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الموطأ

al-Muwaṭṭaʾ, Mālik ibn Anas

· IIe s. h.
Avancé

Le Muwaṭṭaʾ de l’imām Mālik ibn Anas (m. 179 h), qu’Allah lui fasse miséricorde, réunit des hadiths du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, des paroles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis, la pratique des gens de Médine et les avis de l’imām lui-même, classés par livres et par chapitres de fiqh. Il est donné ici dans la riwāya de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī.

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Les ventesكِتَابُ الْبُيُوعِ

  1. Ce qui est rapporté sur la vente à arrhes [bayʿ al-ʿurbān]بَابُ مَا جَاءَ فِي بَيْعِ الْعُرْبَانِ
  2. 1341

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ الثِّقَةِ، عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ جَدِّهِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الْعُرْبَانِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ فِيمَا نُرَى، وَاللَّهُ أَعْلَمُ، أَنْ يَشْتَرِيَ الرَّجُلُ الْعَبْدَ أَوِ الْوَلِيدَةَ أَوْ يَتَكَارَى الدَّابَّةَ، ثُمَّ يَقُولُ لِلَّذِي اشْتَرَى مِنْهُ أَوْ تَكَارَى مِنْهُ أُعْطِيكَ دِينَارًا، أَوْ دِرْهَمًا، أَوْ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ أَوْ أَقَلَّ، عَلَى أَنِّي إِنْ أَخَذْتُ السِّلْعَةَ أَوْ رَكِبْتُ مَا تَكَارَيْتُ مِنْكَ، فَالَّذِي أَعْطَيْتُكَ هُوَ مِنْ ثَمَنِ السِّلْعَةِ أَوْ مِنْ كِرَاءِ الدَّابَّةِ، وَإِنْ تَرَكْتُ ابْتِيَاعَ السِّلْعَةِ أَوْ كِرَاءَ الدَّابَّةِ، فَمَا أَعْطَيْتُكَ لَكَ بَاطِلٌ بِغَيْرِ شَيْءٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِأَنْ يَبْتَاعَ الْعَبْدَ التَّاجِرَ الْفَصِيحَ، بِالْأَعْبُدِ مِنَ الْحَبَشَةِ أَوْ مِنْ جِنْسٍ مِنَ الْأَجْنَاسِ، لَيْسُوا مِثْلَهُ فِي الْفَصَاحَةِ، وَلَا فِي التِّجَارَةِ، وَالنَّفَاذِ وَالْمَعْرِفَةِ لَا بَأْسَ بِهَذَا أَنْ يَشْتَرِيَ مِنْهُ الْعَبْدَ بِالْعَبْدَيْنِ، أَوْ بِالْأَعْبُدِ إِلَى أَجَلٍ مَعْلُومٍ، إِذَا اخْتَلَفَ فَبَانَ اخْتِلَافُهُ، فَإِنْ أَشْبَهَ بَعْضُ ذَلِكَ بَعْضًا حَتَّى يَتَقَارَبَ، فَلَا تَأْخُذَنْ مِنْهُ اثْنَيْنِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ. وَإِنِ اخْتَلَفَتْ أَجْنَاسُهُمْ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ بِأَنْ تَبِيعَ مَا اشْتَرَيْتَ مِنْ ذَلِكَ، قَبْلَ أَنْ تَسْتَوْفِيَهُ إِذَا انْتَقَدْتَ ثَمَنَهُ، مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهِ الَّذِي اشْتَرَيْتَهُ مِنْهُ» قَالَ مَالِكٌ: «لَا يَنْبَغِي أَنْ يُسْتَثْنَى جَنِينٌ فِي بَطْنِ أُمِّهِ، إِذَا بِيعَتْ لِأَنَّ ذَلِكَ غَرَرٌ لَا يُدْرَى أَذَكَرٌ هُوَ أَمْ أُنْثَى؟ أَوْ حَسَنٌ أَوْ قَبِيحٌ؟ أَوْ نَاقِصٌ أَوْ تَامٌّ؟ أَوْ حَيٌّ أَوْ مَيْتٌ؟ وَذَلِكَ يَضَعُ مِنْ ثَمَنِهَا» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يَبْتَاعُ الْعَبْدَ أَوِ الْوَلِيدَةَ بِمِائَةِ دِينَارٍ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يَنْدَمُ الْبَائِعُ فَيَسْأَلُ الْمُبْتَاعَ أَنْ يُقِيلَهُ بِعَشَرَةِ دَنَانِيرَ يَدْفَعُهَا إِلَيْهِ نَقْدًا أَوْ إِلَى أَجَلٍ، وَيَمْحُو عَنْهُ الْمِائَةَ دِينَارٍ الَّتِي لَهُ» قَالَ مَالِكٌ: «لَا بَأْسَ بِذَلِكَ، وَإِنْ نَدِمَ الْمُبْتَاعُ، فَسَأَلَ الْبَائِعَ أَنْ يُقِيلَهُ فِي الْجَارِيَةِ أَوِ الْعَبْدِ وَيَزِيدَهُ عَشَرَةَ دَنَانِيرَ نَقْدًا، أَوْ إِلَى أَجَلٍ أَبْعَدَ مِنَ الْأَجَلِ الَّذِي اشْتَرَى إِلَيْهِ الْعَبْدَ أَوِ الْوَلِيدَةَ، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَنْبَغِي، وَإِنَّمَا كَرِهَ ذَلِكَ لِأَنَّ الْبَائِعَ كَأَنَّهُ بَاعَ مِنْهُ مِائَةَ دِينَارٍ لَهُ إِلَى سَنَةٍ، قَبْلَ أَنْ تَحِلَّ بِجَارِيَةٍ، وَبِعَشَرَةِ دَنَانِيرَ نَقْدًا أَوْ إِلَى أَجَلٍ أَبْعَدَ مِنَ السَّنَةٍ، فَدَخَلَ فِي ذَلِكَ بَيْعُ الذَّهَبِ بِالذَّهَبِ إِلَى أَجَلٍ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يَبِيعُ مِنَ الرَّجُلِ الْجَارِيَةَ بِمِائَةِ دِينَارٍ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يَشْتَرِيهَا بِأَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ الثَّمَنِ الَّذِي بَاعَهَا بِهِ، إِلَى أَبْعَدَ مِنْ ذَلِكَ الْأَجَلِ الَّذِي بَاعَهَا إِلَيْهِ، إِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ، وَتَفْسِيرُ مَا كَرِهَ مِنْ ذَلِكَ، أَنْ يَبِيعَ الرَّجُلُ الْجَارِيَةَ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يَبْتَاعُهَا إِلَى أَجَلٍ أَبْعَدَ مِنْهُ يَبِيعُهَا بِثَلَاثِينَ دِينَارًا إِلَى شَهْرٍ، ثُمَّ يَبْتَاعُهَا بِسِتِّينَ دِينَارًا إِلَى سَنَةٍ، أَوْ إِلَى نِصْفِ سَنَةٍ، فَصَارَ إِنْ رَجَعَتْ إِلَيْهِ سِلْعَتُهُ بِعَيْنِهَا، وَأَعْطَاهُ صَاحِبُهُ ثَلَاثِينَ دِينَارًا إِلَى شَهْرٍ بِسِتِّينَ دِينَارًا إِلَى سَنَةٍ أَوْ إِلَى نِصْفِ سَنَةٍ فَهَذَا لَا يَنْبَغِي»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après l'homme digne de confiance, d'après ʿAmr ibn Shuʿayb, d'après son père, d'après son grand-père, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente à arrhes. Mālik a dit : « Cela consiste, selon ce que nous pensons, et Allah est plus savant, en ce que l'homme achète l'esclave homme ou femme, ou loue la monture, puis dise à celui à qui il a acheté ou loué : "Je te donne un dīnār, ou un dirham, ou plus ou moins que cela, à condition que, si je prends la marchandise ou si je monte ce que je t'ai loué, ce que je t'ai donné fasse partie du prix de la marchandise ou du loyer de la monture, et que, si je renonce à l'achat de la marchandise ou à la location de la monture, ce que je t'ai donné te reste acquis, sans contrepartie." » Mālik a dit : « La règle chez nous est qu'il n'y a pas de mal à acheter l'esclave commerçant, à la langue déliée, contre plusieurs esclaves d'Abyssinie ou de quelque autre race, qui ne l'égalent ni dans l'aisance de la langue, ni dans le commerce, ni dans l'habileté et le savoir-faire. Il n'y a pas de mal à ce que l'on achète ainsi un esclave contre deux esclaves, ou contre plusieurs, à terme connu, dès lors qu'ils diffèrent et que leur différence est manifeste. Mais si les uns ressemblent aux autres au point d'être proches, n'en prends pas deux contre un à terme, même si leurs races diffèrent. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de mal à ce que tu vendes ce que tu as ainsi acheté, avant d'en avoir pris livraison, à un autre que celui à qui tu l'as acheté, pourvu que tu en reçoives le prix comptant. » Mālik a dit : « Il ne convient pas d'excepter [de la vente] l'enfant qui est dans le ventre de sa mère lorsqu'elle est vendue, car c'est un aléa [gharar] : on ne sait s'il est mâle ou femelle, beau ou laid, incomplet ou complet, vivant ou mort ; et cela diminue le prix de la mère. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui achète l'esclave homme ou femme pour cent dīnār à terme, puis le vendeur regrette et demande à l'acheteur de résilier la vente [iqāla] moyennant dix dīnār qu'il lui verse comptant ou à terme, en effaçant les cent dīnār qui lui sont dus : « Il n'y a pas de mal à cela. Mais si c'est l'acheteur qui regrette et demande au vendeur de résilier la vente de l'esclave, femme ou homme, en lui ajoutant dix dīnār comptant ou à un terme plus éloigné que celui auquel il avait acheté l'esclave, cela ne convient pas. Cela n'a été réprouvé que parce que le vendeur est comme s'il lui avait vendu cent dīnār qui lui étaient dus à un an, avant leur échéance, contre une esclave et dix dīnār comptant ou à un terme plus éloigné que l'année : il entre alors là la vente d'or contre or à terme. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui vend à un autre une esclave pour cent dīnār à terme, puis la rachète pour un prix supérieur à celui auquel il l'a vendue, à un terme plus éloigné que celui auquel il l'a vendue : « Cela n'est pas valable. L'explication de ce qui est réprouvé là est que l'homme vende l'esclave à terme, puis la rachète à un terme plus éloigné : il la vend trente dīnār à un mois, puis la rachète soixante dīnār à un an ou à six mois. Il en résulte que sa marchandise elle-même lui est revenue, et que son partenaire lui a donné trente dīnār à un mois contre soixante dīnār à un an ou à six mois. Cela ne convient pas. »

  3. Le bien de l'esclaveبَابُ مَالِ الْمَمْلُوكِ
  4. 1342

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «مَنْ بَاعَ عَبْدًا، وَلَهُ مَالٌ، فَمَالُهُ لِلْبَائِعِ، إِلَّا أَنْ يَشْتَرِطَهُ الْمُبْتَاعُ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّ الْمُبْتَاعَ إِنِ اشْتَرَطَ مَالَ الْعَبْدِ فَهُوَ لَهُ نَقْدًا كَانَ أَوْ دَيْنًا، أَوْ عَرْضًا يُعْلَمُ ذَلِكَ أَوْ لَا يُعْلَمُ، وَإِنْ كَانَ لِلْعَبْدِ مِنَ الْمَالِ أَكْثَرُ مِمَّا اشْتَرَى بِهِ، كَانَ ثَمَنُهُ نَقْدًا أَوْ دَيْنًا أَوْ عَرْضًا، وَذَلِكَ أَنَّ مَالَ الْعَبْدِ لَيْسَ عَلَى سَيِّدِهِ فِيهِ زَكَاةٌ، وَإِنْ كَانَتْ لِلْعَبْدِ جَارِيَةٌ اسْتَحَلَّ فَرْجَهَا، بِمِلْكِهِ إِيَّاهَا، وَإِنْ عَتَقَ الْعَبْدُ أَوْ كَاتَبَ تَبِعَهُ مَالُهُ، وَإِنْ أَفْلَسَ أَخَذَ الْغُرَمَاءُ مَالَهُ، وَلَمْ يُتَّبَعْ سَيِّدُهُ بِشَيْءٍ مِنْ دَيْنِهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Celui qui vend un esclave possédant un bien, ce bien revient au vendeur, sauf si l'acheteur le stipule. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que, si l'acheteur stipule le bien de l'esclave, ce bien lui appartient, qu'il soit en numéraire, en créance ou en marchandise, qu'il soit connu ou non, et même si l'esclave possède un bien supérieur au prix auquel il a été acheté, que ce prix soit en numéraire, en créance ou en marchandise. Cela parce que le bien de l'esclave n'est pas soumis, à la charge de son maître, à la zakāt [aumône légale]. Si l'esclave possède une esclave, il lui est licite d'avoir des rapports avec elle du fait qu'il la possède. Si l'esclave est affranchi ou conclut un contrat d'affranchissement [kitāba], son bien le suit. Et s'il devient insolvable, les créanciers prennent son bien, et son maître n'est poursuivi pour rien de sa dette. »

  5. La garantie [ʿuhda]بَابُ الْعُهْدَةِ
  6. 1343

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ، أَنَّ أَبَانَ بْنَ عُثْمَانَ وَهِشَامَ بْنَ إِسْمَاعِيلَ: «كَانَا يَذْكُرَانِ فِي خُطْبَتِهِمَا عُهْدَةَ الرَّقِيقِ فِي الْأَيَّامِ الثَّلَاثَةِ، مِنْ حِينِ يُشْتَرَى الْعَبْدُ أَوِ الْوَلِيدَةُ، وَعُهْدَةَ السَّنَةِ» قَالَ مَالِكٌ: «مَا أَصَابَ الْعَبْدُ أَوِ الْوَلِيدَةُ فِي الْأَيَّامِ الثَّلَاثَةِ، مِنْ حِينِ يُشْتَرَيَانِ حَتَّى تَنْقَضِيَ الْأَيَّامُ الثَّلَاثَةُ، فَهُوَ مِنَ الْبَائِعِ، وَإِنَّ عُهْدَةَ السَّنَةِ مِنَ الْجُنُونِ، وَالْجُذَامِ وَالْبَرَصِ، فَإِذَا مَضَتِ السَّنَةُ فَقَدْ بَرِئَ الْبَائِعُ مِنَ الْعُهْدَةِ كُلِّهَا وَمَنْ بَاعَ عَبْدًا أَوْ وَلِيدَةً مِنْ أَهْلِ الْمِيرَاثِ، أَوْ غَيْرِهِمْ بِالْبَرَاءَةِ، فَقَدْ بَرِئَ مِنْ كُلِّ عَيْبٍ، وَلَا عُهْدَةَ عَلَيْهِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ عَلِمَ عَيْبًا فَكَتَمَهُ، فَإِنْ كَانَ عَلِمَ عَيْبًا فَكَتَمَهُ، لَمْ تَنْفَعْهُ الْبَرَاءَةُ، وَكَانَ ذَلِكَ الْبَيْعُ مَرْدُودًا، وَلَا عُهْدَةَ عِنْدَنَا إِلَّا فِي الرَّقِيقِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, qu'Abān ibn ʿUthmān et Hishām ibn Ismāʿīl mentionnaient dans leur sermon la garantie des esclaves pendant les trois jours, à compter de l'achat de l'esclave homme ou femme, ainsi que la garantie de l'année. Mālik a dit : « Ce qui atteint l'esclave homme ou femme pendant les trois jours, depuis leur achat jusqu'à l'expiration des trois jours, est à la charge du vendeur. La garantie de l'année couvre la folie, la lèpre [judhām] et le baraṣ [taches blanches de la peau]. Lorsque l'année est écoulée, le vendeur est dégagé de toute garantie. Celui qui, héritier ou autre, vend un esclave homme ou femme avec clause de non-garantie [barāʾa] est dégagé de tout vice et n'est tenu à aucune garantie, sauf s'il connaissait un vice et l'a dissimulé. S'il connaissait un vice et l'a dissimulé, la clause de non-garantie ne lui profite pas et cette vente est annulée. Il n'y a de garantie [ʿuhda], chez nous, que pour les esclaves. »

  7. Le vice chez l'esclaveبَابُ الْعَيْبِ فِي الرَّقِيقِ
  8. 1344

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ بَاعَ غُلَامًا لَهُ بِثَمَانِمِائَةِ دِرْهَمٍ، وَبَاعَهُ بِالْبَرَاءَةِ فَقَالَ الَّذِي ابْتَاعَهُ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ: بِالْغُلَامِ دَاءٌ لَمْ تُسَمِّهِ لِي، فَاخْتَصَمَا إِلَى عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ، فَقَالَ الرَّجُلُ: بَاعَنِي عَبْدًا، وَبِهِ دَاءٌ لَمْ يُسَمِّهِ لِي، وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: «بِعْتُهُ بِالْبَرَاءَةِ»، فَقَضَى عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ، عَلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنْ يَحْلِفَ لَهُ لَقَدْ بَاعَهُ الْعَبْدَ، وَمَا بِهِ دَاءٌ يَعْلَمُهُ، فَأَبَى عَبْدُ اللَّهِ أَنْ يَحْلِفَ، وَارْتَجَعَ الْعَبْدَ، فَصَحَّ عِنْدَهُ، فَبَاعَهُ عَبْدُ اللَّهِ بَعْدَ ذَلِكَ بِأَلْفٍ وَخَمْسِمِائَةِ دِرْهَمٍ " قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّ كُلَّ مَنِ ابْتَاعَ وَلِيدَةً فَحَمَلَتْ، أَوْ عَبْدًا فَأَعْتَقَهُ. وَكُلَّ أَمْرٍ دَخَلَهُ الْفَوَاتُ حَتَّى لَا يُسْتَطَاعَ رَدُّهُ، فَقَامَتِ الْبَيِّنَةُ، إِنَّهُ قَدْ كَانَ بِهِ عَيْبٌ عِنْدَ الَّذِي بَاعَهُ. أَوْ عُلِمَ ذَلِكَ بِاعْتِرَافٍ أَوْ غَيْرِهِ. فَإِنَّ الْعَبْدَ أَوِ الْوَلِيدَةَ يُقَوَّمُ وَبِهِ الْعَيْبُ الَّذِي كَانَ بِهِ يَوْمَ اشْتَرَاهُ. فَيُرَدُّ مِنَ الثَّمَنِ قَدْرُ مَا بَيْنَ قِيمَتِهِ صَحِيحًا وَقِيمَتِهِ وَبِهِ ذَلِكَ الْعَيْبُ» قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا فِي الرَّجُلِ يَشْتَرِي الْعَبْدَ، ثُمَّ يَظْهَرُ مِنْهُ عَلَى عَيْبٍ يَرُدُّهُ مِنْهُ، وَقَدْ حَدَثَ بِهِ عِنْدَ الْمُشْتَرِي عَيْبٌ آخَرُ: إِنَّهُ إِذَا كَانَ الْعَيْبُ الَّذِي حَدَثَ بِهِ مُفْسِدًا، مِثْلُ الْقَطْعِ أَوِ الْعَوَرِ أَوْ مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْعُيُوبِ الْمُفْسِدَةِ. فَإِنَّ الَّذِي اشْتَرَى الْعَبْدَ بِخَيْرِ النَّظَرَيْنِ. إِنْ أَحَبَّ أَنْ يُوضَعَ عَنْهُ مِنْ ثَمَنِ الْعَبْدِ، بِقَدْرِ الْعَيْبِ الَّذِي كَانَ بِالْعَبْدِ يَوْمَ اشْتَرَاهُ، وُضِعَ عَنْهُ. وَإِنْ أَحَبَّ أَنْ يَغْرَمَ قَدْرَ مَا أَصَابَ الْعَبْدَ عِنْدَهُ، ثُمَّ يَرُدُّ الْعَبْدَ، فَذَلِكَ لَهُ. وَإِنْ مَاتَ الْعَبْدُ عِنْدَ الَّذِي اشْتَرَاهُ، أُقِيمَ الْعَبْدُ وَبِهِ الْعَيْبُ الَّذِي كَانَ بِهِ يَوْمَ اشْتَرَاهُ. فَيُنْظَرُ كَمْ ثَمَنُهُ؟ فَإِنْ كَانَتْ قِيمَةُ الْعَبْدِ يَوْمَ اشْتَرَاهُ بِغَيْرِ عَيْبٍ، مِائَةَ دِينَارٍ. وَقِيمَتُهُ يَوْمَ اشْتَرَاهُ وَبِهِ الْعَيْبُ، ثَمَانُونَ دِينَارًا وُضِعَ عَنِ الْمُشْتَرِي مَا بَيْنَ الْقِيمَتَيْنِ. وَإِنَّمَا تَكُونُ الْقِيمَةُ يَوْمَ اشْتُرِيَ الْعَبْدُ " قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّهُ مَنْ رَدَّ وَلِيدَةً مِنْ عَيْبٍ وَجَدَهُ بِهَا، وَقَدْ أَصَابَهَا: أَنَّهَا إِنْ كَانَتْ بِكْرًا فَعَلَيْهِ مَا نَقَصَ مِنْ ثَمَنِهَا، وَإِنْ كَانَتْ ثَيِّبًا فَلَيْسَ عَلَيْهِ فِي إِصَابَتِهِ إِيَّاهَا شَيْءٌ، لِأَنَّهُ كَانَ ضَامِنًا لَهَا " قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، فِيمَنْ بَاعَ عَبْدًا أَوْ وَلِيدَةً أَوْ حَيَوَانًا بِالْبَرَاءَةِ، مِنْ أَهْلِ الْمِيرَاثِ أَوْ غَيْرِهِمْ. فَقَدْ بَرِئَ مِنْ كُلِّ عَيْبٍ فِيمَا بَاعَ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ عَلِمَ فِي ذَلِكَ عَيْبًا فَكَتَمَهُ. فَإِنْ كَانَ عَلِمَ عَيْبًا فَكَتَمَهُ. لَمْ تَنْفَعْهُ تَبْرِئَتُهُ. وَكَانَ مَا بَاعَ مَرْدُودًا عَلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: فِي الْجَارِيَةِ تُبَاعُ بِالْجَارِيتَيْنِ، ثُمَّ يُوجَدُ بِإِحْدَى الْجَارِيَتَيْنِ عَيْبٌ تُرَدُّ مِنْهُ. قَالَ: «تُقَامُ الْجَارِيَةُ الَّتِي كَانَتْ قِيمَةَ الْجَارِيَتَيْنِ فَيُنْظَرُ كَمْ ثَمَنُهَا؟ ثُمَّ تُقَامُ الْجَارِيتَانِ بِغَيْرِ الْعَيْبِ الَّذِي وُجِدَ بِإِحْدَاهُمَا، تُقَامَانِ صَحِيحَتَيْنِ سَالِمَتَيْنِ. ثُمَّ يُقْسَمُ ثَمَنُ الْجَارِيَةِ الَّتِي بِيعَتْ بِالْجَارِيتَيْنِ عَلَيْهِمَا، بِقَدْرِ ثَمَنِهِمَا. حَتَّى تَقَعَ عَلَى كُلِّ وَاحِدَةٍ مِنْهُمَا حِصَّتُهَا مِنْ ذَلِكَ. عَلَى الْمُرْتَفِعَةِ بِقَدْرِ ارْتِفَاعِهَا. وَعَلَى الْأُخْرَى بِقَدْرِهَا. ثُمَّ يُنْظَرُ إِلَى الَّتِي بِهَا الْعَيْبُ فَيُرَدُّ بِقَدْرِ الَّذِي وَقَعَ عَلَيْهَا مِنْ تِلْكَ الْحِصَّةِ. إِنْ كَانَتْ كَثِيرَةً أَوْ قَلِيلَةً. وَإِنَّمَا تَكُونُ قِيمَةُ الْجَارِيَتَيْنِ عَلَيْهِ يَوْمَ قَبْضِهِمَا» قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ يَشْتَرِي الْعَبْدَ فَيُؤَاجِرُهُ بِالْإِجَارَةِ الْعَظِيمَةِ، أَوِ الْغَلَّةِ. ثُمَّ يَجِدُ بِهِ عَيْبًا يُرَدُّ مِنْهُ: «إِنَّهُ يَرُدُّهُ بِذَلِكَ الْعَيْبِ. وَتَكُونُ لَهُ إِجَارَتُهُ وَغَلَّتُهُ. وَذَلِكَ الْأَمْرُ الَّذِي كَانَتْ عَلَيْهِ الْجَمَاعَةُ بِبَلَدِنَا. وَذَلِكَ لَوْ أَنَّ رَجُلًا ابْتَاعَ عَبْدًا، فَبَنَى لَهُ دَارًا قِيمَةُ بُنْيَانِهَا ثَمَنُ الْعَبْدِ أَضْعَافًا. ثُمَّ يُوجَدُ بِهِ عَيْبٌ يُرَدُّ مِنْهُ، رَدَّهُ. وَلَا يُحْسَبُ لِلْعَبْدِ عَلَيْهِ إِجَارَةٌ فِيمَا عَمِلَ لَهُ. فَكَذَلِكَ تَكُونُ لَهُ إِجَارَتُهُ، إِذَا آجَرَهُ مِنْ غَيْرِهِ. لِأَنَّهُ ضَامِنٌ لَهُ. قَالَ: وَهَذَا الْأَمْرُ عِنْدَنَا» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا، فِيمَنِ ابْتَاعَ رَقِيقًا فِي صَفْقَةٍ وَاحِدَةٍ. فَوَجَدَ فِي ذَلِكَ الرَّقِيقِ عَبْدًا مَسْرُوقًا. أَوْ وَجَدَ بِعَبْدٍ مِنْهُمْ عَيْبًا. قَالَ يُنْظَرُ فِيمَا وُجِدَ مَسْرُوقًا. أَوْ وَجَدَ بِهِ عَيْبًا فَإِنْ كَانَ هُوَ وَجْهَ ذَلِكَ الرَّقِيقِ. أَوْ أَكْثَرَهُ ثَمَنًا. أَوْ مِنْ أَجْلِهِ اشْتَرَى وَهُوَ الَّذِي فِيهِ الْفَضْلُ لَوْ سَلِمَ فِيمَا يَرَى النَّاسُ. كَانَ ذَلِكَ الْبَيْعُ مَرْدُودًا كُلُّهُ. وَإِنْ كَانَ الَّذِي وُجِدَ مَسْرُوقًا. أَوْ وُجِدَ بِهِ الْعَيْبُ مِنْ ذَلِكَ الرَّقِيقِ فِي الشَّيْءِ الْيَسِيرِ مِنْهُ. لَيْسَ هُوَ وَجْهَ ذَلِكَ الرَّقِيقِ. وَلَا مِنْ أَجْلِهِ اشْتُرِيَ. وَلَا فِيهِ الْفَضْلُ فِيمَا يَرَى النَّاسُ. رُدَّ ذَلِكَ الَّذِي وُجِدَ بِهِ الْعَيْبُ. أَوْ وُجِدَ مَسْرُوقًا بِعَيْنِهِ، بِقَدْرِ قِيمَتِهِ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي اشْتَرَى بِهِ أُولَئِكَ الرَّقِيقَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Sālim ibn ʿAbd Allāh, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar vendit un jeune esclave à lui pour huit cents dirhams, et le vendit avec clause de non-garantie. Celui qui l'avait acheté dit à ʿAbd Allāh ibn ʿUmar : « Cet esclave a un mal que tu ne m'as pas nommé. » Ils portèrent leur litige devant ʿUthmān ibn ʿAffān. L'homme dit : « Il m'a vendu un esclave atteint d'un mal qu'il ne m'a pas nommé. » ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Je l'ai vendu avec clause de non-garantie. » ʿUthmān ibn ʿAffān jugea que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar devait lui jurer qu'il lui avait vendu l'esclave sans que celui-ci eût un mal dont il eût connaissance. ʿAbd Allāh refusa de jurer et reprit l'esclave, qui recouvra la santé chez lui ; ʿAbd Allāh le vendit ensuite pour mille cinq cents dirhams. Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que quiconque achète une esclave qui devient enceinte, ou un esclave qu'il affranchit, et de même pour toute chose atteinte d'un fait irréversible [fawāt] tel qu'on ne peut plus la restituer, puis la preuve est établie qu'il s'y trouvait un vice chez celui qui l'a vendu, ou cela est connu par un aveu ou autrement : l'esclave, homme ou femme, est évalué avec le vice qu'il avait le jour où il a été acheté, et l'on restitue du prix le montant de la différence entre sa valeur sain et sa valeur avec ce vice. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous, au sujet de l'homme qui achète l'esclave, puis découvre en lui un vice pour lequel il peut le rendre, alors qu'un autre vice est survenu chez l'acheteur, est la suivante : si le vice survenu est un vice grave, comme l'amputation, la perte d'un œil ou d'autres vices graves semblables, celui qui a acheté l'esclave a le choix du parti qui lui est le plus avantageux. S'il veut qu'on lui déduise du prix de l'esclave à proportion du vice que l'esclave avait le jour où il l'a acheté, on le lui déduit. Et s'il veut payer le montant de ce qui a atteint l'esclave chez lui, puis rendre l'esclave, cela lui est permis. Si l'esclave meurt chez celui qui l'a acheté, l'esclave est évalué avec le vice qu'il avait le jour où il l'a acheté, et l'on regarde quel est son prix : si la valeur de l'esclave, le jour où il l'a acheté, était de cent dīnār sans vice, et de quatre-vingts dīnār avec le vice, on déduit à l'acheteur la différence entre les deux valeurs. La valeur n'est prise qu'au jour où l'esclave a été acheté. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que celui qui rend une esclave pour un vice qu'il a trouvé en elle, alors qu'il a eu un rapport avec elle, doit, si elle était vierge, ce dont son prix a diminué ; si elle n'était pas vierge, il ne doit rien pour le rapport qu'il a eu avec elle, car il en était garant. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous, au sujet de celui qui, héritier ou autre, vend un esclave homme ou femme, ou un animal, avec clause de non-garantie, est qu'il est dégagé de tout vice dans ce qu'il a vendu, sauf s'il y connaissait un vice et l'a dissimulé. S'il connaissait un vice et l'a dissimulé, sa clause de non-garantie ne lui profite pas, et ce qu'il a vendu lui est rendu. » Mālik a dit, au sujet de l'esclave femme vendue contre deux esclaves femmes, puis l'on trouve en l'une des deux un vice pour lequel elle est rendue : « On évalue l'esclave qui était la contrepartie des deux esclaves et l'on regarde quel est son prix. Puis on évalue les deux esclaves sans le vice trouvé en l'une d'elles : on les évalue saines et indemnes. Puis on répartit sur elles deux le prix de l'esclave vendue contre les deux, à proportion de leur prix, de sorte que revienne à chacune d'elles sa part : à la plus chère à proportion de sa cherté, et à l'autre à proportion de sa valeur. Puis on considère celle qui porte le vice, et l'on restitue à proportion de la part qui lui est revenue, qu'elle soit grande ou petite. La valeur des deux esclaves n'est prise qu'au jour où il en a pris possession. » Mālik a dit, au sujet de l'homme qui achète l'esclave, le loue pour un salaire élevé, ou [en tire] un revenu, puis trouve en lui un vice pour lequel il peut être rendu : « Il le rend pour ce vice, et le salaire et le revenu de l'esclave lui restent. Telle est la règle que suivait la communauté dans notre cité. Ainsi, si un homme achetait un esclave, que celui-ci lui bâtît une maison dont la construction vaut plusieurs fois le prix de l'esclave, puis que l'on trouvât en lui un vice pour lequel il peut être rendu, il le rendrait, sans qu'on lui compte un salaire dû à l'esclave pour ce qu'il a fait pour lui. De même, le salaire de l'esclave lui reste s'il l'a loué à autrui, car il en est garant. Telle est la règle chez nous. » Mālik a dit : « La règle chez nous, au sujet de celui qui achète des esclaves en un seul marché, puis trouve parmi ces esclaves un esclave volé, ou trouve un vice en l'un d'eux. Il a dit : On examine celui qui a été trouvé volé ou en qui l'on a trouvé un vice. S'il est le meilleur de ces esclaves, ou le plus cher d'entre eux, ou celui pour lequel on a acheté et en qui résiderait l'avantage, s'il était sain, aux yeux des gens, cette vente est annulée en totalité. Et si celui qui a été trouvé volé, ou en qui l'on a trouvé le vice, est peu de chose parmi ces esclaves, n'en est pas le meilleur, n'est pas celui pour lequel on a acheté et n'est pas celui en qui réside l'avantage aux yeux des gens, on rend celui-là seul, en qui l'on a trouvé le vice ou qui a été trouvé volé, pour sa part de valeur dans le prix auquel ces esclaves ont été achetés. »

  9. Ce que l'on fait de l'esclave femme lorsqu'elle est vendue sous conditionبَابُ مَا يُفْعَلُ فِي الْوَلِيدَةِ إِذَا بِيعَتْ وَالشَّرْطُ فِيهَا
  10. 1345

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ عُبَيْدَ اللَّهِ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ، أَخْبَرَهُ أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعَودٍ ابْتَاعَ جَارِيَةً مِنِ امْرَأَتِهِ زَيْنَبَ الثَّقَفِيَّةِ، وَاشْتَرَطَتْ عَلَيْهِ أَنَّكَ إِنْ بِعْتَهَا فَهِيَ لِي بِالثَّمَنِ الَّذِي تَبِيعُهَا بِهِ. فَسَأَلَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ عَنْ ذَلِكَ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «لَا تَقْرَبْهَا وَفِيهَا شَرْطٌ لِأَحَدٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba ibn Masʿūd l'a informé que ʿAbd Allāh ibn Masʿūd acheta une esclave à son épouse Zaynab ath-Thaqafiyya, qui lui posa pour condition : « Si tu la vends, elle me revient au prix auquel tu la vendras. » ʿAbd Allāh ibn Masʿūd interrogea ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb à ce sujet, et ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb dit : « Ne t'approche pas d'elle tant qu'elle est grevée d'une condition au profit de quiconque. »

  11. 1346

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «لَا يَطَأُ الرَّجُلُ وَلِيدَةً، إِلَّا وَلِيدَةً إِنْ شَاءَ بَاعَهَا، وَإِنْ شَاءَ وَهَبَهَا، وَإِنْ شَاءَ أَمْسَكَهَا، وَإِنْ شَاءَ صَنَعَ بِهَا مَا شَاءَ» قَالَ مَالِكٌ: فِيمَنِ اشْتَرَى جَارِيَةً عَلَى شَرْطِ أَنْهُ لَا يَبِيعَهَا وَلَا يَهَبَهَا أَوْ مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الشُّرُوطِ، فَإِنَّهُ لَا يَنْبَغِي لِلْمُشْتَرِي أَنْ يَطَأَهَا، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَبِيعَهَا، وَلَا يَهَبَهَا، فَإِذَا كَانَ لَا يَمْلِكُ ذَلِكَ مِنْهَا، فَلَمْ يَمْلِكْهَا مِلْكًا تَامًّا لِأَنَّهُ قَدِ اسْتُثْنِيَ عَلَيْهِ فِيهَا مَا مَلَكَهُ بِيَدِ غَيْرِهِ، فَإِذَا دَخَلَ هَذَا الشَّرْطُ، لَمْ يَصْلُحْ. وَكَانَ بَيْعًا مَكْرُوهًا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il disait : « L'homme n'a de rapport qu'avec une esclave qu'il peut, s'il le veut, vendre, s'il le veut, donner, s'il le veut, garder, et dont il peut faire ce qu'il veut. » Mālik a dit, au sujet de celui qui achète une esclave à la condition de ne pas la vendre, de ne pas la donner, ou sous d'autres conditions semblables : « Il ne convient pas à l'acheteur d'avoir de rapport avec elle, car il ne lui est permis ni de la vendre ni de la donner. Dès lors qu'il n'a pas ce pouvoir sur elle, il ne la possède pas d'une propriété complète, puisqu'on a réservé contre lui, à son sujet, un droit dont la maîtrise est entre les mains d'un autre. Lorsque cette condition intervient, cela n'est pas valable, et c'est une vente réprouvée. »

  12. L'interdiction faite à l'homme d'avoir un rapport avec une esclave qui a un mariبَابُ النَّهْيِ أَنْ يَطَأَ الرَّجُلُ وَلِيدَةً وَلَهَا زَوْجٌ
  13. 1347

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَامِرٍ أَهْدَى لِعُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ جَارِيَةً، وَلَهَا زَوْجٌ. ابْتَاعَهَا بِالْبَصْرَةِ، فَقَالَ عُثْمَانُ: «لَا أَقْرَبُهَا حَتَّى يُفَارِقَهَا زَوْجُهَا، فَأَرْضَى ابْنُ عَامِرٍ زَوْجَهَا فَفَارَقَهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, que ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir offrit à ʿUthmān ibn ʿAffān une esclave qui avait un mari et qu'il avait achetée à Baṣra. ʿUthmān dit : « Je ne m'approcherai pas d'elle tant que son mari ne se sera pas séparé d'elle. » Ibn ʿĀmir contenta alors son mari, qui se sépara d'elle.

  14. 1348

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفٍ: «ابْتَاعَ وَلِيدَةً فَوَجَدَهَا ذَاتَ زَوْجٍ فَرَدَّهَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, que ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf acheta une esclave, découvrit qu'elle avait un mari et la rendit.

  15. Ce qui est rapporté sur les fruits du bien dont le fonds est venduبَابُ مَا جَاءَ فِي ثَمَرِ الْمَالِ يُبَاعُ أَصْلُهُ
  16. 1349

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَنْ بَاعَ نَخْلًا قَدْ أُبِّرَتْ، فَثَمَرُهَا لِلْبَائِعِ إِلَّا أَنْ يَشْتَرِطَ الْمُبْتَاعُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui vend des palmiers déjà fécondés, leurs fruits reviennent au vendeur, sauf si l'acheteur les stipule. »

  17. L'interdiction de vendre les fruits avant que n'apparaisse leur maturitéبَابُ النَّهْيِ عَنْ بَيْعِ الثِّمَارِ حَتَّى يَبْدُوَ صَلَاحُهَا
  18. 1350

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الثِّمَارِ حَتَّى يَبْدُوَ صَلَاحُهَا»، نَهَى الْبَائِعَ وَالْمُشْتَرِيَ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après Ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de vendre les fruits avant que n'apparaisse leur maturité ; il l'a interdit au vendeur et à l'acheteur.

  19. 1351

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ حُمَيْدٍ الطَّوِيلِ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الثِّمَارِ حَتَّى تُزْهِيَ»، فَقِيلَ لَهُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا تُزْهِيَ؟ فَقَالَ: «حِينَ تَحْمَرُّ»، وَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَرَأَيْتَ إِذَا مَنَعَ اللَّهُ الثَّمَرَةَ فَفِيمَ يَأْخُذُ أَحَدُكُمْ مَالَ أَخِيهِ؟»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḥumayd aṭ-Ṭawīl, d'après Anas ibn Mālik, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de vendre les fruits avant qu'ils ne prennent couleur [tuzhiya]. On lui demanda : « Ô Messager d'Allah, que signifie "prendre couleur" ? » Il répondit : « Lorsqu'ils rougissent. » Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Vois-tu, si Allah empêche le fruit [de venir à terme], à quel titre l'un de vous prendrait-il le bien de son frère ? »

  20. 1352

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الرِّجَالِ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ حَارِثَةَ، عَنْ أُمِّهِ عَمْرَةَ بِنْتِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الثِّمَارِ حَتَّى تَنْجُوَ مِنَ الْعَاهَةِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَبَيْعُ الثِّمَارِ قَبْلَ أَنْ يَبْدُوَ صَلَاحُهَا مِنْ بَيْعِ الْغَرَرِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū ar-Rijāl Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ḥāritha, d'après sa mère ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit de vendre les fruits avant qu'ils ne soient à l'abri du fléau. Mālik a dit : « La vente des fruits avant que n'apparaisse leur maturité relève de la vente aléatoire [bayʿ al-gharar]. »

  21. 1353

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ خَارِجَةَ بْنِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ أَنَّهُ كَانَ «لَا يَبِيعُ ثِمَارَهُ حَتَّى تَطْلُعَ الثُّرَيَّا» قَالَ مَالِكٌ: وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي بَيْعِ الْبِطِّيخِ، وَالْقِثَّاءِ، وَالْخِرْبِزِ، وَالْجَزَرِ، إِنَّ بَيْعَهُ إِذَا بَدَا صَلَاحُهُ حَلَالٌ جَائِزٌ، ثُمَّ يَكُونُ لِلْمُشْتَرِي مَا يَنْبُتُ حَتَّى يَنْقَطِعَ ثَمَرُهُ، وَيَهْلِكَ وَلَيْسَ فِي ذَلِكَ وَقْتٌ يُؤَقَّتُ، وَذَلِكَ أَنَّ وَقْتَهُ مَعْرُوفٌ عِنْدَ النَّاسِ، وَرُبَّمَا دَخَلَتْهُ الْعَاهَةُ، فَقَطَعَتْ ثَمَرَتَهُ، قَبْلَ أَنْ يَأْتِيَ ذَلِكَ الْوَقْتُ، فَإِذَا دَخَلَتْهُ الْعَاهَةُ بِجَائِحَةٍ تَبْلُغُ الثُّلُثَ فَصَاعِدًا كَانَ ذَلِكَ مَوْضُوعًا عَنِ الَّذِي ابْتَاعَهُ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, d'après Khārija ibn Zayd ibn Thābit, d'après Zayd ibn Thābit, qu'il ne vendait pas ses fruits avant le lever des Pléiades. Mālik a dit : « La règle chez nous, au sujet de la vente de la pastèque, du concombre, du khirbiz [variété de melon] et de la carotte, est que leur vente, lorsque leur maturité est apparue, est licite et permise. L'acheteur a ensuite droit à ce qui pousse jusqu'à ce que la production s'arrête et que la plante périsse. Il n'y a pas pour cela de terme que l'on fixe, car son terme est connu des gens. Il arrive qu'un fléau l'atteigne et interrompe sa production avant que ce terme n'arrive. Si le fléau l'atteint par une calamité [jāʾiḥa] qui touche le tiers ou plus, cela est déduit au profit de celui qui l'a acheté. »

  22. La vente de la ʿariyya [fruits de palmiers donnés à autrui]بَابُ بَيْعِ الْعَرِيَّةِ
  23. 1354

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، عَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «أَرْخَصَ لِصَاحِبِ الْعَرِيَّةِ، أَنْ يَبِيعَهَا بِخَرْصِهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, d'après Zayd ibn Thābit, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a accordé à celui qui détient la ʿariyya la dispense de la vendre d'après son estimation [kharṣ].

  24. 1355

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ دَاوُدَ بْنِ الْحُصَيْنِ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ مَوْلَى ابْنِ أَبِي أَحْمَدَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «أَرْخَصَ فِي بَيْعِ الْعَرَايَا بِخَرْصِهَا، فِيمَا دُونَ خَمْسَةِ أَوْسُقٍ أَوْ فِي خَمْسَةِ أَوْسُقٍ» شَكَّ دَاوُدُ قَالَ: خَمْسَةِ، أَوْ دُونَ خَمْسَةِ أَوْسُقٍ قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا تُبَاعُ الْعَرَايَا بِخَرْصِهَا مِنَ التَّمْرِ، يُتَحَرَّى ذَلِكَ، وَيُخْرَصُ فِي رُءُوسِ النَّخْلِ، وَلَيْسَتْ لَهُ مَكِيلَةٌ، وَإِنَّمَا أُرْخِصَ فِيهِ لِأَنَّهُ أُنْزِلَ بِمَنْزِلَةِ التَّوْلِيَةِ وَالْإِقَالَةِ، وَالشِّرْكِ، وَلَوْ كَانَ بِمَنْزِلَةِ غَيْرِهِ مِنَ الْبُيُوعِ مَا أَشْرَكَ أَحَدٌ أَحَدًا فِي طَعَامٍ حَتَّى يَسْتَوْفِيَهُ، وَلَا أَقَالَهُ مِنْهُ، وَلَا وَلَّاهُ أَحَدًا حَتَّى يَقْبِضَهُ الْمُبْتَاعُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn, d'après Abū Sufyān, mawlā d'Ibn Abī Aḥmad, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a accordé la dispense de vendre les ʿarāyā d'après leur estimation, pour ce qui est inférieur à cinq wasq, ou pour cinq wasq. Dāwūd a douté s'il a dit : cinq, ou : moins de cinq. Mālik a dit : « Les ʿarāyā ne se vendent que d'après leur estimation en dattes sèches : on s'efforce de l'évaluer, et on l'estime sur la tête des palmiers, sans qu'elle ait de mesure. Cela n'a fait l'objet d'une dispense que parce qu'on l'a assimilé à la cession au prix coûtant [tawliya], à la résiliation [iqāla] et à l'association [shirk]. S'il en allait comme des autres ventes, nul n'associerait autrui à une denrée avant d'en avoir pris livraison, ni ne résilierait à son sujet, ni ne la céderait à quiconque avant que l'acheteur n'en ait pris possession. »

  25. La calamité [jāʾiḥa] dans la vente des fruits et des culturesبَابُ الْجَائِحَةِ فِي بَيْعِ الثِّمَارِ وَالزَّرْعِ
  26. 1356

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الرِّجَالِ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عَنْ أُمِّهِ عَمْرَةَ بِنْتِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَنَّهُ سَمِعَهَا تَقُولُ: ابْتَاعَ رَجُلٌ ثَمَرَ حَائِطٍ، فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَعَالَجَهُ، وَقَامَ فِيهِ حَتَّى يَتَبَيَّنَ لَهُ النُّقْصَانُ، فَسَأَلَ رَبَّ الْحَائِطِ أَنْ يَضَعَ لَهُ، أَوْ أَنْ يُقِيلَهُ، فَحَلَفَ أَنْ لَا يَفْعَلَ، فَذَهَبَتْ أُمُّ الْمُشْتَرِي إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لَهُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " تَأَلَّى أَنْ لَا يَفْعَلَ خَيْرًا، فَسَمِعَ بِذَلِكَ رَبُّ الْحَائِطِ، فَأَتَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ هُوَ لَهُ "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū ar-Rijāl Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d'après sa mère ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān, qu'il l'a entendue dire : Un homme acheta les fruits d'un verger [ḥāʾiṭ] au temps du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il en prit soin et s'en occupa jusqu'à ce que la perte lui apparût. Il demanda alors au propriétaire du verger de lui consentir une remise ou de résilier la vente, et celui-ci jura de n'en rien faire. La mère de l'acheteur alla trouver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et lui rapporta cela. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Il a juré de ne pas faire le bien ! » Le propriétaire du verger l'apprit, vint trouver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : « Ô Messager d'Allah, cela lui est accordé. »

  27. 1357

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ «قَضَى بِوَضْعِ الْجَائِحَةِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَعَلَى ذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا» قَالَ مَالِكٌ: " وَالْجَائِحَةُ الَّتِي تُوضَعُ عَنِ الْمُشْتَرِي: الثُّلُثُ فَصَاعِدًا، وَلَا يَكُونُ مَا دُونَ ذَلِكَ جَائِحَةً "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz a jugé que [la perte due à] la calamité est déduite. Mālik a dit : « Telle est la règle chez nous. » Mālik a dit : « La calamité qui est déduite au profit de l'acheteur est celle du tiers et plus ; ce qui est inférieur à cela n'est pas une calamité. »

  28. Ce qui est permis en matière d'exception sur les fruitsبَابُ مَا يَجُوزُ مِنِ اسْتِثْنَاءِ الثَّمَرِ
  29. 1358

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ رَبِيعَةَ بْنِ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ كَانَ «يَبِيعُ ثَمَرَ حَائِطِهِ وَيَسْتَثْنِي مِنْهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Rabīʿa ibn Abī ʿAbd ar-Raḥmān, qu'al-Qāsim ibn Muḥammad vendait les fruits de son verger et en exceptait une part.

  30. 1359

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي بَكْرٍ، أَنَّ جَدَّهُ مُحَمَّدَ بْنَ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ " بَاعَ ثَمَرَ حَائِطٍ لَهُ، يُقَالُ لَهُ: الْأَفْرَاقُ، بِأَرْبَعَةِ آلَافِ دِرْهَمٍ، وَاسْتَثْنَى مِنْهُ بِثَمَانِمِائَةِ دِرْهَمٍ تَمْرًا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr, que son grand-père Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm vendit les fruits d'un verger à lui, appelé al-Afrāq, pour quatre mille dirhams, et en excepta des dattes pour huit cents dirhams.

  31. 1360

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الرِّجَالِ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ حَارِثَةَ، أَنَّ أُمَّهُ عَمْرَةَ بِنْتَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ كَانَتْ «تَبِيعُ ثِمَارَهَا وَتَسْتَثْنِي مِنْهَا» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا بَاعَ ثَمَرَ حَائِطِهِ، أَنَّ لَهُ أَنْ يَسْتَثْنِيَ مِنْ ثَمَرِ حَائِطِهِ مَا بَيْنَهُ، وَبَيْنَ ثُلُثِ الثَّمَرِ، لَا يُجَاوِزُ ذَلِكَ. وَمَا كَانَ دُونَ الثُّلُثِ فَلَا بَأْسَ بِذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «فَأَمَّا الرَّجُلُ يَبِيعُ ثَمَرَ حَائِطِهِ، وَيَسْتَثْنِي مِنْ ثَمَرِ حَائِطِهِ ثَمَرَ نَخْلَةٍ أَوْ نَخَلَاتٍ يَخْتَارُهَا، وَيُسَمِّي عَدَدَهَا، فَلَا أَرَى بِذَلِكَ بَأْسًا، لِأَنَّ رَبَّ الْحَائِطِ إِنَّمَا اسْتَثْنَى شَيْئًا مِنْ ثَمَرِ حَائِطِ نَفْسِهِ، وَإِنَّمَا ذَلِكَ شَيْءٌ احْتَبَسَهُ مِنْ حَائِطِهِ، وَأَمْسَكَهُ لَمْ يَبِعْهُ، وَبَاعَ مِنْ حَائِطِهِ مَا سِوَى ذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū ar-Rijāl Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ḥāritha, que sa mère ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān vendait ses fruits et en exceptait une part. Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que l'homme, lorsqu'il vend les fruits de son verger, peut excepter des fruits de son verger jusqu'au tiers des fruits, sans le dépasser. Ce qui est inférieur au tiers, il n'y a pas de mal à cela. » Mālik a dit : « Quant à l'homme qui vend les fruits de son verger et en excepte les fruits d'un palmier ou de quelques palmiers qu'il choisit et dont il précise le nombre, je n'y vois pas de mal, car le propriétaire du verger n'a fait qu'excepter une chose des fruits de son propre verger : c'est une chose qu'il a retenue de son verger et gardée, qu'il n'a pas vendue, et il a vendu de son verger ce qui est en dehors de cela. »

  32. Ce qui est réprouvé dans la vente des dattesبَابُ مَا يُكْرَهُ مِنْ بَيْعِ التَّمْرِ
  33. 1361

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «التَّمْرُ بِالتَّمْرِ مِثْلًا بِمِثْلٍ»، فَقِيلَ لَهُ: إِنَّ عَامِلَكَ عَلَى خَيْبَرَ يَأْخُذُ الصَّاعَ بِالصَّاعَيْنِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «ادْعُوهُ لِي»، فَدُعِيَ لَهُ، فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " أَتَأْخُذُ الصَّاعَ بِالصَّاعَيْنِ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ لَا يَبِيعُونَنِي الْجَنِيبَ بِالْجَمْعِ صَاعًا بِصَاعٍ؟ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «بِعِ الْجَمْعَ بِالدَّرَاهِمِ، ثُمَّ ابْتَعْ بِالدَّرَاهِمِ جَنِيبًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, qu'il a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Les dattes contre les dattes, à quantité égale. » On lui dit : « Ton préposé à Khaybar prend le ṣāʿ contre deux ṣāʿ. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Appelez-le-moi. » On le lui appela, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Prends-tu le ṣāʿ contre deux ṣāʿ ? » Il répondit : « Ô Messager d'Allah, ils ne me vendent pas le janīb contre le jamʿ ṣāʿ pour ṣāʿ. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Vends le jamʿ contre des dirhams, puis achète du janīb avec les dirhams. »

    Janīb : dattes de choix ; jamʿ : dattes de moindre qualité, mêlées de plusieurs variétés, selon an-Nawawī.

  34. 1362

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ الْحَمِيدِ بْنِ سُهَيْلِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسْتَعْمَلَ رَجُلًا عَلَى خَيْبَرَ، فَجَاءَهُ بِتَمْرٍ جَنِيبٍ، فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَكُلُّ تَمْرِ خَيْبَرَ هَكَذَا»؟ فَقَالَ: لَا وَاللَّهِ يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّا لَنَأْخُذُ الصَّاعَ مِنْ هَذَا بِالصَّاعَيْنِ وَالصَّاعَيْنِ بِثَلَاثَةٍ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا تَفْعَلْ «بِعِ الْجَمْعَ بِالدَّرَاهِمِ، ثُمَّ ابْتَعْ بِالدَّرَاهِمِ جَنِيبًا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Suhayl ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, d'après Abū Saʿīd al-Khudrī et d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, préposa un homme à Khaybar, et que celui-ci lui apporta des dattes janīb. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Toutes les dattes de Khaybar sont-elles ainsi ? » Il répondit : « Non, par Allah, ô Messager d'Allah. Nous prenons le ṣāʿ de celles-ci contre deux ṣāʿ, et deux ṣāʿ contre trois. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Ne fais pas cela. Vends le jamʿ contre des dirhams, puis achète du janīb avec les dirhams. »

    Une autre édition du texte porte « عَبْدِ الْمَجِيدِ » [ʿAbd al-Majīd].

  35. 1363

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ يَزِيدَ، أَنَّ زَيْدًا أَبَا عَيَّاشٍ، أَخْبَرَهُ أَنَّهُ سَأَلَ سَعْدَ بْنَ أَبِي وَقَّاصٍ عَنِ الْبَيْضَاءِ بِالسُّلْتِ؟ فَقَالَ لَهُ سَعْدٌ: أَيَّتُهُمَا أَفْضَلُ؟ قَالَ الْبَيْضَاءُ، فَنَهَاهُ عَنْ ذَلِكَ، وَقَالَ سَعْدٌ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُسْأَلُ عَنِ اشْتِرَاءِ التَّمْرِ بِالرُّطَبِ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَيَنْقُصُ الرُّطَبُ إِذَا يَبِسَ»؟ فَقَالُوا: نَعَمْ، «فَنَهَى عَنْ ذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Yazīd, que Zayd Abū ʿAyyāsh l'a informé qu'il interrogea Saʿd ibn Abī Waqqāṣ sur [l'échange de] la bayḍāʾ contre le sult. Saʿd lui dit : « Laquelle des deux l'emporte ? » Il répondit : « La bayḍāʾ. » Il le lui interdit alors. Et Saʿd dit : J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, être interrogé sur l'achat de dattes sèches contre des dattes fraîches [ruṭab]. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Les dattes fraîches diminuent-elles lorsqu'elles sèchent ? » Ils répondirent : « Oui. » Il l'interdit alors.

    Bayḍāʾ : une variété de blé selon al-Bājī, l'orge selon Ibn ʿAbd al-Barr. Sult : grain intermédiaire entre le blé et l'orge, sans enveloppe, selon le qāḍī ʿIyāḍ. « L'emporte » : en quantité à la mesure, selon Ibn ʿAbd al-Barr.

  36. La muzābana et la muḥāqalaبَابُ الْمُزَابَنَةِ وَالْمُحَاقَلَةِ
  37. 1364

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنِ الْمُزَابَنَةِ»، وَالْمُزَابَنَةُ: بَيْعُ الثَّمَرِ بِالتَّمْرِ كَيْلًا، وَبَيْعُ الْكَرْمِ بِالزَّبِيبِ كَيْلًا

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la muzābana. La muzābana est la vente des fruits [du palmier, sur pied] contre des dattes sèches à la mesure, et la vente du raisin [sur pied] contre des raisins secs à la mesure.

  38. 1365

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ دَاوُدَ بْنِ الْحُصَيْنِ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ مَوْلَى ابْنِ أَبِي أَحْمَدَ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «نَهَى عَنِ الْمُزَابَنَةِ، وَالْمُحَاقَلَةِ»، وَالْمُزَابَنَةُ: اشْتِرَاءُ الثَّمَرِ بِالتَّمْرِ فِي رُءُوسِ النَّخْلِ، وَالْمُحَاقَلَةُ: كِرَاءُ الْأَرْضِ بِالْحِنْطَةِ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn, d'après Abū Sufyān, mawlā d'Ibn Abī Aḥmad, d'après Abū Saʿīd al-Khudrī, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la muzābana et la muḥāqala. La muzābana est l'achat des fruits contre des dattes sèches alors qu'ils sont sur la tête des palmiers ; la muḥāqala est la location de la terre contre du blé.

  39. 1366

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «نَهَى عَنِ الْمُزَابَنَةِ وَالْمُحَاقَلَةِ»، وَالْمُزَابَنَةُ اشْتِرَاءُ الثَّمَرِ بِالتَّمْرِ، وَالْمُحَاقَلَةُ اشْتِرَاءُ الزَّرْعِ بِالْحِنْطَةِ، وَاسْتِكْرَاءُ الْأَرْضِ بِالْحِنْطَةِ " قَالَ ابْنُ شِهَابٍ، فَسَأَلْتُ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ عَنِ " اسْتِكْرَاءِ الْأَرْضِ بِالذَّهَبِ وَالْوَرِقِ، فَقَالَ: «لَا بَأْسَ بِذَلِكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la muzābana et la muḥāqala. La muzābana est l'achat des fruits contre des dattes sèches ; la muḥāqala est l'achat de la culture sur pied contre du blé, et la prise en location de la terre contre du blé. Ibn Shihāb a dit : J'interrogeai Saʿīd ibn al-Musayyib sur la prise en location de la terre contre de l'or et de l'argent. Il dit : « Il n'y a pas de mal à cela. »

  40. 1367

    قَالَ مَالِكٌ: " نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْمُزَابَنَةِ، وَتَفْسِيرُ الْمُزَابَنَةِ أَنَّ كُلَّ شَيْءٍ مِنَ الْجِزَافِ الَّذِي لَا يُعْلَمُ كَيْلُهُ، وَلَا وَزْنُهُ، وَلَا عَدَدُهُ، ابْتِيعَ بِشَيْءٍ مُسَمًّى مِنَ الْكَيْلِ أَوِ الْوَزْنِ أَوِ الْعَدَدِ، وَذَلِكَ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: يَكُونُ لَهُ الطَّعَامُ الْمُصَبَّرُ الَّذِي لَا يُعْلَمُ كَيْلُهُ مِنَ الْحِنْطَةِ أَوِ التَّمْرِ أَوْ مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْأَطْعِمَةِ، أَوْ يَكُونُ لِلرَّجُلِ السِّلْعَةُ مِنَ الْخَبَطِ أَوِ النَّوَى أَوِ الْقَضْبِ أَوِ الْعُصْفُرِ، أَوِ الْكُرْسُفِ، أَوِ الْكَتَّانِ أَوِ الْقَزِّ أَوْ مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ السِّلَعِ، لَا يُعْلَمُ كَيْلُ شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ، وَلَا وَزْنُهُ وَلَا عَدَدُهُ، فَيَقُولُ الرَّجُلُ لِرَبِّ تِلْكَ السِّلْعَةِ: كِلْ سِلْعَتَكَ هَذِهِ، أَوْ مُرْ مَنْ يَكِيلُهَا، أَوْ زِنْ مِنْ ذَلِكَ مَا يُوزَنُ، أَوْ اعْدُدْ مِنْهَا مَا كَانَ يُعَدُّ، فَمَا نَقَصَ مِنْ كَذَا وَكَذَا صَاعًا لِتَسْمِيَةٍ يُسَمِّيهَا أَوْ وَزْنِ كَذَا وَكَذَا رِطْلًا، أَوْ عَدَدِ كَذَا وَكَذَا، فَمَا نَقَصَ مِنْ ذَلِكَ، فَعَلَيَّ غُرْمُهُ حَتَّى أُوفِيَكَ تِلْكَ التَّسْمِيَةَ، فَمَا زَادَ عَلَى تِلْكَ التَّسْمِيَةِ فَهُوَ لِي، أَضْمَنُ مَا نَقَصَ مِنْ ذَلِكَ، عَلَى أَنْ يَكُونَ لِي مَا زَادَ فَلَيْسَ ذَلِكَ بَيْعًا، وَلَكِنَّهُ الْمُخَاطَرَةُ وَالْغَرَرُ وَالْقِمَارُ، يَدْخُلُ هَذَا لِأَنَّهُ لَمْ يَشْتَرِ مِنْهُ شَيْئًا بِشَيْءٍ أَخْرَجَهُ، وَلَكِنَّهُ ضَمِنَ لَهُ مَا سُمِّيَ مِنْ ذَلِكَ الْكَيْلِ أَوِ الْوَزْنِ أَوِ الْعَدَدِ، عَلَى أَنْ يَكُونَ لَهُ مَا زَادَ عَلَى ذَلِكَ، فَإِنْ نَقَصَتْ تِلْكَ السِّلْعَةُ مِنْ تِلْكَ التَّسْمِيَةِ، أَخَذَ مِنْ مَالِ صَاحِبِهِ مَا نَقَصَ بِغَيْرِ ثَمَنٍ، وَلَا هِبَةٍ طَيِّبَةٍ بِهَا نَفْسُهُ، فَهَذَا يُشْبِهُ الْقِمَارَ وَمَا كَانَ مِثْلُ هَذَا مِنَ الْأَشْيَاءِ فَذَلِكَ يَدْخُلُهُ " قَالَ مَالِكٌ: " وَمِنْ ذَلِكَ أَيْضًا أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: لَهُ الثَّوْبُ أَضْمَنُ لَكَ مِنْ ثَوْبِكَ هَذَا كَذَا وَكَذَا ظِهَارَةَ قَلَنْسُوَةٍ. قَدْرُ كُلِّ ظِهَارَةٍ كَذَا وَكَذَا. لِشَيْءٍ يُسَمِّيهِ. فَمَا نَقَصَ مِنْ ذَلِكَ فَعَلَيَّ غُرْمُهُ حَتَّى أُوَفِّيَكَهُ، وَمَا زَادَ فَلِي، أَوْ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: أَضْمَنُ لَكَ مِنْ ثِيَابِكَ هَذِهِ كَذَا وَكَذَا قَمِيصًا. ذَرْعُ كُلِّ قَمِيصٍ كَذَا وَكَذَا. فَمَا نَقَصَ مِنْ ذَلِكَ فَعَلَيَّ غُرْمُهُ، وَمَا زَادَ عَلَى ذَلِكَ فَلِي، أَوْ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: لَهُ الْجُلُودُ مِنْ جُلُودِ الْبَقَرِ أَوِ الْإِبِلِ: أُقَطِّعُ جُلُودَكَ هَذِهِ نِعَالًا عَلَى إِمَامٍ يُرِيهِ إِيَّاهُ. فَمَا نَقَصَ مِنْ مِائَةِ زَوْجٍ فَعَلَيَّ غُرْمُهُ، وَمَا زَادَ فَهُوَ لِي بِمَا ضَمِنْتُ لَكَ. وَمِمَّا يُشْبِهُ ذَلِكَ. أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ عِنْدَهُ حَبُّ الْبَانِ: اعْصُرْ حَبَّكَ هَذَا. فَمَا نَقَصَ مِنْ كَذَا وَكَذَا رِطْلًا. فَعَلَيَّ أَنْ أُعْطِيَكَهُ. وَمَا زَادَ فَهُوَ لِي. فَهَذَا كُلُّهُ وَمَا أَشْبَهَهُ مِنَ الْأَشْيَاءِ أَوْ ضَارَعَهُ مِنَ الْمُزَابَنَةِ الَّتِي لَا تَصْلُحُ وَلَا تَجُوزُ. وَكَذَلِكَ أَيْضًا إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: لَهُ الْخَبَطُ أَوِ النَّوَى أَوِ الْكُرْسُفُ أَوِ الْكَتَّانُ أَوِ الْقَضْبُ أَوِ الْعُصْفُرُ أَبْتَاعُ مِنْكَ هَذَا الْخَبَطَ بِكَذَا وَكَذَا صَاعًا مِنْ خَبَطٍ بِخَبَطٍ مِثْلِ خَبَطِهِ، أَوْ هَذَا النَّوَى بِكَذَا وَكَذَا صَاعًا مِنْ نَوًى مِثْلِهِ، وَفِي الْعُصْفُرِ وَالْكُرْسُفِ، وَالْكَتَّانِ وَالْقَضْبِ مِثْلَ ذَلِكَ فَهَذَا كُلُّهُ يَرْجِعُ إِلَى مَا وَصَفْنَا مِنَ الْمُزَابَنَةِ "

    Mālik a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la muzābana. L'explication de la muzābana est qu'elle désigne toute chose en bloc [jizāf], dont on ne connaît ni la mesure, ni le poids, ni le nombre, achetée contre une quantité déterminée par la mesure, le poids ou le nombre. Ainsi, un homme s'adresse à un autre, lequel possède une denrée en tas dont on ne connaît pas la mesure, faite de blé, de dattes ou d'autres denrées semblables, ou lequel possède une marchandise faite de khabaṭ [feuillage que l'on abat pour le fourrage], de noyaux, de qaḍb [fourrage vert], de carthame, de coton, de lin, de soie grège ou d'autres marchandises semblables, dont on ne connaît en rien la mesure, ni le poids, ni le nombre. L'homme dit au propriétaire de cette marchandise : "Mesure ta marchandise que voici, ou ordonne à quelqu'un de la mesurer, ou pèse ce qui se pèse, ou comptes-en ce qui se compte. Ce qui manquera par rapport à tant de ṣāʿ, quantité qu'il fixe, ou à un poids de tant de raṭl, ou à un nombre de tant, ce qui en manquera, j'en supporterai la perte envers toi, jusqu'à te compléter cette quantité ; et ce qui excédera cette quantité sera à moi. Je garantis ce qui en manque, à condition que me revienne ce qui excède." Ce n'est pas là une vente : c'est le risque, l'aléa et le jeu de hasard [qimār] qui s'y introduisent, car il ne lui a rien acheté contre une chose qu'il aurait déboursée ; il lui a seulement garanti la quantité nommée, en mesure, en poids ou en nombre, à condition que lui revienne ce qui l'excède. Si cette marchandise est inférieure à cette quantité, [le propriétaire] prend du bien de son partenaire ce qui manque, sans prix ni donation consentie de bon cœur. Cela ressemble au jeu de hasard, et tout ce qui est de cet ordre en relève. » Mālik a dit : « En relève aussi le fait qu'un homme dise à un autre, lequel possède une étoffe : "Je te garantis, de ton étoffe que voici, tant et tant de dessus de bonnet [ẓihārat qalansuwa], chaque dessus ayant telle dimension, qu'il précise. Ce qui en manquera, j'en supporterai la perte jusqu'à te le compléter, et ce qui excédera sera à moi." Ou qu'un homme dise à un autre : "Je te garantis, de tes étoffes que voici, tant et tant de tuniques, chaque tunique mesurant tant de coudées. Ce qui en manquera, j'en supporterai la perte, et ce qui excédera sera à moi." Ou qu'un homme dise à un autre, lequel possède des peaux de bovins ou de chameaux : "Je découpe tes peaux que voici en sandales, d'après un modèle qu'il lui montre. Ce qui manquera de cent paires, j'en supporterai la perte, et ce qui excédera sera à moi, en contrepartie de ce que je t'ai garanti." Y ressemble encore le fait qu'un homme dise à un autre qui détient des graines de bān : "Presse tes graines que voici. Ce qui manquera de tant de raṭl, il m'incombe de te le donner, et ce qui excédera sera à moi." Tout cela, et ce qui y ressemble ou s'en approche, relève de la muzābana, qui n'est ni valable ni permise. De même encore, si un homme dit à un autre, lequel possède du khabaṭ, des noyaux, du coton, du lin, du qaḍb ou du carthame : "Je t'achète ce khabaṭ contre tant de ṣāʿ de khabaṭ, contre du khabaṭ semblable au sien, ou ces noyaux contre tant de ṣāʿ de noyaux semblables", et de même pour le carthame, le coton, le lin et le qaḍb : tout cela revient à ce que nous avons décrit de la muzābana. »

    Une autre édition du texte porte, à la première mention du khabaṭ, « الْحِنْطَةِ » [blé], et, plus bas, « مِنْ خَبَطٍ يُخْبَطُ مِثْلَ خَبَطِهِ » [de khabaṭ abattu semblable au sien].

  41. Dispositions diverses sur la vente des fruitsبَابُ جَامِعِ بَيْعِ الثَّمَرِ
  42. 1368

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " مَنِ اشْتَرَى ثَمَرًا مِنْ نَخْلٍ مُسَمَّاةٍ أَوْ حَائِطٍ مُسَمًّى، أَوْ لَبَنًا مِنْ غَنَمٍ مُسَمَّاةٍ إِنَّهُ لَا بَأْسَ بِذَلِكَ، إِذَا كَانَ يُؤْخَذُ عَاجِلًا يَشْرَعُ الْمُشْتَرِي فِي أَخْذِهِ عِنْدَ دَفْعِهِ الثَّمَنَ، وَإِنَّمَا مَثَلُ ذَلِكَ بِمَنْزِلَةِ رَاوِيَةِ زَيْتٍ يَبْتَاعُ مِنْهَا رَجُلٌ بِدِينَارٍ أَوْ دِينَارَيْنِ، وَيُعْطِيهِ ذَهَبَهُ وَيَشْتَرِطُ عَلَيْهِ أَنْ يَكِيلَ لَهُ مِنْهَا، فَهَذَا لَا بَأْسَ بِهِ، فَإِنِ انْشَقَّتِ الرَّاوِيَةُ فَذَهَبَ زَيْتُهَا، فَلَيْسَ لِلْمُبْتَاعِ إِلَّا ذَهَبُهُ، وَلَا يَكُونُ بَيْنَهُمَا بَيْعٌ، قَالَ مَالِكٌ: وَأَمَّا كُلُّ شَيْءٍ كَانَ حَاضِرًا يُشْتَرَى عَلَى وَجْهِهِ مِثْلُ اللَّبَنِ إِذَا حُلِبَ، وَالرُّطَبِ يُسْتَجْنَى، فَيَأْخُذُ الْمُبْتَاعُ يَوْمًا بِيَوْمٍ، فَلَا بَأْسَ بِهِ، فَإِنْ فَنِيَ قَبْلَ أَنْ يَسْتَوْفِيَ الْمُشْتَرِي مَا اشْتَرَى رَدَّ عَلَيْهِ الْبَائِعُ مِنْ ذَهَبِهِ بِحِسَابِ مَا بَقِيَ لَهُ، أَوْ يَأْخُذُ مِنْهُ الْمُشْتَرِي سِلْعَةً، بِمَا بَقِيَ لَهُ يَتَرَاضَيَانِ عَلَيْهَا، وَلَا يُفَارِقُهُ حَتَّى يَأْخُذَهَا، فَإِنْ فَارَقَهُ، فَإِنَّ ذَلِكَ مَكْرُوهٌ لِأَنَّهُ يَدْخُلُهُ الدَّيْنُ بِالدَّيْنِ، وَقَدْ نُهِيَ عَنِ الْكَالِئِ بِالْكَالِئِ، فَإِنْ وَقَعَ فِي بَيْعِهِمَا أَجَلٌ فَإِنَّهُ مَكْرُوهٌ وَلَا يَحِلُّ فِيهِ تَأْخِيرٌ وَلَا نَظِرَةٌ، وَلَا يَصْلُحُ إِلَّا بِصِفَةٍ مَعْلُومَةٍ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى، فَيَضْمَنُ ذَلِكَ الْبَائِعُ لِلْمُبْتَاعِ، وَلَا يُسَمَّى ذَلِكَ فِي حَائِطٍ بِعَيْنِهِ، وَلَا فِي غَنَمٍ بِأَعْيَانِهَا " وَسُئِلَ مَالِكٌ عَنِ الرَّجُلِ يَشْتَرِي مِنَ الرَّجُلِ الْحَائِطَ فِيهِ أَلْوَانٌ مِنَ النَّخْلِ مِنَ الْعَجْوَةِ وَالْكَبِيسِ وَالْعَذْقِ، وَغَيْرِ ذَلِكَ مِنْ أَلْوَانِ التَّمْرِ، فَيَسْتَثْنِي مِنْهَا ثَمَرَ النَّخْلَةِ أَوِ النَّخَلَاتِ يَخْتَارُهَا مِنْ نَخْلِهِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: " ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ لِأَنَّهُ إِذَا صَنَعَ ذَلِكَ تَرَكَ ثَمَرَ النَّخْلَةِ مِنَ الْعَجْوَةِ، وَمَكِيلَةُ ثَمَرِهَا خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا وَأَخَذَ مَكَانَهَا ثَمَرَ نَخْلَةٍ مِنَ الْكَبِيسِ، وَمَكِيلَةُ ثَمَرِهَا عَشَرَةُ أَصْوُعٍ، وَإِنْ أَخَذَ الْعَجْوَةَ الَّتِي فِيهَا خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا، وَتَرَكَ الَّتِي فِيهَا عَشْرَةُ أَصْوُعٍ مِنَ الْكَبِيسِ فَكَأَنَّهُ اشْتَرَى الْعَجْوَةَ بِالْكَبِيسِ مُتَفَاضِلًا، قَالَ مَالِكٌ: وَذَلِكَ مِثْلُ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ بَيْنَ يَدَيْهِ صُبَرٌ مِنَ التَّمْرِ قَدْ صَبَّرَ الْعَجْوَةَ، فَجَعَلَهَا خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا، وَجَعَلَ صُبْرَةَ الْكَبِيسِ عَشَرَةَ آصُعٍ، وَجَعَلَ صُبْرَةَ الْعَذْقِ اثْنَيْ عَشَرَ صَاعًا، فَأَعْطَى صَاحِبَ التَّمْرِ دِينَارًا عَلَى أَنَّهُ يَخْتَارُ فَيَأْخُذُ أَيَّ تِلْكَ الصُّبَرِ شَاءَ، قَالَ مَالِكٌ: فَهَذَا لَا يَصْلُحُ " قَالَ: وَسُئِلَ مَالِكٌ عَنِ الرَّجُلِ يَشْتَرِي الرُّطَبَ مِنْ صَاحِبِ الْحَائِطِ فَيُسْلِفُهُ الدِّينَارَ، مَاذَا لَهُ إِذَا ذَهَبَ رُطَبُ ذَلِكَ الْحَائِطِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: «يُحَاسِبُ صَاحِبَ الْحَائِطِ ثُمَّ يَأْخُذُ مِنْهُ مَا بَقِيَ مِنْ دِينَارِهِ، إِنْ كَانَ أَخَذَ ثُلُثَيْ دِينَارٍ رُطَبًا أَخَذَ ثُلُثَ الدِّينَارِ الَّذِي بَقِيَ لَهُ، وَإِنْ كَانَ أَخَذَ ثَلَاثَةَ أَرْبَاعِ دِينَارِهِ رُطَبًا، أَخَذَ الرُّبُعَ الَّذِي بَقِيَ لَهُ، أَوْ يَتَرَاضَيَانِ بَيْنَهُمَا، فَيَأْخُذُ بِمَا بَقِيَ لَهُ مِنْ دِينَارِهِ عِنْدَ صَاحِبِ الْحَائِطِ مَا بَدَا لَهُ إِنْ أَحَبَّ أَنْ يَأْخُذَ تَمْرًا أَوْ سِلْعَةً سِوَى التَّمْرِ أَخَذَهَا بِمَا فَضَلَ لَهُ، فَإِنْ أَخَذَ تَمْرًا أَوْ سِلْعَةً أُخْرَى فَلَا يُفَارِقْهُ حَتَّى يَسْتَوْفِيَ ذَلِكَ مِنْهُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا هَذَا بِمَنْزِلَةِ أَنْ يُكْرِيَ الرَّجُلُ الرَّجُلَ رَاحِلَتَهُ بِعَيْنِهَا أَوْ يُؤَاجِرَ غُلَامَهُ الْخَيَّاطَ أَوِ النَّجَّارَ أَوِ الْعَمَّالَ لِغَيْرِ ذَلِكَ مِنَ الْأَعْمَالِ، أَوْ يُكْرِيَ مَسْكَنَهُ، وَيَتَسَلَّفَ إِجَارَةَ ذَلِكَ الْغُلَامِ، أَوْ كِرَاءَ ذَلِكَ الْمَسْكَنِ، أَوْ تِلْكَ الرَّاحِلَةِ، ثُمَّ يَحْدُثُ فِي ذَلِكَ حَدَثٌ بِمَوْتٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ، فَيَرُدُّ رَبُّ الرَّاحِلَةِ، أَوِ الْعَبْدِ أَوِ الْمَسْكَنِ إِلَى الَّذِي سَلَّفَهُ مَا بَقِيَ مِنْ كِرَاءِ الرَّاحِلَةِ، أَوْ إِجَارَةِ الْعَبْدِ، أَوْ كِرَاءِ الْمَسْكَنِ، يُحَاسِبُ صَاحِبَهُ بِمَا اسْتَوْفَى مِنْ ذَلِكَ، إِنْ كَانَ اسْتَوْفَى نِصْفَ حَقِّهِ رَدَّ عَلَيْهِ النِّصْفَ الْبَاقِيَ الَّذِي لَهُ عِنْدَهُ، وَإِنْ كَانَ أَقَلَّ مِنْ ذَلِكَ أَوْ أَكْثَرَ فَبِحِسَابِ ذَلِكَ يَرُدُّ إِلَيْهِ مَا بَقِيَ لَهُ» قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا يَصْلُحُ التَّسْلِيفُ فِي شَيْءٍ مِنْ هَذَا، يُسَلَّفُ فِيهِ بِعَيْنِهِ، إِلَّا أَنْ يَقْبِضَ الْمُسَلِّفُ مَا سَلَّفَ فِيهِ عِنْدَ دَفْعِهِ الذَّهَبَ إِلَى صَاحِبِهِ، يَقْبِضُ الْعَبْدَ أَوِ الرَّاحِلَةَ أَوِ الْمَسْكَنَ أَوْ يَبْدَأُ فِيمَا اشْتَرَى مِنَ الرُّطَبِ. فَيَأْخُذُ مِنْهُ عِنْدَ دَفْعِهِ الذَّهَبَ إِلَى صَاحِبِهِ، لَا يَصْلُحُ أَنْ يَكُونَ فِي شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ تَأْخِيرٌ وَلَا أَجَلٌ " قَالَ مَالِكٌ: " وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ، أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: أُسَلِّفُكَ فِي رَاحِلَتِكَ فُلَانَةَ أَرْكَبُهَا فِي الْحَجِّ، وَبَيْنَهُ وَبَيْنَ الْحَجِّ أَجَلٌ مِنَ الزَّمَانِ، أَوْ يَقُولَ مِثْلَ ذَلِكَ فِي الْعَبْدِ أَوِ الْمَسْكَنِ، فَإِنَّهُ إِذَا صَنَعَ ذَلِكَ كَانَ إِنَّمَا يُسَلِّفُهُ ذَهَبًا، عَلَى أَنَّهُ إِنْ وَجَدَ تِلْكَ الرَّاحِلَةَ صَحِيحَةً لِذَلِكَ الْأَجَلِ الَّذِي سَمَّى لَهُ، فَهِيَ لَهُ بِذَلِكَ الْكِرَاءِ، وَإِنْ حَدَثَ بِهَا حَدَثٌ مِنْ مَوْتٍ أَوْ غَيْرِهِ رَدَّ عَلَيْهِ ذَهَبَهُ، وَكَانَتْ عَلَيْهِ عَلَى وَجْهِ السَّلَفِ عِنْدَهُ " قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا فَرَقَ بَيْنَ ذَلِكَ الْقَبْضُ مَنْ قَبَضَ مَا اسْتَأْجَرَ أَوِ اسْتَكْرَى فَقَدْ خَرَجَ مِنَ الْغَرَرِ وَالسَّلَفِ الَّذِي يُكْرَهُ، وَأَخَذَ أَمْرًا مَعْلُومًا، وَإِنَّمَا مَثَلُ ذَلِكَ أَنْ يَشْتَرِيَ الرَّجُلُ الْعَبْدَ أَوِ الْوَلِيدَةَ فَيَقْبِضَهُمَا، وَيَنْقُدَ أَثْمَانَهُمَا، فَإِنْ حَدَثَ بِهِمَا حَدَثٌ مِنْ عُهْدَةِ السَّنَةِ، أَخَذَ ذَهَبَهُ مِنْ صَاحِبِهِ الَّذِي ابْتَاعَ مِنْهُ، فَهَذَا لَا بَأْسَ بِهِ وَبِهَذَا مَضَتِ السُّنَّةُ فِي بَيْعِ الرَّقِيقِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنِ اسْتَأْجَرَ عَبْدًا بِعَيْنِهِ، أَوْ تَكَارَى رَاحِلَةً بِعَيْنِهَا إِلَى أَجَلٍ. يَقْبِضُ الْعَبْدَ أَوِ الرَّاحِلَةَ إِلَى ذَلِكَ الْأَجَلِ. فَقَدْ عَمِلَ بِمَا لَا يَصْلُحُ. لَا هُوَ قَبَضَ مَا اسْتَكْرَى أَوِ اسْتَأْجَرَ، وَلَا هُوَ سَلَّفَ فِي دَيْنٍ يَكُونُ ضَامِنًا عَلَى صَاحِبِهِ حَتَّى يَسْتَوْفِيَهُ»

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « Celui qui achète des fruits de palmiers désignés ou d'un verger désigné, ou du lait de brebis désignées, il n'y a pas de mal à cela s'il est pris sans délai, l'acheteur commençant à le prendre au moment où il verse le prix. Cela est comparable à une grande outre d'huile dont un homme achète pour un dīnār ou deux : il lui remet son or et lui pose pour condition de lui en mesurer. Il n'y a pas de mal à cela. Si l'outre se fend et que son huile se perd, l'acheteur n'a droit qu'à son or, et il n'y a pas de vente entre eux. Quant à toute chose présente, achetée telle qu'elle se présente, comme le lait lorsqu'il est trait et les dattes fraîches que l'on cueille, l'acheteur en prenant jour après jour, il n'y a pas de mal à cela. Si elle s'épuise avant que l'acheteur n'ait reçu tout ce qu'il a acheté, le vendeur lui restitue de son or à proportion de ce qui lui reste dû, ou bien l'acheteur prend de lui, pour ce qui lui reste, une marchandise dont ils conviennent tous deux, et il ne le quitte pas avant de l'avoir prise. S'il le quitte, cela est réprouvé, car il s'y introduit la dette contre la dette, et il a été interdit [de vendre] le kāliʾ contre le kāliʾ [créance différée contre créance différée]. Si un terme intervient dans leur vente, cela est réprouvé ; ni retard ni délai n'y sont licites. Cela n'est valable que selon une description connue, à un terme fixé, le vendeur en étant garant envers l'acheteur, et sans que cela soit désigné dans un verger déterminé ni dans des brebis déterminées. » On interrogea Mālik sur l'homme qui achète à un autre le verger comportant diverses variétés de palmiers, ʿajwa, kabīs, ʿadhq et autres variétés de dattes, et [le vendeur] en excepte les fruits d'un palmier ou de quelques palmiers qu'il choisira parmi ses palmiers. Mālik dit : « Cela n'est pas valable, car, en agissant ainsi, il délaisse les fruits d'un palmier de ʿajwa, dont la mesure des fruits est de quinze ṣāʿ, et prend à sa place les fruits d'un palmier de kabīs, dont la mesure des fruits est de dix ṣāʿ ; et s'il prend la ʿajwa qui porte quinze ṣāʿ et laisse celui qui porte dix ṣāʿ de kabīs, c'est comme s'il avait acheté la ʿajwa contre le kabīs avec inégalité. Cela revient à ce qu'un homme s'adresse à un autre, devant qui se trouvent des tas de dattes, la ʿajwa mise en un tas de quinze ṣāʿ, le kabīs en un tas de dix ṣāʿ et le ʿadhq en un tas de douze ṣāʿ, et donne au propriétaire des dattes un dīnār à condition de choisir et de prendre celui de ces tas qu'il voudra. Mālik a dit : cela n'est pas valable. » On interrogea Mālik sur l'homme qui achète les dattes fraîches au propriétaire du verger et lui avance le dīnār : à quoi a-t-il droit si les dattes fraîches de ce verger viennent à disparaître ? Mālik dit : « Il fait le compte avec le propriétaire du verger, puis reprend ce qui lui reste de son dīnār. S'il a pris des dattes fraîches pour les deux tiers d'un dīnār, il reprend le tiers de dīnār qui lui reste ; et s'il a pris des dattes fraîches pour les trois quarts de son dīnār, il reprend le quart qui lui reste. Ou bien ils s'entendent entre eux, et il prend, pour ce qui lui reste de son dīnār auprès du propriétaire du verger, ce que bon lui semble : s'il souhaite prendre des dattes sèches ou une marchandise autre que les dattes, il la prend pour ce qui lui reste. S'il prend des dattes sèches ou une autre marchandise, qu'il ne le quitte pas avant d'en avoir reçu livraison. » Mālik a dit : « Cela est comparable au cas où un homme loue à un autre sa monture déterminée, ou loue les services de son esclave tailleur, menuisier ou ouvrier pour d'autres travaux, ou loue son logement, et reçoit d'avance le salaire de cet esclave, ou le loyer de ce logement ou de cette monture ; puis survient en cela un événement, mort ou autre. Le propriétaire de la monture, de l'esclave ou du logement restitue alors à celui qui lui a fait l'avance ce qui reste du loyer de la monture, du salaire de l'esclave ou du loyer du logement. Il fait le compte avec son partenaire de ce dont celui-ci a bénéficié : s'il a reçu la moitié de son droit, il lui restitue la moitié restante qui lui est due ; et si c'est moins ou plus que cela, il lui restitue, à proportion, ce qui lui reste. » Mālik a dit : « L'avance n'est valable pour aucune de ces choses, lorsqu'elle porte sur une chose déterminée, que si celui qui fait l'avance prend possession de ce pour quoi il l'a faite au moment où il remet l'or à son partenaire : il prend possession de l'esclave, de la monture ou du logement, ou bien il commence à prendre de ce qu'il a acheté de dattes fraîches, et en prend au moment où il remet l'or à son partenaire. Il n'est pas valable qu'il y ait en rien de cela retard ni terme. » Mālik a dit : « L'explication de ce qui est réprouvé en cela est qu'un homme dise à un autre : "Je te verse d'avance [le loyer] de ta monture Unetelle, que je monterai pour le ḥajj", alors qu'un laps de temps le sépare du ḥajj, ou qu'il dise la même chose pour l'esclave ou le logement. S'il agit ainsi, il ne fait que lui avancer de l'or, à condition que, s'il trouve cette monture saine au terme qu'il lui a fixé, elle soit à lui pour ce loyer, et que, s'il lui arrive un accident, mort ou autre, il lui restitue son or, lequel aura été chez lui à titre de prêt. » Mālik a dit : « Ce qui distingue ces cas, c'est la prise de possession : celui qui prend possession de ce qu'il a pris à louage ou loué est sorti de l'aléa et du prêt qui est réprouvé, et il a pris une chose connue. Cela est comparable au cas où l'homme achète l'esclave homme ou femme, en prend possession et en paie le prix comptant : s'il leur arrive un accident relevant de la garantie de l'année, il reprend son or à celui à qui il a acheté. Il n'y a pas de mal à cela, et telle est la sunna établie dans la vente des esclaves. » Mālik a dit : « Celui qui prend à louage un esclave déterminé, ou loue une monture déterminée, à terme, ne devant prendre possession de l'esclave ou de la monture qu'à ce terme, a fait ce qui n'est pas valable : il n'a ni pris possession de ce qu'il a loué, ni fait une avance sur une dette dont son partenaire serait garant jusqu'à ce qu'il en reçoive le paiement. »

    Celui qui excepte est le vendeur selon az-Zurqānī ; d'autres y voient l'acheteur, et plusieurs transmetteurs du Muwaṭṭaʾ ont « et il en achète » au lieu de « et il en excepte ».

  43. La vente des fruits de table [fākiha]بَابُ بَيْعِ الْفَاكِهَةِ
  44. 1369

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّ مَنِ ابْتَاعَ شَيْئًا مِنَ الْفَاكِهَةِ مِنْ رَطْبِهَا أَوْ يَابِسِهَا، فَإِنَّهُ لَا يَبِيعُهُ حَتَّى يَسْتَوْفِيَهُ، وَلَا يُبَاعُ شَيْءٌ مِنْهَا بَعْضُهُ بِبَعْضٍ، إِلَّا يَدًا بِيَدٍ، وَمَا كَانَ مِنْهَا مِمَّا يَيْبَسُ، فَيَصِيرُ فَاكِهَةً يَابِسَةً تُدَّخَرُ، وَتُؤْكَلُ، فَلَا يُبَاعُ بَعْضُهُ بِبَعْضٍ إِلَّا يَدًا بِيَدٍ، وَمِثْلًا بِمِثْلٍ إِذَا كَانَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ، فَإِنْ كَانَ مِنْ صِنْفَيْنِ مُخْتَلِفَيْنِ، فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يُبَاعَ مِنْهُ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ يَدًا بِيَدٍ، وَلَا يَصْلُحُ إِلَى أَجَلٍ، وَمَا كَانَ مِنْهَا لَا يَيْبَسُ وَلَا يُدَّخَرُ، وَإِنَّمَا يُؤْكَلُ رَطْبًا كَهَيْئَةِ الْبِطِّيخِ وَالْقِثَّاءِ وَالْخِرْبِزِ، وَالْجَزَرِ وَالأُتْرُنْجِ، وَالْمَوْزِ وَالرُّمَّانِ وَمَا كَانَ مِثْلَهُ، وَإِنْ يَبِسَ لَمْ يَكُنْ فَاكِهَةً بَعْدَ ذَلِكَ، فَلَيْسَ هُوَ مِمَّا يُدَّخَرُ، وَيَكُونُ فَاكِهَةً، قَالَ: فَأَرَاهُ خَفِيفًا أَنْ يُؤْخَذَ مِنْهُ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ يَدًا بِيَدٍ، قَالَ: فَإِذَا لَمْ يَدْخُلْ فِيهِ شَيْءٌ مِنَ الْأَجَلِ فَإِنَّهُ لَا بَأْسَ بِهِ "

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que celui qui achète des fruits, frais ou secs, ne les revend pas avant d'en avoir pris livraison, et que l'on n'en vend rien l'un contre l'autre si ce n'est de la main à la main. Ceux d'entre eux qui sèchent et deviennent des fruits secs que l'on conserve et que l'on mange ne se vendent l'un contre l'autre que de la main à la main et à quantité égale, s'ils sont d'une seule espèce. S'ils sont de deux espèces différentes, il n'y a pas de mal à en vendre deux contre un, de la main à la main, mais cela n'est pas valable à terme. Quant à ceux qui ne sèchent pas et ne se conservent pas, mais se mangent seulement frais, comme la pastèque, le concombre, le khirbiz, la carotte, le cédrat, la banane, la grenade et ce qui leur est semblable, qui, s'ils sèchent, ne sont plus ensuite des fruits et ne sont donc pas de ce que l'on conserve comme fruit, il a dit : je considère comme chose légère [tolérée] d'en prendre, d'une seule espèce, deux contre un, de la main à la main. Dès lors qu'aucun terme n'y entre, il n'y a pas de mal à cela. »

    Une autre édition du texte porte « حَقِيقًا » [digne d'être permis], mot de tracé voisin ; al-Bājī et az-Zurqānī lisent « chose légère ».

  45. La vente de l'or contre l'argent, en monnaie et en métal brutبَابُ بَيْعِ الذَّهَبِ بِالْوَرِقِ عَيْنًا وَتِبْرًا
  46. 1370

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ قَالَ: أَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ السَّعْدَيْنِ أَنْ يَبِيعَا آنِيَةً مِنَ الْمَغَانِمِ مِنْ ذَهَبٍ أَوْ فِضَّةٍ، فَبَاعَا كُلَّ ثَلَاثَةٍ بِأَرْبَعَةٍ عَيْنًا أَوْ كُلَّ أَرْبَعَةٍ بِثَلَاثَةٍ عَيْنًا، فَقَالَ لَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَرْبَيْتُمَا فَرُدَّا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ordonna aux deux Saʿd de vendre des récipients d'or ou d'argent provenant du butin. Ils vendirent chaque [poids de] trois pour quatre en monnaie, ou chaque [poids de] quatre pour trois en monnaie. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leur dit alors : « Vous avez pratiqué le ribā [le surplus illicite], annulez donc [la vente]. »

    Les deux Saʿd : Saʿd ibn Abī Waqqāṣ et Saʿd ibn ʿUbāda, chargés du butin de Khaybar, selon az-Zurqānī.

  47. 1371

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ مُوسَى بْنِ أَبِي تَمِيمٍ، عَنْ أَبِي الْحُبَابِ سَعِيدِ بْنِ يَسَارٍ، عنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «الدِّينَارُ بِالدِّينَارِ، وَالدِّرْهَمُ بِالدِّرْهَمِ لَا فَضْلَ بَيْنَهُمَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Mūsā ibn Abī Tamīm, d'après Abū al-Ḥubāb Saʿīd ibn Yasār, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Le dīnār contre le dīnār et le dirham contre le dirham, sans excédent entre eux. »

  48. 1372

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَا تَبِيعُوا الذَّهَبَ بِالذَّهَبِ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا الْوَرِقَ بِالْوَرِقِ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا مِنْهَا شَيْئًا غَائِبًا بِنَاجِزٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après Abū Saʿīd al-Khudrī, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Ne vendez l'or contre l'or qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. Ne vendez l'argent contre l'argent qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. Et n'en vendez rien d'absent contre du présent. »

  49. 1373

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ قَيْسٍ الْمَكِّيِّ، عَنْ مُجَاهِدٍ، أَنَّهُ قَالَ كُنْتُ مَعَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ فَجَاءَهُ صَائِغٌ، فَقَالَ لَهُ يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ، إِنِّي أَصُوغُ الذَّهَبَ ثُمَّ أَبِيعُ الشَّيْءَ مِنْ ذَلِكَ بِأَكْثَرَ مِنْ وَزْنِهِ، فَأَسْتَفْضِلُ مِنْ ذَلِكَ قَدْرَ عَمَلِ يَدِي، فَنَهَاهُ عَبْدُ اللَّهِ عَنْ ذَلِكَ فَجَعَلَ الصَّائِغُ يُرَدِّدُ عَلَيْهِ الْمَسْأَلَةَ، وَعَبْدُ اللَّهِ يَنْهَاهُ حَتَّى انْتَهَى إِلَى بَابِ الْمَسْجِدِ أَوْ إِلَى دَابَّةٍ يُرِيدُ أَنْ يَرْكَبَهَا، ثُمَّ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: «الدِّينَارُ بِالدِّينَارِ، وَالدِّرْهَمُ بِالدِّرْهَمِ لَا فَضْلَ بَيْنَهُمَا، هَذَا عَهْدُ نَبِيِّنَا إِلَيْنَا وَعَهْدُنَا إِلَيْكُمْ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ḥumayd ibn Qays al-Makkī, d'après Mujāhid, qu'il a dit : J'étais avec ʿAbd Allāh ibn ʿUmar lorsqu'un orfèvre vint à lui et lui dit : « Ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān, je façonne l'or, puis je vends l'objet qui en est fait pour plus que son poids, et je retiens ainsi en surplus la valeur du travail de ma main. » ʿAbd Allāh le lui interdit. L'orfèvre se mit à lui répéter la question, et ʿAbd Allāh à le lui interdire, jusqu'à ce qu'il parvienne à la porte de la mosquée, ou à une monture qu'il voulait enfourcher. Puis ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Le dīnār contre le dīnār et le dirham contre le dirham, sans excédent entre eux. Tel est l'engagement que notre Prophète a pris de nous, et tel est celui que nous prenons de vous. »

  50. 1374

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنْ جَدِّهِ مَالِكِ بْنِ أَبِي عَامِرٍ، أَنَّ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ قَالَ: قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «لَا تَبِيعُوا الدِّينَارَ بِالدِّينَارَيْنِ، وَلَا الدِّرْهَمَ بِالدِّرْهَمَيْنِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après son grand-père Mālik ibn Abī ʿĀmir, que ʿUthmān ibn ʿAffān a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'a dit : « Ne vendez pas le dīnār contre deux dīnār, ni le dirham contre deux dirham. »

  51. 1375

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّ مُعَاوِيَةَ بْنَ أَبِي سُفْيَانَ بَاعَ سِقَايَةً مِنْ ذَهَبٍ أَوْ وَرِقٍ بِأَكْثَرَ مِنْ وَزْنِهَا، فَقَالَ أَبُو الدَّرْدَاءِ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «يَنْهَى عَنْ مِثْلِ هَذَا إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ»، فَقَالَ لَهُ مُعَاوِيَةُ: مَا أَرَى بِمِثْلِ هَذَا بَأْسًا. فَقَالَ أَبُو الدَّرْدَاءِ: مَنْ يَعْذِرُنِي مِنْ مُعَاوِيَةَ؟ أَنَا أُخْبِرُهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَيُخْبِرُنِي عَنْ رَأْيِهِ، لَا أُسَاكِنُكَ بِأَرْضٍ أَنْتَ بِهَا " ثُمَّ قَدِمَ أَبُو الدَّرْدَاءِ عَلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ فَذَكَرَ ذَلِكَ لَهُ، فَكَتَبَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ إِلَى مُعَاوِيَةَ: أَنْ لَا تَبِيعَ ذَلِكَ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ وَزْنًا بِوَزْنٍ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, que Muʿāwiya ibn Abī Sufyān vendit une siqāya d'or ou d'argent pour plus que son poids. Abū ad-Dardāʾ dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, interdire une chose pareille, sauf à quantité égale. » Muʿāwiya lui dit : « Je ne vois pas de mal à une chose pareille. » Abū ad-Dardāʾ dit alors : « Qui me justifiera à l'égard de Muʿāwiya ? Je l'informe de ce qui vient du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et il m'informe de son opinion ! Je n'habiterai pas avec toi une terre où tu te trouves. » Puis Abū ad-Dardāʾ se rendit auprès de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et lui rapporta cela. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb écrivit alors à Muʿāwiya : « Ne vends cela qu'à quantité égale, poids pour poids. »

    Siqāya : grande coupe servant à boire et à mesurer, selon Ibn Ḥabīb cité par az-Zurqānī.

  52. 1376

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «لَا تَبِيعُوا الذَّهَبَ بِالذَّهَبِ. إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا الْوَرِقِ بِالْوَرِقِ. إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا الْوَرِقَ بِالذَّهَبِ أَحَدُهُمَا غَائِبٌ، وَالْآخَرُ نَاجِزٌ، وَإِنِ اسْتَنْظَرَكَ إِلَى أَنْ يَلِجَ بَيْتَهُ، فَلَا تُنْظِرْهُ إِنِّي أَخَافُ عَلَيْكُمُ الرَّمَاءَ»، وَالرَّمَاءُ هُوَ الرِّبَا

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Ne vendez l'or contre l'or qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. Ne vendez l'argent contre l'argent qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. Ne vendez pas l'argent contre l'or lorsque l'un est absent et l'autre présent. S'il te demande d'attendre le temps qu'il entre dans sa maison, ne lui accorde pas ce délai. Je crains pour vous le ramāʾ. » Et le ramāʾ, c'est le ribā.

  53. 1377

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بنِ دِينارٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «لَا تَبِيعُوا الذَّهَبَ بِالذَّهَبِ. إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا الْوَرِقِ بِالْوَرِقِ. إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَا تُشِفُّوا بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ، وَلَا تَبِيعُوا مِنْهَا شَيْئًا غَائِبًا بِنَاجِزٍ، وَإِنِ اسْتَنْظَرَكَ إِلَى أَنْ يَلِجَ بَيْتَهُ، فَلَا تُنْظِرْهُ إِنِّي أَخَافُ عَلَيْكُمُ الرَّمَاءَ»، وَالرَّمَاءُ هُوَ الرِّبَا

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Dīnār, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Ne vendez l'or contre l'or qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. Ne vendez l'argent contre l'argent qu'à quantité égale, et n'en faites pas excéder une partie sur l'autre. N'en vendez rien d'absent contre du présent. S'il te demande d'attendre le temps qu'il entre dans sa maison, ne lui accorde pas ce délai. Je crains pour vous le ramāʾ. » Et le ramāʾ, c'est le ribā.

  54. 1378

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ أَنَّهُ قَالَ: قَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «الدِّينَارُ بِالدِّينَارِ، وَالدِّرْهَمُ بِالدِّرْهَمِ، وَالصَّاعُ بِالصَّاعِ، وَلَا يُبَاعُ كَالِئٌ بِنَاجِزٍ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, qu'il a dit : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Le dīnār contre le dīnār, le dirham contre le dirham, le ṣāʿ [mesure de capacité] contre le ṣāʿ ; et l'on ne vend pas ce qui est différé contre ce qui est présent. »

  55. 1379

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ يَقُولُ: «لَا رِبًا إِلَّا فِي ذَهَبٍ أَوْ فِضَّةٍ، أَوْ مَا يُكَالُ أَوْ يُوزَنُ مِمَّا يُؤْكَلُ أَوْ يُشْرَبُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab dire : « Il n'y a de ribā que dans l'or ou l'argent, ou dans ce qui se mesure ou se pèse parmi ce qui se mange ou se boit. »

  56. 1380

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ يَقُولُ: «قَطْعُ الذَّهَبِ وَالْوَرِقِ مِنَ الْفَسَادِ فِي الْأَرْضِ» قَالَ مَالِكٌ: وَلَا بَأْسَ بِأَنْ يَشْتَرِيَ الرَّجُلُ الذَّهَبَ بِالْفِضَّةِ، وَالْفِضَّةَ بِالذَّهَبِ، جِزَافًا إِذَا كَانَ تِبْرًا أَوْ حَلْيًا قَدْ صِيغَ، فَأَمَّا الدَّرَاهِمُ الْمَعْدُودَةُ، وَالدَّنَانِيرُ الْمَعْدُودَةُ، فَلَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ أَنْ يَشْتَرِيَ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ جِزَافًا، حَتَّى يُعْلَمَ وَيُعَدَّ، فَإِنِ اشْتُرِيَ ذَلِكَ جِزَافًا، فَإِنَّمَا يُرَادُ بِهِ الْغَرَرُ حِينَ يُتْرَكُ عَدَدُهُ، وَيُشْتَرَى جِزَافًا وَلَيْسَ هَذَا مِنْ بُيُوعِ الْمُسْلِمِينَ، فَأَمَّا مَا كَانَ يُوزَنُ مِنَ التِّبْرِ وَالْحَلْيِ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يُبَاعَ ذَلِكَ جِزَافًا، وَإِنَّمَا ابْتِيَاعُ ذَلِكَ جِزَافًا كَهَيْئَةِ الْحِنْطَةِ وَالتَّمْرِ وَنَحْوِهِمَا مِنَ الْأَطْعِمَةِ الَّتِي تُبَاعُ جِزَافًا، وَمِثْلُهَا يُكَالُ فَلَيْسَ بِابْتِيَاعِ ذَلِكَ جِزَافًا بَأْسٌ " قَالَ مَالِكٌ: مَنِ اشْتَرَى مُصْحَفًا أَوْ سَيْفًا أَوْ خَاتَمًا، وَفِي شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ ذَهَبٌ أَوْ فِضَّةٌ بِدَنَانِيرَ أَوْ دَرَاهِمَ فَإِنَّ مَا اشْتُرِيَ مِنْ ذَلِكَ وَفِيهِ الذَّهَبُ بِدَنَانِيرَ فَإِنَّهُ يُنْظَرُ إِلَى قِيمَتِهِ، فَإِنْ كَانَتْ قِيمَةُ ذَلِكَ الثُّلُثَيْنِ، وَقِيمَةُ مَا فِيهِ مِنَ الذَّهَبِ الثُّلُثَ، فَذَلِكَ جَائِزٌ لَا بَأْسَ بِهِ، إِذَا كَانَ ذَلِكَ يَدًا بِيَدٍ، وَلَا يَكُونُ فِيهِ تَأْخِيرٌ، وَمَا اشْتُرِيَ مِنْ ذَلِكَ بِالْوَرِقِ مِمَّا فِيهِ الْوَرِقُ، نُظِرَ إِلَى قِيمَتِهِ، فَإِنْ كَانَتْ قِيمَةُ ذَلِكَ الثُّلُثَيْنِ، وَقِيمَةُ مَا فِيهِ مِنَ الْوَرِقِ الثُّلُثَ، فَذَلِكَ جَائِزٌ لَا بَأْسَ بِهِ، إِذَا كَانَ ذَلِكَ يَدًا بِيَدٍ، وَلَمْ يَزَلْ ذَلِكَ مِنْ أَمْرِ النَّاسِ عِنْدَنَا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab dire : « Rogner [les pièces d']or et d'argent relève de la corruption sur terre. » Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à ce que l'homme achète l'or contre l'argent et l'argent contre l'or en bloc, sans mesure [jizāf], lorsqu'il s'agit de métal brut [tibr] ou de bijoux déjà façonnés. Quant aux dirham qui se comptent et aux dīnār qui se comptent, il ne convient à personne d'en acheter quoi que ce soit en bloc, tant que cela n'est pas connu et compté. Si on l'achète en bloc, on ne recherche par là que l'aléa, puisqu'on en délaisse le compte pour l'acheter en bloc ; et cela ne fait pas partie des ventes des musulmans. Quant à ce qui se pèse, métal brut et bijoux, il n'y a pas de mal à le vendre en bloc. L'acheter en bloc est à l'image du blé, des dattes et des denrées semblables qui se vendent en bloc alors que leurs pareilles se mesurent : il n'y a donc pas de mal à l'acheter en bloc. Mālik a dit : Celui qui achète un muṣḥaf [exemplaire du Coran], un sabre ou une bague comportant de l'or ou de l'argent, contre des dīnār ou des dirham : pour ce qui, comportant de l'or, est acheté contre des dīnār, on en considère la valeur. Si la valeur de l'objet est des deux tiers et la valeur de l'or qu'il contient du tiers, cela est permis, il n'y a pas de mal à cela, lorsque c'est de la main à la main et qu'il n'y a aucun délai. Et pour ce qui, comportant de l'argent, est acheté contre de l'argent, on en considère la valeur. Si la valeur de l'objet est des deux tiers et la valeur de l'argent qu'il contient du tiers, cela est permis, il n'y a pas de mal à cela, lorsque c'est de la main à la main. Telle n'a cessé d'être la pratique des gens chez nous.

  57. Ce qui est rapporté sur le changeبَابُ مَا جَاءَ فِي الصَّرْفِ
  58. 1381

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ مَالِكِ بْنِ أَوْسِ بْنِ الْحَدَثَانِ النَّصْرِيِّ أَنَّهُ الْتَمَسَ صَرْفًا بِمِائَةِ دِينَارٍ، قَالَ فَدَعَانِي طَلْحَةُ بْنُ عُبَيْدِ اللَّهِ فَتَرَاوَضْنَا حَتَّى اصْطَرَفَ مِنِّي وَأَخَذَ الذَّهَبَ يُقَلِّبُهَا فِي يَدِهِ، ثُمَّ قَالَ: حَتَّى يَأْتِيَنِي خَازِنِي مِنَ الْغَابَةِ وَعُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ يَسْمَعُ، فَقَالَ عُمَرُ: وَاللَّهِ لَا تُفَارِقْهُ حَتَّى تَأْخُذَ مِنْهُ، ثُمَّ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «الذَّهَبُ بِالْوَرِقِ رِبًا، إِلَّا هَاءَ وَهَاءَ، وَالْبُرُّ بِالْبُرِّ رِبًا، إِلَّا هَاءَ وَهَاءَ، وَالتَّمْرُ بِالتَّمْرِ رِبًا، إِلَّا هَاءَ وَهَاءَ، وَالشَّعِيرُ بِالشَّعِيرِ رِبًا، إِلَّا هَاءَ وَهَاءَ» قَالَ مَالِكٌ: إِذَا اصْطَرَفَ الرَّجُلُ دَرَاهِمَ بِدِينَارٍ، ثُمَّ وَجَدَ فِيهَا دِرْهَمًا زَائِفًا، فَأَرَادَ رَدَّهُ انْتَقَضَ صَرْفُ الدِّينَارِ، وَرَدَّ إِلَيْهِ وَرِقَهُ، وَأَخَذَ إِلَيْهِ دِينَارَهُ، وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «الذَّهَبُ بِالْوَرِقِ رِبًا، إِلَّا هَاءَ وَهَاءَ» وَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «وَإِنِ اسْتَنْظَرَكَ إِلَى أَنْ يَلِجَ بَيْتَهُ، فَلَا تُنْظِرْهُ وَهُوَ إِذَا رَدَّ عَلَيْهِ دِرْهَمًا مِنْ صَرْفٍ بَعْدَ أَنْ يُفَارِقَهُ كَانَ بِمَنْزِلَةِ الدَّيْنِ أَوِ الشَّيْءِ الْمُسْتَأْخِرِ، فَلِذَلِكَ كُرِهَ ذَلِكَ، وَانْتَقَضَ الصَّرْفُ، وَإِنَّمَا أَرَادَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ أَنْ لَا يُبَاعَ الذَّهَبُ وَالْوَرِقُ، وَالطَّعَامُ كُلُّهُ عَاجِلًا بِآجِلٍ، فَإِنَّهُ لَا يَنْبَغِي أَنْ يَكُونَ فِي شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ تَأْخِيرٌ، وَلَا نَظِرَةٌ وَإِنْ كَانَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ أَوْ مُخْتَلِفَةً أَصْنَافُهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Mālik ibn Aws ibn al-Ḥadathān an-Naṣrī, qu'il chercha à changer cent dīnār. Il a dit : Ṭalḥa ibn ʿUbayd Allāh m'appela et nous débattîmes [du prix], jusqu'à ce qu'il conclue le change [ṣarf] avec moi. Il prit l'or, qu'il retournait dans sa main, puis il dit : « [Attends] que mon trésorier me revienne d'al-Ghāba. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb entendait. ʿUmar dit : « Par Allah, tu ne le quitteras pas avant d'avoir reçu de lui [ton dû]. » Puis il dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « L'or contre l'argent est ribā, sauf donnant, donnant. Le froment contre le froment est ribā, sauf donnant, donnant. Les dattes contre les dattes sont ribā, sauf donnant, donnant. L'orge contre l'orge est ribā, sauf donnant, donnant. » Mālik a dit : Lorsqu'un homme a changé des dirham contre un dīnār, puis y trouve un dirham de mauvais aloi et veut le rendre, le change du dīnār est rompu : il lui rend son argent et reprend son dīnār. L'explication de ce qui est réprouvé en cela est que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « L'or contre l'argent est ribā, sauf donnant, donnant », et que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « S'il te demande d'attendre le temps qu'il entre dans sa maison, ne lui accorde pas ce délai. » Or, lorsqu'il lui rend un dirham d'un change après l'avoir quitté, cela tient lieu de dette ou de chose différée ; c'est pourquoi cela est réprouvé et le change est rompu. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a seulement voulu que l'or, l'argent et toute nourriture ne soient pas vendus, l'un immédiat contre l'autre à terme : il ne convient pas qu'il y ait en rien de cela ni retard ni délai, que ce soit d'une seule espèce ou d'espèces différentes.

    Al-Ghāba : lieu proche de Médine où Ṭalḥa avait des biens. « Donnant, donnant » rend « hāʾa wa-hāʾa », littéralement « tiens » et « tiens ».

  59. L'échange au poids [murāṭala]بَابُ الْمُرَاطَلَةِ
  60. 1382

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَزِيدَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قُسَيْطٍ، أَنَّهُ رَأَى سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ: «يُرَاطِلُ الذَّهَبَ بِالذَّهَبِ، فَيُفْرِغُ ذَهَبَهُ فِي كِفَّةِ الْمِيزَانِ، وَيُفْرِغُ صَاحِبُهُ الَّذِي يُرَاطِلُهُ ذَهَبَهُ فِي كِفَّةِ الْمِيزَانِ الْأُخْرَى، فَإِذَا اعْتَدَلَ لِسَانُ الْمِيزَانِ أَخَذَ وَأَعْطَى» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي بَيْعِ الذَّهَبِ بِالذَّهَبِ، وَالْوَرِقِ بِالْوَرِقِ مُرَاطَلَةً أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِذَلِكَ، أَنْ يَأْخُذَ أَحَدَ عَشَرَ دِينَارًا، بعَشَرَةِ دَنَانِيرَ يَدًا بِيَدٍ، إِذَا كَانَ وَزْنُ الذَّهَبَيْنِ سَوَاءً عَيْنًا بِعَيْنٍ، وَإِنْ تَفَاضَلَ الْعَدَدُ، وَالدَّرَاهِمُ أَيْضًا فِي ذَلِكَ بِمَنْزِلَةِ الدَّنَانِيرِ» قَالَ مَالِكٌ: «مَنْ رَاطَلَ ذَهَبًا بِذَهَبٍ، أَوْ وَرِقًا بِوَرِقٍ، فَكَانَ بَيْنَ الذَّهَبَيْنِ فَضْلُ مِثْقَالٍ، فَأَعْطَى صَاحِبَهُ قِيمَتَهُ مِنَ الْوَرِقِ أَوْ مِنْ غَيْرِهَا، فَلَا يَأْخُذُهُ، فَإِنَّ ذَلِكَ قَبِيحٌ، وَذَرِيعَةٌ لِلرِّبَا، لِأَنَّهُ إِذَا جَازَ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ الْمِثْقَالَ بِقِيمَتِهِ، حَتَّى كَأَنَّهُ اشْتَرَاهُ عَلَى حِدَتِهِ، جَازَ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ الْمِثْقَالَ مِرَارًا، لِأَنْ يُجِيزَ ذَلِكَ الْبَيْعَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ صَاحِبِهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَوْ أَنَّهُ بَاعَهُ ذَلِكَ الْمِثْقَالَ مُفْرَدًا، لَيْسَ مَعَهُ غَيْرُهُ لَمْ يَأْخُذْهُ بِعُشْرِ الثَّمَنِ الَّذِي أَخَذَهُ بِهِ، لِأَنْ يُجَوِّزَ لَهُ الْبَيْعَ، فَذَلِكَ الذَّرِيعَةُ إِلَى إِحْلَالِ الْحَرَامِ، وَالْأَمْرُ الْمَنْهِيُّ عَنْهُ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يُرَاطِلُ الرَّجُلَ، وَيُعْطِيهِ الذَّهَبَ الْعُتُقَ الْجِيَادَ، وَيَجْعَلُ مَعَهَا تِبْرًا ذَهَبًا غَيْرَ جَيِّدَةٍ، وَيَأْخُذُ مِنْ صَاحِبِهِ ذَهَبًا كُوفِيَّةً مُقَطَّعَةً، وَتِلْكَ الْكُوفِيَّةُ مَكْرُوهَةٌ عِنْدَ النَّاسِ، فَيَتَبَايَعَانِ ذَلِكَ مِثْلًا بِمِثْلٍ، إِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ» قَالَ: " وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ، أَنَّ صَاحِبَ الذَّهَبِ الْجِيَادِ أَخَذَ فَضْلَ عُيُونِ ذَهَبِهِ فِي التِّبْرِ الَّذِي طَرَحَ مَعَ ذَهَبِهِ، وَلَوْلَا فَضْلُ ذَهَبِهِ عَلَى ذَهَبِ صَاحِبِهِ لَمْ يُرَاطِلْهُ صَاحِبُهُ بِتِبْرِهِ، ذَلِكَ إِلَى ذَهَبِهِ الْكُوفِيَّةِ، وَإِنَّمَا مَثَلُ ذَلِكَ كَمَثَلِ رَجُلٍ أَرَادَ أَنْ يَبْتَاعَ ثَلَاثَةَ آصُعٍ مِنْ تَمْرٍ عَجْوَةٍ، بِصَاعَيْنِ وَمُدٍّ مِنْ تَمْرٍ كَبِيسٍ، فَقِيلَ لَهُ: هَذَا لَا يَصْلُحُ، فَجَعَلَ صَاعَيْنِ مِنْ كَبِيسٍ، وَصَاعًا مِنْ حَشَفٍ، يُرِيدُ أَنْ يُجِيزَ بِذَلِكَ بَيْعَهُ، فَذَلِكَ لَا يَصْلُحُ. لَمْ يَكُنْ صَاحِبُ الْعَجْوَةِ لِيُعْطِيَهُ صَاعًا مِنَ الْعَجْوَةِ بِصَاعٍ مِنْ حَشَفٍ، وَلَكِنَّهُ إِنَّمَا أَعْطَاهُ ذَلِكَ لِفَضْلِ الْكَبِيسِ، أَوْ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ بِعْنِي ثَلَاثَةَ آصُعٍ مِنَ الْبَيْضَاءِ بِصَاعَيْنِ وَنِصْفٍ مِنْ حِنْطَةٍ شَامِيَّةٍ، فَيَقُولُ: هَذَا لَا يَصْلُحُ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، فَيَجْعَلُ صَاعَيْنِ مِنْ حِنْطَةٍ شَامِيَّةٍ، وَصَاعًا مِنْ شَعِيرٍ، يُرِيدُ أَنْ يُجِيزَ بِذَلِكَ الْبَيْعَ فِيمَا بَيْنَهُمَا، فَهَذَا لَا يَصْلُحُ، لِأَنَّهُ لَمْ يَكُنْ لِيُعْطِيَهُ بِصَاعٍ مِنْ شَعِيرٍ صَاعًا مِنْ حِنْطَةٍ بَيْضَاءَ، لَوْ كَانَ ذَلِكَ الصَّاعُ مُفْرَدًا، وَإِنَّمَا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ لِفَضْلِ الشَّامِيَّةِ عَلَى الْبَيْضَاءِ، فَهَذَا لَا يَصْلُحُ، وَهُوَ مِثْلُ مَا وَصَفْنَا مِنَ التِّبْرِ " قَالَ مَالِكٌ: «فَكُلُّ شَيْءٍ مِنَ الذَّهَبِ وَالْوَرِقِ، وَالطَّعَامِ كُلِّهِ الَّذِي لَا يَنْبَغِي أَنْ يُبْتَاعَ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، فَلَا يَنْبَغِي أَنْ يُجْعَلَ مَعَ الصِّنْفِ الْجَيِّدِ مِنْهُ الْمَرْغُوبِ فِيهِ الشَّيْءُ الرَّدِيءُ الْمَسْخُوطُ، لِيُجَازَ بِذلِكَ الْبَيْعُ، وَيُسْتَحَلَّ بِذَلِكَ مَا نُهِيَ عَنْهُ، مِنَ الْأَمْرِ الَّذِي لَا يَصْلُحُ إِذَا جُعِلَ مَعَ الصِّنْفِ الْمَرْغُوبِ فِيهِ، وَإِنَّمَا يُرِيدُ صَاحِبُ ذَلِكَ أَنْ يُدْرِكَ بِذَلِكَ فَضْلَ جَوْدَةِ مَا يَبِيعُ، فَيُعْطِي الشَّيْءَ الَّذِي لَوْ أَعْطَاهُ وَحْدَهُ، لَمْ يَقْبَلْهُ صَاحِبُهُ وَلَمْ يَهْمُمْ بِذَلِكَ، وَإِنَّمَا يَقْبَلُهُ مِنْ أَجْلِ الَّذِي يَأْخُذُ مَعَهُ لِفَضْلِ سِلْعَةِ صَاحِبِهِ عَلَى سِلْعَتِهِ، فَلَا يَنْبَغِي لِشَيْءٍ مِنَ الذَّهَبِ وَالْوَرِقِ، وَالطَّعَامِ أَنْ يَدْخُلَهُ شَيْءٌ مِنْ هَذِهِ الصِّفَةِ، فَإِنْ أَرَادَ صَاحِبُ الطَّعَامِ الرَّدِيءِ أَنْ يَبِيعَهُ بِغَيْرِهِ، فَلْيَبِعْهُ عَلَى حِدَتِهِ، وَلَا يَجْعَلُ مَعَ ذَلِكَ شَيْئًا، فَلَا بَأْسَ بِهِ إِذَا كَانَ كَذَلِكَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yazīd ibn ʿAbd Allāh ibn Qusayṭ, qu'il a vu Saʿīd ibn al-Musayyab échanger au poids de l'or contre de l'or : il versait son or dans un plateau de la balance, et celui avec qui il échangeait versait son or dans l'autre plateau ; lorsque l'aiguille de la balance était d'aplomb, il prenait et donnait. Mālik a dit : La règle chez nous, pour la vente de l'or contre l'or et de l'argent contre l'argent par échange au poids, est qu'il n'y a pas de mal à cela : on peut prendre onze dīnār contre dix dīnār, de la main à la main, lorsque le poids des deux ors est égal, espèces contre espèces, même si le nombre diffère. Les dirham sont en cela comme les dīnār. Mālik a dit : Celui qui échange au poids de l'or contre de l'or, ou de l'argent contre de l'argent, et qu'il y a entre les deux ors un excédent d'un mithqāl [unité de poids de l'or], si son partenaire lui en donne la valeur en argent ou en autre chose, qu'il ne la prenne pas. Cela est laid et c'est un moyen qui mène au ribā. Car s'il lui était permis de prendre le mithqāl pour sa valeur, comme s'il l'avait acheté à part, il lui serait permis de prendre le mithqāl à plusieurs reprises, afin de rendre valide cette vente entre lui et son partenaire. Mālik a dit : Et s'il lui avait vendu ce mithqāl seul, sans rien d'autre avec lui, il ne l'aurait pas pris pour le dixième du prix auquel il l'a pris afin que la vente lui soit rendue valide. C'est là le moyen qui mène à rendre licite l'illicite et la chose interdite. Mālik a dit, au sujet de l'homme qui échange au poids avec un autre, lui donne de l'or ancien de bon aloi auquel il joint de l'or brut qui n'est pas bon, et prend de son partenaire de l'or de Kūfa en morceaux, cet or de Kūfa étant déprécié chez les gens, et tous deux concluent cela à quantité égale : cela ne convient pas. Il a dit : L'explication de ce qui est réprouvé en cela est que le détenteur de l'or de bon aloi a pris la plus-value de ses belles pièces d'or dans le métal brut qu'il a joint à son or. Sans la supériorité de son or sur l'or de son partenaire, celui-ci n'aurait pas échangé au poids ce métal brut contre son or de Kūfa. Il en va comme de l'homme qui veut acheter trois ṣāʿ de dattes ʿajwa contre deux ṣāʿ et un mudd [mesure, quart du ṣāʿ] de dattes kabīs. On lui dit : « Cela ne convient pas. » Il met alors deux ṣāʿ de kabīs et un ṣāʿ de dattes de rebut, voulant par là rendre valide sa vente. Cela ne convient pas : le détenteur des ʿajwa ne lui aurait pas donné un ṣāʿ de ʿajwa contre un ṣāʿ de dattes de rebut ; il ne le lui a donné qu'en raison de la supériorité des kabīs. Ou comme l'homme qui dit à un autre : « Vends-moi trois ṣāʿ de blé blanc contre deux ṣāʿ et demi de blé de Syrie. » L'autre dit : « Cela ne convient qu'à quantité égale. » Il met alors deux ṣāʿ de blé de Syrie et un ṣāʿ d'orge, voulant par là rendre valide la vente entre eux. Cela ne convient pas, car il ne lui aurait pas donné, contre un ṣāʿ d'orge, un ṣāʿ de blé blanc si ce ṣāʿ avait été seul ; il ne le lui a donné qu'en raison de la supériorité du blé de Syrie sur le blé blanc. Cela ne convient pas, et c'est semblable à ce que nous avons décrit pour le métal brut. Mālik a dit : Pour toute chose, or, argent et nourriture quelle qu'elle soit, qu'il ne convient d'acheter qu'à quantité égale, il ne convient pas de joindre à l'espèce qui en est bonne et recherchée la chose mauvaise et dédaignée, afin que la vente soit ainsi rendue valide et que l'on rende ainsi licite ce qui a été interdit, chose qui ne convient pas lorsqu'on joint cela à l'espèce recherchée. Celui qui agit ainsi veut seulement atteindre par là la plus-value de la qualité de ce qu'il vend : il donne la chose que, s'il la donnait seule, son partenaire n'accepterait pas et à laquelle il ne songerait même pas ; il ne l'accepte qu'en raison de ce qu'il prend avec elle, à cause de la supériorité de la marchandise de son partenaire sur la sienne. Il ne convient donc pas que rien de cette nature entre dans l'or, l'argent ou la nourriture. Si le détenteur de la nourriture mauvaise veut la vendre contre une autre, qu'il la vende à part et n'y joigne rien ; il n'y a pas de mal à cela s'il en est ainsi.

    ʿAjwa et kabīs : deux variétés de dattes.

  61. La ʿīna [vente servant de détour au prêt à intérêt] et ce qui lui ressembleبَابُ الْعِينَةِ وَمَا يُشْبِهُهَا
  62. 1383

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَنِ ابْتَاعَ طَعَامًا. فَلَا يَبِعْهُ حَتَّى يَسْتَوْفِيَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui achète de la nourriture, qu'il ne la vende pas avant d'en avoir reçu la pleine mesure. »

  63. 1384

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ دِينَارٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَنِ ابْتَاعَ طَعَامًا. فَلَا يَبِعْهُ حَتَّى يَقْبِضَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Dīnār, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui achète de la nourriture, qu'il ne la vende pas avant d'en avoir pris possession. »

  64. 1385

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، أَنَّهُ قَالَ: «كُنَّا فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، نَبْتَاعُ الطَّعَامَ. فَيَبْعَثُ عَلَيْنَا مَنْ يَأْمُرُنَا بِانْتِقَالِهِ مِنَ الْمَكَانِ الَّذِي ابْتَعْنَاهُ فِيهِ، إِلَى مَكَانٍ سِوَاهُ قَبْلَ أَنْ نَبِيعَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il a dit : « Au temps du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, nous achetions de la nourriture, et il nous envoyait quelqu'un qui nous ordonnait de la déplacer du lieu où nous l'avions achetée vers un autre lieu, avant de la vendre. »

  65. 1386

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ حَكِيمَ بْنَ حِزَامٍ ابْتَاعَ طَعَامًا أَمَرَ بِهِ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ لِلنَّاسِ، فَبَاعَ حَكِيمٌ الطَّعَامَ قَبْلَ أَنْ يَسْتَوْفِيَهُ، فَبَلَغَ ذَلِكَ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ، فَرَدَّهُ عَلَيْهِ، وَقَالَ: «لَا تَبِعْ طَعَامًا ابْتَعْتَهُ حَتَّى تَسْتَوْفِيَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que Ḥakīm ibn Ḥizām acheta de la nourriture que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb avait ordonné [de distribuer] aux gens. Ḥakīm vendit cette nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Cela parvint à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, qui annula sa vente et dit : « Ne vends pas une nourriture que tu as achetée avant d'en avoir reçu la pleine mesure. »

  66. 1387

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ صُكُوكًا خَرَجَتْ لِلنَّاسِ فِي زَمَانِ مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ مِنْ طَعَامِ الْجَارِ، فَتَبَايَعَ النَّاسُ تِلْكَ الصُّكُوكَ بَيْنَهُمْ قَبْلَ أَنْ يَسْتَوْفُوهَا، فَدَخَلَ زَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ، وَرَجُلٌ مِنْ أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ، فَقَالَا: " أَتُحِلُّ بَيْعَ الرِّبَا يَا مَرْوَانُ؟ فَقَالَ: أَعُوذُ بِاللَّهِ، وَمَا ذَاكَ؟ فَقَالَا: هَذِهِ الصُّكُوكُ تَبَايَعَهَا النَّاسُ، ثُمَّ بَاعُوهَا، قَبْلَ أَنْ يَسْتَوْفُوهَا، فَبَعَثَ مَرْوَانُ الْحَرَسَ يَتْبَعُونَهَا، يَنْتَزِعُونَهَا مِنْ أَيْدِي النَّاسِ، وَيَرُدُّونَهَا إِلَى أَهْلِهَا "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que des bons [de rations] furent délivrés aux gens, au temps de Marwān ibn al-Ḥakam, sur la nourriture d'al-Jār. Les gens se vendirent ces bons entre eux avant d'en avoir reçu le contenu. Zayd ibn Thābit et un homme d'entre les Compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entrèrent chez Marwān ibn al-Ḥakam, et dirent : « Rends-tu licite la vente du ribā, ô Marwān ? » Il dit : « Je cherche refuge auprès d'Allah ! De quoi s'agit-il ? » Ils dirent : « Ces bons que les gens ont achetés, puis revendus avant d'en avoir reçu le contenu. » Marwān envoya alors les gardes à leur recherche : ils les retiraient des mains des gens et les rendaient à leurs titulaires.

    Al-Jār : lieu de la côte où l'on rassemblait les vivres avant de les distribuer aux gens contre des bons ; le second Compagnon est Abū Hurayra, selon az-Zurqānī.

  67. 1388

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ رَجُلًا أَرَادَ أَنْ يَبْتَاعَ طَعَامًا مِنْ رَجُلٍ إِلَى أَجَلٍ، فَذَهَبَ بِهِ الرَّجُلُ الَّذِي يُرِيدُ أَنْ يَبِيعَهُ الطَّعَامَ إِلَى السُّوقِ، فَجَعَلَ يُرِيهِ الصُّبَرَ وَيَقُولُ لَهُ: مِنْ أَيِّهَا تُحِبُّ أَنْ أَبْتَاعَ لَكَ؟ فَقَالَ الْمُبْتَاعُ: أَتَبِيعُنِي مَا لَيْسَ عِنْدَكَ؟ فَأَتَيَا عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ فَذَكَرَا ذَلِكَ لَهُ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ لِلْمُبْتَاعِ: «لَا تَبْتَعْ مِنْهُ مَا لَيْسَ عِنْدَهُ، وَقَالَ لِلْبَائِعِ لَا تَبِعْ مَا لَيْسَ عِنْدَكَ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme voulut acheter à terme de la nourriture à un autre. Celui qui voulait lui vendre la nourriture l'emmena au marché, se mit à lui montrer les tas [de grain] et à lui dire : « Duquel aimerais-tu que j'achète pour toi ? » L'acheteur dit : « Me vends-tu ce que tu n'as pas ? » Ils allèrent trouver ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et lui rapportèrent cela. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit à l'acheteur : « Ne lui achète pas ce qu'il n'a pas », et il dit au vendeur : « Ne vends pas ce que tu n'as pas. »

  68. 1389

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ جَمِيلَ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ الْمُؤَذِّنَ يَقُولُ لِسَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ: إِنِّي رَجُلٌ أَبْتَاعُ مِنَ الْأَرْزَاقِ الَّتِي يُعْطَى النَّاسُ بِالْجَارِ مَا شَاءَ اللَّهُ، ثُمَّ أُرِيدُ أَنْ أَبِيعَ الطَّعَامَ الْمَضْمُونَ عَلَيَّ إِلَى أَجَلٍ، فَقَالَ لَهُ سَعِيدٌ: «أَتُرِيدُ أَنْ تُوَفِّيَهُمْ مِنْ تِلْكَ الْأَرْزَاقِ الَّتِي ابْتَعْتَ»؟ فَقَالَ: نَعَمْ، «فَنَهَاهُ عَنْ ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ، الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ، أَنَّهُ مَنِ اشْتَرَى طَعَامًا بُرًّا أَوْ شَعِيرًا، أَوْ سُلْتًا أَوْ ذُرَةً، أَوْ دُخْنًا أَوْ شَيْئًا مِنَ الْحُبُوبِ الْقِطْنِيَّةِ، أَوْ شَيْئًا مِمَّا يُشْبِهُ الْقِطْنِيَّةَ، مِمَّا تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ أَوْ شَيْئًا مِنَ الْأُدُمِ كُلِّهَا: الزَّيْتِ وَالسَّمْنِ وَالْعَسَلِ، وَالْخَلِّ وَالْجُبْنِ وَاللَّبَنِ وَالشَّبْرَقِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْأُدْمِ، فَإِنَّ الْمُبْتَاعَ لَا يَبِيعُ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ، حَتَّى يَقْبِضَهُ وَيَسْتَوْفِيَهُ "

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Jamīl ibn ʿAbd ar-Raḥmān le muezzin dire à Saʿīd ibn al-Musayyab : « Je suis un homme qui achète, parmi les rations que l'on donne aux gens à al-Jār, ce qu'Allah veut. Puis je veux vendre à terme de la nourriture dont je réponds [sur ma personne]. » Saʿīd lui dit : « Veux-tu t'acquitter envers eux avec ces rations que tu as achetées ? » Il dit : « Oui. » Il le lui interdit alors. Mālik a dit : La règle sur laquelle on s'accorde, sur laquelle il n'y a pas de divergence, est que celui qui achète de la nourriture, froment, orge, sult [orge sans écorce], sorgho, millet, ou quelque grain du genre des légumineuses [qiṭniyya], ou quelque chose qui ressemble aux légumineuses parmi ce sur quoi la zakāt [aumône légale] est due, ou quelque condiment que ce soit : huile, beurre fondu, miel, vinaigre, fromage, lait, huile de sésame [shabraq] et condiments semblables, l'acheteur ne vend rien de cela avant d'en avoir pris possession et reçu la pleine mesure.

  69. Ce qui est réprouvé dans la vente de la nourriture à termeبَابُ مَا يُكْرَهُ مِنْ بَيْعِ الطَّعَامِ إِلَى أَجَلٍ
  70. 1390

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، وَسُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ، «يَنْهَيَانِ أَنْ يَبِيعَ الرَّجُلُ حِنْطَةً بِذَهَبٍ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يَشْتَرِيَ بِالذَّهَبِ تَمْرًا قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَ الذَّهَبَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab et Sulaymān ibn Yasār interdire que l'homme vende du blé contre de l'or à terme, puis achète avec cet or des dattes avant d'avoir perçu l'or.

  71. 1391

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ كَثِيرِ بْنِ فَرْقَدٍ، أَنَّهُ سَأَلَ أَبَا بَكْرِ بْنَ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ، عَنِ الرَّجُلِ: «يَبِيعُ الطَّعَامَ مِنَ الرَّجُلِ بِذَهَبٍ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يَشْتَرِي الرَّجُلُ بِالذَّهَبِ تَمْرًا قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَ الذَّهَبَ، فَكَرِهَ ذَلِكَ وَنَهَى عَنْهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Kathīr ibn Farqad, qu'il a interrogé Abū Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm au sujet de l'homme qui vend de la nourriture à un autre contre de l'or à terme, puis l'homme achète avec cet or des dattes avant d'avoir perçu l'or. Il réprouva cela et l'interdit.

  72. 1392

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ بِمِثْلِ ذَلِكَ قَالَ مَالِكٍ: «وَإِنَّمَا نَهَى سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ وَسُلَيْمَانُ بْنُ يَسَارٍ وَأَبُو بَكْرِ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ وَابْنُ شِهَابٍ عَنْ أَلَّا يَبِيعَ الرَّجُلُ حِنْطَةً بِذَهَبٍ، ثُمَّ يَشْتَرِي الرَّجُلُ بِالذَّهَبِ تَمْرًا قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَ الذَّهَبَ، مِنْ بَيْعِهِ الَّذِي اشْتَرَى مِنْهُ الْحِنْطَةَ، فَأَمَّا أَنْ يَشْتَرِيَ بِالذَّهَبِ الَّتِي بَاعَ بِهَا الْحِنْطَةَ إِلَى أَجَلٍ تَمْرًا، مِنْ غَيْرِ بَائِعِهِ الَّذِي بَاعَ مِنْهُ الْحِنْطَةَ قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَ الذَّهَبَ، وَيُحِيلَ الَّذِي اشْتَرَى مِنْهُ التَّمْرَ عَلَى غَرِيمِهِ الَّذِي بَاعَ مِنْهُ الْحِنْطَةَ بِالذَّهَبِ الَّتِي لَهُ عَلَيْهِ فِي ثَمَنِ التَّمْرِ فَلَا بَأْسَ بِذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَقَدْ سَأَلْتُ عَنْ ذَلِكَ غَيْرَ وَاحِدٍ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ فَلَمْ يَرَوْا بِهِ بَأْسًا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, la même chose. Mālik a dit : Saʿīd ibn al-Musayyab, Sulaymān ibn Yasār, Abū Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm et Ibn Shihāb ont seulement interdit que l'homme vende du blé contre de l'or, puis achète avec cet or des dattes, avant d'avoir perçu l'or, auprès de l'acquéreur à qui il a vendu le blé. Quant à acheter, avec l'or pour lequel il a vendu le blé à terme, des dattes auprès d'un autre que celui à qui il a vendu le blé, avant d'avoir perçu l'or, et à renvoyer celui à qui il a acheté les dattes sur son débiteur, celui à qui il a vendu le blé, pour l'or que celui-ci lui doit, en paiement du prix des dattes, il n'y a pas de mal à cela. Mālik a dit : J'ai interrogé à ce sujet plus d'un parmi les gens de science, et ils n'y ont vu aucun mal.

  73. La vente avec paiement d'avance [salaf] portant sur la nourritureبَابُ السُّلْفَةِ فِي الطَّعَامِ
  74. 1393

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: «لَا بَأْسَ بِأَنْ يُسَلِّفَ الرَّجُلُ الرَّجُلَ فِي الطَّعَامِ الْمَوْصُوفِ بِسِعْرٍ مَعْلُومٍ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى، مَا لَمْ يَكُنْ فِي زَرْعٍ لَمْ يَبْدُ صَلَاحُهُ، أَوْ تَمْرٍ لَمْ يَبْدُ صَلَاحُهُ» قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِيمَنْ سَلَّفَ فِي طَعَامٍ بِسِعْرٍ مَعْلُومٍ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى، فَحَلَّ الْأَجَلُ فَلَمْ يَجِدِ الْمُبْتَاعُ عِنْدَ الْبَائِعِ وَفَاءً مِمَّا ابْتَاعَ مِنْهُ، فَأَقَالَهُ فَإِنَّهُ لَا يَنْبَغِي أَنْ يَأْخُذَ مِنْهُ إِلَّا وَرِقَهُ أَوْ ذَهَبَهُ أَوِ الثَّمَنَ الَّذِي دَفَعَ إِلَيْهِ بِعَيْنِهِ، وَإِنَّهُ لَا يَشْتَرِي مِنْهُ بِذَلِكَ الثَّمَنِ شَيْئًا حَتَّى يَقْبِضَهُ مِنْهُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ إِذَا أَخَذَ غَيْرَ الثَّمَنِ الَّذِي دَفَعَ إِلَيْهِ، أَوْ صَرَفَهُ فِي سِلْعَةٍ غَيْرِ الطَّعَامِ الَّذِي ابْتَاعَ مِنْهُ، فَهُوَ بَيْعُ الطَّعَامِ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى، قَالَ مَالِكٌ: وَقَدْ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ بَيْعِ الطَّعَامِ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى " قَالَ مَالِكٌ: " فَإِنْ نَدِمَ الْمُشْتَرِي، فَقَالَ لِلْبَائِعِ: أَقِلْنِي وَأُنْظِرُكَ بِالثَّمَنِ الَّذِي دَفَعْتُ إِلَيْكَ، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ، وَأَهْلُ الْعِلْمِ يَنْهَوْنَ عَنْهُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا حَلَّ الطَّعَامُ لِلْمُشْتَرِي عَلَى الْبَائِعِ، أَخَّرَ عَنْهُ حَقَّهُ عَلَى أَنْ يُقِيلَهُ فَكَانَ ذَلِكَ بَيْعَ الطَّعَامِ إِلَى أَجَلٍ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى " قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنَّ الْمُشْتَرِيَ حِينَ حَلَّ الْأَجَلُ، وَكَرِهَ الطَّعَامَ أَخَذَ بِهِ دِينَارًا إِلَى أَجَلٍ، وَلَيْسَ ذَلِكَ بِالْإِقَالَةِ، وَإِنَّمَا الْإِقَالَةُ مَا لَمْ يَزْدَدْ فِيهِ الْبَائِعُ، وَلَا الْمُشْتَرِي، فَإِذَا وَقَعَتْ فِيهِ الزِّيَادَةُ بِنَسِيئَةٍ إِلَى أَجَلٍ، أَوْ بِشَيْءٍ يَزْدَادُهُ أَحَدُهُمَا عَلَى صَاحِبِهِ، أَوْ بِشَيْءٍ يَنْتَفِعُ بِهِ أَحَدُهُمَا، فَإِنَّ ذَلِكَ لَيْسَ بِالْإِقَالَةِ، وَإِنَّمَا تَصِيرُ الْإِقَالَةُ إِذَا فَعَلَا ذَلِكَ بَيْعًا، وَإِنَّمَا أُرْخِصَ فِي الْإِقَالَةِ وَالشِّرْكِ، وَالتَّوْلِيَةِ مَا لَمْ يَدْخُلْ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ الزِّيَادَةِ أَوْ النُّقْصَانِ، أَوْ النَّظِرَةِ، فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ زِيَادَةٌ أَوْ نُقْصَانٌ أَوْ نَظِرَةٌ صَارَ بَيْعًا يُحِلُّهُ مَا يُحِلُّ الْبَيْعَ وَيُحَرِّمُهُ مَا يُحَرِّمُ الْبَيْعَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ سَلَّفَ فِي حِنْطَةٍ شَامِيَّةٍ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يَأْخُذَ مَحْمُولَةً بَعْدَ مَحِلِّ الْأَجَلِ» قَالَ: «وَكَذَلِكَ مَنْ سَلَّفَ فِي صِنْفٍ مِنَ الْأَصْنَافِ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يَأْخُذَ خَيْرًا مِمَّا سَلَّفَ فِيهِ أَوْ أَدْنَى بَعْدَ مَحِلِّ الْأَجَلِ، وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنْ يُسَلِّفَ الرَّجُلُ فِي حِنْطَةٍ مَحْمُولَةٍ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يَأْخُذَ شَعِيرًا أَوْ شَامِيَّةً، وَإِنْ سَلَّفَ فِي تَمْرٍ عَجْوَةٍ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يَأْخُذَ صَيْحَانِيًّا أَوْ جَمْعًا، وَإِنْ سَلَّفَ فِي زَبِيبٍ أَحْمَرَ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يَأْخُذَ أَسْوَدَ إِذَا كَانَ ذَلِكَ كُلُّهُ بَعْدَ مَحِلِّ الْأَجَلِ، إِذَا كَانَتْ مَكِيلَةُ ذَلِكَ سَوَاءً بِمِثْلِ كَيْلِ مَا سَلَّفَ فِيهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il a dit : « Il n'y a pas de mal à ce que l'homme paie d'avance à un autre une nourriture décrite, à un prix connu et jusqu'à un terme fixé, tant que cela ne porte pas sur une récolte dont la maturité n'est pas apparue, ou sur des dattes dont la maturité n'est pas apparue. » Mālik a dit : La règle chez nous, pour celui qui a payé d'avance une nourriture à un prix connu jusqu'à un terme fixé, puis, le terme étant échu, l'acheteur ne trouve pas chez le vendeur de quoi s'acquitter de ce qu'il lui a acheté et résilie la vente à son profit, est qu'il ne lui convient de reprendre de lui que son argent, son or ou le prix même qu'il lui avait remis. Il ne lui achète rien avec ce prix avant de l'avoir perçu de lui. Car s'il prend autre chose que le prix qu'il lui avait remis, ou s'il le convertit en une marchandise autre que la nourriture qu'il lui avait achetée, c'est la vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Mālik a dit : Or le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Mālik a dit : Si l'acheteur se repent et dit au vendeur : « Résilie la vente à mon profit et je t'accorderai un délai pour le prix que je t'ai remis », cela ne convient pas, et les gens de science l'interdisent. Car lorsque la nourriture est devenue exigible pour l'acheteur à la charge du vendeur, il a différé son droit à condition que celui-ci résilie la vente : c'est donc une vente de nourriture à terme avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Mālik a dit : L'explication de cela est que l'acheteur, le terme étant échu et la nourriture lui déplaisant, a pris en échange un dīnār à terme. Ce n'est pas là la résiliation [iqāla]. La résiliation est seulement ce où ni le vendeur ni l'acheteur n'obtient de surplus. Lorsqu'y entre un surplus, par un report à terme, par quelque chose que l'un obtient en plus de l'autre, ou par quelque chose dont l'un des deux tire profit, ce n'est pas la résiliation : la résiliation, lorsqu'ils agissent ainsi, devient une vente. Une tolérance n'a été accordée pour la résiliation, l'association [shirk, céder une part au prix coûtant] et la cession au prix coûtant [tawliya] que tant qu'il n'y entre ni surplus, ni diminution, ni délai. S'il y entre surplus, diminution ou délai, cela devient une vente, rendue licite par ce qui rend licite la vente et illicite par ce qui rend illicite la vente. Mālik a dit : Celui qui a payé d'avance du blé de Syrie, il n'y a pas de mal à ce qu'il prenne du blé maḥmūla après l'échéance du terme. Il a dit : De même, celui qui a payé d'avance une espèce quelconque, il n'y a pas de mal à ce qu'il prenne meilleur que ce qu'il a payé d'avance, ou moindre, après l'échéance du terme. L'explication de cela est que l'homme paie d'avance du blé maḥmūla : il n'y a pas de mal à ce qu'il prenne de l'orge ou du blé de Syrie. S'il a payé d'avance des dattes ʿajwa, il n'y a pas de mal à ce qu'il prenne des ṣayḥānī ou des dattes mêlées [de qualité inférieure]. S'il a payé d'avance du raisin sec rouge, il n'y a pas de mal à ce qu'il prenne du noir, lorsque tout cela a lieu après l'échéance du terme et que la mesure en est égale, pareille à la mesure de ce qu'il a payé d'avance.

    Maḥmūla : variété de froment distincte du blé de Syrie. Ṣayḥānī : variété de dattes.

  75. La vente de la nourriture contre la nourriture, sans excédent entre ellesبَابُ بَيْعِ الطَّعَامِ بِالطَّعَامِ لَا فَضْلَ بَيْنَهُمَا
  76. 1394

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ سُلَيْمَانَ بْنَ يَسَارٍ قَالَ: فَنِيَ عَلَفُ حِمَارِ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ فَقَالَ لِغُلَامِهِ: «خُذْ مِنْ حِنْطَةِ أَهْلِكَ، فَابْتَعْ بِهَا شَعِيرًا، وَلَا تَأْخُذْ إِلَّا مِثْلَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Sulaymān ibn Yasār a dit : Le fourrage de l'âne de Saʿd ibn Abī Waqqāṣ vint à manquer. Il dit à son serviteur : « Prends du blé de ta maisonnée et achète avec de l'orge, et n'en prends que la même quantité. »

  77. 1395

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ الْأَسْوَدِ بْنِ عَبْدِ يَغُوثَ فَنِيَ عَلَفُ دَابَّتِهِ، فَقَالَ لِغُلَامِهِ: «خُذْ مِنْ حِنْطَةِ أَهْلِكَ طَعَامًا، فَابْتَعْ بِهَا شَعِيرًا وَلَا تَأْخُذْ إِلَّا مِثْلَهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après Sulaymān ibn Yasār, qu'il l'a informé que le fourrage de la monture de ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth vint à manquer. Il dit à son serviteur : « Prends du blé de ta maisonnée, de la nourriture, et achète avec de l'orge, et n'en prends que la même quantité. »

  78. 1396

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ، عَنِ ابْنِ مُعَيْقِيبٍ الدَّوْسِيِّ مِثْلُ ذَلِكَ، قَالَ مَالِكٍ: وَهُوَ الْأَمْرُ عِنْدَنَا قَالَ مَالِكٌ: الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّهُ لَا تُبَاعَ الْحِنْطَةُ بِالْحِنْطَةِ، وَلَا التَّمْرُ بِالتَّمْرِ، وَلَا الْحِنْطَةُ بِالتَّمْرِ، وَلَا التَّمْرُ بِالزَّبِيبِ، وَلَا الْحِنْطَةُ بِالزَّبِيبِ، وَلَا شَيْءٌ مِنَ الطَّعَامِ كُلِّهِ إِلَّا يَدًا بِيَدٍ، فَإِنْ دَخَلَ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ الْأَجَلُ لَمْ يَصْلُحْ، وَكَانَ حَرَامًا، وَلَا شَيْءَ مِنَ الْأُدْمِ كُلِّهَا إِلَّا يَدًا بِيَدٍ " قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا يُبَاعُ شَيْءٌ مِنَ الطَّعَامِ وَالْأُدْمِ، إِذَا كَانَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ: اثْنَانِ بِوَاحِدٍ، لَا يُبَاعُ مُدُّ حِنْطَةٍ بِمُدَّيْ حِنْطَةٍ، وَلَا مُدُّ تَمْرٍ بِمُدَّيْ تَمْرٍ، وَلَا مُدُّ زَبِيبٍ بِمُدَّيْ زَبِيبٍ، وَلَا مَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْحُبُوبِ وَالْأُدْمِ كُلِّهَا، إِذَا كَانَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ، وَإِنْ كَانَ يَدًا بِيَدٍ، إِنَّمَا ذَلِكَ بِمَنْزِلَةِ الْوَرِقِ بِالْوَرِقِ، وَالذَّهَبِ بِالذَّهَبِ لَا يَحِلُّ فِي شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ الْفَضْلُ، وَلَا يَحِلُّ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ يَدًا بِيَدٍ " قَالَ مَالِكٌ: «وَإِذَا اخْتَلَفَ مَا يُكَالُ أَوْ يُوزَنُ مِمَّا يُؤْكَلُ أَوْ يُشْرَبُ، فَبَانَ اخْتِلَافُهُ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يُؤْخَذَ مِنْهُ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ يَدًا بِيَدٍ، لَا بَأْسَ أَنْ يُؤْخَذَ صَاعٌ مِنْ تَمْرٍ بِصَاعَيْنِ مِنْ حِنْطَةٍ، وَصَاعٌ مِنْ تَمْرٍ بِصَاعَيْنِ مِنْ زَبِيبٍ، وَصَاعٌ مِنْ حِنْطَةٍ بِصَاعَيْنِ مِنْ سَمْنٍ، فَإِذَا كَانَ الصِّنْفَانِ مِنْ هَذَا مُخْتَلِفَيْنِ، فَلَا بَأْسَ بِاثْنَيْنِ مِنْهُ بِوَاحِدٍ وَأَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ يَدًا بِيَدٍ، فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ الْأَجَلُ فَلَا يَحِلُّ» قَالَ: «وَلَا تَحِلُّ صُبْرَةُ الْحِنْطَةِ، بِصُبْرَةِ الْحِنْطَةِ، وَلَا بَأْسَ بِصُبْرَةِ الْحِنْطَةِ، بِصُبْرَةِ التَّمْرِ يَدًا بِيَدٍ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَا بَأْسَ أَنْ يُشْتَرَى الْحِنْطَةُ بِالتَّمْرِ جِزَافًا» قَالَ مَالِكٌ: «وَكُلُّ مَا اخْتَلَفَ مِنَ الطَّعَامِ وَالْأُدْمِ فَبَانَ اخْتِلَافُهُ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يُشْتَرَى بَعْضُهُ بِبَعْضٍ جِزَافًا يَدًا بِيَدٍ، فَإِنْ دَخَلَهُ الْأَجَلُ فَلَا خَيْرَ فِيهِ، وَإِنَّمَا اشْتِرَاءُ ذَلِكَ جِزَافًا كَاشْتِرَاءِ بَعْضِ ذَلِكَ بِالذَّهَبِ وَبِالْوَرِقِ جِزَافًا» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ أَنَّكَ تَشْتَرِي الْحِنْطَةَ بِالْوَرِقِ جِزَافًا، وَالتَّمْرَ بِالذَّهَبِ جِزَافًا فَهَذَا حَلَالٌ لَا بَأْسَ بِهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ صَبَّرَ صُبْرَةَ طَعَامٍ، وَقَدْ عَلِمَ كَيْلَهَا، ثُمَّ بَاعَهَا جِزَافًا وَكَتَمَ الْمُشْتَرِيَ كَيْلَهَا، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ، فَإِنْ أَحَبَّ الْمُشْتَرِي أَنْ يَرُدَّ ذَلِكَ الطَّعَامَ عَلَى الْبَائِعِ رَدَّهُ بِمَا كَتَمَهُ كَيْلَهُ وَغَرَّهُ، وَكَذَلِكَ كُلُّ مَا عَلِمَ الْبَائِعُ كَيْلَهُ، وَعَدَدَهُ مِنَ الطَّعَامِ، وَغَيْرِهِ، ثُمَّ بَاعَهُ جِزَافًا، وَلَمْ يَعْلَمِ الْمُشْتَرِي ذَلِكَ، فَإِنَّ الْمُشْتَرِيَ إِنْ أَحَبَّ أَنْ يَرُدَّ ذَلِكَ عَلَى الْبَائِعِ رَدَّهُ، وَلَمْ يَزَلْ أَهْلُ الْعِلْمِ يَنْهَوْنَ عَنْ ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا خَيْرَ فِي الْخُبْزِ قُرْصٍ بِقُرْصَيْنِ، وَلَا عَظِيمٍ بِصَغِيرٍ، إِذَا كَانَ بَعْضُ ذَلِكَ أَكْثَرَ مِنْ بَعْضٍ، فَأَمَّا إِذَا كَانَ يُتَحَرَّى أَنْ يَكُونَ مِثْلًا بِمِثْلٍ فَلَا بَأْسَ بِهِ وَإِنْ لَمْ يُوزَنْ» قَالَ مَالِكٌ: " لَا يَصْلُحُ مُدُّ زُبْدٍ وَمُدُّ لَبَنٍ، بِمُدَّيْ زُبْدٍ، وَهُوَ مِثْلُ الَّذِي وَصَفْنَا مِنَ التَّمْرِ الَّذِي يُبَاعُ صَاعَيْنِ مِنْ كَبِيسٍ وَصَاعًا مِنْ حَشَفٍ بِثَلَاثَةِ آصُعٍ مِنْ عَجْوَةٍ، حِينَ قَالَ لِصَاحِبِهِ: إِنَّ صَاعَيْنِ مِنْ كَبِيسٍ بِثَلَاثَةِ آصُعٍ مِنَ الْعَجْوَةِ، لَا يَصْلُحُ فَفَعَلَ ذَلِكَ لِيُجِيزَ بَيْعَهُ، وَإِنَّمَا جَعَلَ صَاحِبُ اللَّبَنِ اللَّبَنَ مَعَ زُبْدِهِ لِيَأْخُذَ فَضْلَ زُبْدِهِ عَلَى زُبْدِ صَاحِبِهِ حِينَ أَدْخَلَ مَعَهُ اللَّبَنَ " قَالَ مَالِكٌ: «وَالدَّقِيقُ بِالْحِنْطَةِ مِثْلًا بِمِثْلٍ لَا بَأْسَ بِهِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ أَخْلَصَ الدَّقِيقَ فَبَاعَهُ بِالْحِنْطَةِ مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَلَوْ جَعَلَ نِصْفَ الْمُدِّ مِنْ دَقِيقٍ، وَنِصْفَهُ مِنْ حِنْطَةٍ فَبَاعَ ذَلِكَ بِمُدٍّ مِنْ حِنْطَةٍ، كَانَ ذَلِكَ مِثْلَ الَّذِي وَصَفْنَا لَا يَصْلُحُ، لِأَنَّهُ إِنَّمَا أَرَادَ أَنْ يَأْخُذَ فَضْلَ حِنْطَتِهِ الْجَيِّدَةِ حِينَ جَعَلَ مَعَهَا الدَّقِيقَ فَهَذَا لَا يَصْلُحُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, d'après Ibn Muʿayqīb ad-Dawsī, la même chose. Mālik a dit : Et c'est la règle chez nous. Mālik a dit : La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que l'on ne vend le blé contre le blé, ni les dattes contre les dattes, ni le blé contre les dattes, ni les dattes contre le raisin sec, ni le blé contre le raisin sec, ni aucune nourriture quelle qu'elle soit, que de la main à la main. Si un terme entre dans quoi que ce soit de cela, cela ne convient pas et c'est illicite. Et aucun condiment, quel qu'il soit, ne se vend que de la main à la main. Mālik a dit : On ne vend rien de la nourriture et des condiments, lorsque c'est d'une seule espèce, à raison de deux pour un. On ne vend donc pas un mudd de blé contre deux mudd de blé, ni un mudd de dattes contre deux mudd de dattes, ni un mudd de raisin sec contre deux mudd de raisin sec, ni rien de semblable parmi les grains et tous les condiments, lorsque c'est d'une seule espèce, même de la main à la main. Cela tient lieu de l'argent contre l'argent et de l'or contre l'or : l'excédent n'est licite en rien de cela, et ce n'est licite qu'à quantité égale, de la main à la main. Mālik a dit : Lorsque diffère ce qui se mesure ou se pèse parmi ce qui se mange ou se boit, et que la différence en est manifeste, il n'y a pas de mal à en prendre deux pour un, de la main à la main. Il n'y a pas de mal à prendre un ṣāʿ de dattes contre deux ṣāʿ de blé, un ṣāʿ de dattes contre deux ṣāʿ de raisin sec, et un ṣāʿ de blé contre deux ṣāʿ de beurre fondu. Lorsque les deux espèces sont ainsi différentes, il n'y a pas de mal à en donner deux pour un, et plus que cela, de la main à la main. Si un terme y entre, ce n'est pas licite. Il a dit : Le tas de blé contre le tas de blé n'est pas licite. Il n'y a pas de mal au tas de blé contre le tas de dattes, de la main à la main, car il n'y a pas de mal à acheter le blé contre les dattes en bloc. Mālik a dit : Tout ce qui diffère parmi la nourriture et les condiments, et dont la différence est manifeste, il n'y a pas de mal à en acheter une partie contre l'autre en bloc, de la main à la main. Si un terme y entre, il n'y a aucun bien à cela. Acheter cela en bloc est comme en acheter une partie contre de l'or et de l'argent en bloc. Mālik a dit : C'est ainsi que tu achètes le blé contre de l'argent en bloc et les dattes contre de l'or en bloc : cela est licite, il n'y a pas de mal à cela. Mālik a dit : Celui qui forme un tas de nourriture dont il connaît la mesure, puis le vend en bloc en cachant sa mesure à l'acheteur, cela ne convient pas. Si l'acheteur veut rendre cette nourriture au vendeur, il la lui rend, parce qu'il lui en a caché la mesure et l'a trompé. Il en va de même de tout ce dont le vendeur connaît la mesure ou le nombre, nourriture ou autre, puis qu'il vend en bloc sans que l'acheteur le sache : si l'acheteur veut le rendre au vendeur, il le lui rend. Les gens de science n'ont cessé d'interdire cela. Mālik a dit : Il n'y a aucun bien au pain vendu une galette contre deux, ni un grand contre un petit, lorsque l'un excède l'autre. Mais lorsque l'on s'applique à ce que ce soit quantité égale contre quantité égale, il n'y a pas de mal à cela, même sans pesée. Mālik a dit : Il ne convient pas [de vendre] un mudd de beurre frais et un mudd de lait contre deux mudd de beurre frais. C'est semblable à ce que nous avons décrit pour les dattes, lorsqu'on vend deux ṣāʿ de kabīs et un ṣāʿ de dattes de rebut contre trois ṣāʿ de ʿajwa, quand on a dit à son partenaire : « Deux ṣāʿ de kabīs contre trois ṣāʿ de ʿajwa, cela ne convient pas », et qu'il a alors agi ainsi pour rendre valide sa vente. Le détenteur du lait n'a joint le lait à son beurre que pour prendre la plus-value de son beurre sur le beurre de son partenaire, en y faisant entrer le lait. Mālik a dit : La farine contre le blé, à quantité égale, il n'y a pas de mal à cela, car il a donné de la farine pure et l'a vendue contre du blé à quantité égale. S'il avait mis un demi-mudd de farine et un demi-mudd de blé et vendu cela contre un mudd de blé, ce serait semblable à ce que nous avons décrit et cela ne conviendrait pas, car il aurait seulement voulu prendre la plus-value de son bon blé en y joignant la farine. Cela ne convient pas.

  79. Dispositions diverses sur la vente de la nourritureبَابُ جَامِعِ بَيْعِ الطَّعَامِ
  80. 1397

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي مَرْيَمَ، أَنَّهُ سَأَلَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ فَقَالَ: إِنِّي رَجُلٌ أَبْتَاعُ الطَّعَامَ يَكُونُ مِنَ الصُّكُوكِ بِالْجَارِ، فَرُبَّمَا ابْتَعْتُ مِنْهُ بِدِينَارٍ وَنِصْفِ دِرْهَمٍ أَفَأُعْطِي بِالنِّصْفِ طَعَامًا؟ فَقَالَ سَعِيدٌ: لَا وَلَكِنْ «أَعْطِ أَنْتَ دِرْهَمًا، وَخُذْ بَقِيَّتَهُ طَعَامًا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Maryam, qu'il a interrogé Saʿīd ibn al-Musayyab et dit : « Je suis un homme qui achète la nourriture provenant des bons [de rations] à al-Jār. Il m'arrive d'en acheter pour un dīnār et un demi-dirham : puis-je donner de la nourriture pour le demi[-dirham] ? » Saʿīd dit : « Non. Donne plutôt, toi, un dirham, et prends le reste en nourriture. »

    Une autre édition du texte porte « فَأُعْطَى بِالنِّصْفِ طَعَامًا » [et l'on me donne, pour le demi-dirham, de la nourriture] ; al-Bājī et az-Zurqānī suivent la forme interrogative : c'est l'acheteur qui voudrait payer le demi-dirham en nourriture.

  81. 1398

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ: أَنَّ مُحَمَّدَ بْنَ سِيرِينَ كَانَ يَقُولُ: «لَا تَبِيعُوا الْحَبَّ فِي سُنْبُلِهِ حَتَّى يَبْيَضَّ» قَالَ مَالِكٌ: مَنِ اشْتَرَى طَعَامًا بِسِعْرٍ مَعْلُومٍ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى، فَلَمَّا حَلَّ الْأَجَلُ، قَالَ الَّذِي عَلَيْهِ الطَّعَامُ: لَيْسَ عِنْدِي طَعَامٌ، فَبِعْنِي الطَّعَامَ الَّذِي لَكَ عَلَيَّ إِلَى أَجَلٍ، فَيَقُولُ صَاحِبُ الطَّعَامِ: هَذَا لَا يَصْلُحُ قَدْ " نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: عَنْ بَيْعِ الطَّعَامِ حَتَّى يُسْتَوْفَى "، فَيَقُولُ الَّذِي عَلَيْهِ الطَّعَامُ لِغَرِيمِهِ: فَبِعْنِي طَعَامًا إِلَى أَجَلٍ حَتَّى أَقْضِيَكَهُ، فَهَذَا لَا يَصْلُحُ لِأَنَّهُ إِنَّمَا يُعْطِيهِ طَعَامًا ثُمَّ يَرُدُّهُ إِلَيْهِ فَتَصِيرُ الذَّهَبُ الَّتِي أَعْطَاهُ ثَمَنَ الطَّعَامِ الَّذِي كَانَ لَهُ عَلَيْهِ، وَيَصِيرُ الطَّعَامُ الَّذِي أَعْطَاهُ مُحَلِّلًا فِيمَا بَيْنَهُمَا، وَيَكُونُ ذَلِكَ إِذَا فَعَلَاهُ بَيْعَ الطَّعَامِ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى " قَالَ مَالِكٌ: فِي رَجُلٍ لَهُ عَلَى رَجُلٍ طَعَامٌ ابْتَاعَهُ مِنْهُ، وَلِغَرِيمِهِ عَلَى رَجُلٍ طَعَامٌ مِثْلُ ذَلِكَ الطَّعَامِ، فَقَالَ الَّذِي عَلَيْهِ الطَّعَامُ لِغَرِيمِهِ: أُحِيلُكَ عَلَى غَرِيمٍ لِي، عَلَيْهِ مِثْلُ الطَّعَامِ الَّذِي لَكَ عَلَيَّ بِطَعَامِكَ الَّذِي لَكَ عَلَيَّ، قَالَ مَالِكٌ: «إِنْ كَانَ الَّذِي عَلَيْهِ الطَّعَامُ إِنَّمَا هُوَ طَعَامٌ ابْتَاعَهُ، فَأَرَادَ أَنْ يُحِيلَ غَرِيمَهُ بِطَعَامٍ ابْتَاعَهُ، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ، وَذَلِكَ بَيْعُ الطَّعَامِ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى، فَإِنْ كَانَ الطَّعَامُ سَلَفًا حَالًّا، فَلَا بَأْسَ أَنْ يُحِيلَ بِهِ غَرِيمَهُ، لِأَنَّ ذَلِكَ لَيْسَ بِبَيْعٍ، قَالَ مَالِكٌ: وَلَا يَحِلُّ بَيْعُ الطَّعَامِ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى لِنَهْيِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ ذَلِكَ، غَيْرَ أَنَّ أَهْلَ الْعِلْمِ قَدِ اجْتَمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِالشِّرْكِ وَالتَّوْلِيَةِ وَالْإِقَالَةِ فِي الطَّعَامِ وَغَيْرِهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ أَنَّ أَهْلَ الْعِلْمِ أَنْزَلُوهُ عَلَى وَجْهِ الْمَعْرُوفِ، وَلَمْ يُنْزِلُوهُ عَلَى وَجْهِ الْبَيْعِ، وَذَلِكَ مِثْلُ الرَّجُلِ يُسَلِّفُ الدَّرَاهِمَ النُّقَّصَ، فَيُقْضَى دَرَاهِمَ وَازِنَةً فِيهَا فَضْلٌ، فَيَحِلُّ لَهُ ذَلِكَ، وَيَجُوزُ وَلَوِ اشْتَرَى مِنْهُ دَرَاهِمَ نُقَّصًا بِوَازِنَةٍ، لَمْ يَحِلَّ ذَلِكَ، وَلَوِ اشْتَرَطَ عَلَيْهِ حِينَ أَسْلَفَهُ وَازِنَةً، وَإِنَّمَا أَعْطَاهُ نُقَّصًا لَمْ يَحِلَّ لَهُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمِمَّا يُشْبِهُ ذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنْ بَيْعِ الْمُزَابَنَةِ، وَأَرْخَصَ فِي بَيْعِ الْعَرَايَا بِخَرْصِهَا مِنَ التَّمْرِ، وَإِنَّمَا فُرِقَ بَيْنَ ذَلِكَ أَنَّ بَيْعَ الْمُزَابَنَةِ بَيْعٌ عَلَى وَجْهِ الْمُكَايَسَةِ، وَالتِّجَارَةِ، وَأَنَّ بَيْعَ الْعَرَايَا عَلَى وَجْهِ الْمَعْرُوفِ لَا مُكَايَسَةَ فِيهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا يَنْبَغِي أَنْ يَشْتَرِيَ رَجُلٌ طَعَامًا بِرُبُعٍ أَوْ بِثُلُثٍ أَوْ بِكِسْرٍ مِنْ دِرْهَمٍ. عَلَى أَنْ يُعْطَى بِذَلِكَ طَعَامًا إِلَى أَجَلٍ. وَلَا بَأْسَ بِأَنْ يَبْتَاعَ الرَّجُلُ طَعَامًا بِكِسْرٍ مِنْ دِرْهَمٍ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ يُعْطَى دِرْهَمًا وَيَأْخُذُ بِمَا بَقِيَ لَهُ مِنْ دِرْهَمِهِ سِلْعَةً مِنَ السِّلَعِ، لِأَنَّهُ أَعْطَى الْكِسْرَ الَّذِي عَلَيْهِ، فِضَّةً. وَأَخَذَ بِبَقِيَّةِ دِرْهَمِهِ سِلْعَةً، فَهَذَا لَا بَأْسَ بِهِ» قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا بَأْسَ بِأَنْ يَضَعَ الرَّجُلُ عِنْدَ الرَّجُلِ دِرْهَمًا، ثُمَّ يَأْخُذُ مِنْهُ بِرُبُعٍ أَوْ بِثُلُثٍ أَوْ بِكِسْرٍ مَعْلُومٍ سِلْعَةً مَعْلُومَةً، فَإِذَا لَمْ يَكُنْ فِي ذَلِكَ سِعْرٌ مَعْلُومٌ، وَقَالَ لِرَجُلٍ: آخُذُ مِنْكَ بِسِعْرِ كُلِّ يَوْمٍ، فَهَذَا لَا يَحِلُّ لِأَنَّهُ غَرَرٌ يَقِلُّ مَرَّةً، وَيَكْثُرُ مَرَّةً، وَلَمْ يَفْتَرِقَا عَلَى بَيْعٍ مَعْلُومٍ " قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ بَاعَ طَعَامًا جِزَافًا وَلَمْ يَسْتَثْنِ مِنْهُ شَيْئًا، ثُمَّ بَدَا لَهُ أَنْ يَشْتَرِيَ مِنْهُ شَيْئًا، فَإِنَّهُ لَا يَصْلُحُ لَهُ أَنْ يَشْتَرِيَ مِنْهُ شَيْئًا، إِلَّا مَا كَانَ يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَسْتَثْنِيَهُ مِنْهُ، وَذَلِكَ الثُّلُثُ فَمَا دُونَهُ، فَإِنْ زَادَ عَلَى الثُّلُثِ، صَارَ ذَلِكَ إِلَى الْمُزَابَنَةِ، وَإِلَى مَا يُكْرَهُ، فَلَا يَنْبَغِي لَهُ أَنْ يَشْتَرِيَ مِنْهُ شَيْئًا إِلَّا مَا كَانَ يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَسْتَثْنِيَ مِنْهُ، وَلَا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَسْتَثْنِيَ مِنْهُ إِلَّا الثُّلُثَ، فَمَا دُونَهُ، وَهَذَا الْأَمْرُ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que Muḥammad ibn Sīrīn disait : « Ne vendez pas le grain dans son épi avant qu'il ait blanchi. » Mālik a dit : Celui qui achète de la nourriture à un prix connu jusqu'à un terme fixé, puis, le terme étant échu, celui qui doit la nourriture dit : « Je n'ai pas de nourriture, vends-moi donc à terme la nourriture que je te dois. » Le créancier de la nourriture dit : « Cela ne convient pas : le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. » Celui qui doit la nourriture dit alors à son créancier : « Vends-moi donc de la nourriture à terme, afin que je te la remette en paiement. » Cela ne convient pas, car il ne fait que lui donner de la nourriture que l'autre lui rend ensuite : l'or qu'il lui a donné devient le prix de la nourriture qu'il avait sur lui, et la nourriture qu'il lui a donnée devient entre eux un artifice de légitimation. Cela, s'ils le font, est la vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Mālik a dit, au sujet d'un homme à qui un autre doit de la nourriture qu'il lui a achetée, et dont le débiteur a sur un [troisième] homme une créance de nourriture pareille à celle-là, et celui qui doit la nourriture dit à son créancier : « Je te renvoie sur un débiteur à moi, qui me doit autant de nourriture que celle que je te dois, en paiement de la nourriture que je te dois. » Mālik a dit : Si celui qui doit la nourriture [la tient] d'une nourriture qu'il a achetée, et qu'il veut renvoyer son créancier sur une nourriture qu'il a achetée, cela ne convient pas : c'est la vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure. Si la nourriture est un prêt exigible, il n'y a pas de mal à ce qu'il renvoie son créancier sur elle, car cela n'est pas une vente. La vente de la nourriture avant d'en avoir reçu la pleine mesure n'est pas licite, en raison de l'interdiction qu'en a faite le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Toutefois les gens de science se sont accordés sur le fait qu'il n'y a pas de mal à l'association, à la cession au prix coûtant et à la résiliation, pour la nourriture et pour le reste. Mālik a dit : C'est que les gens de science ont rangé cela du côté de l'acte de bienfaisance et ne l'ont pas rangé du côté de la vente. Il en va comme de l'homme qui prête des dirham de poids faible, et à qui l'on rend des dirham de plein poids comportant un surplus : cela lui est licite et permis. Mais s'il lui avait acheté des dirham de poids faible contre des dirham de plein poids, cela n'aurait pas été licite. Et s'il avait stipulé, en lui prêtant, [d'être remboursé en dirham] de plein poids alors qu'il ne lui en donnait que de poids faible, cela ne lui aurait pas été licite. Mālik a dit : Ce qui ressemble aussi à cela, c'est que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente de muzābana [échanger une quantité inconnue contre une quantité connue du même genre] et a toléré la vente des ʿarāyā [palmiers dont les fruits ont été donnés] contre leur estimation en dattes. La distinction entre les deux tient seulement à ce que la muzābana est une vente faite par voie de marchandage et de commerce, tandis que la vente des ʿarāyā se fait par voie de bienfaisance, sans marchandage. Mālik a dit : Il ne convient pas qu'un homme achète de la nourriture pour un quart, un tiers ou une fraction de dirham, à condition qu'on lui donne en échange [du reste] de la nourriture à terme. Il n'y a pas de mal à ce que l'homme achète de la nourriture pour une fraction de dirham à terme, puis donne un dirham et prenne, pour ce qui lui reste de son dirham, une marchandise quelconque : il a donné en argent la fraction qu'il devait et a pris une marchandise pour le reste de son dirham. Il n'y a pas de mal à cela. Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à ce que l'homme dépose chez un autre un dirham, puis prenne de lui, pour un quart, un tiers ou une fraction connue, une marchandise connue. Mais s'il n'y a pas en cela de prix connu, et qu'il dit à un homme : « Je prendrai de toi au cours de chaque jour », cela n'est pas licite, car c'est un aléa : tantôt moins, tantôt plus, et ils ne se sont pas séparés sur une vente connue. Mālik a dit : Celui qui vend de la nourriture en bloc sans en excepter quoi que ce soit, puis à qui il vient à l'idée d'en racheter une partie, il ne lui convient d'en racheter que ce qu'il lui aurait été permis d'en excepter, soit le tiers ou moins. S'il dépasse le tiers, cela tourne à la muzābana et à ce qui est réprouvé. Il ne convient donc pas qu'il en rachète quoi que ce soit, sinon ce qu'il lui aurait été permis d'en excepter, et il ne lui est permis d'en excepter que le tiers ou moins. Telle est la règle sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous.

  82. L'accaparement et l'attente [de la hausse des prix]بَابُ الْحُكْرَةِ وَالتَّرَبُّصِ
  83. 1399

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ: «لَا حُكْرَةَ فِي سُوقِنَا، لَا يَعْمِدُ رِجَالٌ بِأَيْدِيهِمْ فُضُولٌ مِنْ أَذْهَابٍ إِلَى رِزْقٍ مِنْ رِزْقِ اللَّهِ نَزَلَ بِسَاحَتِنَا، فَيَحْتَكِرُونَهُ عَلَيْنَا، وَلَكِنْ أَيُّمَا جَالِبٍ جَلَبَ عَلَى عَمُودِ كَبِدِهِ فِي الشِّتَاءِ وَالصَّيْفِ، فَذَلِكَ ضَيْفُ عُمَرَ فَلْيَبِعْ كَيْفَ شَاءَ اللَّهُ، وَلْيُمْسِكْ كَيْفَ شَاءَ اللَّهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Pas d'accaparement dans notre marché. Que des hommes ayant en main des surplus d'or ne se portent pas sur une subsistance, parmi les subsistances d'Allah, descendue sur notre place, pour l'accaparer à nos dépens. Mais tout importateur qui apporte [des vivres] sur l'échine, en hiver comme en été, celui-là est l'hôte de ʿUmar : qu'il vende comme Allah veut, et qu'il retienne comme Allah veut. »

    « Sur l'échine » rend « ʿalā ʿamūd kabidihi » : sur son dos, ou au prix de sa peine, selon les explications rapportées par az-Zurqānī.

  84. 1400

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يُونُسَ بْنِ يُوسُفَ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ مَرَّ بِحَاطِبِ بْنِ أَبِي بَلْتَعَةَ وَهُوَ يَبِيعُ زَبِيبًا لَهُ بِالسُّوقِ، فَقَالَ لَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: «إِمَّا أَنْ تَزِيدَ فِي السِّعْرِ، وَإِمَّا أَنْ تُرْفَعَ مِنْ سُوقِنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yūnus ibn Yūsuf, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb passa près de Ḥāṭib ibn Abī Baltaʿa, qui vendait au marché du raisin sec lui appartenant. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb lui dit : « Ou bien tu augmentes le prix, ou bien tu es retiré de notre marché. »

    Il vendait moins cher que les gens du marché, selon az-Zurqānī.

  85. 1401

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ كَانَ «يَنْهَى عَنِ الْحُكْرَةِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUthmān ibn ʿAffān interdisait l'accaparement.

  86. Ce qui est permis dans la vente des animaux les uns contre les autres et dans leur paiement d'avanceبَابُ مَا يَجُوزُ مِنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بَعْضُهُ بِبَعْضٍ وَالسَّلَفِ فِيهِ
  87. 1402

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ صَالِحِ بْنِ كَيْسَانَ، عَنْ حَسَنِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ، أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ «بَاعَ جَمَلًا لَهُ يُدْعَى عُصَيْفِيرًا بِعِشْرِينَ بَعِيرًا إِلَى أَجَلٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ṣāliḥ ibn Kaysān, d'après Ḥasan ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib, que ʿAlī ibn Abī Ṭālib vendit un chameau mâle à lui, appelé ʿUṣayfīr, contre vingt chameaux à terme.

  88. 1403

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ «اشْتَرَى رَاحِلَةً بِأَرْبَعَةِ أَبْعِرَةٍ مَضْمُونَةٍ عَلَيْهِ يُوفِيهَا صَاحِبَهَا بِالرَّبَذَةِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar acheta une chamelle de selle contre quatre chameaux dont il répondait, à remettre à leur propriétaire à ar-Rabadha.

    Ar-Rabadha : lieu situé à l'est de Médine.

  89. 1404

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ عَنْ: " بَيْعِ الْحَيَوَانِ اثْنَيْنِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، فَقَالَ: لَا بَأْسَ بِذَلِكَ " قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِالْجَمَلِ بِالْجَمَلِ مِثْلِهِ، وَزِيَادَةِ دَرَاهِمَ يَدًا بِيَدٍ، وَلَا بَأْسَ بِالْجَمَلِ بِالْجَمَلِ مِثْلِهِ وَزِيَادَةِ دَرَاهِمَ، الْجَمَلُ بِالْجَمَلِ يَدًا بِيَدٍ. وَالدَّرَاهِمُ إِلَى أَجَلٍ. قَالَ: وَلَا خَيْرَ فِي الْجَمَلِ بِالْجَمَلِ. وَزِيَادَةِ دَرَاهِمَ. الدَّرَاهِمُ نَقْدًا، وَالْجَمَلُ إِلَى أَجَلٍ. قَالَ: وَإِنْ أَخَّرْتَ الْجَمَلَ وَالدَّرَاهِمَ، فَلَا خَيْرَ فِي ذَلِكَ أَيْضًا " قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ بِأَنْ يَبْتَاعَ الْبَعِيرَ النَّجِيبَ بِالْبَعِيرَيْنِ، أَوْ بِالْأَبْعِرَةِ مِنَ الْحَمُولَةِ مِنْ حَاشِيَةِ الْإِبِلِ، وَإِنْ كَانَتْ مِنْ نَعَمٍ وَاحِدَةٍ، فَلَا بَأْسَ أَنْ يُشْتَرَى مِنْهَا اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، إِذَا اخْتَلَفَتْ فَبَانَ اخْتِلَافُهَا، وَإِنْ أَشْبَهَ بَعْضُهَا بَعْضًا، وَاخْتَلَفَتْ أَجْنَاسُهَا، أَوْ لَمْ تَخْتَلِفْ، فَلَا يُؤْخَذُ مِنْهَا اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ» قَالَ مَالِكٌ: " وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ: أَنْ يُؤْخَذَ الْبَعِيرُ بِالْبَعِيرَيْنِ لَيْسَ بَيْنَهُمَا تَفَاضُلٌ فِي نَجَابَةٍ وَلَا رِحْلَةٍ فَإِذَا كَانَ هَذَا عَلَى مَا وَصَفْتُ لَكَ، فَلَا تَشْتَرِ مِنْهُ اثْنَينِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، وَلَا بَأْسَ بِأَنْ تَبِيعَ مَا اشْتَرَيْتَ مِنْهَا، قَبْلَ أَنْ تَسْتَوْفِيَهُ مِنْ غَيْرِ الَّذِي اشْتَرَيْتَهُ مِنْهُ إِذَا انْتَقَدْتَ ثَمَنَهُ " قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ سَلَّفَ فِي شَيْءٍ مِنَ الْحَيَوَانِ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى فَوَصَفَهُ، وَحَلَّاهُ، وَنَقَدَ ثَمَنَهُ، فَذَلِكَ جَائِزٌ، وَهُوَ لَازِمٌ لِلْبَائِعِ وَالْمُبْتَاعِ عَلَى مَا وَصَفَا وَحَلَّيَا، وَلَمْ يَزَلْ ذَلِكَ مِنْ عَمَلِ النَّاسِ الْجَائِزِ بَيْنَهُمْ، وَالَّذِي لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ أَهْلُ الْعِلْمِ بِبَلَدِنَا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il a interrogé Ibn Shihāb sur la vente des animaux, deux contre un, à terme. Il dit : « Il n'y a pas de mal à cela. » Mālik a dit : La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est qu'il n'y a pas de mal au chameau contre un chameau pareil avec un supplément de dirham, de la main à la main ; et il n'y a pas de mal au chameau contre un chameau pareil avec un supplément de dirham, le chameau contre le chameau de la main à la main et les dirham à terme. Il a dit : Il n'y a aucun bien au chameau contre un chameau avec un supplément de dirham, les dirham comptant et le chameau à terme. Et si tu diffères le chameau et les dirham, il n'y a aucun bien à cela non plus. Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à acheter le chameau de race contre deux chameaux, ou plusieurs chameaux, pris parmi les bêtes de charge, dans le commun des chameaux. Même s'ils sont d'un même troupeau, il n'y a pas de mal à en acheter deux contre un à terme, lorsqu'ils diffèrent et que leur différence est manifeste. Mais s'ils se ressemblent, que leurs races diffèrent ou ne diffèrent pas, on n'en prend pas deux contre un à terme. Mālik a dit : L'explication de ce qui est réprouvé en cela est que l'on prenne le chameau contre deux chameaux, sans qu'il y ait entre eux de différence de race ni d'aptitude au portage. S'il en est comme je te l'ai décrit, n'en achète pas deux contre un à terme. Il n'y a pas de mal à ce que tu vendes ce que tu en as acheté, avant d'en avoir pris livraison, à un autre que celui à qui tu l'as acheté, si tu en reçois le prix comptant. Mālik a dit : Celui qui paie d'avance un animal jusqu'à un terme fixé, le décrit, en donne le signalement et en verse le prix comptant, cela est permis et s'impose au vendeur et à l'acheteur selon ce qu'ils ont décrit et signalé. Cela n'a cessé d'être de la pratique permise des gens entre eux, et ce à quoi les gens de science de notre cité n'ont cessé de se tenir.

    « Le commun des chameaux » [ḥāshiyat al-ibil] : leçon que commentent al-Bājī et az-Zurqānī. Une autre édition du texte porte « مَاشِيَةِ الْإِبِلِ » [le bétail camelin].

  90. Ce qui n'est pas permis dans la vente des animauxبَابُ مَا لَا يَجُوزُ مِنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ
  91. 1405

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ حَبَلِ حَبَلَةٍ، وَكَانَ بَيْعًا يَتَبَايَعُهُ أَهْلُ الْجَاهِلِيَّةِ، كَانَ الرَّجُلُ يَبْتَاعُ الْجَزُورَ إِلَى أَنْ تُنْتَجَ النَّاقَةُ، ثُمَّ تُنْتَجَ الَّتِي فِي بَطْنِهَا»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente du ḥabal al-ḥabala [le petit du petit à naître]. C'était une vente que pratiquaient les gens de l'époque de l'ignorance : l'homme achetait le chameau de boucherie [payable] quand la chamelle aurait mis bas, puis que celle qu'elle portait dans son ventre aurait mis bas.

  92. 1406

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ قَالَ: " لَا رِبًا فِي الْحَيَوَانِ، وَإِنَّمَا نُهِيَ مِنَ الْحَيَوَانِ عَنْ ثَلَاثَةٍ: عَنِ الْمَضَامِينِ وَالْمَلَاقِيحِ وَحَبَلِ حَبَلَةٍ. فَالْمَضَامِينُ: مَا فِي بُطُونِ إِنَاثِ الْإِبِلِ، وَالْمَلَاقِيحُ مَا فِي ظُهُورِ الْجِمَالِ " قَالَ مَالِكٌ: «لَا يَنْبَغِي أَنْ يَشْتَرِيَ أَحَدٌ شَيْئًا مِنَ الْحَيَوَانِ بِعَيْنِهِ إِذَا كَانَ غَائِبًا عَنْهُ، وَإِنْ كَانَ قَدْ رَآهُ وَرَضِيَهُ عَلَى أَنْ يَنْقُدَ ثَمَنَهُ لَا قَرِيبًا وَلَا بَعِيدًا» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا كُرِهَ ذَلِكَ، لِأَنَّ الْبَائِعَ يَنْتَفِعُ بِالثَّمَنِ، وَلَا يُدْرَى هَلْ تُوجَدُ تِلْكَ السِّلْعَةُ عَلَى مَا رَآهَا الْمُبْتَاعُ أَمْ لَا؟ فَلِذَلِكَ كُرِهَ ذَلِكَ، وَلَا بَأْسَ بِهِ، إِذَا كَانَ مَضْمُونًا مَوْصُوفًا»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, qu'il a dit : « Il n'y a pas de ribā dans les animaux. On a seulement interdit, pour les animaux, trois choses : les maḍāmīn, les malāqīḥ et le ḥabal al-ḥabala. Les maḍāmīn sont ce qui est dans le ventre des chamelles, et les malāqīḥ ce qui est dans les reins des chameaux. » Mālik a dit : Il ne convient pas que quelqu'un achète un animal déterminé alors que celui-ci est absent, même s'il l'a vu et agréé, à condition d'en verser le prix comptant, qu'il soit proche ou éloigné. Mālik a dit : Cela n'a été réprouvé que parce que le vendeur tire profit du prix, alors qu'on ne sait pas si cette marchandise se trouvera telle que l'acheteur l'a vue ou non. C'est pourquoi cela a été réprouvé. Et il n'y a pas de mal à cela si [l'animal] est garanti et décrit [et non déterminé].

  93. La vente de l'animal contre de la viandeبَابُ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بِاللَّحْمِ
  94. 1407

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بِاللَّحْمِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente de l'animal contre de la viande.

  95. 1408

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ دَاوُدَ بْنِ الْحُصَيْنِ، أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ يَقُولُ: «مِنْ مَيْسِرِ أَهْلِ الْجَاهِلِيَّةِ بَيْعُ الْحَيَوَانِ بِالشَّاةِ وَالشَّاتَيْنِ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyab dire : « Faisait partie du jeu de hasard des gens de l'époque de l'ignorance la vente de l'animal contre un mouton ou deux moutons. »

    Une autre édition du texte porte « بَيْعُ الْحَيَوَانِ بِاللَّحْمِ بِالشَّاةِ وَالشَّاتَيْنِ » [la vente de l'animal contre de la viande, pour un mouton ou deux] ; Ibn ʿAbd al-Barr tient pour juste « la vente de la viande contre un mouton ou deux », leçon des autres transmetteurs.

  96. 1409

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: «نُهِيَ عَنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بِاللَّحْمِ» قَالَ أَبُو الزِّنَادِ: فَقُلْتُ لِسَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ: أَرَأَيْتَ رَجُلًا اشْتَرَى شَارِفًا بِعَشْرِ شِيَاهٍ؟ فَقَالَ سَعِيدٌ: «إِنْ كَانَ اشْتَرَاهَا لِيَنْحَرَهَا، فَلَا خَيْرَ فِي ذَلِكَ» قَالَ أَبُو الزِّنَادِ: وَكُلُّ مَنْ أَدْرَكْتُ مِنَ النَّاسِ «يَنْهَوْنَ عَنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بِاللَّحْمِ»، قَالَ أَبُو الزِّنَادِ: وَكَانَ ذَلِكَ يُكْتَبُ فِي عُهُودِ الْعُمَّالِ فِي زَمَانِ أَبَانَ بْنِ عُثْمَانَ وَهِشَامِ بْنِ إِسْمَاعِيلَ يَنْهَوْنَ عَنْ ذَلِكَ

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, qu'il disait : « La vente de l'animal contre de la viande a été interdite. » Abū az-Zinād a dit : J'ai dit à Saʿīd ibn al-Musayyab : « Que dis-tu d'un homme qui a acheté une vieille chamelle contre dix moutons ? » Saʿīd dit : « S'il l'a achetée pour l'égorger, il n'y a aucun bien à cela. » Abū az-Zinād a dit : Tous ceux que j'ai connus parmi les gens interdisaient la vente de l'animal contre de la viande. Abū az-Zinād a dit : Cela était écrit dans les lettres de mission des gouverneurs, au temps d'Abān ibn ʿUthmān et de Hishām ibn Ismāʿīl : ils interdisaient cela.

  97. La vente de la viande contre la viandeبَابُ بَيْعِ اللَّحْمِ بِاللَّحْمِ
  98. 1410

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا فِي لَحْمِ الْإِبِلِ وَالْبَقَرِ وَالْغَنَمِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْوُحُوشِ، أَنَّهُ لَا يُشْتَرَى بَعْضُهُ بِبَعْضٍ، إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ، وَزْنًا بِوَزْنٍ، يَدًا بِيَدٍ، وَلَا بَأْسَ بِهِ وَإِنْ لَمْ يُوزَنْ، إِذَا تَحَرَّى أَنْ يَكُونَ مِثْلًا بِمِثْلٍ يَدًا بِيَدٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ بِلَحْمِ الْحِيتَانِ، بِلَحْمِ الْإِبِلِ وَالْبَقَرِ وَالْغَنَمِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْوُحُوشِ كُلِّهَا، اثْنَانِ بِوَاحِدٍ وَأَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ يَدًا بِيَدٍ، فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ الْأَجَلُ فَلَا خَيْرَ فِيهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَأَرَى لُحُومَ الطَّيْرِ كُلَّهَا مُخَالِفَةً لِلُحُومِ الْأَنْعَامِ، وَالْحِيتَانِ، فَلَا أَرَى بَأْسًا بِأَنْ يُشْتَرَى بَعْضُ ذَلِكَ بِبَعْضٍ مُتَفَاضِلًا يَدًا بِيَدٍ، وَلَا يُبَاعُ شَيْءٌ مِنْ ذَلِكَ إِلَى أَجَلٍ»

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : La règle sur laquelle on s'accorde chez nous, pour la viande de chameau, de bovin, d'ovin et de ce qui leur ressemble parmi les bêtes sauvages, est que l'on n'en achète une partie contre l'autre qu'à quantité égale, poids pour poids, de la main à la main. Il n'y a pas de mal à cela, même sans pesée, lorsque l'on s'applique à ce que ce soit quantité égale contre quantité égale, de la main à la main. Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à la chair des poissons contre la viande de chameau, de bovin, d'ovin et de ce qui leur ressemble parmi toutes les bêtes sauvages, deux pour un et plus que cela, de la main à la main. Si un terme y entre, il n'y a aucun bien à cela. Mālik a dit : Je suis d'avis que les chairs des oiseaux, toutes, diffèrent des viandes du bétail et des poissons. Je ne vois donc pas de mal à ce que l'on achète une partie de cela contre l'autre avec excédent, de la main à la main. Et rien de cela ne se vend à terme.

  99. Ce qui est rapporté sur le prix du chienبَابُ مَا جَاءَ فِي ثَمَنِ الْكَلْبِ
  100. 1411

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْحَارِثِ بْنِ هِشَامٍ، وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْأَنْصَارِيِّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ، وَمَهْرِ الْبَغِيِّ، وَحُلْوَانِ الْكَاهِنِ» يَعْنِي بِمَهْرِ الْبَغِيِّ: مَا تُعْطَاهُ الْمَرْأَةُ عَلَى الزِّنَا، وَحُلْوَانُ الْكَاهِنِ رَشْوَتُهُ، وَمَا يُعْطَى عَلَى أَنْ يَتَكَهَّنَ. قَالَ مَالِكٌ: «أَكْرَهُ ثَمَنَ الْكَلْبِ الضَّارِي وَغَيْرِ الضَّارِي، لِنَهْيِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām, et d'après Abū Masʿūd al-Anṣārī, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit le prix du chien, le salaire de la prostituée et la rétribution du devin. Par salaire de la prostituée, il entend ce que l'on donne à la femme pour la fornication ; la rétribution du devin est le pot-de-vin qu'il reçoit et ce qu'on lui donne pour qu'il prédise. Mālik a dit : Je réprouve le prix du chien, qu'il soit dressé [à la chasse] ou non, en raison de l'interdiction que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a faite du prix du chien.

    Une autre édition du texte porte « عَنْ أَبِي مَسْعُودٍ », sans « et » : Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān tient alors le hadith d'Abū Masʿūd.

  101. Le prêt, et la vente des marchandises les unes contre les autresبَابُ السَّلَفِ وَبَيْعِ الْعُرُوضِ بَعْضِهَا بِبَعْضٍ
  102. 1412

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعٍ وَسَلَفٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ آخُذُ سِلْعَتَكَ بِكَذَا وَكَذَا، عَلَى أَنْ تُسْلِفَنِي كَذَا وَكَذَا، فَإِنْ عَقَدَا بَيْعَهُمَا عَلَى هَذَا فَهُوَ غَيْرُ جَائِزٍ. فَإِنْ تَرَكَ الَّذِي اشْتَرَطَ السَّلَفَ، مَا اشْتَرَطَ مِنْهُ كَانَ ذَلِكَ الْبَيْعُ جَائِزًا» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ أَنْ يُشْتَرَى الثَّوْبُ مِنَ الْكَتَّانِ أَوِ الشَّطَوِيِّ أَوِ الْقَصَبِيِّ بِالْأَثْوَابِ مِنَ الْإِتْرِيبِيِّ، أَوِ الْقَسِّيِّ أَوِ الزِّيقَةِ، أَوِ الثَّوْبِ الْهَرَوِيِّ أَوِ الْمَرْوِيِّ بِالْمَلَاحِفِ الْيَمَانِيَّةِ، وَالشَّقَائِقِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ الْوَاحِدُ بِالْاثْنَيْنِ أَوِ الثَّلَاثَةِ يَدًا بِيَدٍ، أَوْ إِلَى أَجَلٍ، وَإِنْ كَانَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ نَسِيئَةٌ فَلَا خَيْرَ فِيهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا يَصْلُحُ حَتَّى يَخْتَلِفَ فَيَبِينَ اخْتِلَافُهُ، فَإِذَا أَشْبَهَ بَعْضُ ذَلِكَ بَعْضًا، وَإِنِ اخْتَلَفَتْ أَسْمَاؤُهُ، فَلَا يَأْخُذْ مِنْهُ اثْنَيْنِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، وَذَلِكَ أَنْ يَأْخُذَ الثَّوْبَيْنِ مِنَ الْهَرَوِيِّ، بِالثَّوْبِ مِنَ الْمَرْوِيِّ أَوِ الْقُوهِيِّ إِلَى أَجَلٍ، أَوْ يَأْخُذَ الثَّوْبَيْنِ مِنَ الْفُرْقُبِيِّ بِالثَّوْبِ مِنَ الشَّطَوِيِّ فَإِذَا كَانَتْ هَذِهِ الأَصْنَافِ عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ فَلَا يُشْتَرَى مِنْهَا اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا بَأْسَ أَنْ تَبِيعَ مَا اشْتَرَيْتَ مِنْهَا قَبْلَ أَنْ تَسْتَوْفِيَهُ، مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهِ الَّذِي اشْتَرَيْتَهُ مِنْهُ إِذَا انْتَقَدْتَ ثَمَنَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit [de réunir] une vente et un prêt. Mālik a dit : L'explication de cela est que l'homme dise à un autre : « Je prends ta marchandise pour tant et tant, à condition que tu me prêtes tant et tant. » S'ils concluent leur vente de cette façon, elle n'est pas permise. Si celui qui a stipulé le prêt renonce à ce qu'il a stipulé, cette vente est permise. Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à ce que l'on achète l'étoffe de lin, de Shaṭā ou de qaṣab contre plusieurs étoffes d'Itrīb, de Qass ou de Zīqa, ou l'étoffe de Hérat ou de Merv contre les couvertures du Yémen, les shaqāʾiq et ce qui leur ressemble, une contre deux ou trois, de la main à la main ou à terme. Mais si c'est d'une seule espèce et qu'un report à terme y entre, il n'y a aucun bien à cela. Mālik a dit : Cela ne convient que si elles diffèrent et que leur différence est manifeste. Lorsqu'elles se ressemblent, même si leurs noms diffèrent, qu'on n'en prenne pas deux contre une à terme. Ainsi de prendre deux étoffes de Hérat contre une étoffe de Merv ou une étoffe qūhī à terme, ou de prendre deux étoffes de Furqub contre une étoffe de Shaṭā. Lorsque ces espèces sont de cette sorte, on n'en achète pas deux contre un à terme. Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à ce que tu vendes ce que tu en as acheté, avant d'en avoir pris livraison, à un autre que celui à qui tu l'as acheté, si tu en reçois le prix comptant.

    Étoffes nommées d'après leur lieu de fabrication : Shaṭā et Itrīb en Égypte, Qass sur le littoral, Hérat au Khurāsān, Merv, Furqub ; Zīqa est rapportée à un quartier de Nīsābūr, ou désigne des étoffes grossières de Haute-Égypte. Qaṣab : fine toile de lin. Qūhī : étoffe blanche. Shaqāʾiq : pagnes étroits de qualité médiocre. Explications d'az-Zurqānī.

  103. Le paiement d'avance [salaf] portant sur les marchandisesبَابُ السُّلْفَةِ فِي الْعُرُوضِ
  104. 1413

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ وَرَجُلٌ يَسْأَلُهُ عَنْ رَجُلٍ سَلَّفَ فِي سَبَائِبَ فَأَرَادَ بَيْعَهَا قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَهَا؟ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: «تِلْكَ الْوَرِقُ بِالْوَرِقِ وَكَرِهَ ذَلِكَ» قَالَ مَالِكٌ: «وَذَلِكَ فِيمَا نُرَى، وَاللَّهُ أَعْلَمُ، أَنَّهُ أَرَادَ أَنْ يَبِيعَهَا مِنْ صَاحِبِهَا الَّذِي اشْتَرَاهَا مِنْهُ، بِأَكْثَرَ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي ابْتَاعَهَا بِهِ، وَلَوْ أَنَّهُ بَاعَهَا مِنْ غَيْرِ الَّذِي اشْتَرَاهَا مِنْهُ لَمْ يَكُنْ بِذَلِكَ بَأْسٌ» قَالَ مَالِكٌ: «الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، فِيمَنْ سَلَّفَ فِي رَقِيقٍ، أَوْ مَاشِيَةٍ أَوْ عُرُوضٍ، فَإِذَا كَانَ كُلُّ شَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ مَوْصُوفًا، فَسَلَّفَ فِيهِ إِلَى أَجَلٍ. فَحَلَّ الْأَجَلُ، فَإِنَّ الْمُشْتَرِيَ لَا يَبِيعُ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ مِنِ الَّذِي اشْتَرَاهُ مِنْهُ، بِأَكْثَرَ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي سَلَّفَهُ فِيهِ، قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَ مَا سَلَّفَهُ فِيهِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ إِذَا فَعَلَهُ فَهُوَ الرِّبَا، صَارَ الْمُشْتَرِي إِنْ أَعْطَى الَّذِي بَاعَهُ دَنَانِيرَ أَوْ دَرَاهِمَ، فَانْتَفَعَ بِهَا، فَلَمَّا حَلَّتْ عَلَيْهِ السِّلْعَةُ وَلَمْ يَقْبِضْهَا الْمُشْتَرِي بَاعَهَا مِنْ صَاحِبِهَا بِأَكْثَرَ مِمَّا سَلَّفَهُ فِيهَا، فَصَارَ أَنْ رَدَّ إِلَيْهِ مَا سَلَّفَهُ وَزَادَهُ مِنْ عِنْدِهِ» قَالَ مَالِكٌ: مَنْ سَلَّفَ ذَهَبًا أَوْ وَرِقًا فِي حَيَوَانٍ أَوْ عَرْضٍ، إِذَا كَانَ مَوْصُوفًا إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى، ثُمَّ حَلَّ الْأَجَلُ، فَإِنَّهُ لَا بَأْسَ أَنْ يَبِيعَ الْمُشْتَرِي تِلْكَ السِّلْعَةَ مِنَ الْبَائِعِ، قَبْلَ أَنْ يَحِلَّ الْأَجَلُ وَبَعْدَ مَا يَحِلُّ بِعَرْضٍ مِنَ الْعُرُوضِ يُعَجِّلُهُ، وَلَا يُؤَخِّرُهُ، بَالِغًا مَا بَلَغَ ذَلِكَ الْعَرْضُ، إِلَّا الطَّعَامَ فَإِنَّهُ لَا يَحِلُّ أَنْ يَبِيعَهُ حَتَّى يَقْبِضَهُ، وَلِلْمُشْتَرِي أَنْ يَبِيعَ تِلْكَ السِّلْعَةَ مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهِ الَّذِي ابْتَاعَهَا مِنْهُ بِذَهَبٍ أَوْ وَرِقٍ، أَوْ عَرْضٍ مِنَ الْعُرُوضِ، يَقْبِضُ ذَلِكَ وَلَا يُؤَخِّرُهُ، لِأَنَّهُ إِذَا أَخَّرَ ذَلِكَ قَبُحَ، وَدَخَلَهُ مَا يُكْرَهُ مِنَ الْكَالِئِ بِالْكَالِئِ وَالْكَالِئُ بِالْكَالِئِ أَنْ يَبِيعَ الرَّجُلُ دَيْنًا لَهُ عَلَى رَجُلٍ بِدَيْنٍ عَلَى رَجُلٍ آخَرَ " قَالَ مَالِكٌ: «وَمَنْ سَلَّفَ فِي سِلْعَةٍ إِلَى أَجَلٍ، وَتِلْكَ السِّلْعَةُ مِمَّا لَا تُؤْكَلُ، وَلَا تُشْرَبُ فَإِنَّ الْمُشْتَرِيَ يَبِيعُهَا مِمَّنْ شَاءَ، بِنَقْدٍ أَوْ عَرْضٍ قَبْلَ أَنْ يَسْتَوْفِيَهَا مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهَا الَّذِي اشْتَرَاهَا مِنْهُ، وَلَا يَنْبَغِي لَهُ أَنْ يَبِيعَهَا مِنِ الَّذِي ابْتَاعَهَا مِنْهُ، إِلَّا بِعَرْضٍ يَقْبِضُهُ وَلَا يُؤَخِّرُهُ» قَالَ مَالِكٌ: «فَإِنْ كَانَتِ السِّلْعَةُ لَمْ تَحِلَّ فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يَبِيعَهَا مِنْ صَاحِبِهَا بِعَرْضٍ مُخَالِفٍ لَهَا، بَيِّنٍ خِلَافُهُ يَقْبِضُهُ وَلَا يُؤَخِّرُهُ» قَالَ مَالِكٌ: " فِيمَنْ سَلَّفَ دَنَانِيرَ أَوْ دَرَاهِمَ فِي أَرْبَعَةِ أَثْوَابٍ مَوْصُوفَةٍ إِلَى أَجَلٍ، فَلَمَّا حَلَّ الْأَجَلُ، تَقَاضَى صَاحِبَهَا فَلَمْ يَجِدْهَا عِنْدَهُ، وَوَجَدَ عِنْدَهُ ثِيَابًا دُونَهَا مِنْ صِفَتِهَا، فَقَالَ لَهُ الَّذِي عَلَيْهِ الْأَثْوَابُ: أُعْطِيكَ بِهَا ثَمَانِيَةَ أَثْوَابٍ مِنْ ثِيَابِي هَذِهِ، إِنَّهُ لَا بَأْسَ بِذَلِكَ، إِذَا أَخَذَ تِلْكَ الْأَثْوَابَ الَّتِي يُعْطِيهِ قَبْلَ أَنْ يَفْتَرِقَا، قَالَ مَالِكٌ: فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ الْأَجَلُ، فَإِنَّهُ لَا يَصْلُحُ، وَإِنْ كَانَ ذَلِكَ قَبْلَ مَحِلِّ الْأَجَلِ، فَإِنَّهُ لَا يَصْلُحُ أَيْضًا، إِلَّا أَنْ يَبِيعَهُ ثِيَابًا لَيْسَتْ مِنْ صِنْفِ الثِّيَابِ الَّتِي سَلَّفَهُ فِيهَا "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après al-Qāsim ibn Muḥammad, qu'il a dit : J'ai entendu ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, alors qu'un homme l'interrogeait sur un homme qui avait payé d'avance des sabāʾib [pièces d'étoffe fine] et voulait les vendre avant d'en avoir pris possession. Ibn ʿAbbās dit : « C'est là de l'argent contre de l'argent », et il réprouva cela. Mālik a dit : Cela, selon ce que nous pensons, et Allah est plus savant, parce qu'il voulait les vendre à celui même à qui il les avait achetées, pour plus que le prix auquel il les avait achetées. S'il les avait vendues à un autre que celui à qui il les avait achetées, il n'y aurait pas eu de mal à cela. Mālik a dit : La règle sur laquelle on s'accorde chez nous, pour celui qui paie d'avance des esclaves, du bétail ou des marchandises, lorsque tout cela est décrit et qu'il l'a payé d'avance jusqu'à un terme, puis que le terme est échu, est que l'acheteur ne vend rien de cela à celui à qui il l'a acheté pour plus que le prix qu'il lui a avancé, avant d'avoir pris possession de ce qu'il a payé d'avance. Car s'il le fait, c'est le ribā : l'acheteur se trouve avoir remis à celui qui lui a vendu des dīnār ou des dirham dont celui-ci a tiré profit ; puis, lorsque la marchandise est devenue exigible sans que l'acheteur en ait pris possession, il l'a revendue à son détenteur pour plus que ce qu'il lui avait avancé. Cela revient à ce que celui-ci lui rende ce qu'il lui avait avancé et y ajoute du sien. Mālik a dit : Celui qui avance de l'or ou de l'argent pour un animal ou des marchandises, décrits, jusqu'à un terme fixé, puis le terme échoit : il n'y a pas de mal à ce que l'acheteur vende cette marchandise au vendeur, avant l'échéance du terme et après, contre une marchandise quelconque que celui-ci remet sur-le-champ sans la différer, quelle qu'en soit la valeur ; sauf la nourriture, qu'il n'est pas licite de vendre avant d'en avoir pris possession. L'acheteur peut vendre cette marchandise à un autre que celui à qui il l'a achetée, contre de l'or, de l'argent ou une marchandise quelconque, qu'il perçoit sans délai. Car s'il diffère cela, c'est laid, et il y entre ce qui est réprouvé : le différé contre le différé [al-kāliʾ bi-l-kāliʾ]. Le différé contre le différé, c'est que l'homme vende une créance qu'il a sur un homme contre une créance sur un autre homme. Mālik a dit : Celui qui paie d'avance une marchandise jusqu'à un terme, cette marchandise n'étant pas de ce qui se mange ni se boit, l'acheteur la vend à qui il veut, au comptant ou contre une marchandise, avant d'en avoir pris livraison, à un autre que celui à qui il l'a achetée. Il ne lui convient de la vendre à celui à qui il l'a achetée que contre une marchandise qu'il perçoit sans délai. Mālik a dit : Si la marchandise n'est pas encore exigible, il n'y a pas de mal à ce qu'il la vende à son détenteur contre une marchandise différente d'elle, d'une différence manifeste, qu'il perçoit sans délai. Mālik a dit, au sujet de celui qui a avancé des dīnār ou des dirham pour quatre étoffes décrites, jusqu'à un terme, puis, le terme étant échu, les réclame à son débiteur, ne les trouve pas chez lui mais trouve chez lui des étoffes inférieures, de la même description, et celui qui doit les étoffes lui dit : « Je te donne en échange huit de mes étoffes que voici » : il n'y a pas de mal à cela, s'il prend ces étoffes qu'on lui donne avant qu'ils se séparent. Si un terme y entre, cela ne convient pas. Et si cela a lieu avant l'échéance du terme, cela ne convient pas non plus, à moins qu'il ne lui vende des étoffes qui ne sont pas de l'espèce de celles qu'il a payées d'avance.

  105. La vente du cuivre, du fer et de ce qui leur ressemble parmi ce qui se pèseبَابُ بَيْعِ النُّحَاسِ وَالْحَدِيدِ وَمَا أَشْبَهَهُمَا مِمَّا يُوزَنُ
  106. 1414

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِيمَا كَانَ مِمَّا يُوزَنُ مِنْ غَيْرِ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ: مِنَ النُّحَاسِ وَالشَّبَهِ وَالرَّصَاصِ وَالْآنُكِ، وَالْحَدِيدِ، وَالْقَضْبِ وَالتِّبْنِ، وَالْكُرْسُفِ وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، مِمَّا يُوزَنُ، فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يُؤْخَذَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ يَدًا بِيَدٍ، لَا بَأْسَ أَنْ يُؤْخَذَ رِطْلُ حَدِيدٍ بِرِطْلَيْ حَدِيدٍ وَرِطْلُ صُفْرٍ بِرِطْلَيْ صُفْرٍ " قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا خَيْرَ فِيهِ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، فَإِذَا اخْتَلَفَ الصِّنْفَانِ مِنْ ذَلِكَ، فَبَانَ اخْتِلَافُهُمَا، فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يُؤْخَذَ مِنْهُ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، فَإِنْ كَانَ الصِّنْفُ مِنْهُ يُشْبِهُ الصِّنْفَ الْآخَرَ، وَإِنِ اخْتَلَفَا فِي الِاسْمِ مِثْلُ الرَّصَاصِ وَالْآنُكِ وَالشَّبَهِ وَالصُّفْرِ فَإِنِّي أَكْرَهُ أَنْ يُؤْخَذَ مِنْهُ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمَا اشْتَرَيْتَ مِنْ هَذِهِ الْأَصْنَافِ كُلِّهَا، فَلَا بَأْسَ أَنْ تَبِيعَهُ قَبْلَ أَنْ تَقْبِضَهُ مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهِ الَّذِي اشْتَرَيْتَهُ مِنْهُ، إِذَا قَبَضْتَ ثَمَنَهُ، إِذَا كُنْتَ اشْتَرَيْتَهُ كَيْلًا أَوْ وَزْنًا، فَإِنِ اشْتَرَيْتَهُ جِزَافًا فَبِعْهُ مِنْ غَيْرِ الَّذِي اشْتَرَيْتَهُ مِنْهُ، بِنَقْدٍ أَوْ إِلَى أَجَلٍ، وَذَلِكَ أَنَّ ضَمَانَهُ مِنْكَ إِذَا اشْتَرَيْتَهُ جِزَافًا، وَلَا يَكُونُ ضَمَانُهُ مِنْكَ إِذَا اشْتَرَيْتَهُ وَزْنًا حَتَّى تَزِنَهُ وَتَسْتَوْفِيَهُ، وَهَذَا أَحَبُّ مَا سَمِعْتُ إِلَيَّ فِي هَذِهِ الْأَشْيَاءِ كُلِّهَا، وَهُوَ الَّذِي لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ أَمْرُ النَّاسِ عِنْدَنَا» قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِيمَا يُكَالُ أَوْ يُوزَنُ مِمَّا لَا يُؤْكَلُ وَلَا يُشْرَبُ مِثْلُ: الْعُصْفُرِ وَالنَّوَى، وَالْخَبَطِ وَالْكَتَمِ وَمَا يُشْبِهُ ذَلِكَ، أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِأَنْ يُؤْخَذَ مِنْ كُلِّ صِنْفٍ مِنْهُ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ يَدًا بِيَدٍ، وَلَا يُؤْخَذُ مِنْ صِنْفٍ مِنْهُ وَاحِدٍ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، فَإِنِ اخْتَلَفَ الصِّنْفَانِ فَبَانَ اخْتِلَافُهُمَا، فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يُؤْخَذَ مِنْهُمَا اثْنَانِ بِوَاحِدٍ إِلَى أَجَلٍ، وَمَا اشْتُرِيَ مِنْ هَذِهِ الْأَصْنَافِ كُلِّهَا، فَلَا بَأْسَ بِأَنْ يُبَاعَ قَبْلَ أَنْ يُسْتَوْفَى إِذَا قَبَضَ ثَمَنَهُ مِنْ غَيْرِ صَاحِبِهِ الَّذِي اشْتَرَاهُ مِنْهُ " قَالَ مَالِكٌ: " وَكُلُّ شَيْءٍ يَنْتَفِعُ بِهِ النَّاسُ مِنَ الْأَصْنَافِ كُلِّهَا، وَإِنْ كَانَتِ الْحَصْبَاءَ وَالْقَصَّةَ، فَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا بِمِثْلَيْهِ إِلَى أَجَلٍ فَهُوَ رِبًا، وَوَاحِدٌ مِنْهُمَا بِمِثْلِهِ وَزِيَادَةُ شَيْءٍ مِنَ الْأَشْيَاءِ إِلَى أَجَلٍ فَهُوَ رِبًا

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : La règle chez nous, pour ce qui se pèse en dehors de l'or et de l'argent : le cuivre, le laiton, le plomb, l'ānuk [plomb pur], le fer, le fourrage vert, la paille, le coton et ce qui leur ressemble parmi ce qui se pèse, est qu'il n'y a pas de mal à en prendre, d'une seule espèce, deux pour un, de la main à la main. Il n'y a pas de mal à prendre une livre [raṭl] de fer contre deux livres de fer, et une livre de cuivre jaune contre deux livres de cuivre jaune. Mālik a dit : Il n'y a aucun bien à deux pour un, d'une seule espèce, à terme. Lorsque les deux espèces diffèrent et que leur différence est manifeste, il n'y a pas de mal à en prendre deux pour un à terme. Mais si une espèce ressemble à l'autre, même si elles diffèrent par le nom, comme le plomb et l'ānuk, le laiton et le cuivre jaune, je réprouve que l'on en prenne deux pour un à terme. Mālik a dit : Ce que tu as acheté de toutes ces espèces, il n'y a pas de mal à ce que tu le vendes avant d'en avoir pris possession, à un autre que celui à qui tu l'as acheté, si tu en perçois le prix, lorsque tu l'as acheté à la mesure ou au poids. Si tu l'as acheté en bloc, vends-le à un autre que celui à qui tu l'as acheté, au comptant ou à terme. Car il est à tes risques lorsque tu l'as acheté en bloc, et il n'est pas à tes risques lorsque tu l'as acheté au poids, tant que tu ne l'as pas pesé et n'en as pas pris livraison. C'est ce que j'ai entendu de mieux à ce sujet pour toutes ces choses, et c'est ce à quoi la pratique des gens n'a cessé de se tenir chez nous. Mālik a dit : La règle chez nous, pour ce qui se mesure ou se pèse parmi ce qui ne se mange ni ne se boit, comme le carthame, les noyaux [de dattes], les feuilles battues [pour le bétail], le katam [plante tinctoriale] et ce qui leur ressemble, est qu'il n'y a pas de mal à prendre, de chaque espèce, deux pour un, de la main à la main, et que l'on ne prend pas, d'une seule espèce, deux pour un à terme. Si les deux espèces diffèrent et que leur différence est manifeste, il n'y a pas de mal à en prendre deux pour un à terme. Ce qui est acheté de toutes ces espèces, il n'y a pas de mal à le vendre avant d'en avoir pris livraison, si l'on en perçoit le prix, à un autre que celui à qui on l'a acheté. Mālik a dit : Toute chose dont les gens tirent utilité, de toutes les espèces, fût-ce le gravier et la chaux, chacune d'elles contre son double à terme, c'est du ribā ; et l'une d'elles contre sa pareille avec un supplément de quoi que ce soit, à terme, c'est du ribā.

    Une autre édition du texte porte « وَالتِّينِ » [les figues], denrée alimentaire qui n'a pas sa place dans cette liste.

  107. L'interdiction de deux ventes en une seuleبَابُ النَّهْيِ عَنْ بَيْعَتَيْنِ فِي بَيْعَةٍ
  108. 1415

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعَتَيْنِ فِي بَيْعَةٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit deux ventes en une seule.

  109. 1416

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ رَجُلًا قَالَ لِرَجُلٍ: «ابْتَعْ لِي هَذَا الْبَعِيرَ بِنَقْدٍ، حَتَّى أَبْتَاعَهُ مِنْكَ إِلَى أَجَلٍ، فَسُئِلَ عَنْ ذَلِكَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ فَكَرِهَهُ وَنَهَى عَنْهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu qu'un homme dit à un autre : « Achète pour moi ce chameau au comptant, afin que je te l'achète à terme. » On interrogea à ce sujet ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qui réprouva cela et l'interdit.

  110. 1417

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ الْقَاسِمَ بْنَ مُحَمَّدٍ سُئِلَ عَنْ رَجُلٍ: «اشْتَرَى سِلْعَةً بِعَشَرَةِ دَنَانِيرَ نَقْدًا، أَوْ بِخَمْسَةَ عَشَرَ دِينَارًا إِلَى أَجَلٍ، فَكَرِهَ ذَلِكَ وَنَهَى عَنْهُ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي رَجُلٍ ابْتَاعَ سِلْعَةً مِنْ رَجُلٍ بِعَشَرَةِ دَنَانِيرَ نَقْدًا، أَوْ بِخَمْسَةَ عَشَرَ دِينَارًا إِلَى أَجَلٍ، قَدْ وَجَبَتْ لِلْمُشْتَرِي بِأَحَدِ الثَّمَنَيْنِ، قَالَ مَالِكٌ: إِنَّهُ لَا يَنْبَغِي ذَلِكَ لِأَنَّهُ إِنْ أَخَّرَ الْعَشَرَةَ كَانَتْ خَمْسَةَ عَشَرَ إِلَى أَجَلٍ، وَإِنْ نَقَدَ الْعَشَرَةَ كَانَ إِنَّمَا اشْتَرَى بِهَا الْخَمْسَةَ عَشَرَ الَّتِي إِلَى أَجَلٍ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي رَجُلٍ اشْتَرَى مِنْ رَجُلٍ سِلْعَةً بِدِينَارٍ نَقْدًا، أَوْ بِشَاةٍ مَوْصُوفَةٍ إِلَى أَجَلٍ، قَدْ وَجَبَ عَلَيْهِ الْبَيْعُ بِأَحَدِ الثَّمَنَيْنِ، إِنَّ ذَلِكَ مَكْرُوهٌ، لَا يَنْبَغِي لِأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنْ بَيْعَتَيْنِ فِي بَيْعَةٍ، وَهَذَا مِنْ بَيْعَتَيْنِ فِي بَيْعَةٍ» قَالَ مَالِكٌ: " فِي رَجُلٍ قَالَ لِرَجُلٍ: أَشْتَرِي مِنْكَ هَذِهِ الْعَجْوَةَ خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا أَوِ الصَّيْحَانِيَّ عَشَرَةَ آصُعٍ، أَوِ الْحِنْطَةَ الْمَحْمُولَةَ خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا، أَوِ الشَّامِيَّةَ عَشَرَةَ آصُعٍ بِدِينَارٍ، قَدْ وَجَبَتْ لِي إِحْدَاهُمَا، إِنَّ ذَلِكَ مَكْرُوهٌ لَا يَحِلُّ، وَذَلِكَ أَنَّهُ قَدْ أَوْجَبَ لَهُ عَشَرَةَ آصُعٍ صَيْحَانِيًّا فَهُوَ يَدَعُهَا، وَيَأْخُذُ خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا مِنَ الْعَجْوَةِ، أَوْ تَجِبُ عَلَيْهِ خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا مِنَ الْحِنْطَةِ الْمَحْمُولَةِ، فَيَدَعُهَا وَيَأْخُذُ عَشَرَةَ آصُعٍ مِنَ الشَّامِيَّةِ، فَهَذَا مَكْرُوهٌ لَا يَحِلُّ، وَهُوَ أَيْضًا يُشْبِهُ مَا نُهِيَ عَنْهُ مِنْ بَيْعَتَيْنِ فِي بَيْعَةٍ، وَهُوَ أَيْضًا مِمَّا نُهِيَ عَنْهُ أَنْ يُبَاعَ مِنْ صِنْفٍ وَاحِدٍ مِنَ الطَّعَامِ اثْنَانِ بِوَاحِدٍ "

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu qu'al-Qāsim ibn Muḥammad fut interrogé au sujet d'un homme qui avait acheté une marchandise pour dix dīnār au comptant ou pour quinze dīnār à terme. Il réprouva cela et l'interdit. Mālik a dit, au sujet d'un homme qui achète à un autre une marchandise pour dix dīnār au comptant ou pour quinze dīnār à terme, la vente étant acquise à l'acheteur pour l'un des deux prix : cela ne convient pas. Car s'il diffère les dix, ils deviennent quinze à terme ; et s'il verse les dix comptant, il n'a fait qu'acheter avec eux les quinze qui étaient à terme. Mālik a dit, au sujet d'un homme qui achète à un autre une marchandise pour un dīnār au comptant ou pour un mouton décrit à terme, la vente lui étant imposée pour l'un des deux prix : cela est réprouvé et ne convient pas, car le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit deux ventes en une seule, et ceci relève de deux ventes en une seule. Mālik a dit, au sujet d'un homme qui dit à un autre : « Je t'achète ces dattes ʿajwa, quinze ṣāʿ, ou les ṣayḥānī, dix ṣāʿ ; ou le blé maḥmūla, quinze ṣāʿ, ou le blé de Syrie, dix ṣāʿ, pour un dīnār, l'un des deux m'étant acquis » : cela est réprouvé et n'est pas licite. Car il lui a rendu acquis dix ṣāʿ de ṣayḥānī, qu'il délaisse pour prendre quinze ṣāʿ de ʿajwa ; ou bien quinze ṣāʿ de blé maḥmūla lui sont imposés, qu'il délaisse pour prendre dix ṣāʿ de blé de Syrie. Cela est réprouvé et n'est pas licite. Cela ressemble aussi à ce qui a été interdit des deux ventes en une seule, et cela relève aussi de ce qui a été interdit : vendre, d'une seule espèce de nourriture, deux pour un.

  111. La vente aléatoire [gharar]بَابُ بَيْعِ الْغَرَرِ
  112. 1418

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي حَازِمِ بْنِ دِينَارٍ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيِّبِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنْ بَيْعِ الْغَرَرِ» قَالَ مَالِكٌ: وَمِنَ الْغَرَرِ وَالْمُخَاطَرَةِ أَنْ يَعْمِدَ الرَّجُلُ قَدْ ضَلَّتْ دَابَّتُهُ، أَوْ أَبَقَ غُلَامُهُ، وَثَمَنُ الشَّيْءِ مِنْ ذَلِكَ خَمْسُونَ دِينَارًا، فَيَقُولُ لَهُ رَجُلٌ: أَنَا آخُذُهُ مِنْكَ بِعِشْرِينَ دِينَارًا، فَإِنْ وَجَدَهُ الْمُبْتَاعُ ذَهَبَ مِنَ الْبَائِعِ ثَلَاثُونَ دِينَارًا، وَإِنْ لَمْ يَجِدْهُ ذَهَبَ الْبَائِعُ مِنَ الْمُبْتَاعِ بِعِشْرِينَ دِينَارًا " قَالَ مَالِكٌ: «وَفِي ذَلِكَ عَيْبٌ آخَرُ إِنَّ تِلْكَ الضَّالَّةَ، إِنْ وُجِدَتْ، لَمْ يُدْرَ أَزَادَتْ أَمْ نَقَصَتْ، أَمْ مَا حَدَثَ بِهَا مِنَ الْعُيُوبِ فَهَذَا أَعْظَمُ الْمُخَاطَرَةِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَالْأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّ مِنَ الْمُخَاطَرَةِ وَالْغَرَرِ اشْتِرَاءَ مَا فِي بُطُونِ الْإِنَاثِ مِنَ النِّسَاءِ وَالدَّوَابِّ، لِأَنَّهُ لَا يُدْرَى أَيَخْرُجُ أَمْ لَا يَخْرُجُ؟ فَإِنْ خَرَجَ لَمْ يُدْرَ أَيَكُونُ حَسَنًا أَمْ قَبِيحًا؟ أَتَامًّا أَمْ نَاقِصًا؟ أَذَكَرًا أَمْ أُنْثَى؟ وَذَلِكَ كُلُّهُ يَتَفَاضَلُ، إِنْ كَانَ عَلَى كَذَا فَقِيمَتُهُ كَذَا، وَإِنْ كَانَ عَلَى كَذَا فَقِيمَتُهُ كَذَا» قَالَ مَالِكٌ: وَلَا يَنْبَغِي بَيْعُ الْإِنَاثِ، وَاسْتِثْنَاءُ مَا فِي بُطُونِهَا، وَذَلِكَ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ: ثَمَنُ شَاتِي الْغَزِيرَةِ ثَلَاثَةُ دَنَانِيرَ فَهِيَ لَكَ بِدِينَارَيْنِ، وَلِي مَا فِي بَطْنِهَا، فَهَذَا مَكْرُوهٌ لِأَنَّهُ غَرَرٌ وَمُخَاطَرَةٌ " قَالَ مَالِكٌ: «وَلَا يَحِلُّ بَيْعُ الزَّيْتُونِ بِالزَّيْتِ، وَلَا الْجُلْجُلَانِ بِدُهْنِ الْجُلْجُلَانِ، وَلَا الزُّبْدِ بِالسَّمْنِ، لِأَنَّ الْمُزَابَنَةَ تَدْخُلُهُ، وَلِأَنَّ الَّذِي يَشْتَرِي الْحَبَّ وَمَا يُشْبِهُهُ بِشَيْءٍ مُسَمًّى مِمَّا يَخْرُجُ مِنْهُ، لَا يَدْرِي أَيَخْرُجُ مِنْهُ أَقَلُّ مِنْ ذَلِكَ أَوْ أَكْثَرُ؟ فَهَذَا غَرَرٌ وَمُخَاطَرَةٌ» قَالَ مَالِكٌ: «وَمِنْ ذَلِكَ أَيْضًا اشْتِرَاءُ حَبِّ الْبَانِ بِالسَّلِيخَةِ فَذَلِكَ غَرَرٌ، لِأَنَّ الَّذِي يَخْرُجُ مِنْ حَبِّ الْبَانِ هُوَ السَّلِيخَةُ، وَلَا بَأْسَ بِحَبِّ الْبَانِ بِالْبَانِ الْمُطَيَّبِ، لِأَنَّ الْبَانَ الْمُطَيَّبَ قَدْ طُيِّبَ وَنُشَّ وَتَحَوَّلَ عَنْ حَالِ السَّلِيخَةِ» قَالَ مَالِكٌ: " فِي رَجُلٍ بَاعَ سِلْعَةً مِنْ رَجُلٍ عَلَى أَنَّهُ لَا نُقْصَانَ عَلَى الْمُبْتَاعِ، إِنَّ ذَلِكَ بَيْعٌ غَيْرُ جَائِزٍ وَهُوَ مِنَ الْمُخَاطَرَةِ، وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ: أَنَّهُ كَأَنَّهُ اسْتَأْجَرَهُ بِرِبْحٍ، إِنْ كَانَ فِي تِلْكَ السِّلْعَةِ، وَإِنْ بَاعَ بِرَأْسِ الْمَالِ أَوْ بِنُقْصَانٍ فَلَا شَيْءَ لَهُ، وَذَهَبَ عَنَاؤُهُ بَاطِلًا، فَهَذَا لَا يَصْلُحُ وَلِلْمُبْتَاعِ فِي هَذَا أُجْرَةٌ بِقَدَرِ مَا عَالَجَ مِنْ ذَلِكَ، وَمَا كَانَ فِي تِلْكَ السِّلْعَةِ مِنْ نُقْصَانٍ أَوْ رِبْحٍ فَهُوَ لِلْبَائِعِ وَعَلَيْهِ، وَإِنَّمَا يَكُونُ ذَلِكَ إِذَا فَاتَتِ السِّلْعَةُ وَبِيعَتْ، فَإِنْ لَمْ تَفُتْ فُسِخَ الْبَيْعُ بَيْنَهُمَا " قَالَ مَالِكٌ: " فَأَمَّا أَنْ يَبِيعَ رَجُلٌ مِنْ رَجُلٍ سِلْعَةً يَبُتُّ بَيْعَهَا، ثُمَّ يَنْدَمُ الْمُشْتَرِي، فَيَقُولُ لِلْبَائِعِ: ضَعْ عَنِّي فَيَأْبَى الْبَائِعُ، وَيَقُولُ: بِعْ فَلَا نُقْصَانَ عَلَيْكَ، فَهَذَا لَا بَأْسَ بِهِ، لِأَنَّهُ لَيْسَ مِنَ الْمُخَاطَرَةِ، وَإِنَّمَا هُوَ شَيْءٌ وَضَعَهُ لَهُ، وَلَيْسَ عَلَى ذَلِكَ عَقَدَا بَيْعَهُمَا، وَذَلِكَ الَّذِي عَلَيْهِ الْأَمْرُ عِنْدَنَا "

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū Ḥāzim ibn Dīnār, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la vente aléatoire. Mālik a dit : Relève de l'aléa et du risque le cas de l'homme dont la monture s'est égarée ou dont l'esclave s'est enfui, le prix de la chose étant de cinquante dīnār, et à qui un homme dit : « Je te le prends pour vingt dīnār. » Si l'acheteur le retrouve, trente dīnār échappent au vendeur ; et s'il ne le retrouve pas, le vendeur a emporté vingt dīnār de l'acheteur. Mālik a dit : Il y a en cela un autre défaut : cette bête égarée, si on la retrouve, on ne sait pas si elle a gagné ou perdu [en valeur], ni quels vices lui sont survenus. C'est là le plus grand des risques. Mālik a dit : La règle chez nous est que relève du risque et de l'aléa l'achat de ce qui est dans le ventre des femelles, femmes et bêtes, car on ne sait pas s'il sortira ou ne sortira pas ; et s'il sort, on ne sait pas s'il sera beau ou laid, complet ou incomplet, mâle ou femelle. Tout cela fait varier la valeur : s'il est ainsi, sa valeur est de tant, et s'il est ainsi, sa valeur est de tant. Mālik a dit : Il ne convient pas de vendre les femelles en exceptant ce qui est dans leur ventre. C'est que l'homme dise à un autre : « Le prix de ma brebis bonne laitière est de trois dīnār ; elle est à toi pour deux dīnār, et à moi ce qui est dans son ventre. » Cela est réprouvé, car c'est un aléa et un risque. Mālik a dit : Il n'est pas licite de vendre les olives contre l'huile, ni le sésame contre l'huile de sésame, ni le beurre frais contre le beurre fondu, car la muzābana y entre, et parce que celui qui achète le grain, ou ce qui lui ressemble, contre une quantité déterminée de ce qui en sort, ne sait pas s'il en sortira moins ou plus que cela. C'est un aléa et un risque. Mālik a dit : Relève aussi de cela l'achat des graines de ben contre la salīkha [huile de ben brute]. C'est un aléa, car ce qui sort des graines de ben, c'est la salīkha. Il n'y a pas de mal aux graines de ben contre l'huile de ben parfumée, car l'huile de ben parfumée a été parfumée, mélangée et a quitté l'état de salīkha. Mālik a dit, au sujet d'un homme qui vend une marchandise à un autre à condition que l'acheteur ne supporte aucune perte : c'est une vente qui n'est pas permise et qui relève du risque. L'explication de cela est que c'est comme s'il l'avait engagé pour un bénéfice, s'il y en a un dans cette marchandise ; et s'il vend au prix coûtant ou à perte, il n'a rien et sa peine est perdue. Cela ne convient pas. L'acheteur a droit, dans ce cas, à un salaire à la mesure de la peine qu'il s'est donnée, et ce qu'il y a dans cette marchandise de perte ou de bénéfice revient au vendeur et lui incombe. Il n'en est ainsi que lorsque la marchandise n'est plus là et a été vendue ; si elle est encore là, la vente est annulée entre eux. Mālik a dit : Mais qu'un homme vende à un autre une marchandise par une vente ferme, puis que l'acheteur se repente et dise au vendeur : « Accorde-moi un rabais », que le vendeur refuse et dise : « Vends, et tu ne supporteras aucune perte », il n'y a pas de mal à cela, car cela ne relève pas du risque. C'est seulement une remise qu'il lui a consentie, et ce n'est pas sur cela qu'ils ont conclu leur vente. Telle est la règle chez nous.

    Salīkha : huile tirée du fruit du ben avant qu'elle ne soit parfumée, selon az-Zurqānī.

  113. La mulāmasa et la munābadhaبَابُ الْمُلَامَسَةِ وَالْمُنَابَذَةِ
  114. 1419

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ يَحْيَى بْنِ حَبَّانَ، وَعَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنِ الْمُلَامَسَةِ وَالْمُنَابَذَةِ» قَالَ مَالِكٌ: " وَالْمُلَامَسَةُ: أَنْ يَلْمِسَ الرَّجُلُ الثَّوْبَ، وَلَا يَنْشُرُهُ، وَلَا يَتَبَيَّنُ مَا فِيهِ، أَوْ يَبْتَاعَهُ لَيْلًا، وَلَا يَعْلَمُ مَا فِيهِ، وَالْمُنَابَذَةُ أَنْ يَنْبِذَ الرَّجُلُ إِلَى الرَّجُلِ ثَوْبَهُ، وَيَنْبِذَ الْآخَرُ إِلَيْهِ ثَوْبَهُ عَلَى غَيْرِ تَأَمُّلٍ مِنْهُمَا، وَيَقُولُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا هَذَا بِهَذَا، فَهَذَا الَّذِي نُهِيَ عَنْهُ مِنَ الْمُلَامَسَةِ وَالْمُنَابَذَةِ " قَالَ مَالِكٌ: «فِي السَّاجِ الْمُدْرَجِ فِي جِرَابِهِ، أَوِ الثَّوْبِ الْقُبْطِيِّ الْمُدْرَجِ فِي طَيِّهِ، إِنَّهُ لَا يَجُوزُ بَيْعُهُمَا، حَتَّى يُنْشَرَا، وَيُنْظَرَ إِلَى مَا فِي أَجْوَافِهِمَا، وَذَلِكَ أَنَّ بَيْعَهُمَا مِنْ بَيْعِ الْغَرَرِ، وَهُوَ مِنَ الْمُلَامَسَةِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَبَيْعُ الْأَعْدَالِ عَلَى الْبَرْنَامَجِ، مُخَالِفٌ لِبَيْعِ السَّاجِ فِي جِرَابِهِ، وَالثَّوْبِ فِي طَيِّهِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، فَرَقَ بَيْنَ ذَلِكَ الْأَمْرُ الْمَعْمُولُ بِهِ، وَمَعْرِفَةُ ذَلِكَ فِي صُدُورِ النَّاسِ، وَمَا مَضَى مِنْ عَمَلِ الْمَاضِينَ فِيهِ، وَأَنَّهُ لَمْ يَزَلْ مِنْ بُيُوعِ النَّاسِ، وَالتِّجَارَةِ بَيْنَهُمِ الَّتِي لَا يَرَوْنَ بِهَا بَأْسًا، لِأَنَّ بَيْعَ الْأَعْدَالِ عَلَى الْبَرْنَامَجِ عَلَى غَيْرِ نَشْرٍ، لَا يُرَادُ بِهِ الْغَرَرُ، وَلَيْسَ يُشْبِهُ الْمُلَامَسَةَ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥabbān et d'après Abū az-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit la mulāmasa [vente au toucher] et la munābadha [vente au jet]. Mālik a dit : La mulāmasa, c'est que l'homme touche l'étoffe sans la déployer ni discerner ce qu'elle contient, ou qu'il l'achète de nuit sans savoir ce qu'elle contient. La munābadha, c'est que l'homme jette à un autre son étoffe et que l'autre lui jette la sienne, sans examen de leur part, chacun des deux disant : « Ceci contre cela. » Voilà ce qui a été interdit de la mulāmasa et de la munābadha. Mālik a dit, au sujet du sāj [manteau] roulé dans son sac, ou de l'étoffe copte roulée dans ses plis : il n'est pas permis de les vendre tant qu'ils n'ont pas été déployés et que l'on n'a pas regardé ce qu'ils renferment. Car leur vente relève de la vente aléatoire, et c'est de la mulāmasa. Mālik a dit : La vente des ballots sur bordereau [barnāmaj] diffère de la vente du sāj dans son sac, de l'étoffe dans ses plis et de ce qui leur ressemble. Ce qui les distingue, c'est la pratique suivie, la connaissance qu'en ont les gens en leur for intérieur et ce qui s'est transmis de la pratique des anciens à ce sujet ; et le fait que cela n'a cessé de faire partie des ventes des gens et du commerce entre eux, auquel ils ne voient aucun mal. Car la vente des ballots sur bordereau, sans déploiement, ne vise pas l'aléa et ne ressemble pas à la mulāmasa.

    Barnāmaj : mot d'origine persane, feuille où est écrit le contenu du ballot, selon az-Zurqānī.

  115. La vente à bénéfice convenu [murābaḥa]بَابُ بَيْعِ الْمُرَابَحَةِ
  116. 1420

    قَالَ مَالِكٌ: الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الْبَزِّ يَشْتَرِيهِ الرَّجُلُ بِبَلَدٍ، ثُمَّ يَقْدَمُ بِهِ بَلَدًا آخَرَ، فَيَبِيعُهُ مُرَابَحَةً إِنَّهُ لَا يَحْسِبُ فِيهِ أَجْرَ السَّمَاسِرَةِ، وَلَا أَجْرَ الطَّيِّ، وَلَا الشَّدِّ، وَلَا النَّفَقَةَ، وَلَا كِرَاءَ بَيْتٍ، فَأَمَّا كِرَاءُ الْبَزِّ فِي حُمْلَانِهِ، فَإِنَّهُ يُحْسَبُ فِي أَصْلِ الثَّمَنِ، وَلَا يُحْسَبُ فِيهِ رِبْحٌ، إِلَّا أَنْ يُعْلِمَ الْبَائِعُ مَنْ يُسَاوِمُهُ بِذَلِكَ كُلِّهِ، فَإِنْ رَبَّحُوهُ عَلَى ذَلِكَ كُلِّهِ بَعْدَ الْعِلْمِ بِهِ فَلَا بَأْسَ بِهِ " قَالَ مَالِكٌ: «فَأَمَّا الْقِصَارَةُ، وَالْخِيَاطَةُ، وَالصِّبَاغُ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، فَهُوَ بِمَنْزِلَةِ الْبَزِّ يُحْسَبُ فِيهِ الرِّبْحُ كَمَا يُحْسَبُ فِي الْبَزِّ، فَإِنْ بَاعَ الْبَزَّ، وَلَمْ يُبَيِّنْ شَيْئًا مِمَّا سَمَّيْتُ إِنَّهُ لَا يُحْسَبُ لَهُ فِيهِ رِبْحٌ، فَإِنْ فَاتَ الْبَزُّ، فَإِنَّ الْكِرَاءَ يُحْسَبُ، وَلَا يُحْسَبُ عَلَيْهِ رِبْحٌ، فَإِنْ لَمْ يَفُتِ الْبَزُّ فَالْبَيْعُ مَفْسُوخٌ بَيْنَهُمَا، إِلَّا أَنْ يَتَرَاضَيَا عَلَى شَيْءٍ مِمَّا يَجُوزُ بَيْنَهُمَا» قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يَشْتَرِي الْمَتَاعَ بِالذَّهَبِ وَبِالْوَرِقِ، وَالصَّرْفُ يَوْمَ اشْتَرَاهُ عَشَرَةُ دَرَاهِمَ بِدِينَارٍ، فَيَقْدَمُ بِهِ بَلَدًا فَيَبِيعُهُ مُرَابَحَةً، أَوْ يَبِيعُهُ حَيْثُ اشْتَرَاهُ مُرَابَحَةً عَلَى صَرْفِ ذَلِكَ الْيَوْمِ الَّذِي بَاعَهُ فِيهِ، فَإِنَّهُ إِنْ كَانَ ابْتَاعَهُ بِدَرَاهِمَ، وَبَاعَهُ بِدَنَانِيرَ، أَوِ ابْتَاعَهُ بِدَنَانِيرَ، وَبَاعَهُ بِدَرَاهِمَ، فَكَانَ الْمَتَاعُ لَمْ يَفُتْ، فَالْمُبْتَاعُ بِالْخِيَارِ إِنْ شَاءَ أَخَذَهُ، وَإِنْ شَاءَ تَرَكَهُ، وَإِنْ فَاتَ الْمَتَاعُ كَانَ لِلْمُشْتَرِي بِالثَّمَنِ الَّذِي ابْتَاعَهُ بِهِ الْبَائِعُ، وَيُحْسَبُ لِلْبَائِعِ الرِّبْحُ عَلَى مَا اشْتَرَاهُ بِهِ عَلَى مَا رَبَّحَهُ الْمُبْتَاعُ» قَالَ مَالِكٌ: " إِذَا بَاعَ رَجُلٌ سِلْعَةً قَامَتْ عَلَيْهِ بِمِائَةِ دِينَارٍ، لِلْعَشَرَةِ أَحَدَ عَشَرَ، ثُمَّ جَاءَهُ بَعْدَ ذَلِكَ أَنَّهَا قَامَتْ عَلَيْهِ بِتِسْعِينَ دِينَارًا، وَقَدْ فَاتَتِ السِّلْعَةُ خُيِّرَ الْبَائِعُ، فَإِنْ أَحَبَّ فَلَهُ قِيمَةُ سِلْعَتِهِ يَوْمَ قُبِضَتْ مِنْهُ، إِلَّا أَنْ تَكُونَ الْقِيمَةُ أَكْثَرَ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي وَجَبَ لَهُ بِهِ الْبَيْعُ أَوَّلَ يَوْمٍ، فَلَا يَكُونُ لَهُ أَكْثَرُ مِنْ ذَلِكَ، وَذَلِكَ مِائَةُ دِينَارٍ وَعَشْرَةُ دَنَانِيرَ، وَإِنْ أَحَبَّ ضُرِبَ لَهُ الرِّبْحُ عَلَى التِّسْعِينَ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ الَّذِي بَلَغَتْ سِلْعَتُهُ مِنَ الثَّمَنِ أَقَلَّ مِنَ الْقِيمَةِ فَيُخَيَّرُ فِي الَّذِي بَلَغَتْ سِلْعَتُهُ وَفِي رَأْسِ مَالِهِ وَرِبْحِهِ وَذَلِكَ تِسْعَةٌ وَتِسْعُونَ دِينَارًا قَالَ مَالِكٌ: " وَإِنْ بَاعَ رَجُلٌ سِلْعَةً مُرَابَحَةً، فَقَالَ: قَامَتْ عَلَيَّ بِمِائَةِ دِينَارٍ. ثُمَّ جَاءَهُ بَعْدَ ذَلِكَ أَنَّهَا قَامَتْ بِمِائَةٍ وَعِشْرِينَ دِينَارًا. خُيِّرَ الْمُبْتَاعُ. فَإِنْ شَاءَ أَعْطَى الْبَائِعَ قِيمَةَ السِّلْعَةِ يَوْمَ قَبَضَهَا، وَإِنْ شَاءَ أَعْطَى الثَّمَنَ الَّذِي ابْتَاعَ بِهِ عَلَى حِسَابِ مَا رَبَّحَهُ. بَالِغًا مَا بَلَغَ. إِلَّا أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ أَقَلَّ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي ابْتَاعَ بِهِ السِّلْعَةَ. فَلَيْسَ لَهُ أَنْ يُنَقِّصَ رَبَّ السِّلْعَةِ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي ابْتَاعَهَا بِهِ، لِأَنَّهُ قَدْ كَانَ رَضِيَ بِذَلِكَ، وَإِنَّمَا جَاءَ رَبُّ السِّلْعَةِ يَطْلُبُ الْفَضْلَ فَلَيْسَ لِلْمُبْتَاعِ فِي هَذَا حُجَّةٌ عَلَى الْبَائِعِ. بِأَنْ يَضَعَ مِنَ الثَّمَنِ الَّذِي بِهِ ابْتَاعَ بِهِ عَلَى الْبَرْنَامَجِ "

    Yaḥyā m'a rapporté : Mālik a dit : La règle chez nous, pour les étoffes qu'un homme achète dans une cité, puis apporte dans une autre cité et vend à bénéfice convenu [murābaḥa, revente au prix de revient déclaré augmenté d'un bénéfice], est qu'il n'y compte ni le salaire des courtiers, ni le salaire du pliage, ni celui du ficelage, ni la dépense [d'entretien], ni le loyer d'un local. Quant au loyer du transport des étoffes, il se compte dans le prix de base, mais on ne compte pas de bénéfice sur lui, à moins que le vendeur n'informe de tout cela celui qui marchande avec lui. S'ils lui accordent un bénéfice sur tout cela après en avoir eu connaissance, il n'y a pas de mal à cela. Mālik a dit : Quant au foulage, à la couture, à la teinture et à ce qui leur ressemble, cela tient lieu des étoffes : on y compte le bénéfice comme on le compte sur les étoffes. S'il vend les étoffes sans rien exposer de ce que j'ai nommé, on ne lui compte pas de bénéfice là-dessus. Si les étoffes ne sont plus là, le loyer [du transport] est compté, mais on ne lui compte pas de bénéfice sur lui. Si les étoffes sont encore là, la vente est annulée entre eux, à moins qu'ils ne s'accordent sur quelque chose de permis entre eux. Mālik a dit, au sujet de l'homme qui achète des effets contre de l'or et de l'argent, le change étant, le jour où il les achète, de dix dirham pour un dīnār, puis les apporte dans une cité et les vend à bénéfice convenu, ou les vend là où il les a achetés à bénéfice convenu, au cours du change du jour où il les vend : s'il les a achetés en dirham et vendus en dīnār, ou achetés en dīnār et vendus en dirham, et que les effets sont encore là, l'acheteur a le choix : s'il veut il les prend, et s'il veut il les laisse. Si les effets ne sont plus là, ils reviennent à l'acheteur pour le prix auquel le vendeur les avait achetés, et l'on compte au vendeur le bénéfice, sur ce qu'il a payé, au taux que l'acheteur lui avait consenti. Mālik a dit : Lorsqu'un homme vend une marchandise qui [dit-il] lui est revenue à cent dīnār, à raison de onze pour dix, puis qu'il lui vient ensuite [à connaissance] qu'elle lui était revenue à quatre-vingt-dix dīnār, la marchandise n'étant plus là, on donne le choix au vendeur. S'il veut, il a la valeur de sa marchandise au jour où elle a été reçue de lui, à moins que cette valeur ne dépasse le prix pour lequel la vente lui était acquise au premier jour : il n'a alors pas plus que cela, soit cent dix dīnār. Et s'il veut, on lui calcule le bénéfice sur les quatre-vingt-dix, à moins que le prix auquel parvient ainsi sa marchandise ne soit inférieur à la valeur : il a alors le choix entre ce à quoi parvient sa marchandise et son capital avec son bénéfice, soit quatre-vingt-dix-neuf dīnār. Mālik a dit : Si un homme vend une marchandise à bénéfice convenu et dit : « Elle m'est revenue à cent dīnār », puis qu'il lui vient ensuite [à connaissance] qu'elle lui était revenue à cent vingt dīnār, on donne le choix à l'acheteur. S'il veut, il donne au vendeur la valeur de la marchandise au jour où il l'a reçue ; et s'il veut, il donne le prix d'achat [réel du vendeur] avec le bénéfice au taux qu'il lui avait consenti, quel qu'en soit le montant. À moins que cela ne soit inférieur au prix auquel il a lui-même acheté la marchandise : il ne peut alors rien retrancher au propriétaire de la marchandise sur le prix auquel il l'a achetée, car il y avait consenti. Le propriétaire de la marchandise n'est venu que réclamer le surplus ; l'acheteur n'a donc en cela aucun argument contre le vendeur pour faire rabattre le prix auquel il a acheté sur le bordereau.

  117. La vente sur bordereauبَابُ الْبَيْعِ عَلَى الْبَرْنَامَجِ
  118. 1421

    قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الْقَوْمِ يَشْتَرُونَ السِّلْعَةَ الْبَزَّ، أَوِ الرَّقِيقَ. فَيَسْمَعُ بِهِ الرَّجُلُ فَيَقُولُ لِرَجُلٍ مِنْهُمُ الْبَزُّ الَّذِي اشْتَرَيْتَ مِنْ فُلَانٍ، قَدْ بَلَغَتْنِي صِفَتُهُ وَأَمْرُهُ، فَهَلْ لَكَ أَنْ أُرْبِحَكَ فِي نَصِيبِكَ كَذَا وَكَذَا، فَيَقُولُ: نَعَمْ فَيُرْبِحُهُ، وَيَكُونُ شَرِيكًا لِلْقَوْمِ مَكَانَهُ، فَإِذَا نَظَرُوا إِلَيْهِ رَأَوْهُ قَبِيحًا وَاسْتَغْلَوْهُ "، قَالَ مَالِكٌ: «ذَلِكَ لَازِمٌ لَهُ، وَلَا خِيَارَ لَهُ فِيهِ، إِذَا كَانَ ابْتَاعَهُ عَلَى بَرْنَامَجٍ وَصِفَةٍ مَعْلُومَةٍ» قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ تُقَدَّمُ لَهُ أَصْنَافٌ مِنَ الْبَزِّ، وَيَحْضُرُهُ السُّوَّامُ، وَيَقْرَأُ عَلَيْهِمْ بَرْنَامَجَهُ، وَيَقُولُ: فِي كُلِّ عِدْلٍ كَذَا وَكَذَا مِلْحَفَةً بَصْرِيَّةً، وَكَذَا وَكَذَا رَيْطَةً سَابِرِيَّةً ذَرْعُهَا كَذَا وَكَذَا، وَيُسَمِّي لَهُمْ أَصْنَافًا مِنَ الْبَزِّ بِأَجْنَاسِهِ، وَيَقُولُ: اشْتَرُوا مِنِّي عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ، فَيَشْتَرُونَ الْأَعْدَالَ عَلَى مَا وَصَفَ لَهُمْ ثُمَّ يَفْتَحُونَهَا فَيَسْتَغْلُونَهَا وَيَنْدَمُونَ "، قَالَ مَالِكٌ: «ذَلِكَ لَازِمٌ لَهُمْ إِذَا كَانَ مُوَافِقًا لِلْبَرْنَامَجِ الَّذِي بَاعَهُمْ عَلَيْهِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَهَذَا الْأَمْرُ الَّذِي لَمْ يَزَلْ النَّاسُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا يُجِيزُونَهُ بَيْنَهُمْ، إِذَا كَانَ الْمَتَاعُ مُوَافِقًا لِلْبَرْنَامَجِ وَلَمْ يَكُنْ مُخَالِفًا لَهُ»

    Yaḥyā a dit : Mālik a dit : La règle chez nous, pour des gens qui achètent une marchandise, étoffes ou esclaves, dont un homme entend parler et dit à l'un d'eux : « Les étoffes que tu as achetées à Untel, leur description et leur état me sont parvenus ; veux-tu que je te donne tant et tant de bénéfice sur ta part ? » Il dit : « Oui. » Il lui donne ce bénéfice et devient l'associé de ces gens à sa place. Puis, lorsqu'ils regardent [la marchandise], ils la trouvent laide et la jugent trop chère. Mālik a dit : Cela s'impose à lui et il n'a pas d'option, s'il l'a achetée sur bordereau et sur description connue. Mālik a dit, au sujet de l'homme à qui arrivent diverses sortes d'étoffes, auprès de qui se présentent les marchandeurs, et qui leur lit son bordereau et dit : « Dans chaque ballot, il y a tant et tant de couvertures de Baṣra, et tant et tant de voiles sābirī mesurant tant et tant de coudées », leur nomme diverses sortes d'étoffes avec leurs genres et dit : « Achetez-moi sur cette description. » Ils achètent les ballots selon ce qu'il leur a décrit, puis les ouvrent, les jugent trop chers et se repentent. Mālik a dit : Cela s'impose à eux si c'est conforme au bordereau sur lequel il leur a vendu. Mālik a dit : Telle est la règle à laquelle les gens n'ont cessé de se tenir chez nous ; ils l'admettent entre eux lorsque les effets sont conformes au bordereau et ne s'en écartent pas.

    Sābirī : étoffe fine, rapportée à Sābūr, district de Perse, selon az-Zurqānī.

  119. La vente à optionبَابُ بَيْعِ الْخِيَارِ
  120. 1422

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «الْمُتَبَايِعَانِ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا بِالْخِيَارِ عَلَى صَاحِبِهِ، مَا لَمْ يَتَفَرَّقَا إِلَّا بَيْعَ الْخِيَارِ» قَالَ مَالِكٌ: «وَلَيْسَ لِهَذَا عِنْدَنَا حَدٌّ مَعْرُوفٌ، وَلَا أَمْرٌ مَعْمُولٌ بِهِ فِيهِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Les deux contractants d'une vente ont chacun l'option à l'égard de l'autre tant qu'ils ne se sont pas séparés, sauf la vente à option. » Mālik a dit : Il n'y a pas à cela, chez nous, de limite connue ni de pratique suivie.

  121. 1423

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ كَانَ يُحَدِّثُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «أَيُّمَا بَيِّعَيْنِ تَبَايَعَا، فَالْقَوْلُ مَا قَالَ الْبَائِعُ أَوْ يَتَرَادَّانِ» قَالَ مَالِكٌ: " فِيمَنْ بَاعَ مِنْ رَجُلٍ سِلْعَةً، فَقَالَ الْبَائِعُ: عِنْدَ مُوَاجَبَةِ الْبَيْعِ: أَبِيعُكَ عَلَى أَنْ أَسْتَشِيرَ فُلَانًا. فَإِنْ رَضِيَ فَقَدْ جَازَ الْبَيْعُ. وَإِنْ كَرِهَ فَلَا بَيْعَ بَيْنَنَا. فَيَتَبَايَعَانِ عَلَى ذَلِكَ. ثُمَّ يَنْدَمُ الْمُشْتَرِي قَبْلَ أَنْ يَسْتَشِيرَ الْبَائِعُ فُلَانًا: إِنَّ ذَلِكَ الْبَيْعَ لَازِمٌ لَهُمَا، عَلَى مَا وَصَفَا. وَلَا خِيَارَ لِلْمُبْتَاعِ. وَهُوَ لَازِمٌ لَهُ. إِنْ أَحَبَّ الَّذِي اشْتَرَطَ لَهُ الْبَائِعُ أَنْ يُجِيزَهُ " قَالَ مَالِكٌ: " الْأَمْرُ عِنْدَنَا فِي الرَّجُلِ يَشْتَرِي السِّلْعَةَ مِنَ الرَّجُلِ. فَيَخْتَلِفَانِ فِي الثَّمَنِ. فَيَقُولُ الْبَائِعُ بِعْتُكَهَا بِعَشَرَةِ دَنَانِيرَ، وَيَقُولُ الْمُبْتَاعُ ابْتَعْتُهَا مِنْكَ بِخَمْسَةِ دَنَانِيرَ. إِنَّهُ يُقَالُ لِلْبَائِعِ: إِنْ شِئْتَ فَأَعْطِهَا لِلْمُشْتَرِي بِمَا قَالَ. وَإِنْ شِئْتَ فَاحْلِفْ بِاللَّهِ مَا بِعْتَ سِلْعَتَكَ إِلَّا بِمَا قُلْتَ. فَإِنْ حَلَفَ قِيلَ لِلْمُشْتَرِي: إِمَّا أَنْ تَأْخُذَ السِّلْعَةَ بِمَا قَالَ الْبَائِعُ. وَإِمَّا أَنْ تَحْلِفَ بِاللَّهِ مَا اشْتَرَيْتَهَا إِلَّا بِمَا قُلْتَ. فَإِنْ حَلَفَ بَرِئَ مِنْهَا، وَذَلِكَ أَنَّ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا مُدَّعٍ عَلَى صَاحِبِهِ "

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu que ʿAbd Allāh ibn Masʿūd rapportait que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Quels que soient les deux contractants qui concluent une vente, la parole [qui prévaut] est celle du vendeur, ou bien ils se restituent mutuellement. » Mālik a dit, au sujet de celui qui vend une marchandise à un homme, le vendeur disant au moment de conclure la vente : « Je te vends à condition de consulter Untel ; s'il agrée, la vente est valable, et s'il la désapprouve, il n'y a pas de vente entre nous », et ils concluent sur cette base, puis l'acheteur se repent avant que le vendeur ait consulté Untel : cette vente s'impose à eux deux selon ce qu'ils ont décrit. L'acheteur n'a pas d'option, et elle s'impose à lui si celui à qui le vendeur a réservé [l'option] veut bien la ratifier. Mālik a dit : La règle chez nous, pour l'homme qui achète une marchandise à un autre et tous deux divergent sur le prix, le vendeur disant : « Je te l'ai vendue pour dix dīnār » et l'acheteur disant : « Je te l'ai achetée pour cinq dīnār », est que l'on dit au vendeur : « Si tu veux, donne-la à l'acheteur pour ce qu'il a dit ; et si tu veux, jure par Allah que tu n'as vendu ta marchandise que pour ce que tu as dit. » S'il jure, on dit à l'acheteur : « Ou bien tu prends la marchandise pour ce qu'a dit le vendeur, ou bien tu jures par Allah que tu ne l'as achetée que pour ce que tu as dit. » S'il jure, il en est dégagé. Car chacun des deux est demandeur contre l'autre.

  122. Ce qui est rapporté sur le ribā dans la detteبَابُ مَا جَاءَ فِي الرِّبَا فِي الدَّيْنِ
  123. 1424

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنْ بُسْرِ بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عُبَيْدٍ أَبِي صَالِحٍ مَوْلَى السَّفَّاحِ أَنَّهُ قَالَ: بِعْتُ بَزًّا لِي مِنْ أَهْلِ دَارِ نَخْلَةَ إِلَى أَجَلٍ، ثُمَّ أَرَدْتُ الْخُرُوجَ إِلَى الْكُوفَةِ فَعَرَضُوا عَلَيَّ أَنْ أَضَعَ عَنْهُمْ، وَيَنْقُدُونِي فَسَأَلْتُ عَنْ ذَلِكَ زَيْدَ بْنَ ثَابِتٍ فَقَالَ: «لَا آمُرُكَ أَنْ تَأْكُلَ هَذَا وَلَا تُؤَكِّلَهُ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, d'après Busr ibn Saʿīd, d'après ʿUbayd Abū Ṣāliḥ, mawlā [affranchi] d'as-Saffāḥ, qu'il a dit : J'ai vendu à terme des étoffes m'appartenant aux gens de Dār Nakhla. Puis j'ai voulu partir pour Kūfa. Ils m'ont alors proposé que je leur consente une remise et qu'ils me paient comptant. J'ai interrogé à ce sujet Zayd ibn Thābit, qui a dit : « Je ne t'ordonne ni de manger cela ni de le faire manger. »

    Dār Nakhla : lieu de Médine où se tenaient les marchands d'étoffes, selon az-Zurqānī.

  124. 1425

    وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عُثْمَانَ بْنِ حَفْصِ بْنِ خَلْدَةَ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ سُئِلَ عَنِ «الرَّجُلِ يَكُونُ لَهُ الدَّيْنُ عَلَى الرَّجُلِ إِلَى أَجَلٍ، فَيَضَعُ عَنْهُ صَاحِبُ الْحَقِّ، وَيُعَجِّلُهُ الْآخَرُ، فَكَرِهَ ذَلِكَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ وَنَهَى عَنْهُ»

    Il m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿUthmān ibn Ḥafṣ ibn Khalda, d'après Ibn Shihāb, d'après Sālim ibn ʿAbd Allāh, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'il fut interrogé au sujet de l'homme qui a sur un autre une créance à terme, le titulaire du droit lui en remettant une partie et l'autre la lui payant par anticipation. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar réprouva cela et l'interdit.

  125. 1426

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ أَنَّهُ قَالَ: " كَانَ الرِّبَا فِي الْجَاهِلِيَّةِ، أَنْ يَكُونَ لِلرَّجُلِ عَلَى الرَّجُلِ الْحَقُّ إِلَى أَجَلٍ، فَإِذَا حَلَّ الْحَقُّ، قَالَ: أَتَقْضِي أَمْ تُرْبِي؟ فَإِنْ قَضَى أَخَذَ، وَإِلَّا زَادَهُ فِي حَقِّهِ، وَأَخَّرَ عَنْهُ فِي الْأَجَلِ " قَالَ مَالِكٌ: " وَالْأَمْرُ الْمَكْرُوهُ الَّذِي لَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا، أَنْ يَكُونَ لِلرَّجُلِ عَلَى الرَّجُلِ الدَّيْنُ إِلَى أَجَلٍ، فَيَضَعُ عَنْهُ الطَّالِبُ، وَيُعَجِّلُهُ الْمَطْلُوبُ، قَالَ مَالِكٌ: وَذَلِكَ عِنْدَنَا بِمَنْزِلَةِ الَّذِي يُؤَخِّرُ دَيْنَهُ بَعْدَ مَحِلِّهِ عَنْ غَرِيمِهِ، وَيَزِيدُهُ الْغَرِيمُ فِي حَقِّهِ، قَالَ: فَهَذَا الرِّبَا بِعَيْنِهِ لَا شَكَّ فِيهِ " قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَكُونُ لَهُ عَلَى الرَّجُلِ مِائَةُ دِينَارٍ إِلَى أَجَلٍ، فَإِذَا حَلَّتْ، قَالَ لَهُ الَّذِي عَلَيْهِ الدَّيْنُ: بِعْنِي سِلْعَةً يَكُونُ ثَمَنُهَا مِائَةَ دِينَارٍ نَقْدًا، بِمِائَةٍ وَخَمْسِينَ إِلَى أَجَلٍ، قَالَ مَالِكٌ: هَذَا بَيْعٌ لَا يَصْلُحُ، وَلَمْ يَزَلْ أَهْلُ الْعِلْمِ يَنْهَوْنَ عَنْهُ " قَالَ مَالِكٌ: " وَإِنَّمَا كُرِهَ ذَلِكَ لِأَنَّهُ إِنَّمَا يُعْطِيهِ ثَمَنَ مَا بَاعَهُ بِعَيْنِهِ، وَيُؤَخِّرُ عَنْهُ الْمِائَةَ الْأُولَى إِلَى الْأَجَلِ الَّذِي ذَكَرَ لَهُ آخِرَ مَرَّةٍ، وَيَزْدَادُ عَلَيْهِ خَمْسِينَ دِينَارًا فِي تَأْخِيرِهِ عَنْهُ، فَهَذَا مَكْرُوهٌ، وَلَا يَصْلُحُ، وَهُوَ أَيْضًا يُشْبِهُ حَدِيثَ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ فِي بَيْعِ أَهْلِ الْجَاهِلِيَّةِ، إِنَّهُمْ كَانُوا إِذَا حَلَّتْ دُيُونُهُمْ، قَالُوا لِلَّذِي عَلَيْهِ الدَّيْنُ: إِمَّا أَنْ تَقْضِيَ، وَإِمَّا أَنْ تُرْبِيَ، فَإِنْ قَضَى أَخَذُوا، وَإِلَّا زَادُوهُمْ فِي حُقُوقِهِمْ وَزَادُوهُمْ فِي الْأَجَلِ "

    Mālik m'a rapporté, d'après Zayd ibn Aslam, qu'il a dit : « Le ribā, à l'époque de l'ignorance, consistait en ce que l'homme avait sur un autre un droit à terme. Lorsque le droit était échu, il disait : "Paies-tu, ou augmentes-tu ?" S'il payait, il prenait ; sinon, il lui augmentait son dû et lui reportait le terme. » Mālik a dit : La chose réprouvée sur laquelle il n'y a pas de divergence chez nous est que l'homme ait sur un autre une créance à terme, que le créancier lui en remette une partie et que le débiteur la lui paie par anticipation. Cela tient lieu, chez nous, de celui qui reporte sa créance après son échéance au profit de son débiteur, lequel lui augmente son dû. Il a dit : C'est là le ribā même, sans aucun doute. Mālik a dit, au sujet de l'homme qui a sur un autre cent dīnār à terme et à qui, lorsqu'ils sont échus, le débiteur dit : « Vends-moi une marchandise dont le prix est de cent dīnār au comptant, pour cent cinquante à terme » : c'est une vente qui ne convient pas, et les gens de science n'ont cessé de l'interdire. Mālik a dit : Cela n'a été réprouvé que parce qu'il ne fait que lui donner le prix même de ce qu'il lui a vendu, lui reporte les cent premiers jusqu'au terme qu'il lui a mentionné en dernier lieu, et obtient de lui cinquante dīnār de plus pour ce report. Cela est réprouvé et ne convient pas. Cela ressemble aussi à ce qu'a rapporté Zayd ibn Aslam de la vente des gens de l'époque de l'ignorance : lorsque leurs créances étaient échues, ils disaient au débiteur : « Ou bien tu paies, ou bien tu augmentes. » S'il payait, ils prenaient ; sinon, ils augmentaient leur dû et prolongeaient le terme.

  126. Dispositions diverses sur la dette et le transfert de créanceبَابُ جَامِعِ الدَّيْنِ وَالْحِوَلِ
  127. 1427

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «مَطْلُ الْغَنِيِّ ظُلْمٌ، وَإِذَا أُتْبِعَ أَحَدُكُمْ عَلَى مَلِيءٍ فَلْيَتْبَعْ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Abū az-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « L'atermoiement du riche est une injustice. Et lorsque l'un de vous est renvoyé [pour sa créance] sur un homme solvable, qu'il accepte ce renvoi. »

  128. 1428

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ مُوسَى بْنِ مَيْسَرَةَ، أَنَّهُ سَمِعَ رَجُلًا يَسْأَلُ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ فَقَالَ: إِنِّي رَجُلٌ أَبِيعُ بِالدَّيْنِ، فَقَالَ سَعِيدٌ: «لَا تَبِعْ إِلَّا مَا آوَيْتَ إِلَى رَحْلِكَ» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ الَّذِي يَشْتَرِي السِّلْعَةَ مِنَ الرَّجُلِ عَلَى أَنْ يُوَفِّيَهُ تِلْكَ السِّلْعَةَ إِلَى أَجَلٍ مُسَمًّى إِمَّا لِسُوقٍ يَرْجُو نَفَاقَهُ وَإِمَّا لِحَاجَةٍ فِي ذَلِكَ الزَّمَانِ الَّذِي اشْتَرَطَ عَلَيْهِ ثُمَّ يُخْلِفُهُ الْبَائِعُ عَنْ ذَلِكَ الْأَجَلِ فَيُرِيدُ الْمُشْتَرِي رَدَّ تِلْكَ السِّلْعَةِ عَلَى الْبَائِعِ إِنَّ ذَلِكَ لَيْسَ لِلْمُشْتَرِي وَإِنَّ الْبَيْعَ لَازِمٌ لَهُ وَلَوْ أَنَّ الْبَائِعَ جَاءَ بِتِلْكَ السِّلْعَةِ قَبْلَ مَحِلِّ الْأَجَلِ لَمْ يُكْرَهِ الْمُشْتَرِي عَلَى أَخْذِهَا، قَالَ مَالِكٌ: فِي الَّذِي يَشْتَرِي الطَّعَامَ فَيَكْتَالُهُ، ثُمَّ يَأْتِيهِ مَنْ يَشْتَرِيهِ مِنْهُ، فَيُخْبِرُ الَّذِي يَأْتِيهِ أَنَّهُ قَدِ اكْتَالَهُ لِنَفْسِهِ وَاسْتَوْفَاهُ، فَيُرِيدُ الْمُبْتَاعُ أَنْ يُصَدِّقَهُ، وَيَأْخُذَهُ بِكَيْلِهِ، قَالَ مَالِكٌ: إِنَّهُ مَا بِيعَ عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ بِنَقْدٍ فَلَا بَأْسَ بِهِ، وَمَا بِيعَ عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ إِلَى أَجَلٍ، فَإِنَّهُ مَكْرُوهٌ حَتَّى يَكْتَالَهُ الْمُشْتَرِي الْآخَرُ لِنَفْسِهِ، وَإِنَّمَا كُرِهَ الَّذِي إِلَى أَجَلٍ لِأَنَّهُ ذَرِيعَةٌ إِلَى الرِّبَا، وَتَخَوُّفٌ أَنْ يُدَارَ ذَلِكَ عَلَى هَذَا الْوَجْهِ بِغَيْرِ كَيْلٍ، وَلَا وَزْنٍ، فَإِنْ كَانَ إِلَى أَجَلٍ فَهُوَ مَكْرُوهٌ وَلَا اخْتِلَافَ فِيهِ عِنْدَنَا " قَالَ مَالِكٌ: " لَا يَنْبَغِي أَنْ يُشْتَرَى دَيْنٌ عَلَى رَجُلٍ غَائِبٍ، وَلَا حَاضِرٍ إِلَّا بِإِقْرَارٍ مِنِ الَّذِي عَلَيْهِ الدَّيْنُ، وَلَا عَلَى مَيِّتٍ، وَإِنْ عَلِمَ الَّذِي تَرَكَ الْمَيِّتُ، وَذَلِكَ أَنَّ اشْتِرَاءَ ذَلِكَ غَرَرٌ، لَا يُدْرَى أَيَتِمُّ أَمْ لَا يَتِمُّ؟ قَالَ: وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ، أَنَّهُ إِذَا اشْتَرَى دَيْنًا عَلَى غَائِبٍ، أَوْ مَيِّتٍ أَنَّهُ لَا يُدْرَى مَا يَلْحَقُ الْمَيِّتَ مِنَ الدَّيْنِ الَّذِي لَمْ يُعْلَمْ بِهِ، فَإِنْ لَحِقَ الْمَيِّتَ دَيْنٌ ذَهَبَ الثَّمَنُ الَّذِي أَعْطَى الْمُبْتَاعُ بَاطِلًا " قَالَ: «وَفِي ذَلِكَ أَيْضًا عَيْبٌ آخَرُ، أَنَّهُ اشْتَرَى شَيْئًا لَيْسَ بِمَضْمُونٍ لَهُ، وَإِنْ لَمْ يَتِمَّ ذَهَبَ ثَمَنُهُ بَاطِلًا فَهَذَا غَرَرٌ لَا يَصْلُحُ» قَالَ مَالِكٌ: «وَإِنَّمَا فُرِقَ بَيْنَ أَنْ لَا يَبِيعَ الرَّجُلُ إِلَّا مَا عِنْدَهُ، وَأَنْ يَتَسَلَّفَ الرَّجُلُ فِي شَيْءٍ لَيْسَ عِنْدَهُ أَصْلُهُ، أَنَّ صَاحِبَ الْعِينَةِ، إِنَّمَا يَحْمِلُ ذَهَبَهُ الَّتِي يُرِيدُ أَنْ يَبْتَاعَ بِهَا، فَيَقُولُ هَذِهِ عَشَرَةُ دَنَانِيرَ، فَمَا تُرِيدُ أَنْ أَشْتَرِيَ لَكَ بِهَا؟ فَكَأَنَّهُ يَبِيعُ عَشَرَةَ دَنَانِيرَ نَقْدًا، بِخَمْسَةَ عَشَرَ دِينَارًا إِلَى أَجَلٍ، فَلِهَذَا كُرِهَ هَذَا، وَإِنَّمَا تِلْكَ الدُّخْلَةُ وَالدُّلْسَةُ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Mūsā ibn Maysara, qu'il a entendu un homme interroger Saʿīd ibn al-Musayyab et dire : « Je suis un homme qui vend à crédit. » Saʿīd dit : « Ne vends que ce que tu as abrité dans ta demeure. » Yaḥyā a dit : Mālik a dit, au sujet de l'homme qui achète une marchandise à un homme à condition que celui-ci la lui livre à un terme fixé, soit pour un marché dont il espère l'activité, soit pour un besoin à l'époque qu'il lui a stipulée, puis le vendeur lui fait défaut à ce terme et l'acheteur veut rendre cette marchandise au vendeur : cela n'appartient pas à l'acheteur, et la vente s'impose à lui. Et si le vendeur apportait cette marchandise avant l'échéance du terme, l'acheteur ne serait pas contraint de la prendre. Mālik a dit, au sujet de celui qui achète de la nourriture et la mesure, puis à qui vient quelqu'un qui la lui achète ; il informe celui qui vient à lui qu'il l'a mesurée pour lui-même et en a reçu la pleine mesure, et l'acheteur veut le croire et la prendre sur sa mesure. Mālik a dit : Ce qui est vendu de cette façon au comptant, il n'y a pas de mal à cela ; et ce qui est vendu de cette façon à terme est réprouvé, tant que le second acheteur ne l'a pas mesuré pour lui-même. Ce qui est à terme n'a été réprouvé que parce que c'est un moyen qui mène au ribā, et par crainte que l'on ne fasse ainsi circuler cela de cette façon, sans mesure ni pesée. Si c'est à terme, c'est réprouvé, et il n'y a pas de divergence là-dessus chez nous. Mālik a dit : Il ne convient pas d'acheter une créance sur un homme absent, ni sur un homme présent sauf avec la reconnaissance de celui qui doit la dette, ni sur un mort, même si l'on sait ce que le mort a laissé. Car l'achat de cela est un aléa : on ne sait pas s'il aboutira ou n'aboutira pas. Il a dit : L'explication de ce qui est réprouvé en cela est que, lorsqu'il achète une créance sur un absent ou un mort, on ne sait pas quelle dette, dont on n'avait pas connaissance, viendra grever le mort. Si une dette vient grever le mort, le prix qu'a donné l'acheteur est perdu. Il a dit : Il y a en cela un autre défaut encore : il a acheté une chose qui ne lui est pas garantie, et si elle n'aboutit pas, son prix est perdu. C'est un aléa qui ne convient pas. Mālik a dit : La distinction entre le fait que l'homme ne vende que ce qu'il a, et le fait que l'homme reçoive une avance pour une chose dont il n'a pas le fonds chez lui, tient seulement à ce que le pratiquant de la ʿīna apporte son or avec lequel il veut acheter et dit : « Voici dix dīnār ; que veux-tu que je t'achète avec ? » C'est comme s'il vendait dix dīnār au comptant contre quinze dīnār à terme. C'est pour cela que ceci a été réprouvé : ce n'est là qu'arrière-pensée et tromperie.

  129. Ce qui est rapporté sur l'association et la cession au prix coûtantبَابُ مَا جَاءَ فِي الشِّرْكَةِ وَالتَّوْلِيَةِ
  130. 1429

    قَالَ مَالِكٌ: فِي الرَّجُلِ يَبِيعُ الْبَزَّ الْمُصَنَّفَ، وَيَسْتَثْنِي ثِيَابًا بِرُقُومِهَا، إِنَّهُ إِنِ اشْتَرَطَ أَنْ يَخْتَارَ مِنْ ذَلِكَ الرَّقْمَ، فَلَا بَأْسَ بِهِ، وَإِنْ لَمْ يَشْتَرِطْ أَنْ يَخْتَارَ مِنْهُ حِينَ اسْتَثْنَى، فَإِنِّي أَرَاهُ شَرِيكًا فِي عَدَدِ الْبَزِّ الَّذِي اشْتُرِيَ مِنْهُ، وَذَلِكَ أَنَّ الثَّوْبَيْنِ يَكُونُ رَقْمُهُمَا سَوَاءً وَبَيْنَهُمَا تَفَاوُتٌ فِي الثَّمَنِ " قَالَ مَالِكٌ: «فَالأَمْرُ عِنْدَنَا أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِالشِّرْكِ وَالتَّوْلِيَةِ وَالْإِقَالَةِ فِي الطَّعَامِ وَغَيْرِهِ، قَبَضَ ذَلِكَ أَوْ لَمْ يَقْبِضْ، إِذَا كَانَ ذَلِكَ فِي النَّقْدِ وَلَمْ يَكُنْ فِيهِ رِبْحٌ، وَلَا وَضِيعَةٌ، وَلَا تَأْخِيرٌ، فَإِنْ دَخَلَ ذَلِكَ رِبْحٌ أَوْ وَضِيعَةٌ أَوْ تَأْخِيرٌ مِنْ وَاحِدٍ مِنْهُمَا، صَارَ بَيْعًا يُحِلُّهُ مَا يُحِلُّ الْبَيْعَ، وَيُحَرِّمُهُ مَا يُحَرِّمُ الْبَيْعَ، وَلَيْسَ بِشِرْكٍ وَلَا تَوْلِيَةٍ وَلَا إِقَالَةٍ» قَالَ مَالِكٌ: مَنِ اشْتَرَى سِلْعَةً بَزًّا أَوْ رَقِيقًا، فَبَتَّ فِيهِ، ثُمَّ سَأَلَهُ رَجُلٌ أَنْ يُشَرِّكَهُ فَفَعَلَ، وَنَقَدَا الثَّمَنَ صَاحِبَ السِّلْعَةِ جَمِيعًا، ثُمَّ أَدْرَكَ السِّلْعَةَ شَيْءٌ يَنْزَعُهَا مِنْ أَيْدِيهِمَا، فَإِنَّ الْمُشَرَّكَ يَأْخُذُ مِنِ الَّذِي أَشْرَكَهُ الثَّمَنَ، وَيَطْلُبُ الَّذِي أَشْرَكَهُ بَيِّعَهُ الَّذِي بَاعَهُ السِّلْعَةَ، إِلَّا أَنْ يَشْتَرِطَ الْمُشَرِّكُ عَلَى الَّذِي أَشْرَكَ بِحَضْرَةِ الْبَيْعِ، وَعِنْدَ مُبَايَعَةِ الْبَائِعِ الْأَوَّلِ، وَقَبْلَ أَنْ يَتَفَاوَتَ ذَلِكَ أَنَّ عُهْدَتَكَ عَلَى الَّذِي ابْتَعْتُ مِنْهُ، وَإِنْ تَفَاوَتَ ذَلِكَ، وَفَاتَ الْبَيْعُ الْأَوَّلُ فَشَرْطُ الْآخَرِ بَاطِلٌ وَعَلَيْهِ الْعُهْدَةُ " قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يَقُولُ لِلرَّجُلِ: اشْتَرِ هَذِهِ السِّلْعَةَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ، وَانْقُدْ عَنِّي وَأَنَا أَبِيعُهَا لَكَ: إِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ. حِينَ قَالَ: انْقُدْ عَنِّي وَأَنَا أَبِيعُهَا لَكَ. وَإِنَّمَا ذَلِكَ سَلَفٌ يُسْلِفُهُ إِيَّاهُ، عَلَى أَنْ يَبِيعَهَا لَهُ. وَلَوْ أَنَّ تِلْكَ السِّلْعَةَ هَلَكَتْ. أَوْ مَاتَتْ. أَخَذَ ذَلِكَ الرَّجُلُ الَّذِي نَقَدَ الثَّمَنَ. مِنْ شَرِيكِهِ مَا نَقَدَ عَنْهُ فَهَذَا مِنَ السَّلَفِ الَّذِي يَجُرُّ مَنْفَعَةً " قَالَ مَالِكٌ: " وَلَوْ أَنَّ رَجُلًا ابْتَاعَ سِلْعَةً، فَوَجَبَتْ لَهُ، ثُمَّ قَالَ لَهُ رَجُلٌ: أَشْرِكْنِي بِنِصْفِ هَذِهِ السِّلْعَةِ، وَأَنَا أَبِيعُهَا لَكَ جَمِيعًا، كَانَ ذَلِكَ حَلَالًا لَا بَأْسَ بِهِ، وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنَّ هَذَا بَيْعٌ جَدِيدٌ. بَاعَهُ نِصْفَ السِّلْعَةِ، عَلَى أَنْ يَبِيعَ لَهُ النِّصْفَ الْآخَرَ "

    Mālik a dit, au sujet de l'homme qui vend des étoffes assorties et en excepte des pièces selon leurs marques : s'il a stipulé de choisir parmi [les pièces de] cette marque, il n'y a pas de mal à cela. S'il n'a pas stipulé d'y choisir lorsqu'il a fait l'exception, je suis d'avis qu'il est associé dans le nombre des étoffes qui lui ont été achetées. Car deux pièces peuvent porter la même marque et présenter entre elles un écart de prix. Mālik a dit : La règle chez nous est qu'il n'y a pas de mal à l'association, à la cession au prix coûtant et à la résiliation, pour la nourriture et pour le reste, qu'on en ait pris possession ou non, lorsque cela se fait au comptant et qu'il n'y a ni bénéfice, ni rabais, ni report. S'il y entre bénéfice, rabais ou report de la part de l'un des deux, cela devient une vente, rendue licite par ce qui rend licite la vente et illicite par ce qui rend illicite la vente ; ce n'est plus ni association, ni cession au prix coûtant, ni résiliation. Mālik a dit : Celui qui achète une marchandise, étoffes ou esclaves, par une vente ferme, puis à qui un homme demande de l'y associer, ce qu'il fait, et tous deux versent ensemble le prix au propriétaire de la marchandise, puis survient à la marchandise une cause qui l'arrache de leurs mains : l'associé reprend le prix à celui qui l'a associé, et celui qui l'a associé se retourne contre son vendeur, celui qui lui a vendu la marchandise. À moins que celui qui associe n'ait stipulé à celui qu'il associe, en présence de la vente, au moment de conclure avec le premier vendeur et avant qu'un intervalle ne se soit écoulé : « Ta garantie incombe à celui à qui j'ai acheté. » Mais si un intervalle s'est écoulé et que la première vente est passée, la stipulation du second est nulle et la garantie lui incombe. Mālik a dit, au sujet de l'homme qui dit à un autre : « Achète cette marchandise pour moi et pour toi, paie comptant pour moi, et je la vendrai pour toi » : cela ne convient pas, dès lors qu'il a dit : « Paie comptant pour moi, et je la vendrai pour toi. » Ce n'est là qu'un prêt qu'il lui consent à condition qu'il la vende pour lui. Et si cette marchandise venait à périr ou à mourir, l'homme qui a versé le prix reprendrait à son associé ce qu'il a versé pour lui. Cela relève du prêt qui procure un avantage. Mālik a dit : Mais si un homme achète une marchandise, qui lui est acquise, puis qu'un homme lui dit : « Associe-moi pour la moitié de cette marchandise, et je la vendrai pour toi tout entière », cela est licite, il n'y a pas de mal à cela. L'explication de cela est que c'est une vente nouvelle : il lui a vendu la moitié de la marchandise à condition qu'il vende pour lui l'autre moitié.

  131. Ce qui est rapporté sur la faillite du débiteurبَابُ مَا جَاءَ فِي إِفْلَاسِ الْغَرِيمِ
  132. 1430

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْحَارِثِ بْنِ هِشَامٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «أَيُّمَا رَجُلٍ بَاعَ مَتَاعًا، فَأَفْلَسَ الَّذِي ابْتَاعَهُ مِنْهُ، وَلَمْ يَقْبِضِ الَّذِي بَاعَهُ مِنْ ثَمَنِهِ شَيْئًا، فَوَجَدَهُ بِعَيْنِهِ فَهُوَ أَحَقُّ بِهِ، وَإِنْ مَاتَ الَّذِي ابْتَاعَهُ فَصَاحِبُ الْمَتَاعِ فِيهِ أُسْوَةُ الْغُرَمَاءِ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Ibn Shihāb, d'après Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Tout homme qui vend un bien, puis celui qui le lui a acheté fait faillite alors que le vendeur n'a rien perçu de son prix, et qui retrouve ce bien même, y a plus droit [que quiconque]. Et si celui qui l'a acheté meurt, le propriétaire du bien est, à son égard, à égalité avec les créanciers. »

  133. 1431

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ، عَنْ عُمَرَ بْنِ عَبْدِ الْعَزِيزِ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْحَارِثِ بْنِ هِشَامٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «أَيُّمَا رَجُلٍ أَفْلَسَ، فَأَدْرَكَ الرَّجُلُ مَالَهُ بِعَيْنِهِ، فَهُوَ أَحَقُّ بِهِ مِنْ غَيْرِهِ» قَالَ مَالِكٌ: «فِي رَجُلٍ بَاعَ مِنْ رَجُلٍ مَتَاعًا فَأَفْلَسَ الْمُبْتَاعُ، فَإِنَّ الْبَائِعَ إِذَا وَجَدَ شَيْئًا مِنْ مَتَاعِهِ بِعَيْنِهِ أَخَذَهُ، وَإِنْ كَانَ الْمُشْتَرِي قَدْ بَاعَ بَعْضَهُ، وَفَرَّقَهُ فَصَاحِبُ الْمَتَاعِ أَحَقُّ بِهِ مِنَ الْغُرَمَاءِ، لَا يَمْنَعُهُ مَا فَرَّقَ الْمُبْتَاعُ مِنْهُ، أَنْ يَأْخُذَ مَا وَجَدَ بِعَيْنِهِ، فَإِنِ اقْتَضَى مِنْ ثَمَنِ الْمَتَاعِ شَيْئًا فَأَحَبَّ أَنْ يَرُدَّهُ وَيَقْبِضَ مَا وَجَدَ مِنْ مَتَاعِهِ، وَيَكُونَ فِيمَا لَمْ يَجِدْ أُسْوَةَ الْغُرَمَاءِ فَذَلِكَ لَهُ» قَالَ مَالِكٌ: " مَنِ اشْتَرَى سِلْعَةً مِنَ السِّلَعِ غَزْلًا أَوْ مَتَاعًا أَوْ بُقْعَةً مِنَ الْأَرْضِ ثُمَّ أَحْدَثَ فِي ذَلِكَ الْمُشْتَرَى عَمَلًا بَنَى الْبُقْعَةَ دَارًا، أَوْ نَسَجَ الْغَزْلَ ثَوْبًا، ثُمَّ أَفْلَسَ الَّذِي ابْتَاعَ ذَلِكَ، فَقَالَ: رَبُّ الْبُقْعَةِ أَنَا آخُذُ الْبُقْعَةَ وَمَا فِيهَا مِنَ الْبُنْيَانِ، إِنَّ ذَلِكَ لَيْسَ لَهُ، وَلَكِنْ تُقَوَّمُ الْبُقْعَةُ وَمَا فِيهَا، مِمَّا أَصْلَحَ الْمُشْتَرِي ثُمَّ يُنْظَرُ كَمْ ثَمَنُ الْبُقْعَةِ؟ وَكَمْ ثَمَنُ الْبُنْيَانِ مِنْ تِلْكَ الْقِيمَةِ؟ ثُمَّ يَكُونَانِ شَرِيكَيْنِ فِي ذَلِكَ لِصَاحِبِ الْبُقْعَةِ، بِقَدْرِ حِصَّتِهِ وَيَكُونُ لِلْغُرَمَاءِ بِقَدْرِ حِصَّةِ الْبُنْيَانِ " قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ أَنْ تَكُونَ قِيمَةُ ذَلِكَ كُلِّهِ أَلْفَ دِرْهَمٍ وَخَمْسَمِائَةِ دِرْهَمٍ، فَيَكُونُ قِيمَةُ الْبُقْعَةِ خَمْسَمِائَةِ دِرْهَمٍ، وَقِيمَةُ الْبُنْيَانِ أَلْفَ دِرْهَمٍ، فَيَكُونُ لِصَاحِبِ الْبُقْعَةِ الثُّلُثُ، وَيَكُونُ لِلْغُرَمَاءِ الثُّلُثَانِ» قَالَ: «وَكَذَلِكَ الْغَزْلُ وَغَيْرُهُ مِمَّا أَشْبَهَهُ، إِذَا دَخَلَهُ هَذَا، وَلَحِقَ الْمُشْتَرِيَ دَيْنٌ لَا وَفَاءَ لَهُ، وَهَذَا الْعَمَلُ فِيهِ» قَالَ مَالِكٌ: " فَأَمَّا مَا بِيعَ مِنَ السِّلَعِ الَّتِي لَمْ يُحْدِثْ فِيهَا الْمُبْتَاعُ شَيْئًا، إِلَّا أَنَّ تِلْكَ السِّلْعَةَ نَفَقَتْ، وَارْتَفَعَ ثَمَنُهَا، فَصَاحِبُهَا يَرْغَبُ فِيهَا، وَالْغُرَمَاءُ يُرِيدُونَ إِمْسَاكَهَا، فَإِنَّ الْغُرَمَاءَ يُخَيَّرُونَ بَيْنَ أَنْ: يُعْطُوا رَبَّ السِّلْعَةِ الثَّمَنَ الَّذِي بَاعَهَا بِهِ، وَلَا يُنَقِّصُوهُ شَيْئًا، وَبَيْنَ أَنْ يُسَلِّمُوا إِلَيْهِ سِلْعَتَهُ، وَإِنْ كَانَتِ السِّلْعَةُ قَدْ نَقَصَ ثَمَنُهَا، فَالَّذِي بَاعَهَا بِالْخِيَارِ إِنْ شَاءَ أَنْ يَأْخُذَ سِلْعَتَهُ، وَلَا تِبَاعَةَ لَهُ فِي شَيْءٍ مِنْ مَالِ غَرِيمِهِ، فَذَلِكَ لَهُ. وَإِنْ شَاءَ أَنْ يَكُونَ غَرِيمًا مِنَ الْغُرَمَاءِ يُحَاصُّ بِحَقِّهِ، وَلَا يَأْخُذُ سِلْعَتَهُ فَذَلِكَ لَهُ " قَالَ مَالِكٌ: «فِيمَنِ اشْتَرَى جَارِيَةً أَوْ دَابَّةً فَوَلَدَتْ عِنْدَهُ، ثُمَّ أَفْلَسَ الْمُشْتَرِي، فَإِنَّ الْجَارِيَةَ أَوِ الدَّابَّةَ وَوَلَدَهَا لِلْبَائِعِ، إِلَّا أَنْ يَرْغَبَ الْغُرَمَاءُ فِي ذَلِكَ فَيُعْطُوهُ حَقَّهُ كَامِلًا، وَيُمْسِكُونَ ذَلِكَ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, d'après Abū Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, d'après ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, d'après Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Tout homme qui fait faillite, et dont un autre retrouve chez lui son bien même, celui-ci y a plus droit que tout autre. » Mālik a dit, au sujet d'un homme qui vend à un autre un bien, puis l'acheteur fait faillite : le vendeur, s'il retrouve quelque chose de son bien même, le prend. Si l'acheteur en a vendu une partie et l'a dispersée, le propriétaire du bien y a plus droit que les créanciers ; ce que l'acheteur en a dispersé ne l'empêche pas de prendre ce qu'il retrouve tel quel. S'il a perçu une partie du prix du bien et qu'il veut la rendre, prendre possession de ce qu'il retrouve de son bien et être, pour ce qu'il ne retrouve pas, à égalité avec les créanciers, cela lui appartient. Mālik a dit : Celui qui achète une marchandise quelconque, du fil, un bien ou une parcelle de terre, puis y accomplit un ouvrage, bâtissant une maison sur la parcelle ou tissant le fil en étoffe, puis celui qui a acheté cela fait faillite, et le propriétaire de la parcelle dit : « Je prends la parcelle et les constructions qui s'y trouvent » : cela ne lui appartient pas. Mais on évalue la parcelle et ce qui s'y trouve de ce que l'acheteur a aménagé, puis on considère quel est le prix de la parcelle et quel est le prix des constructions dans cette valeur. Ils sont alors associés en cela : au propriétaire de la parcelle revient sa quote-part, et aux créanciers revient la quote-part des constructions. Mālik a dit : L'explication de cela est que la valeur du tout soit de mille cinq cents dirham, la valeur de la parcelle étant de cinq cents dirham et la valeur des constructions de mille dirham : au propriétaire de la parcelle revient le tiers, et aux créanciers les deux tiers. Il a dit : Il en va de même du fil et de ce qui lui ressemble, lorsque cela s'y produit et que l'acheteur est grevé d'une dette dont il n'a pas de quoi s'acquitter. Telle est la pratique en la matière. Mālik a dit : Quant aux marchandises vendues auxquelles l'acheteur n'a rien apporté de nouveau, si ce n'est que cette marchandise est devenue recherchée et que son prix a monté, de sorte que son propriétaire la désire et que les créanciers veulent la garder : on donne le choix aux créanciers entre donner au propriétaire de la marchandise le prix pour lequel il l'a vendue, sans rien lui en retrancher, et lui remettre sa marchandise. Et si le prix de la marchandise a baissé, celui qui l'a vendue a le choix : s'il veut prendre sa marchandise, sans aucun recours sur le reste des biens de son débiteur, cela lui appartient ; et s'il veut être un créancier parmi les créanciers, concourant avec eux pour son droit sans prendre sa marchandise, cela lui appartient. Mālik a dit, au sujet de celui qui achète une esclave ou une bête qui met bas chez lui, puis l'acheteur fait faillite : l'esclave ou la bête, avec son petit, revient au vendeur, à moins que les créanciers ne la désirent, auquel cas ils lui donnent son dû en entier et la gardent.

  134. Ce qui est permis en matière de prêtبَابُ مَا يَجُوزُ مِنَ السَّلَفِ
  135. 1432

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ يَسَارٍ، عَنْ أَبِي رَافِعٍ مَوْلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: اسْتَسْلَفَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَكْرًا فَجَاءَتْهُ إِبِلٌ مِنَ الصَّدَقَةِ، قَالَ أَبُو رَافِعٍ فَأَمَرَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَنْ أَقْضِيَ الرَّجُلَ بَكْرَهُ»، فَقُلْتُ: لَمْ أَجِدْ فِي الْإِبِلِ إِلَّا جَمَلًا خِيَارًا رَبَاعِيًا، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَعْطِهِ إِيَّاهُ فَإِنَّ خِيَارَ النَّاسِ أَحْسَنُهُمْ قَضَاءً»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Zayd ibn Aslam, d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, d'après Abū Rāfiʿ, mawlā du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qu'il a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, emprunta un jeune chameau. Puis lui arrivèrent des chameaux de l'aumône. Abū Rāfiʿ a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'ordonna de rendre à l'homme son jeune chameau. Je dis : « Je n'ai trouvé parmi les chameaux qu'un chameau de choix, dans sa septième année. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Donne-le-lui, car les meilleurs des gens sont ceux qui s'acquittent le mieux. »

    « Dans sa septième année » rend « rabāʿī », âge où tombent les dents dites rabāʿiya.

  136. 1433

    وحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ حُمَيْدِ بْنِ قَيْسٍ الْمَكِّيِّ، عَنْ مُجَاهِدٍ أَنَّهُ قَالَ: اسْتَسْلَفَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ مِنْ رَجُلٍ دَرَاهِمَ، ثُمَّ قَضَاهُ دَرَاهِمَ خَيْرًا مِنْهَا، فَقَالَ الرَّجُلُ: يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ هَذِهِ خَيْرٌ مِنْ دَرَاهِمِي الَّتِي أَسْلَفْتُكَ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ «قَدْ عَلِمْتُ وَلَكِنْ نَفْسِي بِذَلِكَ طَيِّبَةٌ» قَالَ مَالِكٌ: لَا بَأْسَ بِأَنْ يُقْبِضَ مَنْ أُسْلِفَ شَيْئًا مِنَ الذَّهَبِ أَوِ الْوَرِقِ أَوِ الطَّعَامِ أَوِ الْحَيَوَانِ مِمَّنْ أَسْلَفَهُ ذَلِكَ، أَفْضَلَ مِمَّا أَسْلَفَهُ، إِذَا لَمْ يَكُنْ ذَلِكَ عَلَى شَرْطٍ أَوْ وَأْيٍ أَوْ عَادَةٍ، فَإِنْ كَانَ ذَلِكَ عَلَى شَرْطٍ أَوْ وَأْيٍ أَوْ عَادَةٍ، فَذَلِكَ مَكْرُوهٌ، وَلَا خَيْرَ فِيهِ، قَالَ: وَذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَضَى جَمَلًا رَبَاعِيًا خِيَارًا مَكَانَ بَكْرٍ اسْتَسْلَفَهُ، وَأَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ اسْتَسْلَفَ دَرَاهِمَ فَقَضَى خَيْرًا مِنْهَا، فَإِنْ كَانَ ذَلِكَ عَلَى طِيبِ نَفْسٍ مِنَ الْمُسْتَسْلِفِ، وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ عَلَى شَرْطٍ وَلَا وَأْيٍ وَلَا عَادَةٍ كَانَ ذَلِكَ حَلَالًا لَا بَأْسَ بِهِ "

    Mālik m'a rapporté, d'après Ḥumayd ibn Qays al-Makkī, d'après Mujāhid, qu'il a dit : ʿAbd Allāh ibn ʿUmar emprunta des dirham à un homme, puis lui rendit des dirham meilleurs que ceux-là. L'homme dit : « Ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān, ceux-ci sont meilleurs que mes dirham que je t'ai prêtés. » ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Je le sais, mais mon âme y consent de bon cœur. » Mālik a dit : Il n'y a pas de mal à ce que celui à qui l'on a prêté de l'or, de l'argent, de la nourriture ou un animal remette à celui qui le lui a prêté mieux que ce qu'il lui a prêté, lorsque cela ne résulte pas d'une condition, d'une promesse ou d'une habitude. Si cela résulte d'une condition, d'une promesse ou d'une habitude, cela est réprouvé et il n'y a aucun bien à cela. Il a dit : C'est que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a rendu un chameau de choix dans sa septième année à la place d'un jeune chameau qu'il avait emprunté, et que ʿAbd Allāh ibn ʿUmar a emprunté des dirham et en a rendu de meilleurs. Si cela vient du bon gré de l'emprunteur et ne résulte ni d'une condition, ni d'une promesse, ni d'une habitude, cela est licite, il n'y a pas de mal à cela.

  137. Ce qui n'est pas permis en matière de prêtبَابُ مَا لَا يَجُوزُ مِنَ السَّلَفِ
  138. 1434

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ فِي " رَجُلٍ أَسْلَفَ رَجُلًا طَعَامًا عَلَى أَنْ يُعْطِيَهُ إِيَّاهُ فِي بَلَدٍ آخَرَ، فَكَرِهَ ذَلِكَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ وَقَالَ: «فَأَيْنَ الْحَمْلُ» يَعْنِي حُمْلَانَهُ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, qu'il lui est parvenu que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb s'est prononcé au sujet d'un homme qui avait prêté [salaf : prêt de consommation] des denrées à un autre à condition que celui-ci les lui rende dans une autre contrée. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb réprouva cela et dit : « Et le transport ? », c'est-à-dire la charge de leur acheminement.

    Le prêteur gagnerait ainsi le transport de ses denrées : c'est un prêt qui procure un avantage, selon az-Zurqānī.

  139. 1435

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ رَجُلًا أَتَى عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ فَقَالَ: يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ: إِنِّي أَسْلَفْتُ رَجُلًا سَلَفًا، وَاشْتَرَطْتُ عَلَيْهِ أَفْضَلَ مِمَّا أَسْلَفْتُهُ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: «فَذَلِكَ الرِّبَا»، قَالَ: فَكَيْفَ تَأْمُرُنِي يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ؟ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: " السَّلَفُ عَلَى ثَلَاثَةِ وُجُوهٍ: سَلَفٌ تُسْلِفُهُ تُرِيدُ بِهِ وَجْهَ اللَّهِ، فَلَكَ وَجْهُ اللَّهِ، وَسَلَفٌ تُسْلِفُهُ تُرِيدُ بِهِ وَجْهَ صَاحِبِكَ، فَلَكَ وَجْهُ صَاحِبِكَ، وَسَلَفٌ تُسْلِفُهُ لِتَأْخُذَ خَبِيثًا بِطَيِّبٍ، فَذَلِكَ الرِّبَا "، قَالَ: فَكَيْفَ تَأْمُرُنِي يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ؟ قَالَ: «أَرَى أَنْ تَشُقَّ الصَّحِيفَةَ، فَإِنْ أَعْطَاكَ مِثْلَ الَّذِي أَسْلَفْتَهُ قَبِلْتَهُ، وَإِنْ أَعْطَاكَ دُونَ الَّذِي أَسْلَفْتَهُ فَأَخَذْتَهُ أُجِرْتَ، وَإِنْ أَعْطَاكَ أَفْضَلَ مِمَّا أَسْلَفْتَهُ طَيِّبَةً بِهِ نَفْسُهُ، فَذَلِكَ شُكْرٌ شَكَرَهُ لَكَ وَلَكَ أَجْرُ مَا أَنْظَرْتَهُ»

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu qu'un homme vint trouver ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et dit : « Ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān, j'ai consenti un prêt à un homme et je lui ai imposé comme condition de me rendre mieux que ce que je lui ai prêté. » ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « C'est cela, le ribā [l'usure]. » Il dit : « Que m'ordonnes-tu donc, ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān ? » ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dit : « Le prêt est de trois sortes : un prêt que tu consens en recherchant par lui la Face d'Allah, et tu as alors la Face d'Allah ; un prêt que tu consens en recherchant la faveur de ton compagnon, et tu as alors la faveur de ton compagnon ; et un prêt que tu consens pour prendre du mauvais en échange du bon, et c'est cela le ribā. » Il dit : « Que m'ordonnes-tu donc, ô Abū ʿAbd ar-Raḥmān ? » Il dit : « Je suis d'avis que tu déchires l'écrit. S'il te donne l'équivalent de ce que tu lui as prêté, tu l'acceptes ; s'il te donne moins que ce que tu lui as prêté et que tu le prends, tu en seras récompensé ; et s'il te donne mieux que ce que tu lui as prêté, de son plein gré, c'est une marque de reconnaissance qu'il te témoigne, et tu as la récompense du délai que tu lui as accordé. »

  140. 1436

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ عَنْ نَافِعٍ، أَنَّهُ سَمِعَ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ يَقُولُ: «مَنْ أَسْلَفَ سَلَفًا فَلَا يَشْتَرِطْ إِلَّا قَضَاءَهُ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Nāfiʿ, qu'il a entendu ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dire : « Que celui qui consent un prêt ne stipule que son remboursement. »

  141. 1437

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٍ أَنَّهُ بَلَغَهُ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ كَانَ يَقُولُ: «مَنْ أَسْلَفَ سَلَفًا فَلَا يَشْتَرِطْ أَفْضَلَ مِنْهُ، وَإِنْ كَانَتْ قَبْضَةً مِنْ عَلَفٍ فَهُوَ رِبًا» قَالَ مَالِكٌ الْأَمْرُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ عِنْدَنَا أَنَّ مَنِ اسْتَسْلَفَ شَيْئًا مِنَ الْحَيَوَانِ بِصِفَةٍ وَتَحْلِيَةٍ مَعْلُومَةٍ فَإِنَّهُ لَا بَأْسَ بِذَلِكَ وَعَلَيْهِ أَنْ يَرُدَّ مِثْلَهُ إِلَّا مَا كَانَ مِنَ الْوَلَائِدِ فَإِنَّهُ يُخَافُ فِي ذَلِكَ الذَّرِيعَةُ إِلَى إِحْلَالِ مَا لَا يَحِلُّ وَلَا يَصْلُحُ وَتَفْسِيرُ مَا كُرِهَ مِنْ ذَلِكَ أَنْ يَسْتَسْلِفَ الرَّجُلُ الْجَارِيَةَ فَيُصِيبُهَا مَا بَدَا لَهُ ثُمَّ يَرُدُّهَا إِلَى صَاحِبِهَا بِعَيْنِهَا فَذَلِكَ لَا يَصْلُحُ وَلَا يَحِلُّ وَلَمْ يَزَلْ أَهْلُ الْعِلْمِ يَنْهَوْنَ عَنْهُ وَلَا يُرَخِّصُونَ فِيهِ لِأَحَدٍ

    Mālik m'a rapporté qu'il lui est parvenu que ʿAbd Allāh ibn Masʿūd disait : « Que celui qui consent un prêt ne stipule pas mieux que ce qu'il a prêté ; ne serait-ce qu'une poignée de fourrage, c'est du ribā. » Mālik a dit : « La règle sur laquelle on s'accorde chez nous est que celui qui emprunte un animal selon une description et un signalement déterminés, il n'y a pas de mal à cela, et il lui incombe d'en rendre un semblable ; sauf s'il s'agit de jeunes esclaves femmes, car on craint en cela un moyen de rendre licite ce qui n'est ni licite ni convenable. L'explication de ce qui est réprouvé à ce sujet est que l'homme emprunte l'esclave, ait commerce avec elle autant qu'il lui plaît, puis la rende elle-même à son maître : cela ne convient pas et n'est pas licite. Les gens de science n'ont cessé de l'interdire et de n'en accorder la dispense à personne. »

  142. Les marchandages et les ventes qui sont interditsبَابُ مَا يُنْهَى عَنْهُ مِنَ الْمُسَاوَمَةِ وَالْمُبَايَعَةِ
  143. 1438

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَا يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ»

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Que l'un de vous ne vende pas sur la vente d'un autre. »

  144. 1439

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٍ، عَنْ أَبِي الزِّنَادِ، عَنِ الْأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: «لَا تَلَقَّوُا الرُّكْبَانَ لِلْبَيْعِ، وَلَا يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ، وَلَا تَنَاجَشُوا، وَلَا يَبِعْ حَاضِرٌ لِبَادٍ، وَلَا تُصَرُّوا الْإِبِلَ وَالْغَنَمَ، فَمَنِ ابْتَاعَهَا بَعْدَ ذَلِكَ فَهُوَ بِخَيْرِ النَّظَرَيْنِ، بَعْدَ أَنْ يَحْلُبَهَا، إِنْ رَضِيَهَا أَمْسَكَهَا، وَإِنْ سَخِطَهَا رَدَّهَا وَصَاعًا مِنْ تَمْرٍ» قَالَ مَالِكٌ: «وَتَفْسِيرُ قَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِيمَا نُرَى وَاللَّهُ أَعْلَمُ -» لَا يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ «أَنَّهُ إِنَّمَا نَهَى أَنْ يَسُومَ الرَّجُلُ عَلَى سَوْمِ أَخِيهِ، إِذَا رَكَنَ الْبَائِعُ إِلَى السَّائِمِ وَجَعَلَ يَشْتَرِطُ وَزْنَ الذَّهَبِ، وَيَتَبَرَّأُ مِنَ الْعُيُوبِ، وَمَا أَشْبَهَ هَذَا مِمَّا يُعْرَفُ بِهِ أَنَّ الْبَائِعَ قَدْ أَرَادَ مُبَايَعَةَ السَّائِمِ فَهَذَا الَّذِي نَهَى عَنْهُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ» قَالَ مَالِكٌ: " وَلَا بَأْسَ بِالسَّوْمِ بِالسِّلْعَةِ تُوقَفُ لِلْبَيْعِ، فَيَسُومُ بِهَا غَيْرُ وَاحِدٍ قَالَ: وَلَوْ تَرَكَ النَّاسُ السَّوْمَ عِنْدَ أَوَّلِ مَنْ يَسُومُ بِهَا أُخِذَتْ بِشِبْهِ الْبَاطِلِ مِنَ الثَّمَنِ، وَدَخَلَ عَلَى الْبَاعَةِ فِي سِلَعِهِمُ الْمَكْرُوهُ، وَلَمْ يَزَلِ الْأَمْرُ عِنْدَنَا عَلَى هَذَا "

    Mālik m'a rapporté, d'après Abū z-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « N'allez pas au-devant des caravanes pour traiter [avec elles avant leur arrivée au marché] ; que l'un de vous ne vende pas sur la vente d'un autre ; ne pratiquez pas la surenchère fictive [najsh] ; que le citadin ne vende pas pour le bédouin ; et ne laissez pas le lait s'accumuler dans les pis des chamelles et des brebis [pour les vendre]. Celui qui les achète après cela a le choix entre deux partis, après les avoir traites : si elles lui conviennent, il les garde ; si elles lui déplaisent, il les rend avec un ṣāʿ [mesure de capacité] de dattes. » Mālik a dit : « L'explication de la parole du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à ce que nous pensons, et Allah est plus savant, “Que l'un de vous ne vende pas sur la vente d'un autre”, est qu'il a seulement interdit que l'homme marchande sur le marchandage de son frère lorsque le vendeur a penché vers celui qui marchande et s'est mis à stipuler le poids de l'or, à se dégager des vices [de la chose] et autres choses semblables par lesquelles on reconnaît que le vendeur a voulu conclure avec celui qui marchande. Voilà ce qu'il a interdit, et Allah est plus savant. » Mālik a dit : « Il n'y a pas de mal à marchander une marchandise exposée à la vente, de sorte que plusieurs en proposent un prix. » Il a dit : « Si les gens renonçaient à marchander dès le premier qui en propose un prix, elle serait prise pour un prix proche du dérisoire, et les vendeurs subiraient un préjudice dans leurs marchandises. La règle chez nous n'a cessé d'être celle-là. »

  145. 1440

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «نَهَى عَنِ النَّجْشِ» قَالَ: «وَالنَّجْشُ أَنْ تُعْطِيَهُ بِسِلْعَتِهِ أَكْثَرَ مِنْ ثَمَنِهَا، وَلَيْسَ فِي نَفْسِكَ اشْتِرَاؤُهَا فَيَقْتَدِي بِكَ غَيْرُكَ»

    Mālik m'a rapporté, d'après Nāfiʿ, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a interdit le najsh. Il a dit : « Le najsh consiste à offrir à quelqu'un, pour sa marchandise, plus que son prix, sans avoir l'intention de l'acheter, de sorte qu'un autre te suive. »

  146. Dispositions diverses sur les ventesبَابُ جَامِعِ الْبُيُوعِ
  147. 1441

    حَدَّثَنِي يَحْيَى، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ دِينَارٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ رَجُلًا ذَكَرَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ يُخْدَعُ فِي الْبُيُوعِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إِذَا بَايَعْتَ فَقُلْ: لَا خِلَابَةَ "، قَالَ: فَكَانَ الرَّجُلُ إِذَا بَايَعَ يَقُولُ لَا خِلَابَةَ

    Yaḥyā m'a rapporté, d'après Mālik, d'après ʿAbd Allāh ibn Dīnār, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, qu'un homme mentionna au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qu'il se faisait tromper dans les ventes. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Quand tu conclus une vente, dis : “Pas de tromperie [lā khilāba].” » Il dit : Cet homme, quand il concluait une vente, disait : « Pas de tromperie. »

  148. 1442

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ أَنَّهُ سَمِعَ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيِّبِ، يَقُولُ: «إِذَا جِئْتَ أَرْضًا يُوفُونَ الْمِكْيَالَ، وَالْمِيزَانَ فَأَطِلِ الْمُقَامَ بِهَا، وَإِذَا جِئْتَ أَرْضًا يُنَقِّصُونَ الْمِكْيَالَ وَالْمِيزَانَ، فَأَقْلِلِ الْمُقَامَ بِهَا»

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Saʿīd ibn al-Musayyib dire : « Quand tu arrives dans une terre dont les gens font bonne mesure et bon poids, prolonges-y ton séjour ; et quand tu arrives dans une terre dont les gens rognent la mesure et le poids, abrèges-y ton séjour. »

  149. 1443

    وَحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ أَنَّهُ سَمِعَ مُحَمَّدَ بْنَ الْمُنْكَدِرِ، يَقُولُ: «أَحَبَّ اللَّهُ عَبْدًا سَمْحًا إِنْ بَاعَ، سَمْحًا إِنِ ابْتَاعَ، سَمْحًا إِنْ قَضَى، سَمْحًا إِنِ اقْتَضَى» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: «فِي الرَّجُلِ يَشْتَرِي الْإِبِلَ أَوِ الْغَنَمَ، أَوِ الْبَزَّ أَوِ الرَّقِيقَ أَوْ شَيْئًا مِنَ الْعُرُوضِ جِزَافًا، إِنَّهُ لَا يَكُونُ الْجِزَافُ فِي شَيْءٍ مِمَّا يُعَدُّ عَدًّا» قَالَ يَحْيَى: قَالَ مَالِكٌ: " فِي الرَّجُلِ يُعْطِي الرَّجُلَ السِّلْعَةَ يَبِيعُهَا، وَقَدْ قَوَّمَهَا صَاحِبُهَا قِيمَةً، فَقَالَ: إِنْ بِعْتَهَا بِهَذَا الثَّمَنِ الَّذِي أَمَرْتُكَ بِهِ فَلَكَ دِينَارٌ، أَوْ شَيْءٌ يُسَمِّيهِ لَهُ يَتَرَاضَيَانِ عَلَيْهِ، فَإِنْ لَمْ تَبِعْهَا فَلَيْسَ لَكَ شَيْءٌ، إِنَّهُ لَا بَأْسَ بِذَلِكَ، إِذَا سَمَّى ثَمَنًا يَبِيعُهَا بِهِ، وَسَمَّى أَجْرًا مَعْلُومًا إِذَا بَاعَ أَخَذَهُ، وَإِنْ لَمْ يَبِعْ فَلَا شَيْءَ لَهُ " قَالَ مَالِكٌ: «وَمِثْلُ ذَلِكَ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِلرَّجُلِ إِنْ قَدَرْتَ عَلَى غُلَامِي الْآبِقِ أَوْ جِئْتَ بِجَمَلِي الشَّارِدِ فَلَكَ كَذَا وَكَذَا، فَهَذَا مِنْ بَابِ الْجُعْلِ وَلَيْسَ مِنْ بَابِ الْإِجَارَةِ، وَلَوْ كَانَ مِنْ بَابِ الْإِجَارَةِ لَمْ يَصْلُحْ» قَالَ مَالِكٌ: " فَأَمَّا الرَّجُلُ يُعْطَى السِّلْعَةَ، فَيُقَالُ لَهُ: بِعْهَا وَلَكَ كَذَا وَكَذَا فِي كُلِّ دِينَارٍ لِشَيْءٍ يُسَمِّيهِ، فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَصْلُحُ، لِأَنَّهُ كُلَّمَا نَقَصَ دِينَارٌ مِنْ ثَمَنِ السِّلْعَةِ نَقَصَ مِنْ حَقِّهِ الَّذِي سَمَّى لَهُ، فَهَذَا غَرَرٌ لَا يَدْرِي كَمْ جَعَلَ لَهُ

    Mālik m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd, qu'il a entendu Muḥammad ibn al-Munkadir dire : « Allah aime un serviteur accommodant quand il vend, accommodant quand il achète, accommodant quand il s'acquitte, accommodant quand il réclame son dû. » Yaḥyā a dit : Mālik a dit, au sujet de l'homme qui achète des chameaux, des moutons, des étoffes, des esclaves ou quelque autre marchandise en bloc [jizāf : sans compter, mesurer ni peser] : « La vente en bloc n'a pas lieu pour ce qui se dénombre à l'unité. » Yaḥyā a dit : Mālik a dit, au sujet de l'homme qui remet à un autre une marchandise pour qu'il la vende, son propriétaire l'ayant estimée à une certaine valeur, et qui lui dit : « Si tu la vends à ce prix que je t'ai ordonné, tu auras un dīnār », ou une chose qu'il lui nomme et dont ils conviennent, « et si tu ne la vends pas, tu n'auras rien » : « Il n'y a pas de mal à cela, s'il a fixé un prix auquel il la vendra et fixé une rétribution déterminée qu'il prend s'il vend ; et s'il ne vend pas, il n'a rien. » Mālik a dit : « Il en est de même lorsqu'un homme dit à un autre : “Si tu parviens à reprendre mon esclave fugitif, ou si tu ramènes mon chameau échappé, tu auras tant.” Cela relève du juʿl [récompense promise pour un résultat] et non du louage de services [ijāra] ; si cela relevait du louage de services, cela ne conviendrait pas. » Mālik a dit : « Quant à l'homme à qui l'on remet une marchandise en lui disant : “Vends-la, et tu auras tant sur chaque dīnār”, pour une chose qu'on lui nomme, cela ne convient pas, car chaque fois qu'un dīnār manque au prix de la marchandise, la part qu'on lui a fixée diminue d'autant ; c'est un aléa [gharar] : il ne sait pas combien on lui a attribué. »

  150. 1444

    وحَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، أَنَّهُ سَأَلَهُ عَنِ الرَّجُلِ " يَتَكَارَى الدَّابَّةَ، ثُمَّ يُكْرِيهَا بِأَكْثَرَ مِمَّا تَكَارَاهَا بِهِ، فَقَالَ: لَا بَأْسَ بِذَلِكَ "

    Mālik m'a rapporté, d'après Ibn Shihāb, qu'il [Mālik] l'a interrogé sur l'homme qui prend une monture en location puis la reloue plus cher qu'il ne l'a louée. Il dit : « Il n'y a pas de mal à cela. »

Autres ouvrages

al-Mukhtaṣar, al-AkhḍarīAqrab al-masālik, ad-Dardīral-Muqaddima al-ʿAshmāwiyya, al-ʿAshmāwī