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MubāḥPeut-on faire ses ablutions avec de l’eau de mer ?nº 00001

Peut-on faire ses ablutions avec de l’eau de mer ?

Publié le Vérifié le 2 min de lecture
Mubāḥ

Oui. L'eau de mer purifie exactement comme l'eau douce, et sa salinité ne lui enlève rien.

En détail

L’école ne retient qu’un seul critère : l’eau doit rester ce que l’on appelle encore « de l’eau », sans autre qualificatif. C’est ce que les livres nomment al-māʾ al-muṭlaq, l’eau absolue. Une eau reste absolue tant que sa couleur, son goût ou son odeur n’ont pas été changés par une chose qui lui est d’ordinaire étrangère 1. La salinité de la mer, la température, la couleur de la terre du fond, tout cela appartient à l’eau elle-même et ne la disqualifie pas. Ibn Abī Zayd nomme d’ailleurs l’eau de mer, avec l’eau de pluie, l’eau de source et l’eau de puits, parmi les eaux pures et purifiantes 2.

La question s’est posée du vivant du Prophète ﷺ, et elle a été tranchée d’un mot.

Termes :
Mubāḥ — Le permis : ce que la Loi autorise à faire comme à ne pas faire, les deux se valant à ses yeux. Le mot vient de l'idée de largeur, d'absence de gêne. Source : Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 52 ; Mayyāra, ad-Durr ath-thamīn, p. 116.Voir le glossaire →

Les preuves

Ḥadīth

عن أبي هريرة قال: سأل رجل النبي ﷺ فقال: يا رسول الله، إنا نركب البحر ونحمل معنا القليل من الماء، فإن توضأنا به عطشنا، أفنتوضأ بماء البحر؟ فقال رسول الله ﷺ: «هو الطَّهُورُ ماؤُه، الحِلُّ ميتتُه»

« D'après Abū Hurayra, qu'Allah l'agrée, un homme interrogea le Prophète ﷺ : nous prenons la mer et n'emportons qu'un peu d'eau ; si nous faisons nos ablutions avec, nous aurons soif. Pouvons-nous faire nos ablutions avec l'eau de mer ? Le Messager d'Allah ﷺ répondit : son eau est purifiante, ce qui y meurt est licite. »

Abū Dāwūd, as-Sunan, t. 1 p. 21, nº 83, chapitre du wuḍūʾ avec l'eau de mer. Également an-Nasāʾī, as-Sunan, t. 1 p. 176, nº 332. 3

Ce hadith est dans le Muwaṭṭaʾ, c'est-à-dire dans le livre même de l'imām Mālik 4. C'est la raison pour laquelle la question n'a jamais fait débat dans l'école : le fondement en est chez son fondateur.

Ce que cette réponse ne dit pas

Elle ne traite pas de l'eau devenue impure au contact d'une souillure, ni des eaux modifiées par un produit ajouté volontairement, comme une eau parfumée ou savonneuse. Ce sont deux autres questions.

Sources principales

ḤadīthAbū Dāwūd, as-Sunan, t. 1 p. 21, nº 83, chapitre du wuḍūʾ avec l'eau de mer. Également an-Nasāʾī, as-Sunan, t. 1 p. 176, nº 332. [3]
Textes de référence utilisés
OuvrageAuteurRéférence
al-Murshid al-muʿīnIbn ʿĀshirvers 54 à 56 (chapitre de la ṭahāra), sur l'eau qui reste purifiante malgré un changement
ar-RisālaIbn Abī Zayd al-Qayrawānīchapitre de la pureté de l'eau, du vêtement et du lieu de prière : « وماء السماء وماء العيون وماء الآبار وماء البحر طيب طاهر مطهر للنجاسات »
as-SunanAbū Dāwūdt. 1 p. 21, nº 83, chapitre du wuḍūʾ avec l'eau de mer. Également an-Nasāʾī, as-Sunan, t. 1 p. 176, nº 332
al-MuwaṭṭaʾMālikéd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 22, livre de la ṭahāra, nº 12

Notes

  1. Ibn ʿĀshir, al-Murshid al-muʿīn, vers 54 à 56 (chapitre de la ṭahāra), sur l'eau qui reste purifiante malgré un changement.
  2. Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, ar-Risāla, chapitre de la pureté de l'eau, du vêtement et du lieu de prière : « وماء السماء وماء العيون وماء الآبار وماء البحر طيب طاهر مطهر للنجاسات ».
  3. Abū Dāwūd, as-Sunan, t. 1 p. 21, nº 83, chapitre du wuḍūʾ avec l'eau de mer. Également an-Nasāʾī, as-Sunan, t. 1 p. 176, nº 332.
  4. Mālik, al-Muwaṭṭaʾ, éd. ʿAbd al-Bāqī, t. 1 p. 22, livre de la ṭahāra, nº 12.

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