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Échap
الموطأ

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn Anas

· IIe s. h.
Avancé

Le Muwaṭṭaʾ de l’imām Mālik ibn Anas (m. 179 h), qu’Allah lui fasse miséricorde, réunit des hadiths du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, des paroles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis, la pratique des gens de Médine et les avis de l’imām lui-même, classés par livres et par chapitres de fiqh. Il est donné ici dans la riwāya de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī.

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La répudiationكِتَابُ الطَّلَاقِ

  1. Ce qui est rapporté sur la batta [répudiation définitive]بَابُ مَا جَاءَ فِي الْبَتَّةِ
  2. 1201

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَجُلًا قَالَ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ إِنِّي طَلَّقْتُ امْرَأَتِي مِائَةَ تَطْلِيقَةٍ فَمَاذَا تَرَى عَلَيَّ؟ فَقَالَ لَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ «طَلُقَتْ مِنْكَ بِثَلَاثٍ، وَسَبْعٌ وَتِسْعُونَ اتَّخَذْتَ بِآيَاتِ اللَّهِ هُزُوًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme dit à ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās : « J'ai répudié ma femme de cent répudiations ; que vois-tu à ma charge ? » Ibn ʿAbbās lui dit : « Elle est répudiée de toi par trois ; et par les quatre-vingt-dix-sept autres, tu as pris les versets d'Allah en dérision. »

  3. 1202

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَجُلًا جَاءَ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ فَقَالَ: إِنِّي طَلَّقْتُ امْرَأَتِي ثَمَانِيَ تَطْلِيقَاتٍ، قَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: «فَمَاذَا قِيلَ لَكَ»؟ قَالَ: قِيلَ لِي إِنَّهَا قَدْ بَانَتْ مِنِّي، فَقَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: «صَدَقُوا، مَنْ طَلَّقَ كَمَا أَمَرَهُ اللَّهُ فَقَدْ بَيَّنَ اللَّهُ لَهُ، وَمَنْ لَبَسَ عَلَى نَفْسِهِ لَبْسًا جَعَلْنَا لَبْسَهُ بِهِ، لَا تَلْبِسُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ، وَنَتَحَمَّلُهُ عَنْكُمْ، هُوَ كَمَا تَقُولُونَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme vint trouver ʿAbd Allāh ibn Masʿūd et dit : « J'ai répudié ma femme de huit répudiations. » Ibn Masʿūd dit : « Que t'a-t-on dit ? » Il dit : « On m'a dit qu'elle est définitivement séparée de moi. » Ibn Masʿūd dit : « Ils ont dit vrai. Quiconque répudie comme Allah le lui a ordonné, Allah lui a exposé clairement [ce qu'il en est] ; et quiconque s'embrouille lui-même, nous mettons son embrouillement à sa charge. Ne vous embrouillez pas vous-mêmes pour que nous en portions la charge à votre place. Il en est comme vous dites. »

  4. 1203

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ حَزْمٍ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ قَالَ: " الْبَتَّةُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فِيهَا؟ قَالَ أَبُو بَكْرٍ فَقُلْتُ لَهُ كَانَ أَبَانُ بْنُ عُثْمَانَ يَجْعَلُهَا وَاحِدَةً، فَقَالَ عُمَرُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ: " لَوْ كَانَ الطَّلَاقُ أَلْفًا مَا أَبْقَتِ الْبَتَّةُ مِنْهُ شَيْئًا، مَنْ قَالَ: الْبَتَّةَ فَقَدْ رَمَى الْغَايَةَ الْقُصْوَى "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Abū Bakr ibn Ḥazm, que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz dit : « La batta, qu'en disent les gens ? » Abū Bakr a dit : je lui dis : « Abān ibn ʿUthmān la comptait pour une seule. » ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz dit : « Si la répudiation était de mille, la batta n'en laisserait rien. Celui qui dit “al-batta” a atteint le terme ultime. »

  5. 1204

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ كَانَ «يَقْضِي فِي الَّذِي يُطَلِّقُ امْرَأَتَهُ الْبَتَّةَ أَنَّهَا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحَبُّ مَا سَمِعْتُ إِلَيَّ فِي ذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que Marwān ibn al-Ḥakam jugeait, au sujet de celui qui répudie sa femme par la batta, que c'est trois répudiations. Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. »

  6. Ce qui est rapporté sur [les formules] « khaliyya », « bariyya » et leurs semblablesبَابُ مَا جَاءَ فِي الْخَلِيَّةِ وَالْبَرِيَّةِ وَأَشْبَاهِ ذَلِكَ
  7. 1205

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّهُ كُتِبَ إِلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ مِنَ الْعِرَاقِ، أَنَّ رَجُلًا قَالَ لِامْرَأَتِهِ: حَبْلُكِ عَلَى غَارِبِكِ، فَكَتَبَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ إِلَى عَامِلِهِ أَنْ مُرْهُ أَنْ يُوَافِينِي بِمَكَّةَ فِي الْمَوْسِمِ، فَبَيْنَمَا عُمَرُ يَطُوفُ بِالْبَيْتِ إِذْ لَقِيَهُ الرَّجُلُ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ، فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: «مَنْ أَنْتَ»؟ فَقَالَ: الرَّجُلُ: أَنَا الَّذِي أَمَرْتَ أَنْ أُجْلَبَ عَلَيْكَ فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: " أَسْأَلُكَ بِرَبِّ هَذِهِ الْبَنِيَّةِ، مَا أَرَدْتَ بِقَوْلِكَ: حَبْلُكِ عَلَى غَارِبِكِ؟ فَقَالَ لَهُ الرَّجُلُ: لَوِ اسْتَحْلَفْتَنِي فِي غَيْرِ هَذَا الْمَكَانِ، مَا صَدَقْتُكَ؟ أَرَدْتُ بِذَلِكَ الْفِرَاقَ، فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «هُوَ مَا أَرَدْتَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'on écrivit d'Irak à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb qu'un homme avait dit à sa femme : « Ta corde est sur ton garrot. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb écrivit à son gouverneur : « Ordonne-lui de me rejoindre à La Mecque pendant la saison [du pèlerinage]. » Tandis que ʿUmar accomplissait les tours autour de la Maison, l'homme le rencontra et le salua. ʿUmar lui dit : « Qui es-tu ? » L'homme dit : « Je suis celui que tu as ordonné de faire amener à toi. » ʿUmar lui dit : « Je t'adjure par le Seigneur de cet édifice [la Kaʿba] : qu'as-tu voulu dire par “Ta corde est sur ton garrot” ? » L'homme lui dit : « Si tu m'avais fait jurer ailleurs qu'en ce lieu, je ne t'aurais pas dit la vérité. J'ai voulu par là la séparation. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb dit : « C'est ce que tu as voulu. »

    « Ta corde est sur ton garrot » : image de la chamelle dont on rejette la longe sur le garrot pour la laisser aller où elle veut, d'après al-Masālik d'Ibn al-ʿArabī.

  8. 1206

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ كَانَ يَقُولُ فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِامْرَأَتِهِ: «أَنْتِ عَلَيَّ حَرَامٌ، إِنَّهَا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ» قَالَ مَالِكٌ وَذَلِكَ أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿAlī ibn Abī Ṭālib disait, au sujet de l'homme qui dit à sa femme « Tu m'es interdite » : « C'est trois répudiations. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. »

  9. 1207

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ يَقُولُ: «فِي الْخَلِيَّةِ وَالْبَرِيَّةِ، إِنَّهَا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ كُلُّ وَاحِدَةٍ مِنْهُمَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar disait, au sujet de la khaliyya [« tu es libre de tout lien »] et de la bariyya [« tu es quitte »] : « C'est trois répudiations, pour chacune des deux. »

  10. 1208

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ أَنَّ رَجُلًا كَانَتْ تَحْتَهُ وَلِيدَةٌ لِقَوْمٍ، فَقَالَ لِأَهْلِهَا: «شَأْنَكُمْ بِهَا، فَرَأَى النَّاسُ أَنَّهَا تَطْلِيقَةٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, qu'un homme avait pour épouse une walīda appartenant à des gens ; il dit aux maîtres de celle-ci : « Elle est votre affaire. » Les gens considérèrent que c'était une répudiation.

  11. 1209

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ شِهَابٍ يَقُولُ فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِامْرَأَتِهِ: «بَرِئْتِ مِنِّي وَبَرِئْتُ مِنْكِ، إِنَّهَا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ بِمَنْزِلَةِ الْبَتَّةِ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِامْرَأَتِهِ: أَنْتِ خَلِيَّةٌ أَوْ بَرِيَّةٌ، أَوْ بَائِنَةٌ، «إِنَّهَا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ لِلْمَرْأَةِ الَّتِي قَدْ دَخَلَ بِهَا، وَيُدَيَّنُ فِي الَّتِي لَمْ يَدْخُلْ بِهَا أَوَاحِدَةً أَرَادَ أَمْ ثَلَاثًا، فَإِنْ قَالَ وَاحِدَةً أُحْلِفَ عَلَى ذَلِكَ، وَكَانَ خَاطِبًا مِنَ الْخُطَّابِ، لِأَنَّهُ لَا يُخْلِي الْمَرْأَةَ الَّتِي قَدْ دَخَلَ بِهَا زَوْجُهَا، وَلَا يُبِينُهَا، وَلَا يُبْرِيهَا إِلَّا ثَلَاثُ تَطْلِيقَاتٍ، وَالَّتِي لَمْ يَدْخُلْ بِهَا تُخْلِيهَا، وَتُبْرِيهَا، وَتُبِينُهَا الْوَاحِدَةُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Ibn Shihāb dire, au sujet de l'homme qui dit à sa femme « Tu es quitte de moi et je suis quitte de toi » : « C'est trois répudiations, au même rang que la batta. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui dit à sa femme « Tu es khaliyya », ou « bariyya », ou « bāʾina [séparée] » : « C'est trois répudiations pour la femme avec laquelle il a consommé le mariage. Pour celle avec laquelle il n'a pas consommé le mariage, on s'en remet à sa conscience : a-t-il voulu une seule ou trois ? S'il dit “une seule”, on lui fait prêter serment là-dessus, et il devient un prétendant parmi les prétendants. Car la femme avec laquelle son mari a consommé le mariage n'est rendue libre, séparée et quitte que par trois répudiations, tandis que celle avec laquelle il n'a pas consommé le mariage, une seule la rend libre, quitte et séparée. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. »

  12. Ce qui, dans le tamlīk [fait pour le mari de remettre à sa femme le pouvoir de se répudier], entraîne la séparationبَابُ مَا يُبِينُ مِنَ التَّمْلِيكِ
  13. 1210

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَجُلًا جَاءَ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، فَقَالَ: يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ إِنِّي «جَعَلْتُ أَمْرَ امْرَأَتِي فِي يَدِهَا، فَطَلَّقَتْ نَفْسَهَا»، فَمَاذَا تَرَى؟ فَقَالَ بْنُ عُمَرَ: " أُرَاهُ كَمَا قَالَتْ، فَقَالَ الرَّجُلُ: لَا تَفْعَلْ يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ، فَقَالَ ابْنُ عُمَرَ: «أَنَا أَفْعَلُ أَنْتَ فَعَلْتَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme vint trouver ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et dit : « Ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān, j'ai mis l'affaire de ma femme entre ses mains et elle s'est répudiée elle-même ; qu'en penses-tu ? » Ibn ʿUmar dit : « Je pense qu'il en est comme elle a dit. » L'homme dit : « Ne fais pas cela, ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān ! » Ibn ʿUmar dit : « Est-ce moi qui le fais ? C'est toi qui l'as fait. »

  14. 1211

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ يَقُولُ: " إِذَا مَلَّكَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ أَمْرَهَا، فَالْقَضَاءُ مَا قَضَتْ إِلَّا أَنْ يُنْكِرَ عَلَيْهَا، فَيَقُولَ: لَمْ أُرِدْ إِلَّا وَاحِدَةً، فَيَحْلِفُ عَلَى ذَلِكَ، وَيَكُونُ أَمْلَكَ بِهَا مَا كَانَتْ فِي عِدَّتِهَا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar disait : « Lorsque l'homme remet à sa femme le pouvoir sur son affaire, la décision est ce qu'elle décide, à moins qu'il ne la conteste et dise : “Je n'ai voulu qu'une seule [répudiation]” ; il prête alors serment là-dessus, et il garde le droit de la reprendre tant qu'elle est dans sa ʿidda. »

  15. Les cas où le tamlīk n'entraîne qu'une seule répudiationبَابُ مَا يَجِبُ فِيهِ تَطْلِيقَةٌ وَاحِدَةٌ مِنَ التَّمْلِيكِ
  16. 1212

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ سُلَيْمَانَ بْنِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ، عَنْ خَارِجَةَ بْنِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ أَنَّهُ كَانَ جَالِسًا عِنْدَ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ، فَأَتَاهُ مُحَمَّدُ بْنُ أَبِي عَتِيقٍ وَعَيْنَاهُ تَدْمَعَانِ، فَقَالَ لَهُ زَيْدٌ: «مَا شَأْنُكَ»؟ فَقَالَ: مَلَّكْتُ امْرَأَتِي أَمْرَهَا فَفَارَقَتْنِي، فَقَالَ لَهُ زَيْدٌ: «وَمَا حَمَلَكَ عَلَى ذَلِكَ»؟ فَقَالَ: الْقَدَرُ، فَقَالَ لَهُ زَيْدٌ: «ارْتَجِعْهَا إِنْ شِئْتَ، فَإِنَّمَا هِيَ وَاحِدَةٌ وَأَنْتَ أَمْلَكُ بِهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Saʿīd ibn Sulaymān ibn Zayd ibn Thābit, d'après Khārija ibn Zayd ibn Thābit, que celui-ci l'informa qu'il était assis auprès de Zayd ibn Thābit lorsque Muḥammad ibn Abī ʿAtīq vint à lui, les yeux en larmes. Zayd lui dit : « Qu'as-tu ? » Il dit : « J'ai remis à ma femme le pouvoir sur son affaire, et elle s'est séparée de moi. » Zayd lui dit : « Qu'est-ce qui t'a poussé à cela ? » Il dit : « Le destin. » Zayd lui dit : « Reprends-la si tu veux : ce n'est qu'une seule [répudiation], et tu gardes le droit de la reprendre. »

  17. 1213

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْقَاسِمِ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ رَجُلًا مِنْ ثَقِيفٍ مَلَّكَ امْرَأَتَهُ أَمْرَهَا، فَقَالَتْ: «أَنْتَ الطَّلَاقُ» فَسَكَتَ، ثُمَّ قَالَتْ: «أَنْتَ الطَّلَاقُ»، فَقَالَ: بِفِيكِ الْحَجَرُ، ثُمَّ قَالَتْ: «أَنْتَ الطَّلَاقُ»، فَقَالَ: بِفِيكِ الْحَجَرُ، فَاخْتَصَمَا إِلَى مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ فَاسْتَحْلَفَهُ: «مَا مَلَّكَهَا إِلَّا وَاحِدَةً وَرَدَّهَا إِلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: «قَالَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ، فَكَانَ الْقَاسِمُ، يُعْجِبُهُ هَذَا الْقَضَاءُ وَيَرَاهُ أَحْسَنَ مَا سَمِعَ فِي ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ وَأَحَبُّهُ إِلَيَّ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Qāsim, d'après son père, qu'un homme de Thaqīf remit à sa femme le pouvoir sur son affaire. Elle dit : « Tu es la répudiation [c'est-à-dire : je me répudie de toi]. » Il se tut. Puis elle dit : « Tu es la répudiation. » Il dit : « Que la pierre soit dans ta bouche ! » Puis elle dit : « Tu es la répudiation. » Il dit : « Que la pierre soit dans ta bouche ! » Ils portèrent leur différend devant Marwān ibn al-Ḥakam, qui lui fit jurer qu'il ne lui avait remis ce pouvoir que pour une seule, et la lui rendit. Mālik a dit : ʿAbd ar-Raḥmān a dit : « Al-Qāsim appréciait ce jugement et y voyait ce qu'il avait entendu de mieux à ce sujet. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet, et ce que je préfère. »

  18. Ce qui, dans le tamlīk, n'entraîne pas la séparationبَابُ مَا لَا يُبِينُ مِنَ التَّمْلِيكِ
  19. 1214

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْقَاسِمِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ أُمِّ الْمُؤْمِنِينَ أَنَّهَا: «خَطَبَتْ عَلَى عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي بَكْرٍ، قَرِيبَةَ بِنْتَ أَبِي أُمَيَّةَ فَزَوَّجُوهُ»، ثُمَّ إِنَّهُمْ عَتَبُوا عَلَى عَبْدِ الرَّحْمَنِ، وَقَالُوا: مَا زَوَّجْنَا إِلَّا عَائِشَةَ، فَأَرْسَلَتْ عَائِشَةُ إِلَى عَبْدِ الرَّحْمَنِ، فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لَهُ، فَجَعَلَ أَمْرَ قَرِيبَةَ بِيَدِهَا فَاخْتَارَتْ زَوْجَهَا فَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ طَلَاقًا "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Qāsim, d'après son père, d'après ʿĀʾisha, Mère des croyants, qu'elle demanda pour ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Bakr la main de Qarība bint Abī Umayya, et qu'on la lui donna en mariage. Puis les parents de celle-ci eurent des griefs contre ʿAbd ar-Raḥmān et dirent : « Nous n'avons donné en mariage que [par égard pour] ʿĀʾisha. » ʿĀʾisha envoya quelqu'un à ʿAbd ar-Raḥmān et lui en fit part. Il mit alors l'affaire de Qarība entre ses mains ; elle choisit son mari, et ce ne fut pas une répudiation.

  20. 1215

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْقَاسِمِ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ عَائِشَةَ زَوْجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ " زَوَّجَتْ حَفْصَةَ بِنْتَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ الْمُنْذِرَ بْنَ الزُّبَيْرِ، وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ غَائِبٌ بِالشَّامِ، فَلَمَّا قَدِمَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ، قَالَ: " وَمِثْلِي يُصْنَعُ هَذَا بِهِ، وَمِثْلِي يُفْتَاتُ عَلَيْهِ؟ فَكَلَّمَتْ عَائِشَةُ الْمُنْذِرَ بْنَ الزُّبَيْرِ، فَقَالَ الْمُنْذِرُ: فَإِنَّ ذَلِكَ بِيَدِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، فَقَالَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ: مَا كُنْتُ لِأَرُدَّ أَمْرًا قَضَيْتِيهِ، فَقَرَّتْ حَفْصَةُ عِنْدَ الْمُنْذِرِ، وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ طَلَاقًا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Qāsim, d'après son père, que ʿĀʾisha, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, maria Ḥafṣa bint ʿAbd ar-Raḥmān à al-Mundhir ibn az-Zubayr, alors que ʿAbd ar-Raḥmān était absent, en Syrie [ash-Shām]. Lorsque ʿAbd ar-Raḥmān revint, il dit : « Est-ce à un homme comme moi que l'on fait cela ? Est-ce d'un homme comme moi que l'on se passe de l'avis ? » ʿĀʾisha parla à al-Mundhir ibn az-Zubayr, et al-Mundhir dit : « Cela est entre les mains de ʿAbd ar-Raḥmān. » ʿAbd ar-Raḥmān dit : « Je ne suis pas homme à défaire une chose que tu as décidée. » Ḥafṣa demeura donc auprès d'al-Mundhir, et ce ne fut pas une répudiation.

  21. 1216

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ وَأَبَا هُرَيْرَةَ سُئِلَا عَنِ الرَّجُلِ يُمَلِّكُ امْرَأَتَهُ أَمْرَهَا، فَتَرُدُّ ذَلِكَ إِلَيْهِ، وَلَا تَقْضِي فِيهِ شَيْئًا، فَقَالَا: «لَيْسَ ذَلِكَ بِطَلَاقٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et Abū Hurayra furent interrogés sur l'homme qui remet à sa femme le pouvoir sur son affaire, et celle-ci le lui rend sans rien décider. Ils dirent : « Ce n'est pas une répudiation. »

  22. 1217

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ قَالَ: «إِذَا مَلَّكَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ أَمْرَهَا، فَلَمْ تُفَارِقْهُ، وَقَرَّتْ عِنْدَهُ فَلَيْسَ ذَلِكَ بِطَلَاقٍ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْمُمَلَّكَةِ إِذَا مَلَّكَهَا زَوْجُهَا أَمْرَهَا، ثُمَّ افْتَرَقَا، وَلَمْ تَقْبَلْ مِنْ ذَلِكَ شَيْئًا، فَلَيْسَ بِيَدِهَا مِنْ ذَلِكَ شَيْءٌ، وَهُوَ لَهَا مَا دَامَا فِي مَجْلِسِهِمَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que celui-ci a dit : « Lorsque l'homme remet à sa femme le pouvoir sur son affaire, qu'elle ne se sépare pas de lui et demeure auprès de lui, ce n'est pas une répudiation. » Mālik a dit, au sujet de la femme à qui ce pouvoir a été remis [al-mumallaka] : « Lorsque son mari lui remet le pouvoir sur son affaire, puis qu'ils se quittent sans qu'elle en ait rien accepté, elle n'a plus rien de cela entre les mains ; elle en dispose tant qu'ils sont tous deux dans leur séance. »

  23. L'īlāʾ [serment du mari de ne plus avoir de rapport avec sa femme]بَابُ الْإِيلَاءِ
  24. 1218

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ جَعْفَرِ بْنِ مُحَمَّدٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «إِذَا آلَى الرَّجُلُ مِنِ امْرَأَتِهِ، لَمْ يَقَعْ عَلَيْهِ طَلَاقٌ، وَإِنْ مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ حَتَّى يُوقَفَ، فَإِمَّا أَنْ يُطَلِّقَ وَإِمَّا أَنْ يَفِيءَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Jaʿfar ibn Muḥammad, d'après son père, d'après ʿAlī ibn Abī Ṭālib, qu'il disait : « Lorsque l'homme prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, aucune répudiation ne le frappe, même si les quatre mois s'écoulent, tant qu'il n'a pas été sommé de se prononcer : ou bien il répudie, ou bien il revient [à elle]. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  25. 1219

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «أَيُّمَا رَجُلٍ آلَى مِنِ امْرَأَتِهِ، فَإِنَّهُ إِذَا مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ، وُقِفَ حَتَّى يُطَلِّقَ أَوْ يَفِيءَ، وَلَا يَقَعُ عَلَيْهِ طَلَاقٌ إِذَا مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ حَتَّى يُوقَفَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait : « Tout homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, lorsque les quatre mois s'écoulent, est sommé de se prononcer, jusqu'à ce qu'il répudie ou revienne ; et aucune répudiation ne le frappe à l'écoulement des quatre mois tant qu'il n'a pas été sommé. »

  26. 1220

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، وَأَبَا بَكْرِ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ كَانَا يَقُولَانِ فِي الرَّجُلِ يُولِي مِنِ امْرَأَتِهِ إِنَّهَا «إِذَا مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ فَهِيَ تَطْلِيقَةٌ، وَلِزَوْجِهَا عَلَيْهَا الرَّجْعَةُ مَا كَانَتْ فِي الْعِدَّةِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que Saʿīd ibn al-Musayyib et Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān disaient, au sujet de l'homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme : « Lorsque les quatre mois s'écoulent, c'est une répudiation, et son mari a sur elle le droit de reprise [rajʿa] tant qu'elle est dans la ʿidda. »

  27. 1221

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ كَانَ يَقْضِي فِي الرَّجُلِ إِذَا «آلَى مِنِ امْرَأَتِهِ أَنَّهَا إِذَا مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ فَهِيَ تَطْلِيقَةٌ، وَلَهُ عَلَيْهَا الرَّجْعَةُ مَا دَامَتْ فِي عِدَّتِهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ كَانَ رَأْيُ ابْنِ شِهَابٍ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يُولِي مِنِ امْرَأَتِهِ، فَيُوقَفُ فَيُطَلِّقُ عِنْدَ انْقِضَاءِ الْأَرْبَعَةِ الْأَشْهُرِ، ثُمَّ يُرَاجِعُ امْرَأَتَهُ أَنَّهُ إِنْ لَمْ يُصِبْهَا حَتَّى تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا فَلَا سَبِيلَ لَهُ إِلَيْهَا، وَلَا رَجْعَةَ لَهُ عَلَيْهَا، إِلَّا أَنْ يَكُونَ لَهُ عُذْرٌ مِنْ مَرَضٍ أَوْ سِجْنٍ أَوْ مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْعُذْرِ، فَإِنَّ ارْتِجَاعَهُ إِيَّاهَا ثَابِتٌ عَلَيْهَا، وَإِنْ مَضَتْ عِدَّتُهَا ثُمَّ تَزَوَّجَهَا بَعْدَ ذَلِكَ فَإِنَّهُ إِنْ لَمْ يُصِبْهَا حَتَّى تَنْقَضِيَ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ وُقِفَ أَيْضًا، فَإِنْ لَمْ يَفِئْ دَخَلَ عَلَيْهِ الطَّلَاقُ بِالْإِيلَاءِ الْأَوَّلِ، إِذَا مَضَتِ الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ، وَلَمْ يَكُنْ لَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ لِأَنَّهُ نَكَحَهَا ثُمَّ طَلَّقَهَا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا فَلَا عِدَّةَ لَهُ عَلَيْهَا وَلَا رَجْعَةَ» وَقَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يُولِي مِنِ امْرَأَتِهِ، فَيُوقَفُ بَعْدَ الْأَرْبَعَةِ الْأَشْهُرِ، فَيُطَلِّقُ ثُمَّ يَرْتَجِعُ وَلَا يَمَسُّهَا فَتَنْقَضِي أَرْبَعَةُ أَشْهُرٍ قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا، إِنَّهُ لَا يُوقَفُ وَلَا يَقَعُ عَلَيْهِ طَلَاقٌ، وَإِنَّهُ إِنْ أَصَابَهَا قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا كَانَ أَحَقَّ بِهَا، وَإِنْ مَضَتْ عِدَّتُهَا قَبْلَ أَنْ يُصِيبَهَا، فَلَا سَبِيلَ لَهُ إِلَيْهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يُولِي مِنِ امْرَأَتِهِ، ثُمَّ يُطَلِّقُهَا فَتَنْقَضِي الْأَرْبَعَةُ الْأَشْهُرِ قَبْلَ انْقِضَاءِ عِدَّةِ الطَّلَاقِ، قَالَ: هُمَا تَطْلِيقَتَانِ إِنْ هُوَ وُقِفَ، وَلَمْ يَفِئْ وَإِنْ مَضَتْ عِدَّةُ الطَّلَاقِ قَبْلَ الْأَرْبَعَةِ الْأَشْهُرِ، فَلَيْسَ الْإِيلَاءُ بِطَلَاقٍ، وَذَلِكَ أَنَّ الْأَرْبَعَةَ الْأَشْهُرِ الَّتِي كَانَ تُوقَفُ بَعْدَهَا مَضَتْ وَلَيْسَتْ لَهُ يَوْمَئِذٍ بِامْرَأَةٍ " قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ حَلَفَ أَنْ لَا يَطَأَ امْرَأَتَهُ يَوْمًا أَوْ شَهْرًا، ثُمَّ مَكَثَ حَتَّى يَنْقَضِيَ أَكْثَرُ مِنَ الْأَرْبَعَةِ الْأَشْهُرِ، فَلَا يَكُونُ ذَلِكَ إِيلَاءً، وَإِنَّمَا يُوقَفُ فِي الْإِيلَاءِ مَنْ حَلَفَ عَلَى أَكْثَرَ مِنَ الْأَرْبَعَةِ الْأَشْهُرِ، فَأَمَّا مَنْ حَلَفَ أَنْ لَا يَطَأَ امْرَأَتَهُ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ أَوْ أَدْنَى مِنْ ذَلِكَ، فَلَا أَرَى عَلَيْهِ إِيلَاءً لِأَنَّهُ إِذَا جَاءَ الْأَجَلُ الَّذِي يُوقَفُ عِنْدَهُ خَرَجَ مِنْ يَمِينِهِ وَلَمْ يَكُنْ عَلَيْهِ وَقْفٌ» قَالَ مَالِكٌ: «مَنْ حَلَفَ لِامْرَأَتِهِ أَنْ لَا يَطَأَهَا حَتَّى تَفْطِمَ وَلَدَهَا، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَكُونُ إِيلَاءً» قَالَ مَالِكٌ: «وَقَدْ بَلَغَنِي أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ سُئِلَ عَنْ ذَلِكَ فَلَمْ يَرَهُ إِيلَاءً»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Marwān ibn al-Ḥakam jugeait, au sujet de l'homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, que lorsque les quatre mois s'écoulent, c'est une répudiation, et qu'il a sur elle le droit de reprise tant qu'elle est dans sa ʿidda. Mālik a dit : « Tel était l'avis d'Ibn Shihāb. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, qui est sommé de se prononcer et répudie à l'expiration des quatre mois, puis reprend sa femme : « S'il n'a pas commerce avec elle avant que s'achève sa ʿidda, il n'a plus de voie vers elle ni de droit de reprise sur elle, à moins qu'il n'ait une excuse, maladie, emprisonnement ou excuse semblable : sa reprise est alors établie à l'égard de sa femme. Si sa ʿidda s'achève, puis qu'il l'épouse après cela, et qu'il n'a pas commerce avec elle avant que s'écoulent les quatre mois, il est sommé de nouveau ; s'il ne revient pas, la répudiation le frappe en vertu du premier īlāʾ, à l'écoulement des quatre mois, et il n'a pas de droit de reprise sur elle, car il l'a épousée puis répudiée avant de la toucher : il n'a donc sur elle ni ʿidda ni reprise. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, qui est sommé de se prononcer après les quatre mois, répudie, puis la reprend sans la toucher, et quatre mois s'écoulent avant que s'achève sa ʿidda : « Il n'est pas sommé et aucune répudiation ne le frappe. S'il a commerce avec elle avant que s'achève sa ʿidda, il a plus de droit sur elle ; et si sa ʿidda s'achève avant qu'il ait commerce avec elle, il n'a plus de voie vers elle. C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce l'īlāʾ à l'égard de sa femme, puis la répudie, et les quatre mois s'écoulent avant que s'achève la ʿidda de la répudiation : « Ce sont deux répudiations, s'il est sommé de se prononcer et ne revient pas. Et si la ʿidda de la répudiation s'achève avant les quatre mois, l'īlāʾ ne vaut pas répudiation, car les quatre mois au terme desquels il aurait été sommé se sont écoulés alors qu'elle n'était plus, ce jour-là, sa femme. » Mālik a dit : « Celui qui jure de ne pas avoir de rapport avec sa femme pendant un jour ou un mois, puis qui s'abstient jusqu'à ce que s'écoulent plus de quatre mois, ce n'est pas un īlāʾ. N'est sommé au titre de l'īlāʾ que celui qui a juré pour plus de quatre mois. Quant à celui qui jure de ne pas avoir de rapport avec sa femme pendant quatre mois ou moins, je ne suis pas d'avis qu'il y ait īlāʾ à sa charge, car lorsque arrive le terme auquel il serait sommé, il est sorti de son serment et il n'y a pas lieu de le sommer. » Mālik a dit : « Celui qui jure à sa femme de ne pas avoir de rapport avec elle jusqu'à ce qu'elle sèvre son enfant, ce n'est pas un īlāʾ. Il m'est parvenu que ʿAlī ibn Abī Ṭālib fut interrogé là-dessus et n'y vit pas un īlāʾ. »

  28. L'īlāʾ de l'esclaveبَابُ إِيلَاءِ الْعَبْدِ
  29. 1222

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ: عَنْ إِيلَاءِ الْعَبْدِ فَقَالَ: «هُوَ نَحْوُ إِيلَاءِ الْحُرِّ، وَهُوَ عَلَيْهِ وَاجِبٌ وَإِيلَاءُ الْعَبْدِ شَهْرَانِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il interrogea Ibn Shihāb sur l'īlāʾ de l'esclave. Il dit : « Il est semblable à l'īlāʾ de l'homme libre, et il s'impose à lui ; et [le délai de] l'īlāʾ de l'esclave est de deux mois. »

  30. Le ẓihār de l'homme libre [ẓihār : fait pour le mari de déclarer sa femme pareille pour lui au dos de sa mère]بَابُ ظِهَارِ الْحُرِّ
  31. 1223

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ سُلَيْمٍ الزُّرَقِيِّ، أَنَّهُ سَأَلَ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ، عَنْ رَجُلٍ طَلَّقَ امْرَأَةً إِنْ هُوَ تَزَوَّجَهَا، قَالَ: فَقَالَ الْقَاسِمُ بْنُ مُحَمَّدٍ: إِنَّ رَجُلًا جَعَلَ امْرَأَةً عَلَيْهِ كَظَهْرِ أُمِّهِ، إِنْ هُوَ تَزَوَّجَهَا فَأَمَرَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ إِنْ هُوَ تَزَوَّجَهَا أَنْ «لَا يَقْرَبَهَا حَتَّى يُكَفِّرَ كَفَّارَةَ الْمُتَظَاهِرِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Saʿīd ibn ʿAmr ibn Sulaym az-Zuraqī, qu'il interrogea al-Qāsim ibn Muḥammad sur un homme qui avait prononcé la répudiation d'une femme pour le cas où il l'épouserait. Al-Qāsim ibn Muḥammad dit : « Un homme avait déclaré qu'une femme serait pour lui comme le dos de sa mère s'il l'épousait ; ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb lui ordonna, s'il l'épousait, de ne pas l'approcher avant d'avoir accompli l'expiation [kaffāra] de celui qui prononce le ẓihār. »

  32. 1224

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ: عَنْ رَجُلٍ تَظَاهَرَ مِنِ امْرَأَةٍ قَبْلَ أَنْ يَنْكِحَهَا، فَقَالَا: «إِنْ نَكَحَهَا فَلَا يَمْسَسْهَا حَتَّى يُكَفِّرَ كَفَّارَةَ الْمُتَظَاهِرِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme interrogea al-Qāsim ibn Muḥammad et Sulaymān ibn Yasār sur un homme qui avait prononcé le ẓihār à l'égard d'une femme avant de l'épouser. Ils dirent : « S'il l'épouse, qu'il ne la touche pas avant d'avoir accompli l'expiation de celui qui prononce le ẓihār. »

  33. 1225

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ أَنَّهُ قَالَ: «فِي رَجُلٍ تَظَاهَرَ مِنْ أَرْبَعَةِ نِسْوَةٍ لَهُ بِكَلِمَةٍ وَاحِدَةٍ، إِنَّهُ» لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ مِثْلَ ذَلِكَ قَالَ مَالِكٌ: " وَعَلَى ذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا قَالَ مَالِكٌ: قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي كَفَّارَةِ الْمُتَظَاهِرِ {فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَتَمَاسَّا} [المجادلة: 3] {فَمَنْ لَمْ يَجِدْ فَصِيَامُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَتَمَاسَّا، فَمَنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَإِطْعَامُ سِتِّينَ مِسْكِينًا} [المجادلة: 4] قالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَتَظَاهَرُ مِنِ امْرَأَتِهِ فِي مَجَالِسَ مُتَفَرِّقَةٍ، قَالَ: لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، فَإِنْ تَظَاهَرَ ثُمَّ كَفَّرَ، ثُمَّ تَظَاهَرَ بَعْدَ أَنْ يُكَفِّرَ فَعَلَيْهِ الْكَفَّارَةُ أَيْضًا " قَالَ مَالِكٌ: «مَنْ تَظَاهَرَ مِنِ امْرَأَتِهِ، ثُمَّ مَسَّهَا قَبْلَ أَنْ يُكَفِّرَ أَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، وَيَكُفُّ عَنْهَا، حَتَّى يُكَفِّرَ، وَيَسْتَغْفِرُ اللَّهَ وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ» قَالَ مَالِكٌ: " وَالظِّهَارُ مِنْ ذَوَاتِ الْمَحَارِمِ مِنَ الرَّضَاعَةِ وَالنَّسَبِ قَالَ مَالِكٌ: «وَلَيْسَ عَلَى النِّسَاءِ ظِهَارٌ» قَالَ مَالِكٌ: فِي قَوْلِ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى (وَالَّذِينَ يَظَّهَّرُونَ) مِنْ نِسَائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا قَالَ: «سَمِعْتُ أَنَّ تَفْسِيرَ ذَلِكَ أَنْ يَتَظَاهَرَ الرَّجُلُ مِنِ امْرَأَتِهِ، ثُمَّ يُجْمِعَ عَلَى إِمْسَاكِهَا وَإِصَابَتِهَا، فَإِنْ أَجْمَعَ عَلَى ذَلِكَ فَقَدْ وَجَبَتْ عَلَيْهِ الْكَفَّارَةُ، وَإِنْ طَلَّقَهَا، وَلَمْ يُجْمِعْ بَعْدَ تَظَاهُرِهِ مِنْهَا عَلَى إِمْسَاكِهَا، وَإِصَابَتِهَا فَلَا كَفَّارَةَ عَلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: «فَإِنْ تَزَوَّجَهَا بَعْدَ ذَلِكَ لَمْ يَمَسَّهَا، حَتَّى يُكَفِّرَ كَفَّارَةَ الْمُتَظَاهِرِ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ يَتَظَاهَرُ مِنْ أَمَتِهِ، إِنَّهُ «إِنْ أَرَادَ أَنْ يُصِيبَهَا فَعَلَيْهِ كَفَّارَةُ الظِّهَارِ قَبْلَ أَنْ يَطَأَهَا» قَالَ مَالِكٌ: «لَا يَدْخُلُ عَلَى الرَّجُلِ إِيلَاءٌ فِي تَظَاهُرٍ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ مُضَارًّا لَا يُرِيدُ أَنْ يَفِيءَ مِنْ تَظَاهُرِهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, qu'il a dit, au sujet d'un homme qui avait prononcé le ẓihār à l'égard de ses quatre épouses par une seule parole : « Il ne doit qu'une seule expiation. » Et il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, la même chose. Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. Allah, béni et exalté soit-Il, a dit au sujet de l'expiation de celui qui prononce le ẓihār : “alors, l'affranchissement d'un esclave avant qu'ils ne se touchent” [58 : 3] ; “Celui qui n'en trouve pas, alors un jeûne de deux mois consécutifs avant qu'ils ne se touchent ; et celui qui ne le peut pas, alors la nourriture de soixante pauvres” [58 : 4]. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce le ẓihār à l'égard de sa femme en des séances séparées : « Il ne doit qu'une seule expiation. Et s'il prononce le ẓihār puis expie, puis prononce le ẓihār après avoir expié, il doit de nouveau l'expiation. » Mālik a dit : « Celui qui prononce le ẓihār à l'égard de sa femme, puis la touche avant d'avoir expié, ne doit qu'une seule expiation ; il s'abstient d'elle jusqu'à ce qu'il ait expié, et il demande pardon à Allah. C'est ce que j'ai entendu de mieux. » Mālik a dit : « Et le ẓihār par [comparaison avec] les femmes interdites en mariage, par l'allaitement et par la parenté. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de ẓihār pour les femmes. » Mālik a dit, au sujet de la parole d'Allah, béni et exalté soit-Il, « Ceux qui prononcent le ẓihār à l'égard de leurs femmes, puis reviennent sur ce qu'ils ont dit » [58 : 3] : « J'ai entendu que l'explication en est que l'homme prononce le ẓihār à l'égard de sa femme, puis se résout à la garder et à avoir commerce avec elle. S'il s'y résout, l'expiation lui incombe ; et s'il la répudie sans s'être résolu, après avoir prononcé le ẓihār à son égard, à la garder et à avoir commerce avec elle, il ne doit pas d'expiation. » Mālik a dit : « S'il l'épouse après cela, il ne la touche pas avant d'avoir accompli l'expiation de celui qui prononce le ẓihār. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce le ẓihār à l'égard de son esclave : « S'il veut avoir commerce avec elle, il doit l'expiation du ẓihār avant d'avoir un rapport avec elle. » Mālik a dit : « L'īlāʾ ne s'applique pas à l'homme du fait de son ẓihār, à moins qu'il ne cherche à nuire et ne veuille pas revenir de son ẓihār. »

    Une autre édition du texte porte en plus, à la fin de la parole sur les femmes interdites en mariage, « سَوَاءٌ » [est pareil].

  34. 1226

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، أَنَّهُ سَمِعَ رَجُلًا يَسْأَلُ عُرْوَةَ بْنَ الزُّبَيْرِ عَنْ رَجُلٍ قَالَ لِامْرَأَتِهِ: «كُلُّ امْرَأَةٍ أَنْكِحُهَا عَلَيْكِ مَا عِشْتِ فَهِيَ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي» فَقَالَ عُرْوَةُ بْنُ الزُّبَيْرِ: «يُجْزِيهِ عَنْ ذَلِكَ عِتْقُ رَقَبَةٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, qu'il a entendu un homme interroger ʿUrwa ibn az-Zubayr sur un homme qui avait dit à sa femme : « Toute femme que j'épouserai en plus de toi, tant que tu vivras, sera pour moi comme le dos de ma mère. » ʿUrwa ibn az-Zubayr dit : « L'affranchissement d'un esclave lui suffit pour cela. »

  35. Le ẓihār des esclavesبَابُ ظِهَارِ الْعَبِيدِ
  36. 1227

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ عَنْ ظِهَارِ الْعَبْدِ، فَقَالَ: «نَحْوُ ظِهَارِ الْحُرِّ» قَالَ مَالِكٌ: «يُرِيدُ أَنَّهُ يَقَعُ عَلَيْهِ كَمَا يَقَعُ عَلَى الْحُرِّ» قَالَ مَالِكٌ: «وَظِهَارُ الْعَبْدِ عَلَيْهِ وَاجِبٌ، وَصِيَامُ الْعَبْدِ فِي الظِّهَارِ شَهْرَانِ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الْعَبْدِ يُظَاهِرُ مِنِ امْرَأَتِهِ، إِنَّهُ «لَا يَدْخُلُ عَلَيْهِ إِيلَاءٌ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَوْ ذَهَبَ يَصُومُ صِيَامَ كَفَّارَةِ الْمُتَظَاهِرِ، دَخَلَ عَلَيْهِ طَلَاقُ الْإِيلَاءِ قَبْلَ أَنْ يَفْرُغَ مِنْ صِيَامِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il interrogea Ibn Shihāb sur le ẓihār de l'esclave. Il dit : « Il est semblable au ẓihār de l'homme libre. » Mālik a dit : « Il veut dire qu'il s'applique à lui comme il s'applique à l'homme libre. » Mālik a dit : « Le ẓihār de l'esclave s'impose à lui, et le jeûne de l'esclave pour le ẓihār est de deux mois. » Mālik a dit, au sujet de l'esclave qui prononce le ẓihār à l'égard de sa femme : « L'īlāʾ ne s'applique pas à lui, car s'il entreprenait le jeûne de l'expiation du ẓihār, la répudiation de l'īlāʾ le frapperait avant qu'il ait achevé son jeûne. »

  37. Ce qui est rapporté sur l'option [al-khiyār]بَابُ مَا جَاءَ فِي الْخِيَارِ
  38. 1228

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ، عَنْ عَائِشَةَ أُمِّ الْمُؤْمِنِينَ أَنَّهَا قَالَتْ: كَانَ فِي بَرِيرَةَ ثَلَاثُ سُنَنٍ، فَكَانَتْ إِحْدَى السُّنَنِ الثَّلَاثِ: أَنَّهَا أُعْتِقَتْ فَخُيِّرَتْ فِي زَوْجِهَا، وَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " الْوَلَاءُ لِمَنْ أَعْتَقَ وَدَخَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْبُرْمَةُ تَفُورُ بِلَحْمٍ، فَقُرِّبَ إِلَيْهِ خُبْزٌ وَأُدْمٌ مِنْ أُدْمِ الْبَيْتِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " أَلَمْ أَرَ بُرْمَةً فِيهَا لَحْمٌ؟ فَقَالُوا: بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَلَكِنْ ذَلِكَ لَحْمٌ تُصُدِّقَ بِهِ عَلَى بَرِيرَةَ وَأَنْتَ لَا تَأْكُلُ الصَّدَقَةَ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «هُوَ عَلَيْهَا صَدَقَةٌ وَهُوَ لَنَا هَدِيَّةٌ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, d'après ʿĀʾisha, Mère des croyants, qu'elle a dit : « Il y eut, à propos de Barīra, trois sunan [règles établies]. L'une des trois fut qu'elle fut affranchie et qu'on lui donna le choix quant à son mari. Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : “Le walāʾ [lien de patronage né de l'affranchissement] revient à celui qui affranchit.” Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra alors que la marmite bouillonnait de viande. On lui présenta du pain et un accompagnement pris parmi ceux de la maison. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : “N'ai-je pas vu une marmite où il y avait de la viande ?” Ils dirent : “Si, ô Messager d'Allah, mais c'est une viande qui a été donnée en aumône [ṣadaqa] à Barīra, et toi, tu ne manges pas l'aumône.” Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : “Elle est pour elle une aumône, et elle est pour nous un présent.” »

    Suite du récit de ʿĀʾisha rapporté dans l'unité précédente.

  39. 1229

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ فِي الْأَمَةِ تَكُونُ تَحْتَ الْعَبْدِ فَتَعْتِقُ «إِنَّ الْأَمَةَ لَهَا الْخِيَارُ مَا لَمْ يَمَسَّهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنْ مَسَّهَا زَوْجُهَا فَزَعَمَتْ أَنَّهَا جَهِلَتْ، أَنَّ لَهَا الْخِيَارَ، فَإِنَّهَا تُتَّهَمُ وَلَا تُصَدَّقُ بِمَا ادَّعَتْ مِنَ الْجَهَالَةِ، وَلَا خِيَارَ لَهَا بَعْدَ أَنْ يَمَسَّهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait, au sujet de l'esclave qui est l'épouse d'un esclave et qui est affranchie : « L'esclave a l'option tant qu'il ne l'a pas touchée. » Mālik a dit : « Si son mari la touche et qu'elle prétend avoir ignoré qu'elle avait l'option, elle est suspectée et n'est pas crue dans l'ignorance qu'elle allègue ; et elle n'a plus d'option après qu'il l'a touchée. »

  40. 1230

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ أَنَّ مَوْلَاةً لِبَنِي عَدِيٍّ يُقَالُ لَهَا زَبْرَاءُ، أَخْبَرَتْهُ أَنَّهَا كَانَتْ تَحْتَ عَبْدٍ، وَهِيَ أَمَةٌ يَوْمَئِذٍ. فَعَتَقَتْ، قَالَتْ: فَأَرْسَلَتْ إِلَيَّ حَفْصَةُ زَوْجُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَدَعَتْنِي. فَقَالَتْ: «إِنِّي مُخْبِرَتُكِ خَبَرًا. وَلَا أُحِبُّ أَنْ تَصْنَعِي شَيْئًا. إِنَّ أَمْرَكِ بِيَدِكِ، مَا لَمْ يَمْسَسْكِ زَوْجُكِ، فَإِنْ مَسَّكِ فَلَيْسَ لَكِ مِنَ الْأَمْرِ شَيْءٌ». قَالَتْ، فَقُلْتُ: «هُوَ الطَّلَاقُ ثُمَّ الطَّلَاقُ ثُمَّ الطَّلَاقُ فَفَارَقَتْهُ ثَلَاثًا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après ʿUrwa ibn az-Zubayr, qu'une mawlāt [affranchie] des Banū ʿAdī, appelée Zabrāʾ, l'informa qu'elle était l'épouse d'un esclave, étant elle-même esclave à cette époque, et qu'elle fut affranchie. Elle a dit : Ḥafṣa, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'envoya chercher et m'appela. Elle dit : « Je vais t'apprendre une chose, et je n'aimerais pas que tu fasses quoi que ce soit : ton affaire est entre tes mains tant que ton mari ne t'a pas touchée ; s'il te touche, tu n'as plus aucun pouvoir. » Elle a dit : je dis alors : « C'est la répudiation, puis la répudiation, puis la répudiation. » Et elle se sépara de lui par trois.

  41. 1231

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ قَالَ: «أَيُّمَا رَجُلٍ تَزَوَّجَ امْرَأَةً، وَبِهِ جُنُونٌ أَوْ ضَرَرٌ، فَإِنَّهَا تُخَيَّرُ فَإِنْ شَاءَتْ قَرَّتْ، وَإِنْ شَاءَتْ فَارَقَتْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que celui-ci a dit : « Tout homme qui épouse une femme alors qu'il est atteint de folie ou d'un mal [ḍarar], elle a le choix : si elle veut, elle demeure, et si elle veut, elle se sépare. »

  42. 1232

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْأَمَةِ تَكُونُ تَحْتَ الْعَبْدِ، ثُمَّ تَعْتِقُ قَبْلَ أَنْ يَدْخُلَ بِهَا أَوْ يَمَسَّهَا، إِنَّهَا» إِذَا اخْتَارَتْ نَفْسَهَا فَلَا صَدَاقَ لَهَا، وَهِيَ تَطْلِيقَةٌ وَذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا "

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit, au sujet de l'esclave qui est l'épouse d'un esclave, puis qui est affranchie avant qu'il ait consommé le mariage avec elle ou qu'il l'ait touchée : « Si elle se choisit elle-même, elle n'a pas de ṣadāq, et c'est une répudiation. Telle est la règle chez nous. »

  43. 1233

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ سَمِعَهُ يَقُولُ: «إِذَا خَيَّرَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ، فَاخْتَارَتْهُ، فَلَيْسَ ذَلِكَ بِطَلَاقٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْمُخَيَّرَةِ إِذَا خَيَّرَهَا زَوْجُهَا، فَاخْتَارَتْ نَفْسَهَا، فَقَدْ طَلُقَتْ ثَلَاثًا، وَإِنْ قَالَ زَوْجُهَا لَمْ أُخَيِّرْكِ إِلَّا وَاحِدَةً، فَلَيْسَ لَهُ ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ» قَالَ مَالِكٌ: " وَإِنْ خَيَّرَهَا. فَقَالَتْ: قَدْ قَبِلْتُ وَاحِدَةً، وَقَالَ: لَمْ أُرِدْ هَذَا وَإِنَّمَا خَيَّرْتُكِ فِي الثَّلَاثِ جَمِيعًا، أَنَّهَا إِنْ لَمْ تَقْبَلْ إِلَّا وَاحِدَةً، أَقَامَتْ عِنْدَهُ، وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِرَاقًا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'il l'a entendu dire : « Lorsque l'homme donne le choix à sa femme et qu'elle le choisit, ce n'est pas une répudiation. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux. » Mālik a dit, au sujet de la femme à qui le choix est donné [al-mukhayyara] : « Lorsque son mari lui donne le choix et qu'elle se choisit elle-même, elle est répudiée par trois. Et si son mari dit : “Je ne t'ai donné le choix que pour une seule”, cela ne lui est pas accordé. C'est ce que j'ai entendu de mieux. » Mālik a dit : « S'il lui donne le choix, qu'elle dit : “J'accepte une seule”, et qu'il dit : “Je n'ai pas voulu cela, je ne t'ai donné le choix que pour les trois ensemble”, alors, si elle n'accepte qu'une seule, elle demeure auprès de lui, et ce n'est pas une séparation. »

  44. Ce qui est rapporté sur le khulʿ [séparation obtenue par l'épouse moyennant compensation]بَابُ مَا جَاءَ فِي الْخُلْعِ
  45. 1234

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عَمْرَةَ بِنْتِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّهَا أَخْبَرَتْهُ عَنْ حَبِيبَةَ بِنْتِ سَهْلٍ الْأَنْصَارِيِّ أَنَّهَا كَانَتْ تَحْتَ ثَابِتِ بْنِ قَيْسِ بْنِ شَمَّاسٍ، وَأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَرَجَ إِلَى الصُّبْحِ فَوَجَدَ حَبِيبَةَ بِنْتَ سَهْلٍ عِنْدَ بَابِهِ فِي الْغَلَسِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مَنْ هَذِهِ»؟ فَقَالَتْ: أَنَا حَبِيبَةُ بِنْتُ سَهْلٍ يَا رَسُولَ اللَّهِ، قَالَ: «مَا شَأْنُكِ»؟ قَالَتْ: لَا أَنَا وَلَا ثَابِتُ بْنُ قَيْسٍ لِزَوْجِهَا، فَلَمَّا جَاءَ زَوْجُهَا ثَابِتُ بْنُ قَيْسٍ قَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: هَذِهِ حَبِيبَةُ بِنْتُ سَهْلٍ قَدْ ذَكَرَتْ مَا شَاءَ اللَّهُ أَنْ تَذْكُرَ، فَقَالَتْ حَبِيبَةُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ كُلُّ مَا أَعْطَانِي عِنْدِي، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِثَابِتِ بْنِ قَيْسٍ «خُذْ مِنْهَا، فَأَخَذَ مِنْهَا، وَجَلَسَتْ فِي أَهْلِهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān, qu'elle l'informa, d'après Ḥabība bint Sahl al-Anṣārī, que celle-ci était l'épouse de Thābit ibn Qays ibn Shammās, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sortit pour [la prière de] l'aube et trouva Ḥabība bint Sahl à sa porte, dans l'obscurité de la fin de la nuit. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Qui est-ce ? » Elle dit : « Je suis Ḥabība bint Sahl, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Qu'as-tu ? » Elle dit : « Ni moi ni Thābit ibn Qays [ne pouvons rester ensemble] », parlant de son mari. Lorsque son mari Thābit ibn Qays vint, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Voici Ḥabība bint Sahl ; elle a mentionné ce qu'Allah a voulu qu'elle mentionne. » Ḥabība dit : « Ô Messager d'Allah, tout ce qu'il m'a donné est chez moi. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Thābit ibn Qays : « Prends-le d'elle. » Il le prit d'elle, et elle resta chez les siens.

  46. 1235

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ مَوْلَاةٍ لِصَفِيَّةَ بِنْتِ أَبِي عُبَيْدٍ أَنَّهَا: «اخْتَلَعَتْ مِنْ زَوْجِهَا بِكُلِّ شَيْءٍ لَهَا، فَلَمْ يُنْكِرْ ذَلِكَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الْمُفْتَدِيَةِ الَّتِي تَفْتَدِي مِنْ زَوْجِهَا أَنَّهُ " إِذَا عُلِمَ أَنَّ زَوْجَهَا أَضَرَّ بِهَا، وَضَيَّقَ عَلَيْهَا، وَعُلِمَ أَنَّهُ ظَالِمٌ لَهَا مَضَى الطَّلَاقُ، وَرَدَّ عَلَيْهَا مَالَهَا، قَالَ مَالِكٌ: فَهَذَا الَّذِي كُنْتُ أَسْمَعُ وَالَّذِي عَلَيْهِ أَمْرُ النَّاسِ عِنْدَنَا " قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ بِأَنْ تَفْتَدِيَ الْمَرْأَةُ مِنْ زَوْجِهَا بِأَكْثَرَ مِمَّا أَعْطَاهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après une mawlāt de Ṣafiyya bint Abī ʿUbayd, qu'elle se sépara de son mari par khulʿ moyennant tout ce qu'elle possédait, et que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ne désapprouva pas cela. Mālik a dit, au sujet de la femme qui se rachète [al-muftadiya] de son mari : « Lorsqu'on sait que son mari lui a nui et l'a mise à l'étroit, et qu'on sait qu'il est injuste envers elle, la répudiation est maintenue et il lui restitue son bien. » Il a dit : « C'est ce que j'entendais dire, et c'est la pratique des gens chez nous. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de mal à ce que la femme se rachète de son mari pour plus que ce qu'il lui a donné. »

  47. La répudiation de la femme séparée par khulʿبَابُ طَلَاقِ الْمُخْتَلِعَةِ
  48. 1236

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ رُبَيِّعَ بِنْتَ مُعَوَّذِ بْنِ عَفْرَاءَ جَاءَتْ وَعَمَّتُهَا إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ فَأَخْبَرَتْهُ أَنَّهَا «اخْتَلَعَتْ مِنْ زَوْجِهَا فِي زَمَانِ عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ، فَبَلَغَ ذَلِكَ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ فَلَمْ يُنْكِرْهُ، وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ» عِدَّتُهَا عِدَّةُ الْمُطَلَّقَةِ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que Rubayyiʿ bint Muʿawwidh ibn ʿAfrāʾ vint avec sa tante paternelle auprès de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et l'informa qu'elle s'était séparée de son mari par khulʿ au temps de ʿUthmān ibn ʿAffān ; cela parvint à ʿUthmān ibn ʿAffān, qui ne le désapprouva pas. Et ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Sa ʿidda est la ʿidda de la répudiée. »

    Une autre édition du texte porte « وَعَمُّهَا » [avec son oncle paternel].

  49. 1237

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ وَابْنَ شِهَابٍ كَانُوا يَقُولُونَ: «عِدَّةُ الْمُخْتَلِعَةِ مِثْلُ عِدَّةِ الْمُطَلَّقَةِ ثَلَاثَةُ قُرُوءٍ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الْمُفْتَدِيَةِ إِنَّهَا: «لَا تَرْجِعُ إِلَى زَوْجِهَا إِلَّا بِنِكَاحٍ جَدِيدٍ، فَإِنْ هُوَ نَكَحَهَا، فَفَارَقَهَا. قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا لَمْ يَكُنْ لَهُ عَلَيْهَا عِدَّةٌ مِنَ الطَّلَاقِ الْآخَرِ، وَتَبْنِي عَلَى عِدَّتِهَا الْأُولَى» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «إِذَا افْتَدَتِ الْمَرْأَةُ مِنْ زَوْجِهَا بِشَيْءٍ عَلَى أَنْ يُطَلِّقَهَا، فَطَلَّقَهَا طَلَاقًا مُتَتَابِعًا نَسَقًا فَذَلِكَ ثَابِتٌ عَلَيْهِ، فَإِنْ كَانَ بَيْنَ ذَلِكَ صُمَاتٌ فَمَا أَتْبَعَهُ بَعْدَ الصُّمَاتِ فَلَيْسَ بِشَيْءٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib, Sulaymān ibn Yasār et Ibn Shihāb disaient : « La ʿidda de la femme séparée par khulʿ est comme la ʿidda de la répudiée : trois qurūʾ [périodes, pluriel de qurʾ]. » Mālik a dit, au sujet de la femme qui se rachète : « Elle ne revient à son mari que par un nouveau mariage. S'il l'épouse, puis se sépare d'elle avant de la toucher, il n'a pas sur elle de ʿidda au titre de la seconde répudiation, et elle poursuit sa première ʿidda. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. » Mālik a dit : « Lorsque la femme se rachète de son mari moyennant quelque chose, à condition qu'il la répudie, et qu'il la répudie par des répudiations successives, d'un seul tenant, cela est établi à sa charge ; mais s'il y a entre elles un silence, ce qu'il ajoute après le silence est sans effet. »

  50. Ce qui est rapporté sur le liʿān [serments d'anathème échangés entre époux]بَابُ مَا جَاءَ فِي اللِّعَانِ
  51. 1238

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ سَهْلَ بْنَ سَعْدٍ السَّاعِدِيَّ أَخْبَرَهُ أَنَّ عُوَيْمِرًا الْعَجْلَانِيَّ، جَاءَ إِلَى عَاصِمِ بْنِ عَدِيٍّ الْأَنْصَارِيِّ، فَقَالَ لَهُ: يَا عَاصِمُ أَرَأَيْتَ رَجُلًا وَجَدَ مَعَ امْرَأَتِهِ رَجُلًا أَيَقْتُلُهُ فَتَقْتُلُونَهُ؟ أَمْ كَيْفَ يَفْعَلُ؟ سَلْ لِي يَا عَاصِمُ عَنْ ذَلِكَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَسَأَلَ عَاصِمٌ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ ذَلِكَ، فَكَرِهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَسَائِلَ، وَعَابَهَا، حَتَّى كَبُرَ عَلَى عَاصِمٍ مَا سَمِعَ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَلَمَّا رَجَعَ عَاصِمٌ إِلَى أَهْلِهِ جَاءَهُ عُوَيْمِرٌ، فَقَالَ: يَا عَاصِمُ، مَاذَا قَالَ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ؟ فَقَالَ عَاصِمٌ لِعُوَيْمِرٍ لَمْ تَأْتِنِي بِخَيْرٍ، قَدْ كَرِهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَسْأَلَةَ الَّتِي سَأَلْتُهُ عَنْهَا، فَقَالَ عُوَيْمِرٌ: وَاللَّهِ لَا أَنْتَهِي حَتَّى أَسْأَلَهُ عَنْهَا، فَأَقْبَلَ عُوَيْمِرٌ حَتَّى أَتَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَسَطَ النَّاسِ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَأَيْتَ رَجُلًا وَجَدَ مَعَ امْرَأَتِهِ رَجُلًا أَيَقْتُلُهُ فَتَقْتُلُونَهُ؟ أَمْ كَيْفَ يَفْعَلُ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «قَدْ أُنْزِلَ فِيكَ، وَفِي صَاحِبَتِكَ، فَاذْهَبْ فَأْتِ بِهَا، قَالَ سَهْلٌ، فَتَلَاعَنَا، وَأَنَا مَعَ النَّاسِ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَلَمَّا فَرَغَا مِنْ تَلَاعُنِهِمَا، قَالَ عُوَيْمِرٌ كَذَبْتُ عَلَيْهَا يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنْ أَمْسَكْتُهَا. فَطَلَّقَهَا ثَلَاثًا. قَبْلَ أَنْ يَأْمُرَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ» قَالَ مَالِكٌ: قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: فَكَانَتْ تِلْكَ بَعْدُ سُنَّةَ الْمُتَلَاعِنَيْنِ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que Sahl ibn Saʿd as-Sāʿidī l'informa que ʿUwaymir al-ʿAjlānī vint trouver ʿĀṣim ibn ʿAdī al-Anṣārī et lui dit : « Ô ʿĀṣim, que dis-tu d'un homme qui trouve un homme avec sa femme : le tue-t-il, et alors vous le tuez ? Ou bien comment doit-il faire ? Interroge pour moi là-dessus, ô ʿĀṣim, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » ʿĀṣim interrogea le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à ce sujet. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, réprouva ces questions et les blâma, au point que ce que ʿĀṣim entendit du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui fut pénible. Lorsque ʿĀṣim revint chez les siens, ʿUwaymir vint à lui et dit : « Ô ʿĀṣim, que t'a dit le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui ? » ʿĀṣim dit à ʿUwaymir : « Tu ne m'as rien apporté de bon. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a réprouvé la question que je lui ai posée. » ʿUwaymir dit : « Par Allah, je n'aurai de cesse que je ne l'interroge à ce sujet. » ʿUwaymir s'avança jusqu'à venir au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au milieu des gens, et dit : « Ô Messager d'Allah, que dis-tu d'un homme qui trouve un homme avec sa femme : le tue-t-il, et alors vous le tuez ? Ou bien comment doit-il faire ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Il a été révélé [quelque chose] à ton sujet et au sujet de ta compagne. Va et amène-la. » Sahl a dit : ils prononcèrent tous deux le liʿān, alors que j'étais avec les gens auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Lorsqu'ils eurent achevé leur liʿān, ʿUwaymir dit : « J'aurais menti sur elle, ô Messager d'Allah, si je la gardais. » Et il la répudia par trois, avant que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne le lui ordonne. Mālik a dit : Ibn Shihāb a dit : « Ce fut, depuis lors, la sunna pour les deux époux qui prononcent le liʿān. »

  52. 1239

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ «أَنَّ رَجُلًا لَاعَنَ امْرَأَتَهُ فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَانْتَفَلَ مِنْ وَلَدِهَا، فَفَرَّقَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَهُمَا وَأَلْحَقَ الْوَلَدَ بِالْمَرْأَةِ» قَالَ مَالِكٌ: قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى {وَالَّذِينَ يَرْمُونَ أَزْوَاجَهُمْ وَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ شُهَدَاءُ إِلَّا أَنْفُسُهُمْ، فَشَهَادَةُ أَحَدِهِمْ أَرْبَعُ شَهَادَاتٍ بِاللَّهِ، إِنَّهُ لَمِنَ الصَّادِقِينَ، وَالْخَامِسَةُ أَنْ لَعْنَتُ اللَّهِ عَلَيْهِ إِنْ كَانَ مِنَ الْكَاذِبِينَ، وَيَدْرَأُ عَنْهَا الْعَذَابَ أَنْ تَشْهَدَ أَرْبَعَ شَهَادَاتٍ بِاللَّهِ إِنَّهُ لَمِنَ الْكَاذِبِينَ، وَالْخَامِسَةَ أَنَّ غَضَبَ اللَّهِ عَلَيْهَا إِنْ كَانَ مِنَ الصَّادِقِينَ} قالَ مَالِكٌ السُّنَّةُ عِنْدَنَا أَنَّ الْمُتَلَاعِنَيْنِ لَا يَتَنَاكَحَانِ أَبَدًا، وَإِنْ أَكْذَبَ نَفْسَهُ جُلِدَ الْحَدَّ، وَأُلْحِقَ بِهِ الْوَلَدُ، وَلَمْ تَرْجِعْ إِلَيْهِ أَبَدًا، وَعَلَى هَذَا السُّنَّةُ عِنْدَنَا الَّتِي لَا شَكَّ فِيهَا وَلَا اخْتِلَافَ " قَالَ مَالِكٌ: " وَإِذَا فَارَقَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ فِرَاقًا بَاتًّا، لَيْسَ لَهُ عَلَيْهَا فِيهِ رَجْعَةٌ، ثُمَّ أَنْكَرَ حَمْلَهَا لَاعَنَهَا إِذَا كَانَتْ حَامِلًا، وَكَانَ حَمْلُهَا يُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ مِنْهُ إِذَا ادَّعَتْهُ، مَا لَمْ يَأْتِ دُونَ ذَلِكَ مِنَ الزَّمَانِ الَّذِي يُشَكُّ فِيهِ، فَلَا يُعْرَفُ أَنَّهُ مِنْهُ، قَالَ: فَهَذَا الْأَمْرُ عِنْدَنَا وَالَّذِي سَمِعْتُ " قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا قَذَفَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ بَعْدَ أَنْ يُطَلِّقَهَا ثَلَاثًا، وَهِيَ حَامِلٌ يُقِرُّ بِحَمْلِهَا، ثُمَّ يَزْعُمُ أَنَّهُ قَدْ رَآهَا تَزْنِي قَبْلَ أَنْ يُفَارِقَهَا، جُلِدَ الْحَدَّ وَلَمْ يُلَاعِنْهَا، وَإِنْ أَنْكَرَ حَمْلَهَا بَعْدَ أَنْ يُطَلِّقَهَا ثَلَاثًا لَاعَنَهَا قَالَ وَهَذَا الَّذِي سَمِعْتُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَالْعَبْدُ بِمَنْزِلَةِ الْحُرِّ فِي قَذْفِهِ وَلِعَانِهِ، يَجْرِي مَجْرَى الْحُرِّ فِي مُلَاعَنَتِهِ غَيْرَ أَنَّهُ لَيْسَ عَلَى مَنْ قَذَفَ مَمْلُوكَةً حَدٌّ» قَالَ مَالِكٌ: " وَالْأَمَةُ الْمُسْلِمَةُ، وَالْحُرَّةُ النَّصْرَانِيَّةُ وَالْيَهُودِيَّةُ، تُلَاعِنُ الْحُرَّ الْمُسْلِمَ، إِذَا تَزَوَّجَ إِحْدَاهُنَّ فَأَصَابَهَا، وَذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى يَقُولُ فِي كِتَابِهِ {وَالَّذِينَ يَرْمُونَ أَزْوَاجَهُمْ} [النور: 6] فَهُنَّ مِنَ الْأَزْوَاجِ، وَعَلَى هَذَا الْأَمْرُ عِنْدَنَا " قَالَ مَالِكٌ: وَالْعَبْدُ إِذَا تَزَوَّجَ الْمَرْأَةَ الْحُرَّةَ الْمُسْلِمَةَ، أَوِ الْأَمَةَ الْمُسْلِمَةَ، أَوِ الْحُرَّةَ النَّصْرَانِيَّةَ أَوِ الْيَهُودِيَّةَ لَاعَنَهَا " قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يُلَاعِنُ امْرَأَتَهُ فَيَنْزِعُ، وَيُكَذِّبُ نَفْسَهُ بَعْدَ يَمِينٍ أَوْ يَمِينَيْنِ مَا لَمْ يَلْعَنْ فِي الْخَامِسَةِ إِنَّهُ إِذَا نَزَعَ قَبْلَ أَنْ يَلْتَعِنَ جُلِدَ الْحَدَّ، وَلَمْ يُفَرَّقْ بَيْنَهُمَا» قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يُطَلِّقُ امْرَأَتَهُ، فَإِذَا مَضَتِ الثَّلَاثَةُ الْأَشْهُرِ قَالَتِ الْمَرْأَةُ: أَنَا حَامِلٌ، قَالَ: إِنْ أَنْكَرَ زَوْجُهَا حَمْلَهَا لَاعَنَهَا " قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْأَمَةِ الْمَمْلُوكَةِ يُلَاعِنُهَا زَوْجُهَا ثُمَّ يَشْتَرِيهَا، إِنَّهُ لَا يَطَؤُهَا، وَإِنْ مَلَكَهَا وَذَلِكَ أَنَّ السُّنَّةَ مَضَتْ أَنَّ الْمُتَلَاعِنَيْنِ لَا يَتَرَاجَعَانِ أَبَدًا» قَالَ مَالِكٌ: «إِذَا لَاعَنَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ قَبْلَ أَنْ يَدْخُلَ بِهَا، فَلَيْسَ لَهَا إِلَّا نِصْفُ الصَّدَاقِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'un homme prononça le liʿān contre sa femme au temps du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et désavoua l'enfant de celle-ci ; le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, les sépara et rattacha l'enfant à la femme. Mālik a dit : Allah, béni et exalté soit-Il, a dit : « Ceux qui accusent leurs épouses sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, le témoignage de l'un d'eux sera quatre attestations par Allah qu'il est du nombre des véridiques, et la cinquième, que la malédiction d'Allah soit sur lui s'il est du nombre des menteurs. Et le châtiment sera écarté d'elle si elle atteste quatre fois par Allah qu'il est du nombre des menteurs, et la cinquième, que la colère d'Allah soit sur elle s'il est du nombre des véridiques » [24 : 6-9]. Mālik a dit : « La sunna chez nous est que les deux époux qui ont prononcé le liʿān ne se remarient jamais l'un avec l'autre. S'il se dément lui-même, il subit le ḥadd par flagellation et l'enfant lui est rattaché, mais elle ne lui revient jamais. Telle est la sunna chez nous, au sujet de laquelle il n'y a ni doute ni divergence. » Mālik a dit : « Lorsque l'homme se sépare de sa femme d'une séparation définitive, dans laquelle il n'a pas de droit de reprise sur elle, puis nie sa grossesse, il prononce le liʿān contre elle si elle est enceinte et que sa grossesse peut vraisemblablement être de lui, lorsqu'elle la lui attribue, à moins qu'il ne se soit écoulé, avant cela, un temps tel que l'on doute et que l'on ne sache pas que l'enfant est de lui. » Il a dit : « Telle est la règle chez nous, et c'est ce que j'ai entendu. » Mālik a dit : « Lorsque l'homme accuse sa femme [de fornication] après l'avoir répudiée par trois, alors qu'elle est enceinte et qu'il reconnaît sa grossesse, puis prétend l'avoir vue forniquer avant de se séparer d'elle, il subit le ḥadd par flagellation et ne prononce pas le liʿān contre elle. Et s'il nie sa grossesse après l'avoir répudiée par trois, il prononce le liʿān contre elle. » Il a dit : « C'est ce que j'ai entendu. » Mālik a dit : « L'esclave est au même rang que l'homme libre pour son accusation et son liʿān ; il suit le même régime que l'homme libre dans son liʿān, si ce n'est que celui qui accuse une esclave n'encourt pas le ḥadd. » Mālik a dit : « L'esclave musulmane, et la femme libre chrétienne ou juive, prononcent le liʿān avec l'homme libre musulman lorsqu'il a épousé l'une d'elles et a eu commerce avec elle. Car Allah, béni et exalté soit-Il, dit dans Son Livre : “Ceux qui accusent leurs épouses” [24 : 6], et elles sont du nombre des épouses. Telle est la règle chez nous. » Mālik a dit : « L'esclave, lorsqu'il épouse la femme libre musulmane, ou l'esclave musulmane, ou la femme libre chrétienne ou juive, prononce le liʿān contre elle. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui prononce le liʿān contre sa femme, puis se rétracte et se dément lui-même après un serment ou deux, tant qu'il n'a pas prononcé le cinquième : « S'il se rétracte avant d'avoir achevé le liʿān, il subit le ḥadd par flagellation, et on ne les sépare pas. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui répudie sa femme, et, une fois les trois mois écoulés, la femme dit : « Je suis enceinte » : « Si son mari nie sa grossesse, il prononce le liʿān contre elle. » Mālik a dit, au sujet de l'esclave contre laquelle son mari prononce le liʿān, puis qu'il achète : « Il n'a pas de rapport avec elle, même s'il en est devenu propriétaire, car la sunna établie est que les deux époux qui ont prononcé le liʿān ne se reprennent jamais. » Mālik a dit : « Lorsque l'homme prononce le liʿān contre sa femme avant d'avoir consommé le mariage avec elle, elle n'a droit qu'à la moitié du ṣadāq. »

  53. L'héritage de l'enfant de la femme visée par le liʿānبَابُ مِيرَاثِ وَلَدِ الْمُلَاعَنَةِ
  54. 1240

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُرْوَةَ بْنَ الزُّبَيْرِ كَانَ يَقُولُ فِي وَلَدِ الْمُلَاعَنَةِ، وَوَلَدِ الزِّنَا إِنَّهُ «إِذَا مَاتَ وَرِثَتْهُ أُمُّهُ، حَقَّهَا فِي كِتَابِ اللَّهِ وَإِخْوَتُهُ لِأُمِّهِ حُقُوقَهُمْ، وَيَرِثُ الْبَقِيَّةَ مَوَالِي أُمِّهِ، إِنْ كَانَتْ مَوْلَاةً. وَإِنْ كَانَتْ عَرَبِيَّةً وَرِثَتْ حَقَّهَا، وَوَرِثَ إِخْوَتُهُ لِأُمِّهِ حُقُوقَهُمْ. وَكَانَ مَا بَقِيَ لِلْمُسْلِمِينَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَبَلَغَنِي عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ مِثْلُ ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ أَدْرَكْتُ أَهْلَ الْعِلْمِ بِبَلَدِنَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUrwa ibn az-Zubayr disait, au sujet de l'enfant de la femme visée par le liʿān et de l'enfant de la fornication : « Lorsqu'il meurt, sa mère hérite de lui sa part selon le Livre d'Allah, et ses frères utérins leurs parts ; le reste revient aux patrons [mawālī] de sa mère si elle est une affranchie. Et si elle est arabe [c'est-à-dire libre d'origine], elle hérite sa part, ses frères utérins héritent leurs parts, et ce qui reste revient aux musulmans. » Mālik a dit : « Il m'est parvenu la même chose d'après Sulaymān ibn Yasār, et c'est ce sur quoi j'ai trouvé les gens de science de notre cité. »

  55. La répudiation de la vierge [la femme avec laquelle le mariage n'a pas été consommé]بَابُ طَلَاقِ الْبِكْرِ
  56. 1241

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ ثَوْبَانَ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ إِيَاسِ بْنِ الْبُكَيْرِ، أَنَّهُ قَالَ: طَلَّقَ رَجُلٌ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا قَبْلَ أَنْ يَدْخُلَ بِهَا، ثُمَّ بَدَا لَهُ أَنْ يَنْكِحَهَا، فَجَاءَ يَسْتَفْتِي، فَذَهَبْتُ مَعَهُ أَسْأَلُ لَهُ، فَسَأَلَ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ وَأَبَا هُرَيْرَةَ عَنْ ذَلِكَ فَقَالَا: " لَا نَرَى أَنْ تَنْكِحَهَا حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَكَ، قَالَ: فَإِنَّمَا طَلَاقِي إِيَّاهَا وَاحِدَةٌ، قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّكَ أَرْسَلْتَ مِنْ يَدِكَ مَا كَانَ لَكَ مِنْ فَضْلٍ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Thawbān, d'après Muḥammad ibn Iyās ibn al-Bukayr, que celui-ci a dit : un homme répudia sa femme par trois avant d'avoir consommé le mariage avec elle, puis il lui vint à l'idée de l'épouser. Il vint demander une fatwa, et j'allai avec lui interroger pour lui. Il interrogea ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās et Abū Hurayra à ce sujet, et ils dirent : « Nous ne sommes pas d'avis que tu l'épouses avant qu'elle ait épousé un autre mari que toi. » Il dit : « Ma répudiation n'était pourtant qu'une seule. » Ibn ʿAbbās dit : « Tu as lâché de ta main ce que tu avais en surplus [au-delà d'une seule répudiation]. »

  57. 1242

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ بُكَيْرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْأَشَجِّ، عَنِ النُّعْمَانِ بْنِ أَبِي عَيَّاشٍ الْأَنْصَارِيِّ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّهُ قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ يَسْأَلُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِي عَنْ رَجُلٍ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا؟ قَالَ عَطَاءٌ فَقُلْتُ: إِنَّمَا طَلَاقُ الْبِكْرِ وَاحِدَةٌ، فَقَالَ لِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِي: إِنَّمَا أَنْتَ قَاصٌّ «الْوَاحِدَةُ تُبِينُهَا، وَالثَّلَاثَةُ تُحَرِّمُهَا حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Bukayr ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ashajj, d'après an-Nuʿmān ibn Abī ʿAyyāsh al-Anṣārī, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, que celui-ci a dit : un homme vint interroger ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣ sur un homme qui avait répudié sa femme par trois avant de la toucher. ʿAṭāʾ a dit : je dis : « La répudiation de la vierge n'est qu'une seule. » ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣ me dit : « Tu n'es qu'un conteur ! Une seule la sépare, et trois la rendent interdite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari que lui. »

  58. 1243

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ بُكَيْرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْأَشَجِّ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ، عَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ أَبِي عَيَّاشٍ الْأَنْصَارِيِّ أَنَّهُ كَانَ جَالِسًا مَعَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ وَعَاصِمِ بْنِ عُمَرَ قَالَ فَجَاءَهُمَا مُحَمَّدُ بْنُ إِيَاسِ بْنِ الْبُكَيْرِ فَقَالَ: إِنَّ رَجُلًا مِنْ أَهْلِ الْبَادِيَةِ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا قَبْلَ أَنْ يَدْخُلَ بِهَا، فَمَاذَا تَرَيَانِ؟ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الزُّبَيْرِ إِنَّ هَذَا الْأَمْرَ مَا لَنَا فِيهِ قَوْلٌ، فَاذْهَبْ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ وَأَبِي هُرَيْرَةَ فَإِنِّي تَرَكْتُهُمَا عِنْدَ عَائِشَةَ، فَسَلْهُمَا ثُمَّ ائْتِنَا فَأَخْبِرْنَا، فَذَهَبَ فَسَأَلَهُمَا، فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ لِأَبِي هُرَيْرَةَ: أَفْتِهِ يَا أَبَا هُرَيْرَةَ فَقَدْ جَاءَتْكَ مُعْضِلَةٌ، فَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: " الْوَاحِدَةُ تُبِينُهَا، وَالثَّلَاثَةُ تُحَرِّمُهَا، حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ مِثْلَ ذَلِكَ قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَالثَّيِّبُ إِذَا مَلَكَهَا الرَّجُلُ وَلَمْ يَدْخُلْ بِهَا، تَجْرِي مَجْرَى الْبِكْرِ. الْوَاحِدَةُ تَبِينُهَا، وَالثَّلَاثُ تَحْرِمُهَا حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Bukayr ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ashajj, qu'il l'informa, d'après Muʿāwiya ibn Abī ʿAyyāsh al-Anṣārī, que celui-ci était assis avec ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr et ʿĀṣim ibn ʿUmar. Il a dit : Muḥammad ibn Iyās ibn al-Bukayr vint à eux et dit : « Un homme parmi les gens du désert a répudié sa femme par trois avant d'avoir consommé le mariage avec elle ; qu'en pensez-vous ? » ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr dit : « C'est une affaire sur laquelle nous n'avons rien à dire. Va trouver ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās et Abū Hurayra, car je les ai laissés chez ʿĀʾisha ; interroge-les, puis reviens nous informer. » Il alla les interroger. Ibn ʿAbbās dit à Abū Hurayra : « Donne-lui la fatwa, ô Abū Hurayra, car c'est une question épineuse qui t'arrive. » Abū Hurayra dit : « Une seule la sépare, et trois la rendent interdite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari que lui. » Et Ibn ʿAbbās dit la même chose. Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. Et la femme déjà mariée [ath-thayyib], lorsque l'homme l'a épousée sans avoir consommé le mariage avec elle, suit le même régime que la vierge : une seule la sépare, et trois la rendent interdite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari que lui. »

  59. La répudiation prononcée par le maladeبَابُ طَلَاقِ الْمَرِيضِ
  60. 1244

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ طَلْحَةَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَوْفٍ، قَالَ وَكَانَ أَعْلَمَهُمْ بِذَلِكَ، وَعَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفٍ «طَلَّقَ امْرَأَتَهُ الْبَتَّةَ وَهُوَ مَرِيضٌ، فَوَرَّثَهَا عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ مِنْهُ بَعْدَ انْقِضَاءِ عِدَّتِهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Ṭalḥa ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAwf, dont il a dit qu'il était le plus savant d'entre eux sur cette affaire, et d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, que ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf répudia sa femme définitivement alors qu'il était malade, et que ʿUthmān ibn ʿAffān la fit hériter de lui après la fin de sa ʿidda.

  61. 1245

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْفَضْلِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، أَنَّ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ «وَرَّثَ نِسَاءَ ابْنِ مُكْمِلٍ مِنْهُ، وَكَانَ طَلَّقَهُنَّ وَهُوَ مَرِيضٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Faḍl, d'après al-Aʿraj, que ʿUthmān ibn ʿAffān fit hériter les femmes d'Ibn Mukmil de celui-ci, alors qu'il les avait répudiées étant malade.

  62. 1246

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَمِعَ رَبِيعَةَ بْنَ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، يَقُولُ: بَلَغَنِي أَنَّ امْرَأَةَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ سَأَلَتْهُ أَنْ يُطَلِّقَهَا، فَقَالَ: «إِذَا حِضْتِ ثُمَّ طَهُرْتِ فَآذِنِينِي، فَلَمْ تَحِضْ حَتَّى مَرِضَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَوْفٍ، فَلَمَّا طَهُرَتْ آذَنَتْهُ فَطَلَّقَهَا الْبَتَّةَ أَوْ تَطْلِيقَةً لَمْ يَكُنْ بَقِيَ لَهُ عَلَيْهَا مِنَ الطَّلَاقِ غَيْرُهَا، وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَوْفٍ يَوْمَئِذٍ مَرِيضٌ، فَوَرَّثَهَا عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ مِنْهُ بَعْدَ انْقِضَاءِ عِدَّتِهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān dire : il m'est parvenu que la femme de ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf lui demanda de la répudier. Il dit : « Lorsque tu auras eu tes menstrues puis que tu seras purifiée, préviens-moi. » Elle n'eut pas ses menstrues avant que ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf ne tombât malade. Lorsqu'elle fut purifiée, elle le prévint, et il la répudia définitivement, ou d'une répudiation qui était la seule qui lui restât sur elle ; ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf était alors malade. ʿUthmān ibn ʿAffān la fit hériter de lui après la fin de sa ʿidda.

  63. 1247

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ يَحْيَى بْنِ حَبَّانَ، قَالَ: كَانَتْ عِنْدَ جَدِّي حَبَّانَ امْرَأَتَانِ هَاشِمِيَّةٌ، وَأَنْصَارِيَّةٌ، فَطَلَّقَ الْأَنْصَارِيَّةَ، وَهِيَ تُرْضِعُ فَمَرَّتْ بِهَا سَنَةٌ ثُمَّ هَلَكَ، وَلَمْ تَحِضْ، فَقَالَتْ: أَنَا أَرِثُهُ، فَاخْتَصَمَتَا إِلَى عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ: " فَقَضَى لَهَا بِالْمِيرَاثِ، فَلَامَتِ الْهَاشِمِيَّةُ عُثْمَانَ فَقَالَ: عُثْمَانُ: هَذَا عَمَلُ ابْنِ عَمِّكِ هُوَ أَشَارَ عَلَيْنَا بِهَذَا يَعْنِي عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥabbān, que celui-ci a dit : mon grand-père Ḥabbān avait deux épouses, une Hāshimite et une Anṣārite. Il répudia l'Anṣārite alors qu'elle allaitait ; une année passa sur elle, puis il mourut, sans qu'elle ait eu ses menstrues. Elle dit : « J'hérite de lui. » Elles portèrent toutes deux leur différend devant ʿUthmān ibn ʿAffān, qui jugea en sa faveur pour l'héritage. La Hāshimite blâma ʿUthmān. ʿUthmān dit : « C'est l'œuvre de ton cousin paternel : c'est lui qui nous a conseillé cela », voulant dire ʿAlī ibn Abī Ṭālib.

  64. 1248

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ شِهَابٍ، يَقُولُ: «إِذَا طَلَّقَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا وَهُوَ مَرِيضٌ فَإِنَّهَا تَرِثُهُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنْ طَلَّقَهَا وَهُوَ مَرِيضٌ قَبْلَ أَنْ يَدْخُلَ بِهَا فَلَهَا نِصْفُ الصَّدَاقِ، وَلَهَا الْمِيرَاثُ، وَلَا عِدَّةَ عَلَيْهَا، وَإِنْ دَخَلَ بِهَا ثُمَّ طَلَّقَهَا فَلَهَا الْمَهْرُ كُلُّهُ، وَالْمِيرَاثُ» قَالَ مَالِكٌ: «الْبِكْرُ وَالثَّيِّبُ فِي هَذَا عِنْدَنَا سَوَاءٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Ibn Shihāb dire : « Lorsque l'homme répudie sa femme par trois alors qu'il est malade, elle hérite de lui. » Mālik a dit : « S'il la répudie, étant malade, avant d'avoir consommé le mariage avec elle, elle a droit à la moitié du ṣadāq et à l'héritage, et elle n'a pas de ʿidda à observer. Et s'il a consommé le mariage avec elle puis la répudie, elle a droit au mahr entier et à l'héritage. La vierge et la femme déjà mariée sont, en cela, pareilles chez nous. »

  65. Ce qui est rapporté sur la mutʿa de la répudiation [don fait à la femme répudiée]بَابُ مَا جَاءَ فِي مُتْعَةِ الطَّلَاقِ
  66. 1249

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفٍ «طَلَّقَ امْرَأَةً لَهُ فَمَتَّعَ بِوَلِيدَةٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf répudia l'une de ses femmes et lui donna en mutʿa une walīda.

  67. 1250

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «لِكُلِّ مُطَلَّقَةٍ مُتْعَةٌ إِلَّا الَّتِي تُطَلَّقُ، وَقَدْ فُرِضَ لَهَا صَدَاقٌ، وَلَمْ تُمْسَسْ فَحَسْبُهَا نِصْفُ مَا فُرِضَ لَهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait : « Toute répudiée a droit à une mutʿa, sauf celle qui est répudiée alors qu'un ṣadāq lui a été fixé et qu'elle n'a pas été touchée : la moitié de ce qui lui a été fixé lui suffit. »

  68. 1251

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ أَنَّهُ قَالَ: «لِكُلِّ مُطَلَّقَةٍ مُتْعَةٌ» قَالَ مَالِكٌ: وَبَلَغَنِي عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ مِثْلُ ذَلِكَ قَالَ مَالِكٌ: «لَيْسَ لِلْمُتْعَةِ عِنْدَنَا حَدٌّ مَعْرُوفٌ فِي قَلِيلِهَا وَلَا كَثِيرِهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que celui-ci a dit : « Toute répudiée a droit à une mutʿa. » Mālik a dit : « Il m'est parvenu la même chose d'après al-Qāsim ibn Muḥammad. » Mālik a dit : « La mutʿa n'a pas, chez nous, de limite connue, ni pour son minimum ni pour son maximum. »

  69. Ce qui est rapporté sur la répudiation prononcée par l'esclaveبَابُ مَا جَاءَ فِي طَلَاقِ الْعَبْدِ
  70. 1252

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ نُفَيْعًا مُكَاتَبًا كَانَ لِأُمِّ سَلَمَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ عَبْدًا لَهَا كَانَتْ تَحْتَهُ امْرَأَةٌ حُرَّةٌ فَطَلَّقَهَا اثْنَتَيْنِ، ثُمَّ أَرَادَ أَنْ يُرَاجِعَهَا، فَأَمَرَهُ أَزْوَاجُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يَأْتِيَ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ فَيَسْأَلَهُ عَنْ ذَلِكَ، فَلَقِيَهُ عِنْدَ الدَّرَجِ آخِذًا بِيَدِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ فَسَأَلَهُمَا فَابْتَدَرَاهُ جَمِيعًا فَقَالَا: «حَرُمَتْ عَلَيْكَ حَرُمَتْ عَلَيْكَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū z-Zinād, d'après Sulaymān ibn Yasār, que Nufayʿ, un mukātab [esclave lié par un contrat d'affranchissement] d'Umm Salama, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ou un esclave à elle, avait pour épouse une femme libre. Il la répudia deux fois, puis voulut la reprendre. Les épouses du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui ordonnèrent d'aller trouver ʿUthmān ibn ʿAffān pour l'interroger à ce sujet. Il le rencontra à ad-Daraj [lieu de Médine], tenant la main de Zayd ibn Thābit. Il les interrogea, et tous deux s'empressèrent ensemble de lui répondre : « Elle t'est interdite, elle t'est interdite. »

  71. 1253

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ نُفَيْعًا مُكَاتَبًا كَانَ لِأُمِّ سَلَمَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَلَّقَ امْرَأَةً حُرَّةً تَطْلِيقَتَيْنِ، فَاسْتَفْتَى عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ فَقَالَ: «حَرُمَتْ عَلَيْكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que Nufayʿ, un mukātab d'Umm Salama, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, répudia une femme libre de deux répudiations. Il demanda une fatwa à ʿUthmān ibn ʿAffān, qui dit : « Elle t'est interdite. »

  72. 1254

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ رَبِّهِ بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ إِبْرَاهِيمَ بْنِ الْحَارِثِ التَّيْمِيِّ، أَنَّ نُفَيْعًا مُكَاتَبًا كَانَ لِأُمِّ سَلَمَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسْتَفْتَى زَيْدَ بْنَ ثَابِتٍ فَقَالَ: «إِنِّي طَلَّقْتُ امْرَأَةً حُرَّةً تَطْلِيقَتَيْنِ» فَقَالَ زَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ: «حَرُمَتْ عَلَيْكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Rabbih ibn Saʿīd, d'après Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith at-Taymī, que Nufayʿ, un mukātab d'Umm Salama, épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, demanda une fatwa à Zayd ibn Thābit et dit : « J'ai répudié une femme libre de deux répudiations. » Zayd ibn Thābit dit : « Elle t'est interdite. »

  73. 1255

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ يَقُولُ: " إِذَا طَلَّقَ الْعَبْدُ امْرَأَتَهُ تَطْلِيقَتَيْنِ فَقَدْ حَرُمَتْ عَلَيْهِ، حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ: حُرَّةً كَانَتْ أَوْ أَمَةً، وَعِدَّةُ الْحُرَّةِ ثَلَاثُ حِيَضٍ، وَعِدَّةُ الْأَمَةِ حَيْضَتَانِ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar disait : « Lorsque l'esclave répudie sa femme de deux répudiations, elle lui est interdite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari que lui, qu'elle soit libre ou esclave. La ʿidda de la femme libre est de trois menstrues, et la ʿidda de l'esclave est de deux menstrues. »

  74. 1256

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ يَقُولُ: «مَنْ أَذِنَ لِعَبْدِهِ أَنْ يَنْكِحَ، فَالطَّلَاقُ بِيَدِ الْعَبْدِ، لَيْسَ بِيَدِ غَيْرِهِ مِنْ طَلَاقِهِ شَيْءٌ، فَأَمَّا أَنْ يَأْخُذَ الرَّجُلُ أَمَةَ غُلَامِهِ، أَوْ أَمَةَ وَلِيدَتِهِ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar disait : « Celui qui autorise son esclave à se marier, la répudiation est entre les mains de l'esclave ; nul autre que lui n'a de pouvoir sur sa répudiation. Quant au fait que l'homme prenne l'esclave [femme] de son serviteur ou l'esclave de sa servante, il n'y a pas de grief à lui faire. »

  75. Ce qui est rapporté sur l'entretien de l'esclave répudiée alors qu'elle est enceinteبَابُ مَا جَاءَ فِي نَفَقَةِ الْأَمَةِ إِذَا طُلِّقَتْ وَهِيَ حَامِلٌ
  76. 1257

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «لَيْسَ عَلَى حُرٍّ وَلَا عَلَى عَبْدٍ طَلَّقَا مَمْلُوكَةً، وَلَا عَلَى عَبْدٍ طَلَّقَ حُرَّةً طَلَاقًا بَاتًّا، نَفَقَةٌ وَإِنْ كَانَتْ حَامِلًا إِذَا لَمْ تَكُنْ لَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَيْسَ عَلَى حُرٍّ أَنْ يَسْتَرْضِعَ ابْنَهُ، وَهُوَ عَبْدُ قَوْمٍ آخَرِينَ، وَلَا عَلَى عَبْدٍ أَنْ يُنْفِقَ مِنْ مَالِهِ عَلَى مَا يَمْلِكُ سَيِّدُهُ إِلَّا بِإِذْنِ سَيِّدِهِ»

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « Ni l'homme libre ni l'esclave qui ont répudié une esclave, ni l'esclave qui a répudié une femme libre, d'une répudiation définitive [bātt], ne doivent d'entretien [nafaqa], même si elle est enceinte, dès lors qu'il n'a pas de droit de reprise sur elle. » Mālik a dit : « L'homme libre n'est pas tenu de payer une nourrice pour son fils lorsque celui-ci est l'esclave d'autres gens ; et l'esclave n'a pas à dépenser de son bien pour ce que possède son maître, sauf avec l'autorisation de son maître. »

    Une autre édition du texte porte « عَلَى مَنْ لَا يَمْلِكُ سَيِّدُهُ » [pour celui que son maître ne possède pas] ; c'est aussi la leçon de la riwāya d'Abū Muṣʿab.

  77. Ce qui est rapporté sur la ʿidda de celle dont le mari a disparuبَابُ مَا جَاءَ فِي عِدَّةِ الَّتِي تَفْقِدُ زَوْجَهَا
  78. 1258

    حَدَّثَنِي يحيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «أَيُّمَا امْرَأَةٍ فَقَدَتْ زَوْجَهَا فَلَمْ يُدْرَ أَيْنَ هُوَ؟ فَإِنَّهَا تَنْتَظِرُ أَرْبَعَ سِنِينَ، ثُمَّ تَعْتَدُّ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا ثُمَّ تَحِلُّ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنْ تَزَوَّجَتْ بَعْدَ انْقِضَاءِ عِدَّتِهَا، فَدَخَلَ بِهَا زَوْجُهَا أَوْ لَمْ يَدْخُلْ بِهَا، فَلَا سَبِيلَ لِزَوْجِهَا الْأَوَّلِ إِلَيْهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا، وَإِنْ أَدْرَكَهَا زَوْجُهَا، قَبْلَ أَنْ تَتَزَوَّجَ فَهُوَ أَحَقُّ بِهَا» قَالَ مَالِكٌ: " وَأَدْرَكْتُ النَّاسَ يُنْكِرُونَ الَّذِي قَالَ بَعْضُ النَّاسِ عَلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ أَنَّهُ قَالَ: يُخَيَّرُ زَوْجُهَا الْأَوَّلُ إِذَا جَاءَ فِي صَدَاقِهَا أَوْ فِي امْرَأَتِهِ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Toute femme dont le mari a disparu sans qu'elle sache où il est attend quatre ans, puis observe une ʿidda de quatre mois et dix [nuits], puis elle devient libre [de se remarier]. » Mālik a dit : « Si elle se marie après la fin de sa ʿidda, que son mari ait consommé le mariage avec elle ou non, son premier mari n'a plus de voie vers elle. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. Et si son mari la rejoint avant qu'elle se soit mariée, il a plus de droit sur elle. » Mālik a dit : « J'ai trouvé les gens désapprouvant ce que certains ont attribué à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, à savoir qu'il aurait dit : “Son premier mari, s'il revient, a le choix entre le ṣadāq de celle-ci et sa femme.” »

  79. 1259

    قَالَ مَالِكٌ: وَبَلَغَنِي، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: فِي الْمَرْأَةِ يُطَلِّقُهَا زَوْجُهَا وَهُوَ غَائِبٌ عَنْهَا، ثُمَّ يُرَاجِعُهَا، فَلَا يَبْلُغُهَا رَجْعَتُهُ، وَقَدْ بَلَغَهَا طَلَاقُهُ إِيَّاهَا، فَتَزَوَّجَتْ أَنَّهُ «إِنْ دَخَلَ بِهَا زَوْجُهَا الْآخَرُ أَوْ لَمْ يَدْخُلْ بِهَا، فَلَا سَبِيلَ لِزَوْجِهَا الْأَوَّلِ الَّذِي كَانَ طَلَّقَهَا إِلَيْهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحَبُّ مَا سَمِعْتُ إِلَيَّ فِي هَذَا وَفِي الْمَفْقُودِ»

    Mālik a dit : il m'est parvenu que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit, au sujet de la femme que son mari répudie alors qu'il est absent, puis qu'il reprend, sans que sa reprise parvienne à la femme alors que sa répudiation lui est parvenue, et qui se marie : « Que son second mari ait consommé le mariage avec elle ou non, son premier mari, celui qui l'avait répudiée, n'a plus de voie vers elle. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux sur cette question et sur celle du disparu. »

  80. Ce qui est rapporté sur les aqrāʾ [périodes, autre pluriel de qurʾ] dans la ʿidda de la répudiation, et sur la répudiation de la femme en menstruesبَابُ مَا جَاءَ فِي الْأَقْرَاءِ فِي عِدَّةِ الطَّلَاقِ وَطَلَاقِ الْحَائِضِ
  81. 1260

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ، وَهِيَ حَائِضٌ عَلَى عَهْدِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ ذَلِكَ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مُرْهُ فَلْيُرَاجِعْهَا، ثُمَّ يُمْسِكْهَا حَتَّى تَطْهُرَ، ثُمَّ تَحِيضَ، ثُمَّ تَطْهُرَ، ثُمَّ إِنْ شَاءَ أَمْسَكَ بَعْدُ، وَإِنْ شَاءَ طَلَّقَ، قَبْلَ أَنْ يَمَسَّ فَتِلْكَ الْعِدَّةُ الَّتِي أَمَرَ اللَّهُ أَنْ يُطَلَّقَ لَهَا النِّسَاءُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar répudia sa femme alors qu'elle avait ses menstrues, du temps du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb interrogea le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à ce sujet. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Ordonne-lui de la reprendre, puis de la garder jusqu'à ce qu'elle soit purifiée, puis qu'elle ait ses menstrues, puis qu'elle soit purifiée. Ensuite, s'il veut, il la garde, et s'il veut, il la répudie, avant de la toucher. Telle est la ʿidda en vue de laquelle Allah a ordonné que les femmes soient répudiées. »

  82. 1261

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، عَنْ عَائِشَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ أَنَّهَا انْتَقَلَتْ حَفْصَةَ بِنْتَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ حِينَ دَخَلَتْ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، قَالَ ابْنُ شِهَابٍ فَذُكِرَ ذَلِكَ لِعَمْرَةَ بِنْتِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ فَقَالَتْ: صَدَقَ عُرْوَةُ وَقَدْ جَادَلَهَا فِي ذَلِكَ نَاسٌ، وَقَالُوا: إِنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى يَقُولُ فِي كِتَابِهِ {ثَلَاثَةَ قُرُوءٍ} [البقرة: 228] فَقَالَتْ عَائِشَةُ: «صَدَقْتُمْ، وَتَدْرُونَ مَا الْأَقْرَاءُ؟» إِنَّمَا الْأَقْرَاءُ الْأَطْهَارُ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après ʿUrwa ibn az-Zubayr, d'après ʿĀʾisha, épouse du Prophète, qu'elle fit déménager Ḥafṣa bint ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Bakr aṣ-Ṣiddīq lorsque celle-ci entra dans le sang de la troisième menstruation. Ibn Shihāb a dit : on mentionna cela à ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān, qui dit : « ʿUrwa a dit vrai. Des gens ont discuté avec elle à ce sujet et ont dit : “Allah, béni et exalté soit-Il, dit dans Son Livre : trois qurūʾ [2 : 228].” ʿĀʾisha dit : “Vous dites vrai. Savez-vous ce que sont les aqrāʾ ? Les aqrāʾ ne sont que les périodes de pureté.” »

  83. 1262

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مالِكٍ عَنْ ابْنِ شِهَابٍ أَنَّهُ قَالَ سَمِعْتُ أَبَا بَكْرِ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ يَقُولُ: مَا أَدْرَكْتُ أَحَدًا مِنْ فُقَهَائِنَا إِلَّا وَهُوَ يَقُولُ هَذَا يُرِيدُ قَوْلَ عَائِشَةَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que celui-ci a dit : j'ai entendu Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān dire : « Je n'ai connu aucun de nos juristes qui ne dise cela », voulant dire la parole de ʿĀʾisha.

  84. 1263

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، وَزَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ أَنَّ الْأَحْوَصَ هَلَكَ بِالشَّامِ، حِينَ دَخَلَتِ امْرَأَتُهُ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، وَكَانَ قَدْ طَلَّقَهَا، فَكَتَبَ مُعَاوِيَةُ بْنُ أَبِي سُفْيَانَ إِلَى زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ، يَسْأَلُهُ عَنْ ذَلِكَ فَكَتَبَ إِلَيْهِ زَيْدٌ إِنَّهَا: «إِذَا دَخَلَتْ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، فَقَدْ بَرِئَتْ مِنْهُ وَبَرِئَ مِنْهَا وَلَا تَرِثُهُ وَلَا يَرِثُهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ et Zayd ibn Aslam, d'après Sulaymān ibn Yasār, qu'al-Aḥwaṣ mourut en Syrie au moment où sa femme entrait dans le sang de la troisième menstruation, alors qu'il l'avait répudiée. Muʿāwiya ibn Abī Sufyān écrivit à Zayd ibn Thābit pour l'interroger à ce sujet, et Zayd lui écrivit : « Lorsqu'elle est entrée dans le sang de la troisième menstruation, elle est quitte de lui et il est quitte d'elle ; elle n'hérite pas de lui et il n'hérite pas d'elle. »

  85. 1264

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ، وَسَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، وَأَبِي بَكْرِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، وَابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُمْ كَانُوا يَقُولُونَ: «إِذَا دَخَلَتِ الْمُطَلَّقَةُ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، فَقَدْ بَانَتْ مِنْ زَوْجِهَا، وَلَا مِيرَاثَ بَيْنَهُمَا وَلَا رَجْعَةَ لَهُ عَلَيْهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, Sālim ibn ʿAbd Allāh, Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān, Sulaymān ibn Yasār et Ibn Shihāb, qu'ils disaient : « Lorsque la répudiée entre dans le sang de la troisième menstruation, elle est séparée de son mari ; il n'y a plus d'héritage entre eux, et il n'a plus de droit de reprise sur elle. »

  86. 1265

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «إِذَا طَلَّقَ الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ، فَدَخَلَتْ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، فَقَدْ بَرِئَتْ مِنْهُ، وَبَرِئَ مِنْهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَهُوَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait : « Lorsque l'homme répudie sa femme et qu'elle entre dans le sang de la troisième menstruation, elle est quitte de lui et il est quitte d'elle. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  87. 1266

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ الْفُضَيْلِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ مَوْلَى الْمَهْرِيِّ، أَنَّ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ، وَسَالِمَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ، كَانَا يَقُولَانِ: «إِذَا طُلِّقَتِ الْمَرْأَةُ فَدَخَلَتْ فِي الدَّمِ مِنَ الْحَيْضَةِ الثَّالِثَةِ، فَقَدْ بَانَتْ مِنْهُ وَحَلَّتْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après al-Fuḍayl ibn ʿAbd Allāh, mawlā [affranchi] d'al-Mahrī, qu'al-Qāsim ibn Muḥammad et Sālim ibn ʿAbd Allāh disaient : « Lorsque la femme est répudiée et qu'elle entre dans le sang de la troisième menstruation, elle est séparée de lui et devient libre [de se remarier]. »

    Une autre édition du texte porte « الْفُضَيْلِ بْنِ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ » [al-Fuḍayl ibn Abī ʿAbd Allāh].

  88. 1267

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، وَابْنِ شِهَابٍ، وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ أَنَّهُمْ كَانُوا يَقُولُونَ: «عِدَّةَ الْمُخْتَلِعَةِ ثَلَاثَةُ قُرُوءٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, Ibn Shihāb et Sulaymān ibn Yasār, qu'ils disaient : « La ʿidda de la femme séparée par khulʿ est de trois qurūʾ. »

  89. 1268

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ شِهَابٍ يَقُولُ: «عِدَّةُ الْمُطَلَّقَةِ الْأَقْرَاءُ وَإِنْ تَبَاعَدَتْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Ibn Shihāb dire : « La ʿidda de la répudiée se compte en aqrāʾ, même s'ils s'espacent. »

  90. 1269

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ رَجُلٍ مِنَ الْأَنْصَارِ أَنَّ امْرَأَتَهُ سَأَلَتْهُ الطَّلَاقَ، فَقَالَ: «إِذَا حِضْتِ فَآذِنِينِي»، فَلَمَّا حَاضَتْ آذَنَتْهُ، فَقَالَ: «إِذَا طَهُرْتِ فَآذِنِينِي»، فَلَمَّا طَهُرَتْ آذَنَتْهُ فَطَلَّقَهَا " قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ فِي ذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après un homme des Anṣār, que sa femme lui demanda la répudiation. Il dit : « Lorsque tu auras tes menstrues, préviens-moi. » Lorsqu'elle eut ses menstrues, elle le prévint. Il dit : « Lorsque tu seras purifiée, préviens-moi. » Lorsqu'elle fut purifiée, elle le prévint, et il la répudia. Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet. »

  91. Ce qui est rapporté sur la ʿidda [délai d'attente légal] de la femme dans sa maison lorsqu'elle y a été répudiéeبَابُ مَا جَاءَ فِي عِدَّةِ الْمَرْأَةِ فِي بَيْتِهَا إِذَا طُلِّقَتْ فِيهِ
  92. 1270

    حَدَّثَنَا يَحْيَى عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ أَنَّهُ سَمِعَهُمَا يَذْكُرَانِ أَنَّ يَحْيَى بْنَ سَعِيدِ بْنِ الْعَاصِي طَلَّقَ ابْنَةَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْحَكَمِ الْبَتَّةَ، فَانْتَقَلَهَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ الْحَكَمِ، فَأَرْسَلَتْ عَائِشَةُ أُمُّ الْمُؤْمِنِينَ إِلَى مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ وَهُوَ يَوْمَئِذٍ أَمِيرُ الْمَدِينَةِ فقَالَتِ: «اتَّقِ اللَّهَ وَارْدُدِ الْمَرْأَةَ إِلَى بَيْتِهَا»، فَقَالَ مَرْوَانُ فِي حَدِيثِ سُلَيْمَانَ، إِنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ غَلَبَنِي، وَقَالَ مَرْوَانُ فِي حَدِيثِ الْقَاسِمِ، أَوَمَا بَلَغَكِ شَأْنُ فَاطِمَةَ بِنْتِ قَيْسٍ؟ فَقَالَتْ عَائِشَةُ: " لَا يَضُرُّكَ أَنْ لَا تَذْكُرَ حَدِيثَ فَاطِمَةَ، فَقَالَ مَرْوَانُ: إِنْ كَانَ بِكِ الشَّرُّ فَحَسْبُكِ مَا بَيْنَ هَذَيْنِ مِنَ الشَّرِّ

    Yaḥyā nous a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad et Sulaymān ibn Yasār, qu'il les a entendus tous deux mentionner que Yaḥyā ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ répudia définitivement [al-batta] la fille de ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥakam, et que ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥakam la fit déménager. ʿĀʾisha, la mère des croyants, envoya alors dire à Marwān ibn al-Ḥakam, qui était en ce temps-là émir de Médine : « Crains Allah et renvoie cette femme dans sa maison. » Marwān répondit, dans le récit de Sulaymān : « ʿAbd ar-Raḥmān a eu le dessus sur moi. » Et Marwān répondit, dans le récit d'al-Qāsim : « L'affaire de Fāṭima bint Qays ne t'est-elle donc pas parvenue ? » ʿĀʾisha dit : « Il ne te nuira pas de ne pas mentionner le récit de Fāṭima. » Marwān dit : « Si c'est, pour toi, la mésentente [qui a justifié le départ de Fāṭima], alors te suffit ce qu'il y a de mésentente entre ces deux-là. »

  93. 1271

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ بِنْتَ سَعِيدِ بْنِ زَيْدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ نُفَيْلٍ كَانَتْ تَحْتَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ عُثْمَانَ «فَطَلَّقَهَا الْبَتَّةَ فَانْتَقَلَتْ»، فَأَنْكَرَ ذَلِكَ عَلَيْهَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que la fille de Saʿīd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl était l'épouse de ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn ʿUthmān ; il la répudia définitivement et elle déménagea. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar le lui reprocha.

  94. 1272

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ «طَلَّقَ امْرَأَةً لَهُ فِي مَسْكَنِ حَفْصَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَكَانَ طَرِيقَهُ إِلَى الْمَسْجِدِ، فَكَانَ يَسْلُكُ الطَّرِيقَ الْأُخْرَى مِنْ أَدْبَارِ الْبُيُوتِ، كَرَاهِيَةَ أَنْ يَسْتَأْذِنَ عَلَيْهَا حَتَّى رَاجَعَهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar répudia une de ses épouses [alors qu'elle se trouvait] dans le logement de Ḥafṣa, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, logement qui était sur son chemin vers la mosquée. Il empruntait alors l'autre chemin, par l'arrière des maisons, répugnant à demander la permission d'entrer chez elle, jusqu'à ce qu'il l'eût reprise.

  95. 1273

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ سُئِلَ عَنِ الْمَرْأَةِ يُطَلِّقُهَا زَوْجُهَا، وَهِيَ فِي بَيْتٍ بِكِرَاءٍ عَلَى مَنِ الْكِرَاءُ؟ قَالَ سَعِيدٌ: «عَلَى زَوْجِهَا»، قَالَ: فَإِنْ لَمْ يَكُنْ عِنْدَ زَوْجِهَا؟ قَالَ: «فَعَلَيْهَا»، قَالَ: فَإِنْ لَمْ يَكُنْ عِنْدَهَا؟ قَالَ: «فَعَلَى الْأَمِيرِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, que Saʿīd ibn al-Musayyib fut interrogé sur la femme que son mari répudie alors qu'elle se trouve dans une maison louée : à qui incombe le loyer ? Saʿīd répondit : « À son mari. » On demanda : « Et si son mari n'a pas de quoi ? » Il répondit : « Alors à elle. » On demanda : « Et si elle n'a pas de quoi ? » Il répondit : « Alors à l'émir. »

  96. Ce qui est rapporté sur l'entretien de la femme répudiéeبَابُ مَا جَاءَ فِي نَفَقَةِ الْمُطَلَّقَةِ
  97. 1274

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ يَزِيدَ، مَوْلَى الْأَسْوَدِ بْنِ سُفْيَانَ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، عَنْ فَاطِمَةَ بِنْتِ قَيْسٍ، أَنَّ أَبَا عَمْرِو بْنَ حَفْصٍ طَلَّقَهَا الْبَتَّةَ، وَهُوَ غَائِبٌ بِالشَّامِ، فَأَرْسَلَ إِلَيْهَا وَكِيلُهُ بِشَعِيرٍ فَسَخِطَتْهُ، فَقَالَ: وَاللَّهِ مَا لَكِ عَلَيْنَا مِنْ شَيْءٍ، فَجَاءَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لَهُ، فَقَالَ: «لَيْسَ لَكِ عَلَيْهِ نَفَقَةٌ، وَأَمَرَهَا أَنْ تَعْتَدَّ فِي بَيْتِ أُمِّ شَرِيكٍ»، ثُمَّ قَالَ: «تِلْكَ امْرَأَةٌ يَغْشَاهَا أَصْحَابِي، اعْتَدِّي عِنْدَ عَبْدِ اللَّهِ ابْنِ أُمِّ مَكْتُومٍ فَإِنَّهُ رَجُلٌ أَعْمَى تَضَعِينَ ثِيَابَكِ عِنْدَهُ، فَإِذَا حَلَلْتِ فَآذِنِينِي»، قَالَتْ: فَلَمَّا حَلَلْتُ ذَكَرْتُ لَهُ أَنَّ مُعَاوِيَةَ بْنَ أَبِي سُفْيَانَ وَأَبَا جَهْمِ بْنَ هِشَامٍ خَطَبَانِي، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " أَمَّا أَبُو جَهْمٍ فَلَا يَضَعُ عَصَاهُ عَنْ عَاتِقِهِ، وَأَمَّا مُعَاوِيَةُ فَصُعْلُوكٌ، لَا مَالَ لَهُ، انْكِحِي أُسَامَةَ بْنَ زَيْدٍ، قَالَتْ: فَكَرِهْتُهُ، ثُمَّ قَالَ: «انْكِحِي أُسَامَةَ بْنَ زَيْدٍ فَنَكَحْتُهُ، فَجَعَلَ اللَّهُ فِي ذَلِكَ خَيْرًا، وَاغْتَبَطْتُ بِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Yazīd, mawlā [affranchi] d'al-Aswad ibn Sufyān, d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, d'après Fāṭima bint Qays, qu'Abū ʿAmr ibn Ḥafṣ la répudia définitivement alors qu'il était absent, au Shām. Son mandataire lui fit porter de l'orge, dont elle fut mécontente. Il dit : « Par Allah, tu n'as aucun droit sur nous. » Elle se rendit auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et lui rapporta cela. Il dit : « Tu n'as pas droit à l'entretien de sa part », et il lui ordonna d'accomplir sa ʿidda dans la maison d'Umm Sharīk. Puis il dit : « C'est une femme que mes Compagnons fréquentent. Accomplis ta ʿidda chez ʿAbd Allāh ibn Umm Maktūm : c'est un homme aveugle, tu pourras ôter tes vêtements [de dessus] chez lui. Et lorsque tu seras libre [de te remarier], informe-m'en. » Elle dit : Lorsque je fus libre, je lui mentionnai que Muʿāwiya ibn Abī Sufyān et Abū Jahm ibn Hishām m'avaient demandée en mariage. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Quant à Abū Jahm, il ne pose pas son bâton de son épaule ; quant à Muʿāwiya, c'est un indigent, il n'a pas de bien. Épouse Usāma ibn Zayd. » Elle dit : Il me déplut. Puis il dit : « Épouse Usāma ibn Zayd. » Je l'épousai donc ; Allah mit en cela un bien, et j'en fus comblée.

    « Abū Jahm ibn Hishām » : ainsi dans la transmission de Yaḥyā. Selon Ibn ʿAbd al-Barr et le qāḍī ʿIyāḍ, cités par az-Zurqānī, c'est une méprise : les autres transmetteurs disent « Abū Jahm » sans plus, et il s'agit d'Abū Jahm ibn Ḥudhayfa al-ʿAdawī.

  98. 1275

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ شِهَابٍ يَقُولُ: «الْمَبْتُوتَةُ لَا تَخْرُجُ مِنْ بَيْتِهَا، حَتَّى تَحِلَّ، وَلَيْسَتْ لَهَا نَفَقَةٌ إِلَّا أَنْ تَكُونَ حَامِلًا، فَيُنْفَقُ عَلَيْهَا حَتَّى تَضَعَ حَمْلَهَا» قَالَ مَالِكٌ: وَهَذَا الْأَمْرُ عِنْدَنَا

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a entendu Ibn Shihāb dire : « La femme répudiée définitivement [al-mabtūta] ne sort pas de sa maison avant d'être libre [de se remarier], et elle n'a pas droit à l'entretien, sauf si elle est enceinte : on pourvoit alors à son entretien jusqu'à ce qu'elle accouche. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  99. Ce qui est rapporté sur la ʿidda de la femme esclave répudiée par son mariبَابُ مَا جَاءَ فِي عِدَّةِ الْأَمَةِ مِنْ طَلَاقِ زَوْجِهَا
  100. 1276

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي طَلَاقِ الْعَبْدِ الْأَمَةَ، إِذَا طَلَّقَهَا وَهِيَ أَمَةٌ، ثُمَّ عَتَقَتْ بَعْدُ، فَعِدَّتُهَا عِدَّةُ الْأَمَةِ، لَا يُغَيِّرُ عِتْقُهَا عِدَّتَهَا كَانَتْ لَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ، أَوْ لَمْ تَكُنْ لَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ. لَا تَنْتَقِلُ عِدَّتُهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَمِثْلُ ذَلِكَ الْحَدُّ يَقَعُ عَلَى الْعَبْدِ، ثُمَّ يَعْتِقُ بَعْدَ أَنْ يَقَعَ الْحَدُّ عَلَيْهِ فَإِنَّمَا حَدُّهُ حَدُّ عَبْدٍ» قَالَ مَالِكٍ: «وَالْحُرُّ يُطَلِّقُ الْأَمَةَ ثَلَاثًا، وَتَعْتَدُّ حَيْضَتَيْنِ، وَالْعَبْدُ يُطَلِّقُ الْحُرَّةَ تَطْلِيقَتَيْنِ، وَتَعْتَدُّ ثَلَاثَةَ قُرُوءٍ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ تَكُونُ تَحْتَهُ الْأَمَةُ، ثُمَّ يَبْتَاعُهَا فَيَعْتِقُهَا، إِنَّهَا تَعْتَدُّ عِدَّةَ الْأَمَةِ حَيْضَتَيْنِ، مَا لَمْ يُصِبْهَا، فَإِنْ أَصَابَهَا بَعْدَ مِلْكِهِ إِيَّاهَا قَبْلَ عَتَاقَتِهَا، لَمْ يَكُنْ عَلَيْهَا إِلَّا الِاسْتِبْرَاءُ بِحَيْضَةٍ "

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « La règle chez nous, au sujet de la répudiation de la femme esclave par l'esclave, est que, s'il la répudie alors qu'elle est esclave et qu'elle est affranchie ensuite, sa ʿidda est celle de la femme esclave. Son affranchissement ne change pas sa ʿidda, qu'il ait sur elle un droit de reprise ou qu'il n'en ait pas. Sa ʿidda ne se transforme pas. » Mālik a dit : « Il en va de même de la peine légale [ḥadd] encourue par l'esclave, qui est ensuite affranchi après l'avoir encourue : sa peine n'est que celle d'un esclave. » Mālik a dit : « L'homme libre répudie la femme esclave par trois [répudiations] et elle observe une ʿidda de deux menstrues ; l'esclave répudie la femme libre par deux répudiations et elle observe une ʿidda de trois qurūʾ [périodes]. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui a pour épouse une esclave, puis l'achète et l'affranchit : « Elle observe la ʿidda de la femme esclave, deux menstrues, tant qu'il n'a pas eu de rapport avec elle. S'il a eu un rapport avec elle après en être devenu propriétaire et avant de l'affranchir, elle n'est tenue qu'à l'istibrāʾ [attente établissant la vacuité de la matrice] d'une menstrue. »

  101. Dispositions diverses sur la ʿidda de la répudiationبَابُ جَامِعِ عِدَّةِ الطَّلَاقِ
  102. 1277

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، وَيَزِيدَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قُسَيْطٍ اللَّيْثِيِّ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهُ قَالَ: قَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «أَيُّمَا امْرَأَةٍ طُلِّقَتْ فَحَاضَتْ حَيْضَةً أَوْ حَيْضَتَيْنِ، ثُمَّ رَفَعَتْهَا حَيْضَتُهَا، فَإِنَّهَا تَنْتَظِرُ تِسْعَةَ أَشْهُرٍ، فَإِنْ بَانَ بِهَا حَمْلٌ فَذَلِكَ، وَإِلَّا اعْتَدَّتْ بَعْدَ التِّسْعَةِ الْأَشْهُرِ ثَلَاثَةَ أَشْهُرٍ ثُمَّ حَلَّتْ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd et d'après Yazīd ibn ʿAbd Allāh ibn Qusayṭ al-Laythī, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il a dit : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Toute femme qui est répudiée, a une ou deux menstrues, puis voit ses menstrues cesser, attend neuf mois. Si une grossesse apparaît en elle, c'est cela [qui compte] ; sinon, elle observe, après les neuf mois, une ʿidda de trois mois, puis elle est libre [de se remarier]. »

  103. 1278

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «الطَّلَاقُ لِلرِّجَالِ، وَالْعِدَّةُ لِلنِّسَاءِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il disait : « La répudiation relève des hommes, et la ʿidda relève des femmes. »

  104. 1279

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ قَالَ: «عِدَّةُ الْمُسْتَحَاضَةِ سَنَةٌ» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الْمُطَلَّقَةِ الَّتِي تَرْفَعُهَا حَيْضَتُهَا حِينَ يُطَلِّقُهَا زَوْجُهَا، أَنَّهَا تَنْتَظِرُ تِسْعَةَ أَشْهُرٍ، فَإِنْ لَمْ تَحِضْ فِيهِنَّ اعْتَدَّتْ ثَلَاثَةَ أَشْهُرٍ، فَإِنْ حَاضَتْ قَبْلَ أَنْ تَسْتَكْمِلَ الْأَشْهُرَ الثَّلَاثَةَ، اسْتَقْبَلَتِ الْحَيْضَ، فَإِنْ مَرَّتْ بِهَا تِسْعَةُ أَشْهُرٍ قَبْلَ أَنْ تَحِيضَ، اعْتَدَّتْ ثَلَاثَةَ أَشْهُرٍ، فَإِنْ حَاضَتِ الثَّانِيَةَ قَبْلَ أَنْ تَسْتَكْمِلَ الْأَشْهُرَ الثَّلَاثَةَ، اسْتَقْبَلَتِ الْحَيْضَ، فَإِنْ مَرَّتْ بِهَا تِسْعَةُ أَشْهُرٍ قَبْلَ أَنْ تَحِيضَ اعْتَدَّتْ ثَلَاثَةَ أَشْهُرٍ، فَإِنْ حَاضَتِ الثَّالِثَةَ اسْتَكْمَلَتْ عِدَّةَ الْحَيْضِ، فَإِنْ لَمْ تَحِضِ اسْتَقْبَلَتْ ثَلَاثَةَ أَشْهُرٍ، ثُمَّ حَلَّتْ، وَلِزَوْجِهَا عَلَيْهَا فِي ذَلِكَ الرَّجْعَةُ قَبْلَ أَنْ تَحِلَّ إِلَّا أَنْ يَكُونَ قَدْ بَتَّ طَلَاقَهَا» قَالَ مَالِكٌ: «السُّنَّةُ عِنْدَنَا أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا طَلَّقَ امْرَأَتَهُ، وَلَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ، فَاعْتَدَّتْ بَعْضَ عِدَّتِهَا ثُمَّ ارْتَجَعَهَا، ثُمَّ فَارَقَهَا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا، أَنَّهَا لَا تَبْنِي عَلَى مَا مَضَى مِنْ عِدَّتِهَا، وَأَنَّهَا تَسْتَأْنِفُ مِنْ يَوْمَ طَلَّقَهَا عِدَّةً مُسْتَقْبَلَةً، وَقَدْ ظَلَمَ زَوْجُهَا نَفْسَهُ، وَأَخْطَأَ إِنْ كَانَ ارْتَجَعَهَا وَلَا حَاجَةَ لَهُ بِهَا» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ الْمَرْأَةَ إِذَا أَسْلَمَتْ، وَزَوْجُهَا كَافِرٌ، ثُمَّ أَسْلَمَ. زَوْجُهَا، فَهُوَ أَحَقُّ بِهَا مَا دَامَتْ فِي عِدَّتِهَا، فَإِنِ انْقَضَتْ عِدَّتُهَا فَلَا سَبِيلَ لَهُ عَلَيْهَا، فَإِنْ تَزَوَّجَهَا بَعْدَ انْقِضَاءِ عِدَّتِهَا، لَمْ يُعَدَّ ذَلِكَ طَلَاقًا وَإِنَّمَا فَسَخَهَا مِنْهُ الْإِسْلَامُ بِغَيْرِ طَلَاقٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il a dit : « La ʿidda de la femme atteinte de pertes de sang continues [al-mustaḥāḍa] est d'une année. » Mālik a dit : « La règle chez nous, au sujet de la femme répudiée dont les menstrues cessent au moment où son mari la répudie, est qu'elle attend neuf mois. Si elle n'a pas de menstrues pendant ce temps, elle observe une ʿidda de trois mois. Si elle a ses menstrues avant d'avoir achevé les trois mois, elle reprend [le décompte par] les menstrues. Si neuf mois s'écoulent sans qu'elle ait de menstrues, elle observe une ʿidda de trois mois. Si elle a ses menstrues une deuxième fois avant d'avoir achevé les trois mois, elle reprend [le décompte par] les menstrues. Si neuf mois s'écoulent sans qu'elle ait de menstrues, elle observe une ʿidda de trois mois. Si elle a ses menstrues une troisième fois, elle a alors achevé la ʿidda par les menstrues. Si elle n'a pas de menstrues, elle observe trois mois, puis elle est libre. Pendant tout cela, son mari garde sur elle le droit de reprise tant qu'elle n'est pas libre, sauf s'il l'a répudiée définitivement. » Mālik a dit : « La sunna chez nous est que, lorsque l'homme répudie son épouse en gardant sur elle un droit de reprise, qu'elle accomplit une partie de sa ʿidda, qu'il la reprend, puis se sépare d'elle avant de l'avoir touchée, elle ne poursuit pas sur ce qui s'est écoulé de sa ʿidda : elle recommence, à compter du jour où il l'a répudiée, une ʿidda nouvelle. Son mari s'est fait du tort à lui-même et a mal agi s'il l'a reprise sans avoir besoin d'elle. » Mālik a dit : « La règle chez nous est que, lorsque la femme embrasse l'islam alors que son mari est mécréant, puis que son mari embrasse l'islam, il a priorité sur elle tant qu'elle est dans sa ʿidda. Si sa ʿidda s'achève, il n'a plus aucun droit sur elle. Et s'il l'épouse après la fin de sa ʿidda, cela [la séparation] n'est pas compté comme une répudiation : c'est l'islam qui a dissous son lien avec lui, sans répudiation. »

  105. Ce qui est rapporté sur les deux arbitresبَابُ مَا جَاءَ فِي الْحَكَمَيْنِ
  106. 1280

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ قَالَ: فِي الْحَكَمَيْنِ اللَّذَيْنِ قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى {وَإِنْ خِفْتُمْ شِقَاقَ بَيْنِهِمَا، فَابْعَثُوا حَكَمًا مِنْ أَهْلِهِ، وَحَكَمًا مِنْ أَهْلِهَا، إِنْ يُرِيدَا إِصْلَاحًا، يُوَفِّقِ اللَّهُ بَيْنَهُمَا، إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرًا} [النساء: 35]: «إِنَّ إِلَيْهِمَا الْفُرْقَةَ بَيْنَهُمَا وَالْاجْتِمَاعَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ، أَنَّ الْحَكَمَيْنِ يَجُوزُ قَوْلُهُمَا بَيْنَ الرَّجُلِ وَامْرَأَتِهِ فِي الْفُرْقَةِ وَالْاجْتِمَاعِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿAlī ibn Abī Ṭālib a dit, au sujet des deux arbitres dont Allah, béni et exalté soit-Il, a dit : « Si vous craignez la rupture entre eux deux, envoyez un arbitre de sa famille à lui et un arbitre de sa famille à elle ; s'ils veulent la conciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est Omniscient, parfaitement informé » [4 : 35] : « C'est à eux deux qu'il revient de les séparer ou de les réunir. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux de la part des gens de science : la décision des deux arbitres s'impose entre l'homme et son épouse, pour la séparation comme pour la réunion. »

  107. Le serment de l'homme de répudier celle qu'il n'a pas encore épouséeبَابُ يَمِينِ الرَّجُلِ بِطَلَاقِ مَا لَمْ يَنْكِحْ
  108. 1281

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، وَعَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ، وَعَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ، وَسَالِمَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ وَالْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ، وَابْنَ شِهَابٍ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ: كَانُوا يَقُولُونَ: «إِذَا حَلَفَ الرَّجُلُ بِطَلَاقِ الْمَرْأَةِ قَبْلَ أَنْ يَنْكِحَهَا، ثُمَّ أَثِمَ إِنَّ ذَلِكَ لَازِمٌ لَهُ إِذَا نَكَحَهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, Sālim ibn ʿAbd Allāh, al-Qāsim ibn Muḥammad, Ibn Shihāb et Sulaymān ibn Yasār disaient : « Lorsque l'homme jure de répudier une femme avant de l'épouser, puis se parjure, cela s'impose à lui dès qu'il l'épouse. »

  109. 1282

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ كَانَ يَقُولُ: فِيمَنْ قَالَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَنْكِحُهَا فَهِيَ طَالِقٌ، إِنَّهُ «إِذَا لَمْ يُسَمِّ قَبِيلَةً أَوِ امْرَأَةً بِعَيْنِهَا فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا أَحْسَنُ مَا سَمِعْتُ» قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِامْرَأَتِهِ أَنْتِ الطَّلَاقُ، وَكُلُّ امْرَأَةٍ أَنْكِحُهَا فَهِيَ طَالِقٌ، وَمَالُهُ صَدَقَةٌ، إِنْ لَمْ يَفْعَلْ كَذَا وَكَذَا، فَحَنِثَ قَالَ: أَمَّا نِسَاؤُهُ فَطَلَاقٌ كَمَا قَالَ، وَأَمَّا قَوْلُهُ كُلُّ امْرَأَةٍ أَنْكِحُهَا فَهِيَ طَالِقٌ، فَإِنَّهُ إِذَا لَمْ يُسَمِّ امْرَأَةً بِعَيْنِهَا، أَوْ قَبِيلَةً، أَوْ أَرْضًا أَوْ نَحْوَ هَذَا، فَلَيْسَ يَلْزَمُهُ ذَلِكَ، وَلْيَتَزَوَّجْ مَا شَاءَ وَأَمَّا مَالُهُ فَلْيَتَصَدَّقْ بِثُلُثِهِ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿAbd Allāh ibn Masʿūd disait, au sujet de celui qui déclare : « Toute femme que j'épouserai est répudiée » : « S'il n'a désigné ni une tribu ni une femme en particulier, rien ne lui incombe. » Mālik a dit : « C'est ce que j'ai entendu de mieux. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui dit à son épouse : « Tu es répudiée, toute femme que j'épouserai est répudiée et mes biens sont une aumône si je ne fais pas telle et telle chose », puis se parjure : « Quant à ses épouses, c'est une répudiation, comme il l'a dit. Quant à sa parole "toute femme que j'épouserai est répudiée", dès lors qu'il n'a désigné ni une femme en particulier, ni une tribu, ni une contrée, ni rien de semblable, cela ne s'impose pas à lui : qu'il épouse qui il veut. Quant à ses biens, qu'il en donne le tiers en aumône. »

  110. Le délai accordé à celui qui ne peut avoir de rapport avec son épouseبَابُ أَجَلِ الَّذِي لَا يَمَسُّ امْرَأَتَهُ
  111. 1283

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «مَنْ تَزَوَّجَ امْرَأَةً فَلَمْ يَسْتَطِعْ أَنْ يَمَسَّهَا، فَإِنَّهُ يُضْرَبُ لَهُ أَجَلٌ سَنَةً، فَإِنْ مَسَّهَا وَإِلَّا فُرِّقَ بَيْنَهُمَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qu'il disait : « Celui qui épouse une femme et ne parvient pas à avoir de rapport avec elle, on lui fixe un délai d'une année : s'il a un rapport avec elle, [le mariage demeure] ; sinon, on les sépare. »

  112. 1284

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ مَتَى يُضْرَبُ لَهُ الْأَجَلُ؟ أَمِنْ يَوْمِ يَبْنِي بِهَا؟ أَمْ مِنْ يَوْمِ تُرَافِعُهُ إِلَى السُّلْطَانِ؟ فَقَالَ: بَلْ «مِنْ يَوْمِ تُرَافِعُهُ إِلَى السُّلْطَانِ» قَالَ مَالِكٌ: «فَأَمَّا الَّذِي قَدْ مَسَّ امْرَأَتَهُ، ثُمَّ اعْتَرَضَ عَنْهَا، فَإِنِّي لَمْ أَسْمَعْ أَنَّهُ يُضْرَبُ لَهُ أَجَلٌ، وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَهُمَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a demandé à Ibn Shihāb : « À partir de quand lui fixe-t-on le délai ? Du jour où il consomme le mariage avec elle, ou du jour où elle le défère à l'autorité ? » Il répondit : « Du jour où elle le défère à l'autorité. » Mālik a dit : « Quant à celui qui a déjà eu un rapport avec son épouse, puis en a été empêché, je n'ai pas entendu dire qu'on lui fixe un délai ni qu'on les sépare. »

  113. Dispositions diverses sur la répudiationبَابُ جَامِعِ الطَّلَاقِ
  114. 1285

    وَحَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ قَالَ: بَلَغَنِي، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لِرَجُلٍ مِنْ ثَقِيفٍ أَسْلَمَ وَعِنْدَهُ عَشْرُ نِسْوَةٍ، حِينَ أَسْلَمَ الثَّقَفِيُّ: «أَمْسِكْ مِنْهُنَّ أَرْبَعًا وَفَارِقْ سَائِرَهُنَّ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'il a dit : Il m'est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit à un homme de Thaqīf qui avait embrassé l'islam alors qu'il avait dix épouses, lorsque ce Thaqafite embrassa l'islam : « Gardes-en quatre et sépare-toi des autres. »

  115. 1286

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ وَحُمَيْدَ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ وَعُبَيْدَ اللَّهِ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ كُلُّهُمْ يَقُولُ: سَمِعْتُ أَبَا هُرَيْرَةَ يَقُولُ: سَمِعْتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ يَقُولُ: «أَيُّمَا امْرَأَةٍ طَلَّقَهَا زَوْجُهَا تَطْلِيقَةً أَوْ تَطْلِيقَتَيْنِ ثُمَّ تَرَكَهَا حَتَّى تَحِلَّ، وَتَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ، فَيَمُوتَ عَنْهَا أَوْ يُطَلِّقَهَا ثُمَّ يَنْكِحُهَا زَوْجُهَا الْأَوَّلُ، فَإِنَّهَا تَكُونُ عِنْدَهُ عَلَى مَا بَقِيَ مِنْ طَلَاقِهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ السُّنَّةُ عِنْدَنَا الَّتِي لَا اخْتِلَافَ فِيهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, qu'il a dit : J'ai entendu Saʿīd ibn al-Musayyib, Ḥumayd ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba ibn Masʿūd et Sulaymān ibn Yasār dire chacun : J'ai entendu Abū Hurayra dire : J'ai entendu ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb dire : « Toute femme que son mari répudie d'une ou de deux répudiations, puis qu'il laisse jusqu'à ce qu'elle soit libre et épouse un autre mari, lequel meurt ou la répudie, et que son premier mari épouse ensuite, demeure auprès de lui avec ce qui restait de ses répudiations. » Mālik a dit : « Telle est la sunna chez nous, sur laquelle il n'y a pas de divergence. »

  116. 1287

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ثَابِتٍ الْأَحْنَفِ، أَنَّهُ تَزَوَّجَ أُمَّ وَلَدٍ لِعَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ زَيْدِ بْنِ الْخَطَّابِ، قَالَ: فَدَعَانِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ زَيْدِ بْنِ الْخَطَّابِ فَجِئْتُهُ فَدَخَلْتُ عَلَيْهِ، فَإِذَا سِيَاطٌ مَوْضُوعَةٌ، وَإِذَا قَيْدَانِ مِنْ حَدِيدٍ، وَعَبْدَانِ لَهُ قَدْ أَجْلَسَهُمَا، فَقَالَ: طَلِّقْهَا وَإِلَّا وَالَّذِي يُحْلَفُ بِهِ فَعَلْتُ بِكَ كَذَا وَكَذَا، قَالَ: فَقُلْتُ: هِيَ الطَّلَاقُ أَلْفًا، قَالَ: فَخَرَجْتُ مِنْ عِنْدِهِ، فَأَدْرَكْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ بِطَرِيقِ مَكَّةَ قَالَ: فَأَخْبَرْتُهُ بِالَّذِي كَانَ مِنْ شَأْنِي، فَتَغَيَّظَ عَبْدُ اللَّهِ، وَقَالَ: " لَيْسَ ذَلِكَ بِطَلَاقٍ، وَإِنَّهَا لَمْ تَحْرُمْ عَلَيْكَ، فَارْجِعْ إِلَى أَهْلِكَ، فَلَمْ تُقْرِرْنِي نَفْسِي، حَتَّى أَتَيْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ الزُّبَيْرِ، وَهُوَ يَوْمَئِذٍ بِمَكَّةَ أَمِيرٌ عَلَيْهَا، فَأَخْبَرْتُهُ بِالَّذِي كَانَ مِنْ شَأْنِي، وَبِالَّذِي قَالَ لِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ قَالَ فَقَالَ لِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الزُّبَيْرِ: لَمْ تَحْرُمْ عَلَيْكَ فَارْجِعْ إِلَى أَهْلِكَ، وَكَتَبَ إِلَى جَابِرِ بْنِ الْأَسْوَدِ الزُّهْرِيِّ، وَهُوَ أَمِيرُ الْمَدِينَةِ يَأْمُرُهُ أَنْ يُعَاقِبَ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، وَأَنْ يُخَلِّيَ بَيْنِي وَبَيْنَ أَهْلِي، قَالَ: فَقَدِمْتُ الْمَدِينَةَ، فَجَهَّزَتْ صَفِيَّةُ امْرَأَةُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ امْرَأَتِي حَتَّى أَدْخَلَتْهَا عَلَيَّ بِعِلْمِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ثُمَّ دَعَوْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ يَوْمَ عُرْسِي لِوَلِيمَتِي فَجَاءَنِي "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Thābit al-Aḥnaf, qu'il épousa une umm walad [esclave ayant donné un enfant à son maître] de ʿAbd ar-Raḥmān ibn Zayd ibn al-Khaṭṭāb. Il dit : ʿAbd Allāh ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Zayd ibn al-Khaṭṭāb me fit appeler. Je vins à lui et j'entrai chez lui : il y avait là des fouets disposés, deux entraves de fer et deux de ses esclaves qu'il avait fait asseoir. Il dit : « Répudie-la, sinon, par Celui par qui l'on jure, je te ferai telle et telle chose ! » Je dis : « Elle est répudiée mille fois. » Je sortis de chez lui et je rejoignis ʿAbd Allāh ibn ʿUmar sur la route de La Mecque ; je l'informai de ce qui m'était arrivé. ʿAbd Allāh se mit en colère et dit : « Ce n'est pas une répudiation, et elle ne t'est pas devenue interdite. Retourne auprès de ta femme. » Mais mon âme ne me laissa pas en repos tant que je ne fus pas allé trouver ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr, qui était alors émir à La Mecque. Je l'informai de ce qui m'était arrivé et de ce que m'avait dit ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr me dit : « Elle ne t'est pas devenue interdite, retourne auprès de ta femme. » Et il écrivit à Jābir ibn al-Aswad az-Zuhrī, qui était émir de Médine, pour lui ordonner de châtier ʿAbd Allāh ibn ʿAbd ar-Raḥmān et de me laisser libre de rejoindre ma femme. J'arrivai donc à Médine. Ṣafiyya, l'épouse de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, apprêta mon épouse et la fit entrer auprès de moi, au su de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. Puis j'invitai ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, le jour de mes noces, à mon repas de noces [walīma], et il vint.

    Une autre édition du texte porte « ثَابِتِ بْنِ الْأَحْنَفِ » [Thābit ibn al-Aḥnaf].

  117. 1288

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ دِينَارٍ، أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ: " قَرَأَ {يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ إِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَطَلِّقُوهُنَّ} [الطلاق: 1] لِقُبُلِ عِدَّتِهِنَّ " قَالَ مَالِكٌ: «يَعْنِي بِذَلِكَ أَنْ يُطَلِّقَ الرَّجُلُ فِي كُلِّ طُهْرٍ مَرَّةً»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Dīnār, qu'il a dit : J'ai entendu ʿAbd Allāh ibn ʿUmar réciter : « Ô Prophète, lorsque vous répudiez les femmes, répudiez-les [65 : 1] à l'entrée de leur ʿidda. » Mālik a dit : « Il entend par là que l'homme répudie une seule fois dans chaque période de pureté. »

    Ibn ʿUmar lit ici « li-qubuli ʿiddatihinna » (à l'entrée de leur ʿidda), à titre d'explication ; le texte du verset porte « li-ʿiddatihinna ».

  118. 1289

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ أَنَّهُ قَالَ: " كَانَ الرَّجُلُ إِذَا طَلَّقَ امْرَأَتَهُ ثُمَّ ارْتَجَعَهَا قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا، كَانَ ذَلِكَ لَهُ، وَإِنْ طَلَّقَهَا أَلْفَ مَرَّةٍ فَعَمَدَ رَجُلٌ إِلَى امْرَأَتِهِ فَطَلَّقَهَا حَتَّى إِذَا شَارَفَتِ انْقِضَاءَ عِدَّتِهَا رَاجَعَهَا، ثُمَّ طَلَّقَهَا، ثُمَّ قَالَ وَاللَّهِ لَا آوِيكِ إِلَيَّ، وَلَا تَحِلِّينَ أَبَدًا، قَالَ: فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى {الطَّلَاقُ مَرَّتَانِ، فَإِمْسَاكٌ بِمَعْرُوفٍ أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسَانٍ} [البقرة: 229] فَاسْتَقْبَلَ النَّاسُ الطَّلَاقَ جَدِيدًا مِنْ يَوْمِئِذٍ، مَنْ كَانَ طَلَّقَ مِنْهُمْ أَوْ لَمْ يُطَلِّقْ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, qu'il a dit : « Lorsque l'homme répudiait son épouse puis la reprenait avant la fin de sa ʿidda, cela lui était permis, l'eût-il répudiée mille fois. Un homme s'en prit alors à son épouse : il la répudia, puis, lorsqu'elle fut près d'achever sa ʿidda, il la reprit, puis la répudia, et dit : "Par Allah, je ne te recueillerai pas auprès de moi et tu ne seras jamais libre !" Allah, béni et exalté soit-Il, révéla alors : "La répudiation est [permise] deux fois ; ensuite, c'est soit retenir [l'épouse] selon le bon usage, soit la libérer avec bienfaisance" [2 : 229]. Les gens reprirent alors à neuf le compte des répudiations à partir de ce jour, qu'ils aient déjà répudié ou non. »

  119. 1290

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ، " أَنَّ الرَّجُلَ كَانَ يُطَلِّقُ امْرَأَتَهُ ثُمَّ يُرَاجِعُهَا، وَلَا حَاجَةَ لَهُ بِهَا، وَلَا يُرِيدُ إِمْسَاكَهَا كَيْمَا يُطَوِّلُ بِذَلِكَ عَلَيْهَا الْعِدَّةَ لِيُضَارَّهَا، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى {وَلَا تُمْسِكُوهُنَّ ضِرَارًا لِتَعْتَدُوا وَمَنْ يَفْعَلْ ذَلِكَ فَقَدْ ظَلَمَ نَفْسَهُ} [البقرة: 231] يَعِظُهُمُ اللَّهُ بِذَلِكَ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Thawr ibn Zayd ad-Dīlī, que l'homme répudiait son épouse puis la reprenait, sans avoir besoin d'elle et sans vouloir la garder, afin d'allonger ainsi pour elle la ʿidda et de lui nuire. Allah, béni et exalté soit-Il, révéla alors : « Ne les retenez pas pour leur nuire, afin de transgresser ; quiconque agit ainsi s'est fait du tort à lui-même » [2 : 231]. Allah les exhorte par cela.

  120. 1291

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ سُئِلَا عَنْ طَلَاقِ السَّكْرَانِ؟ فَقَالَا: «إِذَا طَلَّقَ السَّكْرَانُ جَازَ طَلَاقُهُ، وَإِنْ قَتَلَ قُتِلَ بِهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib et Sulaymān ibn Yasār furent interrogés sur la répudiation de l'homme ivre. Ils répondirent : « Si l'homme ivre répudie, sa répudiation est valide ; et s'il tue, il est mis à mort pour cela. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  121. 1292

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ كَانَ يَقُولُ: «إِذَا لَمْ يَجِدِ الرَّجُلُ مَا يُنْفِقُ عَلَى امْرَأَتِهِ فُرِّقَ بَيْنَهُمَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ أَدْرَكْتُ أَهْلَ الْعِلْمِ بِبَلَدِنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib disait : « Lorsque l'homme ne trouve pas de quoi entretenir son épouse, on les sépare. » Mālik a dit : « C'est sur cela que j'ai trouvé les gens de science de notre cité. »

  122. La ʿidda de la femme dont le mari est décédéبَابُ عِدَّةِ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا
  123. 1293

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ رَبِّهِ بْنِ سَعِيدِ بْنِ قَيْسٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَنَّهُ قَالَ: سُئِلَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبَّاسٍ وَأَبُو هُرَيْرَةَ عَنِ الْمَرْأَةِ الْحَامِلِ يُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا؟ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: آخِرَ الْأَجَلَيْنِ، وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: «إِذَا وَلَدَتْ فَقَدْ حَلَّتْ» فَدَخَلَ أَبُو سَلَمَةَ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَلَى أُمِّ سَلَمَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَهَا عَنْ ذَلِكَ؟ فَقَالَتْ أُمُّ سَلَمَةَ: وَلَدَتْ سُبَيْعَةُ الْأَسْلَمِيَّةُ بَعْدَ وَفَاةِ زَوْجِهَا بِنِصْفِ شَهْرٍ، فَخَطَبَهَا رَجُلَانِ: أَحَدُهُمَا شَابٌّ، وَالْآخَرُ كَهْلٌ، فَحَطَّتْ إِلَى الشَّابِّ، فَقَالَ الشَّيْخُ: لَمْ تَحِلِّي بَعْدُ، وَكَانَ أَهْلُهَا غَيَبًا، وَرَجَا إِذَا جَاءَ أَهْلُهَا أَنْ يُؤْثِرُوهُ بِهَا فَجَاءَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: «قَدْ حَلَلْتِ، فَانْكِحِي مَنْ شِئْتِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Rabbih ibn Saʿīd ibn Qays, d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān, qu'il a dit : ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās et Abū Hurayra furent interrogés sur la femme enceinte dont le mari décède. Ibn ʿAbbās dit : « Le plus éloigné des deux termes. » Abū Hurayra dit : « Dès qu'elle a accouché, elle est libre [de se remarier]. » Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān entra alors chez Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et l'interrogea à ce sujet. Umm Salama dit : Subayʿa al-Aslamiyya accoucha un demi-mois après le décès de son mari. Deux hommes la demandèrent en mariage, l'un jeune, l'autre d'âge mûr, et elle pencha pour le jeune. Le plus âgé dit alors : « Tu n'es pas encore libre. » Les siens étaient absents, et il espérait que, lorsqu'ils viendraient, ils le préféreraient pour elle. Elle alla trouver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui dit : « Tu es libre, épouse donc qui tu veux. »

  124. 1294

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ سُئِلَ عَنِ الْمَرْأَةِ يُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا وَهِيَ حَامِلٌ؟ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: «إِذَا وَضَعَتْ حَمْلَهَا فَقَدْ حَلَّتْ» فَأَخْبَرَهُ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ كَانَ عِنْدَهُ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «لَوْ وَضَعَتْ وَزَوْجُهَا عَلَى سَرِيرِهِ لَمْ يُدْفَنْ بَعْدُ، لَحَلَّتْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il fut interrogé sur la femme dont le mari décède alors qu'elle est enceinte. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Dès qu'elle a mis au monde son enfant, elle est libre. » Un homme des Anṣār, qui se trouvait auprès de lui, l'informa alors que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb avait dit : « Si elle accouchait alors que son mari est encore sur son lit, pas encore enterré, elle serait libre. »

  125. 1295

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنِ الْمِسْوَرِ بْنِ مَخْرَمَةَ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ أَنَّ سُبَيْعَةَ الْأَسْلَمِيَّةَ نُفِسَتْ بَعْدَ وَفَاةِ زَوْجِهَا بِلَيَالٍ، فَقَالَ لَهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «قَدْ حَلَلْتِ فَانْكِحِي مَنْ شِئْتِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, d'après al-Miswar ibn Makhrama, qu'il l'a informé que Subayʿa al-Aslamiyya accoucha quelques nuits après le décès de son mari, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Tu es libre, épouse donc qui tu veux. »

  126. 1296

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ وَأَبَا سَلَمَةَ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ اخْتَلَفَا فِي الْمَرْأَةِ تُنْفَسُ بَعْدَ وَفَاةِ زَوْجِهَا بِلَيَالٍ، فَقَالَ أَبُو سَلَمَةَ: «إِذَا وَضَعَتْ مَا فِي بَطْنِهَا، فَقَدْ حَلَّتْ»، وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: آخِرَ الْأَجَلَيْنِ، فَجَاءَ أَبُو هُرَيْرَةَ: فَقَالَ: «أَنَا مَعَ ابْنِ أَخِي يَعْنِي أَبَا سَلَمَةَ» فَبَعَثُوا كُرَيْبًا مَوْلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ، إِلَى أُمِّ سَلَمَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَسْأَلُهَا عَنْ ذَلِكَ، فَجَاءَهُمْ فَأَخْبَرَهُمْ أَنَّهَا قَالَتْ: ولدت سُبَيْعَةُ الْأَسْلَمِيَّةُ بَعْدَ وَفَاةِ زَوْجِهَا بِلَيَالٍ، فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: «قَدْ حَلَلْتِ فَانْكِحِي مَنْ شِئْتِ» قَالَ مالِكٍ: «وَهَذَا الْأَمْرُ الَّذِي لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ أَهْلُ الْعِلْمِ عِنْدَنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Sulaymān ibn Yasār, que ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās et Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf divergèrent au sujet de la femme qui accouche quelques nuits après le décès de son mari. Abū Salama dit : « Dès qu'elle a mis au monde ce qu'elle porte, elle est libre. » Ibn ʿAbbās dit : « Le plus éloigné des deux termes. » Abū Hurayra survint et dit : « Je suis avec le fils de mon frère », c'est-à-dire Abū Salama. Ils envoyèrent alors Kurayb, mawlā de ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, auprès d'Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour l'interroger à ce sujet. Il revint vers eux et les informa qu'elle avait dit : Subayʿa al-Aslamiyya accoucha quelques nuits après le décès de son mari ; elle le rapporta au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui dit : « Tu es libre, épouse donc qui tu veux. » Mālik a dit : « Telle est la règle que les gens de science n'ont cessé de suivre chez nous. »

  127. Le séjour de la femme dont le mari est décédé dans sa maison jusqu'à ce qu'elle soit libreبَابُ مَقَامِ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا فِي بَيْتِهَا حَتَّى تَحِلَّ
  128. 1297

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ إِسْحَاقَ بْنِ كَعْبِ بْنِ عُجْرَةَ، عَنْ عَمَّتِهِ زَيْنَبَ بِنْتِ كَعْبِ بْنِ عُجْرَةَ، أَنَّ الْفُرَيْعَةَ بِنْتَ مَالِكِ بنِ سِنَانٍ وَهِيَ أُخْتُ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، أَخْبَرَتْهَا: أَنَّهَا جَاءَتْ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَسْأَلُهُ أَنْ تَرْجِعَ إِلَى أَهْلِهَا فِي بَنِي خُدْرَةَ، فَإِنَّ زَوْجَهَا خَرَجَ فِي طَلَبِ أَعْبُدٍ لَهُ أَبَقُوا، حَتَّى إِذَا كَانُوا بِطَرَفِ الْقَدُومِ لَحِقَهُمْ فَقَتَلُوهُ، قَالَتْ فَسَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ أَرْجِعَ إِلَى أَهْلِي فِي بَنِي خُدْرَةَ، فَإِنَّ زَوْجِي لَمْ يَتْرُكْنِي فِي مَسْكَنٍ يَمْلِكُهُ، وَلَا نَفَقَةٍ، قَالَتْ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَعَمْ»، قَالَتْ: فَانْصَرَفْتُ حَتَّى إِذَا كُنْتُ فِي الْحُجْرَةِ نَادَانِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ أَمَرَ بِي فَنُودِيتُ لَهُ فَقَالَ: «كَيْفَ قُلْتِ»؟ فَرَدَّدْتُ عَلَيْهِ الْقِصَّةَ الَّتِي ذَكَرْتُ لَهُ مِنْ شَأْنِ زَوْجِي، فَقَالَ: «امْكُثِي فِي بَيْتِكِ حَتَّى يَبْلُغَ الْكِتَابُ أَجَلَهُ»، قَالَتْ: فَاعْتَدَدْتُ فِيهِ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا، قَالَتْ فَلَمَّا كَانَ عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ أَرْسَلَ إِلَيَّ، فَسَأَلَنِي عَنْ ذَلِكَ، فَأَخْبَرْتُهُ فَاتَّبَعَهُ وَقَضَى بِهِ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Saʿīd ibn Isḥāq ibn Kaʿb ibn ʿUjra, d'après sa tante paternelle Zaynab bint Kaʿb ibn ʿUjra, qu'al-Furayʿa bint Mālik ibn Sinān, qui est la sœur d'Abū Saʿīd al-Khudrī, l'a informée qu'elle vint trouver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour lui demander de retourner chez les siens, parmi les Banū Khudra : son mari était parti à la poursuite d'esclaves à lui qui s'étaient enfuis ; arrivé à l'extrémité d'al-Qadūm, il les rejoignit et ils le tuèrent. Elle dit : Je demandai au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de retourner chez les miens, parmi les Banū Khudra, car mon mari ne m'avait laissée ni dans un logement qu'il possédât, ni avec de quoi subsister. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Oui. » Je m'en retournai, et lorsque je fus dans la cour, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'appela, ou me fit appeler, et dit : « Comment as-tu dit ? » Je lui répétai le récit que je lui avais fait au sujet de mon mari. Il dit : « Demeure dans ta maison jusqu'à ce que le délai prescrit arrive à son terme. » J'y accomplis donc ma ʿidda, quatre mois et dix [jours]. Lorsque vint [le califat de] ʿUthmān ibn ʿAffān, il m'envoya chercher et m'interrogea à ce sujet ; je l'en informai, il s'y conforma et jugea ainsi.

    Al-Qadūm : lieu situé à six milles de Médine, selon Ibn al-Athīr cité par az-Zurqānī. Une autre édition du texte porte « سَعْدِ بْنِ إِسْحَاقَ » [Saʿd ibn Isḥāq].

  129. 1298

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ قَيْسٍ الْمَكِّيِّ، عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ: كَانَ «يَرُدُّ الْمُتَوَفَّى عَنْهُنَّ أَزْوَاجُهُنَّ مِنَ الْبَيْدَاءِ، يَمْنَعُهُنَّ الْحَجَّ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḥumayd ibn Qays al-Makkī, d'après ʿAmr ibn Shuʿayb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb renvoyait d'al-Baydāʾ les femmes dont les maris étaient décédés, les empêchant d'accomplir le ḥajj [pèlerinage].

    Al-Baydāʾ : l'extrémité de Dhū l-Ḥulayfa, à la sortie de Médine, selon az-Zurqānī.

  130. 1299

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ السَّائِبَ بْنَ خَبَّابٍ تُوُفِّيَ، وَإِنَّ امْرَأَتَهُ جَاءَتْ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، فَذَكَرَتْ لَهُ وَفَاةَ زَوْجِهَا، وَذَكَرَتْ لَهُ حَرْثًا لَهُمْ بِقَنَاةَ، وَسَأَلَتْهُ: «هَلْ يَصْلُحُ لَهَا أَنْ تَبِيتَ فِيهِ؟ فَنَهَاهَا عَنْ ذَلِكَ، فَكَانَتْ تَخْرُجُ مِنَ الْمَدِينَةِ سَحَرًا فَتُصْبِحُ فِي حَرْثِهِمْ، فَتَظَلُّ فِيهِ يَوْمَهَا، ثُمَّ تَدْخُلُ الْمَدِينَةَ إِذَا أَمْسَتْ فَتَبِيتُ فِي بَيْتِهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il lui est parvenu qu'as-Sāʾib ibn Khabbāb décéda et que son épouse vint trouver ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ; elle lui mentionna le décès de son mari, lui mentionna un champ qu'ils avaient à Qanāt, et lui demanda s'il lui était permis d'y passer la nuit. Il le lui interdit. Elle sortait donc de Médine avant l'aube, arrivait au matin dans leur champ, y restait sa journée, puis rentrait à Médine le soir venu et passait la nuit dans sa maison.

    Qanāt : une vallée de Médine, où l'on cultivait.

  131. 1300

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: فِي «الْمَرْأَةِ الْبَدَوِيَّةِ يُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا، إِنَّهَا تَنْتَوِي حَيْثُ انْتَوَى أَهْلُهَا» قَالَ مَالِكٌ: «وَهُوَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, qu'il disait, au sujet de la femme bédouine dont le mari décède : « Elle se déplace là où les siens se déplacent. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  132. 1301

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «لَا تَبِيتُ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا، وَلَا الْمَبْتُوتَةُ إِلَّا فِي بَيْتِهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait : « La femme dont le mari est décédé et la femme répudiée définitivement ne passent la nuit que dans leur maison. »

  133. La ʿidda de l'umm walad lorsque son maître décèdeبَابُ عِدَّةِ أُمِّ الْوَلَدِ إِذَا تُوُفِّيَ سَيِّدُهَا
  134. 1302

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ يَقُولُ: إِنَّ يَزِيدَ بْنَ عَبْدِ الْمَلِكِ فَرَّقَ بَيْنَ رِجَالٍ وَبَيْنَ نِسَائِهِمْ، وَكُنَّ أُمَّهَاتِ أَوْلَادِ رِجَالٍ هَلَكُوا، فَتَزَوَّجُوهُنَّ بَعْدَ حَيْضَةٍ أَوْ حَيْضَتَيْنِ، فَفَرَّقَ بَيْنَهُمْ، حَتَّى يَعْتَدِدْنَ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا، فَقَالَ الْقَاسِمُ بْنُ مُحَمَّدٍ: " سُبْحَانَ اللَّهِ يَقُولُ اللَّهُ فِي كِتَابِهِ {وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنْكُمْ، وَيَذَرُونَ أَزْوَاجًا} [البقرة: 234] مَا هُنَّ مِنَ الْأَزْوَاجِ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a dit : J'ai entendu al-Qāsim ibn Muḥammad dire que Yazīd ibn ʿAbd al-Malik sépara des hommes de leurs épouses : c'étaient des ummahāt al-awlād d'hommes qui étaient morts, et ils les avaient épousées après une ou deux menstrues. Il les sépara jusqu'à ce qu'elles aient observé une ʿidda de quatre mois et dix [jours]. Al-Qāsim ibn Muḥammad dit alors : « Gloire à Allah ! Allah dit dans Son Livre : "Ceux d'entre vous qui décèdent et laissent des épouses" [2 : 234]. Elles ne sont pas des épouses ! »

  135. 1303

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: «عِدَّةُ أُمِّ الْوَلَدِ إِذَا تُوُفِّيَ عَنْهَا سَيِّدُهَا حَيْضَةٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il a dit : « La ʿidda de l'umm walad, lorsque son maître décède, est d'une menstrue. »

  136. 1304

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «عِدَّةُ أُمِّ الْوَلَدِ إِذَا تُوُفِّيَ سَيِّدُهَا حَيْضَةٌ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهُوَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا» قَالَ مَالِكٌ: «فَإِنْ لَمْ تَكُنْ مِمَّنْ تَحِيضُ فَعِدَّتُهَا ثَلَاثَةُ أَشْهُرٍ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, qu'il disait : « La ʿidda de l'umm walad, lorsque son maître décède, est d'une menstrue. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. » Mālik a dit : « Si elle n'est pas de celles qui ont des menstrues, sa ʿidda est de trois mois. »

  137. La ʿidda de la femme esclave lorsque son mari ou son maître décèdeبَابُ عِدَّةِ الْأَمَةِ إِذَا تُوُفِّيَ عَنْهَا زَوْجُهَا أَوْ سَيِّدُهَا
  138. 1305

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ كَانَا يَقُولَانِ: «عِدَّةُ الْأَمَةِ إِذَا هَلَكَ عَنْهَا زَوْجُهَا شَهْرَانِ وَخَمْسُ لَيَالٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Saʿīd ibn al-Musayyib et Sulaymān ibn Yasār disaient : « La ʿidda de la femme esclave, lorsque son mari décède, est de deux mois et cinq nuits. »

  139. 1306

    قَالَ مَالِكٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ مِثْلَ ذَلِكَ قَالَ مَالِكٌ: «فِي الْعَبْدِ يُطَلِّقُ الْأَمَةَ طَلَاقًا لَمْ يَبُتَّهَا فِيهِ، لَهُ عَلَيْهَا فِيهِ الرَّجْعَةُ ثُمَّ يَمُوتُ وَهِيَ فِي عِدَّتِهَا مِنْ الطَّلَاقِ، إِنَّهَا تَعْتَدُّ عِدَّةَ الْأَمَةِ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا شَهْرَيْنِ وَخَمْسَ لَيَالٍ، وَإِنَّهَا إِنْ عَتَقَتْ وَلَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ، ثُمَّ لَمْ تَخْتَرْ فِرَاقَهُ حَتَّى يَمُوتَ، وَهِيَ فِي عِدَّتِهَا مِنْ طَلَاقِهِ اعْتَدَّتْ عِدَّةَ الْحُرَّةِ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا، وَذَلِكَ أَنَّهَا إِنَّمَا وَقَعَتْ عَلَيْهَا عِدَّةُ الْوَفَاةِ بَعْدَمَا عَتَقَتْ فَعِدَّتُهَا عِدَّةُ الْحُرَّةِ» قَالَ مَالِكٌ: «وهَذَا الْأَمْرُ عِنْدَنَا»

    Mālik a dit, d'après Ibn Shihāb, la même chose. Mālik a dit, au sujet de l'esclave qui répudie la femme esclave d'une répudiation non définitive, dans laquelle il garde sur elle le droit de reprise, puis meurt alors qu'elle est dans la ʿidda de la répudiation : « Elle observe la ʿidda de la femme esclave dont le mari est décédé, deux mois et cinq nuits. Et si elle est affranchie alors qu'il a sur elle un droit de reprise, puis qu'elle ne choisit pas de se séparer de lui jusqu'à ce qu'il meure, alors qu'elle est dans la ʿidda de sa répudiation, elle observe la ʿidda de la femme libre dont le mari est décédé, quatre mois et dix [jours]. Cela parce que la ʿidda du décès ne lui a incombé qu'après son affranchissement : sa ʿidda est donc celle de la femme libre. » Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. »

  140. Ce qui est rapporté sur le ʿazl [retrait avant l'émission]بَابُ مَا جَاءَ فِي الْعَزْلِ
  141. 1307

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ يَحْيَى بْنِ حَبَّانَ، عَنِ ابْنِ مُحَيْرِيزٍ، أَنَّهُ قَالَ: دَخَلْتُ الْمَسْجِدَ فَرَأَيْتُ أَبَا سَعِيدٍ الْخُدْرِيَّ فَجَلَسْتُ إِلَيْهِ، فَسَأَلْتُهُ عَنِ الْعَزْلِ؟ فَقَالَ أَبُو سَعِيدٍ الْخُدْرِيُّ: خَرَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزْوَةِ بَنِي الْمُصْطَلِقِ فَأَصَبْنَا سَبْيًا مِنْ سَبْيِ الْعَرَبِ، فَاشْتَهَيْنَا النِّسَاءَ، وَاشْتَدَّتْ عَلَيْنَا الْعُزْبَةُ، وَأَحْبَبْنَا الْفِدَاءَ، فَأَرَدْنَا أَنْ نَعْزِلَ، فَقُلْنَا نَعْزِلُ وَرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَ أَظْهُرِنَا قَبْلَ أَنْ نَسْأَلَهُ، فَسَأَلْنَاهُ عَنْ ذَلِكَ؟ فَقَالَ: «مَا عَلَيْكُمْ أَنْ لَا تَفْعَلُوا، مَا مِنْ نَسَمَةٍ كَائِنَةٍ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ إِلَّا وَهِيَ كَائِنَةٌ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥabbān, d'après Ibn Muḥayrīz, qu'il a dit : J'entrai dans la mosquée et je vis Abū Saʿīd al-Khudrī ; je m'assis auprès de lui et l'interrogeai sur le ʿazl. Abū Saʿīd al-Khudrī dit : Nous sortîmes avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour l'expédition des Banū al-Muṣṭaliq, et nous prîmes des captives parmi les captifs arabes. Nous désirâmes les femmes, le célibat nous pesait fort, et nous tenions à la rançon ; nous voulûmes donc pratiquer le ʿazl. Nous dîmes : « Pratiquerons-nous le ʿazl alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, est parmi nous, avant de l'interroger ? » Nous l'interrogeâmes donc à ce sujet, et il dit : « Vous n'êtes pas tenus de ne pas le faire : il n'est pas une âme devant exister jusqu'au Jour de la Résurrection qui ne vienne à l'existence. »

    Ainsi l'entend az-Zurqānī : il ne vous est pas imposé de vous en abstenir. Ibn ʿAbd al-Barr rapporte d'al-Ḥasan al-Baṣrī le sens contraire, celui d'une défense.

  142. 1308

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي النَّضْرِ، مَوْلَى عُمَرَ بْنِ عُبَيْدِ اللَّهِ، عَنْ عَامِرِ بْنِ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ، عَنْ أَبِيهِ أَنَّهُ: «كَانَ يَعْزِلُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū an-Naḍr, mawlā de ʿUmar ibn ʿUbayd Allāh, d'après ʿĀmir ibn Saʿd ibn Abī Waqqāṣ, d'après son père, qu'il pratiquait le ʿazl.

  143. 1309

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي النَّضْرِ مَوْلَى عُمَرَ بْنِ عُبَيْدِ اللَّهِ، عَنِ ابْنِ أَفْلَحَ مَوْلَى أَبِي أَيُّوبَ عَنْ أُمِّ وَلَدٍ لِأَبِي أَيُّوبَ أَنَّهُ: «كَانَ يَعْزِلُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū an-Naḍr, mawlā de ʿUmar ibn ʿUbayd Allāh, d'après Ibn Aflaḥ, mawlā d'Abū Ayyūb, d'après une umm walad d'Abū Ayyūb, qu'il pratiquait le ʿazl.

  144. 1310

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ: «كَانَ لَا يَعْزِلُ، وَكَانَ يَكْرَهُ الْعَزْلَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il ne pratiquait pas le ʿazl et qu'il réprouvait le ʿazl.

  145. 1311

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ضَمْرَةَ بْنِ سَعِيدٍ الْمَازِنِيِّ، عَنِ الْحَجَّاجِ بْنِ عَمْرِو بْنِ غَزِيَّةَ، أَنَّهُ كَانَ جَالِسًا عِنْدَ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ فَجَاءَهُ ابْنُ قَهْدٍ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ الْيَمَنِ، فَقَالَ يَا أَبَا سَعِيدٍ إِنَّ عِنْدِي جَوَارِيَ لَيْسَ نِسَائِي اللَّاتِي أُكِنُّ بِأَعْجَبَ إِلَيَّ مِنْهُنَّ، وَلَيْسَ كُلُّهُنَّ يُعْجِبُنِي، أَنْ تَحْمِلَ مِنِّي أَفَأَعْزِلُ، فَقَالَ زَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ: «أَفْتِهِ يَا حَجَّاجُ»، قَالَ فَقُلْتُ: «يَغْفِرُ اللَّهُ لَكَ، إِنَّمَا نَجْلِسُ عِنْدَكَ لِنَتَعَلَّمَ مِنْكَ»، قَالَ: أَفْتِهِ، قَالَ فَقُلْتُ: «هُوَ حَرْثُكَ إِنْ شِئْتَ سَقَيْتَهُ، وَإِنْ شِئْتَ أَعْطَشْتَهُ»، قَالَ: وَكُنْتُ أَسْمَعُ ذَلِكَ مِنْ زَيْدٍ، فَقَالَ زَيْدٌ: «صَدَقَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḍamra ibn Saʿīd al-Māzinī, d'après al-Ḥajjāj ibn ʿAmr ibn Ghaziyya, qu'il était assis auprès de Zayd ibn Thābit lorsque vint à lui Ibn Qahd, un homme du Yémen, qui dit : « Ô Abū Saʿīd, j'ai des esclaves femmes ; mes épouses, que je garde auprès de moi, ne me plaisent pas plus qu'elles, mais je ne souhaite pas que toutes portent un enfant de moi. Puis-je pratiquer le ʿazl ? » Zayd ibn Thābit dit : « Donne-lui l'avis, ô Ḥajjāj. » Je dis : « Qu'Allah te pardonne ! Nous ne nous asseyons auprès de toi que pour apprendre de toi. » Il dit : « Donne-lui l'avis. » Je dis alors : « C'est ton champ : si tu veux, tu l'arroses, et si tu veux, tu le laisses assoiffé. » Il dit : J'avais entendu cela de Zayd. Et Zayd dit : « Il a dit vrai. »

    Ibn Qahd : on lit aussi Ibn Fahd, que le qāḍī ʿIyāḍ tient pour plus juste.

  146. 1312

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ قَيْسٍ الْمَكِّيِّ، عَنْ رَجُلٍ يُقَالُ لَهُ ذَفِيفٌ، أَنَّهُ قَالَ: سُئِلَ ابْنُ عَبَّاسٍ عَنِ الْعَزْلِ فَدَعَا جَارِيَةً لَهُ، فَقَالَ: أَخْبِرِيهِمْ فَكَأَنَّهَا اسْتَحْيَتْ، فَقَالَ: هُوَ ذَلِكَ «أَمَّا أَنَا فَأَفْعَلُهُ» يَعْنِي أَنَّهُ يَعْزِلُ قَالَ مَالِكٌ لَا يَعْزِلُ الرَّجُلُ عَنِ الْمَرْأَةِ الْحُرَّةِ إِلَّا بِإِذْنِهَا وَلَا بَأْسَ أَنْ يَعْزِلَ عَنْ أَمَتِهِ بِغَيْرِ إِذْنِهَا قَالَ مَالِكٌ: وَمَنْ كَانَتْ تَحْتَهُ أَمَةُ قَوْمٍ فَلَا يَعْزِلُهَا إِلَّا بِإِذْنِهِمْ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḥumayd ibn Qays al-Makkī, d'après un homme appelé Dhafīf, qu'il a dit : Ibn ʿAbbās fut interrogé sur le ʿazl. Il appela une esclave à lui et dit : « Informe-les. » Elle parut en éprouver de la pudeur. Il dit : « C'est bien cela. Quant à moi, je le fais », voulant dire qu'il pratiquait le ʿazl. Mālik a dit : « L'homme ne pratique le ʿazl avec la femme libre qu'avec sa permission ; il n'y a pas de mal à ce qu'il le pratique avec sa propre esclave sans sa permission ; et celui qui a pour épouse l'esclave d'autrui ne pratique le ʿazl qu'avec la permission de ses maîtres. »

  147. Ce qui est rapporté sur l'iḥdād [deuil de la veuve]بَابُ مَا جَاءَ فِي الْإِحْدَادِ
  148. 1313

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ نَافِعٍ، عَنْ زَيْنَبَ بِنْتِ أَبِي سَلَمَةَ، أَنَّهَا أَخْبَرَتْهُ هَذِهِ الْأَحَادِيثَ الثَّلَاثَةَ: قَالَتْ زَيْنَبُ: دَخَلْتُ عَلَى أُمِّ حَبِيبَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ تُوُفِّيَ أَبُوهَا أَبُو سُفْيَانَ بْنُ حَرْبٍ، فَدَعَتْ أُمُّ حَبِيبَةَ بِطِيبٍ فِيهِ صُفْرَةٌ خَلُوقٌ أَوْ غَيْرُهُ فَدَهَنَتْ بِهِ جَارِيَةً ثُمَّ مَسَحَتْ بِعَارِضَيْهَا، ثُمَّ قَالَتْ: وَاللَّهِ مَا لِي بِالطِّيبِ حَاجَةٌ، غَيْرَ أَنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تُحِدَّ عَلَى مَيْتٍ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ، إِلَّا عَلَى زَوْجٍ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, d'après Ḥumayd ibn Nāfiʿ, d'après Zaynab bint Abī Salama, qu'elle l'a informé de ces trois récits. Zaynab dit : J'entrai chez Umm Ḥabība, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsque mourut son père Abū Sufyān ibn Ḥarb. Umm Ḥabība demanda un parfum mêlé de jaune, du khalūq ou autre ; elle en oignit une servante, puis s'en passa sur les joues, et dit : « Par Allah, je n'ai nul besoin de parfum, si ce n'est que j'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : "Il n'est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d'un mort plus de trois nuits, sauf pour un époux : quatre mois et dix [jours]." »

  149. 1314

    قَالَتْ زَيْنَبُ ثُمَّ دَخَلْتُ عَلَى زَيْنَبَ بِنْتِ جَحْشٍ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ تُوُفِّيَ أَخُوهَا، فَدَعَتْ بِطِيبٍ فَمَسَّتْ مِنْهُ، ثُمَّ قَالَتْ: وَاللَّهِ مَا لِي بِالطِّيبِ حَاجَةٌ، غَيْرَ أَنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ تُحِدُّ عَلَى مَيْتٍ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ، إِلَّا عَلَى زَوْجٍ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا»

    Zaynab dit : Puis j'entrai chez Zaynab bint Jaḥsh, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsque mourut son frère. Elle demanda un parfum, s'en mit, puis dit : « Par Allah, je n'ai nul besoin de parfum, si ce n'est que j'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : "Il n'est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d'un mort plus de trois nuits, sauf pour un époux : quatre mois et dix [jours]." »

  150. 1315

    قَالَتْ زَيْنَبُ: وَسَمِعْتُ أُمِّي أُمَّ سَلَمَةَ زَوْجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَقُولُ: جَاءَتِ امْرَأَةٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّ ابْنَتِي تُوُفِّيَ عَنْهَا زَوْجُهَا، وَقَدِ اشْتَكَتْ عَيْنَيْهَا أَفَتَكْحُلُهُمَا، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «لَا» مَرَّتَيْنِ أَوْ ثَلَاثًا كُلُّ ذَلِكَ يَقُولُ: «لَا» ثُمَّ قَالَ: " إِنَّمَا هِيَ {أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرٌ} [البقرة: 234]، وَقَدْ كَانَتْ إِحْدَاكُنَّ فِي الْجَاهِلِيَّةِ تَرْمِي بِالْبَعْرَةِ عَلَى رَأْسِ الْحَوْلِ " قَالَ حُمَيْدُ بْنُ نَافِعٍ: فَقُلْتُ لِزَيْنَبَ: وَمَا تَرْمِي بِالْبَعْرَةِ عَلَى رَأْسِ الْحَوْلِ؟ فَقَالَتْ زَيْنَبُ: «كَانَتِ الْمَرْأَةُ إِذَا تُوُفِّيَ عَنْهَا زَوْجُهَا، دَخَلَتْ حِفْشًا، وَلَبِسَتْ شَرَّ ثِيَابِهَا، وَلَمْ تَمَسَّ طِيبًا، وَلَا شَيْئًا حَتَّى يَمُرَّ بِهَا سَنَةٌ، ثُمَّ تُؤْتَى بِدَابَّةٍ حِمَارٍ أَوْ شَاةٍ أَوْ طَيْرٍ فَتَفْتَضُّ بِهِ، فَقَلَّمَا تَفْتَضُّ بِشَيْءٍ إِلَّا مَاتَ، ثُمَّ تَخْرُجُ فَتُعْطَى بَعْرَةً، فَتَرْمِي بِهَا، ثُمَّ تُرَاجِعُ بَعْدُ مَا شَاءَتْ مِنْ طِيبٍ أَوْ غَيْرِهِ» قَالَ مَالِكٌ: " الْحِفْشُ: الْبَيْتُ الرَّدِيءُ، وَتَفْتَضُّ تَمْسَحُ بِهِ جِلْدَهَا كَالنُّشْرَةِ "

    Zaynab dit : J'ai entendu ma mère Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : Une femme vint trouver le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : « Ô Messager d'Allah, le mari de ma fille est décédé et elle souffre des yeux. Peut-elle y appliquer du kohl ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Non », deux ou trois fois, disant chaque fois : « Non. » Puis il dit : « Ce n'est que quatre mois et dix [jours] [2 : 234], alors que, du temps de la Jāhiliyya, l'une de vous jetait la crotte au bout d'une année. » Ḥumayd ibn Nāfiʿ dit : Je demandai à Zaynab : « Que signifie "elle jetait la crotte au bout d'une année" ? » Zaynab répondit : « Lorsque le mari de la femme décédait, elle entrait dans un ḥifsh, revêtait ses plus mauvais vêtements et ne touchait ni parfum ni rien d'autre jusqu'à ce qu'une année se fût écoulée. Puis on lui amenait une bête, âne, brebis ou oiseau, et elle s'en frottait [taftaḍḍu bihi] ; il était rare qu'elle se frottât à un animal sans qu'il en mourût. Puis elle sortait, on lui donnait une crotte et elle la jetait. Ensuite elle revenait à ce qu'elle voulait, parfum ou autre. » Mālik a dit : « Le ḥifsh est la masure ; et taftaḍḍu signifie qu'elle s'en frotte la peau, à la manière d'une nushra. »

    Nushra : sorte d'incantation et de traitement que l'on appliquait à celui que l'on croyait atteint par les djinns, selon al-Khaṭṭābī.

  151. 1316

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ صَفِيَّةَ بِنْتِ أَبِي عُبَيْدٍ، عَنْ عَائِشَةَ وَحَفْصَةَ زَوْجَيِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ، أَنْ تُحِدَّ عَلَى مَيْتٍ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ، إِلَّا عَلَى زَوْجٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après Ṣafiyya bint Abī ʿUbayd, d'après ʿĀʾisha et Ḥafṣa, les deux épouses du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Il n'est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d'un mort plus de trois nuits, sauf pour un époux. »

  152. 1317

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ أُمَّ سَلَمَةَ زَوْجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَتْ لِامْرَأَةٍ حَادٍّ عَلَى زَوْجِهَا، اشْتَكَتْ عَيْنَيْهَا فَبَلَغَ ذَلِكَ مِنْهَا: «اكْتَحِلِي بِكُحْلِ الْجِلَاءِ بِاللَّيْلِ وَامْسَحِيهِ بِالنَّهَارِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à une femme en deuil de son mari, qui souffrait des yeux au point d'en être éprouvée : « Applique le kohl al-jilāʾ la nuit et essuie-le le jour. »

    Kohl al-jilāʾ : un kohl particulier, selon az-Zurqānī ; selon Ibn ʿAbd al-Barr, il s'agit ici du ṣabir [aloès], qui éclaircit la vue.

  153. 1318

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّهُمَا كَانَا يَقُولَانِ فِي الْمَرْأَةِ يُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا: إِنَّهَا «إِذَا خَشِيَتْ عَلَى بَصَرِهَا مِنْ رَمَدٍ، بِهَا، أَوْ شَكْوٍ أَصَابَهَا، إِنَّهَا تَكْتَحِلُ، وَتَتَدَاوَى بِدَوَاءٍ أَوْ كُحْلٍ وَإِنْ كَانَ فِيهِ طِيبٌ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا كَانَتِ الضَّرُورَةُ فَإِنَّ دِينَ اللَّهِ يُسْرٌ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, de Sālim ibn ʿAbd Allāh et de Sulaymān ibn Yasār, qu'ils disaient, au sujet de la femme dont le mari est décédé : « Si elle craint pour sa vue en raison d'une ophtalmie ou d'un mal qui l'a atteinte, elle applique du kohl et se soigne par un remède ou un kohl, même s'il contient du parfum. » Mālik a dit : « Lorsqu'il y a nécessité, la religion d'Allah est facilité. »

  154. 1319

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ صَفِيَّةَ بِنْتَ أَبِي عُبَيْدٍ اشْتَكَتْ عَيْنَيْهَا، وَهِيَ حَادٌّ عَلَى زَوْجِهَا عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ: «فَلَمْ تَكْتَحِلْ حَتَّى كَادَتْ عَيْنَاهَا تَرْمَضَانِ» قَالَ مَالِكٌ: «تَدَّهِنُ الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا، بِالزَّيْتِ وَالشَّبْرَقِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ إِذَا لَمْ يَكُنْ فِيهِ طِيبٌ» قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا تَلْبَسُ الْمَرْأَةُ الْحَادُّ عَلَى زَوْجِهَا شَيْئًا مِنَ الْحَلْيِ: خَاتَمًا وَلَا خَلْخَالًا وَلَا غَيْرَ ذَلِكَ مِنَ الْحَلْيِ، وَلَا تَلْبَسُ شَيْئًا مِنَ الْعَصْبِ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ عَصْبًا غَلِيظًا، وَلَا تَلْبَسُ ثَوْبًا مَصْبُوغًا بِشَيْءٍ مِنَ الصِّبْغِ إِلَّا بِالسَّوَادِ، وَلَا تَمْتَشِطُ إِلَّا بِالسِّدْرِ، أَوْ مَا أَشْبَهَهُ مِمَّا لَا يَخْتَمِرُ فِي رَأْسِهَا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que Ṣafiyya bint Abī ʿUbayd souffrit des yeux alors qu'elle était en deuil de son mari ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ; elle n'appliqua pas de kohl, au point que ses yeux faillirent s'enflammer [de douleur]. Mālik a dit : « La femme dont le mari est décédé s'enduit d'huile d'olive, de shabraq [huile de sésame] et de ce qui y ressemble, s'il ne s'y trouve pas de parfum. » Mālik a dit : « La femme en deuil de son mari ne porte aucun bijou, ni bague, ni anneau de cheville, ni autre bijou. Elle ne porte rien en ʿaṣb [étoffe rayée du Yémen], sauf s'il s'agit d'un ʿaṣb grossier. Elle ne porte pas de vêtement teint d'une quelconque teinture, sauf en noir. Elle ne se peigne qu'avec du sidr [feuilles de jujubier] ou ce qui y ressemble, parmi ce qui n'imprègne pas sa chevelure. »

    Une autre édition du texte porte « تَرْمَصَانِ » [se couvrir de chassie] et « الشَّيْرَقِ » [shayraq].

  155. 1320

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ: أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَى أُمِّ سَلَمَةَ، وَهِيَ حَادٌّ عَلَى أَبِي سَلَمَةَ، وَقَدْ جَعَلَتْ عَلَى عَيْنَيْهَا صَبِرًا، فَقَالَ: " مَا هَذَا يَا أُمَّ سَلَمَةَ؟ قَالَتْ: إِنَّمَا هُوَ صَبِرٌ يَا رَسُولَ اللَّهِ، قَالَ: «اجْعَلِيهِ بِاللَّيْلِ وَامْسَحِيهِ بِالنَّهَارِ» قَالَ مَالِكٌ: «الْإِحْدَادُ عَلَى الصَّبِيَّةِ الَّتِي لَمْ تَبْلُغِ الْمَحِيضَ، كَهَيْئَتِهِ عَلَى الَّتِي قَدْ بَلَغَتِ الْمَحِيضَ، تَجْتَنِبُ مَا تَجْتَنِبُ الْمَرْأَةُ الْبَالِغَةُ إِذَا هَلَكَ عَنْهَا زَوْجُهَا» قَالَ مَالِكٌ: «تُحِدُّ الْأَمَةُ إِذَا تُوُفِّيَ عَنْهَا زَوْجُهَا شَهْرَيْنِ وَخَمْسَ لَيَالٍ مِثْلَ عِدَّتِهَا» قَالَ مَالِكٌ: «لَيْسَ عَلَى أُمِّ الْوَلَدِ إِحْدَادٌ، إِذَا هَلَكَ عَنْهَا سَيِّدُهَا، وَلَا عَلَى أَمَةٍ يَمُوتُ عَنْهَا سَيِّدُهَا إِحْدَادٌ، وَإِنَّمَا الْإِحْدَادُ عَلَى ذَوَاتِ الْأَزْوَاجِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra chez Umm Salama alors qu'elle était en deuil d'Abū Salama et qu'elle s'était mis du ṣabir [aloès] sur les yeux. Il dit : « Qu'est-ce que cela, ô Umm Salama ? » Elle répondit : « Ce n'est que du ṣabir, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Mets-le la nuit et essuie-le le jour. » Mālik a dit : « Le deuil de la fillette qui n'a pas atteint l'âge des menstrues est semblable à celui de la femme qui l'a atteint : elle évite ce qu'évite la femme pubère lorsque son mari décède. » Mālik a dit : « La femme esclave, lorsque son mari décède, porte le deuil deux mois et cinq nuits, à l'égal de sa ʿidda. » Mālik a dit : « L'umm walad n'est pas tenue au deuil lorsque son maître décède, ni la femme esclave dont le maître meurt : le deuil n'incombe qu'à celles qui ont un époux. »

  156. 1321

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ أُمَّ سَلَمَةَ زَوْجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَتْ تَقُولُ: «تَجْمَعُ الْحَادُّ رَأْسَهَا بِالسِّدْرِ وَالزَّيْتِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, disait : « La femme en deuil coiffe sa chevelure avec du sidr et de l'huile. »

Autres ouvrages

al-Mukhtaṣar, al-Akhḍarīal-Muqaddima al-ʿIzziyya, al-Manūfīal-Mukhtaṣar, Khalīl