Combien de temps ai-je pour prier le Maghrib ?
Très peu. Le Maghrib n'a pas de temps étendu comme les autres prières : on le prie dès que le soleil a entièrement disparu, sans autre délai que celui de se préparer et de l'accomplir.
En détail
Le temps du Maghrib commence quand le disque du soleil a entièrement disparu. L’école le dit resserré : il se mesure à la prière elle-même, une fois ses conditions réunies 1. Concrètement, c’est le temps de se purifier, de se couvrir, de se tourner vers la qibla, de faire l’appel et l’annonce de la prière, puis de prier trois unités 2. La mesure est celle d’une personne ordinaire, ni scrupuleuse à l’excès ni exceptionnellement rapide 3.
Ce qui est resserré, c’est le moment où l’on entre dans la prière : une fois commencée, on peut la prolonger jusqu’à la disparition de la lueur rouge du couchant, pas au-delà 3.
Celui qui la retarde sans excuse commet une faute, même si elle reste comptée comme accomplie dans son temps jusqu’à l’aube ; le sommeil et l’oubli sont des excuses 4.
Les preuves
Le hadith de référence est celui où Jibrīl dirige la prière du Prophète ﷺ, deux jours de suite :
أَمَّنِي جِبْرِيلُ عِنْدَ البَيْتِ مَرَّتَيْنِ … ثُمَّ صَلَّى الْمَغْرِبَ حِينَ وَجَبَتِ الشَّمْسُ وَأَفْطَرَ الصَّائِمُ … ثُمَّ صَلَّى الْمَغْرِبَ لِوَقْتِهِ الأَوَّلِ
« D'après Ibn ʿAbbās, qu'Allah l'agrée, le Prophète ﷺ a dit : Jibrīl m'a dirigé dans la prière près de la Maison, à deux reprises […] Il pria le Maghrib quand le soleil eut disparu et que le jeûneur rompit son jeûne […] puis [la seconde fois] il pria le Maghrib au même moment que la première fois. »
at-Tirmidhī, as-Sunan, éd. Bashshār ʿAwwād, t. 1 p. 217 à 218, nº 149, chapitre des temps de prière ; at-Tirmidhī le dit ḥasan (t. 1 p. 219). 5Pour les autres prières, Jibrīl a prié la seconde fois plus tard que la première ; pour le Maghrib, les deux fois au même moment. Ibn Abī Zayd en donne la règle :
فَإِذَا تَوَارَتْ بِالْحِجَابِ وَجَبَتِ الصَّلَاةُ لَا تُؤَخَّرُ، وَلَيْسَ لَهَا إِلَّا وَقْتٌ وَاحِدٌ لَا تُؤَخَّرُ عَنْهُ
« Quand le soleil s'est caché, la prière est due et ne se retarde pas ; elle n'a qu'un seul temps, dont on ne la retarde pas. »
Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, ar-Risāla, chapitre des temps de prière et de leurs noms. 6S'il y a divergence
Une autre riwāya de Mālik étend ce temps jusqu'à la disparition de la lueur rouge du couchant ; Ibn al-ʿArabī la tient pour l'avis correct de l'école 7, mais ad-Dasūqī la dit faible et retient le temps resserré 8.
Elle ne traite pas du voyageur, ni du regroupement du Maghrib et de la ʿIshāʾ, ni des horaires imprimés sur les calendriers.
Sources principales
| Ouvrage | Auteur | Référence |
|---|---|---|
| al-Mukhtaṣar | Khalīl | t. 1 p. 27, chapitre des temps de prière : « et pour le Maghrib, le coucher du soleil ; il se mesure à son accomplissement après ses conditions ». ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 177 : « il est resserré » |
| Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl | al-Kharashī | t. 1 p. 213 : la durée de trois unités de prière et de leurs conditions, à quoi s'ajoutent l'adhān et l'iqāma |
| Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr | ad-Dasūqī | t. 1 p. 178 : la mesure est celle de l'habitude du plus grand nombre ; le temps resserré vaut pour l'entrée dans la prière, que l'on peut ensuite prolonger jusqu'à la disparition du shafaq |
| as-Sunan | at-Tirmidhī | éd. Bashshār ʿAwwād, t. 1 p. 217 à 218, nº 149, chapitre des temps de prière ; at-Tirmidhī le dit ḥasan (t. 1 p. 219) |
| ar-Risāla | Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī | chapitre des temps de prière et de leurs noms |
| Mawāhib al-Jalīl | al-Ḥaṭṭāb | t. 1 p. 393, rapportant Ibn al-ʿArabī et ar-Rajrājī ; la parole de Mālik est dans al-Muwaṭṭaʾ, éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 13 |
Notes
- Khalīl, al-Mukhtaṣar, t. 1 p. 27, chapitre des temps de prière : « et pour le Maghrib, le coucher du soleil ; il se mesure à son accomplissement après ses conditions ». ad-Dardīr, ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 177 : « il est resserré ».
- al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 213 : la durée de trois unités de prière et de leurs conditions, à quoi s'ajoutent l'adhān et l'iqāma.
- ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 178 : la mesure est celle de l'habitude du plus grand nombre ; le temps resserré vaut pour l'entrée dans la prière, que l'on peut ensuite prolonger jusqu'à la disparition du shafaq.
- Khalīl, al-Mukhtaṣar, t. 1 p. 27 : le temps de nécessité des deux prières du soir va jusqu'à l'aube, « le tout est accompli dans son temps », « et il commet une faute, sauf excuse ».
- at-Tirmidhī, as-Sunan, éd. Bashshār ʿAwwād, t. 1 p. 217 à 218, nº 149, chapitre des temps de prière ; at-Tirmidhī le dit ḥasan (t. 1 p. 219).
- Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, ar-Risāla, chapitre des temps de prière et de leurs noms.
- al-Ḥaṭṭāb, Mawāhib al-Jalīl, t. 1 p. 393, rapportant Ibn al-ʿArabī et ar-Rajrājī ; la parole de Mālik est dans al-Muwaṭṭaʾ, éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 13.
- ad-Dasūqī, Ḥāshiya ʿalā ash-Sharḥ al-kabīr, t. 1 p. 178 : « l'avis de l'extension est faible, bien qu'il ait une certaine force, et l'avis sur lequel on s'appuie est celui que suit l'auteur ».