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Wājib (de prier en entier dès que l'on prévoit quatre jours pleins sur place)Je vis en France et je vais chez mes parents au pays : dois-je y raccourcir mes prières ?nº 00009

Je vis en France et je vais chez mes parents au pays : dois-je y raccourcir mes prières ?

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Wājib (de prier en entier dès que l'on prévoit quatre jours pleins sur place)

La maison de vos parents ne fait pas cesser, à elle seule, votre état de voyageur. Mais dès que vous prévoyez d'y rester quatre jours pleins ou plus, ce qui est le cas de la plupart des visites familiales, vous priez en entier dès votre arrivée dans la ville.

En détail

Parmi ce qui met fin au raccourcissement, Khalīl cite : entrer dans le lieu où l’on a fixé sa demeure, entrer dans la ville où vit son épouse, et avoir l’intention de séjourner quatre jours pleins 1. Les parents n’en font pas partie. Les commentateurs le disent expressément : Khalīl a écrit « seulement » après l’épouse pour écarter le lieu des proches, « comme la mère et le père » 2.

Reste la ville d’origine elle-même. En principe, y rentrer met fin au raccourcissement. Khalīl en excepte celui qui a renoncé à y habiter et qui y revient en voyageur 1. Ad-Dasūqī l’explique : celui qui a quitté sa demeure pour s’établir ailleurs, puis y revient sans intention d’y séjourner, raccourcit ; ce renoncement ne compte pas s’il y a laissé une épouse 3.

En pratique, tout se joue donc sur la durée. Pour une visite de deux ou trois jours, on raccourcit. Pour une visite de quatre jours pleins ou plus, on prie en entier, non parce que les parents vivent là, mais à cause du séjour. Et il n’est pas nécessaire d’avoir formulé cette intention : savoir par habitude que l’on reste aussi longtemps suffit 4.

Termes :
Wājib (farḍ) — L'obligation : ce que la Loi demande de faire de façon impérative, sans permettre de le délaisser. Celui qui l'accomplit est récompensé, celui qui le délaisse s'expose au châtiment. Les deux mots, farḍ et wājib, désignent la même chose. Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 51 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 115 à 116.Voir le glossaire →

Les preuves

Matn

وَقَطَعَهُ دُخُولُ وَطَنِهِ، أَوْ مَكَانِ زَوْجَةٍ دَخَلَ بِهَا فَقَطْ

« Y met fin l'entrée dans le lieu de sa demeure, ou dans le lieu de l'épouse avec laquelle le mariage a été consommé, seulement. »

Khalīl, al-Mukhtaṣar, t. 1 p. 43, chapitre de la prière du voyage. 1

Interrogé sur l'homme qui passe par un village où vivent ses enfants, leur mère étant morte, Ibn al-Qāsim répond qu'il raccourcit, et donne le critère de Mālik :

Texte

إِنَّمَا مَحْمَلُ هَذَا عِنْدَ مَالِكٍ إِذَا كَانَتْ لَهُ مَسْكَنًا أَتَمَّ الصَّلَاةَ، وَإِنْ لَمْ تَكُنْ لَهُ مَسْكَنًا لَمْ يُتِمَّ الصَّلَاةَ

« Chez Mālik, tout tient à ceci : si ce lieu est sa demeure, il prie en entier ; s'il n'est pas sa demeure, il ne prie pas en entier. »

Saḥnūn, al-Mudawwana, t. 1 p. 208, livre de la prière, raccourcissement du voyageur. 5
Ce que cette réponse ne dit pas

Elle ne traite pas de celui qui a gardé une épouse ou une véritable demeure dans son pays d'origine : dans ce cas, la réponse change. Elle ne traite pas non plus du séjour dont on ignore la durée. Pour le décompte des quatre jours, voir la réponse nº 00008.

Sources principales

MatnKhalīl, al-Mukhtaṣar, t. 1 p. 43, chapitre de la prière du voyage. [1]
Textes de référence utilisés
OuvrageAuteurRéférence
al-MukhtaṣarKhalīlt. 1 p. 43, chapitre de la prière du voyage
Minaḥ al-JalīlʿIlīsht. 1 p. 408 : « c'est-à-dire non le lieu d'une parenté, comme la mère et le père ». ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 363, dans le même sens
Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīrad-Dasūqīt. 1 p. 363 : celui qui a quitté sa demeure en renonçant à y habiter, puis y revient sans intention d'y séjourner, raccourcit ; « si une épouse s'y trouve, ce renoncement ne compte pas ». ad-Dardīr, même page : il en est sorti « pour s'établir ailleurs ». ʿIlīsh, Minaḥ al-Jalīl, t. 1 p. 408, dans le même sens
al-MudawwanaSaḥnūnt. 1 p. 208, livre de la prière, raccourcissement du voyageur

Notes

  1. Khalīl, al-Mukhtaṣar, t. 1 p. 43, chapitre de la prière du voyage.
  2. ʿIlīsh, Minaḥ al-Jalīl, t. 1 p. 408 : « c'est-à-dire non le lieu d'une parenté, comme la mère et le père ». ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 363, dans le même sens.
  3. ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 363 : celui qui a quitté sa demeure en renonçant à y habiter, puis y revient sans intention d'y séjourner, raccourcit ; « si une épouse s'y trouve, ce renoncement ne compte pas ». ad-Dardīr, même page : il en est sorti « pour s'établir ailleurs ». ʿIlīsh, Minaḥ al-Jalīl, t. 1 p. 408, dans le même sens.
  4. ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 364, sur la parole de Khalīl « ou le fait de le savoir par l'usage » : l'exemple du pèlerin qui entre à La Mecque.
  5. Saḥnūn, al-Mudawwana, t. 1 p. 208, livre de la prière, raccourcissement du voyageur.

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