Se toucher le sexe annule-t-il les ablutions ?
Oui, pour un homme qui touche son propre sexe avec l'intérieur ou le côté de la main, ou avec l'intérieur, le côté ou le bout des doigts. Ici, contrairement au contact avec l'épouse, le plaisir n'est pas une condition : le simple contact suffit.
En détail
L’école pose une règle étroite mais nette. Ce qui annule, c’est le contact du sexe lui-même, à l’exclusion du reste du corps, et avec l’intérieur ou le côté de la main, ou avec l’intérieur, le côté ou le bout des doigts 1. Toucher du dos de la main, de l’avant-bras ou à travers un vêtement n’annule pas 2.
C’est la différence à retenir avec la réponse sur le contact avec l’épouse (nº 00004). Le contact avec l’épouse n’annule que s’il y a plaisir. Le contact de son propre sexe annule sans condition, que le geste soit voulu ou non : c’est le sens du mot muṭlaq, « absolu », que Khalīl emploie dans son texte 3.
Les preuves
Le hadith de Busra bint Ṣafwān, que Mālik rapporte dans son Muwaṭṭaʾ :
عن بُسْرَةَ بنتِ صَفوان أنها سمعت رسول الله ﷺ يقول: «إِذَا مَسَّ أَحَدُكُمْ ذَكَرَهُ فَلْيَتَوَضَّأْ»
« D'après Busra bint Ṣafwān, qu'Allah l'agrée, le Messager d'Allah ﷺ a dit : quand l'un de vous touche son sexe, qu'il refasse ses ablutions. »
Mālik, al-Muwaṭṭaʾ, éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 42, nº 58. 4Le fait que ce hadith figure dans le Muwaṭṭaʾ explique la position de l'école : Mālik l'a retenu et en a tiré la règle. Abū Dāwūd rapporte le même hadith 5.
Elle ne traite pas de la femme, ni de ce qui se passe pendant la prière elle-même.
Sources principales
| Ouvrage | Auteur | Référence |
|---|---|---|
| al-Mukhtaṣar | Khalīl | chapitre des annulatifs : « ببطن أو جنب لكف أو أصبع » ; al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 156 : avec l'intérieur ou le côté de la paume, ou avec l'intérieur, le côté ou le bout d'un doigt |
| at-Tāj wa-l-Iklīl | al-Mawwāq | t. 1 p. 433, rapportant Ibn Yūnus : « les ablutions ne sont pas annulées par le contact du fondement ni de l'aine, mais seulement par le contact du sexe seul, avec l'intérieur de la paume ou l'intérieur des doigts ; s'il le touche du dos de la main, de l'intérieur ou du dos de l'avant-bras, ses ablutions ne sont pas annulées » |
| al-Muwaṭṭaʾ | Mālik | éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 42, nº 58 |
| as-Sunan | Abū Dāwūd | t. 1 p. 46, nº 181 |
Notes
- Khalīl, al-Mukhtaṣar, chapitre des annulatifs : « ببطن أو جنب لكف أو أصبع » ; al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 156 : avec l'intérieur ou le côté de la paume, ou avec l'intérieur, le côté ou le bout d'un doigt.
- al-Mawwāq, at-Tāj wa-l-Iklīl, t. 1 p. 433, rapportant Ibn Yūnus : « les ablutions ne sont pas annulées par le contact du fondement ni de l'aine, mais seulement par le contact du sexe seul, avec l'intérieur de la paume ou l'intérieur des doigts ; s'il le touche du dos de la main, de l'intérieur ou du dos de l'avant-bras, ses ablutions ne sont pas annulées ».
- Khalīl, al-Mukhtaṣar, chapitre des annulatifs : « et le contact absolu de son sexe attaché » ; al-Kharashī, Sharḥ Mukhtaṣar Khalīl, t. 1 p. 156 : « عمدا أو سهوا قصد اللذة أم لا », que ce soit volontairement ou par inadvertance, en cherchant le plaisir ou non ; commentaire dans al-Ḥaṭṭāb, Mawāhib al-Jalīl, t. 1 p. 299.
- Mālik, al-Muwaṭṭaʾ, éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 42, nº 58.
- Abū Dāwūd, as-Sunan, t. 1 p. 46, nº 181.