدَ الْقِتَالِ، وَكَانَ حُرًّا، فَلَهُ سَهْمُهُ. وَإِنْ لَمْ يَفْعَلْ ذَلِكَ، فَلَا سَهْمَ لَهُ. قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: أَرَى أَنْ لَا يُقْسَمَ إِلَّا لِمَنْ شَهِدَ الْقِتَالَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab dire : « Dans les expéditions, lorsque les gens partageaient leur butin, ils tenaient un chameau pour l'équivalent de dix brebis. » Yaḥyā a dit : j'ai entendu Mālik dire, au sujet de l'homme loué à gages dans l'expédition : « S'il a assisté au combat, s'il était avec les gens lors du combat et s'il est libre, il a sa part. S'il ne l'a pas fait, il n'a pas de part. » Yaḥyā a dit : j'ai entendu Mālik dire : « Je suis d'avis qu'on ne donne de part qu'à ceux qui ont assisté au combat. »

  23. Ce sur quoi le cinquième n'est pas dûبَابُ مَا لَا يَجِبُ فِيهِ الْخُمُسُ
  24. 1009

    قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: فِيمَنْ وُجِدَ مِنَ الْعَدُوِّ عَلَى سَاحِلِ الْبَحْرِ بِأَرْضِ الْمُسْلِمِينَ، فَزَعَمُوا أَنَّهُمْ تُجَّارٌ وَأَنَّ الْبَحْرَ لَفِظَهُمْ. وَلَا يَعْرِفُ الْمُسْلِمُونَ تَصْدِيقَ ذَلِكَ إِلَّا أَنَّ مَرَاكِبَهُمْ تَكَسَّرَتْ، أَوْ عَطِشُوا فَنَزَلُوا بِغَيْرِ إِذْنِ الْمُسْلِمِينَ: «أَرَى ذَلِكَ لِلْإِمَامِ. يَرَى فِيهِمْ رَأْيَهُ. وَلَا أَرَى لِمَنْ أَخَذَهُمْ فِيهِمْ خُمُسًا»

    Yaḥyā a dit : j'ai entendu Mālik dire, au sujet des ennemis que l'on trouve sur le rivage de la mer, en terre des musulmans, et qui prétendent être des commerçants que la mer a rejetés, sans que les musulmans puissent vérifier leurs dires, sinon que leurs navires se sont brisés, ou qu'ils ont eu soif et ont débarqué sans l'autorisation des musulmans : « Je suis d'avis que cela revient à l'imām, qui décide à leur sujet selon son jugement. Et je ne suis pas d'avis qu'il y ait là, pour ceux qui les ont pris, [un butin soumis au] khumus [cinquième du butin]. »

    C'est-à-dire que ceux qui les ont pris n'en reçoivent pas de part comme d'un butin : az-Zurqānī l'explique par le fait qu'ils n'ont pas été pris au terme d'une expédition.

  25. Ce que les musulmans peuvent manger avant le prélèvement du cinquièmeبَابُ مَا يَجُوزُ لِلْمُسْلِمِينَ أَكْلُهُ قَبْلَ الْخُمُسِ
  26. 1010

    قَالَ يَحْيَى: سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ: «لَا أَرَى بَأْسًا أَنْ يَأْكُلَ الْمُسْلِمُونَ إِذَا دَخَلُوا أَرْضَ الْعَدُوِّ مِنْ طَعَامِهِمْ، مَا وَجَدُوا مِنْ ذَلِكَ كُلِّهِ قَبْلَ أَنْ تَقَعَ الْمَقَاسِمُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَأَنَا أَرَى الْإِبِلَ وَالْبَقَرَ وَالْغَنَمَ بِمَنْزِلَةِ الطَّعَامِ. يَأْكُلُ مِنْهُ الْمُسْلِمُونَ إِذَا دَخَلُوا أَرْضَ الْعَدُوِّ. كَمَا يَأْكُلُونَ مِنَ الطَّعَامِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَوْ أَنَّ ذَلِكَ لَا يُؤْكَلُ حَتَّى يَحْضُرَ النَّاسُ الْمَقَاسِمَ، وَتُقْسَمَ بَيْنَهُمْ، أَضَرَّ ذَلِكَ بِالْجُيُوشِ» قَالَ مَالِكٌ: «فَلَا أَرَى بَأْسًا بِمَا أُكِلَ مِنْ ذَلِكَ كُلِّهِ، عَلَى وَجْهِ الْمَعْرُوفِ وَالْحَاجَةِ إِلَيْهِ. وَلَا أَرَى أَنْ يَدَّخِرَ أَحَدٌ مِنْ ذَلِكَ شَيْئًا يَرْجِعُ بِهِ إِلَى أَهْلِهِ» قَالَ يَحْيَى: وَسُئِلَ مالكٌ عَنِ الرَّجُلِ يُصِيبُ الطَّعَامَ فِي أَرْضِ الْعَدُوِّ، فَيَأْكُلُ مِنْهُ وَيَتَزَوَّدُ، فَيَفْضُلُ مِنْهُ شَيْءٌ، أَيَصْلُحُ لَهُ أَنْ يَحْبِسَهُ فَيَأْكُلَهُ فِي أَهْلِهِ، أَوْ يَبِيعَهُ قَبْلَ أَنْ يَقْدَمَ بِلَادَهُ فَيَنْتَفِعَ بِثَمَنهِ؟ قَالَ مَالِكٌ: «إِنْ بَاعَهُ وَهُوَ فِي الْغَزْوِ، فَإِنِّي أَرَى أَنْ يَجْعَلَ ثَمَنَهُ فِي غَنَائِمِ الْمُسْلِمِينَ. وَإِنْ بَلَغَ بِهِ بَلَدَهُ، فَلَا أَرَى بَأْسًا أَنْ يَأْكُلَهُ وَيَنْتَفِعَ بِهِ، إِذَا كَانَ يَسِيرًا تَافِهًا»

    Yaḥyā a dit : j'ai entendu Mālik dire : « Je ne vois pas de mal à ce que les musulmans, lorsqu'ils entrent en terre ennemie, mangent de la nourriture de l'ennemi, de tout ce qu'ils en trouvent, avant que cela n'entre dans le partage. » Mālik a dit : « Je considère les chameaux, les bovins et le petit bétail comme ayant le statut de la nourriture : les musulmans en mangent lorsqu'ils entrent en terre ennemie, comme ils mangent de la nourriture. Si l'on ne pouvait en manger avant que les gens n'assistent au partage et que cela ne soit réparti entre eux, cela nuirait aux armées. Je ne vois donc pas de mal à ce qui est mangé de tout cela, selon ce qui est convenable et selon le besoin. Et je ne suis pas d'avis que quiconque en mette quelque chose en réserve pour le rapporter aux siens. » On interrogea Mālik au sujet de l'homme qui trouve de la nourriture en terre ennemie, en mange et s'en fait des provisions, et dont il reste quelque chose : lui est-il permis de le garder pour le manger chez les siens, ou de le vendre avant d'arriver dans son pays pour profiter de son prix ? Mālik dit : « S'il le vend alors qu'il est en expédition, je suis d'avis qu'il en verse le prix au butin des musulmans. Et s'il le rapporte jusqu'à son pays, je ne vois pas de mal à ce qu'il le mange et en profite, si c'est peu de chose, sans valeur. »

  27. Ce qui, parmi ce dont l'ennemi s'est emparé, est restitué avant le partageبَابُ مَا يُرَدُّ قَبْلَ أَنْ يَقَعَ الْقَسْمُ مِمَّا أَصَابَ الْعَدُو
  28. 1011

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، «أَنَّ عَبْدًا لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَبَقَ. وَأَنَّ فَرَسًا لَهُ عَارَ. فَأَصَابَهُمَا الْمُشْرِكُونَ. ثُمَّ غَنِمَهُمَا الْمُسْلِمُونَ فَرُدَّا عَلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ. وَذَلِكَ قَبْلَ أَنْ تُصِيبَهُمَا الْمَقَاسِمُ» قَالَ يَحْيَى: وسَمِعْتُ مَالكا يَقُولُ: فِيمَا يُصِيبُ الْعَدُوُّ مِنْ أَمْوَالِ الْمُسْلِمِينَ: إِنَّهُ «إِنْ أُدْرِكَ قَبْلَ أَنْ تَقَعَ فِيهِ الْمَقَاسِمُ، فَهُوَ رَدٌّ عَلَى أَهْلِهِ. وَأَمَّا مَا وَقَعَتْ فِيهِ الْمَقَاسِمُ فَلَا يُرَدُّ عَلَى أَحَدٍ» قَالَ: وَسُئِلَ مَالِكٌ عَنْ رَجُلٍ حَازَ الْمُشْرِكُونَ غُلَامَهُ، ثُمَّ غَنِمَهُ الْمُسْلِمُونَ. قَالَ مَالِكٌ: «صَاحِبُهُ أَوْلَى بِهِ بِغَيْرِ ثَمَنٍ، وَلَا قِيمَةٍ، وَلَا غُرْمٍ، مَا لَمْ تُصِبْهُ الْمَقَاسِمُ» قَالَ: «فَإِنْ وَقَعَتْ الْمَقَاسِمُ فِيهِ فَإِنِّي أَرَى أَنْ يَكُونَ الْغُلَامُ لِسَيِّدِهِ بِالثَّمَنِ، إِنْ شَاءَ» قَالَ مَالِكٌ فِي أُمِّ وَلَدِ رَجُلٍ مِنَ الْمُسْلِمِينَ، حَازَهَا الْمُشْرِكُونَ، ثُمَّ غَنِمَهَا الْمُسْلِمُونَ. فَقُسِمَتْ فِي الْمَقَاسِمِ، ثُمَّ عَرَفَهَا سَيِّدُهَا بَعْدَ الْقَسْمِ: «إِنَّهَا لَا تُسْتَرَقُّ. وَأَرَى أَنْ يَفْتَدِيَهَا الْإِمَامُ لِسَيِّدِهَا فَإِنْ لَمْ يَفْعَلْ فَعَلَى سَيِّدِهَا أَنْ يَفْتَدِيَهَا وَلَا يَدَعُهَا. وَلَا أَرَى لِلَّذِي صَارَتْ لَهُ أَنْ يَسْتَرِقَّهَا وَلَا يَسْتَحِلَّ فَرْجَهَا. وَإِنَّمَا هِيَ بِمَنْزِلَةِ الْحُرَّةِ. لِأَنَّ سَيِّدَهَا يُكَلَّفُ أَنْ يَفْتَدِيَهَا، إِذَا جَرَحَتْ. فَهَذَا بِمَنْزِلَةِ ذَلِكَ. فَلَيْسَ لَهُ أَنْ يُسَلِّمَ أُمَّ وَلَدِهِ تُسْتَرَقُّ وَيُسْتَحَلُّ فَرْجُهَا» قَالَ يَحْيَى: وَسُئِلَ مالكٌ عَنِ الرَّجُلِ يَخْرُجُ إِلَى الْعَدُوِّ فِي الْمُفَادَاةِ، أَوْ التِّجَارَةِ، فَيَشْتَرِيَ الْعَبْدَ أَوِ الْحُرَّ أَوْ يُوهَبَانِ لَهُ. فَقَالَ: «أَمَّا الْحُرُّ، فَإِنَّ مَا اشْتَرَاهُ بِهِ، دَيْنٌ عَلَيْهِ. وَلَا يُسْتَرَقُّ. وَإِنْ كَانَ وُهِبَ لَهُ، فَهُوَ حُرٌّ. وَلَيْسَ عَلَيْهِ شَيْءٌ. إِلَّا أَنْ يَكُونَ الرَّجُلُ أَعْطَى فِيهِ شَيْئًا مُكَافَأَةً فَهُوَ دَيْنٌ عَلَى الْحُرِّ. بِمَنْزِلَةِ مَا اشْتُرِيَ بِهِ. وَأَمَّا الْعَبْدُ فَإِنَّ سَيِّدَهُ الْأَوَّلَ مُخَيَّرٌ فِيهِ. إِنْ شَاءَ أَنْ يَأْخُذَهُ، وَيَدْفَعَ إِلَى الَّذِي اشْتَرَاهُ ثَمَنَهُ، فَذَلِكَ لَهُ. وَإِنْ أَحَبَّ أَنْ يُسْلِمَهُ أَسْلَمَهُ. وَإِنْ كَانَ وُهِبَ لَهُ فَسَيِّدُهُ الْأَوَّلُ أَحَقُّ بِهِ، وَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ. إِلَّا أَنْ يَكُونَ الرَّجُلُ أَعْطَى فِيهِ شَيْئًا مُكَافَأَةً، فَيَكُونُ مَا أَعْطَى فِيهِ غُرْمًا عَلَى سَيِّدِهِ إِنْ أَحَبَّ أَنْ يَفْتَدِيَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un esclave de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar s'enfuit et que l'un de ses chevaux s'échappa. Les polythéistes s'en emparèrent, puis les musulmans les reprirent en butin, et ils furent restitués à ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. Cela eut lieu avant qu'ils n'entrent dans le partage. [Yaḥyā] a dit : J'ai entendu Mālik dire, au sujet des biens des musulmans dont l'ennemi s'empare : « Si on les retrouve avant qu'ils n'entrent dans le partage, ils sont restitués à leurs propriétaires. Quant à ce qui est entré dans le partage, cela n'est restitué à personne. » On interrogea Mālik au sujet d'un homme dont les polythéistes ont pris le jeune esclave, que les musulmans ont ensuite repris en butin. Mālik dit : « Son maître y a le plus de droit, sans prix, sans valeur estimée et sans dédommagement, tant qu'il n'est pas entré dans le partage. S'il est entré dans le partage, je suis d'avis que l'esclave revient à son maître contre le prix, s'il le veut. » Mālik a dit, au sujet de l'umm walad [esclave ayant donné un enfant à son maître] d'un musulman, dont les polythéistes se sont emparés, que les musulmans ont ensuite reprise en butin et qui a été répartie dans le partage, puis que son maître a reconnue après le partage : « Elle n'est pas réduite en esclavage. Je suis d'avis que l'imām la rachète pour son maître ; s'il ne le fait pas, il incombe à son maître de la racheter et il ne l'abandonne pas. Et je ne suis pas d'avis que celui à qui elle est échue puisse la tenir en esclavage ni se rendre licite son sexe. Elle a le statut de la femme libre, car son maître est tenu de la racheter lorsqu'elle cause une blessure : ceci est du même ordre. Il ne lui est donc pas permis de livrer son umm walad pour qu'elle soit réduite en esclavage et que son sexe soit rendu licite. » On interrogea Mālik au sujet de l'homme qui se rend chez l'ennemi pour racheter des captifs ou pour commercer, et qui achète l'esclave ou l'homme libre, ou à qui on en fait don. Il dit : « Quant à l'homme libre, ce pour quoi il l'a acheté est une dette à la charge de celui-ci, et il n'est pas réduit en esclavage. S'il lui a été donné, il est libre et ne doit rien, à moins que l'homme n'ait donné quelque chose en contrepartie : c'est alors une dette à la charge de l'homme libre, au même titre que ce pour quoi il aurait été acheté. Quant à l'esclave, son premier maître a le choix : s'il veut le reprendre et verser son prix à celui qui l'a acheté, cela lui est permis ; et s'il préfère le lui laisser, il le lui laisse. S'il lui a été donné, son premier maître y a le plus de droit et ne doit rien, à moins que l'homme n'ait donné quelque chose en contrepartie : ce qu'il a donné est alors à la charge de son maître, s'il veut le racheter. »

  29. Ce qui est rapporté sur le salab comme nafalبَابُ مَا جَاءَ فِي السَّلَبِ فِي النَّفَلِ
  30. 1012

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ كَثِيرِ بْنِ أَفْلَحَ، عَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ، مَوْلَى أَبِي قَتَادَةَ، عَنْ أَبِي قَتَادَةَ بْنِ رِبْعِيٍّ أَنَّهُ قَالَ: خَرَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَامَ حُنَيْنٍ. فَلَمَّا الْتَقَيْنَا، كَانَتْ لِلْمُسْلِمِينَ جَوْلَةٌ. قَالَ: فَرَأَيْتُ رَجُلًا مِنَ الْمُشْرِكِينَ قَدْ عَلَا رَجُلًا مِنَ الْمُسْلِمِينَ. قَالَ: فَاسْتَدَرْتُ لَهُ، حَتَّى أَتَيْتُهُ مِنْ وَرَائِهِ، فَضَرَبْتُهُ بِالسَّيْفِ عَلَى حَبْلِ عَاتِقِهِ. فَأَقْبَلَ عَلَيَّ فَضَمَّنِي ضَمَّةً، وَجَدْتُ مِنْهَا رِيحَ الْمَوْتِ. ثُمَّ أَدْرَكَهُ الْمَوْتُ. فَأَرْسَلَنِي. قَالَ: فَلَقِيتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ. فَقُلْتُ: مَا بَالُ النَّاسِ؟ فَقَالَ: أَمْرُ اللَّهِ. ثُمَّ إِنَّ النَّاسَ رَجَعُوا. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مَنْ قَتَلَ قَتِيلًا، لَهُ عَلَيْهِ بَيِّنَةٌ، فَلَهُ سَلَبُهُ». قَالَ فَقُمْتُ، ثُمَّ قُلْتُ: مَنْ يَشْهَدُ لِي؟ ثُمَّ جَلَسْتُ. ثُمَّ قَالَ: «مَنْ قَتَلَ قَتِيلًا، لَهُ عَلَيْهِ بَيِّنَةٌ فَلَهُ سَلَبُهُ»، قَالَ: فَقُمْتُ، ثُمَّ قُلْتُ: مَنْ يَشْهَدُ لِي؟ ثُمَّ جَلَسْتُ. ثُمَّ قَالَ ذَلِكَ الثَّالِثَةَ، فَقُمْتُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مَا لَكَ يَا أَبَا قَتَادَةَ؟» قَالَ: فَاقْتَصَصْتُ عَلَيْهِ الْقِصَّةَ. فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ: صَدَقَ. يَا رَسُولَ اللَّهِ. وَسَلَبُ ذَلِكَ الْقَتِيلِ عِنْدِي. فَأَرْضِهِ مِنْهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ: لَا هَاءَ اللَّهِ. إِذًا لَا يَعْمِدُ إِلَى أَسَدٍ مِنْ أُسْدِ اللَّهِ، يُقَاتِلُ عَنِ اللَّهِ وَرَسُولِهِ، فَيُعْطِيكَ سَلَبَهُ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «صَدَقَ. فَأَعْطِهِ إِيَّاهُ»، فَأَعْطَانِيهِ فَبِعْتُ الدِّرْعَ. فَاشْتَرَيْتُ بِهِ مَخْرَفًا فِي بَنِي سَلِمَةَ. فَإِنَّهُ لَأَوَّلُ مَالٍ تَأَثَّلْتُهُ فِي الْإِسْلَامِ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après ʿAmr ibn Kathīr ibn Aflaḥ, d'après Abū Muḥammad, mawlā d'Abū Qatāda, qu'Abū Qatāda ibn Ribʿī a dit : « Nous sortîmes avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'année de Ḥunayn. Lorsque nous rencontrâmes [l'ennemi], il y eut un flottement parmi les musulmans. Je vis un homme d'entre les polythéistes qui avait pris le dessus sur un homme d'entre les musulmans. Je le contournai jusqu'à arriver derrière lui et je le frappai du sabre à la base du cou. Il se retourna contre moi et m'étreignit d'une étreinte où je sentis l'odeur de la mort. Puis la mort le saisit et il me lâcha. Je rencontrai ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et lui dis : "Qu'ont donc les gens ?" Il dit : "C'est l'ordre d'Allah." Puis les gens revinrent, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Celui qui a tué un ennemi et en possède la preuve, à lui son salab [dépouille : armes et équipement du combattant tué]." Je me levai et dis : "Qui témoignera pour moi ?" puis je m'assis. Il dit de nouveau : "Celui qui a tué un ennemi et en possède la preuve, à lui son salab." Je me levai et dis : "Qui témoignera pour moi ?" puis je m'assis. Il le dit une troisième fois et je me levai. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Qu'as-tu, ô Abū Qatāda ?" Je lui racontai l'histoire. Un homme de l'assistance dit : "Il dit vrai, ô Messager d'Allah. La dépouille de cet homme tué est chez moi : contente-le donc pour qu'il me la laisse, ô Messager d'Allah." Abū Bakr dit : "Non, par Allah ! Il [le Messager d'Allah] n'ira pas s'en prendre à l'un des lions d'Allah, qui combat pour Allah et Son Messager, pour te donner sa dépouille." Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Il dit vrai. Donne-la-lui." Il me la donna. Je vendis la cuirasse et j'achetai avec son prix un verger chez les Banū Salima. Ce fut le premier bien que j'acquis en islam. »

    Une autre édition du texte porte « ʿUmar ibn Kathīr ibn Aflaḥ ».

  31. 1013

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَجُلًا يَسْأَلُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ عَنِ الْأَنْفَالِ؟ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: «الْفَرَسُ مِنَ النَّفَلِ. وَالسَّلَبُ مِنَ النَّفَلِ». قَالَ: ثُمَّ عَادَ الرَّجُلُ لِمَسْأَلَتِهِ: فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ، ذَلِكَ أَيْضًا. ثُمَّ قَالَ الرَّجُلُ: الْأَنْفَالُ الَّتِي قَالَ اللَّهُ فِي كِتَابِهِ مَا هِيَ؟ قَالَ الْقَاسِمُ: فَلَمْ يَزَلْ يَسْأَلُهُ حَتَّى كَادَ أَنْ يُحْرِجَهُ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: «أَتَدْرُونَ مَا مَثَلُ هَذَا؟ مَثَلُ صَبِيغٍ الَّذِي ضَرَبَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ» قَالَ يَحْيَى: سُئِلَ مالكٌ عَمَّنْ قَتَلَ قَتِيلًا مِنَ الْعَدُوِّ، أَيَكُونُ لَهُ سَلَبُهُ بِغَيْرِ إِذْنِ الْإِمَامِ؟ فَقَالَ: " لَا يَكُونُ ذَلِكَ لِأَحَدٍ بِغَيْرِ إِذْنِ الْإِمَامِ. وَلَا يَكُونُ ذَلِكَ مِنَ الْإِمَامِ إِلَّا عَلَى وَجْهِ الِاجْتِهَادِ. وَلَمْ يَبْلُغْنِي أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: مَنْ قَتَلَ قَتِيلًا فَلَهُ سَلَبُهُ إِلَّا يَوْمَ حُنَيْنٍ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'al-Qāsim ibn Muḥammad a dit : « J'ai entendu un homme interroger ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās sur les anfāl. Ibn ʿAbbās dit : "Le cheval fait partie du nafal, et le salab fait partie du nafal." Puis l'homme revint à sa question, et Ibn ʿAbbās redit la même chose. L'homme dit alors : "Les anfāl dont Allah parle dans Son Livre, que sont-ils ?" » Al-Qāsim a dit : « Il ne cessa de l'interroger, au point qu'il faillit le mettre dans l'embarras. Ibn ʿAbbās dit alors : "Savez-vous à qui ressemble celui-ci ? À Ṣabīgh, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb fit battre." » Yaḥyā a dit : On interrogea Mālik au sujet de celui qui tue un ennemi : son salab lui revient-il sans l'autorisation de l'imām ? Il dit : « Cela ne revient à personne sans l'autorisation de l'imām, et cela ne se fait de la part de l'imām que par voie d'ijtihād [effort d'appréciation]. Et il ne m'est pas parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ait dit "Celui qui a tué un ennemi, à lui son salab" ailleurs que le jour de Ḥunayn. »

    Anfāl est le pluriel de nafal. Ṣabīgh est l'homme que ʿUmar châtia pour ses questions insistantes sur les passages équivoques du Coran ; Ibn ʿAbbās le cite parce qu'il voit dans son interlocuteur un chicaneur (az-Zurqānī).

  32. Ce qui est rapporté sur le nafal donné sur le cinquièmeبَابُ مَا جَاءَ فِي إِعْطَاءِ النَّفَلِ مِنَ الْخُمُسِ
  33. 1014

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ قَالَ: «كَانَ النَّاسُ يُعْطَوْنَ النَّفَلَ مِنَ الْخُمُسِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ» قَالَ يَحْيَى: سُئِلَ مالكٌ عَنِ النَّفَلِ، هَلْ يَكُونُ فِي أَوَّلِ مَغْنَمٍ؟ قَالَ: «ذَلِكَ عَلَى وَجْهِ الْاجْتِهَادِ مِنَ الْإِمَامِ. وَلَيْسَ عِنْدَنَا فِي ذَلِكَ أَمْرٌ مَعْرُوفٌ مَوْقُوفٌ، إِلَّا اجْتِهَادُ السُّلْطَانِ، وَلَمْ يَبْلُغْنِي أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَفَّلَ فِي مَغَازِيهِ كُلِّهَا. وَقَدْ بَلَغَنِي أَنَّهُ نَفَّلَ فِي بَعْضِهَا يَوْمَ حُنَيْنٍ. وَإِنَّمَا ذَلِكَ عَلَى وَجْهِ الْاجْتِهَادِ مِنَ الْإِمَامِ، فِي أَوَّلِ مَغْنَمٍ وَفِيمَا بَعْدَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, que Saʿīd ibn al-Musayyab a dit : « Les gens recevaient le nafal sur le cinquième. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. » On interrogea Mālik sur le nafal : a-t-il lieu dès le premier butin ? Il dit : « Cela relève de l'ijtihād de l'imām. Il n'y a pas chez nous, à ce sujet, de règle connue et arrêtée, hormis l'ijtihād du détenteur de l'autorité. Il ne m'est pas parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ait donné le nafal dans toutes ses expéditions. Il m'est parvenu qu'il l'a donné dans certaines d'entre elles, le jour de Ḥunayn. Cela relève seulement de l'ijtihād de l'imām, pour le premier butin comme pour ceux qui suivent. »

  34. La part attribuée aux chevaux dans les expéditionsبَابُ الْقَسْمِ لِلْخَيْلِ فِي الْغَزْو
  35. 1015

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ قَالَ: بَلَغَنِي أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ كَانَ يَقُولُ: «لِلْفَرَسِ سَهْمَانِ، وَلِلرَّجُلِ سَهْمٌ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَمْ أَزَلْ أَسْمَعُ ذَلِكَ» قَالَ يَحْيَى: وَسُئِلَ مالكٌ، عَنْ رَجُلٍ حَضَرَ بِأَفْرَاسٍ كَثِيرَةٍ، فَهَلْ يُقْسَمُ لَهَا كُلِّهَا؟ فَقَالَ: «لَمْ أَسْمَعْ بِذَلِكَ. وَلَا أَرَى أَنْ يُقْسَمَ إِلَّا لِفَرَسٍ وَاحِدٍ. الَّذِي يُقَاتِلُ عَلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: " لَا أَرَى الْبَرَاذِينَ وَالْهُجُنَ إِلَّا مِنَ الْخَيْلِ، لِأَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ فِي كِتَابِهِ {وَالْخَيْلَ وَالْبِغَالَ وَالْحَمِيرَ، لِتَرْكَبُوهَا} [النحل: 8]، وَقَالَ {وَأَعِدُّوا لَهُمْ مَا اسْتَطَعْتُمْ مِنْ قُوَّةٍ وَمِنْ رِبَاطِ الْخَيْلِ، تُرْهِبُونَ بِهِ عَدُوَّ اللَّهِ وَعَدُوَّكُمْ} [الأنفال: 60]. قَالَ مَالِكٌ: فَأَنَا أَرَى الْبَرَاذِينَ وَالْهُجُنَ مِنَ الْخَيْلِ إِذَا أَجَازَهَا الْوَالِي " وَقَدْ قَالَ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ. وَسُئِلَ عَنِ الْبَرَاذِينَ هَلْ فِيهَا مِنْ صَدَقَةٍ؟ فَقَالَ: «وَهَلْ فِي الْخَيْلِ مِنْ صَدَقَةٍ؟»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qui a dit : Il m'est parvenu que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz disait : « Au cheval deux parts, et à l'homme une part. » Mālik a dit : « Et je n'ai cessé d'entendre cela. » On interrogea Mālik au sujet d'un homme qui se présente avec de nombreux chevaux : attribue-t-on une part à chacun d'eux ? Il dit : « Je n'ai pas entendu cela. Et je ne suis pas d'avis qu'on attribue de part à plus d'un cheval, celui sur lequel il combat. » Mālik a dit : « Je ne considère les barādhīn et les hujun que comme des chevaux, car Allah, Béni et Très-Haut, a dit dans Son Livre : "Et les chevaux, les mulets et les ânes, pour que vous les montiez" [16 : 8], et Il a dit : "Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez de force et de chevaux tenus prêts, afin d'effrayer par cela l'ennemi d'Allah et votre ennemi" [8 : 60]. Je considère donc les barādhīn et les hujun comme des chevaux, lorsque le chef [de l'armée] les a admis. » [Mālik poursuit :] Et Saʿīd ibn al-Musayyab, interrogé sur les barādhīn : « Une aumône est-elle due sur eux ? », a répondu : « Une aumône est-elle donc due sur les chevaux ? »

    Barādhīn : chevaux de race non arabe ; hujun : chevaux de sang mêlé.

  36. Ce qui est rapporté sur le ghulūlبَابُ مَا جَاءَ فِي الْغُلُولِ
  37. 1016

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ رَبِّهِ بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ صَدَرَ مِنْ حُنَيْنٍ، وَهُوَ يُرِيدُ الْجِعِرَّانَةَ، سَأَلَهُ النَّاسُ، حَتَّى دَنَتْ بِهِ نَاقَتُهُ مِنْ شَجَرَةٍ، فَتَشَبَّكَتْ بِرِدَائِهِ حَتَّى نَزَعَتْهُ عَنْ ظَهْرِهِ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «رُدُّوا عَلَيَّ رِدَائِي. أَتَخَافُونَ أَنْ لَا أَقْسِمَ بَيْنَكُمْ مَا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَيْكُمْ؟ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ. لَوْ أَفَاءَ اللَّهُ عَلَيْكُمْ مِثْلَ سَمُرِ تِهَامَةَ نَعَمًا، لَقَسَمْتُهُ بَيْنَكُمْ. ثُمَّ لَا تَجِدُونِي بَخِيلًا، وَلَا جَبَانًا، وَلَا كَذَّابًا»، فَلَمَّا نَزَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَامَ فِي النَّاسِ، فَقَالَ: «أَدُّوا الْخَائِطَ وَالْمِخْيَطَ، فَإِنَّ الْغُلُولَ عَارٌ، وَنَارٌ، وَشَنَارٌ عَلَى أَهْلِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ»، قَالَ: ثُمَّ تَنَاوَلَ مِنَ الْأَرْضِ وَبَرَةً مِنْ بَعِيرٍ، أَوْ شَيْئًا، ثُمَّ قَالَ: «وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ، مَا لِي مِمَّا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَيْكُمْ. وَلَا مِثْلُ هَذِهِ، إِلَّا الْخُمُسُ وَالْخُمُسُ مَرْدُودٌ عَلَيْكُمْ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Rabbih ibn Saʿīd, d'après ʿAmr ibn Shuʿayb, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il revint de Ḥunayn en se dirigeant vers al-Jiʿirrāna, fut pressé de demandes par les gens, au point que sa chamelle l'approcha d'un arbre dont les branches s'accrochèrent à son manteau et le lui arrachèrent du dos. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Rendez-moi mon manteau. Craignez-vous que je ne partage pas entre vous ce qu'Allah vous a accordé en butin ? Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, si Allah vous accordait autant de bêtes qu'il y a d'acacias dans la Tihāma, je les partagerais entre vous, et vous ne me trouveriez ensuite ni avare, ni lâche, ni menteur. » Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, eut mis pied à terre, il se leva parmi les gens et dit : « Rapportez le fil et l'aiguille, car le ghulūl [détournement d'une part du butin avant le partage] sera, pour ceux qui le commettent, une honte, un feu et un opprobre au Jour de la Résurrection. » Puis il prit à terre un poil de chameau, ou quelque chose [de semblable], et dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, il ne me revient, de ce qu'Allah vous a accordé en butin, pas même l'équivalent de ceci, hormis le cinquième, et le cinquième vous est rendu. »

    Al-Jiʿirrāna est un lieu proche de La Mecque ; la Tihāma désigne les terres basses du Ḥijāz, en contrebas du Najd.

  38. 1017

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ يَحْيَى بْنِ حَبَّانَ، أَنَّ زَيْدَ بْنَ خَالِدٍ الْجُهَنِيَّ قَالَ: تُوُفِّيَ رَجُلٌ يَوْمَ حُنَيْنٍ، وَإِنَّهُمْ ذَكَرُوهُ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَزَعَمَ زَيْدٌ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «صَلُّوا عَلَى صَاحِبِكُمْ»، فَتَغَيَّرَ وُجُوهُ النَّاسِ لِذَلِكَ. فَزَعَمَ زَيْدٌ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «إِنَّ صَاحِبَكُمْ قَدْ غَلَّ فِي سَبِيلِ اللَّهِ»، قَالَ: فَفَتَحْنَا مَتَاعَهُ، فَوَجَدْنَا خَرَزَاتٍ مِنْ خَرَزِ يَهُودَ، مَا يُسَاوِينَ دِرْهَمَيْنِ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥabbān, que Zayd ibn Khālid al-Juhanī a dit : « Un homme mourut le jour de Ḥunayn, et on le mentionna au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » Zayd affirma que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Priez sur votre compagnon. » Les visages des gens en furent altérés. Zayd affirma que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Votre compagnon a fraudé sur le butin dans le sentier d'Allah. » Il a dit : « Nous ouvrîmes ses bagages et nous y trouvâmes quelques perles, de celles des juifs, qui ne valaient pas deux dirhams. »

    Selon az-Zurqānī, tous les transmetteurs disent « le jour de Khaybar », sauf Yaḥyā ; Ibn ʿAbd al-Barr et al-Bājī tiennent Khaybar pour juste, car il n'y avait pas de juifs à Ḥunayn.

  39. 1018

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ أَبِي بُرْدَةَ الْكِنَانِيِّ، أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «أَتَى النَّاسَ فِي قَبَائِلِهِمْ يَدْعُو لَهُمْ. وَأَنَّهُ تَرَكَ قَبِيلَةً مِنَ الْقَبَائِلِ». قَالَ، وَإِنَّ الْقَبِيلَةَ وَجَدُوا فِي بَرْدَعَةِ رَجُلٍ مِنْهُمْ عِقْدَ جَزْعٍ غُلُولًا. «فَأَتَاهُمْ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَكَبَّرَ عَلَيْهِمْ، كَمَا يُكَبِّرُ عَلَى الْمَيِّتِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Mughīra ibn Abī Burda al-Kinānī, qu'il lui est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se rendit auprès des gens, tribu par tribu, pour invoquer en leur faveur, et qu'il laissa de côté l'une des tribus. Il a dit : « Les gens de cette tribu trouvèrent, dans le tapis de selle de l'un des leurs, un collier d'onyx détourné du butin. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vint alors à eux et prononça sur eux le takbīr comme on le prononce sur le mort. »

  40. 1019

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ، عَنْ أَبِي الْغَيْثِ سَالِمٍ مَوْلَى ابْنِ مُطِيعٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أنَّهُ قَالَ: خَرَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَامَ حُنَيْنٍ فَلَمْ نَغْنَمْ ذَهَبًا وَلَا وَرِقًا، إِلَّا الْأَمْوَالَ: الثِّيَابَ وَالْمَتَاعَ. قَالَ: فَأَهْدَى رِفَاعَةُ بْنُ زَيْدٍ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غُلَامًا أَسْوَدَ، يُقَالُ لَهُ مِدْعَمٌ. فَوَجَّهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى وَادِي الْقُرَى، حَتَّى إِذَا كُنَّا بِوَادِي الْقُرَى، بَيْنَمَا مِدْعَمٌ يَحُطُّ رَحْلَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَهُ سَهْمٌ عَائِرٌ. فَأَصَابَهُ فَقَتَلَهُ. فَقَالَ النَّاسُ: هَنِيئًا لَهُ الْجَنَّةُ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كَلَّا وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ، «إِنَّ الشَّمْلَةَ الَّتِي أَخَذَ يَوْمَ حُنَيْنٍ مِنَ الْمَغَانِمِ لَمْ تُصِبْهَا الْمَقَاسِمُ لَتَشْتَعِلُ عَلَيْهِ نَارًا»، قَالَ: فَلَمَّا سَمِعَ النَّاسُ ذَلِكَ، جَاءَ رَجُلٌ بِشِرَاكٍ أَوْ شِرَاكَيْنِ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «شِرَاكٌ أَوْ شِرَاكَانِ مِنْ نَارٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Thawr ibn Zayd ad-Dīlī, d'après Abū l-Ghayth Sālim, mawlā d'Ibn Muṭīʿ, qu'Abū Hurayra a dit : « Nous sortîmes avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'année de Ḥunayn. Nous ne prîmes en butin ni or ni argent, seulement des biens : des vêtements et des effets. Rifāʿa ibn Zayd offrit au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, un jeune esclave noir appelé Midʿam. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, prit la direction de Wādī l-Qurā. Lorsque nous fûmes à Wādī l-Qurā, tandis que Midʿam déchargeait la selle du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, une flèche perdue vint à lui, l'atteignit et le tua. Les gens dirent : "Heureux soit-il, à lui le Paradis !" Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Non ! Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, le manteau qu'il a pris sur le butin le jour de Ḥunayn, avant qu'il n'entre dans le partage, flambe sur lui comme un feu." Lorsque les gens entendirent cela, un homme apporta une lanière de sandale, ou deux, au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Une lanière, ou deux lanières, de feu." »

    Une autre édition du texte porte « l'année de Khaybar » et « le jour de Khaybar ».

  41. 1020

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ بَلَغَهُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ قَالَ: «مَا ظَهَرَ الْغُلُولُ فِي قَوْمٍ قَطُّ إِلَّا أُلْقِيَ فِي قُلُوبِهِمُ الرُّعْبُ، وَلَا فَشَا الزِّنَا فِي قَوْمٍ قَطُّ إِلَّا كَثُرَ فِيهِمُ الْمَوْتُ، وَلَا نَقَصَ قَوْمٌ الْمِكْيَالَ وَالْمِيزَانَ إِلَّا قُطِعَ عَنْهُمُ الرِّزْقُ. وَلَا حَكَمَ قَوْمٌ بِغَيْرِ الْحَقِّ إِلَّا فَشَا فِيهِمُ الدَّمُ. وَلَا خَتَرَ قَوْمٌ بِالْعَهْدِ إِلَّا سُلِّطَ عَلَيْهِمُ الْعَدُوُّ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il lui est parvenu que ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās a dit : « Jamais le ghulūl n'est apparu chez un peuple sans que l'effroi ne soit jeté dans leurs cœurs. Jamais la fornication ne s'est répandue chez un peuple sans que la mort ne se multiplie parmi eux. Jamais un peuple n'a fraudé sur la mesure et le poids sans que la subsistance ne lui soit retranchée. Jamais un peuple n'a jugé contrairement au droit sans que le sang ne se répande parmi eux. Et jamais un peuple n'a trahi le pacte sans que la domination de l'ennemi ne lui soit imposée. »

  42. Les martyrs dans le sentier d'Allahبَابُ الشُّهَدَاءِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ
  43. 1021

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ. لَوَدِدْتُ أَنِّي أُقَاتِلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، فَأُقْتَلُ ثُمَّ أُحْيَا. فَأُقْتَلُ ثُمَّ أُحْيَا. فَأُقْتَلُ» فَكَانَ أَبُو هُرَيْرَةَ يَقُولُ ثَلَاثًا: «أَشْهَدُ لِلَّهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, j'aimerais combattre dans le sentier d'Allah et être tué, puis être ramené à la vie et être tué, puis être ramené à la vie et être tué. » Abū Hurayra disait par trois fois : « J'en atteste pour Allah. »

  44. 1022

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: " يَضْحَكُ اللَّهُ إِلَى رَجُلَيْنِ: يَقْتُلُ أَحَدُهُمَا الْآخَرَ. كِلَاهُمَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ. يُقَاتِلُ هَذَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَيُقْتَلُ. ثُمَّ يَتُوبُ اللَّهُ عَلَى الْقَاتِلِ فَيُقَاتِلُ فَيُسْتَشْهَدُ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Allah rit à la vue de deux hommes dont l'un tue l'autre et qui entrent tous deux au Paradis : celui-ci combat dans le sentier d'Allah et est tué ; puis Allah accueille le repentir du meurtrier, qui combat et meurt martyr. »

  45. 1023

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ. «لَا يُكْلَمُ أَحَدٌ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِمَنْ يُكْلَمُ فِي سَبِيلِهِ، إِلَّا جَاءَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَجُرْحُهُ يَثْعَبُ دَمًا. اللَّوْنُ لَوْنُ دَمٍ وَالرِّيحُ رِيحُ مِسْكٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, nul n'est blessé dans le sentier d'Allah, et Allah sait mieux qui est blessé dans Son sentier, sans venir au Jour de la Résurrection avec sa blessure ruisselant de sang : la couleur est celle du sang, et l'odeur celle du musc. »

  46. 1024

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ كَانَ يَقُولُ: «اللَّهُمَّ لَا تَجْعَلْ قَتْلِي بِيَدِ رَجُلٍ صَلَّى لَكَ سَجْدَةً وَاحِدَةً. يُحَاجُّنِي بِهَا عِنْدَكَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb disait : « Ô Allah, ne fais pas que je sois tué de la main d'un homme qui se sera prosterné pour Toi ne serait-ce qu'une seule fois, et qui s'en prévaudrait contre moi auprès de Toi au Jour de la Résurrection. »

  47. 1025

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ أَبِي سَعِيدٍ الْمَقْبُرِيِّ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي قَتَادَةَ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّهُ قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ. إِنْ قُتِلْتُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ صَابِرًا مُحْتَسِبًا مُقْبِلًا غَيْرَ مُدْبِرٍ أَيُكَفِّرُ اللَّهُ عَنِّي خَطَايَايَ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَعَمْ». فَلَمَّا أَدْبَرَ الرَّجُلُ نَادَاهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَوْ أَمَرَ بِهِ فَنُودِيَ لَهُ - فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كَيْفَ قُلْتَ؟ فَأَعَادَ عَلَيْهِ قَوْلَهُ، فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَعَمْ إِلَّا الدَّيْنَ، كَذَلِكَ قَالَ لِي جِبْرِيلُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn Abī Saʿīd al-Maqburī, d'après ʿAbd Allāh ibn Abī Qatāda, que son père a dit : « Un homme vint au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : "Ô Messager d'Allah, si je suis tué dans le sentier d'Allah, endurant, espérant la récompense, faisant face et non tournant le dos, Allah effacera-t-Il mes fautes ?" Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : "Oui." Lorsque l'homme s'en fut retourné, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'appela, ou ordonna qu'on l'appelle, et lui dit : "Comment as-tu dit ?" Il lui répéta ses paroles, et le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : "Oui, sauf la dette. C'est ainsi que Jibrīl me l'a dit." »

  48. 1026

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي النَّضْرِ مَوْلَى عُمَرَ بْنِ عُبَيْدِ اللَّهِ، أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: لِشُهَدَاءِ أُحُدٍ «هَؤُلَاءِ أَشْهَدُ عَلَيْهِمْ»، فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ: أَلَسْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ بِإِخْوَانِهِمْ؟ أَسْلَمْنَا كَمَا أَسْلَمُوا. وَجَاهَدْنَا كَمَا جَاهَدُوا. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «بَلَى وَلَكِنْ لَا أَدْرِي مَا تُحْدِثُونَ بَعْدِي؟» قَالَ: فَبَكَى أَبُو بَكْرٍ. ثُمَّ بَكَى. ثُمَّ قَالَ: أَئِنَّا لَكَائِنُونَ بَعْدَكَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū n-Naḍr, mawlā de ʿUmar ibn ʿUbayd Allāh, qu'il lui est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit au sujet des martyrs d'Uḥud : « Ceux-là, je témoigne en leur faveur. » Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq dit : « Ne sommes-nous pas leurs frères, ô Messager d'Allah ? Nous avons embrassé l'islam comme ils l'ont embrassé, et nous avons combattu comme ils ont combattu. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Si, mais je ne sais pas ce que vous ferez de nouveau après moi. » Abū Bakr pleura, pleura encore, puis dit : « Serons-nous donc encore là après toi ? »

  49. 1027

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أنَّهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَالِسًا وَقَبْرٌ يُحْفَرُ بِالْمَدِينَةِ، فَاطَّلَعَ رَجُلٌ فِي الْقَبْرِ، فَقَالَ: بِئْسَ مَضْجَعُ الْمُؤْمِنِ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «بِئْسَ مَا قُلْتَ»، فَقَالَ الرَّجُلُ: إِنِّي لَمْ أُرِدْ هَذَا يَا رَسُولَ اللَّهِ. إِنَّمَا أَرَدْتُ الْقَتْلَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «لَا مِثْلَ لِلْقَتْلِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ. مَا عَلَى الْأَرْضِ بُقْعَةٌ مِنَ الْأَرْضِ أَحَبُّ إِلَيَّ أَنْ يَكُونَ قَبْرِي بِهَا، مِنْهَا ثَلَاثَ مَرَّاتٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était assis tandis qu'on creusait une tombe à Médine. Un homme regarda dans la tombe et dit : « Quelle mauvaise couche pour le croyant ! » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Quelle mauvaise parole tu as dite ! » L'homme dit : « Je n'ai pas voulu dire cela, ô Messager d'Allah. Je n'ai voulu parler que du fait d'être tué dans le sentier d'Allah. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Rien n'égale le fait d'être tué dans le sentier d'Allah. Il n'est pas sur terre de lieu où j'aimerais mieux avoir ma tombe que celui-ci », [il le dit] trois fois.

    Une autre édition du texte ajoute à la fin « c'est-à-dire Médine », glose passée dans le texte.

  50. Ce en quoi consiste le martyreبَابُ مَا تَكُونُ فِيهِ الشَّهَادَةُ
  51. 1028

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ كَانَ يَقُولُ: «اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ شَهَادَةً فِي سَبِيلِكَ، وَوَفَاةً بِبَلَدِ رَسُولِكَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb disait : « Ô Allah, je Te demande le martyre dans Ton sentier et la mort dans la cité de Ton Messager. »

  52. 1029

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «كَرَمُ الْمُؤْمِنِ تَقْوَاهُ، وَدِينُهُ حَسَبُهُ، وَمُرُوءَتُهُ خُلُقُهُ، وَالْجُرْأَةُ وَالْجُبْنُ غَرَائِزُ يَضَعُهَا اللَّهُ حَيْثُ يَشَاءُ، فَالْجَبَانُ يَفِرُّ عَنْ أَبِيهِ وَأُمِّهِ، وَالْجَرِيءُ يُقَاتِلُ عَمَّا لَا يَئُوبُ بِهِ إِلَى رَحْلِهِ، وَالْقَتْلُ حَتْفٌ مِنَ الْحُتُوفِ، وَالشَّهِيدُ مَنِ احْتَسَبَ نَفْسَهُ عَلَى اللَّهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « La noblesse du croyant est sa crainte d'Allah, son lignage est sa religion, et sa dignité d'homme est son caractère. La hardiesse et la lâcheté sont des dispositions innées qu'Allah place où Il veut : le lâche fuit en abandonnant son père et sa mère, et le hardi combat pour ce qu'il ne rapportera pas chez lui. Être tué est une manière de mourir parmi d'autres, et le martyr est celui qui a fait don de sa personne en espérant la récompense d'Allah. »

  53. La pratique concernant le lavage des martyrsبَابُ الْعَمَلِ فِي غَسْلِ الشُّهَدَاءِ
  54. 1030

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ «غُسِّلَ وَكُفِّنَ وَصُلِّيَ عَلَيْهِ، وَكَانَ شَهِيدًا يَرْحَمُهُ اللَّهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb fut lavé, enveloppé d'un linceul, et que l'on pria sur lui, alors qu'il était martyr, qu'Allah lui fasse miséricorde.

  55. 1031

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ عَنْ أَهْلِ الْعِلْمِ، أَنَّهُمْ كَانُوا يَقُولُونَ: «الشُّهَدَاءُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ لَا يُغَسَّلُونَ، وَلَا يُصَلَّى عَلَى أَحَدٍ مِنْهُمْ، وَإِنَّهُمْ يُدْفَنُونَ فِي الثِّيَابِ الَّتِي قُتِلُوا فِيهَا» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " وَتِلْكَ السُّنَّةُ فِيمَنْ قُتِلَ فِي الْمُعْتَرَكِ، فَلَمْ يُدْرَكْ حَتَّى مَاتَ. قَالَ: «وَأَمَّا مَنْ حُمِلَ مِنْهُمْ فَعَاشَ مَا شَاءَ اللَّهُ بَعْدَ ذَلِكَ، فَإِنَّهُ يُغَسَّلُ وَيُصَلَّى عَلَيْهِ. كَمَا عُمِلَ بِعُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, de la part des gens de science, qu'ils disaient : « Les martyrs dans le sentier d'Allah ne sont pas lavés, on ne prie sur aucun d'eux, et ils sont enterrés dans les vêtements dans lesquels ils ont été tués. » Mālik a dit : « Telle est la sunna pour celui qui a été tué sur le champ de bataille et que l'on n'a pas retrouvé vivant avant qu'il ne meure. » Il a dit : « Quant à celui d'entre eux qui a été emporté et a vécu ensuite le temps qu'Allah a voulu, il est lavé et l'on prie sur lui, comme on a fait pour ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. »

  56. Ce qui est réprouvé dans ce que l'on affecte au sentier d'Allahبَابُ مَا يُكْرَهُ مِنَ الشَّيْءِ يُجْعَلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ
  57. 1032

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ كَانَ يَحْمِلُ فِي الْعَامِ الْوَاحِدِ عَلَى أَرْبَعِينَ أَلْفِ بَعِيرٍ، يَحْمِلُ الرَّجُلَ إِلَى الشَّامِ عَلَى بَعِيرٍ، وَيَحْمِلُ الرَّجُلَيْنِ إِلَى الْعِرَاقِ عَلَى بَعِيرٍ، فَجَاءَهُ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ، فَقَالَ: احْمِلْنِي وَسُحَيْمًا، فَقَالَ لَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «أَنْشَدْتُكَ اللَّهَ أَسُحَيْمٌ زِقٌّ؟» فَقَالَ: نَعَمْ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb fournissait en montures, en une seule année, quarante mille chameaux : il donnait un chameau pour un homme allant au Shām, et un chameau pour deux hommes allant en Irak. Un homme des gens d'Irak vint à lui et dit : « Donne une monture pour moi et pour Suḥaym. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb lui dit : « Je t'adjure par Allah : Suḥaym est-il une outre ? » Il dit : « Oui. »

    Selon al-Bājī, l'homme voulait faire croire à ʿUmar qu'il avait un compagnon nommé Suḥaym, afin de recevoir pour lui seul la monture de deux hommes ; ʿUmar devina que Suḥaym était son outre.

  58. L'incitation au jihādبَابُ التَّرْغِيبِ فِي الْجِهَادِ
  59. 1033

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ إِسْحَاقَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي طَلْحَةَ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا ذَهَبَ إِلَى قُبَاءٍ يَدْخُلُ عَلَى أُمِّ حَرَامٍ بِنْتِ مِلْحَانَ، فَتُطْعِمُهُ. وَكَانَتْ أُمُّ حَرَامٍ تَحْتَ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ فَدَخَلَ عَلَيْهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فَأَطْعَمَتْهُ. وَجَلَسَتْ تَفْلِي فِي رَأْسِهِ. فَنَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ اسْتَيْقَظَ وَهُوَ يَضْحَكُ. قَالَتْ فَقُلْتُ: مَا يُضْحِكُكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: «نَاسٌ مِنْ أُمَّتِي عُرِضُوا عَلَيَّ غُزَاةً فِي سَبِيلِ اللَّهِ يَرْكَبُونَ ثَبَجَ هَذَا الْبَحْرِ. مُلُوكًا عَلَى الْأَسِرَّةِ»، - أَوْ مِثْلَ الْمُلُوكِ عَلَى الْأَسِرَّةِ يَشُكُّ إِسْحَاقُ - قَالَتْ فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ ادْعُ اللَّهَ أَنْ يَجْعَلَنِي مِنْهُمْ، فَدَعَا لَهَا ثُمَّ وَضَعَ رَأْسَهُ فَنَامَ. ثُمَّ اسْتَيْقَظَ يَضْحَكُ. قَالَتْ فَقُلْتُ: مَا يُضْحِكُكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: «نَاسٌ مِنْ أُمَّتِي عُرِضُوا عَلَيَّ غُزَاةً فِي سَبِيلِ اللَّهِ مُلُوكًا عَلَى الْأَسِرَّةِ -» أَوْ مِثْلَ الْمُلُوكِ عَلَى الْأَسِرَّةِ - كَمَا قَالَ فِي الْأُولَى. قَالَتْ فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ ادْعُ اللَّهَ أَنْ يَجْعَلَنِي مِنْهُمْ. فَقَالَ: «أَنْتِ مِنَ الْأَوَّلِينَ». قَالَ: فَرَكِبَتِ الْبَحْرَ فِي زَمَانِ مُعَاوِيَةَ بْنِ أَبِي سُفْيَانَ. فَصُرِعَتْ عَنْ دَابَّتِهَا حِينَ خَرَجَتْ مِنَ الْبَحْرِ. فَهَلَكَتْ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Isḥāq ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa, qu'Anas ibn Mālik a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il se rendait à Qubāʾ, entrait chez Umm Ḥarām bint Milḥān, qui lui donnait à manger. Umm Ḥarām était l'épouse de ʿUbāda ibn aṣ-Ṣāmit. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra un jour chez elle. Elle lui donna à manger et s'assit pour lui épouiller la tête. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, s'endormit, puis se réveilla en riant. Elle a dit : « Je dis : "Qu'est-ce qui te fait rire, ô Messager d'Allah ?" Il dit : "Des gens de ma communauté m'ont été montrés, partis en expédition dans le sentier d'Allah, chevauchant le dos de cette mer, rois sur les trônes", ou "pareils aux rois sur les trônes" : Isḥāq hésite. Je dis : "Ô Messager d'Allah, invoque Allah pour qu'Il me mette au nombre de ceux-là." » Il invoqua en sa faveur, puis posa la tête et s'endormit. Il se réveilla ensuite en riant. Elle a dit : « Je dis : "Qu'est-ce qui te fait rire, ô Messager d'Allah ?" Il dit : "Des gens de ma communauté m'ont été montrés, partis en expédition dans le sentier d'Allah, rois sur les trônes", ou "pareils aux rois sur les trônes", comme il l'avait dit la première fois. Je dis : "Ô Messager d'Allah, invoque Allah pour qu'Il me mette au nombre de ceux-là." Il dit : "Tu es parmi les premiers." » Il a dit : Elle prit la mer au temps de Muʿāwiya ibn Abī Sufyān, fut jetée à bas de sa monture lorsqu'elle sortit de la mer, et périt.

  60. 1034

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ السَّمَّانِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَوْلَا أَنْ أَشُقَّ عَلَى أُمَّتِي، لَأَحْبَبْتُ أَنْ لَا أَتَخَلَّفَ عَنْ سَرِيَّةٍ تَخْرُجُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَلَكِنِّي لَا أَجِدُ مَا أَحْمِلُهُمْ عَلَيْهِ. وَلَا يَجِدُونَ مَا يَتَحَمَّلُونَ عَلَيْهِ، فَيَخْرُجُونَ وَيَشُقُّ عَلَيْهِمْ أَنْ يَتَخَلَّفُوا بَعْدِي، فَوَدِدْتُ أَنِّي أُقَاتِلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَأُقْتَلُ، ثُمَّ أُحْيَا فَأُقْتَلُ، ثُمَّ أُحْيَا فَأُقْتَلُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Abū Ṣāliḥ as-Sammān, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Si je ne craignais d'imposer une peine à ma communauté, j'aimerais ne rester en arrière d'aucun détachement qui part dans le sentier d'Allah. Mais je ne trouve pas de quoi leur fournir des montures, eux-mêmes ne trouvent pas de monture pour partir, et il leur est pénible de rester en arrière après mon départ. J'aimerais donc combattre dans le sentier d'Allah et être tué, puis être ramené à la vie et être tué, puis être ramené à la vie et être tué. »

  61. 1035

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، قَالَ، لَمَّا كَانَ يَوْمُ أُحُدٍ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مَنْ يَأْتِينِي بِخَبَرِ سَعْدِ بْنِ الرَّبِيعِ الْأَنْصَارِيِّ»، فَقَالَ رَجُلٌ: أَنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ. فَذَهَبَ الرَّجُلُ يَطُوفُ بَيْنَ الْقَتْلَى، فَقَالَ لَهُ سَعْدُ بْنُ الرَّبِيعِ: مَا شَأْنُكَ؟ فَقَالَ لَهُ الرَّجُلُ: بَعَثَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَيْكَ لِآتِيَهُ بِخَبَرِكَ، قَالَ: فَاذْهَبْ إِلَيْهِ فَأَقْرِئْهُ مِنِّي السَّلَامَ. وَأَخْبِرْهُ أَنِّي قَدْ طُعِنْتُ ثِنْتَيْ عَشْرَةَ طَعْنَةً. وَأَنِّي قَدْ أُنْفِذَتْ مَقَاتِلِي. وَأَخْبِرْ قَوْمَكَ أَنَّهُ لَا عُذْرَ لَهُمْ عِنْدَ اللَّهِ، إِنْ قُتِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَوَاحِدٌ مِنْهُمْ حَيٌّ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qui a dit : Le jour d'Uḥud, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Qui m'apportera des nouvelles de Saʿd ibn ar-Rabīʿ al-Anṣārī ? » Un homme dit : « Moi, ô Messager d'Allah. » L'homme alla parcourir les rangs des tués. Saʿd ibn ar-Rabīʿ lui dit : « Que veux-tu ? » L'homme lui dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'a envoyé vers toi pour lui apporter de tes nouvelles. » Il dit : « Va le trouver, transmets-lui mon salut et informe-le que j'ai reçu douze coups de lance et que j'ai été atteint dans mes organes vitaux. Et informe les tiens qu'ils n'auront aucune excuse auprès d'Allah si le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, est tué alors que l'un d'eux est encore en vie. »

  62. 1036

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «رَغَّبَ فِي الْجِهَادِ، وَذَكَرَ الْجَنَّةَ»، وَرَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ يَأْكُلُ تَمَرَاتٍ فِي يَدِهِ، فَقَالَ: إِنِّي لَحَرِيصٌ عَلَى الدُّنْيَا إِنْ جَلَسْتُ حَتَّى أَفْرُغَ مِنْهُنَّ، فَرَمَى مَا بِيَدِهِ، وَحَمَلَ بِسَيْفِهِ، فَقَاتَلَ حَتَّى قُتِلَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, exhorta au jihād et évoqua le Paradis, alors qu'un homme d'entre les Anṣār mangeait des dattes qu'il avait dans la main. Il dit : « Je serais bien attaché à ce bas monde si je restais assis jusqu'à en avoir fini avec elles ! » Il jeta ce qu'il avait dans la main, chargea avec son sabre et combattit jusqu'à être tué.

  63. 1037

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ أَنَّهُ قَالَ: " الْغَزْوُ غَزْوَانِ: فَغَزْوٌ تُنْفَقُ فِيهِ الْكَرِيمَةُ، وَيُيَاسَرُ فِيهِ الشَّرِيكُ، وَيُطَاعُ فِيهِ ذُو الْأَمْرِ، وَيُجْتَنَبُ فِيهِ الْفَسَادُ، فَذَلِكَ الْغَزْوُ خَيْرٌ كُلُّهُ. وَغَزْوٌ لَا تُنْفَقُ فِيهِ الْكَرِيمَةُ وَلَا يُيَاسَرُ فِيهِ الشَّرِيكُ، وَلَا يُطَاعُ فِيهِ ذُو الْأَمْرِ، وَلَا يُجْتَنَبُ فِيهِ الْفَسَادُ، فَذَلِكَ الْغَزْوُ لَا يَرْجِعُ صَاحِبُهُ كَفَافًا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que Muʿādh ibn Jabal a dit : « Il y a deux sortes d'expéditions. Une expédition où l'on dépense ce que l'on a de plus précieux, où l'on se montre accommodant envers son compagnon, où l'on obéit au détenteur du commandement et où l'on évite la corruption : cette expédition est tout entière un bien. Et une expédition où l'on ne dépense pas ce que l'on a de plus précieux, où l'on ne se montre pas accommodant envers son compagnon, où l'on n'obéit pas au détenteur du commandement et où l'on n'évite pas la corruption : de cette expédition, celui qui l'accomplit ne revient pas même quitte. »

  64. Ce qui est rapporté sur les chevaux, les courses entre eux et la dépense dans les expéditionsبَابُ مَا جَاءَ فِي الْخَيْلِ وَالْمُسَابَقَةِ بَيْنَهَا، وَالنَّفَقَةِ فِي الْغَزْوِ
  65. 1038

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «الْخَيْلُ فِي نَوَاصِيهَا الْخَيْرُ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Les chevaux ont le bien attaché à leurs toupets jusqu'au Jour de la Résurrection. »

  66. 1039

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «سَابَقَ بَيْنَ الْخَيْلِ الَّتِي قَدْ أُضْمِرَتْ مِنَ الْحَفْيَاءِ، وَكَانَ أَمَدُهَا ثَنِيَّةَ الْوَدَاعِ»، وَسَابَقَ بَيْنَ الْخَيْلِ الَّتِي لَمْ تُضَمَّرْ مِنَ الثَّنِيَّةِ إِلَى مَسْجِدِ بَنِي زُرَيْقٍ، وَأَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ مِمَّنْ سَابَقَ بِهَا

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fit courir les chevaux entraînés depuis al-Ḥafyāʾ, leur terme étant Thaniyyat al-Wadāʿ, et fit courir les chevaux non entraînés depuis la Thaniyya jusqu'à la mosquée des Banū Zurayq, et que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar fut de ceux qui prirent part à cette course.

    Al-Ḥafyāʾ et Thaniyyat al-Wadāʿ sont deux lieux des abords de Médine. L'entraînement visé consiste à affiner le cheval en vue de la course.

  67. 1040

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ يَقُولُ: «لَيْسَ بِرِهَانِ الْخَيْلِ بَأْسٌ، إِذَا دَخَلَ فِيهَا مُحَلِّلٌ، فَإِنْ سَبَقَ أَخَذَ السَّبَقَ، وَإِنْ لَمْ يُسْبِقْ لَمْ يَكُنْ عَلَيْهِ شَيْءٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab dire : « Il n'y a pas de mal au pari sur les courses de chevaux lorsqu'un muḥallil y prend part : s'il arrive premier, il prend l'enjeu, et s'il n'arrive pas premier, il ne doit rien. »

    Le muḥallil est un troisième concurrent qui ne mise rien et dont la participation rend l'enjeu licite.

  68. 1041

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رُئِيَ يَمْسَحُ وَجْهَ فَرَسِهِ بِرِدَائِهِ. فَسُئِلَ عَنْ ذَلِكَ فَقَالَ: «إِنِّي عُوتِبْتُ اللَّيْلَةَ فِي الْخَيْلِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que l'on vit le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, essuyer la face de son cheval avec son manteau. On l'interrogea à ce sujet, et il dit : « J'ai été réprimandé cette nuit au sujet des chevaux. »

  69. 1042

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ حُمَيْدٍ الطَّوِيلِ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ خَرَجَ إِلَى خَيْبَرَ، أَتَاهَا لَيْلًا. وَكَانَ إِذَا أَتَى قَوْمًا بِلَيْلٍ لَمْ يُغِرْ حَتَّى يُصْبِحَ، فَخَرَجَتْ يَهُودُ بِمَسَاحِيهِمْ وَمَكَاتِلِهِمْ فَلَمَّا رَأَوْهُ قَالُوا: مُحَمَّدٌ، وَاللَّهِ مُحَمَّدٌ وَالْخَمِيسُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " اللَّهُ أَكْبَرُ خَرِبَتْ خَيْبَرُ إِنَّا إِذَا نَزَلْنَا بِسَاحَةِ قَوْمٍ {فَسَاءَ صَبَاحُ الْمُنْذَرِينَ} [الصافات: 177] "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḥumayd aṭ-Ṭawīl, d'après Anas ibn Mālik, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il partit pour Khaybar, y arriva de nuit. Or, lorsqu'il arrivait de nuit auprès d'un peuple, il ne lançait pas l'attaque avant le matin. Les juifs sortirent avec leurs pelles et leurs paniers. Lorsqu'ils le virent, ils dirent : « Muḥammad ! Par Allah, Muḥammad et l'armée ! » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Allah est le plus grand ! Khaybar est ruinée. Lorsque nous descendons sur l'aire d'un peuple, "quel mauvais matin pour ceux qui ont été avertis" [37 : 177]. »

  70. 1043

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: " مَنْ أَنْفَقَ زَوْجَيْنِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ نُودِيَ فِي الْجَنَّةِ: يَا عَبْدَ اللَّهِ هَذَا خَيْرٌ. فَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصَّلَاةِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الصَّلَاةِ، وَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْجِهَادِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الْجِهَادِ، وَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصَّدَقَةِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الصَّدَقَةِ، وَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصِّيَامِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الرَّيَّانِ "، فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا عَلَى مَنْ يُدْعَى مِنْ هَذِهِ الْأَبْوَابِ مِنْ ضَرُورَةٍ. فَهَلْ يُدْعَى أَحَدٌ مِنْ هَذِهِ الْأَبْوَابِ كُلِّهَا؟ قَالَ: «نَعَمْ، وَأَرْجُو أَنْ تَكُونَ مِنْهُمْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Ḥumayd ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui dépense une paire [de biens] dans le sentier d'Allah sera appelé au Paradis : "Ô serviteur d'Allah, voici un bien." Celui qui était des gens de la prière sera appelé par la porte de la prière ; celui qui était des gens du jihād sera appelé par la porte du jihād ; celui qui était des gens de l'aumône sera appelé par la porte de l'aumône ; et celui qui était des gens du jeûne sera appelé par la porte d'ar-Rayyān. » Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq dit : « Ô Messager d'Allah, celui qui est appelé par [l'une de] ces portes n'a besoin de rien de plus. Mais quelqu'un sera-t-il appelé par toutes ces portes ? » Il dit : « Oui, et j'espère que tu seras de ceux-là. »

  71. Le fait, pour celui des gens de la dhimma qui embrasse l'islam, de conserver sa terreبَابُ إِحْرَازِ مَنْ أَسْلَمَ مِنْ أَهْلِ الذِّمَّةِ أَرْضَهُ
  72. 1044

    قَالَ يَحْيَى: سُئِلَ مَالِكٌ عَنْ إِمَامٍ قَبِلَ الْجِزْيَةَ مِنْ قَوْمٍ فَكَانُوا يُعْطُونَهَا. أَرَأَيْتَ مَنْ أَسْلَمَ مِنْهُمْ. أَيَكُونُ لَهُ أَرْضُهُ، أَوْ تَكُونُ لِلْمُسْلِمِينَ، وَيَكُونُ لَهُمْ مَالُهُ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: «ذَلِكَ يَخْتَلِفُ. أَمَّا أَهْلُ الصُّلْحِ، فَإِنَّ مَنْ أَسْلَمَ مِنْهُمْ فَهُوَ أَحَقُّ بِأَرْضِهِ وَمَالِهِ. وَأَمَّا أَهْلُ الْعَنْوَةِ الَّذِينَ أُخِذُوا عَنْوَةً، فَمَنْ أَسْلَمَ مِنْهُمْ فَإِنَّ أَرْضَهُ وَمَالَهُ لِلْمُسْلِمِينَ. لِأَنَّ أَهْلَ الْعَنْوَةِ قَدْ غُلِبُوا عَلَى بِلَادِهِمْ. وَصَارَتْ فَيْئًا لِلْمُسْلِمِينَ. وَأَمَّا أَهْلُ الصُّلْحِ فَإِنَّهُمْ قَوْمٌ مَنَعُوا أَمْوَالَهُمْ وَأَنْفُسَهُمْ. حَتَّى صَالَحُوا عَلَيْهَا. فَلَيْسَ عَلَيْهِمْ إِلَّا مَا صَالَحُوا عَلَيْهِ»

    Yaḥyā a dit : On interrogea Mālik au sujet d'un imām qui a accepté la jizya [tribut de capitation] d'un peuple, lequel la versait : « Que dis-tu de celui d'entre eux qui embrasse l'islam ? Sa terre lui reste-t-elle, ou revient-elle aux musulmans, ainsi que ses biens ? » Mālik dit : « Cela diffère. Quant aux gens du traité de paix, celui d'entre eux qui embrasse l'islam a le plus de droit sur sa terre et ses biens. Quant aux gens de la conquête par la force, ceux qui ont été pris de vive force, celui d'entre eux qui embrasse l'islam voit sa terre et ses biens revenir aux musulmans, car les gens de la conquête par la force ont été vaincus sur leur pays, qui est devenu un fayʾ [bien acquis à la communauté] pour les musulmans. Quant aux gens du traité de paix, ce sont des gens qui ont défendu leurs biens et leurs personnes jusqu'à conclure la paix à leur sujet : ils ne doivent donc que ce sur quoi ils ont conclu la paix. »

    Les gens de la dhimma sont les non-musulmans vivant sous la protection de l'autorité musulmane.

  73. L'ensevelissement dans une [même] tombe unique, en cas de nécessité, et l'exécution par Abū Bakr, qu'Allah l'agrée, de la promesse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, après la mort du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur luiبَابُ الدَّفْنِ فِي قَبْرٍ وَاحِدٍ مِنْ ضَرُورَةٍ، وَإِنْفَاذِ أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عِدَةَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، بَعْدَ وَفَاةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
  74. 1045

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي صَعْصَعَةَ، أَنَّهُ بَلَغَهُ «أَنَّ عَمْرَو بْنَ الْجَمُوحِ وَعَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَمْرٍو الْأَنْصَارِيَّيْنِ ثُمَّ السَّلَمِيَّيْنِ كَانَا قَدْ حَفَرَ السَّيْلُ قَبْرَهُمَا، وَكَانَ قَبْرُهُمَا مِمَّا يَلِي السَّيْلَ، وَكَانَا فِي قَبْرٍ وَاحِدٍ وَكَانَا مِمَّنِ اسْتُشْهِدَ يَوْمَ أُحُدٍ فَحُفِرَ عَنْهُمَا لِيُغَيَّرَا مِنْ مَكَانِهِمَا، فَوُجِدَا لَمْ يَتَغَيَّرَا، كَأَنّمَا مَاتَا بِالْأَمْسِ، وَكَانَ أَحَدُهُمَا قَدْ جُرِحَ فَوَضَعَ يَدَهُ عَلَى جُرْحِهِ، فَدُفِنَ وَهُوَ كَذَلِكَ. فَأُمِيطَتْ يَدُهُ عَنْ جُرْحِهِ، ثُمَّ أُرْسِلَتْ فَرَجَعَتْ كَمَا كَانَتْ، وَكَانَ بَيْنَ أُحُدٍ، وَبَيْنَ يَوْمَ حُفِرَ عَنْهُمَا سِتٌّ وَأَرْبَعُونَ سَنَةً» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «لَا بَأْسَ أَنْ يُدْفَنَ الرَّجُلَانِ وَالثَّلَاثَةُ فِي قَبْرٍ وَاحِدٍ. مِنْ ضَرُورَةٍ. وَيُجْعَلَ الْأَكْبَرُ مِمَّا يَلِي الْقِبْلَةَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Ṣaʿṣaʿa, qu'il lui est parvenu que ʿAmr ibn al-Jamūḥ et ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, tous deux des Anṣār, puis des Banū Salima, avaient eu leur tombe ravinée par le torrent. Leur tombe se trouvait du côté du torrent ; ils étaient dans une même tombe, et ils étaient de ceux qui tombèrent martyrs le jour d'Uḥud. On les exhuma pour les changer de place, et on les trouva inaltérés, comme s'ils étaient morts la veille. L'un d'eux avait été blessé et avait posé la main sur sa blessure : il avait été enterré ainsi. On écarta sa main de sa blessure, puis on la relâcha, et elle revint comme elle était. Entre Uḥud et le jour où ils furent exhumés, il s'était écoulé quarante-six ans. Mālik a dit : « Il n'y a pas de mal à ce que deux ou trois hommes soient enterrés dans une même tombe, en cas de nécessité, et l'on place le plus âgé du côté de la qibla. »

  75. 1046

    حَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَنَّهُ قَالَ: قَدِمَ عَلَى أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ مَالٌ مِنَ الْبَحْرَيْنِ، فَقَالَ: «مَنْ كَانَ لَهُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأْيٌ أَوْ عِدَةٌ فَلْيَأْتِنِي». فَجَاءَهُ جَابِرُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ فَحَفَنَ لَهُ ثَلَاثَ حَفَنَاتٍ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, que Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān a dit : Des biens parvinrent à Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq depuis le Baḥrayn. Il dit : « Que celui à qui le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait fait une promesse ou pris un engagement vienne me trouver. » Jābir ibn ʿAbd Allāh vint à lui, et il lui en donna trois pleines poignées.

Autres ouvrages

al-Muqaddima al-ʿAshmāwiyya, al-ʿAshmāwīal-Mukhtaṣar, Khalīlar-Risāla, Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī